LES PAYS DE COCAGNE

les pays de dedans toi
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 le monde libertaire

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buenaventura
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Date d'inscription: 17/02/2005

MessageSujet: ...   Sam 3 Juin - 9:13

Le sommaire :

Profits et licenciements par Jean-Pierre Germain, page 3
La prostitution et Coupe du Monde , par R. Paradis, page 4
Non au bordel mondial!, par la Marche mondiale des femmes, page 5
L’autruche, tout simplement, par F. Ladrisse, page 5
Brèves de combat, page 6
ANPE et chiffres officiels, par R. Hamm, page 7
Alstom, responsable et coupable, par J.-P. Levaray, page 9
Décroissance avec le groupe de la FA d’Ivry, page 9
Or noir, des news!, par F. Roux, page 10
Pour un courant syndicaliste de luttes des classes, par S. Mahé, page
11
Tout n’est pas perdu au Portugal, par A. G. de Carvalho, page 12
Ne tirez pas sur le lampiste, par A. Sulfide, page 14
La voix des prisons en Israël-Palestine, par U. Avnery, page 15
Les derniers nomades d’Europe, les Roms, par P. Schindler, page 17
La Mort de l’asile, P. Le Corre, page 18
Détruire les prisons, par J. Lesage de La Haye, page 19
Criminalisation de l’immigration, par P. Paseck, page 20
Bilan des Rencontres libertaires, Grenoble, par Bibo, page 21
Radio libertaire, page 22
L’agenda, page 23


L’éditorial :

PERSONNE N’EST DUPE : « Super Vilain », le héros de Matignon, s’il
vient
au secours des salariés de l’usine Sogerma de Mérignac, c’est
simplement
pour essayer de gagner des points dans les sondages. Un peu plus et on
croirait que les différents gouvernements successifs de gauche comme de
droite, dont celui de monsieur de Villepin, n’ont jamais laissé la
population s’appauvrir. Mais avons-nous la mémoire aussi courte que
cela ?
Avons-nous déjà oublié les différentes délocalisations, les
licenciements
boursiers ; le CNE et le CPE ?

Non évidemment... Le Premier ministre est au plus bas depuis le
Mouvement
anti-CPE et l’affaire Clearstream, et le sera probablement encore, même
avec son soutien aux employés de Sogerma et son « plan Solidarité grand
âge pour 2007-2012 ». Heureusement pour lui, le ridicule ne tue pas.

Mais au-delà de la manoeuvre politicienne de notre super héros,
l’affaire
Mérignac émeut, même si le scénario a encore un air de déjà vu: des
licenciements annoncés, une grève, des négociations, la moitié des
effectifs sont préservés... Et il y a toujours cette incompréhension :
une
multinationale qui fait des bénéfices colossaux et qui, parallèlement,
ferme des sites. Stupéfaction pour certains, scandale pour d’autres.
Les
actionnaires et patrons s’en contreficheraient-ils ? N’auraient-ils
donc
pas de coeur ? La question n’est pas là. Qu’ils aient un coeur ou non,
c’est ainsi que fonctionne le capitalisme moderne. Les concurrents sont
eux aussi très puissants, et il y a de l’argent à gagner à licencier et
faire bosser une main d’œuvre moins cher, ou à remplacer des êtres
humains
par des machines.

On ne peut prendre le risque de ne pas faire de bénéfices, sinon, c’est
la
spirale infernale, car il faut toujours investir, inventer du nouveau,
du
neuf, du moins cher, du plus rentable pour rester sur le marché. Voilà

nous mène la logique de profit, voilà où nous mène ce système.

À Matignon on voudrait nous faire croire que l’État a son mot à dire.
Oui
il a son mot à dire, celui de l’allié, et celui du bras droit. Car
l’État
c’est le GIGN envoyé contre les salariés de la SNCM en grève ; car
l’État
c’est le tribunal qui punit les syndicats de la Régie des transports de
Marseille à payer 10000 euros par jour si ils continuent leur grève ;
car
l’État c’est l’instrument législatif par lequel on légalise les
contrats
précaires comme le CNE.

En l’occurrence, c’est le bras droit, en déficit d’image, qui demande
un
coup de main à son allié en préservant la Sogerma. Et ce dernier, lui
chuchote qu’un contrat sur certains avions militaires serait
bienvenu...


Et en prime un article de Rose Paradis !

Coupe du monde de football

Combattre le système prostitutionnel !

GRÂCE À LA DIFFUSION d’une pétition initiée par la CATW (1), une
certaine
médiatisation a montré le phénomène de développement de l’offre
prostitutionnelle (ou de la demande, selon que l’on se place du point
de
vue des personnes prostituées ou des clients de la prostitution) au
moment
de la Coupe du monde de football en Allemagne en juin 2006.

Rappelons que lors des Jeux olympiques d’Athènes en 2004, la ville
avait
failli autoriser l’ouverture de trente maisons closes mais que le
mobilisation avait mis un terme, au moins dans son aspect public, à ce
projet.

La prise de position du sélectionneur de l’équipe française (2) est
assez
laconique et prête à discussion: quand il dit « s’élever contre la
traite
des blanches », il oublie que des femmes du monde entier, et notamment
d’Afrique, vont subir cette violence. Quand il se désole que l’on «
ramène
le foot à une dimension écharpe, bière et nanas », il nie l’existence
de
la violence, de l’alcool et du machisme inhérents aux clubs de
supporters.
Il se dit « presque choqué qu’on puisse parler de femmes comme ça,
comme
des esclaves ou du bétail »: pourquoi ce « presque »? Il ne serait donc
pas totalement choqué ?

Quelques arguments de Didier Bariani, vice-président de l’UDF, publiés
par
le Monde le 20 avril 2006, sont également discutables.

« Incapables d’endiguer une violence qui les dépasse et de contrôler un
racisme qu’elles déplorent, les fédérations se constituent en
souteneurs
de surcroît. »

Ces propos font sans doute allusion au racisme que les supporteurs
expriment envers certains joueurs. Or le racisme devrait, non pas «
être
contrôlé », mais être puni, comme le prévoit la législation française.

« Si le sport se fonde sur le respect de l’autre et de sa dignité, cela
passe forcément par le respect de la moitié de l’humanité. »

Quand on voit les pratiques concurrentielles exacerbées entre les
sportifs, le dopage, le sexisme (avec, par exemple, l’oubli quasi
systématique des sportives), on peut s’interroger sur le respect et la
dignité! Cette phrase entretient le leurre d’un sport fair-play,
éducatif,
situé hors de la société et indépendant des financiers. Le prix des
places
au stade de France montre bien l’inverse: 2000 euros au noir pour un
match
récent, occasionnant une agression et une tentative de vol.

Entre mafia qui organise la prostitution et foot qui propose son
spectacle
toujours payant, ce sont deux facettes du business mondialisé qui sont
en
complémentarité pour assurer le plus de profits possibles.

Cependant, la pétition initiée par la CATW est sujette à réflexion: par
exemple, « dire non à la prostitution des femmes » reviendrait-il à
dire
oui à la prostitution des hommes? Ou encore se prononcer contre la
prostitution « pendant la Coupe du monde de football » aura-t-il pour
conséquence de dire oui à la prostitution avant et après l’événement ?
Comme le fait remarquer Marie-Victoire Louis, utiliser des termes comme
«
acheter du sexe » ou « des femmes importées » banalise l’acte en lui
donnant un vernis commercial, de même quand il est question d’«
acheteurs
», et de « touristes sportifs/sexuels ». Aucun de ces termes ne
s’inscrit
dans une logique de condamnation, bien au contraire.

Le Conseil de l’Europe a demandé au président de la FIFA de condamner
la «
prostitution forcée ». Une campagne intitulée Ab Pfiff (coup de
sifflet)
exige que les prostitueurs (ceux qui paient pour ça) s’informent auprès
des personnes prostituées pour savoir si elles sont là volontairement
ou
non. Belle hypocrisie !

Rappelons que la prostitution est légale en Allemagne et qu’elle
connaît
une croissance qu’envieraient bien des entreprises! Les autorités
estimaient le nombre de personnes prostituées à 200000 en 1998 et à
400000
en 2006. Environ 75 % d’entre elles seraient d’origine étrangère,
victimes
du proxénétisme international.

La seule dénonciation de la prostitution forcée légitime la
prostitution
légale en la faisant passer par une prostitution librement choisie. Or
toutes les associations venant en aide aux personnes prostituées le
savent
bien: personne ne rentre jamais librement dans le système
prostitutionnel;
il arrive seulement qu’on y reste par manque de choix de solution et
d’aides réelles pour son abandon. En France, plusieurs associations ont
lancé une campagne dont l’objectif est la sortie de la prostitution et
la
revendication « Pour sortir de la prostitution, un titre de séjour! ».
(3)

La mobilisation s’organise à l’initiative d’associations féministes. De
ce
fait, et par ses fermes positions abolitionnistes, il semble que la
Suède
ait retiré la participation de son équipe nationale à cette Coupe du
monde.

Le véritable scandale n’est donc peut-être pas tant dans le
développement
de la prostitution en juin dans douze villes allemandes que dans
l’existence même de ce type de relations entre des êtres humains:

Nous refusons cette marchandisation des corps et cette
commercialisation
de la sexualité humaine;

Nous dénonçons les profits des proxénètes et les revenus des taxes et
impôts qui font de l’État allemand un des principaux souteneurs
d’Europe;

Nous revendiquons la libre disposition de nos corps et des relations
amoureuses librement consenties et gratuites!

Rose Paradis

(1). Coalition Against Trafficking in Women,
http://catwepetition.ouvaton.org

(2). www.football365.fr/bleus. Page consultée le 24 avril 2006.

(3). ATMF, FASTI, GASProm, ASTI Nantes, LDH, Mouvement du Nid, RAJFIRE
(liste en cours).
Contact: FASTI, 58, rue des Amandiers, 75020 Paris.


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MessageSujet: ..   Sam 24 Juin - 10:09

Le sommaire :

« Elle ferait une candidate de droite acceptable. » par Jean-Pierre
Levaray, page 3
Motions du 63e congrès de la Fédération anarchiste, page 4
L’autruche, back from Merlieux, par F. Ladrisse, page 5
Brèves de combat, page 6
Loi sur le handicap, par Fred de Besançon, page 7
La prison c’est souvent pas de chance, page 8
Les chaussettes à clous du XXIe siècle, par M. Rajsfus, page 9
Demain on rase gratis, par C. Danis, page 10
De l’école buissonnière, par Louise, page 11
Flic à la maison? par Espé, page 11
Petite philosophie du sport, par Y. Youlountas, page 12
Non à la coupe du Monde du footre, par la Fédération anarchiste, page
14
L’État israélien, par J. Langlois, page 15
Découvrez Germinal, par Daniel, page 18
René Dunan ou l’étonnant... par Felip Equy, page 19
Salon du livre libertaire, page 21
Radio libertaire, page 22
L’agenda, page 23



L’éditorial :

Braves petits pioupious de la Coupe du Monde de football ! Ajoutez à
cela
l’été qui s’avance, la finale du Championnat de France de rugby,
Roland-Garros et vous n’avez plus rien qui fâche à la une des divers
médias !

La France serait « folle » d’un footballeur de Boulogne-sur-Mer et la
mort
de huit Palestiniens sur une plage de Gaza semble le dernier de ses
soucis. On apprend quand même que Villepin veut supprimer, pour le
budget
2 007, 10000 postes de fonctionnaires.

Trente euros de plus par mois, c’est ce que demandaient les
travailleurs
et travailleuses de la compagnie laitière européenne (Elle et Vire,
Coeur
de Lion), alors que le président de Vinci, après son « licenciement »,
empochera 15 millions d’euros.

La présidente du Medef, Laurence Parisot, rebondissant sur les divers
propos de Mademoiselle Royal, propose que chaque entreprise définisse
elle-même son temps de travail. À quand une riposte syndicale ?

Dans notre douce France, 113 blocs opératoires sont menacés de
fermeture,
au nom de la « rationalisation de l’offre de soins ». Avec les
restructurations des services d’urgence des hôpitaux publics, les
médecins
sont obligés d’envoyer des patients vers les cliniques privées.

Et ceux et celles qui n’en ont pas les moyens ?

Code du travail, Sécurité sociale, services publics, tous les acquis du
mouvement ouvrier sont sans cesse remis en question.

Pendant ce temps-là gauche et droite se taillent des croupières pour
2007.
Du temps de la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO) en
1936, même si cela n’aura pas été une révolution, ça avait un autre
mordant.

Dans la première semaine de la Coupe du Monde de football, se déroule
le
congrès de la CFDT. François Chérèque, secrétaire confédéral,
questionné
sur « l’avenir du syndicalisme
dans les années à venir », déclare que « ça ne peut plus continuer
comme
ça ». On est bien d’accord avec lui, mais pas pour les mêmes raisons ni
pour le même futur.



Et un article en prime :

« Ici, on fera comme en France. » (1)

La Grèce connaît actuellement son plus important mouvement étudiant
depuis
1979. 354 départements académiques sont occupés (80 % des facs).

La cible de la mobilisation est un projet de loi du gouvernement de
droite
prévoyant : la création de facs privées, l’ouverture des facs aux
flics,
le durcissement des conditions de réussite.

L’ensemble des politiques de droite comme de gauche soutiennent la
réforme, le PC grec malgré son opposition au projet tente de freiner la
lutte en s’opposant aux occupations et aux grèves reconductibles.

Le mouvement se structure de manière horizontale en AG coordonnées. Il
exprime un rejet radical de la logique de privatisation de
l’enseignement
supérieur et lance des actions contre le gouvernement.

Les enseignants votent, en AG, en faveur de la proposition de grève
illimitée. En Grèce, comme en France, les étudiants luttent contre la
libéralisation de la société lancé par l’État. Ils ont identifié en lui
leur ennemi et ils ont affirmé qu’ils ne participeraient à aucune
négociation.

Le 25 mai ils étaient 8000 à Athènes. Le 8 juin 15000 dans la capitale,
ainsi que 10000 à Thessalonique. À chaque fois, ces manifestations se
sont
terminées dans une répression féroce: grand nombre d’interpellations et
utilisation de gaz.

