PÉDAGOGIE ÉMANCIPATRICE
UN CDI C'EST QUOI ?
C'est un contrat de travail à durée indéterminée. Mais il faut
d'abord
rappeler ce qu'est un contrat de travail : c'est un contrat de
subordination. Subordination d'un salarié, qui n'a que sa force de
travail
pour vivre , à un patron qui décide qui il embauche et dans quelles
conditions : horaire, salaire, etc... L'entreprise n'est pas un lieu de
démocratie. Le droit du travail s'est construit, en fonction des
rapports
de force et des luttes sociales, pour compenser la
position de faiblesse du salarié face à son employeur. Le CDI, bien
qu'encore imparfait, est le seul contrat de travail qui permette à un
salarié de construire sa vie. Il n'empêche nullement à un patron de se
séparer d'un employé et de le licencier, simplement il donne quelques
garanties au salarié que cela ne se fera pas de manière sauvage.
Aujourd'hui la durée moyenne d'un CDI est d'environ onze ans.
POURQUOI LE CPE MAINTENANT ?
Parce que le chômage baisse mécaniquement du fait des départs en
retraite des « baby-boomers » de 1945-47. Les jeunes auraient pu
espérer être attendus sur le marché du travail pour les remplacer. Les
entreprises en manque de salariés, dans l'obligation de recruter, leur
auraient proposé des CDI avec un salaire convenable. Pour éviter cela
plusieurs séries de mesures ont été prises :
. allongement de la durée du travail, par la réforme des retraites,
pour
freiner la baisse du chômage
. flexiblisation-précarisation du travail pour diminuer les embauches
:
il y a en France 950 000 CDD, 650 000 intérim, 800 000 saisonniers, 3,5
millions de temps partiels ( certains de ces chiffres se recoupent) la
précarité monte : elle passe en 2002 de 1,5 à 2 contrats sur 10. Le
CDI,
et c'est pour ça qu'il faut le défendre, représente encore 8 contrats
sur
10.
. création de contrats spécifique, CPE-CNE, pour les nouveaux entrants
sur le marché du travail, pour couper court à toute velléité
revendicative.
L'objectif n'est pas, contrairement à ce qu'affirme la propagande
politico-médiatique, de diminuer le chômage, mais de maintenir les
tensions sur le marché du travail, pour contraindre les salariés à
accepter les emplois précaires. La nouvelle convention Unedic
renforçant les moyens de pression sur les demandeurs d'emploi complète
ce
dispositif.
TOUT CA POUR QUI ?
Ces dernières années, les grandes entreprises, celles du CAC 40, se
sont réorganisées. Désormais, elles n'emploient plus directement de
forces
productives, elles externalisent, sous-traitent... bref elles
commandent
aux petites et moyennes entreprises. 97% des entreprises sont des
entreprises de moins de 50 salariés, elles emploient 8
millions de salariés. C'est à ces entreprises qu'est dévolu le rôle de
faire suer le burnous des salariés. C'est dans les entreprises de moins
de
10 salariés que le code du travail est le plus mis à mal, que l'on
trouve
le plus de temps partiel, de CDD, d'intérim, d'accidents du travail, de
maladies professionnelles, les plus bas salaires, les plus longues
durées
du travail, le plus d'heures supplémentaires impayées... et le moins de
défense syndicale, pas d'élus du personnel. Les patrons, coincés par
les
donneurs d'ordre des grandes entreprises, y
surexploitent leurs personnels. Résultat : 57 milliards d'euros de
bénéfices en 2004 pour les entreprises du CAC 40 et 2005 s'annonce
encore
plus juteux, une réponse à ceux qui se demandent où passe les milliards
de
subventions aux entreprises, pourquoi le trou de la sécu et la baisse
du
pouvoir d'achat...
De tous temps les salariés ont dû se battre pour obtenir de
meilleures
conditions sociales. Aujourd'hui cela passe par l'exigence d'un code du
travail plus protecteur. Dans ce système économique, le chômage ne
diminuera que si les patrons, ne pouvant plus recourir aux contrats
précaires, se voient contraints pour faire tourner leurs entreprises de
créer de vrais emplois en CDI.
