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buenaventura Langue pendue

Nombre de messages: 2488 Date d'inscription: 17/02/2005
 | Sujet: ... Sam 3 Juin - 9:13 | |
| Le sommaire : Profits et licenciements par Jean-Pierre Germain, page 3 La prostitution et Coupe du Monde , par R. Paradis, page 4 Non au bordel mondial!, par la Marche mondiale des femmes, page 5 L’autruche, tout simplement, par F. Ladrisse, page 5 Brèves de combat, page 6 ANPE et chiffres officiels, par R. Hamm, page 7 Alstom, responsable et coupable, par J.-P. Levaray, page 9 Décroissance avec le groupe de la FA d’Ivry, page 9 Or noir, des news!, par F. Roux, page 10 Pour un courant syndicaliste de luttes des classes, par S. Mahé, page 11 Tout n’est pas perdu au Portugal, par A. G. de Carvalho, page 12 Ne tirez pas sur le lampiste, par A. Sulfide, page 14 La voix des prisons en Israël-Palestine, par U. Avnery, page 15 Les derniers nomades d’Europe, les Roms, par P. Schindler, page 17 La Mort de l’asile, P. Le Corre, page 18 Détruire les prisons, par J. Lesage de La Haye, page 19 Criminalisation de l’immigration, par P. Paseck, page 20 Bilan des Rencontres libertaires, Grenoble, par Bibo, page 21 Radio libertaire, page 22 L’agenda, page 23 L’éditorial : PERSONNE N’EST DUPE : « Super Vilain », le héros de Matignon, s’il vient au secours des salariés de l’usine Sogerma de Mérignac, c’est simplement pour essayer de gagner des points dans les sondages. Un peu plus et on croirait que les différents gouvernements successifs de gauche comme de droite, dont celui de monsieur de Villepin, n’ont jamais laissé la population s’appauvrir. Mais avons-nous la mémoire aussi courte que cela ? Avons-nous déjà oublié les différentes délocalisations, les licenciements boursiers ; le CNE et le CPE ? Non évidemment... Le Premier ministre est au plus bas depuis le Mouvement anti-CPE et l’affaire Clearstream, et le sera probablement encore, même avec son soutien aux employés de Sogerma et son « plan Solidarité grand âge pour 2007-2012 ». Heureusement pour lui, le ridicule ne tue pas. Mais au-delà de la manoeuvre politicienne de notre super héros, l’affaire Mérignac émeut, même si le scénario a encore un air de déjà vu: des licenciements annoncés, une grève, des négociations, la moitié des effectifs sont préservés... Et il y a toujours cette incompréhension : une multinationale qui fait des bénéfices colossaux et qui, parallèlement, ferme des sites. Stupéfaction pour certains, scandale pour d’autres. Les actionnaires et patrons s’en contreficheraient-ils ? N’auraient-ils donc pas de coeur ? La question n’est pas là. Qu’ils aient un coeur ou non, c’est ainsi que fonctionne le capitalisme moderne. Les concurrents sont eux aussi très puissants, et il y a de l’argent à gagner à licencier et faire bosser une main d’œuvre moins cher, ou à remplacer des êtres humains par des machines. On ne peut prendre le risque de ne pas faire de bénéfices, sinon, c’est la spirale infernale, car il faut toujours investir, inventer du nouveau, du neuf, du moins cher, du plus rentable pour rester sur le marché. Voilà où nous mène la logique de profit, voilà où nous mène ce système. À Matignon on voudrait nous faire croire que l’État a son mot à dire. Oui il a son mot à dire, celui de l’allié, et celui du bras droit. Car l’État c’est le GIGN envoyé contre les salariés de la SNCM en grève ; car l’État c’est le tribunal qui punit les syndicats de la Régie des transports de Marseille à payer 10000 euros par jour si ils continuent leur grève ; car l’État c’est l’instrument législatif par lequel on légalise les contrats précaires comme le CNE. En l’occurrence, c’est le bras droit, en déficit d’image, qui demande un coup de main à son allié en préservant la Sogerma. Et ce dernier, lui chuchote qu’un contrat sur certains avions militaires serait bienvenu... Et en prime un article de Rose Paradis ! Coupe du monde de football Combattre le système prostitutionnel ! GRÂCE À LA DIFFUSION d’une pétition initiée par la CATW (1), une certaine médiatisation a montré le phénomène de développement de l’offre prostitutionnelle (ou de la demande, selon que l’on se place du point de vue des personnes prostituées ou des clients de la prostitution) au moment de la Coupe du monde de football en Allemagne en juin 2006. Rappelons que lors des Jeux olympiques d’Athènes en 2004, la ville avait failli autoriser l’ouverture de trente maisons closes mais que le mobilisation avait mis un terme, au moins dans son aspect public, à ce projet. La prise de position du sélectionneur de l’équipe française (2) est assez laconique et prête à discussion: quand il dit « s’élever contre la traite des blanches », il oublie que des femmes du monde entier, et notamment d’Afrique, vont subir cette violence. Quand il se désole que l’on « ramène le foot à une dimension écharpe, bière et nanas », il nie l’existence de la violence, de l’alcool et du machisme inhérents aux clubs de supporters. Il se dit « presque choqué qu’on puisse parler de femmes comme ça, comme des esclaves ou du bétail »: pourquoi ce « presque »? Il ne serait donc pas totalement choqué ? Quelques arguments de Didier Bariani, vice-président de l’UDF, publiés par le Monde le 20 avril 2006, sont également discutables. « Incapables d’endiguer une violence qui les dépasse et de contrôler un racisme qu’elles déplorent, les fédérations se constituent en souteneurs de surcroît. » Ces propos font sans doute allusion au racisme que les supporteurs expriment envers certains joueurs. Or le racisme devrait, non pas « être contrôlé », mais être puni, comme le prévoit la législation française. « Si le sport se fonde sur le respect de l’autre et de sa dignité, cela passe forcément par le respect de la moitié de l’humanité. » Quand on voit les pratiques concurrentielles exacerbées entre les sportifs, le dopage, le sexisme (avec, par exemple, l’oubli quasi systématique des sportives), on peut s’interroger sur le respect et la dignité! Cette phrase entretient le leurre d’un sport fair-play, éducatif, situé hors de la société et indépendant des financiers. Le prix des places au stade de France montre bien l’inverse: 2000 euros au noir pour un match récent, occasionnant une agression et une tentative de vol. Entre mafia qui organise la prostitution et foot qui propose son spectacle toujours payant, ce sont deux facettes du business mondialisé qui sont en complémentarité pour assurer le plus de profits possibles. Cependant, la pétition initiée par la CATW est sujette à réflexion: par exemple, « dire non à la prostitution des femmes » reviendrait-il à dire oui à la prostitution des hommes? Ou encore se prononcer contre la prostitution « pendant la Coupe du monde de football » aura-t-il pour conséquence de dire oui à la prostitution avant et après l’événement ? Comme le fait remarquer Marie-Victoire Louis, utiliser des termes comme « acheter du sexe » ou « des femmes importées » banalise l’acte en lui donnant un vernis commercial, de même quand il est question d’« acheteurs », et de « touristes sportifs/sexuels ». Aucun de ces termes ne s’inscrit dans une logique de condamnation, bien au contraire. Le Conseil de l’Europe a demandé au président de la FIFA de condamner la « prostitution forcée ». Une campagne intitulée Ab Pfiff (coup de sifflet) exige que les prostitueurs (ceux qui paient pour ça) s’informent auprès des personnes prostituées pour savoir si elles sont là volontairement ou non. Belle hypocrisie ! Rappelons que la prostitution est légale en Allemagne et qu’elle connaît une croissance qu’envieraient bien des entreprises! Les autorités estimaient le nombre de personnes prostituées à 200000 en 1998 et à 400000 en 2006. Environ 75 % d’entre elles seraient d’origine étrangère, victimes du proxénétisme international. La seule dénonciation de la prostitution forcée légitime la prostitution légale en la faisant passer par une prostitution librement choisie. Or toutes les associations venant en aide aux personnes prostituées le savent bien: personne ne rentre jamais librement dans le système prostitutionnel; il arrive seulement qu’on y reste par manque de choix de solution et d’aides réelles pour son abandon. En France, plusieurs associations ont lancé une campagne dont l’objectif est la sortie de la prostitution et la revendication « Pour sortir de la prostitution, un titre de séjour! ». (3) La mobilisation s’organise à l’initiative d’associations féministes. De ce fait, et par ses fermes positions abolitionnistes, il semble que la Suède ait retiré la participation de son équipe nationale à cette Coupe du monde. Le véritable scandale n’est donc peut-être pas tant dans le développement de la prostitution en juin dans douze villes allemandes que dans l’existence même de ce type de relations entre des êtres humains: Nous refusons cette marchandisation des corps et cette commercialisation de la sexualité humaine; Nous dénonçons les profits des proxénètes et les revenus des taxes et impôts qui font de l’État allemand un des principaux souteneurs d’Europe; Nous revendiquons la libre disposition de nos corps et des relations amoureuses librement consenties et gratuites! Rose Paradis (1). Coalition Against Trafficking in Women, http://catwepetition.ouvaton.org(2). www.football365.fr/bleus. Page consultée le 24 avril 2006. (3). ATMF, FASTI, GASProm, ASTI Nantes, LDH, Mouvement du Nid, RAJFIRE (liste en cours). Contact: FASTI, 58, rue des Amandiers, 75020 Paris. Le Monde libertaire, hebdomadaire de la Fédération anarchiste, adhérente à l'Internationale des Fédérations Anarchistes Chaque jeudi en kiosque, 24 pages en couleurs pour deux euros _________________ concéder, c'est se rendre .
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|  | | kamchatk Invité
 | Sujet: .. Sam 24 Juin - 10:09 | |
| Le sommaire : « Elle ferait une candidate de droite acceptable. » par Jean-Pierre Levaray, page 3 Motions du 63e congrès de la Fédération anarchiste, page 4 L’autruche, back from Merlieux, par F. Ladrisse, page 5 Brèves de combat, page 6 Loi sur le handicap, par Fred de Besançon, page 7 La prison c’est souvent pas de chance, page 8 Les chaussettes à clous du XXIe siècle, par M. Rajsfus, page 9 Demain on rase gratis, par C. Danis, page 10 De l’école buissonnière, par Louise, page 11 Flic à la maison? par Espé, page 11 Petite philosophie du sport, par Y. Youlountas, page 12 Non à la coupe du Monde du footre, par la Fédération anarchiste, page 14 L’État israélien, par J. Langlois, page 15 Découvrez Germinal, par Daniel, page 18 René Dunan ou l’étonnant... par Felip Equy, page 19 Salon du livre libertaire, page 21 Radio libertaire, page 22 L’agenda, page 23 L’éditorial : Braves petits pioupious de la Coupe du Monde de football ! Ajoutez à cela l’été qui s’avance, la finale du Championnat de France de rugby, Roland-Garros et vous n’avez plus rien qui fâche à la une des divers médias ! La France serait « folle » d’un footballeur de Boulogne-sur-Mer et la mort de huit Palestiniens sur une plage de Gaza semble le dernier de ses soucis. On apprend quand même que Villepin veut supprimer, pour le budget 2 007, 10000 postes de fonctionnaires. Trente euros de plus par mois, c’est ce que demandaient les travailleurs et travailleuses de la compagnie laitière européenne (Elle et Vire, Coeur de Lion), alors que le président de Vinci, après son « licenciement », empochera 15 millions d’euros. La présidente du Medef, Laurence Parisot, rebondissant sur les divers propos de Mademoiselle Royal, propose que chaque entreprise définisse elle-même son temps de travail. À quand une riposte syndicale ? Dans notre douce France, 113 blocs opératoires sont menacés de fermeture, au nom de la « rationalisation de l’offre de soins ». Avec les restructurations des services d’urgence des hôpitaux publics, les médecins sont obligés d’envoyer des patients vers les cliniques privées. Et ceux et celles qui n’en ont pas les moyens ? Code du travail, Sécurité sociale, services publics, tous les acquis du mouvement ouvrier sont sans cesse remis en question. Pendant ce temps-là gauche et droite se taillent des croupières pour 2007. Du temps de la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO) en 1936, même si cela n’aura pas été une révolution, ça avait un autre mordant. Dans la première semaine de la Coupe du Monde de football, se déroule le congrès de la CFDT. François Chérèque, secrétaire confédéral, questionné sur « l’avenir du syndicalisme dans les années à venir », déclare que « ça ne peut plus continuer comme ça ». On est bien d’accord avec lui, mais pas pour les mêmes raisons ni pour le même futur. Et un article en prime : « Ici, on fera comme en France. » (1) La Grèce connaît actuellement son plus important mouvement étudiant depuis 1979. 354 départements académiques sont occupés (80 % des facs). La cible de la mobilisation est un projet de loi du gouvernement de droite prévoyant : la création de facs privées, l’ouverture des facs aux flics, le durcissement des conditions de réussite. L’ensemble des politiques de droite comme de gauche soutiennent la réforme, le PC grec malgré son opposition au projet tente de freiner la lutte en s’opposant aux occupations et aux grèves reconductibles. Le mouvement se structure de manière horizontale en AG coordonnées. Il exprime un rejet radical de la logique de privatisation de l’enseignement supérieur et lance des actions contre le gouvernement. Les enseignants votent, en AG, en faveur de la proposition de grève illimitée. En Grèce, comme en France, les étudiants luttent contre la libéralisation de la société lancé par l’État. Ils ont identifié en lui leur ennemi et ils ont affirmé qu’ils ne participeraient à aucune négociation. Le 25 mai ils étaient 8000 à Athènes. Le 8 juin 15000 dans la capitale, ainsi que 10000 à Thessalonique. À chaque fois, ces manifestations se sont terminées dans une répression féroce: grand nombre d’interpellations et utilisation de gaz. Ces événements nous montrent que la politique du capitalisme est une politique internationale, il nous faut donc réagir à la même échelle. À ce jour, il y a déjà eu deux rassemblements de soutien devant l’ambassade de Grèce: le 2 juin et le 13 juin. Le prochain rassemblement est organisé mardi 20 juin à 18h00 devant l’ambassade de Grèce 18 rue Auguste Vacquerie (métro Kleber ligne 6) à l’appel notamment de la FA, la CNT, AL, la CGA … La solidarité internationale doit se poursuivre car leur lutte est notre lutte, et réciproquement puisqu’ils avaient réagi de la même façon pendant le mouvement dit « anti-CPE » en s’attaquant à l’ambassade française. Djo (1) Mot d’ordre lors de la manif du 28 mai. Le Monde libertaire, hebdomadaire de la Fédération anarchiste, adhérente à l'Internationale des Fédérations Anarchistes Chaque jeudi en kiosque, 24 pages en couleurs pour deux euros |