Ces événements nous montrent que la politique du capitalisme est une
politique internationale, il nous faut donc réagir à la même échelle.

À ce jour, il y a déjà eu deux rassemblements de soutien devant
l’ambassade de Grèce: le 2 juin et le 13 juin. Le prochain
rassemblement
est organisé mardi 20 juin à 18h00 devant l’ambassade de Grèce 18 rue
Auguste Vacquerie (métro Kleber ligne 6) à l’appel notamment de la FA,
la
CNT, AL, la CGA …

La solidarité internationale doit se poursuivre car leur lutte est
notre
lutte, et réciproquement puisqu’ils avaient réagi de la même façon
pendant
le mouvement dit « anti-CPE » en s’attaquant à l’ambassade française.

Djo

(1) Mot d’ordre lors de la manif du 28 mai.



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MessageSujet: ..   Sam 24 Juin - 10:38

Le sommaire

Fonctionnaires précaires, par virginie, page 3
GDF, tous et toutes contre la privatisation?, par J. Langlois, page 4
L’autruche a chaud, par F. Ladrisse, page 5
Brèves de combat, page 6
July à la casse?, par S. Bull, page 7
France Soir, no future..., entretien avec C. Gourdet, page 8
La charité à toute les sauces, par F. Roux, page 10
Voyage en Chine ou le business roi, entretien avec H. Hsuan-wou et C.
Reeve, page 11
Précarité et nouveaux contrats, par E. Sanloix, page 15
Des errements de la mairie de Paris, par P. Schindler, page 17
Proudhon et le problème des élections, page 18
L’expulsion de Victor, par Jean, page 19
Içi l’ombre, page 20
Troubles à la faculté de droit d’Aix, par Thierry, page 21
Faits d’hiver, par J.-M. Raynaud, page 21
Radio libertaire, page 22
Agenda, page 23


*** L’éditorial

L’ÉTÉ EST LÀ, les vacances se rapprochent, le temps est à la détente.
L’actualité est dominée par le football. Peu importe ce qui se passe
autour de nous et dans le monde: guerres, catastrophes naturelles,
épidémies ; l’important est de savoir quel est le meilleur buteur,
quelle
nation va remporter la coupe. Sous des couverts de communion des
nations
sous le flambeau du sport, on assiste à une exacerbation des sentiments
nationalistes. Si les joueurs de foot africains, asiatiques,
sud-américains ou océaniens sont les bienvenus sur les stades allemands
et
dans les bordels qui les jouxtent ; leurs concitoyens eux, sont de plus
en
plus entravés dans leur liberté de circuler.

Les biens et marchandises de toutes sortes, elles, circulent avec de
moins
en moins d’entraves, l’OMC et la banque mondiale y veillent. Ces
organismes sont les deux piliers du conseil d’administration de la
planète, ce supragouvernement décide qui doit vivre et qui doit mourir.
Les fonctionnaires de ces organisations choisissent quel pays peut se
développer économiquement, et quel autre, tels la Somalie ou le Tchad,
doit rester dans le chaos des guerres civiles engendrées par les
marchands
d’armes et les nations complices qui aiguisent les tensions en
soutenant
les chefs de guerre qui leurs promettent les meilleurs conditions
d’exploitation de leurs ressources. Les desiderata des populations
locales
ne sont pas pris en compte car ils ne rentrent pas dans les tableaux et
diagrammes de ces technocrates de la croissance à la solde des grandes
multinationales. Après avoir exploité pendant des siècles leurs
ressources
naturelles, que ce soit le pétrole, les minerais de fer, de cuivre,
d’uranium, la bauxite… ou bien leur or et leurs diamants ; c’est
maintenant leurs capacités intellectuelles que la vieille Europe veut
piller. L’ingénieur, le technicien, l’architecte ou le médecin doivent,
pour les crapules qui nous gouvernent, pouvoir s’importer au même titre
que le manganèse ou le charbon. Dans ces cas-là, nos chantres du
libéralisme à outrance, ressortent les revendications de libre
circulation. Quant à ceux qui, poussés par la misère ou les bombes,
s’arrachent à leur terre natale pour trouver refuge dans ce qu’ils
pensent
être des pays de cocagne, ils sont repoussés vigoureusement comme des
loups qui s’attaqueraient au cheptel. En guise d’abondance, c’est une
pléthore de flics, douaniers, gardeschiourmes des centres de rétentions
qui acceuillent ces candidats à la survie qui ont le tors de ne pas
correspondre aux critères d’employabilité requis. Que ces
fonctionnaires
de la répression se rassurent, ils ne sont pas du tout visés par les
propos du Villepain vilipendant la fonction publique.


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MessageSujet: ...   Jeu 14 Sep - 21:36

Le sommaire :

page 3, Après la rafle de Cachan, par Maurice Rajsfus
page 4, Rafles estivales, par Moko Mouse
page 5, la situation à Oaxaca, par Fred
page 6, Rentrée syndicale, par Jean-Pierre Germain
page 7, Rentrée politique, par Jean-Pierre Levaray
page 8, Brèves d'ici et d'ailleurs
page 9, Entretien avec un jeune anar queer israélien
page 12, La Prodi politique, par Jean-Pieere Garnier
page 14, SNCF collabo?, par Dr Marthius
page 17, La tragédie de l'Espagne, par Hugues
page 18, Ballon sanglant, par Guillaume Bourou
page 19, La voie du thérapeute, par Claude Margat
page 20, Fichiers ADN, le cauchemar de Ben, par Daniel
page 21, Il est de ceux qui font lever le vent, par Jean
page 22, Radio libertaire
page 23 Agenda


*** Et l'édito :

C'est la rentrée des classes, des millions d'enfants et d'adolescents sont
abandonnés à L'Education nationale. Plutôt que d'en faire des êtres libres,
épanouis, puisant leurs connaissances dans le savoir accumulé par les générations
qui les ont précédés, celle qui préfère instiller dans leur cerveau malléable un
savoir distillé de doctes imbéciles. Elle cherche à les transformer en singes
savants capables d'ânonner par coeur des leçons qu'ils ne comprennent pas. Le but
de l'Education étant, pour nos diligents dirigeants, de former des élements
disciplinés respectant l'autorité, répondant à des principes devenus pour eux des
réflexes, mais qu'ils n'ont jamais fait leurs. Ces principes, gravés dans
l'inconscient de nos enfants, feront d'eux des adultes dociles, facilement
manipulables par ceux qui savent tirer les ficelles. Nos dictateurs en puissance
modernes rêvent d'une population persuadée que tout va pour le mieux dans le
meilleur des mondes possibles, alors qu'inconsciemment ils sont les esclaves d'une
doctrine qu'ils acceptent sans critique.

Les partis politiques, eux, sont sortis ragaillardis de leurs universités d'été,
ils se dirigent vers les startings blocks de la course électorale. Mais que ce soit
à gauche ou à droite, la chasse aux pauvres a battu son plein cet été. Les SDF ont
été bannis des centre-villes pour ne pas gêner l'industrie touristique. Le
gouvernement, après avoir profité des vacances pour expulser des sans-papiers et
leurs enfants, a voulu montrer son efficacité dans le traitement des logements
insalubres en jetant plus de 1000 personnes dans la rue, là ou bien sûr, ils
trouveront les élements nécéssaires à une bonne hygiène de vie, air pur et grand
espace. De fait, indépendamment des critères ethniques et nationaux, mais bien sûr
un critère de classe sociale, c'est le trop-plein du marché que l'on cherche ainsi
à marginaliser ou à expulser. Que l'on soit bleu de frousse, vert de terreur ou
rouge de colère, nous sommes tous obligés de nous conformer au moule le plus en
vogue sur le marché, c'est ce qu'ils appellent l'employabilité. Gageons que le
chômage, avec l'insécurité, sera un des grands thèmes sur lequel dégoiseront nos
candidats à la magistrature suprême. Tous auront des solutions miracles pour
éradiquer ce chancre sarcomateux qui pourrit nottre société. En l'occurrence, les
différents gouvernements qui depuis une trentaine d'années se succèdent dans
l'hémicycle n'ont jamais cherché qu'à camoufler le nombre réel des sans-emploi
derrière des chiffres manipulés.

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MessageSujet: ...   Sam 30 Sep - 9:19

+++ Le sommaire :

Habitat, l’apartheid social, par Thierry Périssé, page 3
Thierry fait son mea-culpa, page 5
L’autruche se lisse les plumes, page 5
Combat de comptoir, page 6
Benoît XVI se prend pour l’empereur d’Orient, par R. Boullard, page 7
Nid de vipères à Abidjan, par Pascal, page 9
Le front patronal avance, par Hugues, page 11
Répression à Fribourg, par Cha & Olynx, page 12
KTS, un centre autonome en sursis, par Cha & Olynx, page 14
Le sport, ce suppôt du capitalisme, collectif, page 15
Le sport : rouge, impair et passe, par W. Rosell, page 17
Charlie Bauer, un révolté en prison, par S. Jacaré, page 18
Les milieux libres à la belle époque, par Paco, page 19
Dadoun, Péguy et Gimbutas s’emmêlent la langue avec la déesse, page 20
Un nouveau site libertaire, par Greg, page 21
Radio libertaire, page 22
Agenda, page 23

+++ Et l’éditorial :

Le ministre de l’Intérieur tente de faire passer l’inefficacité de ses
méthodes
musclées pour éradiquer les délinquants sur le dos du prétendu laxisme
des juges,
alors que ceux-ci sont de plus en plus répressifs, selon un rapport de
l’Inspection
générale des services. Il doit pour ce dire se fonder sur les
procédures intentées
à ses « amis » du monde politique ou du monde des affaires dont les
condamnations à
la prison ferme sont rares et ne dépassent jamais quelques mois. En
tant
qu’anarchistes, nous ne croyons pas que la prison soit une solution
pour régler les
problèmes de délinquance mais que, avec l’avènement de
l’égalité économique et sociale, une très grande partie n’aura plus
lieu d’être.

Nous pouvons quand même, sinon nous étonner, du moins nous offusquer de
la
disparité de traitement qui existe selon les tribunaux et selon que
l’on soit une
mère de famille s’appropriant de quoi remplir la gamelle
familiale sur laquelle flotte le drapeau noir de la misère, ou la femme
d’un homme
politique raté qui a détourné des dizaines de milliers d’euros – un peu
pour le
parti, beaucoup pour les parties fines au bord de la piscine de leur
luxueuse
propriété. L’une fera six mois de prison ferme pendant que ses enfants
iront moisir
à la DASS, l’autre ne prendra sûrement que quelques mois avec sursis,
et si jamais
elle prend quelques semaines de prison ferme, cela sera dans une
section pour VIP
où lui sera réservé un traitement de faveur (surtout si les matons sont
des
sympathisants du parti en question). « Les Français savent que je dis
la vérité »,
dit le populiste de service en parlant de ses propos dégradant la
magistrature,
seulement, pour juger, combien de Français
connaissent-ils le fonctionnement de la justice, ou ont simplement déjà
mis les
pieds dans un tribunal ? La réaction de l’opposition est tout aussi
risible, car
certes le fait pour un ministre de l’Intérieur de dire qu’il ne
reconnaît que le
peuple comme juge peut donner des craintes à la caste juridique sur
l’avenir de son
indépendance, mais la gôche elle-même ne se gêne pas pour manipuler la
justice
(écoutes téléphonique illégales, affaire des Irlandais de Vincennes,
etc.). Tout
cela n’est que de la soupe électorale qui nous montre que les
tripatouillages pour
se faire élire dans une démocratie parlementaire n’ont guère changé
depuis Périclès
au VIe siècle avant notre ère. Comme nous l’annoncions déjà depuis des
mois, ce
sont bien les immigrés, les sans-papiers et les mal-logés qui font les
frais de
l’ire de nos présidentiables. À quelques exception près, tel
l’ex-ministre de
l’Intérieur de feu Bokassa Ier, qui, lui, a été
naturalisé français cet été ; entre collègues, il faut s’entraider !

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MessageSujet: ...   Sam 7 Oct - 10:26

Le sommaire :
L’avortement et la contraception restent un droit et un choix, par
Patrick
Schindler, page 3
Abidjan et les déchets toxiques, par Pascal, page 4
Benjamin et l’ADN, acharnement! par Daniel, page 5
L’autruche monte sa barricade, par F. Ladrisse, page 5
Brèves de combat, page 6
Un Tchernobyl en Suède, par A. Einstein, page 7
Déchets nucléaires à Bure, nouvelles des militants, page 8
Las Vegas criminalise les sans-abri et la solidarité, par D. Stissi,
page 10
L’Espagne et la « transición », la loi de la honte, par D. Pinos, page
11
Des lois nazies en Suisse ? par Cha, page 14
L’Allemagne et le retour de la bête immonde, par Olynx, page 15
Anarchie et utopie, par A. Zurvan, page 17
Vie du mouvement, page 21
Radio libertaire, page 22
Agenda, page 23


L’éditorial :

La France, ce beau pays, havre de la douceur de vivre visité par des
millions de
touristes chaque année, s’enorgueillit d’être la patrie des droits de
l’homme et du
citoyen, un modèle de démocratie, fière d’avoir été la première à
zigouiller son
roi. Hélas derrière cette façade idyllique se cache une tout autre
réalité.
La France, seul pays européen à avoir été condamné par la Cour
européenne des
droits de l’homme pour le traitement inhumain qu’elle réserve aux «
délinquants »
dans ses commissariats et ses prisons, est la championne de
l’arbitraire
administratif et des tripatouillages politico-judiciaires obscurs.
Encore cette Cour européenne n’a-t-elle pas statué sur le sort des
étrangers
indésirables étouffés par les policiers accompagnateurs qui veulent les
maintenir
tranquilles, gestes tout à fait légitimes selon les tribunaux français
dont les
récentes déclaration du ministre de l’Intérieur nous font douter de
leur
indépendance.
La France est aussi la fille aînée du lobby nucléaire mondial,
accueillant les
déchets mortels venus du monde entier alors qu’elle ne sait que faire
des siens
propres, issus de ses nombreuses centrales nucléaires qui sont autant
de Tchernobyl
en puissance.
Depuis vingt ans les technocrates nous bassinaient que cette
catastrophe, dont on a
considérablement minimisé les conséquences au détriment des populations
vivant sur
les territoires contaminés, n’était due qu’à l’inconscience du système
totalitaire
soviétique qui n’avait pas pris en compte la sécurité de ses citoyens.
Cet été, la
centrale de Forsmark en Suède, considérée par les experts comme l’une
des plus sûre
du monde, est passée à deux doigts d’un accident similaire à cause d’un
simple
court-circuit, cela nous montre bien que personne n’est à l’abri. La
France est
donc une véritable poudrière aux mains d’une bande de docteurs Folamour
prêts à
nous faire avaler n’importe quelle couleuvre fluorescente pour
préserver leur parc
de bombes dévastatrices. N’ont-ils pas été jusqu’à vouloir nous faire
croire que
les nuages radioactifs ne passaient pas nos frontières ? Comment les
croire
lorsqu’ils nous disent que l’enfouissement est la solution miracle pour
se
débarrasser de leurs déchets ? Surtout quand l’on voit que la branche
militaire de
ce groupe de pression développe toujours de nouvelles armes toujours
plus
meurtrières, regroupant dans un seul missile plusieurs minibombes
atomiques.
Pendant ce temps-là, les fanatiques d’un ordre moral qui extermina des
millions
d’hommes de femmes et d’enfants sous l’Inquisition voudraient nous
empêcher de
disposer de nos corps comme bon nous semble sous prétexte d’un créateur
suprême de
qui nous dépendrions, mais, malheureusement pour eux, celui-ci n’existe
que dans
leurs cerveaux malades.