Le projet du MEDEF et du gouvernement c'est le travail jetable dès
le
plus jeune âge jusqu'à la tombe. Le patronat n'en aura jamais fini avec
la
misère, l'injustice et l'exploitation. Contre la propagande
gouvernementale assénée chaque jour à domicile par les médias.
Suscitons les discutions publiques, les débats afin que chacun
comprenne que le chômage et la précarité ne sont pas une fatalité
économique. Auto-organisons-nous dans des organes de luttes, combatifs
et
démocratiques ! C'est dans la rue, sur nos lieux de travail par la
grève
que nous ferons reculer l'État et le patronat et que nous
gagnerons de nouvelles conquêtes sociales ! Grève générale !
Notre précarité c'est leurs profits : soyons inflexibles !
PS : Merci à Gérard Filoche, inspecteur du travail et militant PS,
pour
sa contribution involontaire à ce tract. Même si nous ne cautionnons
pas
ses solutions, nous avons trouvé des analyses pertinentes sur son site
:
http://www.democratie-socialisme.org/ CNT 29
NOUS NE LÂCHERONS RIEN NI PERSONNE... - Soirée de soutien : dimanche 19
mars 2006 au CICP à partir de 17h 21 ter rue Voltaire - 75011
Soirée de soutien à RESF (Réseau éducation sans frontière) et
Défense
Active (Contre la répression du mouvement lycéen).
Infos, tables de presse, débats et musiques avec :
. Sons de Lucha (Street punk Bordeaux)
. Brixton Cats (Punk Rock Paname)
. MC Duval (Hip Hop insolent - Etang de Berre 13)
PAF 5 euros
ENSEMBLE DANS LA GALÈRE, ENSEMBLE DANS LA LUTTE - Les personnels du
lycée
Jean-Jaurès de Montreuil (93) se sont réunis ce 14 mars 2006 en
Assemblée
Générale avec leurs sections syndicales FO, SNES, CNT et SUD
· Conscients du fait que la précarisation générale et les attaques
contre
le droit du travail sont une menace directe pour leur statut et pour
l'avenir de leurs élèves,
· Conscients de l'importance de l'enjeu que représente le retrait du
CPE
et du CNE pour les salariés, pour la jeunesse de ce pays,
· Mesurant la montée du refus de ces contrats dans la jeunesse et chez
les salariés de ce pays notamment dans leur établissement où les
lycéens
se sont mobilisés massivement dès le 7 mars et de manières continue
depuis
lundi 13 mars
· Indignés des réponses que donne le gouvernement à l'exigence qui
monte
vers lui de retirer le CPE-CNE, de la pédagogie méprisante du Premier
Ministre d'une part, les coups de bâtons de ses forces de l'ordre
d'autre
part
· Soucieux dans l'intérêt même des lycéens qui leur sont confiés que
l'action commune ne s'effiloche pas dans le temps et porte ses fruits
au
plus tôt
1. appellent tous leurs collègues à participer massivement à la grève
du
16 aux côtés des étudiants, des lycéens et des salariés
2. seront présents le 16 mars dès 8h devant le lycée Jean Jaurès et
manifesteront ensemble avec leurs élèves l'après-midi Place d'Italie à
14h
3. informent qu'ils se réuniront le vendredi 17 mars dès 8 heures en
Assemblée générale pour décider des suites éventuelles à donner à leur
action ;
4. appellent au cas où le CPE-CNE ne serait pas retiré vendredi soir
de
participer massivement à la manifestation du 18 mars
LA JOURNÉE DU 16 MARS : 500.000 MANIFESTANTS
Paris : nouveau rassemblement dans la soirée place de la Sorbonne,
tirs
de gaz lacrymogène.
Lyon : 10.000 manifestants ont défilé pour demander le retrait du
CPE.
Angers : des étudiants et lycéens angevins manifestant contre le
contrat première embauche ont investi les voies de la gare d'Angers,
entraînant des perturbations sur la ligne Paris-Nantes.
Bretagne : plusieurs gares avaient été envahies par des manifestants
anti-CPE.