|  | | kamchatk Invité
 | Sujet: .. Sam 24 Juin - 10:38 | |
| Le sommaire Fonctionnaires précaires, par virginie, page 3 GDF, tous et toutes contre la privatisation?, par J. Langlois, page 4 L’autruche a chaud, par F. Ladrisse, page 5 Brèves de combat, page 6 July à la casse?, par S. Bull, page 7 France Soir, no future..., entretien avec C. Gourdet, page 8 La charité à toute les sauces, par F. Roux, page 10 Voyage en Chine ou le business roi, entretien avec H. Hsuan-wou et C. Reeve, page 11 Précarité et nouveaux contrats, par E. Sanloix, page 15 Des errements de la mairie de Paris, par P. Schindler, page 17 Proudhon et le problème des élections, page 18 L’expulsion de Victor, par Jean, page 19 Içi l’ombre, page 20 Troubles à la faculté de droit d’Aix, par Thierry, page 21 Faits d’hiver, par J.-M. Raynaud, page 21 Radio libertaire, page 22 Agenda, page 23 *** L’éditorial L’ÉTÉ EST LÀ, les vacances se rapprochent, le temps est à la détente. L’actualité est dominée par le football. Peu importe ce qui se passe autour de nous et dans le monde: guerres, catastrophes naturelles, épidémies ; l’important est de savoir quel est le meilleur buteur, quelle nation va remporter la coupe. Sous des couverts de communion des nations sous le flambeau du sport, on assiste à une exacerbation des sentiments nationalistes. Si les joueurs de foot africains, asiatiques, sud-américains ou océaniens sont les bienvenus sur les stades allemands et dans les bordels qui les jouxtent ; leurs concitoyens eux, sont de plus en plus entravés dans leur liberté de circuler. Les biens et marchandises de toutes sortes, elles, circulent avec de moins en moins d’entraves, l’OMC et la banque mondiale y veillent. Ces organismes sont les deux piliers du conseil d’administration de la planète, ce supragouvernement décide qui doit vivre et qui doit mourir. Les fonctionnaires de ces organisations choisissent quel pays peut se développer économiquement, et quel autre, tels la Somalie ou le Tchad, doit rester dans le chaos des guerres civiles engendrées par les marchands d’armes et les nations complices qui aiguisent les tensions en soutenant les chefs de guerre qui leurs promettent les meilleurs conditions d’exploitation de leurs ressources. Les desiderata des populations locales ne sont pas pris en compte car ils ne rentrent pas dans les tableaux et diagrammes de ces technocrates de la croissance à la solde des grandes multinationales. Après avoir exploité pendant des siècles leurs ressources naturelles, que ce soit le pétrole, les minerais de fer, de cuivre, d’uranium, la bauxite… ou bien leur or et leurs diamants ; c’est maintenant leurs capacités intellectuelles que la vieille Europe veut piller. L’ingénieur, le technicien, l’architecte ou le médecin doivent, pour les crapules qui nous gouvernent, pouvoir s’importer au même titre que le manganèse ou le charbon. Dans ces cas-là, nos chantres du libéralisme à outrance, ressortent les revendications de libre circulation. Quant à ceux qui, poussés par la misère ou les bombes, s’arrachent à leur terre natale pour trouver refuge dans ce qu’ils pensent être des pays de cocagne, ils sont repoussés vigoureusement comme des loups qui s’attaqueraient au cheptel. En guise d’abondance, c’est une pléthore de flics, douaniers, gardeschiourmes des centres de rétentions qui acceuillent ces candidats à la survie qui ont le tors de ne pas correspondre aux critères d’employabilité requis. Que ces fonctionnaires de la répression se rassurent, ils ne sont pas du tout visés par les propos du Villepain vilipendant la fonction publique. Le Monde libertaire, hebdomadaire de la Fédération anarchiste, adhérente à l'Internationale des Fédérations Anarchistes Chaque jeudi en kiosque, 24 pages en couleurs pour deux euros |
|  | | kamchatk Invité
 | Sujet: ... Jeu 14 Sep - 21:36 | |
| Le sommaire : page 3, Après la rafle de Cachan, par Maurice Rajsfus page 4, Rafles estivales, par Moko Mouse page 5, la situation à Oaxaca, par Fred page 6, Rentrée syndicale, par Jean-Pierre Germain page 7, Rentrée politique, par Jean-Pierre Levaray page 8, Brèves d'ici et d'ailleurs page 9, Entretien avec un jeune anar queer israélien page 12, La Prodi politique, par Jean-Pieere Garnier page 14, SNCF collabo?, par Dr Marthius page 17, La tragédie de l'Espagne, par Hugues page 18, Ballon sanglant, par Guillaume Bourou page 19, La voie du thérapeute, par Claude Margat page 20, Fichiers ADN, le cauchemar de Ben, par Daniel page 21, Il est de ceux qui font lever le vent, par Jean page 22, Radio libertaire page 23 Agenda *** Et l'édito : C'est la rentrée des classes, des millions d'enfants et d'adolescents sont abandonnés à L'Education nationale. Plutôt que d'en faire des êtres libres, épanouis, puisant leurs connaissances dans le savoir accumulé par les générations qui les ont précédés, celle qui préfère instiller dans leur cerveau malléable un savoir distillé de doctes imbéciles. Elle cherche à les transformer en singes savants capables d'ânonner par coeur des leçons qu'ils ne comprennent pas. Le but de l'Education étant, pour nos diligents dirigeants, de former des élements disciplinés respectant l'autorité, répondant à des principes devenus pour eux des réflexes, mais qu'ils n'ont jamais fait leurs. Ces principes, gravés dans l'inconscient de nos enfants, feront d'eux des adultes dociles, facilement manipulables par ceux qui savent tirer les ficelles. Nos dictateurs en puissance modernes rêvent d'une population persuadée que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, alors qu'inconsciemment ils sont les esclaves d'une doctrine qu'ils acceptent sans critique. Les partis politiques, eux, sont sortis ragaillardis de leurs universités d'été, ils se dirigent vers les startings blocks de la course électorale. Mais que ce soit à gauche ou à droite, la chasse aux pauvres a battu son plein cet été. Les SDF ont été bannis des centre-villes pour ne pas gêner l'industrie touristique. Le gouvernement, après avoir profité des vacances pour expulser des sans-papiers et leurs enfants, a voulu montrer son efficacité dans le traitement des logements insalubres en jetant plus de 1000 personnes dans la rue, là ou bien sûr, ils trouveront les élements nécéssaires à une bonne hygiène de vie, air pur et grand espace. De fait, indépendamment des critères ethniques et nationaux, mais bien sûr un critère de classe sociale, c'est le trop-plein du marché que l'on cherche ainsi à marginaliser ou à expulser. Que l'on soit bleu de frousse, vert de terreur ou rouge de colère, nous sommes tous obligés de nous conformer au moule le plus en vogue sur le marché, c'est ce qu'ils appellent l'employabilité. Gageons que le chômage, avec l'insécurité, sera un des grands thèmes sur lequel dégoiseront nos candidats à la magistrature suprême. Tous auront des solutions miracles pour éradiquer ce chancre sarcomateux qui pourrit nottre société. En l'occurrence, les différents gouvernements qui depuis une trentaine d'années se succèdent dans l'hémicycle n'ont jamais cherché qu'à camoufler le nombre réel des sans-emploi derrière des chiffres manipulés. Le Monde libertaire, hebdomadaire de la Fédération anarchiste Chaque jeudi dans les kiosques, 24 pages en couleurs d'actualité anarchiste - 2 euros |
|  | | kamchatk Invité
 | Sujet: ... Sam 30 Sep - 9:19 | |
| +++ Le sommaire : Habitat, l’apartheid social, par Thierry Périssé, page 3 Thierry fait son mea-culpa, page 5 L’autruche se lisse les plumes, page 5 Combat de comptoir, page 6 Benoît XVI se prend pour l’empereur d’Orient, par R. Boullard, page 7 Nid de vipères à Abidjan, par Pascal, page 9 Le front patronal avance, par Hugues, page 11 Répression à Fribourg, par Cha & Olynx, page 12 KTS, un centre autonome en sursis, par Cha & Olynx, page 14 Le sport, ce suppôt du capitalisme, collectif, page 15 Le sport : rouge, impair et passe, par W. Rosell, page 17 Charlie Bauer, un révolté en prison, par S. Jacaré, page 18 Les milieux libres à la belle époque, par Paco, page 19 Dadoun, Péguy et Gimbutas s’emmêlent la langue avec la déesse, page 20 Un nouveau site libertaire, par Greg, page 21 Radio libertaire, page 22 Agenda, page 23 +++ Et l’éditorial : Le ministre de l’Intérieur tente de faire passer l’inefficacité de ses méthodes musclées pour éradiquer les délinquants sur le dos du prétendu laxisme des juges, alors que ceux-ci sont de plus en plus répressifs, selon un rapport de l’Inspection générale des services. Il doit pour ce dire se fonder sur les procédures intentées à ses « amis » du monde politique ou du monde des affaires dont les condamnations à la prison ferme sont rares et ne dépassent jamais quelques mois. En tant qu’anarchistes, nous ne croyons pas que la prison soit une solution pour régler les problèmes de délinquance mais que, avec l’avènement de l’égalité économique et sociale, une très grande partie n’aura plus lieu d’être. Nous pouvons quand même, sinon nous étonner, du moins nous offusquer de la disparité de traitement qui existe selon les tribunaux et selon que l’on soit une mère de famille s’appropriant de quoi remplir la gamelle familiale sur laquelle flotte le drapeau noir de la misère, ou la femme d’un homme politique raté qui a détourné des dizaines de milliers d’euros – un peu pour le parti, beaucoup pour les parties fines au bord de la piscine de leur luxueuse propriété. L’une fera six mois de prison ferme pendant que ses enfants iront moisir à la DASS, l’autre ne prendra sûrement que quelques mois avec sursis, et si jamais elle prend quelques semaines de prison ferme, cela sera dans une section pour VIP où lui sera réservé un traitement de faveur (surtout si les matons sont des sympathisants du parti en question). « Les Français savent que je dis la vérité », dit le populiste de service en parlant de ses propos dégradant la magistrature, seulement, pour juger, combien de Français connaissent-ils le fonctionnement de la justice, ou ont simplement déjà mis les pieds dans un tribunal ? La réaction de l’opposition est tout aussi risible, car certes le fait pour un ministre de l’Intérieur de dire qu’il ne reconnaît que le peuple comme juge peut donner des craintes à la caste juridique sur l’avenir de son indépendance, mais la gôche elle-même ne se gêne pas pour manipuler la justice (écoutes téléphonique illégales, affaire des Irlandais de Vincennes, etc.). Tout cela n’est que de la soupe électorale qui nous montre que les tripatouillages pour se faire élire dans une démocratie parlementaire n’ont guère changé depuis Périclès au VIe siècle avant notre ère. Comme nous l’annoncions déjà depuis des mois, ce sont bien les immigrés, les sans-papiers et les mal-logés qui font les frais de l’ire de nos présidentiables. À quelques exception près, tel l’ex-ministre de l’Intérieur de feu Bokassa Ier, qui, lui, a été naturalisé français cet été ; entre collègues, il faut s’entraider ! Le Monde libertaire, hebdomadaire de la Fédération anarchiste Chaque jeudi dans les kiosques, 24 pages en couleurs d'actualité anarchiste |
|  | | kamchatk Invité
 | Sujet: ... Sam 7 Oct - 10:26 | |
| Le sommaire : L’avortement et la contraception restent un droit et un choix, par Patrick Schindler, page 3 Abidjan et les déchets toxiques, par Pascal, page 4 Benjamin et l’ADN, acharnement! par Daniel, page 5 L’autruche monte sa barricade, par F. Ladrisse, page 5 Brèves de combat, page 6 Un Tchernobyl en Suède, par A. Einstein, page 7 Déchets nucléaires à Bure, nouvelles des militants, page 8 Las Vegas criminalise les sans-abri et la solidarité, par D. Stissi, page 10 L’Espagne et la « transición », la loi de la honte, par D. Pinos, page 11 Des lois nazies en Suisse ? par Cha, page 14 L’Allemagne et le retour de la bête immonde, par Olynx, page 15 Anarchie et utopie, par A. Zurvan, page 17 Vie du mouvement, page 21 Radio libertaire, page 22 Agenda, page 23 L’éditorial : La France, ce beau pays, havre de la douceur de vivre visité par des millions de touristes chaque année, s’enorgueillit d’être la patrie des droits de l’homme et du citoyen, un modèle de démocratie, fière d’avoir été la première à zigouiller son roi. Hélas derrière cette façade idyllique se cache une tout autre réalité. La France, seul pays européen à avoir été condamné par la Cour européenne des droits de l’homme pour le traitement inhumain qu’elle réserve aux « délinquants » dans ses commissariats et ses prisons, est la championne de l’arbitraire administratif et des tripatouillages politico-judiciaires obscurs. Encore cette Cour européenne n’a-t-elle pas statué sur le sort des étrangers indésirables étouffés par les policiers accompagnateurs qui veulent les maintenir tranquilles, gestes tout à fait légitimes selon les tribunaux français dont les récentes déclaration du ministre de l’Intérieur nous font douter de leur indépendance. La France est aussi la fille aînée du lobby nucléaire mondial, accueillant les déchets mortels venus du monde entier alors qu’elle ne sait que faire des siens propres, issus de ses nombreuses centrales nucléaires qui sont autant de Tchernobyl en puissance. Depuis vingt ans les technocrates nous bassinaient que cette catastrophe, dont on a considérablement minimisé les conséquences au détriment des populations vivant sur les territoires contaminés, n’était due qu’à l’inconscience du système totalitaire soviétique qui n’avait pas pris en compte la sécurité de ses citoyens. Cet été, la centrale de Forsmark en Suède, considérée par les experts comme l’une des plus