Et en prime un article :

L’avortement et la contraception restent un droit et un choix

Samedi 14 octobre
Paris 18e

Manifestation contre la marche pour la vie et pour le droit des
personnes à
disposer de leurs corps et de leur sexualité, 19 heures précise
(ponctualité
exigé), en haut du funiculaire de la butte Montmartre à l’appel de la
Fédération
anarchiste, la CNT, le SCALP, Ras l’Front.

POUR LA SEIZIÈME ANNÉE consécutive, les intégristes proches de
Monseigneur Lefebvre
organisent sous le prêtenom de Renaissance catholique la « Marche pour
la vie »,
rejoints, comme chaque année, par le fleuron de ce que la France compte
comme
alliés de l’extrême droite française, du Fhaine, aux jeunes militants
du Bloc
identitaire, en passant, bien sûr, par les monarchistes. Pendant cette
montée aux
flambeaux vers le Sacré Coeur (construit comme symbole de la revanche
des
Versaillais, curés et réactionnaires contre les Communards de Paris,
pour « expier
leurs crimes »), au son des slogans et prières perpétrées par leur
filière SOS
Tout-Petits, l’antre de Xavier Dorr. Ce dernier continue encore
aujourd’hui, malgré
ses multiples condamnations pour ses actions commandos dans les
hôpitaux et les
cliniques et les pressions exercées sur le personnel médical et les
femmes, à
exhorter avec ses collègues, parfois à genoux, les foules naïves à la
prière et à
l’action contre les centres du planning familial.

Pas plus joyeux du côté de l’église « officielle ». Faut-il rappeler
les propos
tenus par l’ancien pape J.-P. II dans « Mémoire et identité », paru en
février
2005, où il compare l’avortement à la solution finale,
minimisant un crime contre l’humanité et niant les droits des femmes à
disposer de
leur corps.

Il semble que les derniers propos également tenus par le nouveau pape
araignée
aient redonné quelque vigueur aux adorateurs des foetus, qu’ils
considèrent comme
des êtres humains à part entière, vieux fantasme des religieux et en
brandissent
les images dans nos espaces publics. Depuis l’anniversaire du
trentenaire de la loi
Veil légalisant et l’avortement, on a vu dans notre pays une
recrudescence des
activistes anti-IVG qui se sont rassemblés, avec leurs amis fachos,
place de la
République en janvier dernier, pour la même mascarade et sous les mêmes
slogans.

Un peu partout en Europe (Pologne, Portugal, Irlande, Conseil de l’UE)
on assiste à
une remise en question des droits des femmes pour entraver leur liberté
de choisir
la contraception et leurs choix de vie. En France, les centres publics
qui
pratiquent encore l’avortement ferment les uns après les autres, soit
faute de
financement, soit parce que les praticiens ont de plus en plus de mal
pour
pratiquer leurs interventions dans des conditions optimales, ou encore
quand les
dernières cliniques qui les pratiquent ne sont pas la proie des
intégristes
liberticides, qui s’enchaînent, comme aux États-Unis pour empêcher les
médecins de
pratiquer. Nous ne les laisserons pas installer leur vieil ordre moral
dans les
espaces publics, voir dans les endroits fréquentés par les jeunes,
qu’ils essayent
de convertir par des discours réactionnaires, anti-scientifiques et de
désinformation.

Les vrais chiffres et données concernant l’avortement et la
contraception en France

Selon la DREES(1) et les derniers chiffres publiés sur le sujet, 210700
femmes ont
avorté en France en 2004, dont 11500 mineures, contre 203000 en 2003.
On constate
donc un recul de l’avortement, certainement dû au recul du recours aux
méthodes
contraceptives. En 2004, 75 % des femmes concernées avaient entre 18 et
35 ans. Qui
plus est, l’augmentation est plusmarquée chez les mineures, pour
lesquelles le
nombre d’avortements a augmenté de 32 % entre 1990 et 2006. Ces
chiffres
n’incluent, ni les Interruption médicales de grossesse, ni la «
contraception
d’urgence ».

Pour leur part, les recours à la contraception d’urgence se multiplient
également :
selon le baromètre santé de 2005, 13,7 % des femmes affirment avoir
déjà eu recours
à la « pilule du lendemain ». Parmi, les 15-19 ans, 68 % utilisent une
pilule
hormonale., 10000 ont été pratiqués dans l’année 2005 en France, sur
200000
interventions. En 2001, les avortements médicamenteux représentaient
plus de 30 %
du total, contre 14 % en 1990. Légalisée en 2001, cette méthode est
remboursée à 70
% par la Sécurité sociale. La circulaire 2004, destinée à encadrer les
avortements
en ville prévoit 5 consultations. Lors du troisième rendez-vous, la
femme prend un
comprimé qui bloque l’action de l’hormone nécessaire au maintien de la
grossesse.
Puis, lors de la quatrième consultation, la femme avale un cachet qui
provoque
l’expulsion de l'oeuf. Pour exemple, le planning familial de
Saint-Denis accueille
une fois par semaine les femmes qui veulent avorter chez elles. La
phase la plus
sensible est celle de la prise du comprimé, durant laquelle la plupart
des femmes
craquent et le personnel tente de les rassurer en leur rappelant qu’un
avortement
est toujours une prise de décision lourde, mais n’a jamais empêché une
femme
d’avoir plus tard un bébé, à condition de ne pas avoir d’avortements
trop répétés.

Afin de faire face aux mensonges proférés par les ultra-catholiques et
autres
militants pro-vie, un contre rassemblement est organisé le samedi 14
octobre à 19
heures en haut du funiculaire de Montmartre. On ose espérer que, cette
année, que
la police nationale, ou police du capital, n’empêchera pas les
militantes et
militants en faveur du droit à la contraception et de l’avortement
d’exprimer leur
solidarité à toutes les femmes qui luttent pour le libre choix de leur
corps et à
s’opposer à ce défilé moyenâgeux de l’ordre moral.

En effet, il semble que la préfecture et la Mairie de Paris aient
plutôt pris, ces
derniers temps, le parti de laisser les anti-IVG faire leurs prières
sur nos
trottoirs et les fascistes agresser physiquement les militants pro-IVG.

Dernièrement encore, les manifestants qui se sont imposés lors de
l’inauguration du
Parvis de Notre-Dame qui doit prendre le nom de l’ancien pape assassin
J.-P. II,
alors qu’il était un des pires complices du sida et de la
stigmatisation des
lesbiennes, gays bis et trans par son homophobie, ses positions
rétrogrades sur les
femmes et sa condamnation sans appel du préservatif. Ah! si Marie avait
connue
l’avortement, nous n’aurions pas tous ces emmerdements!

Patrick Schindler
Groupe-claaaaaash(a)federation-anarchiste.org


1. Organisme de statistiques du ministère de la Cohésion sociale.


Le Monde libertaire, hebdomadaire de la Fédération anarchiste
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kamchatk
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MessageSujet: ..   Dim 8 Oct - 12:41

Dimanche 15 octobre 2006, à la librairie du Monde libertaire, 145, rue
Amelot,
Paris 11e.
Métro République, Oberkampf ou Filles du calvaire.

Dans la rue Amelot :

13 heures: Chansons et orgue de barbarie dans la rue avec Vania et
Riton la Manivelle.

13h30: Débat autour du Front Populaire avec Loïc Le Bar, Le monde
enseignant et le
Front Populaire (Éditions Syllepse), Danielle Tartakowsky, auteure de
Le Front
Populaire : La vie est à nous (Éditions Gallimard), (à confirmer).
Jean-Louis
Crimon pour son roman Oublie pas 36 (Éditions Castor Astral).

15h30: Débat sur la Révolution espagnole avec Frank Mintz, Espagne 36,
l’autogestion révolutionnaire, Cesar Martinez Lorenzo, (à confirmer),
Pouvoir et
révolution sociale (Éditions libertaires), Les Giménologues, Les fils
de la nuit,
souvenirs de la guerre d’Espagne. (Éditions l’Insomniaque), Christine
Diger auteure
du roman Un automne pour Madrid. L’histoire de Théo, un combattant de
la liberté.
(Éditions Atlantica).

17h30: Serge Utgé-Royo chante l’Espagne révolutionnaire.

Dans la librairie :

13h30: Les olympiades oubliées d’Ariel Camacho (52 minutes), un
documentaire sur
les Jeux olympiques de Barcelone en 1936. Suivi de Durruti (12
minutes).

De 14h45 à 15h15: Discussion autour des films.

15h30: Film: Le crime de Monsieur Lange de Jean Renoir – dialogues de
Jacques
Prévert. (1h15). Suivi de films militants de 1936.

17h15: Lecture de textes autour de 1936 par Fred et Maud.

Grande bourse aux livres:

Vous avez des livres à échanger ou à vendre? Nous installerons des
tables rue
Amelot et vous pourrez y mettre vos livres, revues, et même objets
divers.
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kamchatk
Invité



MessageSujet: ...   Sam 14 Oct - 9:04

Bonjour,
Dès aujourd'hui, vous pouvez trouver dans toutes les bonnes librairies
les "Ecrits
choisis" de Malatesta, le dernier ouvrage paru aux editions du Monde
Libertaire, au
prix de 10 euros, ou le commander directement aux editions
editions(a)federation-anarchiste.org
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kamchatk
Invité



MessageSujet: ...   Sam 14 Oct - 10:21

Le sommaire :

La Seine-Saint-Denis, un endroit comme un autre, par Rebecca, page 3
Attaques en règle contre l’école, par Fred, page 4
Provocations syndicales, par Jimma, page 5
Droit syndical… Code du travail, par J.-P. Germain, page 6
En prison pour un oeuf de trop, interview de Y. Delavoët, page 7
« Vous ne justifiez pas l’intensité de vos liens avec notre pays », par
L. Carnoy,
page 9
Souffrir pour quoi pour qui ? par Sitta Neumayer, page 11
Fichage génétique de masse, par J.-M. Raynaud, page 14
L’Église et les autres religions, par R. Boullard, page 15
Paroles de maîtres du monde d’aujourd’hui, par Paco, page 18
La fête à Gaston, par Jacques et Gérard, page 19
Un local libertaire à Rennes, par leur propriétaire, page 20
Une femme seule, par Bruno Daraquy, page 20
La Commune n’est pas morte, par Mireille, page 21
Radio libertaire, page 22
Agenda, page 23


*** Et l'édito :

Ah! ces salauds de richards, dégoulinantes crapules! Jamais assez
contents d’nous
voler le fruit d’not’travail et d’nous pousser davantage dans la
précarité. Faut
qu’en plus ces bouff ’galettes nous prétendent qu’c’est pour not’bien.

Et ainsi, on le sait, les crapulards à leur service à la Chambre ou au
gouvernement
de bien s’occuper d’nous à voter des lois et imposer des réformes pour
nous emmurer
dans l’insécurité.

Et va-z-y que j’te casse les hôpitaux, les écoles, le gaz public. Que
j’te rogne
tes picaillons d’chômeur. Que j’te r’colle tes mômes de quatorze piges
à
l’apprentissage et les bonnes femmes au travail de nuit !

Ça refile d’autant plus l’appétence et l’occase aux maquereaux et
maquerelles de tout acabit vivant dans la chaîne économique d’user et
d’abuser des
malheureux. Sans oublier le pognon qu’on nous essore qui repart
aussitôt dans les
pognes des maquignons. « Aide à l’emploi », qu’ils appellent ça ! Et
que ce n’est
pas permis de pointer du doigt le pillage d’un patron, « ça nuirait aux
investisseurs et aux entrepreneurs ! ».

Comme ces cochons obscènes veulent s’engraisser le plus possible sans
qu’les
humbles pensent à moufter, ils nous font croire qu’le bazar est
équitable et
inéluctable! Ils entretiennent la crasse dans la tête des miséreux et
des moins
pauvres. Ces moutons-là tout heureux de s’gober supérieurs à un «
sans-papiers »,
un « sans-abri »… Et des fois qu’le carcan médiatique n’suffise pas,
ils ont encore
les curetons et les imams à leur secours !

Tiens ! à propos de ceux-là, les affolés de la fesse interdite. Même la
libre
expression est en sursis. Un bon bougre de professeur déclare que «
haine et
violence habitent le livre dans lequel tout musulman est éduqué, le
Coran », et le
v’là obligé de s’planquer ! Et des pissecopies de presque dire que
c’est normal
puisque l’zigue a « violemment » critiqué le Coran. Où va-t-on? Notez
que, les
soumis à Dieu, en lui promettant un mauvais sort, donnent raison à la
critique.

