Citoyen-ne-s et informaticien-ne-s pour un vote vérifié par l’électeur-rice
Ordinateurs-de-vote.org
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Communiqué de presse - jeudi 19 octobre 2006
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Nedap/France-Élection :
des ordinateurs de vote fraudables en deux minutes, des électeur-rice-s
espionnables depuis la rue et un marketing mensonger.
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Suite à la démonstration faite début octobre aux Pays-Bas que les
ordinateurs de vote Nedap/France-Élection sont aisément fraudables,
nous demandons solennellement au Ministre de l'Intérieur de retirer
l'agrément des ordinateurs de vote Nedap/France-Élection, et d'en
suspendre toute utilisation en France[1].
La fondation “Wij vertrouwen stemcomputers niet” (Nous ne faisons pas
confiance aux ordinateurs de vote) a analysé en détail un ordinateur
Nedap, et a publié un rapport[2] démontrant que *« n'importe qui,
disposant d'un bref accès aux équipements n'importe quand avant
l'élection, peut obtenir un contrôle complet et virtuellement indétectable
sur les résultats de l'élection »*. Par ailleurs, ce même rapport explique
que l'on peut *espionner l'électeur-rice* en analysant les émissions
radio-électriques de ces ordinateurs de vote[3].
Que cette vulnérabilité ait été démontrée est le fait nouveau. *Qu'elle
existe est connu depuis décembre 2004, année où ces ordinateurs ont été
autorisés en France.* Décembre 2004 est la date de publication du
premier rapport de la “Commission on Electronic Voting” en Irlande. Ce
rapport explique que « deux minutes d'accès non autorisé suffirait pour
échanger le logiciel »[4]. Nous avons rendu public ce fait en avril 2006[5].
Ces ordinateurs de vote Nedap sont agréés en France avec des modifications
« très mineures », et ont été vendus à environ un millier
d'exemplaires, ce qui fait un petit million d'électeur-rice-s concerné-e-s.
Tout laisse à penser que les conclusions de ce rapport néerlandais
s'appliquent indifféremment aux Pays-Bas, en Allemagne, en France et en
Irlande (où 7 500 de ces ordinateurs restent stockés dans des entrepôts
depuis 2004 sans être utilisés[6]).
Les responsables municipaux se retranchent derrière l'agrément donné par
le Ministère de l’Intérieur (ce sont les communes qui décident d'acheter
ces ordinateurs, mais elles doivent choisir parmi les modèles agréés).
Cet agrément se révèle incapable d'imposer le moindre contrôle de
l'intégrité de ces ordinateurs. Il n'a pas imposé non plus de mesure
pertinente des émissions radio-électriques.
Ce rapport explique également comment modifier ces ordinateurs afin de
jouer aux échecs avec. Pourquoi cette démonstration, certes déjà fort
amusante en elle-même[7] ? Parce que ce fabricant dénie, au mépris de
toute vraisemblance, que ses appareils soient de l'informatique : il les
présente comme des dispositifs très simples incapables de faire autre
chose que d'enregistrer des votes[8].
*Ce marketing crétinisant et mensonger influence des municipalités naïves*
et les conduit à des affirmations fantaisistes telles que « contrairement
à d’autres systèmes de vote électronique, la machine à voter ne contient
pas d’éléments informatiques. »[9] ou c'est « une calculette géante plutôt
qu’un ordinateur »[10].
Contacts :
Pierre Muller, fondateur de Ordinateurs-de-vote.org (anciennement
recul-democratique.org)
Le plein soleil - 1081 bd du bon puits - 06210 MANDELIEU
Tél: 08 73 18 27 54 (de préférence, tarification locale) - Portable: 06
63 72 63 56
Courriel: pierre.muller (arobase) recul-democratique.org
Chantal Enguehard, maître de conférences en informatique à l'université
de Nantes
LINA - 2, rue de la Houssinière - BP 92 208 - 44322 Nantes Cedex 3
Tél: 02 51 12 58 55 - Portable: 06 25 17 59 19
Courriel: chantal.enguehard (arobase) univ-nantes.fr
Rappel : les ordinateurs de vote (dénommés “machines à voter”[11] par le
code électoral) sont de l'informatique bien à part. Leurs
utilisateur-rice-s - les électeur-rice-s et les assesseur-euse-s - ne
peuvent pas vérifier leur bon fonctionnement. L'exactitude d'une opération
bancaire est vérifiable a posteriori par les relevés de compte, mais si
les ordinateurs modifient des votes, personne ne s'en apercevra.
Les électeur-rice-s sont donc contraint-e-s à une confiance aveugle dans le
fonctionnement correct et intègre des ordinateurs de vote. C'est en soi
contraire aux principes d'une élection démocratique.
[1] InternetActu, publication de la FING et de l’Inist/CNRS (70 000
lecteurs hebdomadaires), formule une demande similaire
<http://www.internetactu.net/?p=6616>.
[2] “Nedap/Groenendaal ES3B voting computer : a security analysis” :
http://www.wijvertrouwenstemcomputersniet.nl/images/9/91/Es3b-en.pdf[3] Une vidéo <http://www.youtube.com/watch?v=B05wPomCjEY> montre que cela
fonctionnerait jusqu'à 25 mètres de distance.
[4] Michael Scott (Dublin City University), premier rapport de la CEV,
app. 2B <http://www.cev.ie/htm/report/first_report/pdf/Appendix%202B.pdf>,
page 139.
[5] Dans le document distribué à des cadres municipaux dans un colloque de
l'Association des Maires de Grandes Villes de France : “Qui contrôle le
vote électronique ? Le déclin silencieux du contrôle citoyen
<http://www.recul-democratique.org/IMG/pdf/Qui_controle_le_vote_electronique.pdf>”.
[6] “L’Irlande sera-t-il le premier pays à abandonner le vote électronique
? <http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=9860>”
[7] Voir les photos
<http://www.recul-democratique.org/Detournement-d-ordinateur-de-vote.html>
sur notre site.
[8] « Nos machines n’ont rien à voir avec des ordinateurs. Ce sont de
simples objets électroniques. » Hervé Palisson, directeur de
France-Élection, importateur de Nedap (Sciences & Avenir de septembre 2006
<http://www.recul-democratique.org/Liens-pour-l-article-de-Sciences.html>).
[9] Mairie de Suresnes
<http://www.ville-suresnes.fr/fr/machineavoter/machineavoter.html>
[10] Les nouvelles de Châtenay-Malabry, septembre 2006
<http://www.chatenay-malabry.fr/pdf/mags/chatenay_111.pdf>
[11] Le terme de “machines à voter” a été introduit dans le code électoral
en 1969, époque où il ne s'agissait pas d'informatique. Il n'est plus
approprié aux ordinateurs actuellement utilisés.
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