sûre du monde, est passée à deux doigts d’un accident similaire à cause d’un simple court-circuit, cela nous montre bien que personne n’est à l’abri. La France est donc une véritable poudrière aux mains d’une bande de docteurs Folamour prêts à nous faire avaler n’importe quelle couleuvre fluorescente pour préserver leur parc de bombes dévastatrices. N’ont-ils pas été jusqu’à vouloir nous faire croire que les nuages radioactifs ne passaient pas nos frontières ? Comment les croire lorsqu’ils nous disent que l’enfouissement est la solution miracle pour se débarrasser de leurs déchets ? Surtout quand l’on voit que la branche militaire de ce groupe de pression développe toujours de nouvelles armes toujours plus meurtrières, regroupant dans un seul missile plusieurs minibombes atomiques. Pendant ce temps-là, les fanatiques d’un ordre moral qui extermina des millions d’hommes de femmes et d’enfants sous l’Inquisition voudraient nous empêcher de disposer de nos corps comme bon nous semble sous prétexte d’un créateur suprême de qui nous dépendrions, mais, malheureusement pour eux, celui-ci n’existe que dans leurs cerveaux malades. Et en prime un article : L’avortement et la contraception restent un droit et un choix Samedi 14 octobre Paris 18e Manifestation contre la marche pour la vie et pour le droit des personnes à disposer de leurs corps et de leur sexualité, 19 heures précise (ponctualité exigé), en haut du funiculaire de la butte Montmartre à l’appel de la Fédération anarchiste, la CNT, le SCALP, Ras l’Front. POUR LA SEIZIÈME ANNÉE consécutive, les intégristes proches de Monseigneur Lefebvre organisent sous le prêtenom de Renaissance catholique la « Marche pour la vie », rejoints, comme chaque année, par le fleuron de ce que la France compte comme alliés de l’extrême droite française, du Fhaine, aux jeunes militants du Bloc identitaire, en passant, bien sûr, par les monarchistes. Pendant cette montée aux flambeaux vers le Sacré Coeur (construit comme symbole de la revanche des Versaillais, curés et réactionnaires contre les Communards de Paris, pour « expier leurs crimes »), au son des slogans et prières perpétrées par leur filière SOS Tout-Petits, l’antre de Xavier Dorr. Ce dernier continue encore aujourd’hui, malgré ses multiples condamnations pour ses actions commandos dans les hôpitaux et les cliniques et les pressions exercées sur le personnel médical et les femmes, à exhorter avec ses collègues, parfois à genoux, les foules naïves à la prière et à l’action contre les centres du planning familial. Pas plus joyeux du côté de l’église « officielle ». Faut-il rappeler les propos tenus par l’ancien pape J.-P. II dans « Mémoire et identité », paru en février 2005, où il compare l’avortement à la solution finale, minimisant un crime contre l’humanité et niant les droits des femmes à disposer de leur corps. Il semble que les derniers propos également tenus par le nouveau pape araignée aient redonné quelque vigueur aux adorateurs des foetus, qu’ils considèrent comme des êtres humains à part entière, vieux fantasme des religieux et en brandissent les images dans nos espaces publics. Depuis l’anniversaire du trentenaire de la loi Veil légalisant et l’avortement, on a vu dans notre pays une recrudescence des activistes anti-IVG qui se sont rassemblés, avec leurs amis fachos, place de la République en janvier dernier, pour la même mascarade et sous les mêmes slogans. Un peu partout en Europe (Pologne, Portugal, Irlande, Conseil de l’UE) on assiste à une remise en question des droits des femmes pour entraver leur liberté de choisir la contraception et leurs choix de vie. En France, les centres publics qui pratiquent encore l’avortement ferment les uns après les autres, soit faute de financement, soit parce que les praticiens ont de plus en plus de mal pour pratiquer leurs interventions dans des conditions optimales, ou encore quand les dernières cliniques qui les pratiquent ne sont pas la proie des intégristes liberticides, qui s’enchaînent, comme aux États-Unis pour empêcher les médecins de pratiquer. Nous ne les laisserons pas installer leur vieil ordre moral dans les espaces publics, voir dans les endroits fréquentés par les jeunes, qu’ils essayent de convertir par des discours réactionnaires, anti-scientifiques et de désinformation. Les vrais chiffres et données concernant l’avortement et la contraception en France Selon la DREES(1) et les derniers chiffres publiés sur le sujet, 210700 femmes ont avorté en France en 2004, dont 11500 mineures, contre 203000 en 2003. On constate donc un recul de l’avortement, certainement dû au recul du recours aux méthodes contraceptives. En 2004, 75 % des femmes concernées avaient entre 18 et 35 ans. Qui plus est, l’augmentation est plusmarquée chez les mineures, pour lesquelles le nombre d’avortements a augmenté de 32 % entre 1990 et 2006. Ces chiffres n’incluent, ni les Interruption médicales de grossesse, ni la « contraception d’urgence ». Pour leur part, les recours à la contraception d’urgence se multiplient également : selon le baromètre santé de 2005, 13,7 % des femmes affirment avoir déjà eu recours à la « pilule du lendemain ». Parmi, les 15-19 ans, 68 % utilisent une pilule hormonale., 10000 ont été pratiqués dans l’année 2005 en France, sur 200000 interventions. En 2001, les avortements médicamenteux représentaient plus de 30 % du total, contre 14 % en 1990. Légalisée en 2001, cette méthode est remboursée à 70 % par la Sécurité sociale. La circulaire 2004, destinée à encadrer les avortements en ville prévoit 5 consultations. Lors du troisième rendez-vous, la femme prend un comprimé qui bloque l’action de l’hormone nécessaire au maintien de la grossesse. Puis, lors de la quatrième consultation, la femme avale un cachet qui provoque l’expulsion de l'oeuf. Pour exemple, le planning familial de Saint-Denis accueille une fois par semaine les femmes qui veulent avorter chez elles. La phase la plus sensible est celle de la prise du comprimé, durant laquelle la plupart des femmes craquent et le personnel tente de les rassurer en leur rappelant qu’un avortement est toujours une prise de décision lourde, mais n’a jamais empêché une femme d’avoir plus tard un bébé, à condition de ne pas avoir d’avortements trop répétés. Afin de faire face aux mensonges proférés par les ultra-catholiques et autres militants pro-vie, un contre rassemblement est organisé le samedi 14 octobre à 19 heures en haut du funiculaire de Montmartre. On ose espérer que, cette année, que la police nationale, ou police du capital, n’empêchera pas les militantes et militants en faveur du droit à la contraception et de l’avortement d’exprimer leur solidarité à toutes les femmes qui luttent pour le libre choix de leur corps et à s’opposer à ce défilé moyenâgeux de l’ordre moral. En effet, il semble que la préfecture et la Mairie de Paris aient plutôt pris, ces derniers temps, le parti de laisser les anti-IVG faire leurs prières sur nos trottoirs et les fascistes agresser physiquement les militants pro-IVG. Dernièrement encore, les manifestants qui se sont imposés lors de l’inauguration du Parvis de Notre-Dame qui doit prendre le nom de l’ancien pape assassin J.-P. II, alors qu’il était un des pires complices du sida et de la stigmatisation des lesbiennes, gays bis et trans par son homophobie, ses positions rétrogrades sur les femmes et sa condamnation sans appel du préservatif. Ah! si Marie avait connue l’avortement, nous n’aurions pas tous ces emmerdements! Patrick Schindler Groupe-claaaaaash(a)federation-anarchiste.org 1. Organisme de statistiques du ministère de la Cohésion sociale. Le Monde libertaire, hebdomadaire de la Fédération anarchiste Chaque jeudi dans les kiosques, 24 pages en couleurs d'actualité anarchiste |
|  | | kamchatk Invité
 | Sujet: .. Dim 8 Oct - 12:41 | |
| Dimanche 15 octobre 2006, à la librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e. Métro République, Oberkampf ou Filles du calvaire. Dans la rue Amelot : 13 heures: Chansons et orgue de barbarie dans la rue avec Vania et Riton la Manivelle. 13h30: Débat autour du Front Populaire avec Loïc Le Bar, Le monde enseignant et le Front Populaire (Éditions Syllepse), Danielle Tartakowsky, auteure de Le Front Populaire : La vie est à nous (Éditions Gallimard), (à confirmer). Jean-Louis Crimon pour son roman Oublie pas 36 (Éditions Castor Astral). 15h30: Débat sur la Révolution espagnole avec Frank Mintz, Espagne 36, l’autogestion révolutionnaire, Cesar Martinez Lorenzo, (à confirmer), Pouvoir et révolution sociale (Éditions libertaires), Les Giménologues, Les fils de la nuit, souvenirs de la guerre d’Espagne. (Éditions l’Insomniaque), Christine Diger auteure du roman Un automne pour Madrid. L’histoire de Théo, un combattant de la liberté. (Éditions Atlantica). 17h30: Serge Utgé-Royo chante l’Espagne révolutionnaire. Dans la librairie : 13h30: Les olympiades oubliées d’Ariel Camacho (52 minutes), un documentaire sur les Jeux olympiques de Barcelone en 1936. Suivi de Durruti (12 minutes). De 14h45 à 15h15: Discussion autour des films. 15h30: Film: Le crime de Monsieur Lange de Jean Renoir – dialogues de Jacques Prévert. (1h15). Suivi de films militants de 1936. 17h15: Lecture de textes autour de 1936 par Fred et Maud. Grande bourse aux livres: Vous avez des livres à échanger ou à vendre? Nous installerons des tables rue Amelot et vous pourrez y mettre vos livres, revues, et même objets divers. |
|  | | kamchatk Invité
 | Sujet: ... Sam 14 Oct - 9:04 | |
| Bonjour, Dès aujourd'hui, vous pouvez trouver dans toutes les bonnes librairies les "Ecrits choisis" de Malatesta, le dernier ouvrage paru aux editions du Monde Libertaire, au prix de 10 euros, ou le commander directement aux editions editions(a)federation-anarchiste.org |
|  | | kamchatk Invité
 | Sujet: ... Sam 14 Oct - 10:21 | |
| Le sommaire : La Seine-Saint-Denis, un endroit comme un autre, par Rebecca, page 3 Attaques en règle contre l’école, par Fred, page 4 Provocations syndicales, par Jimma, page 5 Droit syndical… Code du travail, par J.-P. Germain, page 6 En prison pour un oeuf de trop, interview de Y. Delavoët, page 7 « Vous ne justifiez pas l’intensité de vos liens avec notre pays », par L. Carnoy, page 9 Souffrir pour quoi pour qui ? par Sitta Neumayer, page 11 Fichage génétique de masse, par J.-M. Raynaud, page 14 L’Église et les autres religions, par R. Boullard, page 15 Paroles de maîtres du monde d’aujourd’hui, par Paco, page 18 La fête à Gaston, par Jacques et Gérard, page 19 Un local libertaire à Rennes, par leur propriétaire, page 20 Une femme seule, par Bruno Daraquy, page 20 La Commune n’est pas morte, par Mireille, page 21 Radio libertaire, page 22 Agenda, page 23 *** Et l'édito : Ah! ces salauds de richards, dégoulinantes crapules! Jamais assez contents d’nous voler le fruit d’not’travail et d’nous pousser davantage dans la précarité. Faut qu’en plus ces bouff ’galettes nous prétendent qu’c’est pour not’bien. Et ainsi, on le sait, les crapulards à leur service à la Chambre ou au gouvernement de bien s’occuper d’nous à voter des lois et imposer des réformes pour nous emmurer dans l’insécurité. Et va-z-y que j’te casse les hôpitaux, les écoles, le gaz public. Que j’te rogne tes picaillons d’chômeur. Que j’te r’colle tes mômes de quatorze piges à l’apprentissage et les bonnes femmes au travail de nuit ! Ça refile d’autant plus l’appétence et l’occase aux maquereaux et maquerelles de tout acabit vivant dans la chaîne économique d’user et d’abuser des malheureux. Sans oublier le pognon qu’on nous essore qui repart aussitôt dans les pognes des maquignons. « Aide à l’emploi », qu’ils appellent ça ! Et que ce n’est pas permis de pointer du doigt le pillage d’un patron, « ça nuirait aux investisseurs et aux entrepreneurs ! ». Comme ces cochons obscènes veulent s’engraisser le plus possible sans qu’les humbles pensent à moufter, ils nous font croire qu’le bazar est équitable et inéluctable! Ils entretiennent la crasse dans la tête des miséreux et des moins pauvres. Ces moutons-là tout heureux de s’gober supérieurs à un « sans-papiers », un « sans-abri »… Et des fois qu’le carcan médiatique n’suffise pas, ils ont encore les curetons et les imams à leur secours ! Tiens ! à propos de ceux-là, les affolés de la fesse interdite. Même la libre expression est en sursis. Un bon bougre de professeur déclare que « haine et violence habitent le livre dans lequel tout musulman est éduqué, le Coran », et le v’là obligé de s’planquer ! Et des pissecopies de presque dire que c’est normal puisque l’zigue a « violemment » critiqué le Coran. Où va-t-on? Notez que, les soumis à Dieu, en lui promettant un mauvais sort, donnent raison à la critique. Sacré pétard! L’oppression n’est pas seulement dans les promesses du triste nabot de Beauvau et de ses potes du patronat, mais aussi dans les barreaux que les infâmes ratichons de toutes chapelles veulent nous enfoncer dans la caboche. Nom de Dieu! il est temps que les taffeurs de tout poil montrent leurs poings au lieu de les garder dans leurs poches. Et en prime un article : LA SEINE-SAINT-DENIS, UN ENDROIT COMME UN AUTRE J’HABITE LA SEINE-SAINT-DENIS. Le « 9-3 », comme ils disent (disent-ils le « 7-0 » lorsqu’ils parlent de la Haute-Saône?). Objet de fantasme pour certains, terra incognitae pour la plupart de ceux qui se permettent pourtant, à propos de ce département, des jugements définitifs et insultants. Journalistes, éditorialistes, intellectuels et politiques, de droite comme de gauche, ces gens connaissent mieux que moi l’endroit où je suis installée, mon quotidien, celui de mes voisins. Pourtant, quand je les écoute ou les lis, c’est étrange, je n’en retrouve pratiquement rien. Le « 9-3 »: un département qui, de longtemps, fut la cible privilégiée des forts en thème de Passy. La lie de la banlieue parisienne. Une honte, une décadence, le signe (ostentatoire) de la relégation sociale. À quelques îlots près, habiter le 9-3, ce serait vouloir en partir. Car ce n’est pas ici un endroit comme les autres: soit on y est pauvre et souffrant (version de gauche), soit on y est « terrorisé » par les hordes barbares (version de droite). Dans tous les cas, on n’y est pas bien, on n’y est pas « tranquille ». J’y suis bien, moi, et je constate: il y a des cinémas, en Seine-Saint-Denis. En Seine-Saint-Denis, il y a des théâtres, des boulangeries, des pharmacies, et même des pubs irlandais! Une large majorité de ses habitants travaillent, se lève le matin, déposent les enfants à l’école, car, en Seine-Saint-Denis, pour curieux que ça puisse paraître, il y a aussi des écoles. 