Sacré pétard! L’oppression n’est pas seulement dans les promesses du
triste nabot
de Beauvau et de ses potes du patronat, mais aussi dans les barreaux
que les
infâmes ratichons de toutes chapelles veulent nous enfoncer dans la
caboche. Nom de
Dieu! il est temps que les taffeurs de tout poil montrent leurs poings
au lieu de
les garder dans leurs poches.


Et en prime un article :

LA SEINE-SAINT-DENIS, UN ENDROIT COMME UN AUTRE

J’HABITE LA SEINE-SAINT-DENIS. Le « 9-3 », comme ils disent (disent-ils
le « 7-0 »
lorsqu’ils parlent de la Haute-Saône?). Objet de fantasme pour
certains, terra
incognitae pour la plupart de ceux qui se permettent pourtant, à propos
de ce
département, des jugements définitifs et insultants. Journalistes,
éditorialistes,
intellectuels et politiques, de droite comme de gauche, ces gens
connaissent mieux
que moi l’endroit où je suis installée, mon quotidien, celui de mes
voisins.

Pourtant, quand je les écoute ou les lis, c’est étrange, je n’en
retrouve
pratiquement rien. Le « 9-3 »: un département qui, de longtemps, fut la
cible
privilégiée des forts en thème de Passy. La lie de la banlieue
parisienne.

Une honte, une décadence, le signe (ostentatoire) de la relégation
sociale. À
quelques îlots près, habiter le 9-3, ce serait vouloir en partir. Car
ce n’est pas
ici un endroit comme les autres: soit on y est pauvre et souffrant
(version de
gauche), soit on y est « terrorisé » par les hordes barbares (version
de droite).
Dans tous les cas, on n’y est pas bien, on n’y est pas « tranquille ».

J’y suis bien, moi, et je constate: il y a des cinémas, en
Seine-Saint-Denis. En
Seine-Saint-Denis, il y a des théâtres, des boulangeries, des
pharmacies, et même
des pubs irlandais! Une large majorité de ses habitants travaillent, se
lève le
matin, déposent les enfants à l’école, car, en Seine-Saint-Denis, pour
curieux que
ça puisse paraître, il y a aussi des écoles. 1 million et demi
d’habitants, pas
plus « terrorisés » que ceux de Loir-et-Cher. Un endroit comme un
autre? Oui. Même
si la moyenne d’âge y est plus jeune qu’ailleurs et que le chômage
frappe dur:
additionnez ces deux particularités et vous aurez saisi l’essentiel du
« problème »
de la Seine-Saint-Denis. Pour autant, cela ne suffit pas à en faire une
terre
d’exception, ni n’explique pourquoi l’index du ministre de l’Intérieur
et des
journalistes caniches pointe si souvent le 9-3.

C’est devenu une habitude, depuis la petite phrase sur le Kärcher,
balancée de La
Courneuve, c’est nous qu’on aime montrer du doigt. C’est devenu une
habitude, mais
on ne s’y habitue pas. Les émeutes de novembre 2005, que les jeunes des
quartiers
vont payer durant les dix ans à venir, elles sont parties d’où? De
Clichy-sous-Bois, 9-3. Donc coupable, le 9-3, comme Paris coupable de
la Commune,
en son temps. Et les bonnes âmes de gauche redécouvrent soudain la
misère sociale
dont ils se sont tellement souciés lorsqu’ils étaient aux affaires et
dénoncent, la
main sur le coeur, la stigmatisation dont nous sommes victimes.

Foutage de gueule général.

Foutage de gueule accentué ces dernières semaines, confinant à
l’odieux. Quand
Sarko stipendiait les juges de Bobigny, coupables selon lui de ne pas
jeter en
prison suffisamment d’enfants, la note où le préfet disait son
inquiétude face à
l’augmentation de la violence « fuitait » étrangement dans la presse
(une vieille
note, qui datait de juin). La couverture médiatique donnée à ces
non-événements par
des journalistes décidés à marcher au pas de l’oie livrait une nouvelle
fois une
image exécrable de la Seine-Saint-Denis : délinquance, insécurité,
bandes de
jeunes, islamisme et cages d’escaliers. Alors on se dit « c’est assez !
». Marre
des caricatures, des poncifs enfilés comme autant de perles sur un
collier dont le
nom est rejet, inculture, méconnaissance et addiction crasse au pouvoir
! Marre de
laisser Sarkozy user de la banlieue comme d’un décor pour son show de
futur
présidentiable ! Marre de lui laisser ainsi dérouler son programme à
seule fin de
prouver que lui seul sera capable de mener jusqu’au bout la guerre
contre les
pauvres !

Marre de se coltiner, chaque jour, des flics survitaminés et ces paumés
de CRS
venus de Montélimar (derniers représentants de l’État depuis qu’on a
fermé La
Poste, puis l’agence ANPE, puis la PMI de mon quartier) ! Marre de voir
le
député-maire, PC, lui qui se prétend mon porte-parole à l’Assemblée
mais qui, de
parole justement, manque, gesticuler sur le parking, à bonne distance
des tours,
entouré de caméras et de flics municipaux ! À lui, comme aux autres,
j’ai envie de
dire : « Lâchez-nous! Foutez-nous tranquilles ! »

On vit bien, en Seine-Saint-Denis, pas plus mal en tout cas que dans le
Loir-et-Cher. Et même si vous avez décidé que le sécuritaire sera, une
fois encore,
le thème central de la campagne à venir. Même si, dans cette optique,
plus vous
pourrez faire croire que ça va mal en banlieue, plus vous vous
assurerez un
confortable matelas de voix (dont certaines viennent de banlieue, ce
qui n’est pas
le moindre des paradoxes, et montrent, s’il en était besoin, le
caractère infâme de
l’électoralisme).

Même si, grâce à vous, on a de fortes chances de voir Le Pen accéder
une nouvelle
fois au second tour, mon souhait unique est aujourd’hui que vous nous
oubliiez.
Qu’on respire! Pourquoi ne pas envoyer vos cameramans bosser un peu en
Tchétchénie?
Nous, pendant ce temps-là, nous continuerons à alimenter ces
solidarités si
particulières aux quartiers, à construire ces histoires, collectives et
belles, ces
histoires qu’à Passy on ne saurait imaginer.

Rebecca
Groupe libertaire Louise-Michel

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kamchatk
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MessageSujet: ....   Jeu 2 Nov - 11:27

Il ne s’agit pas de faire l’anarchie aujourd’hui, demain ou dans dix
siècles,
mais d’avancer vers l’anarchie, aujourd’hui, demain, toujours »
Errico Malatesta

*** Le sommaire :
Oaxaca, du spectre de Louise Michel à celui d’Adolphe Thiers, par Djo,
page 3
Syndicalisme, l’hallali ?, par J.-P. Germain, page 4
Eron, ça arrive loin de chez vous…, par J.-P. Gault, page 5
L’autruche ne désarme pas, par F. Ladrisse, page 5
Brèves de combat, page 6
Licenciements dans l’automobile, par Louise-Emma, page 7
Campagne électorale et police, par le groupe Nada, page 8
Faits d’hiver, par J.-M. Raynaud, page 9
Saint-Ouen, les sans-papiers, par Rébecca, page 10
Espagne, entretien avec O. Alberola, par T. Libertad, page 11
Décroissance, rupture avec le capitalisme, par J.-P. Tertrais, page 14
Transmutation de l’anarchisme, par C. M. Lorenzo, page 17
Histoire universelle de Marseille, par F. Roux, page 19
Islam et palpitants, par N. Potkine, page 20
Malatesta toujours là, par Pacotte, page 21
Non-lieu pour Marc Auray, par Guy, page 21
Radio libertaire, page 22
Agenda, page 23


*** L’édito :

Comme l’assemblée populaire de Oaxaca nous l’avait annoncé, le
gouvernement
mexicain y a envoyé l’armée afin de mater la révolte. À l’heure où nous
bouclons le
journal, celle-ci encercle la ville, et le peuple, désarmé, est
retranché derrière
les barricades. Le gouverneur de la province a donc eu ce qu’il
voulait, il n’a pas
flanché et n’a fait aucune concession.

L’assemblée populaire lançait depuis cet été des appels à la solidarité
internationale pour essayer d’éviter de se faire massacrer dans
l’indifférence
générale et pour que le gouvernement mexicain y réfléchisse à deux fois
avant de
réprimer la révolte dans le sang ; le gouverneur lui a répondu à sa
manière en
provoquant les hostilités par l’assassinat d’un journaliste
new-yorkais. Cela est
un exemple parmi d’autres du mépris dans lequel les dirigeants de notre
planète
tiennent les peuples qu’ils dirigent, trop occupés qu’ils sont à
favoriser
l’enrichissement des grandes multinationales et de leurs actionnaires.
Ici, en
France, nous ne sommes pas une exception à cette règle, notre
président, en visite
en Chine, a enfourné dans sa giberne quelques gros contrats qui
permettront aux
entrepreneurs français d’exploiter un peu plus les ouvriers chinois
tout en leur
refourguant le surplus de notre production.

Nos patrons, eux, et les représentants des grandes centrales syndicales
se sont
réunis au sommet, histoire d’étudier de quelle manière organiser la
casse du code
du travail. Il s’agit d’enterrer les acquis sociaux que nous avons
conquis au prix
de plus de cent cinquante ans de lutte. Il s’agit aussi, ne soyons pas
dupes, de
fournir quelque matière aux programmes électoraux des différents partis
en
campagne, l’insécurité à elle seule ne suffisant pas à alimenter
ceux-ci. Pourtant,
en ce qui concerne l’insécurité, la police met le paquet pour montrer
son
efficacité, et ce sont les jeunes des banlieues, les sans-papiers, les
mal-logés et
les pauvres en général qui en font les frais. En Espagne, la
réhabilitation des
combattants pour la liberté qui luttèrent contre la dictature
franquiste risque
fort de n’avoir jamais lieu, au nom de la réconciliation nationale.
Autant dire que
l’on ne veut pas rouvrir la boîte de Pandore, qui risquerait
d’embarrasser des
caciques de la sphère économique et politique espagnole, dont le
comportement sous
la dictature n’était pas au-dessus de tout soupçon.

Que ce soit à Oaxaca, à Paris ou à Madrid, nos gouvernants se paient
notre fiole et
jouent notre vie sur le tapis vert des tables de négociation.

À nous de leur montrer, en descendant dans la rue, que, à semer la
misère, ils
récolteront la colère.


Et en prime un article de Djo :

Oaxaca, du spectre de Louise Michel à celui d’Adolphe Thiers

Retour sur les évènements qui ont frappé la province mexicaine et sur
la situation
actuelle

14 juin 2006 Naissance de la commune insurgée

La révolte de Oaxaca est née de la répression sanglante qui s’est
abattue le 14
juin dernier suite à la manifestation des enseignants de la ville pour
réclamer de
meilleures conditions de travail ainsi qu’une hausse de salaire. La
police a tiré
sur les manifestants, de nombreux blessés et de nombreuses arrestations
ont été
dénombrés, ainsi que des perquisitions violentes et la destruction de
la radio
communautaire Radio Plantón. Les enseignants ont alors exigé la
destitution du
gouverneur de l’État de Oaxaca Úlises Ruiz.

Cette revendication a rallié une très large partie de la société
oaxaqueña: « Offensés tant par la fraude électorale par laquelle Úlises
Ruiz est
devenu gouverneur que par la violence gouvernementale contre une
multitude
d’organisations communautaires et régionales, des centaines de milliers
de
Oaxaqueños ont investi la rue et plus de trente mairies. Près de 350
organisations,
communautés indigènes, syndicats et associations civiles ont formé
l’Assemblée
populaire du peuple de Oaxaca (APPO). » (1)

Les élections du 2 juillet 2006

Ayant laissé entendre dans un premier temps qu’ils boycotteraient les
élections,
les insurgés ont décidé de soutenir la coalition « Pour le bien de tous
» contre le
gouvernement d’Úlises Ruiz. Cette coalition obtient 9 des 11 députés et
deux sièges
de sénateur.

Depuis, la « commission négociatrice élargie » (organisme du syndicat
des
enseignants) ne négocie plus ses revendications avec lui, elle
n’accepte ni son
argent, ni ses programmes: elle dirige seule. Dans le même temps,
l’APPO a lancé
une campagne de désobéissance civile pour montrer l’absence d’autorité
dans l’État.
Désormais, le mouvement assume seul le contrôle politique de la ville
de Oaxaca.
Úlises Ruiz a essayé en vain de changer les membres de son cabinet pour
conserver
le pouvoir: il ne s’agit plus de problème avec la classe politique de
cet État mais
avec la société dans son ensemble.

L’APPO déclare l’alerte maximale

Le 18 octobre, en sortant d’une réunion, un enseignant a été abattu de
trois balles
tirées depuis une voiture sans plaque. D’autres ont reçu des menaces de
mort par
téléphone. L’APPO a déclaré l’alerte maximale pour renforcer les
occupations et les
barricades.

La section XXII du Syndicat national des travailleurs de l’éducation a
décidé de
consulter les 70000 enseignants de l’État pour savoir s’ils veulent
continuer ou
cesser la grève. Avant même le résultat, des
militants et des parents d’élèves ont manifesté pour la poursuite de la
grève aux
cris de « un enseignant conscient ne se rend ni ne se vend » et «
enseignant, tu as
commencé, tu dois terminer! Úlises n’est pas parti, tu dois le chasser!
».

La répression

Au 26 octobre, les paramilitaires (soldats ou flics en civil) ont fait
huit morts
depuis le début du conflit. « La présidente du Syndicat national des
travailleurs
de l’éducation (SNTE), Esther Elba Gordillo, a annoncé qu’elle allait
exclure du
syndicat la section XXII, à l’origine de la révolte de Oaxaca. La
réponse des
professeurs n’a pas tardé: plusieurs associations de professeurs de
tous les États
mexicains ont décidé de former un nouveau syndicat et ne plus payer
leur cotisation
au SNTE, qui est “une mafia corrompue” aux ordres du gouvernement.