Paris : 120.000 manifestants dans la capitale, des incidents à
hauteur
de Sèvres-Babylone, face-à-face avec les CRS.
Poitiers : 8.000 personnes ont manifesté dans la ville.
Toulouse : 17.000 manifestants ont défilé contre le CPE.
Caen : 15.000 personnes contre le CPE.
Montpellier : 10.000 manifestants contre la précarité et le CPE. Le
Mans : sit-in de 500 étudiants et lycéens sur les voies à la sortie
nord de la gare. Parmi les gares bloquées, figuraient Le Mans,
Saint-Brieuc, Morlaix, Angers et Vannes.
Clermont-Ferrand : 10.000 personnes ont défilé contre le CPE.
Lille : 12.000 lycéens et étudiants ont défilé dans le froid dans
les
rues du centre-ville.
Strasbourg : 6.000 personnes ont défilé dans le centre pour réclamer
le
retrait du CPE.
Bordeaux : 25.000 personnes ont manifesté
Orléans 5.000 manifestants
Entre 14h00 et 15h00
Rennes : 15.000 manifestants dans les rues. Heurts entre jeunes et
policiers
Bobigny : 2 policiers et une lycéenne ont été légèrement blessés
lors
d'échauffourées jeudi à la mi-journée devant la mairie du Raincy où
plusieurs centaines de lycéens étaient rassemblés.
Grenoble : Cinq mille personnes, en majorité des étudiants, ont
manifesté jeudi matin à Grenoble pour le retrait du contrat première
embauche (CPE).
Marseille : 15.000 manifestants dont de nombreux lycéens, dans le
centre-ville pour demander le retrait du CPE.
Le Havre : 4.000 manifestants ont défilé contre le CPE.
Paris : des lycéens anti-CPE ont érigé de mini-barricades faites
notamment de poubelles renversées et ont entièrement bloqué à la
circulation sur le cours de Vincennes, devant le lycée Hélène-Boucher
dans
le 20e arrondissement.
Toulouse : affrontements à l'Université des Sciences sociales de
Toulouse, "Arsenal", entre des étudiants grévistes qui avaient occupé
les
locaux pendant la nuit et des groupes d'étudiants venus les déloger au
nom
de "la liberté".
Mercredi soir :
Paris : le lycée Maurice Ravel (Paris XXe) a été envahi mercredi en
fin
d'après-midi par une cinquantaine de jeunes qui l'ont occupé avec
l'intention d'y passer la nuit.
ET PENDANT CE TEMPS LÀ, LES CONNERIES DU JOUR
Le président de l'Assemblée nationale, Jean-Louis Debré, sur
France-Info: "si aujourd'hui, c'est la rue qui fait la loi, nous
rentrons dans un système qui n'est plus le système républicain".
Nicolas Sarkozy se rend à la salle de commandement de la préfecture
de
police afin de superviser le dispositif mis en place pour la
manifestation contre le CPE. "On a identifié 500 individus à risque",
explique le ministre. "Pas de gros problème." Non, non, juste 499.500 «
sans problèmes » encore en liberté dans les rues...
Lure, la ministre déléguée à la Cohésion sociale et à la Parité,
Catherine Vautrin, explique à des lycéens que "le CPE est un CDI".
Gilles de Robien appelle les manifestants à "penser à ceux qui sont
au
chômage : parce que les étudiants, ce n'est pas pour eux (le CPE), ce
sera
dans deux ou trois ou quatre ans"...
Dans le même sac, et en plus on comprend pas ce qu'elle dit...
Ségolène
Royal: "Les jeunes ne comprennent pas que le message du gouvernement ne
soit pas celui qui consiste au contraire à dire aux entreprises :
faites confiance aux jeunes, donnez-leur leur chance et pas un travail
au
rabais".
CLASSES EN LUTTE... comme l'ensemble des publications de la CNT, est
rédigé et maquetté par des syndiqué(e)s, après leur journée de travail.
Notre syndicalisme, refusant toute bureaucratisation, fonctionne sans
permanent et sur la base de la rotation des tâches afin que
chacun/chacune
s'implique concrètement dans le fonctionnement du syndicat.
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concéder, c'est se rendre .