1 million et demi d’habitants, pas plus « terrorisés » que ceux de Loir-et-Cher. Un endroit comme un autre? Oui. Même si la moyenne d’âge y est plus jeune qu’ailleurs et que le chômage frappe dur: additionnez ces deux particularités et vous aurez saisi l’essentiel du « problème » de la Seine-Saint-Denis. Pour autant, cela ne suffit pas à en faire une terre d’exception, ni n’explique pourquoi l’index du ministre de l’Intérieur et des journalistes caniches pointe si souvent le 9-3. C’est devenu une habitude, depuis la petite phrase sur le Kärcher, balancée de La Courneuve, c’est nous qu’on aime montrer du doigt. C’est devenu une habitude, mais on ne s’y habitue pas. Les émeutes de novembre 2005, que les jeunes des quartiers vont payer durant les dix ans à venir, elles sont parties d’où? De Clichy-sous-Bois, 9-3. Donc coupable, le 9-3, comme Paris coupable de la Commune, en son temps. Et les bonnes âmes de gauche redécouvrent soudain la misère sociale dont ils se sont tellement souciés lorsqu’ils étaient aux affaires et dénoncent, la main sur le coeur, la stigmatisation dont nous sommes victimes. Foutage de gueule général. Foutage de gueule accentué ces dernières semaines, confinant à l’odieux. Quand Sarko stipendiait les juges de Bobigny, coupables selon lui de ne pas jeter en prison suffisamment d’enfants, la note où le préfet disait son inquiétude face à l’augmentation de la violence « fuitait » étrangement dans la presse (une vieille note, qui datait de juin). La couverture médiatique donnée à ces non-événements par des journalistes décidés à marcher au pas de l’oie livrait une nouvelle fois une image exécrable de la Seine-Saint-Denis : délinquance, insécurité, bandes de jeunes, islamisme et cages d’escaliers. Alors on se dit « c’est assez ! ». Marre des caricatures, des poncifs enfilés comme autant de perles sur un collier dont le nom est rejet, inculture, méconnaissance et addiction crasse au pouvoir ! Marre de laisser Sarkozy user de la banlieue comme d’un décor pour son show de futur présidentiable ! Marre de lui laisser ainsi dérouler son programme à seule fin de prouver que lui seul sera capable de mener jusqu’au bout la guerre contre les pauvres ! Marre de se coltiner, chaque jour, des flics survitaminés et ces paumés de CRS venus de Montélimar (derniers représentants de l’État depuis qu’on a fermé La Poste, puis l’agence ANPE, puis la PMI de mon quartier) ! Marre de voir le député-maire, PC, lui qui se prétend mon porte-parole à l’Assemblée mais qui, de parole justement, manque, gesticuler sur le parking, à bonne distance des tours, entouré de caméras et de flics municipaux ! À lui, comme aux autres, j’ai envie de dire : « Lâchez-nous! Foutez-nous tranquilles ! » On vit bien, en Seine-Saint-Denis, pas plus mal en tout cas que dans le Loir-et-Cher. Et même si vous avez décidé que le sécuritaire sera, une fois encore, le thème central de la campagne à venir. Même si, dans cette optique, plus vous pourrez faire croire que ça va mal en banlieue, plus vous vous assurerez un confortable matelas de voix (dont certaines viennent de banlieue, ce qui n’est pas le moindre des paradoxes, et montrent, s’il en était besoin, le caractère infâme de l’électoralisme). Même si, grâce à vous, on a de fortes chances de voir Le Pen accéder une nouvelle fois au second tour, mon souhait unique est aujourd’hui que vous nous oubliiez. Qu’on respire! Pourquoi ne pas envoyer vos cameramans bosser un peu en Tchétchénie? Nous, pendant ce temps-là, nous continuerons à alimenter ces solidarités si particulières aux quartiers, à construire ces histoires, collectives et belles, ces histoires qu’à Passy on ne saurait imaginer. Rebecca Groupe libertaire Louise-Michel Le Monde libertaire, hebdomadaire de la Fédération anarchiste Chaque jeudi dans les kiosques, 24 pages en couleurs d'actualité anarchiste |
|  | | kamchatk Invité
 | Sujet: .... Jeu 2 Nov - 11:27 | |
| Il ne s’agit pas de faire l’anarchie aujourd’hui, demain ou dans dix siècles, mais d’avancer vers l’anarchie, aujourd’hui, demain, toujours » Errico Malatesta *** Le sommaire : Oaxaca, du spectre de Louise Michel à celui d’Adolphe Thiers, par Djo, page 3 Syndicalisme, l’hallali ?, par J.-P. Germain, page 4 Eron, ça arrive loin de chez vous…, par J.-P. Gault, page 5 L’autruche ne désarme pas, par F. Ladrisse, page 5 Brèves de combat, page 6 Licenciements dans l’automobile, par Louise-Emma, page 7 Campagne électorale et police, par le groupe Nada, page 8 Faits d’hiver, par J.-M. Raynaud, page 9 Saint-Ouen, les sans-papiers, par Rébecca, page 10 Espagne, entretien avec O. Alberola, par T. Libertad, page 11 Décroissance, rupture avec le capitalisme, par J.-P. Tertrais, page 14 Transmutation de l’anarchisme, par C. M. Lorenzo, page 17 Histoire universelle de Marseille, par F. Roux, page 19 Islam et palpitants, par N. Potkine, page 20 Malatesta toujours là, par Pacotte, page 21 Non-lieu pour Marc Auray, par Guy, page 21 Radio libertaire, page 22 Agenda, page 23 *** L’édito : Comme l’assemblée populaire de Oaxaca nous l’avait annoncé, le gouvernement mexicain y a envoyé l’armée afin de mater la révolte. À l’heure où nous bouclons le journal, celle-ci encercle la ville, et le peuple, désarmé, est retranché derrière les barricades. Le gouverneur de la province a donc eu ce qu’il voulait, il n’a pas flanché et n’a fait aucune concession. L’assemblée populaire lançait depuis cet été des appels à la solidarité internationale pour essayer d’éviter de se faire massacrer dans l’indifférence générale et pour que le gouvernement mexicain y réfléchisse à deux fois avant de réprimer la révolte dans le sang ; le gouverneur lui a répondu à sa manière en provoquant les hostilités par l’assassinat d’un journaliste new-yorkais. Cela est un exemple parmi d’autres du mépris dans lequel les dirigeants de notre planète tiennent les peuples qu’ils dirigent, trop occupés qu’ils sont à favoriser l’enrichissement des grandes multinationales et de leurs actionnaires. Ici, en France, nous ne sommes pas une exception à cette règle, notre président, en visite en Chine, a enfourné dans sa giberne quelques gros contrats qui permettront aux entrepreneurs français d’exploiter un peu plus les ouvriers chinois tout en leur refourguant le surplus de notre production. Nos patrons, eux, et les représentants des grandes centrales syndicales se sont réunis au sommet, histoire d’étudier de quelle manière organiser la casse du code du travail. Il s’agit d’enterrer les acquis sociaux que nous avons conquis au prix de plus de cent cinquante ans de lutte. Il s’agit aussi, ne soyons pas dupes, de fournir quelque matière aux programmes électoraux des différents partis en campagne, l’insécurité à elle seule ne suffisant pas à alimenter ceux-ci. Pourtant, en ce qui concerne l’insécurité, la police met le paquet pour montrer son efficacité, et ce sont les jeunes des banlieues, les sans-papiers, les mal-logés et les pauvres en général qui en font les frais. En Espagne, la réhabilitation des combattants pour la liberté qui luttèrent contre la dictature franquiste risque fort de n’avoir jamais lieu, au nom de la réconciliation nationale. Autant dire que l’on ne veut pas rouvrir la boîte de Pandore, qui risquerait d’embarrasser des caciques de la sphère économique et politique espagnole, dont le comportement sous la dictature n’était pas au-dessus de tout soupçon. Que ce soit à Oaxaca, à Paris ou à Madrid, nos gouvernants se paient notre fiole et jouent notre vie sur le tapis vert des tables de négociation. À nous de leur montrer, en descendant dans la rue, que, à semer la misère, ils récolteront la colère. Et en prime un article de Djo : Oaxaca, du spectre de Louise Michel à celui d’Adolphe Thiers Retour sur les évènements qui ont frappé la province mexicaine et sur la situation actuelle 14 juin 2006 Naissance de la commune insurgée La révolte de Oaxaca est née de la répression sanglante qui s’est abattue le 14 juin dernier suite à la manifestation des enseignants de la ville pour réclamer de meilleures conditions de travail ainsi qu’une hausse de salaire. La police a tiré sur les manifestants, de nombreux blessés et de nombreuses arrestations ont été dénombrés, ainsi que des perquisitions violentes et la destruction de la radio communautaire Radio Plantón. Les enseignants ont alors exigé la destitution du gouverneur de l’État de Oaxaca Úlises Ruiz. Cette revendication a rallié une très large partie de la société oaxaqueña: « Offensés tant par la fraude électorale par laquelle Úlises Ruiz est devenu gouverneur que par la violence gouvernementale contre une multitude d’organisations communautaires et régionales, des centaines de milliers de Oaxaqueños ont investi la rue et plus de trente mairies. Près de 350 organisations, communautés indigènes, syndicats et associations civiles ont formé l’Assemblée populaire du peuple de Oaxaca (APPO). » (1) Les élections du 2 juillet 2006 Ayant laissé entendre dans un premier temps qu’ils boycotteraient les élections, les insurgés ont décidé de soutenir la coalition « Pour le bien de tous » contre le gouvernement d’Úlises Ruiz. Cette coalition obtient 9 des 11 députés et deux sièges de sénateur. Depuis, la « commission négociatrice élargie » (organisme du syndicat des enseignants) ne négocie plus ses revendications avec lui, elle n’accepte ni son argent, ni ses programmes: elle dirige seule. Dans le même temps, l’APPO a lancé une campagne de désobéissance civile pour montrer l’absence d’autorité dans l’État. Désormais, le mouvement assume seul le contrôle politique de la ville de Oaxaca. Úlises Ruiz a essayé en vain de changer les membres de son cabinet pour conserver le pouvoir: il ne s’agit plus de problème avec la classe politique de cet État mais avec la société dans son ensemble. L’APPO déclare l’alerte maximale Le 18 octobre, en sortant d’une réunion, un enseignant a été abattu de trois balles tirées depuis une voiture sans plaque. D’autres ont reçu des menaces de mort par téléphone. L’APPO a déclaré l’alerte maximale pour renforcer les occupations et les barricades. La section XXII du Syndicat national des travailleurs de l’éducation a décidé de consulter les 70000 enseignants de l’État pour savoir s’ils veulent continuer ou cesser la grève. Avant même le résultat, des militants et des parents d’élèves ont manifesté pour la poursuite de la grève aux cris de « un enseignant conscient ne se rend ni ne se vend » et « enseignant, tu as commencé, tu dois terminer! Úlises n’est pas parti, tu dois le chasser! ». La répression Au 26 octobre, les paramilitaires (soldats ou flics en civil) ont fait huit morts depuis le début du conflit. « La présidente du Syndicat national des travailleurs de l’éducation (SNTE), Esther Elba Gordillo, a annoncé qu’elle allait exclure du syndicat la section XXII, à l’origine de la révolte de Oaxaca. La réponse des professeurs n’a pas tardé: plusieurs associations de professeurs de tous les États mexicains ont décidé de former un nouveau syndicat et ne plus payer leur cotisation au SNTE, qui est “une mafia corrompue” aux ordres du gouvernement. Ils préparent pour le 19 novembre une convention nationale éducative et appellent tous les professeurs du SNTE à quitter celui ci pour les rejoindre. » À ce stade de la révolte, on peut se demander pourquoi l’APPO maintient comme revendication principale le simple remplacement du gouverneur de l’État. Cela s’explique par l’attitude du PRI, seul parti qui se soit illustré aux yeux des Mexicains comme ne se souciant absolument pas des problèmes publics, détournant constamment les fonds publics, impunité totale des proches du pouvoir, arrestation des opposants politiques, quand ils ne sont pas tués par des inconnus. Dans l’esprit des révoltés, sa démission n’est qu’une étape et les associations veilleront à ce que plus jamais un parti politique comme le PRI exerce un pouvoir exclusif. Le 27 octobre a été marqué par l’arrêt de toute activité et fut une journée des plus meurtrières: quatre morts et plus d’une vingtaine de blessés par balle ou arme blanche, dont un journaliste d’Indymedia-New-York. Ceux que l’on appelle les « tueurs de l’assassin Úlises Ruiz » ont tiré sur les barricades de l’APPO dans l’avenue de Ferrocarriles, de Santa Lucía del Camino et dans l’agence municipale de Coyotepec, dans la banlieue de Oaxaca. L’APPO n’a pas jusqu’à présent répondu à la provocation en s’armant et c’est les mains nues qu’elle garde les barricades. L’APPO organise le système de soin car l’hôpital n’est plus un lieu sûr. La radio universitaire fonctionne, ce qui permet de coordonner les mouvements, de renforcer les barricades qui montrent des signes de faiblesse et de prévenir de la venue des troupes de choc. (2) Le 28 octobre, Abascal, le ministre de l’Intérieur, vient de donner l’ordre à la troupe d’intervenir. Les événements qui ont eu lieu ces dernières jours ont bien servi de prétexte à l’intervention militaire. Le gouverneur et l’État mexicain avaient bien orquestré ces attaques pour lancer l’armée contre les insurgés. D’jo groupe-claaaaaash@federation-anarchiste.orgNotes (1). Toutes les citations proviennent de différents textes publiés sur le site du Comité de soutien des peuples du Chiapas en lutte: http://cspcl.ouvaton.org(2). Pour écouter Radio Universitad tenue par l’APPO: http://radio.indymedia.org:8000/appo.mp3.m3u*** L’agenda du monde libertaire pour la semaine du 2 au 8 novembre 2006 Jeudi 2 novembre +++Paris 18e Une femme seule de Dario Fo et Franca Rame, mise en scène Philippe Chauveau, au Funambule, les jeudis, vendredis et samedis à 20 heures en octobre et novembre, au 53, rue des Saules. Métro Lamarck-Caulaincourt. Réservation conseillée au 0142238883. Vendredi 3 novembre +++Chalon-sur-Saône (71) Conférence-débat contre tous les enfermements avec la participation de Lucien Léger, organisé par le collectif La Vache noire et le groupe libertaire de Saône-et-Loire, à 20 heures, 21, rempart Saint-Vincent. +++Besançon (25) Rencontre avec les éditions Grinalbert, association bisontine de livres audio. Ils viendront nous expliquer le sens de leur démarche. Rdv à la librairie L’Autodidacte – 5 rue Marulaz - à 20h30. Samedi 4 novembre +++Marseille 1er Conférence-débat avec Céline Beaudet pour son livre Les Milieux libres: « Vivre en anarchistes à la Belle Époque en France… », à 17 heures au CIRA, 3, rue Saint-Dominique. +++Rennes Le groupe la sociale de la Fédération anarchiste de Rennes organise un grand meeting commémoratif et revendicatif avec projections vidéo de documentaires sur la révolution espagnole, exposition d’affiches de l’Espagne libertaire de l’époque, diaporama commenté sur l’Espagne de 1936-1939 par Wally Rosell, témoignage de Pierre Petit sur les grèves de 1936 sous le Front populaire et sur les camps de réfugiés espagnols de Saint-Brieuc, introduction sur la charte d’Amiens de 1906 et son actualité dans les luttes sociales et syndicales d’aujourd’hui, puis débat avec la salle sur le thème « Hier ils ont osé! Et aujourd’hui, de quelle société les anarchistes veulent-ils? », de 14 heures à 19 heures, à la maison de quartier de Villejean, 2, rue de Bourgogne. Table de presse (livres, brochures anarchistes). +++Paris 20e Concert de soutien à la création de Libertalia, maison d’édition libertaire: Avec Cartouche (punk 80’s Paris), Skuds & Panic People (street punk & ska – Rennes), Brixton Cats (punk rock Paris). À la Miroiterie, 88, rue de Ménilmontant. 