Ils préparent pour le 19 novembre une convention nationale éducative et
appellent
tous les professeurs du SNTE à quitter celui ci pour les rejoindre. » À
ce stade de
la révolte, on peut se demander pourquoi l’APPO maintient comme
revendication
principale le simple remplacement du gouverneur de l’État. Cela
s’explique par
l’attitude du PRI, seul parti qui se soit illustré aux yeux des
Mexicains comme ne
se souciant
absolument pas des problèmes publics, détournant constamment les fonds
publics,
impunité totale des proches du pouvoir, arrestation des opposants
politiques, quand
ils ne sont pas tués par des inconnus. Dans l’esprit des révoltés, sa
démission
n’est qu’une étape et les associations veilleront à ce que plus jamais
un parti
politique comme le PRI exerce un pouvoir exclusif.

Le 27 octobre a été marqué par l’arrêt de toute activité et fut une
journée des
plus meurtrières: quatre morts et plus d’une vingtaine de blessés par
balle ou arme
blanche, dont un journaliste
d’Indymedia-New-York. Ceux que l’on appelle les « tueurs de l’assassin
Úlises Ruiz
» ont tiré sur les barricades de l’APPO dans l’avenue de Ferrocarriles,
de Santa
Lucía del Camino et dans l’agence municipale de Coyotepec, dans la
banlieue de
Oaxaca. L’APPO n’a pas jusqu’à présent répondu à la provocation en
s’armant et
c’est les mains nues qu’elle garde les barricades.

L’APPO organise le système de soin car l’hôpital n’est plus un lieu
sûr. La radio
universitaire fonctionne, ce qui permet de coordonner les mouvements,
de renforcer
les barricades qui montrent des signes de faiblesse et de prévenir de
la venue des
troupes de choc. (2)

Le 28 octobre, Abascal, le ministre de l’Intérieur, vient de donner
l’ordre à la
troupe d’intervenir. Les événements qui ont eu lieu ces dernières jours
ont bien
servi de prétexte à l’intervention militaire. Le gouverneur et l’État
mexicain
avaient bien orquestré ces attaques pour lancer l’armée contre les
insurgés.

D’jo
groupe-claaaaaash@federation-anarchiste.org

Notes
(1). Toutes les citations proviennent de différents textes publiés sur
le site du
Comité de soutien des
peuples du Chiapas en lutte: http://cspcl.ouvaton.org

(2). Pour écouter Radio Universitad tenue par l’APPO:
http://radio.indymedia.org:8000/appo.mp3.m3u



*** L’agenda du monde libertaire pour la semaine du 2 au 8 novembre
2006

Jeudi 2 novembre

+++Paris 18e

Une femme seule de Dario Fo et Franca Rame, mise en scène Philippe
Chauveau, au
Funambule, les jeudis, vendredis et samedis à 20 heures en octobre et
novembre, au
53, rue des Saules. Métro Lamarck-Caulaincourt. Réservation conseillée
au
0142238883.

Vendredi 3 novembre

+++Chalon-sur-Saône (71)

Conférence-débat contre tous les enfermements avec la participation de
Lucien
Léger, organisé par le collectif La Vache noire et le groupe libertaire
de
Saône-et-Loire, à 20 heures, 21, rempart Saint-Vincent.

+++Besançon (25)

Rencontre avec les éditions Grinalbert, association bisontine de livres
audio. Ils
viendront nous expliquer le sens de leur démarche. Rdv à la librairie
L’Autodidacte
– 5 rue Marulaz - à 20h30.

Samedi 4 novembre

+++Marseille 1er

Conférence-débat avec Céline Beaudet pour son livre Les Milieux libres:
« Vivre en
anarchistes à la Belle Époque en France… », à 17 heures au CIRA, 3, rue
Saint-Dominique.

+++Rennes

Le groupe la sociale de la Fédération anarchiste de Rennes organise un
grand
meeting commémoratif et revendicatif avec projections vidéo de
documentaires sur la
révolution espagnole, exposition d’affiches de l’Espagne libertaire de
l’époque,
diaporama commenté sur l’Espagne de 1936-1939 par Wally Rosell,
témoignage de
Pierre Petit sur les grèves de 1936 sous le Front populaire et sur les
camps de
réfugiés espagnols de Saint-Brieuc, introduction sur la charte d’Amiens
de 1906 et
son actualité dans les luttes sociales et syndicales d’aujourd’hui,
puis débat avec
la salle sur le thème « Hier ils ont osé! Et aujourd’hui, de quelle
société les
anarchistes veulent-ils? », de 14 heures à 19 heures, à la maison de
quartier de
Villejean, 2, rue de Bourgogne. Table de presse (livres, brochures
anarchistes).

+++Paris 20e

Concert de soutien à la création de Libertalia, maison d’édition
libertaire: Avec Cartouche (punk 80’s Paris), Skuds & Panic People
(street punk &
ska – Rennes), Brixton Cats (punk rock Paris). À la Miroiterie, 88, rue
de
Ménilmontant. 5 euros.

Lundi 6 novembre

+++Clermont-Ferrand

Projection-débat de « I » (documentaire) au sujet des relations entre
les médias et
le pouvoir à partir de l’expérience du plus grand réseau mondial de
médiaactivistes: Indymédia. Le documentaire suit la première année d’un
petit
collectif de Buenos Aires à travers ses luttes au milieu d’assassinats,
d’une
économie en ruine et des bouleversements politiques argentins.
Documentaire réalisé
par Raphaël Lyon et Andres, au Raymond’s Bar, 20 heures, 77, avenue
Édouard-Michelin. Prix Libre.

Mardi 7 novembre

+++Toulouse

Rencontre-débat et vidéo Coca Cola assassine, avec Marco Antonio Sosa
(militant
d’Estudios libertarios de Bogota) sur l’assassinat des syndicalistes
colombiens
(1925 morts en 2002, 64 morts en 2003), à 20 heures, 18 avenue de la
gloire.

Mercredi 8 novembre

+++Vannes (56)

Le groupe libertaire René Lochu (FA Vannes) organise le mercredi 8
novembre, à
partir de 20 heures, à la maison des associations, 6, rue de la
Tannerie, la
projection du film Land and Freedom de Ken Loach, sur la guerre civile
et la
révolution espagnole de 1936. Pourquoi Ken Loach a pu choisir un tel
sujet? Quel
enseignement de la révolution espagnole pour les luttes d’aujourd’hui?
Entrée libre
– Table de presse.

Vendredi 10 novembre

+++Clermont-Ferrand

Neptune + guests – 20h30 prix libre au Raymond’s bar (espace autogéré),
77, avenue
Édouard-Michelin.

Samedi 11 novembre

+++Mazauges (83)

Maudite soit la guerre! Le groupe Nada organise un rassemblement devant
le monument
pacifiste de Mazauges à 10h30 suivi d’un repas.

+++Paris 20e

Rencontre Débat et vidéo Coca Cola assassine, avec Marco Antonio Sosa
(militant
d’Estudios libertarios de Bogota) sur l’assassinat des syndicalistes
colombiens
(1925 morts en 2002, 64 morts en 2003), à 18 heures, au 33, rue des
Vignoles

+++Besançon (25)

Rassemblement anti-militariste, rue Bersot. Nous rebaptiserons la rue
en « rue
Bersot – fusillé pour l’exemple ».

+++Paris 5e

Projections: Les Petits Soldats, Na Citade Vazia, La nuit de la vérité,
Un héros.
Débats: Cabinda, Enfants soldats, etc. Lectures. Expos: Collages de
Chari
Goyeneche, toiles de Zecarias Tedros, Cartes à gratter d’Yves Chambon.
Tables de
presse et buvette, de midi à minuit, Espace culturel La Clef, 21, rue
de la Clef.
Info: www.unionpacifiste.org


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kamchatk
Invité



MessageSujet: ...   Lun 13 Nov - 15:16

*** L’édito

Bien que la semaine dernière, les nouvelles que nous recevions d’Oaxaca
n’avaient
rien d’optimiste, cette semaine, une chose est sûr, c’est que le peuple
d’Oaxaca
n’est pas près à abandonner leur combat. L’une des raisons de cette
combativité est
sans nul doute la prise de conscience de l’ensemble du peuple d’Oaxaca
de ses
objectifs communs. Pendant ce temps, de l’autre coté de l’atlantique,
les médias
fêtaient comme une victoire la prise de la ville par la police… mais
une victoire
pour qui ?

Dans le même temps les salariés de la SNCF appel à une manif éclair de
24h pour des
revendications fort légitimes sur leur rémunération et contre la
précarité de
l’emploi.

Mais des grèves ponctuelles, qui s’arrêtent avant toute victoire, sans
communication vers les autres exploités, peut-elle est soutenu par
l’ensemble des
travailleurs ?

Il est bien évident que non, les patrons le savent, les médias et
l’Etat en jouent
! Je vois déjà les gros titres sur les prises d’otages, la rupture du
service
public, la minorité des grincheux contre la majorité silencieuse qui
veut
travailler, accompagné d’un zeste de « goût de l’effort » et de «
mérite » …
Le manque de communication et aucune recherche de convergence des
revendications
par les exploités, la stigmatisation des uns par les autres puis des
autres par les
uns exacerbé aux JT…

Les jeunes de banlieue contre les vieux de la ville, les ouvriers d’une
boîte
contre les employés d’une autre… « la france qui travaillent » contre
les «
assistés »… Dès qu’une quelconque forme de lutte est
entreprise, les médias la tourne en ridicule (ou en menace), présente
les
protagonistes comme tantôt des emmerdeurs tantôt des voyous. Personne
ne demande à
l’autre si nous luttons pour la même chose. Et personne ne se demande à
qui profite
la division.

À Oaxaca, la convergence des revendications n’est pas le fait des
médias, mais par
le militantisme, par le dialogue, par l’ouverture des uns vers les
autres. C’est ce
qui fait le rapport de force en leur faveur.
C’est nos objectifs qui doivent nous diviser, pas notre lieu de travail
ou notre
lieu de vie.

Il est essentiel de se demander à qui profite la division ? De tout
temps soutenu
soit par les Religions, soit par l’Etat, soit par les Médias, soit par
les
Syndicats avides de pouvoir, et parfois par plusieurs à la fois. De se
demander
aussi à qui profite la criminalisation des pauvres, de ceux qui
luttent, de ceux
qui militent ?

Et enfin pour finir avec Brassens : mais que diable… et pourquoi y
a-t-il des
gendarmes !...


*** Le sommaire

Écologie, « Parlez-moi tunes, y’a qu’ça qui m’intéresse » !, par
P.Schindler, page 3
Si Nicolas m’était conté, par M.Rajsfus, page 5
L’autruche descend le Yangtsé, par F. Ladrisse, page 5
Brèves de combat, page 6
Nouvelles des fronts, par Hugues, page 7
Grève éclair à la SNCF, par S. Chemin, page 8
Oaxaca résiste, par Pascal, page 9
Saint-Ouen, Rroms et sans-papiers, par Rébecca, page 10
Scène de l’homophobie ordinaire, par P. Schindler, page 11
Appel du conseil central ouvrier du Grand-Budapest, page 12
Vous rêviez de cités idéales, par R. Gaillot, page 15
La virgule, par G. Molinier, page 16
Le hasard s’attaque à la police, par G. Collin, page 17
Les films à voir, par H. Hurst, page 18
Apologie du blasphème, par J. Rocchi, page 19
Radio libertaire, page 22
Agenda, page 23


*** Et en prime un article de Pascal :

Oaxaca ne sera jamais vaincue

EN QUATRE MOIS ET DEMI, la commune libre de Oaxaca a connu de nombreux
assassinats
perpétrés par des militants, policiers et élus du PRI du gouverneur
Ulises Ruiz.
Ceux-ci ont abattu 15 personnes en tout.
L’offensive de la police fédérale préventive (PFP) a été justifiée par
le Président
Vicente Fox afin de mettre fin aux violences, notamment à la suite des
quatre
assassinats du 27 octobre. Le lendemain, la PFP entre dans la commune
de Oaxaca et
démantèle les barricades. La résistance de l’APPO est pacifique mais
est incapable
de faire face à la police et aux moyens colossaux mis en œuvre
(blindés, canons à
eau, hélicoptères, policiers armés de mitraillettes, etc.). Les
barricades
protégeant Oaxaca ne tiennent pas longtemps et trois manifestants
meurent des
violences policières… les premiers assassinés par l’État.

Les 4500 hommes de la police anti-émeute reprennent le contrôle du
centre-ville et
délogent
le campement des grévistes.

Les assassins qui ont ensanglanté Oaxaca pendant plusieurs mois, eux,
ne sont pas
inquiétés. Certains sont clairement identifiés et connus mais ne sont
pas arrêtés
par la police. Le président Fox prétend rétablir la paix : « à Oaxaca,
la paix
sociale et la tranquillité sont revenues », alors qu’il ne fait que
réprimer un
mouvement populaire pacifiste et laisse tranquille les responsables des
meurtres.
Ceux-ci continuent même les menaces de mort à l’encontre de l’APPO
ainsi qu’à la
Ligue mexicaine des droits de l’homme. De même, des militants du
CIPO-RFM («
Consejo Indígena Popular de Oaxaca “Ricardo Flores Magón” ») ainsi que
deux
anarchistes nord-américains (du Pittsburgh Organizing Group – POG) ont
été menacéS
par des priistes.

L’occupation du centre-ville par la PFP a donné lieu aussi à des
exactions. Des
magasins ont été pillés par les policiers, qui sont entrés également
dans des
habitations. Alors qu’il n’y avait pas eu de problèmes importants de
vol durant les
quatre mois d’occupation de l’APPO et de l’absence de police. Celle-ci,
censée
rétablir la paix, est seulement un facteur de troubles et de chaos.

De la résistance non-violente à l’offensive

L’APPO est un mouvement populaire pacifiste qui se traduit, entre
autres, par un
refus de la confrontation avec les policiers et de l’utilisation de
moyens violents
contre eux. Ainsi, le 29 octobre, le mot d’ordre était-il de défendre
les
barricades mais d’éviter la confrontation violente avec la police. Le
mouvement
populaire veut mettre fin aux violences et refuse donc l’emploi des
mêmes méthodes
que l’ennemi.