5 euros. Lundi 6 novembre +++Clermont-Ferrand Projection-débat de « I » (documentaire) au sujet des relations entre les médias et le pouvoir à partir de l’expérience du plus grand réseau mondial de médiaactivistes: Indymédia. Le documentaire suit la première année d’un petit collectif de Buenos Aires à travers ses luttes au milieu d’assassinats, d’une économie en ruine et des bouleversements politiques argentins. Documentaire réalisé par Raphaël Lyon et Andres, au Raymond’s Bar, 20 heures, 77, avenue Édouard-Michelin. Prix Libre. Mardi 7 novembre +++Toulouse Rencontre-débat et vidéo Coca Cola assassine, avec Marco Antonio Sosa (militant d’Estudios libertarios de Bogota) sur l’assassinat des syndicalistes colombiens (1925 morts en 2002, 64 morts en 2003), à 20 heures, 18 avenue de la gloire. Mercredi 8 novembre +++Vannes (56) Le groupe libertaire René Lochu (FA Vannes) organise le mercredi 8 novembre, à partir de 20 heures, à la maison des associations, 6, rue de la Tannerie, la projection du film Land and Freedom de Ken Loach, sur la guerre civile et la révolution espagnole de 1936. Pourquoi Ken Loach a pu choisir un tel sujet? Quel enseignement de la révolution espagnole pour les luttes d’aujourd’hui? Entrée libre – Table de presse. Vendredi 10 novembre +++Clermont-Ferrand Neptune + guests – 20h30 prix libre au Raymond’s bar (espace autogéré), 77, avenue Édouard-Michelin. Samedi 11 novembre +++Mazauges (83) Maudite soit la guerre! Le groupe Nada organise un rassemblement devant le monument pacifiste de Mazauges à 10h30 suivi d’un repas. +++Paris 20e Rencontre Débat et vidéo Coca Cola assassine, avec Marco Antonio Sosa (militant d’Estudios libertarios de Bogota) sur l’assassinat des syndicalistes colombiens (1925 morts en 2002, 64 morts en 2003), à 18 heures, au 33, rue des Vignoles +++Besançon (25) Rassemblement anti-militariste, rue Bersot. Nous rebaptiserons la rue en « rue Bersot – fusillé pour l’exemple ». +++Paris 5e Projections: Les Petits Soldats, Na Citade Vazia, La nuit de la vérité, Un héros. Débats: Cabinda, Enfants soldats, etc. Lectures. Expos: Collages de Chari Goyeneche, toiles de Zecarias Tedros, Cartes à gratter d’Yves Chambon. Tables de presse et buvette, de midi à minuit, Espace culturel La Clef, 21, rue de la Clef. Info: www.unionpacifiste.orgLe Monde libertaire, hebdomadaire de la Fédération anarchiste Chaque jeudi dans les kiosques, 24 pages en couleurs d'actualité anarchiste |
|  | | kamchatk Invité
 | Sujet: ... Lun 13 Nov - 15:16 | |
| *** L’édito Bien que la semaine dernière, les nouvelles que nous recevions d’Oaxaca n’avaient rien d’optimiste, cette semaine, une chose est sûr, c’est que le peuple d’Oaxaca n’est pas près à abandonner leur combat. L’une des raisons de cette combativité est sans nul doute la prise de conscience de l’ensemble du peuple d’Oaxaca de ses objectifs communs. Pendant ce temps, de l’autre coté de l’atlantique, les médias fêtaient comme une victoire la prise de la ville par la police… mais une victoire pour qui ? Dans le même temps les salariés de la SNCF appel à une manif éclair de 24h pour des revendications fort légitimes sur leur rémunération et contre la précarité de l’emploi. Mais des grèves ponctuelles, qui s’arrêtent avant toute victoire, sans communication vers les autres exploités, peut-elle est soutenu par l’ensemble des travailleurs ? Il est bien évident que non, les patrons le savent, les médias et l’Etat en jouent ! Je vois déjà les gros titres sur les prises d’otages, la rupture du service public, la minorité des grincheux contre la majorité silencieuse qui veut travailler, accompagné d’un zeste de « goût de l’effort » et de « mérite » … Le manque de communication et aucune recherche de convergence des revendications par les exploités, la stigmatisation des uns par les autres puis des autres par les uns exacerbé aux JT… Les jeunes de banlieue contre les vieux de la ville, les ouvriers d’une boîte contre les employés d’une autre… « la france qui travaillent » contre les « assistés »… Dès qu’une quelconque forme de lutte est entreprise, les médias la tourne en ridicule (ou en menace), présente les protagonistes comme tantôt des emmerdeurs tantôt des voyous. Personne ne demande à l’autre si nous luttons pour la même chose. Et personne ne se demande à qui profite la division. À Oaxaca, la convergence des revendications n’est pas le fait des médias, mais par le militantisme, par le dialogue, par l’ouverture des uns vers les autres. C’est ce qui fait le rapport de force en leur faveur. C’est nos objectifs qui doivent nous diviser, pas notre lieu de travail ou notre lieu de vie. Il est essentiel de se demander à qui profite la division ? De tout temps soutenu soit par les Religions, soit par l’Etat, soit par les Médias, soit par les Syndicats avides de pouvoir, et parfois par plusieurs à la fois. De se demander aussi à qui profite la criminalisation des pauvres, de ceux qui luttent, de ceux qui militent ? Et enfin pour finir avec Brassens : mais que diable… et pourquoi y a-t-il des gendarmes !... *** Le sommaire Écologie, « Parlez-moi tunes, y’a qu’ça qui m’intéresse » !, par P.Schindler, page 3 Si Nicolas m’était conté, par M.Rajsfus, page 5 L’autruche descend le Yangtsé, par F. Ladrisse, page 5 Brèves de combat, page 6 Nouvelles des fronts, par Hugues, page 7 Grève éclair à la SNCF, par S. Chemin, page 8 Oaxaca résiste, par Pascal, page 9 Saint-Ouen, Rroms et sans-papiers, par Rébecca, page 10 Scène de l’homophobie ordinaire, par P. Schindler, page 11 Appel du conseil central ouvrier du Grand-Budapest, page 12 Vous rêviez de cités idéales, par R. Gaillot, page 15 La virgule, par G. Molinier, page 16 Le hasard s’attaque à la police, par G. Collin, page 17 Les films à voir, par H. Hurst, page 18 Apologie du blasphème, par J. Rocchi, page 19 Radio libertaire, page 22 Agenda, page 23 *** Et en prime un article de Pascal : Oaxaca ne sera jamais vaincue EN QUATRE MOIS ET DEMI, la commune libre de Oaxaca a connu de nombreux assassinats perpétrés par des militants, policiers et élus du PRI du gouverneur Ulises Ruiz. Ceux-ci ont abattu 15 personnes en tout. L’offensive de la police fédérale préventive (PFP) a été justifiée par le Président Vicente Fox afin de mettre fin aux violences, notamment à la suite des quatre assassinats du 27 octobre. Le lendemain, la PFP entre dans la commune de Oaxaca et démantèle les barricades. La résistance de l’APPO est pacifique mais est incapable de faire face à la police et aux moyens colossaux mis en œuvre (blindés, canons à eau, hélicoptères, policiers armés de mitraillettes, etc.). Les barricades protégeant Oaxaca ne tiennent pas longtemps et trois manifestants meurent des violences policières… les premiers assassinés par l’État. Les 4500 hommes de la police anti-émeute reprennent le contrôle du centre-ville et délogent le campement des grévistes. Les assassins qui ont ensanglanté Oaxaca pendant plusieurs mois, eux, ne sont pas inquiétés. Certains sont clairement identifiés et connus mais ne sont pas arrêtés par la police. Le président Fox prétend rétablir la paix : « à Oaxaca, la paix sociale et la tranquillité sont revenues », alors qu’il ne fait que réprimer un mouvement populaire pacifiste et laisse tranquille les responsables des meurtres. Ceux-ci continuent même les menaces de mort à l’encontre de l’APPO ainsi qu’à la Ligue mexicaine des droits de l’homme. De même, des militants du CIPO-RFM (« Consejo Indígena Popular de Oaxaca “Ricardo Flores Magón” ») ainsi que deux anarchistes nord-américains (du Pittsburgh Organizing Group – POG) ont été menacéS par des priistes. L’occupation du centre-ville par la PFP a donné lieu aussi à des exactions. Des magasins ont été pillés par les policiers, qui sont entrés également dans des habitations. Alors qu’il n’y avait pas eu de problèmes importants de vol durant les quatre mois d’occupation de l’APPO et de l’absence de police. Celle-ci, censée rétablir la paix, est seulement un facteur de troubles et de chaos. De la résistance non-violente à l’offensive L’APPO est un mouvement populaire pacifiste qui se traduit, entre autres, par un refus de la confrontation avec les policiers et de l’utilisation de moyens violents contre eux. Ainsi, le 29 octobre, le mot d’ordre était-il de défendre les barricades mais d’éviter la confrontation violente avec la police. Le mouvement populaire veut mettre fin aux violences et refuse donc l’emploi des mêmes méthodes que l’ennemi. C’est un mouvement qui se veut aussi exemplaire et veut faire taire les calomnies propagées par les médias mexicains. L’APPO ne voulant pas tomber sur le terrain de la réaction, la meilleur arme de résistance c’est la mobilisation populaire la plus large. Ce pacifisme intégral ne fait toutefois pas l’unanimité, car il y a bien eu quelques affrontements avec la PFP, des manifestants avaient même réussi à incendier des cars de police. Mais ces actions ont été considérées comme des provocations par l’APPO. De plus, la prise de la ville par la police a été facile et a quasiment mis un terme à la Commune de Oaxaca. Le 2 novembre, la police tente de démanteler les barricades de la cité universitaire et de mettre fin à la dernière radio de l’APPO. L’université constitue alors un des derniers bastions de la rébellion. Elle dispose également du statue d’autonomie, donc les forces de police et armées n’ont pas le droit d’y pénétrer. Le rectorat soutient alors les étudiants. La police justifie l’invasion car il y aurait prétendument des armes cachées. Pendant plus de six heures, l’université subit l’assaut de la police ainsi que de groupes priistes armés (qui eux, bien sûr, ne sont pas inquiétés). La radio permet de mobiliser et d’appeler la population à défendre l’université. Des milliers de gens convergent alors qui utilisent des lance-pierres, des frondes, des cocktails molotov, etc., contre la PFP qui, peu à peu, se fait encercler par la foule. Des paramilitaires priistes tirent des coups de feu sur les révoltés de Oaxaca, mais heureusement il n’y a pas eu de mort. La PFP est alors obligée de reculer. L’APPO, vers 14 heures, appelle à l’offensive générale populaire et, peu après, la PFP reçoit l’ordre de se retirer jusqu’à l’aéroport. Il y a eu 32 arrestations et 70 blessés. Des personnes, dont des enfants, ont aussi été enlevées dans des camionnettes. Ces affrontements ont montré que si l’APPO refuse la violence, le peuple n’a pas non plus l’intention de se laisser tirer dessus sans réagir1. Vers une mobilisation populaire large Suite à cette victoire, plusieurs décisions ont été prises. Des barricades doivent être de nouveau construites dans la capitale et une grande manifestation va avoir lieu dimanche prochain qui ne sera pas seulement dirigée contre le gouverneur Ulises Ruiz mais aussi contre le Président Fox. L’intervention policière contre Oaxaca a ainsi radicalisé encore un peu plus la population. Depuis l’occupation du 28 octobre par la PFP, une vaste mobilisation de soutien s’est déclenchée à travers tout le Mexique. Des manifestations ont eu lieu à México et des avenues ont été bloquées. La Otra Campaña et les zapatistes ont effectué aussi des barrages sur les routes du Chiapas. Des renforts sont venus soutenir la population à Oaxaca. Les professeurs menacent de provoquer des grèves dans tout le pays. Des dizaines de rassemblements de soutien ont eu lieu à travers le monde devant les ambassades et les consulats du Mexique. Une journée d’action internationale de solidarité avec la Commune libre de Oaxaca aura lieu le 20 novembre. Au bout de presque cinq mois, ni le gouverneur ni la police fédérale n’ont réussi à en finir avec l’insurrection populaire. La victoire du 2 novembre a permis de sauver la Commune de Oaxaca, mais celle-ci se trouve toujours en danger. La lutte continue. Pascal groupe Claaaaaash 1. « Nous appelions seulement à la résistance pacifique, toutes nos actions se sont réalisées dans l'ordre et de manière pacifique, nous avons donné ordre de se replier et de ne pas tomber dans les provocations, nous appelons à ne pas tomber dans les provocations dues au agressions de la PFP. Mais apparemment les messieurs laquais de l'impérialisme, MM Fox et Calderón, confondent prudence et débilité, ils confondent pacifisme et couardise et, croyant que le peuple de Oaxaca est un peuple de lâches, ils essaient d'en finir avec lui », in Communiqué du 2 novembre de l’APPO. *** Agenda du