C’est un mouvement qui se veut aussi exemplaire et veut faire taire les
calomnies
propagées par les médias mexicains. L’APPO ne voulant pas tomber sur le
terrain de
la réaction, la meilleur arme de résistance c’est la mobilisation
populaire la plus
large.

Ce pacifisme intégral ne fait toutefois pas l’unanimité, car il y a
bien eu
quelques affrontements avec la PFP, des manifestants avaient même
réussi à
incendier des cars de police.

Mais ces actions ont été considérées comme des provocations par l’APPO.
De plus, la
prise de la ville par la police a été facile et a quasiment mis un
terme à la
Commune de Oaxaca.

Le 2 novembre, la police tente de démanteler les barricades de la cité
universitaire et de mettre fin à la dernière radio de l’APPO.
L’université
constitue alors un des derniers bastions de la rébellion. Elle dispose
également du
statue d’autonomie, donc les forces de police et armées n’ont pas le
droit d’y
pénétrer. Le rectorat soutient alors les étudiants. La police justifie
l’invasion
car il y aurait prétendument des armes cachées. Pendant plus de six
heures,
l’université subit l’assaut de la police ainsi que de groupes priistes
armés (qui
eux, bien sûr, ne sont pas inquiétés). La radio permet de mobiliser et
d’appeler la
population à défendre l’université. Des milliers de gens convergent
alors qui
utilisent des lance-pierres, des frondes, des cocktails molotov, etc.,
contre la
PFP qui, peu à peu, se fait encercler par la foule.

Des paramilitaires priistes tirent des coups de feu sur les révoltés de
Oaxaca,
mais heureusement il n’y a pas eu de mort. La PFP est alors obligée de
reculer.

L’APPO, vers 14 heures, appelle à l’offensive générale populaire et,
peu après, la
PFP reçoit l’ordre de se retirer jusqu’à l’aéroport. Il y a eu 32
arrestations et
70 blessés. Des personnes, dont des enfants, ont aussi été enlevées
dans des
camionnettes. Ces affrontements ont montré que si l’APPO refuse la
violence, le
peuple n’a pas non plus l’intention de se laisser tirer dessus sans
réagir1.

Vers une mobilisation populaire large

Suite à cette victoire, plusieurs décisions ont été prises. Des
barricades doivent
être de nouveau construites dans la capitale et une grande
manifestation va avoir
lieu dimanche prochain qui ne sera pas seulement dirigée contre le
gouverneur
Ulises Ruiz mais aussi contre le Président Fox. L’intervention
policière contre
Oaxaca a ainsi radicalisé encore un peu plus la population.

Depuis l’occupation du 28 octobre par la PFP, une vaste mobilisation de
soutien
s’est déclenchée à travers tout le Mexique. Des manifestations ont eu
lieu à México
et des avenues ont été bloquées. La Otra Campaña et les zapatistes ont
effectué
aussi des barrages sur les routes du Chiapas. Des renforts sont venus
soutenir la
population à Oaxaca. Les professeurs menacent de provoquer des grèves
dans tout le
pays.

Des dizaines de rassemblements de soutien ont eu lieu à travers le
monde devant les
ambassades et les consulats du Mexique. Une journée d’action
internationale de
solidarité avec la Commune libre de Oaxaca aura lieu le 20 novembre.

Au bout de presque cinq mois, ni le gouverneur ni la police fédérale
n’ont réussi à
en finir avec l’insurrection populaire. La victoire du 2 novembre a
permis de
sauver la Commune de Oaxaca, mais celle-ci se trouve toujours en
danger. La lutte
continue.

Pascal

groupe Claaaaaash

1. « Nous appelions seulement à la résistance pacifique, toutes nos
actions se sont
réalisées dans l'ordre et de manière pacifique, nous avons donné ordre
de se
replier et de ne pas tomber dans les provocations, nous appelons à ne
pas tomber
dans les provocations dues au agressions de la PFP. Mais apparemment
les messieurs
laquais de l'impérialisme, MM Fox et Calderón, confondent prudence et
débilité, ils
confondent pacifisme et couardise et, croyant que le peuple de Oaxaca
est un peuple
de lâches, ils essaient d'en finir avec lui », in Communiqué du 2
novembre de
l’APPO.


*** Agenda du Monde libertaire

Jeudi 9 novembre

Paris 18e
Une femme seule de Dario Fo et Franca Rame, mise en scène Philippe
Chauveau, au
Funambule, les jeudis, vendredis et samedis à 20 heures en octobre et
novembre, au
53, rue des Saules. Métro Lamarck-Caulaincourt. Réservation conseillée
au
0142238883.

Vendredi 10 novembre

Clermont-Ferrand
Neptune + guests – 20h30 prix libre au Raymond’s bar (espace autogéré),
77, avenue
Édouard-Michelin.

Samedi 11 novembre

Mazauges (83)
Maudite soit la guerre! Le groupe Nada organise un rassemblement devant
le monument
pacifiste de Mazauges à 10h30 suivi d’un repas.

Paris 20e
Rencontre Débat et vidéo Coca Cola assassine, avec Marco Antonio Sosa
(militant
d’Estudios libertarios de Bogota) sur l’assassinat des syndicalistes
colombiens
(1925 morts en 2002, 64 morts en 2003), à 18 heures, au 33, rue des
Vignoles

Besançon (25)
Rassemblement antimilitariste, rue Bersot. Nous rebaptiserons la rue en
« rue
Bersot — fusillé pour l’exemple ».

Paris 5e
Projections: Les Petits Soldats, Na Citade Vazia, La nuit de la vérité,
Un héros.
Débats: Cabinda, Enfants soldats, etc. Lectures. Expos: Collages de
Chari
Goyeneche, toiles de Zecarias Tedros, Cartes à gratter d’Yves Chambon.
Tables de
presse et buvette, de midi à minuit, Espace culturel La Clef, 21, rue
de la Clef,
Paris 5e. Info: www.unionpacifiste.org

Dimanche 12 novembre

Clermont-Ferrand
USA is a monster (noize rock des USA) + Animental (trio féminin / perf
muzikale,
USA), à 20h30, au Raymond’s bar, 77, avenue Édouard-Michelin. Prix
libre.

Paris 5e
Voir samedi 11 novembre

Mardi 14 novembre

Évreux (27)
Diffusion du documentaire Putain d’usine d’après le livre de
Jean-Pierre Levaray, à
20 heures, au Cinéma Ciné Zénith, 3, rue du 7e Chasseurs.

Clermont-Ferrand
Bananas at the audience + guest orga Kwack, à 21 heures, au Raymond’s
bar, 77,
avenue Édouard-Michelin.

Mercredi 15 novembre

Sarlat (24)
« Causerie libertaire » sur différents thèmes au choix des personnes
présentes,
organisé par le groupe Drapeau noir Périgord de la Fédération
anarchiste, au Café
Lébérou, 5, rue Jean-Jacques Rousseau.

Jeudi 16 novembre

Nîmes
Conférence-débat avec Franck Mintz, historien et auteur de sur la
révolution
espagnole de 1936 à 39 et des circonstances culturelles et
sociopolitiques qui
permirent les idées de l’AIT de s’enraciner dans des familles ouvrières
et
paysannes dans la plupart de région d’Espagne dès 1870, à 20 heures, au
Centre
Pablo Neruda, rue du Cirque Romain, salle de l’auditorium.

Vendredi 17 novembre

Paris 18e
Du 17 au 19 novembre: à l’occasion des Portes ouvertes D’Anvers aux
Abbesses,
exposition de peintures de
Rébecca Gruel, à la bibliothèque La Rue, 10, rue Robert-Planquette.
Métro Blanche
ou Abbesses.

Besançon (25)
Présentation du journal Le jouet enragé et débat autour de la situation
en Bolivie
(luttes du gaz, élections). Rdv à la librairie L’Autodidacte, 5 rue
Marulaz, à
20h30.

Clermont-Ferrand
Tour de pétale au biau-jardin (63 — Gerzat) végétalisez votre moteur,
adaptation
100 % avec des mécaniciens du 17 novembre au 20 novembre – formation
continue de 9
heures à 18 heures le 18 novembre au biau jardin, 52, avenue de la
République.

Vendredi 13 novembre

Saint-Denis (93)
Le groupe Henry Poulaille et la Société de défense des laïques
reçoivent Charlie
Hebdo en procès, avec le dessinateur Charb, Le droit au blasphème avec
Marc
Silberstein, Épistémologue et animateur des Éditions Syllepse, à 19h30
à la Bourse
du Travail, 9, rue Génin (métro ligne 13 station Porte de Paris)

Samedi 18 novembre

Bordeaux
Espagne 36: rencontre avec les giménologues, présentation et débat
autour du livre
Les Fils de la Nuit: Souvenirs de la Guerre d’Espagne d' Antoine
Gimenez, en
présence des Giménologues, projections commentées de films d’époque sur
la
révolution et le front d’Aragon, expo de peintures et de photos, apéro
chantant
avec la Chorale Le Cri du peuple, repas, à 16 heures, à l’Athénée
Libertaire, 7,
rue du Muguet.


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kamchatk
Invité



MessageSujet: ...   Sam 25 Nov - 13:35

Il faut vivre comme on pense, sinon tôt ou tard on finit par penser
comme on a vécu. »
Paul Bourge

L’édito :

685000 victimes aujourd’hui! Non, il ne s’agit pas d’un tsunami ni d’un
tremblement de terre, pas même d’un cataclysme nucléaire. Non, cette
catastrophe n’est pas que ferroviaire ou aérienne. Ce n’est même pas le
nombre de victimes des multiples guerres qui ensanglantent notre
planète,
qui, quoique très impressionnant, n’atteint pas ce chiffre journalier ;
ces 685000 victimes ne sont pas tombées sur le champ d’honneur, car il
n’y
a aucun honneur à perdre sa vie à la gagner, elles ne se sont pas non
plus
sacrifiées pour un idéal, ou du moins pas le leur. Ce nombre
abracadabrantesque est celui des victimes d’accident du travail chaque
jour. À l’heure où l’UMP du comte Sarközy de Naguy Bocsa vient de
sortir
son programme de gouvernance pour la prochaine législature, mettant en
avant la valeur du travail, où Madame Royal a été plébiscitée candidate
officielle des socialistes pour la magistrature suprême, elle qui met
aussi le travail comme valeur suprême à inculquer à nos enfants, cette
statistique fait froid dans le dos. Le parallèle qui peut être fait
avec
les deux guerres mondiales qui décimèrent les populations du siècle
dernier, c’est que c’est toujours celui qui dit qui envoie les autres
au
casse-pipe à sa place. Avant de glorifier le travail et de faire des
esclaves du capitalisme des héros des temps nouveaux, nos cols blancs
devraient appréhender un peu plus qu’à travers un stage d’un mois l’été
(alors qu’ils étaient étudiants et voulaient se payer une moto), ce que
c’est que d’avoir à se lever tous les matins pour aller rejoindre la
cohorte des exploités qui comme soi triment en essayant de se résigner
à
accomplir des tâches abrutissantes afin d’essayer d’éponger leurs
dettes.
Cette glorification du travail va de pair avec le culte d’une nation
forte, et si de nos jours les économistes ne comptent plus trop sur une
guerre entre pays développés pour garantir une relance économique –
quoique des pays comme les États- Unis ou Israël n’aient toujours pas
renoncé à fomenter des guerres pour renforcer leur cohésion nationale
–,
ils nous entraînent vers une guerre économique qui ne fait pas moins de
victimes. Les dégâts collatéraux de cette guerre mondiale économique
sont
innombrables, outre les accidents du travail qui augmentent
exponentiellement en fonction de la productivité, l’émigration prive de
forces productives les pays qui en auraient le plus besoin. Arrivés
dans
nos pays riches, ces immigrés, loin de nous ôter le pain de la bouche,
viennent renforcer nos économies. Les frontières ne sont là que pour
nous
diviser afin que les puissants qui nous gouvernent puissent mieux
régner;
alors qu’eux et leurs entreprises ne connaissent ni patrie ni
frontière.


Le sommaire de monde libertaire # 1456 :

L’immigration de travail et le marché de l’emploi, par F. Roux, page 3

Les États généraux de la prison, par J.-P. Gault, page 5

Brèves de combat, page 6

Retour sur la grève à La Poste, par DZK, page 7

Soutien à Benjamin Deceuninck, par le groupe Gard Vaucluse, page 8

Dernières nouvelles de Oaxaca, par A. Stevens, page 9

Aux abonnés absents, par Thierry page 10

Le permis de chasse, par B. Noël, page 11

Le réchauffement global, ou pas? par P. Pelletier, page 12

Oaxaca: situation et perspectives, par Raoul Vaneigem, page 15

GB 84: le livre, par Tsinapah, page 16

1984 : retour sur une grève, par J.- M. Destruhaut, page 17

Les enfants perdus de Budapest, par F. Gomez, page 20

Un Dimanche de la Vie, par Olivier Pinalie, page 21

Radio libertaire, page 22

Agenda, page 23


Et l’agenda du Monde libertaire :

Jeudi 23 novembre

Paris 18e
/Une femme seule/ de Dario Fo et Franca Rame, mise en scène Philippe
Chauveau, au Funambule, les jeudis, vendredis et samedis à 20 heures en
octobre et novembre, au 53, rue des Saules. Métro Lamarck-Caulaincourt.
Réservation conseillée au 01 42 23 88 83.

Nîmes
Conference-débat sur le thème « Exil espagnol et politiques
d’immigrations, ou comment le droit d’asile s’est réduit en peau de
chagrin. ». Olivier Roux interviendra sur l’ « accueil » en France des
exilés espagnols. Jean-Paul Nunez décrira l’évolution des politiques
d’immigration vers une situation du tout répressif et fera état des
centres de rétention actuels à 20 heures, au Centre Pablo Neruda, rue
du
Cirque Romain, salle de l’auditorium.