Monde libertaire Jeudi 9 novembre Paris 18e Une femme seule de Dario Fo et Franca Rame, mise en scène Philippe Chauveau, au Funambule, les jeudis, vendredis et samedis à 20 heures en octobre et novembre, au 53, rue des Saules. Métro Lamarck-Caulaincourt. Réservation conseillée au 0142238883. Vendredi 10 novembre Clermont-Ferrand Neptune + guests – 20h30 prix libre au Raymond’s bar (espace autogéré), 77, avenue Édouard-Michelin. Samedi 11 novembre Mazauges (83) Maudite soit la guerre! Le groupe Nada organise un rassemblement devant le monument pacifiste de Mazauges à 10h30 suivi d’un repas. Paris 20e Rencontre Débat et vidéo Coca Cola assassine, avec Marco Antonio Sosa (militant d’Estudios libertarios de Bogota) sur l’assassinat des syndicalistes colombiens (1925 morts en 2002, 64 morts en 2003), à 18 heures, au 33, rue des Vignoles Besançon (25) Rassemblement antimilitariste, rue Bersot. Nous rebaptiserons la rue en « rue Bersot — fusillé pour l’exemple ». Paris 5e Projections: Les Petits Soldats, Na Citade Vazia, La nuit de la vérité, Un héros. Débats: Cabinda, Enfants soldats, etc. Lectures. Expos: Collages de Chari Goyeneche, toiles de Zecarias Tedros, Cartes à gratter d’Yves Chambon. Tables de presse et buvette, de midi à minuit, Espace culturel La Clef, 21, rue de la Clef, Paris 5e. Info: www.unionpacifiste.orgDimanche 12 novembre Clermont-Ferrand USA is a monster (noize rock des USA) + Animental (trio féminin / perf muzikale, USA), à 20h30, au Raymond’s bar, 77, avenue Édouard-Michelin. Prix libre. Paris 5e Voir samedi 11 novembre Mardi 14 novembre Évreux (27) Diffusion du documentaire Putain d’usine d’après le livre de Jean-Pierre Levaray, à 20 heures, au Cinéma Ciné Zénith, 3, rue du 7e Chasseurs. Clermont-Ferrand Bananas at the audience + guest orga Kwack, à 21 heures, au Raymond’s bar, 77, avenue Édouard-Michelin. Mercredi 15 novembre Sarlat (24) « Causerie libertaire » sur différents thèmes au choix des personnes présentes, organisé par le groupe Drapeau noir Périgord de la Fédération anarchiste, au Café Lébérou, 5, rue Jean-Jacques Rousseau. Jeudi 16 novembre Nîmes Conférence-débat avec Franck Mintz, historien et auteur de sur la révolution espagnole de 1936 à 39 et des circonstances culturelles et sociopolitiques qui permirent les idées de l’AIT de s’enraciner dans des familles ouvrières et paysannes dans la plupart de région d’Espagne dès 1870, à 20 heures, au Centre Pablo Neruda, rue du Cirque Romain, salle de l’auditorium. Vendredi 17 novembre Paris 18e Du 17 au 19 novembre: à l’occasion des Portes ouvertes D’Anvers aux Abbesses, exposition de peintures de Rébecca Gruel, à la bibliothèque La Rue, 10, rue Robert-Planquette. Métro Blanche ou Abbesses. Besançon (25) Présentation du journal Le jouet enragé et débat autour de la situation en Bolivie (luttes du gaz, élections). Rdv à la librairie L’Autodidacte, 5 rue Marulaz, à 20h30. Clermont-Ferrand Tour de pétale au biau-jardin (63 — Gerzat) végétalisez votre moteur, adaptation 100 % avec des mécaniciens du 17 novembre au 20 novembre – formation continue de 9 heures à 18 heures le 18 novembre au biau jardin, 52, avenue de la République. Vendredi 13 novembre Saint-Denis (93) Le groupe Henry Poulaille et la Société de défense des laïques reçoivent Charlie Hebdo en procès, avec le dessinateur Charb, Le droit au blasphème avec Marc Silberstein, Épistémologue et animateur des Éditions Syllepse, à 19h30 à la Bourse du Travail, 9, rue Génin (métro ligne 13 station Porte de Paris) Samedi 18 novembre Bordeaux Espagne 36: rencontre avec les giménologues, présentation et débat autour du livre Les Fils de la Nuit: Souvenirs de la Guerre d’Espagne d' Antoine Gimenez, en présence des Giménologues, projections commentées de films d’époque sur la révolution et le front d’Aragon, expo de peintures et de photos, apéro chantant avec la Chorale Le Cri du peuple, repas, à 16 heures, à l’Athénée Libertaire, 7, rue du Muguet. Le Monde libertaire, hebdomadaire de la Fédération anarchiste Chaque jeudi dans les kiosques, 24 pages en couleurs d'actualité anarchiste |
|  | | kamchatk Invité
 | Sujet: ... Sam 25 Nov - 13:35 | |
| Il faut vivre comme on pense, sinon tôt ou tard on finit par penser comme on a vécu. » Paul Bourge L’édito : 685000 victimes aujourd’hui! Non, il ne s’agit pas d’un tsunami ni d’un tremblement de terre, pas même d’un cataclysme nucléaire. Non, cette catastrophe n’est pas que ferroviaire ou aérienne. Ce n’est même pas le nombre de victimes des multiples guerres qui ensanglantent notre planète, qui, quoique très impressionnant, n’atteint pas ce chiffre journalier ; ces 685000 victimes ne sont pas tombées sur le champ d’honneur, car il n’y a aucun honneur à perdre sa vie à la gagner, elles ne se sont pas non plus sacrifiées pour un idéal, ou du moins pas le leur. Ce nombre abracadabrantesque est celui des victimes d’accident du travail chaque jour. À l’heure où l’UMP du comte Sarközy de Naguy Bocsa vient de sortir son programme de gouvernance pour la prochaine législature, mettant en avant la valeur du travail, où Madame Royal a été plébiscitée candidate officielle des socialistes pour la magistrature suprême, elle qui met aussi le travail comme valeur suprême à inculquer à nos enfants, cette statistique fait froid dans le dos. Le parallèle qui peut être fait avec les deux guerres mondiales qui décimèrent les populations du siècle dernier, c’est que c’est toujours celui qui dit qui envoie les autres au casse-pipe à sa place. Avant de glorifier le travail et de faire des esclaves du capitalisme des héros des temps nouveaux, nos cols blancs devraient appréhender un peu plus qu’à travers un stage d’un mois l’été (alors qu’ils étaient étudiants et voulaient se payer une moto), ce que c’est que d’avoir à se lever tous les matins pour aller rejoindre la cohorte des exploités qui comme soi triment en essayant de se résigner à accomplir des tâches abrutissantes afin d’essayer d’éponger leurs dettes. Cette glorification du travail va de pair avec le culte d’une nation forte, et si de nos jours les économistes ne comptent plus trop sur une guerre entre pays développés pour garantir une relance économique – quoique des pays comme les États- Unis ou Israël n’aient toujours pas renoncé à fomenter des guerres pour renforcer leur cohésion nationale –, ils nous entraînent vers une guerre économique qui ne fait pas moins de victimes. Les dégâts collatéraux de cette guerre mondiale économique sont innombrables, outre les accidents du travail qui augmentent exponentiellement en fonction de la productivité, l’émigration prive de forces productives les pays qui en auraient le plus besoin. Arrivés dans nos pays riches, ces immigrés, loin de nous ôter le pain de la bouche, viennent renforcer nos économies. Les frontières ne sont là que pour nous diviser afin que les puissants qui nous gouvernent puissent mieux régner; alors qu’eux et leurs entreprises ne connaissent ni patrie ni frontière. Le sommaire de monde libertaire # 1456 : L’immigration de travail et le marché de l’emploi, par F. Roux, page 3 Les États généraux de la prison, par J.-P. Gault, page 5 Brèves de combat, page 6 Retour sur la grève à La Poste, par DZK, page 7 Soutien à Benjamin Deceuninck, par le groupe Gard Vaucluse, page 8 Dernières nouvelles de Oaxaca, par A. Stevens, page 9 Aux abonnés absents, par Thierry page 10 Le permis de chasse, par B. Noël, page 11 Le réchauffement global, ou pas? par P. Pelletier, page 12 Oaxaca: situation et perspectives, par Raoul Vaneigem, page 15 GB 84: le livre, par Tsinapah, page 16 1984 : retour sur une grève, par J.- M. Destruhaut, page 17 Les enfants perdus de Budapest, par F. Gomez, page 20 Un Dimanche de la Vie, par Olivier Pinalie, page 21 Radio libertaire, page 22 Agenda, page 23 Et l’agenda du Monde libertaire : Jeudi 23 novembre Paris 18e /Une femme seule/ de Dario Fo et Franca Rame, mise en scène Philippe Chauveau, au Funambule, les jeudis, vendredis et samedis à 20 heures en octobre et novembre, au 53, rue des Saules. Métro Lamarck-Caulaincourt. Réservation conseillée au 01 42 23 88 83. Nîmes Conference-débat sur le thème « Exil espagnol et politiques d’immigrations, ou comment le droit d’asile s’est réduit en peau de chagrin. ». Olivier Roux interviendra sur l’ « accueil » en France des exilés espagnols. Jean-Paul Nunez décrira l’évolution des politiques d’immigration vers une situation du tout répressif et fera état des centres de rétention actuels à 20 heures, au Centre Pablo Neruda, rue du Cirque Romain, salle de l’auditorium. Strasbourg « Être libertaire aujourd'hui ». Rencontre-débat avec Ronald Creagh (Université de Montpellier; revue Réfractions...)Organisée par le groupe de Strasbourg de la Fédération anarchiste, à 20 heures, à la Maison des associations, place des orphelins.Entrée libre. Table de presse. Vendredi 24 novembre Verneuil-Sur-Avre Diffusion du documentaire /Putain d’usine/ d’après le livre de Jean-Pierre Levaray, à 19 heures, au Cinéma le Trianon, 108, rue Canon. Clermont-Ferrand Los dolares (HxC politik du Venezuela), au Raymond’s bar (espace autogéré), 77, avenue Édouard-Michelin. Massy (91) Soirée thématique autour de « La décroissance, un anticapitalisme joyeux » à l’initiative de la CNT 91 et AL! Ile- de-France Sud Massy, à 20 h 15, Salle Lavoisier 2, Maison de la Formation et de l’Emploi, 10, avenue du Noyer Lambert. Paris 14e Onzième action du collectif des déboulonneurs de Paris. Rendez-vous à 19h28 à la sortie du métro Edgar Quinet (à deux pas de la gare Montparnasse). Rouen Projection-débat sur les olympiades antifascistes de juillet 1936 à Barcelone qui se posaient en alternative aux jeux olympiques de Berlin dans l’Allemagne hitlérienne, à partir de 20h30 à la librairie l’Insoumise, 128 rue Saint-Hilaire Samedi 25 novembre Paris 11e Manifestation contre les violences faîtes aux femmes à 14 h 30, place de la République. Paris 20e Manifestation contre les rafles à l'appel du RESF à 15 heures au métro Belleville. Lyon 2e L'ensemble des syndicats CNT de l'Union Départementale du Rhône soutenu par l'Union Régional Rhône-Alpes appelle à manifester en soutien à la CNT PTT, à 15 heures, place Antonin Poncet, devant la poste centrale de Lyon. Châlons-en-Champagne (51) Dans le but de créer un groupe lié à la Fédération anarchiste à Châlons-en-Champagne, nous proposons aux libertaires de l’agglomération deux rendez-vous, le 25 et le 30 novembre 2006 à 18 heures, au café Le diplomate, Place de la République, afin de pouvoir échanger, discuter et commencer à parler des éventuels projets à mener ensemble. Mardi 28 novembre Nîmes Rassemblement devant le palais de justice (à coté des Arènes) en soutien à Benjamin Deceuninck pour le procès en appel pour refus de prélèvement génétique à 8 h 30. Mercredi 29 novembre Nîmes Projection du dernier film de Pierre Carles, /Ni vieux ni traîtres/ sur la lutte anti-franquiste dans les années d’exil, à 20 heures, au Centre Pablo Neruda, rue du Cirque Romain, salle de l’auditorium. Jeudi 30 novembre Paris 11e Manifestation dans le cadre de la journée de lutte contre le sida à 18h30, place de la Bastille. Châlons-en-Champagne (51) Dans le but de créer un groupe lié à la Fédération anarchiste à Châlons-en-Champagne, nous proposons aux libertaires de l’agglomération deux rendez-vous, le 25 et le 30 novembre 2006 à 18 heures, au café Le diplomate, Place de la République, afin de pouvoir échanger, discuter et commencer à parler des éventuels projets à mener ensemble. Vendredi 1er décembre Elbeuf (76) Diffusion du documentaire /Putain d’usine/ d’après le livre de Jean-Pierre Levaray, à 19 h 30, au Cinéma Le Grand Mercure, 6, rue P. Brossolette. Paris 10e Concert de Fred Alpi à 17 heures, à la Librairie La Balustrade, 25, rue d'Alsace. Chalon-sur-Saône (71) Police d'hier et d'aujourd'hui, conference debat avec la participation de maurice rajsfus, organisée par le groupe libertaire de Saône-et-Loire et le collectif la Vache noire, à 20 heures salle citadelle 21, rempart Saint-Vincent Paris 11e Vernissage d’oeuvres d’André Robèr, à 18 heures, à la Librairie du /Monde libertaire,/ 145, rue Amelot. Samedi 2 décembre Clermont-Ferrand Soirée théatre avec le Théatre du Spontané vers 21 heures prix à débattre au Raymond’s bar (espace autogéré), 77, avenue Édouard-Michelin. Paris 18e Les 8 ans de bibliothèque La Rue, ça se fête! À la bibliothèque La Rue, 10, rue Robert Planquette. Métro Blanche ou Abbesses. Nîmes Rassemblement à 14 heures, place Montcalm, pour la liberté de circulation et en solidarité avec les sans-papiers. Paris 11e Manifestation contre le chomage et la précarité, à 14 heures, place de la République. Mâcon (71) Police d'hier et d'aujourd'hui, conférence-débat avec la participation de Maurice Rajsfus, organisée par le Groupe libertaire de Saone et Loire et le collectif la Vache noire, à 15 heures, 25, rue Gambetta, salle 3. Dimanche 3 décembre Fecamp (76) Diffusion du documentaire /Putain d’usine/ d’après le livre de Jean-Pierre Levaray, à 16h45, au Cinéma Le Grand Large, Place Bellet. Mardi 5 décembre Yvetot (76) Diffusion du documentaire /Putain d’usine/ d’après le livre de Jean-Pierre Levaray, à 19h30, au Cinéma Le Drakkar, 4, Rue Maréchal Leclerc. Ivry-sur-Seine (94) Projection du film /Putain d’usine/ (documentaire, 52 minutes, adapté du livre de Jean-Pierre Levaray) à 20 heures, suivied’une discussion avec le réalisateur, Rémy Ricordeau. Au forum Léo-Ferré, 11, rue Barbès ( face au vieux moulin), métro Porte d’Ivry ou Pierre Curie. Bar et petite restauration possible. Samedi 9 décembre Saint-Saens (76) Diffusion du documentaire /Putain d’usine/ d’après le livre de Jean-Pierre Levaray, à 21 heures, au Cinéma Théâtre, Place Maintenon. Saint-Brieuc (22) De 15 heures à 18 heures, petite salle Robien. Fabrice, militant syndicaliste, nous présentera la Charte d’Amiens de 1906 et son actualité dans les luttes sociales et syndicales d’aujourd’hui + Témoignages sur les grèves de 1936 et le camp de réfugiés espagnols sur Saint-Brieuc par un acteur direct, de l’époque : Pierre Petit. Discussions autour des mouvements sociaux et des expériences anarchistes d’hier et d’aujourd’hui. Table de presse (livres, brochures anarchistes), Entrée libre. Organisé par le Groupe Jean-Souvenance de la Fédération anarchiste, c/o CEL, 1, rue Yves-Creston 22 000 Saint-Brieuc. Lundi 11 décembre Nîmes Débat sur le thème « L’autogestion, passé et présent et pour un autre futur. » à 20 heures, au Mille Feuilles, 12, rue Saint-Mathieu. Mercredi 13 décembre Sarlat (24) « Débats Libertaires » sur le thème de la décroissance organisé par le groupe Drapeau noir Périgord de la Fédération anarchiste au Café Lébérou, 5, rue Jean-Jacques Rousseau. Lorient (56) Le groupe libertaire Francisco Ferrer (FA Lorient) organise le mercredi 13 décembre, à partir de 20 heures, à la cité Allende, 12, rue de Colbert, salle audiovisuelle, la projection du film « Land and freedom » de Ken LOACH, sur la guerre civile et la révolution espagnole de 1936. Pourquoi Ken Loach a pu choisir un tel sujet ? Quel enseignement de la révolution espagnole pour les luttes d’aujourd’hui ? Entrée libre – Table de presse. Jeudi 14 décembre Rouen Diffusion du documentaire /Putain d’usine/ d’après le livre de Jean-Pierre Levaray, à 20 h 30, au Cinéma Le Melville, 75, Rue Général Leclerc. Ivry-sur-Seine (94) Récital de Gaston Couté par Bruno Daraquy accompagné au piano par Philippe Mira. Spectacle à 20 h 30, ouverture des portes à 19 heures, au 11, rue Barbès, en face du vieux moulin. Petite restauration possible sur place. Lundi 18 décembre Nîmes Retour sur le VAAAG , Village Autogéré Anti-autoritaire et Anti-guerre. À la suite de la soirée sur l’autogestion, projection du film /À l’épreuve du réel/ retraçant l’expérience du VAAAG qui s’est tenu à l’occasion du G8 à Évian en 2003. Le film sera suivi de témoignages de personnes ayant fait vivre ce village (si vous y étiez, venez nous raconter votre VAAAG) et d’un débat autour de cet événement, à 20 heures, au Mille Feuilles, 12, rue Saint-Mathieu. Le Monde libertaire, hebdomadaire de la Fédération anarchiste Chaque jeudi dans les kiosques, 24 pages en couleurs d'actualité anarchiste |