Strasbourg
« Être libertaire aujourd'hui ». Rencontre-débat avec Ronald Creagh
(Université de Montpellier; revue Réfractions...)Organisée par le
groupe
de Strasbourg de la Fédération anarchiste, à 20 heures, à la Maison des
associations, place des orphelins.Entrée libre. Table de presse.

Vendredi 24 novembre

Verneuil-Sur-Avre
Diffusion du documentaire /Putain d’usine/ d’après le livre de
Jean-Pierre
Levaray, à 19 heures, au Cinéma le Trianon, 108, rue Canon.

Clermont-Ferrand
Los dolares (HxC politik du Venezuela), au Raymond’s bar (espace
autogéré), 77, avenue Édouard-Michelin.

Massy (91)
Soirée thématique autour de « La décroissance, un anticapitalisme
joyeux
» à l’initiative de la CNT 91 et AL! Ile- de-France Sud Massy, à 20 h
15,
Salle Lavoisier 2, Maison de la Formation et de l’Emploi, 10, avenue du
Noyer Lambert.

Paris 14e
Onzième action du collectif des déboulonneurs de Paris. Rendez-vous à
19h28 à la sortie du métro Edgar Quinet (à deux pas de la gare
Montparnasse).

Rouen
Projection-débat sur les olympiades antifascistes de juillet 1936 à
Barcelone qui se posaient en alternative aux jeux olympiques de Berlin
dans l’Allemagne hitlérienne, à partir de 20h30 à la librairie
l’Insoumise, 128 rue Saint-Hilaire

Samedi 25 novembre

Paris 11e
Manifestation contre les violences faîtes aux femmes à 14 h 30, place
de
la République.

Paris 20e
Manifestation contre les rafles à l'appel du RESF à 15 heures au métro
Belleville.

Lyon 2e
L'ensemble des syndicats CNT de l'Union Départementale du Rhône soutenu
par l'Union Régional Rhône-Alpes appelle à manifester en soutien à la
CNT
PTT, à 15 heures, place Antonin Poncet,
devant la poste centrale de Lyon.

Châlons-en-Champagne (51)
Dans le but de créer un groupe lié à la Fédération anarchiste à
Châlons-en-Champagne, nous proposons aux libertaires de l’agglomération
deux rendez-vous, le 25 et le 30 novembre 2006 à 18 heures, au café Le
diplomate, Place de la République, afin de pouvoir échanger, discuter
et
commencer à parler des éventuels projets à mener ensemble.

Mardi 28 novembre

Nîmes
Rassemblement devant le palais de justice (à coté des Arènes) en
soutien à
Benjamin Deceuninck pour le procès en appel pour refus de prélèvement
génétique à 8 h 30.

Mercredi 29 novembre

Nîmes
Projection du dernier film de Pierre Carles, /Ni vieux ni traîtres/ sur
la
lutte anti-franquiste dans les années d’exil, à 20 heures, au Centre
Pablo
Neruda, rue du Cirque Romain, salle de l’auditorium.

Jeudi 30 novembre

Paris 11e
Manifestation dans le cadre de la journée de lutte contre le sida à
18h30,
place de la Bastille.

Châlons-en-Champagne (51)
Dans le but de créer un groupe lié à la Fédération anarchiste à
Châlons-en-Champagne, nous proposons aux libertaires de l’agglomération
deux rendez-vous, le 25 et le 30 novembre 2006 à 18 heures, au café Le
diplomate, Place de la République, afin de pouvoir échanger, discuter
et
commencer à parler des éventuels projets à mener ensemble.

Vendredi 1er décembre

Elbeuf (76)
Diffusion du documentaire /Putain d’usine/ d’après le livre de
Jean-Pierre
Levaray, à 19 h 30, au Cinéma Le Grand Mercure, 6, rue P. Brossolette.

Paris 10e
Concert de Fred Alpi à 17 heures, à la Librairie La Balustrade, 25, rue
d'Alsace.

Chalon-sur-Saône (71)
Police d'hier et d'aujourd'hui, conference debat avec la participation
de
maurice rajsfus, organisée par le groupe libertaire de Saône-et-Loire
et
le collectif la Vache noire, à 20 heures salle citadelle 21, rempart
Saint-Vincent

Paris 11e
Vernissage d’oeuvres d’André Robèr, à 18 heures, à la Librairie du
/Monde
libertaire,/ 145, rue Amelot.

Samedi 2 décembre

Clermont-Ferrand
Soirée théatre avec le Théatre du Spontané vers 21 heures prix à
débattre
au Raymond’s bar (espace autogéré), 77, avenue Édouard-Michelin.

Paris 18e
Les 8 ans de bibliothèque La Rue, ça se fête! À la bibliothèque La Rue,
10, rue Robert Planquette. Métro Blanche ou Abbesses.

Nîmes
Rassemblement à 14 heures, place Montcalm, pour la liberté de
circulation
et en solidarité avec les sans-papiers.

Paris 11e
Manifestation contre le chomage et la précarité, à 14 heures, place de
la
République.

Mâcon (71)
Police d'hier et d'aujourd'hui, conférence-débat avec la participation
de
Maurice Rajsfus, organisée par le Groupe libertaire de Saone et Loire
et
le collectif la Vache noire, à 15 heures, 25, rue Gambetta, salle 3.

Dimanche 3 décembre

Fecamp (76)
Diffusion du documentaire /Putain d’usine/ d’après le livre de
Jean-Pierre
Levaray, à 16h45, au Cinéma Le Grand Large, Place Bellet.

Mardi 5 décembre

Yvetot (76)
Diffusion du documentaire /Putain d’usine/ d’après le livre de
Jean-Pierre
Levaray, à 19h30, au Cinéma Le Drakkar, 4, Rue Maréchal Leclerc.

Ivry-sur-Seine (94)
Projection du film /Putain d’usine/ (documentaire, 52 minutes, adapté
du
livre de Jean-Pierre Levaray) à 20 heures, suivied’une discussion avec
le
réalisateur, Rémy Ricordeau. Au forum Léo-Ferré, 11, rue Barbès ( face
au
vieux moulin), métro Porte d’Ivry ou Pierre Curie. Bar et petite
restauration possible.

Samedi 9 décembre

Saint-Saens (76)
Diffusion du documentaire /Putain d’usine/ d’après le livre de
Jean-Pierre
Levaray, à 21 heures, au Cinéma Théâtre, Place Maintenon.

Saint-Brieuc (22)
De 15 heures à 18 heures, petite salle Robien. Fabrice, militant
syndicaliste, nous présentera la Charte d’Amiens de 1906 et son
actualité
dans les luttes sociales et syndicales d’aujourd’hui + Témoignages sur
les
grèves de 1936 et le camp de réfugiés espagnols sur Saint-Brieuc par un
acteur direct, de l’époque : Pierre Petit. Discussions autour des
mouvements sociaux et des expériences anarchistes d’hier et
d’aujourd’hui.
Table de presse (livres, brochures anarchistes), Entrée libre. Organisé
par le Groupe Jean-Souvenance de la Fédération anarchiste, c/o CEL, 1,
rue
Yves-Creston 22 000 Saint-Brieuc.

Lundi 11 décembre

Nîmes
Débat sur le thème « L’autogestion, passé et présent et pour un autre
futur. » à 20 heures, au Mille Feuilles, 12, rue Saint-Mathieu.

Mercredi 13 décembre

Sarlat (24)
« Débats Libertaires » sur le thème de la décroissance organisé par le
groupe Drapeau noir Périgord de la Fédération anarchiste au Café
Lébérou,
5, rue Jean-Jacques Rousseau.

Lorient (56)
Le groupe libertaire Francisco Ferrer (FA Lorient) organise le mercredi
13
décembre, à partir de 20 heures, à la cité Allende, 12, rue de Colbert,
salle audiovisuelle, la projection du film « Land and freedom » de Ken
LOACH, sur la guerre civile et la révolution espagnole de 1936.
Pourquoi
Ken Loach a pu choisir un tel sujet ? Quel enseignement de la
révolution
espagnole pour les luttes d’aujourd’hui ? Entrée libre – Table de
presse.

Jeudi 14 décembre

Rouen
Diffusion du documentaire /Putain d’usine/ d’après le livre de
Jean-Pierre
Levaray, à 20 h 30, au Cinéma Le Melville, 75, Rue Général Leclerc.

Ivry-sur-Seine (94)
Récital de Gaston Couté par Bruno Daraquy accompagné au piano par
Philippe
Mira. Spectacle à 20 h 30, ouverture des portes à 19 heures, au 11, rue
Barbès, en face du vieux moulin. Petite restauration possible sur
place.

Lundi 18 décembre

Nîmes
Retour sur le VAAAG , Village Autogéré Anti-autoritaire et Anti-guerre.
À
la suite de la soirée sur l’autogestion, projection du film /À
l’épreuve
du réel/ retraçant l’expérience du VAAAG qui s’est tenu à l’occasion du
G8
à Évian en 2003. Le film sera suivi de témoignages de personnes ayant
fait
vivre ce village (si vous y étiez, venez nous raconter votre VAAAG) et
d’un débat autour de cet événement, à 20 heures, au Mille Feuilles, 12,
rue Saint-Mathieu.

Le Monde libertaire, hebdomadaire de la Fédération anarchiste
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MessageSujet: ...   Lun 18 Déc - 12:08

« Le mot même de travailleur ne suppose-t-il pas qu’il y a ceux qui ne
travaillent pas? »
T-Bone Slim

*** Le sommaire :
La croissance contre l’emploi, par M. Lhourson, page 3
Lettre à un juge, par J.-M. Raynaud, page 5
L’autruche dans toute sa splendeur, par F. Ladrisse, page 5
Brèves de combat, page 6
Kessler le gros porc, par P. Schindler, page 7
RESF, par J.-P. Fournier, page 9
Le chavisme, par C. Reeve, page 11
Oaxaca en lutte, par Fred, page 14
Lâches intellectuels, par J.-P. Tertrais, page 15
Un cadre de rêve, par C. Cetti, page 18
Merci au Pentagone, par Nestor Potkine, page 20
Les amis de Radio libertaire, page 21
Radio libertaire, page 22
Agenda, page 23


*** L’éditorial :

Il y a 2007 ans, nul ne pouvait encore se douter qu’il allait se
produire
dans les jours qui suivaient un événement à partir duquel plus rien ne
serait comme avant. Un événement pourtant des plus naturels qui fera
référence dans l’histoire de l’humanité. Il y aura désormais un avant
et
un après. Cet événement est la naissance d’un enfant, le dénommé Jésus,

au milieu des chèvres sur de la paille souillée. Jusque-là, on se
demande
bien ce que cet événement peut avoir de si particulier. Et bien,
voyez-vous, ce qu’il faut savoir, c’est que sa mère prénommée Marie l’a
mis bas alors qu’elle était encore vierge. Bon, je vous entends déjà
douter, bien sûr que cela est «impossible » et que l’acte de
procréation
qui a eu lieu était sans doute trop ignoble pour qu’elle ose le
raconter.
La femme, de tout temps, n’a pu vivre sa sexualité en dehors de la
volonté
de l’homme à qui elle doit s’abandonner et dont elle doit satisfaire
toutes les envies ; que de tout temps, elle a subi des violences
ignobles
de la part des hommes et que toujours il a été difficile pour elle d’en
parler, car c’est la femme qui est toujours jugée par l’opinion
publique.
Et puis, de tout temps, dans bien des sociétés, la femme vierge a
toujours
été l’objet de nombreux fantasmes.

Finalement, dans cette histoire, son vrai silence et sa « virginité »
arrangeaient bien tout le monde, de Joseph aux fous de dieu. Ceux-ci y
ont
vu, comme ils l’ont toujours fait, un silence honteux ou de la misère
humaine à exploiter à leurs fins et, encore une fois, cela n’était pas
pour déplaire ni à Joseph ni aux autres.

Ainsi, dans quelques jours, c’est Noël, c’est la nouvelle année, c’est
des
bonnes résolutions, bref, l’espace de quelques jours on oublie les
promesses non tenues de l’année d’avant et on recommence. C’est des
cadeaux, c’est de l’argent jeté par la cheminée et finalement la même
misère dès le matin de la Saint-Sylvestre, où rien n’aura changé.

Alors, bien sûr, que vive la fête, mais comme rien n’a changé, il y
aura
toujours les mêmes qui mangeront du caviar et les mêmes qui passeront
la
nuit sous un pont.

L’équipe du Monde libertaire profite tout de même de ce non-événement
pour
prendre ses congés. La semaine prochaine, vous trouverez le hors-série
de
votre journal, qui restera dans les kiosques pour trois semaines.

Et comme rien ne change, on se retrouvera le jeudi 11 janvier pour un
nouveau numéro.


*** Et en prime un article :

La croissance contre l’emploi

SI JE VOUS DIS: « Dieu est amour », vous me rirez au nez. Vous
objecterez,
avec quelque raison, que, pour commencer, Dieu n’existe pas. Que, quand
bien même son existence pouvait être acceptée (et, ajouterez-vous, ce
n’est pas le cas), rien en l’état actuel de la science ne vient
corroborer
une affirmation selon laquelle il serait amour, haine, soupe à l’oignon
ou
n’importe quoi d’autre. Vous citerez Bakounine, certainement, au
passage.

Vous m’accuserez ensuite d’avoir voulu, par la juxtaposition
(injustifiée,
selon vous!) d’un mot chargé d’affect positif, et la répétition d’une
formule lustrée par la patine des siècles, passer en contrebande mon
Dieu
infect. Puis vous me sommerez de me rétracter, en me laissant entendre
sans équivoque qu’un recours aux voies de fait est tout à fait
envisageable.

Maintenant je vous déclare: « La croissance crée l’emploi. » Je vous
abuse, bien sûr, tout pareil. Pourtant, vous ne dites pas grand-chose.
L’économie, c’est compliqué.

Et puis on nous le répète matin, midi et soir à la télé. Si tous les
politiques, tous les économistes, tous les journalistes le disent… À la
limite, c’est plutôt ça qui vous foutrait un doute: si tous les
politiques, tous les économistes, tous les journalistes le disent,
c’est
sûrement une arnaque. Oui, vous avez raison, c’en est une.