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Nombre de messages: 530 Date d'inscription: 17/12/2006
 | Sujet: ... Lun 18 Déc - 12:08 | |
| « Le mot même de travailleur ne suppose-t-il pas qu’il y a ceux qui ne travaillent pas? » T-Bone Slim *** Le sommaire : La croissance contre l’emploi, par M. Lhourson, page 3 Lettre à un juge, par J.-M. Raynaud, page 5 L’autruche dans toute sa splendeur, par F. Ladrisse, page 5 Brèves de combat, page 6 Kessler le gros porc, par P. Schindler, page 7 RESF, par J.-P. Fournier, page 9 Le chavisme, par C. Reeve, page 11 Oaxaca en lutte, par Fred, page 14 Lâches intellectuels, par J.-P. Tertrais, page 15 Un cadre de rêve, par C. Cetti, page 18 Merci au Pentagone, par Nestor Potkine, page 20 Les amis de Radio libertaire, page 21 Radio libertaire, page 22 Agenda, page 23 *** L’éditorial : Il y a 2007 ans, nul ne pouvait encore se douter qu’il allait se produire dans les jours qui suivaient un événement à partir duquel plus rien ne serait comme avant. Un événement pourtant des plus naturels qui fera référence dans l’histoire de l’humanité. Il y aura désormais un avant et un après. Cet événement est la naissance d’un enfant, le dénommé Jésus, né au milieu des chèvres sur de la paille souillée. Jusque-là, on se demande bien ce que cet événement peut avoir de si particulier. Et bien, voyez-vous, ce qu’il faut savoir, c’est que sa mère prénommée Marie l’a mis bas alors qu’elle était encore vierge. Bon, je vous entends déjà douter, bien sûr que cela est «impossible » et que l’acte de procréation qui a eu lieu était sans doute trop ignoble pour qu’elle ose le raconter. La femme, de tout temps, n’a pu vivre sa sexualité en dehors de la volonté de l’homme à qui elle doit s’abandonner et dont elle doit satisfaire toutes les envies ; que de tout temps, elle a subi des violences ignobles de la part des hommes et que toujours il a été difficile pour elle d’en parler, car c’est la femme qui est toujours jugée par l’opinion publique. Et puis, de tout temps, dans bien des sociétés, la femme vierge a toujours été l’objet de nombreux fantasmes. Finalement, dans cette histoire, son vrai silence et sa « virginité » arrangeaient bien tout le monde, de Joseph aux fous de dieu. Ceux-ci y ont vu, comme ils l’ont toujours fait, un silence honteux ou de la misère humaine à exploiter à leurs fins et, encore une fois, cela n’était pas pour déplaire ni à Joseph ni aux autres. Ainsi, dans quelques jours, c’est Noël, c’est la nouvelle année, c’est des bonnes résolutions, bref, l’espace de quelques jours on oublie les promesses non tenues de l’année d’avant et on recommence. C’est des cadeaux, c’est de l’argent jeté par la cheminée et finalement la même misère dès le matin de la Saint-Sylvestre, où rien n’aura changé. Alors, bien sûr, que vive la fête, mais comme rien n’a changé, il y aura toujours les mêmes qui mangeront du caviar et les mêmes qui passeront la nuit sous un pont. L’équipe du Monde libertaire profite tout de même de ce non-événement pour prendre ses congés. La semaine prochaine, vous trouverez le hors-série de votre journal, qui restera dans les kiosques pour trois semaines. Et comme rien ne change, on se retrouvera le jeudi 11 janvier pour un nouveau numéro. *** Et en prime un article : La croissance contre l’emploi SI JE VOUS DIS: « Dieu est amour », vous me rirez au nez. Vous objecterez, avec quelque raison, que, pour commencer, Dieu n’existe pas. Que, quand bien même son existence pouvait être acceptée (et, ajouterez-vous, ce n’est pas le cas), rien en l’état actuel de la science ne vient corroborer une affirmation selon laquelle il serait amour, haine, soupe à l’oignon ou n’importe quoi d’autre. Vous citerez Bakounine, certainement, au passage. Vous m’accuserez ensuite d’avoir voulu, par la juxtaposition (injustifiée, selon vous!) d’un mot chargé d’affect positif, et la répétition d’une formule lustrée par la patine des siècles, passer en contrebande mon Dieu infect. Puis vous me sommerez de me rétracter, en me laissant entendre sans équivoque qu’un recours aux voies de fait est tout à fait envisageable. Maintenant je vous déclare: « La croissance crée l’emploi. » Je vous abuse, bien sûr, tout pareil. Pourtant, vous ne dites pas grand-chose. L’économie, c’est compliqué. Et puis on nous le répète matin, midi et soir à la télé. Si tous les politiques, tous les économistes, tous les journalistes le disent… À la limite, c’est plutôt ça qui vous foutrait un doute: si tous les politiques, tous les économistes, tous les journalistes le disent, c’est sûrement une arnaque. Oui, vous avez raison, c’en est une. Une première remarque, de bon sens. Le produit intérieur brut (PIB) est un instrument de mesure de la production. Il nous informe sur un « résultat », celui des heures passées à l’atelier ou au bureau, celui du travail. Si nous travaillons plus, ou plus nombreux, ou plus intensément, ou de manière plus efficace, le PIB augmente; dans le cas inverse, il diminue. Autrement dit, la croissance est la résultante de l’emploi, corrigée par la productivité, et non l’inverse. Si ce résultat peut devenir une cause, ce n’est que dans l’usage qu’il peut être fait du produit supplémentaire dégagé par le travail, chacun, par exemple, travaillant moins pour une même rémunération. Mais c’est oublier que le capitalisme n’est pas seulement un mode de production. C’est aussi un régime d’exploitation. En haut de l’échelle, le patronat s’empare pour son usage de la part du lion – nous verrons ce qu’il en fait; en bas, il est difficilement concevable de se contenter de « la même » rémunération, puisque celle-ci suffit à grand-peine à satisfaire les besoins de base. Les « fruits de la croissance » n’échappent pas – par quel miracle? – à la lutte des classes: se les approprie qui est assez fort pour les prendre. Les capitalistes en jouissent à leur aise, en ces temps d’hiver prolétarien. Et, donc, ils capitalisent, ils investissent, ils modernisent, ils restructurent… et ils licencient (1). La croissance, par le mécanisme de la concurrence et la recherche de productivité, porte en elle les mutations techniques qui détruisent l’emploi humain. Les bras ainsi désoeuvrés sont supposés trouver à s’employer, et venir accroître encore la production. En second lieu, l’instrument ne nous renseigne pas du tout sur la « qualité » du résultat, c’est-à-dire la capacité de ce qui est produit à répondre de manière efficiente à un besoin. Produire des milliers de tonnes d’acier et les transformer, mettons, en un porte-avions dont l’utilité est douteuse, compte tout autant que créer la même valeur en logements, vêtements, nourriture ou objets de plaisir. Mieux: quand le funeste instrument donné des preuves de son efficacité, la reconstruction des routes, ponts, bâtiments et autres sera, de nouveau, comptée dans le PIB. Cette question de qualité a des implications plus quotidiennes. Permettez-moi, en guise d’exemple, d’emprunter un détour. J’ai chez moi quatre chaises. J’en tiens deux de ma grand-mère, quelques morceaux de bois emboîtés et collés. Celles-là servent depuis un demi-siècle, et je n’hésite jamais à monter dessus pour changer une ampoule. Les deux autres me viennent de mes parents, qui les ont achetées à la fin des années soixante: tube d’acier et formica, elles ne tiennent qu’à un fil et nul ne se hasarderait dessus autrement que sagement assis. Elles n’ont que trente ans et vont vers leur trépas. Ces meubles correspondent tous à la catégorie de ce qu’un ménage sans grands moyens pouvait se payer à l’époque où ils furent achetés. L’équivalent moderne se trouve dans les grandes surfaces parfois scandinaves. Leur valeur marchande est en gros identique, leur valeur d’usage nettement inférieure de génération en génération. Ils durent infiniment moins et cela ne doit rien au hasard. |
|  | | kamchatka Langue pendue

Nombre de messages: 530 Date d'inscription: 17/12/2006
 | Sujet: ... Lun 18 Déc - 12:08 | |
| L’ennemi de la production de masse, c’est la saturation du marché qu’elle porte en elle. La diffusion de biens durables, dont l’usage se perpétue dans le temps, cesse d’être envisageable à mesure que les investissements nécessaires à la production augmentent. Si une usine peut produire un million de chaises, alors il faut vendre un million de chaises. Si une chaise dure cinq ans au lieu de vingt, alors on en vendra quatre fois plus. Et l’usine sera rentabilisée quatre fois plus vite. La logique de croissance impose, paradoxalement, de satisfaire de moins en moins bien les besoins à mesure qu’on est capable d’en satisfaire plus. La formule « la croissance crée l’emploi » est vicieuse à plus d’un titre. Non contente d’être une insulte à la raison et à la statistique, elle passe, en contrebande comme le Dieu malpropre du début, l’idée que la production vaut pour elle-même, indépendamment de sa capacité à satisfaire les besoins humains. Elle affirme que l’emploi tel qu’il est, aussi inutile, aussi nuisible ou aussi pénible soit-il, est désirable. Une société sainement construite s’inquiéterait de répondre aux besoins des individus qui la composent, en fonction non seulement des capacités techniques et des limites naturelles, mais aussi de la bonne volonté des intéressés à se soumettre au travail. Rompre avec la croissance, c’est remettre l’économie à l’endroit, au service des êtres humains, c’est choisir de consacrer moins de temps au labeur. Produire moins et vivre mieux. Les possédants mènent la Terre à sa ruine et l’humanité à sa perte. Ils nous usent dans une course sans fin et sans raison. Nous pouvons leur arracher les moyens de production, reprendre le monde à notre compte. Max Lhourson 1. Une part de l’investissement file aussi vers les pays dits « émergents », où elle sert à bâtir et faire tourner des bagnes sans nom. On pourrait croire que l’emploi perdu « chez nous » se retrouve là bas, peut-être multiplié. C’est oublier que le phénomène s’accompagne des mêmes transformations que celles qui ont bouleversé l’Europe: destruction des structures sociales rurales traditionnelles, prolétarisation massive et paupérisation en conséquence. Si l’on admet même que ces pays connaîtront un développement comparable à celui de l’Occident – ce qui est peu probable étant donné la finitude des réserves énergétiques et minérales de la planète – rien ne laisse imaginer que les restructurations que nous avons connues ici leur seront épargnées. Déplacer les problèmes n’a jamais été les régler. Le PIB Quand on parle de croissance, c’est à l’évolution du Produit intérieur brut, qu’on s’intéresse. Ledit PIB est, selon le Dictionnaire d’économie de C.-D. Échaudemaison, l’« agrégat de la comptablilité nationale fournissant une mesure de la production; il est égal à la somme des valeurs ajoutées, augmentée de la TVA grevant les produits et des droits de douane nets des subventions à l’importation ». Selon le même ouvrage: « La valeur ajoutée brute (VAB) est égale à la valeur de la production moins la valeur des consommations intermédiaires. » Sous ce dernier vocable se cache « la valeur des biens et services totalement transformés (planches pour une table) ou détruits (électricité) au cours du processus de production. » Merci, Claude-Danièle! La loi du nombre Voyons ce que disent les chiffres, des statistiques tout à fait récentes (source Insee). En 1998, le PIB s’élevait à 1324,6 milliards d’euros, et la population active occupée à 23491700 personnes. En 2003, à 1585,2 milliards d’euros pour 25146500 actifs. Le PIB a crû de 19,67 %; l’emploi de 7,04 %. L’écart s’est creusé de 12,5 points en quelques années. Déjà, le lien entre croissance et emploi paraît plus ténu: si la première « crée » le second, ce n’est pas, dans les faits, à un rythme identique. Dans la statistique récente, il n’existe aucun cas où l’emploi ait progressé plus vite, ou même aussi vite que le PIB. Si on se penche sur les évolutions annuelles, il n’y a qu’en 1993, année de récession, qu’on observe une baisse un peu plusrapide du PIB que de l’emploi: - 0,9 % contre - 0,6 %. Retour à la « normale » en 1994, où le PIB a augmenté de 2,1 % par rapport à l’année précédente, tandis que l’emploi reculait de 0,8 %. Même chose en 1997: + 1,9 % pour le PIB, - 1,2 % pour l’emploi. Et pourtant personne n’allait alors clamant « La croissance détruit l’emploi! » Au contraire. L’industrie automobile a connu ces dernières années une croissance remarquable: on a produit en France en 1990 3295000 véhicules. En 2004, 5168000 (données CCFA et Insee). Dans le même temps, 22400 emplois disparaissaient (de 253200 à 230800). Production en hausse de 56,84 %, emploi en baisse de 9,9 %. *** Et pour finir l’agenda du Monde libertaire : Jeudi 14 décembre Rouen Diffusion du documentaire Putain d’usine, d’après le livre de Jean-Pierre Levaray, à 20h30, au cinéma Le Melville, 75, rue du Général-Leclerc. Ivry-sur-Seine (94) Récital de Gaston Couté par Bruno Daraquy accompagné au piano par Philippe Mira, au forum Léo-Ferré, spectacle à 20h30, ouverture des portes à 19 heures, au 11, rue Barbès, en face du vieux moulin. Petite restauration possible sur place. Nîmes Constitution d’un collectif de soutien aux opposants au fichage ADN au Centre P. Néruda, rue du Cirque-Romain, à 20 heures. Vendredi 15 décembre Paris 20e Lecture mise en musique d’extraits du livre de Jean-Pierre Levaray Putain d’usine (éd. L’Insomniaque, Agone) par la compagnie Action discrète, Valérie Lavollé, (lecture, chant) Alain Brühl (saxophone, chant, percussions ménagères, instruments divers…) à 20h30, chez Pascaline, 49, rue Pixéricourt, métro Télégraphe, Renseignements, réservations: 0144622280. Libre participation aux frais. Avignon Présentation de l’autobiographie de l’Ennemi public n° 1 (Jacques Mesrine), par l’équipe du journal CQFD qui vient de rééditer ce texte (édition Le Chien rouge, novembre 2006), à 18h30 à la Maison IV de Chiffre (26, rue des Teinturiers). Rencontre organisée par l’Infokiosk d’Avignon. Samedi 16 décembre Sagy (71) Manifestation contre « le bruit infernal du circuit de Bresse » de 8 heures à 12 heures, au rond point du Miroir, sortie A39. Orléans Départ à 15 heures devant la cathédrale d’Orléans, une manifestation départementale avec pour mots d’ordre: des papiers, des logements, des écoles pour tous! Le groupe Gaston-Couté (FA Loiret) est signataire et partie prenante de l’organisation de cette manifestation. Dimanche 17 décembre Cuisery (71) Exposition-vernissage de peintures et de dessins de David Thevenet, suivi d’une lecture de L’Image de Samuel Beckett par Laurent Patry, à 15 heures, à la librairie Les Chats noirs, 19, rue du Pavé. Lundi 18 décembre Nîmes Retour sur le Vaaag, Village autogéré anti-autoritaire et antiguerre. À la suite de la soirée sur l’autogestion, projection du film À l’épreuve du réel retraçant l’expérience du Vaaag qui s’est tenu à l’occasion du G8 à Évian en 2003. Le film sera suivi de témoignages de personnes ayant fait vivre ce village (si vous y étiez, venez nous raconter votre Vaaag) et d’un débat autour de cet événement, à 20 heures, au Mille-Feuilles, 12, rue Saint-Mathieu. Jeudi 21 décembre Nîmes Soirée concert de soutien à la CNT, No pasaran, et à la Fédération anarchiste avec Fred, Dr Benway, Marc Simon, Viva Espana, Assass’Swing. Table de presse, buvette, restauration. PAF: 5 euros. Théâtre du Périscope, 6, rue de Bourgogne, à partir de 19h30.. Jeudi 18 janvier Merlieux (02) Rencontre-débat autour du thème « Réalités et informations face aux pouvoirs et aux médias » en présence de Florence Aubenas et Mimouna Hadjam, de 18 heures à 21 heures, à la bibliothèque Sociale, 8, rue de Fouquerolles. Tél./Fax: 0323801709. Nîmes (30) Rencontre-débat avec Ronald Creagh sur le thème: « Être libertaire aujourd’hui » au Centre P. Néruda, rue du Cirque-Romain, à 20 heures. Table de presse, entrée libre. Organisée par le groupe Gard Vaucluse de la Fédération anarchiste. Samedi 20 janvier Paris 18e Anne Steiner et Loïc Debray présenteront leur ouvrage sur la R.A.F. Guérilla urbaine en Europe occidentale, à la bibliothèque La Rue, 10, rue Robert-Planquette. Métro Blanche ou Abbesses. Samedi 3 février Paris 18e Maurice Rajsfus nous parle de ses mémoires à la bibliothèque La Rue, 10, rue Robert-Planquette. Métro Blanche ou Abbesses. Jeudi 15 février Merlieux (02) Rencontre avec un écrivain de polar que nous apprécions beaucoup, Patrick Pecherot, auteur de Belleville-Barcelone (2003), Boulevard des Branques (2005), de 18 heures à 21 heures, à la bibliothèque Sociale, 8, rue de Fouquerolles. Tél./Fax: 0323801709. Samedi 3 mars Paris 18e Thierry Maricourt nous parlera de son dernier ouvrage, à la bibliothèque La Rue, 10, rue Robert-Planquette. Métro Blanche ou Abbesses. Le Monde libertaire, hebdomadaire de la Fédération anarchiste, adhérente à l’Internationale des Fédérations Anarchistes (IFA) Chaque jeudi dans les kiosques, 24 pages en couleurs d'actualité anarchiste |
|  | | kamchatka Langue pendue

Nombre de messages: 530 Date d'inscription: 17/12/2006
 | Sujet: ... Ven 22 Déc - 12:13 | |
| Dans vos kiosques du 21 décembre 2006 au 10 janvier 2007, 40 pages en couleurs pour trois euros « On tue un homme,on est un assassin, on en tue des millions, on est un chef, on les tue tous, on est Dieu.» Edmond Rostand *** Le sommaire L’extrême gauche et les cités, passer aux actes ou passer aux urnes ? par J.-P. Garnier, page 3 Les syndicats de combat de demain, par Fabrice, page 7 Le Mexique en lutte, par Bélial, page 9 Abidjan, suite des événements, par Caserio, page 11 Vive le feu ! par Fred, page 14 Sébastien Faure, l’imposture religieuse, par P. Schindler, page 15 Les enseignements de la Grande Guerre, par F. Roux, page 19 Des foules, des bouches, des armes, par Édouard, page 24 De la psychiatrie, par J. Lesage de La Haye, page 25 Victimisation en société terrorisée, par L. Gallopavo, page 27 Du vécu sur l’Espagne de 1936, par T. Porré, page 32 Licencier en toute légalité, par L. Emma, page 33 Le dernier Chomsky, par N. Trifon, page 35 Contacts de la Fédération anarchiste, page 37 Les émissions des Radio libertaire, page 39 *** Et en prime un article : L’extrême gauche et les cités Passer aux actes ou passer aux urnes ? Par Jean-Pierre Garnier AUX DERNIÈRES NOUVELLES, la « question de l’insécurité » devrait jouir d’un statut d’exterrritorialité politique. C’est du moins ce qui ressort de la déclaration du président du groupe PS à l’Assemblée nationale, lors de la présentation par Sarkozy de son projet de loi sur la prévention de la délinquance, qui a publiquement souhaité que ce thème cesse de constituer « un enjeu entre républicains ». Et le maire de Nantes de préciser : « La délinquance et le crime doivent savoir qu’ils ont en face d’eux une détermination identique quelle que soit la couleur politique de celui qui l’exerce. » Passons sur cette formulation maladroite – une détermination ne « s’exerce » pas, elle se manifeste ou s’exprime – pour n’en retenir que le contenu: « Le débat sur la sécurité est clos. » On le savait déjà depuis... 1988, lorsque le « socialiste » Pierre Joxe, alors ministre de l’Intérieur, avait utilisé cette formulation, sous les applaudissements ironiques des députés de droite, lors de la présentation d’une série de mesures répressives contre les « violences urbaines » qui ne faisaient que s’inscrire dans la lignée de celles prises par le sinistre tandem Pasqua-Pandraud. Depuis lors, tandis que la droite courait après le FN pour lui ravir la palme en matière de sécuritarisme, la gauche en faisait autant derrière la droite pour ne pas être taxée d’angélisme et de laxisme. Si bien qu’aujourd’hui, de l’extrême droite au PCF, c’est un véritable front national contre l’insécurité qui est en train de se constituer, sans que l’on soit même sûr qu’il ne finisse pas par rallier une partie de la « gauche de gauche ». La LCR, pour ne mentionner qu’elle (1), dispose d’un conseiller hors pair en matière de sécurité en la personne du juge Didier Peyrat, ancien militant de l’organisation mais toujours en cheville avec ses leaders qui ne ratent jamais une occasion de lui ouvrir les colonnes des publications qu’ils contrôlent (éditions Textuel, revue Contre Temps, Rouge...). Surnommé « Le crime paiera » pour sa frénésie répressive par quelques collègues facétieux du Syndicat de la Magistrature, D. Peyrat aime à jouer les experts ès-voyoucratie auprès d’une organisation qui, il est vrai, a déjà cessé depuis belle lurette d’être communiste et révolutionnaire. C’est pourquoi la devise qu’il a faite sienne, « réconcilier changement social et sécurité », pourrait fort bien être reprise par n’importe quel suppôt du social-libéralisme. Julien Dray, par exemple, autre rescapé de la LCR. Pendu maintenant aux jupes de Ségolène Royal, cet ancien meneur de la JCR passé au PS, dont les talents de manipulateur acquis dans l’organisation trotskiste avaient fait merveille pour neutraliser le mouvement « beur » pour l’égalité au cours du premier septennat mitterrandien, a trouvé une nouvelle vocation dans les instances dirigeantes du parti: « réconcilier (lui aussi!) la gauche et la sécurité ». Guignerait-il, par hasard, un poste de « premier flic de France », place Beauvau, si la Dame aux caméras parvenait au faîte de son irrésistible ascension? Mais, revenons au juge Peyrat dans la mesure où ses diagnostics et ses préconisations, exposés en long et en large dans un ouvrage paru dans une collection dirigée par Daniel Bensaïd, le mentor intellectuel de la Ligue, sont révélatrices de l’état de décomposition idéologique avancée de ce que l’on appelait jadis l’extrême gauche (2). Comme beaucoup de ses congénères ayant troqué le léninisme et le trotskisme de leur jeunesse pour le citoyennisme, D. Peyrat a jeté le bébé de la théorie avec l’eau du bain marxiste. Contrairement à ce que prétendent les « antisécuritaires », selon lui, les nouvelles modalités de l’exploitation et de la domination, autrement dit les rapports sociaux capitalistes ne seraient pour rien dans la multiplication et l’aggravation des délits ou des incivilités commis par la jeunesse populaire. Par « rapport social », il faudrait entendre, en effet, un « rapport entre les personnes », acception qui renoue avec la doxa bourgeoise la plus éculée. La montée de l’insécurité renverrait ainsi à une « montée du cynisme dans les rapports sociaux », c’est-à-dire dans les relations entre les individus. La délinquance, dès lors, serait elle-même un rapport social, négatif, bien sûr, qui irait à l’encontre des « fondamentaux de “l’être en société” ». Lesquels se ramèneraient à la nécessité pour chaque individu de s’unir aux autres pour « faire face à l’adversité » et « ainsi persévérer dans son être ». D’où l’équation « anthropologique » qui tient lieu de soubassement théorique à l’idéologie sécuritaire insufflée dans les rangs de la LCR : « Le désir de société, c’est le désir de durer, donc le désir de sécurité. » Impératif écologique oblige, cette sécurité ne pourra être que « durable », à savoir « capable de faire face aux secousses de la mondialisation qui, augure Peyrat, n’en n’est qu’à ses début ». Olivier Besancenot peut bien clamer urbi et orbi son appétence « libertaire ». Il n’empêche que le « programme de refonte de la sécurité » proposé par D. Peyrat aux militants et sympathisants de la LCR peut être défini comme totalitaire, au sens plein du terme. Sous couvert d’« élargir l’assise de la riposte à l’insécurité », de faire « le pari de la démocratie en valorisant la capacité de sécurité des citoyens », de « mieux enchâsser les institutions publiques – qu’« il ne s’agit pas de récuser », croit bon de préciser un homme qui leur doit son statut et ses revenus – dans la société civile », d’« y faire entrer, toujours plus l’extérieur à l’intérieur », de « développer les pratiques citoyennes dans le champ de la sécurité », c’est ni plus ni moins à permettre au pouvoir exécutif de faire le plein de ses exécutants que concourt « l’authentique tournant républicain des politiques de sécurité » dont ce juge, que l’on ne saurait assurément qualifier de « rouge », s’est fait l’avocat obstiné. Néanmoins, étant donné la sensibilité politique supposée des destinataires de son discours, il fallait tout de même donner à ce « tournant républicain » un tour révolutionnaire, ne serait-ce qu’au plan sémantique. Pour baptiser un type de société où il reviendra, somme toute, à chacun de faire la police, D. Peyrat a forgé une appellation qui ne demande plus qu’à être homologuée: « un socialisme de la civilité ». On ne s’étonnera pas, dès lors, que pour oeuvrer à l’avènement de ce « socialisme civil » – dont D. Peyrat notifie quand même qu’il sera « moins tendu vers un avenir radicalement autre, qu’à la recherche d’une adéquation de la politique avec la socialité » –, un « service civil » doive être instauré « pour tous les jeunes hommes et les jeunes femmes » – donc obligatoire – « durant quelques mois dans les administrations de l’État (défense – donc militaire! –, sécurité civile, santé, police, justice, etc.) ou les associations d’utilité publique », c’est-à-dire les courroies de transmission « autogérées » de l’État. Outre l’argument ressassé du « brassage des individus », ce juge ne craint pas, sur sa lancée, de nous resservir « l’intégration et l’apprentissage de la civilité ». Bref, ce que ni Chirac ni Sarko ni Ségo – du moins pas encore – n’ont osé proposer, Peyrat l’inclut sans complexe dans cette version inédite du « programme de transition ». Et gare à qui y trouverait à redire. On connaissait la judéophobie, l’islamophobie et l’homophobie.Voilà que le maître à « repenser l’insécurité » de la LCR, très écouté aussi par les hiérarques du PS et certains maires du PCF, invente, pour stigmatiser tous ceux qui rechignent à le suivre, un néologisme, la « sécuriphobie ». Seraient atteints de cette pathologie les « virtuoses du déni » qui s’entêtent à « tirer la question de l’insécurité vers la question sociale ». Autrement dit, « à fournir aux délinquants des excuses sociologiques », comme le reprochaient le Premier ministre L. Jospin et sa garde des Sceaux Élisabeth Guigou aux mauvais esprits qui trouvaient un goût liberticide à la Loi sur la sécurité quotidienne (LSQ). |
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