Une première remarque, de bon sens. Le produit intérieur brut (PIB) est
un
instrument de mesure de la production. Il nous informe sur un «
résultat
», celui des heures passées à l’atelier ou au bureau, celui du travail.
Si
nous travaillons plus, ou plus nombreux, ou plus intensément, ou de
manière plus efficace, le PIB augmente; dans le cas inverse, il
diminue.

Autrement dit, la croissance est la résultante de l’emploi, corrigée
par
la productivité, et non l’inverse. Si ce résultat peut devenir une
cause,
ce n’est que dans l’usage qu’il peut être fait du produit
supplémentaire
dégagé par le travail, chacun, par exemple, travaillant moins pour une
même rémunération.

Mais c’est oublier que le capitalisme n’est pas seulement un mode de
production. C’est aussi un régime d’exploitation. En haut de l’échelle,
le
patronat s’empare pour son usage de la part du lion – nous verrons ce
qu’il en fait; en bas, il est difficilement concevable de se contenter
de
« la même » rémunération, puisque celle-ci suffit à grand-peine à
satisfaire les besoins de base. Les « fruits de la croissance »
n’échappent pas – par quel miracle? – à la lutte des classes: se les
approprie qui est assez fort pour les prendre.

Les capitalistes en jouissent à leur aise, en ces temps d’hiver
prolétarien. Et, donc, ils capitalisent, ils investissent, ils
modernisent, ils restructurent… et ils licencient (1). La croissance,
par
le mécanisme de la concurrence et la recherche de productivité, porte
en
elle les mutations techniques qui détruisent l’emploi humain. Les bras
ainsi désoeuvrés sont supposés trouver à s’employer, et venir accroître
encore la production.

En second lieu, l’instrument ne nous renseigne pas du tout sur la «
qualité » du résultat, c’est-à-dire la capacité de ce qui est produit à
répondre de manière efficiente à un besoin. Produire des milliers de
tonnes d’acier et les transformer, mettons, en un porte-avions dont
l’utilité est douteuse, compte tout autant que créer la même valeur en
logements, vêtements, nourriture ou objets de plaisir. Mieux: quand le
funeste instrument donné des preuves de son efficacité, la
reconstruction
des routes, ponts, bâtiments et autres sera, de nouveau, comptée dans
le
PIB.

Cette question de qualité a des implications plus quotidiennes.
Permettez-moi, en guise d’exemple, d’emprunter un détour. J’ai chez moi
quatre chaises. J’en tiens deux de ma grand-mère, quelques morceaux de
bois emboîtés et collés. Celles-là servent depuis un demi-siècle, et je
n’hésite jamais à monter dessus pour changer une ampoule. Les deux
autres
me viennent de mes parents, qui les ont achetées à la fin des années
soixante: tube d’acier et formica, elles ne tiennent qu’à un fil et nul
ne
se hasarderait dessus autrement que sagement assis. Elles n’ont que
trente
ans et vont vers leur trépas. Ces meubles correspondent tous à la
catégorie de ce qu’un ménage sans grands moyens pouvait se payer à
l’époque où ils furent achetés. L’équivalent moderne se trouve dans les
grandes surfaces parfois scandinaves. Leur valeur marchande est en gros
identique, leur valeur d’usage nettement inférieure de génération en
génération. Ils durent infiniment moins et cela ne doit rien au hasard.
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MessageSujet: ...   Lun 18 Déc - 12:08

L’ennemi de la production de masse, c’est la saturation du marché
qu’elle
porte en elle. La diffusion de biens durables, dont l’usage se perpétue
dans le temps, cesse d’être envisageable à mesure que les
investissements
nécessaires à la production augmentent. Si une usine peut produire un
million de chaises, alors il faut vendre un million de chaises. Si une
chaise dure cinq ans au lieu de vingt, alors on en vendra quatre fois
plus. Et l’usine sera rentabilisée quatre fois plus vite. La logique de
croissance impose, paradoxalement, de satisfaire de moins en moins bien
les besoins à mesure qu’on est capable d’en satisfaire plus.

La formule « la croissance crée l’emploi » est vicieuse à plus d’un
titre.
Non contente d’être une insulte à la raison et à la statistique, elle
passe, en contrebande comme le Dieu malpropre du début, l’idée que la
production vaut pour elle-même, indépendamment de sa capacité à
satisfaire
les besoins humains. Elle affirme que l’emploi tel qu’il est, aussi
inutile, aussi nuisible ou aussi pénible soit-il, est désirable.

Une société sainement construite s’inquiéterait de répondre aux besoins
des individus qui la composent, en fonction non seulement des capacités
techniques et des limites naturelles, mais aussi de la bonne volonté
des
intéressés à se soumettre au travail. Rompre avec la croissance, c’est
remettre l’économie à l’endroit, au service des êtres humains, c’est
choisir de consacrer moins de temps au labeur. Produire moins et vivre
mieux. Les possédants mènent la Terre à sa ruine et l’humanité à sa
perte.
Ils nous usent dans une course sans fin et sans raison. Nous pouvons
leur
arracher les moyens de production, reprendre le monde à notre compte.

Max Lhourson

1. Une part de l’investissement file aussi vers les pays dits «
émergents
», où elle sert à bâtir et faire tourner des bagnes sans nom. On
pourrait
croire que l’emploi perdu « chez nous » se retrouve là bas, peut-être
multiplié. C’est oublier que le phénomène s’accompagne des mêmes
transformations que celles qui ont bouleversé l’Europe: destruction des
structures sociales rurales traditionnelles, prolétarisation massive et
paupérisation en conséquence. Si l’on admet même que ces pays
connaîtront
un développement comparable à celui de l’Occident – ce qui est peu
probable étant donné la finitude des réserves énergétiques et minérales
de
la planète – rien ne laisse imaginer que les restructurations que nous
avons connues ici leur seront épargnées. Déplacer les problèmes n’a
jamais
été les régler.


Le PIB

Quand on parle de croissance, c’est à l’évolution du Produit intérieur
brut, qu’on s’intéresse. Ledit PIB est, selon le Dictionnaire
d’économie
de C.-D. Échaudemaison, l’« agrégat de la comptablilité nationale
fournissant une mesure de la production; il est égal à la somme des
valeurs ajoutées, augmentée de la TVA grevant les produits et des
droits
de douane nets des subventions à l’importation ».

Selon le même ouvrage: « La valeur ajoutée brute (VAB) est égale à la
valeur de la production moins la valeur des consommations
intermédiaires.
» Sous ce dernier vocable se cache « la valeur des biens et services
totalement transformés (planches pour une table) ou détruits
(électricité)
au cours du processus de production. »

Merci, Claude-Danièle!


La loi du nombre

Voyons ce que disent les chiffres, des statistiques tout à fait
récentes
(source Insee). En 1998, le PIB s’élevait à 1324,6 milliards d’euros,
et
la population active occupée à 23491700 personnes. En 2003, à 1585,2
milliards d’euros pour 25146500 actifs. Le PIB a crû de 19,67 %;
l’emploi
de 7,04 %. L’écart s’est creusé de 12,5 points en quelques années.

Déjà, le lien entre croissance et emploi paraît plus ténu: si la
première
« crée » le second, ce n’est pas, dans les faits, à un rythme
identique.
Dans la statistique récente, il n’existe aucun cas où l’emploi ait
progressé plus vite, ou même aussi vite que le PIB. Si on se penche sur
les évolutions annuelles, il n’y a qu’en 1993, année de récession,
qu’on
observe une baisse un peu plusrapide du PIB que de l’emploi: - 0,9 %
contre - 0,6 %. Retour à la « normale » en 1994, où le PIB a augmenté
de
2,1 % par rapport à l’année précédente, tandis que l’emploi reculait de
0,8 %. Même chose en 1997: + 1,9 % pour le PIB, - 1,2 % pour l’emploi.
Et
pourtant personne n’allait alors clamant « La croissance détruit
l’emploi!
» Au contraire. L’industrie automobile a connu ces dernières années une
croissance remarquable: on a produit en France en 1990 3295000
véhicules.
En 2004, 5168000 (données CCFA et Insee). Dans le même temps, 22400
emplois disparaissaient (de 253200 à 230800). Production en hausse de
56,84 %, emploi en baisse de 9,9 %.


*** Et pour finir l’agenda du Monde libertaire :

Jeudi 14 décembre

Rouen
Diffusion du documentaire Putain d’usine, d’après le livre de
Jean-Pierre
Levaray, à 20h30, au cinéma Le Melville,
75, rue du Général-Leclerc.

Ivry-sur-Seine (94)
Récital de Gaston Couté par Bruno Daraquy accompagné au piano par
Philippe
Mira, au forum Léo-Ferré, spectacle à 20h30, ouverture des portes à 19
heures, au 11, rue Barbès, en face du vieux moulin. Petite restauration
possible sur place.

Nîmes
Constitution d’un collectif de soutien aux opposants au fichage ADN au
Centre P. Néruda, rue du Cirque-Romain, à 20 heures.

Vendredi 15 décembre

Paris 20e
Lecture mise en musique d’extraits du livre de Jean-Pierre Levaray
Putain
d’usine (éd. L’Insomniaque, Agone) par la compagnie Action discrète,
Valérie Lavollé, (lecture, chant) Alain Brühl (saxophone, chant,
percussions ménagères, instruments divers…) à 20h30, chez Pascaline,
49,
rue Pixéricourt, métro Télégraphe, Renseignements, réservations:
0144622280. Libre participation aux frais.

Avignon
Présentation de l’autobiographie de l’Ennemi public n° 1 (Jacques
Mesrine), par l’équipe du journal CQFD qui vient de rééditer ce texte
(édition Le Chien rouge, novembre 2006), à 18h30 à la Maison IV de
Chiffre
(26, rue des Teinturiers). Rencontre organisée par l’Infokiosk
d’Avignon.

Samedi 16 décembre

Sagy (71)
Manifestation contre « le bruit infernal du circuit de Bresse » de 8
heures à 12 heures, au rond point du Miroir, sortie A39.

Orléans
Départ à 15 heures devant la cathédrale d’Orléans, une manifestation
départementale avec pour mots d’ordre: des papiers, des logements, des
écoles pour tous! Le groupe Gaston-Couté (FA Loiret) est signataire et
partie prenante de l’organisation de cette manifestation.

Dimanche 17 décembre

Cuisery (71)
Exposition-vernissage de peintures et de dessins de David Thevenet,
suivi
d’une lecture de L’Image de Samuel Beckett par Laurent Patry, à 15
heures,
à la librairie Les Chats noirs, 19, rue du Pavé.

Lundi 18 décembre

Nîmes
Retour sur le Vaaag, Village autogéré anti-autoritaire et antiguerre. À
la
suite de la soirée sur l’autogestion, projection du film À l’épreuve du
réel retraçant l’expérience du Vaaag qui s’est tenu à l’occasion du G8
à
Évian en 2003. Le film sera suivi de témoignages de personnes ayant
fait
vivre ce village (si vous y étiez, venez nous raconter votre Vaaag) et
d’un débat autour de cet événement, à 20 heures, au Mille-Feuilles, 12,
rue
Saint-Mathieu.

Jeudi 21 décembre

Nîmes
Soirée concert de soutien à la CNT, No pasaran, et à la Fédération
anarchiste avec Fred, Dr Benway, Marc Simon, Viva Espana, Assass’Swing.
Table de presse, buvette, restauration. PAF: 5 euros. Théâtre du
Périscope, 6, rue de Bourgogne, à partir de 19h30..

Jeudi 18 janvier

Merlieux (02)
Rencontre-débat autour du thème « Réalités et informations face aux
pouvoirs et aux médias » en présence de Florence Aubenas et Mimouna
Hadjam, de 18 heures à 21 heures, à la bibliothèque Sociale, 8, rue de
Fouquerolles. Tél./Fax: 0323801709.

Nîmes (30)
Rencontre-débat avec Ronald Creagh sur le thème: « Être libertaire
aujourd’hui » au Centre P. Néruda, rue du Cirque-Romain, à 20 heures.
Table de presse, entrée libre. Organisée par le groupe Gard Vaucluse de
la
Fédération anarchiste.

Samedi 20 janvier

Paris 18e
Anne Steiner et Loïc Debray présenteront leur ouvrage sur la R.A.F.
Guérilla urbaine en Europe occidentale, à la bibliothèque La Rue, 10,
rue
Robert-Planquette. Métro Blanche ou Abbesses.

Samedi 3 février

Paris 18e
Maurice Rajsfus nous parle de ses mémoires à la bibliothèque La Rue,
10,
rue Robert-Planquette. Métro Blanche ou Abbesses.

Jeudi 15 février

Merlieux (02)
Rencontre avec un écrivain de polar que nous apprécions beaucoup,
Patrick
Pecherot, auteur de Belleville-Barcelone (2003), Boulevard des Branques
(2005), de 18 heures à 21 heures, à la bibliothèque Sociale, 8, rue de
Fouquerolles. Tél./Fax: 0323801709.

Samedi 3 mars

Paris 18e
Thierry Maricourt nous parlera de son dernier ouvrage, à la
bibliothèque
La Rue, 10, rue Robert-Planquette. Métro Blanche ou Abbesses.


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adhérente à
l’Internationale des Fédérations Anarchistes (IFA)

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MessageSujet: ...   Ven 22 Déc - 12:13

Dans vos kiosques du 21 décembre 2006 au 10 janvier 2007, 40 pages en
couleurs pour trois euros

« On tue un homme,on est un assassin, on en tue des millions, on est un
chef, on les tue tous, on est Dieu.»
Edmond Rostand


*** Le sommaire
L’extrême gauche et les cités, passer aux actes ou passer aux urnes ?
par J.-P.
Garnier, page 3
Les syndicats de combat de demain, par Fabrice, page 7
Le Mexique en lutte, par Bélial, page 9
Abidjan, suite des événements, par Caserio, page 11
Vive le feu ! par Fred, page 14
Sébastien Faure, l’imposture religieuse, par P. Schindler, page 15
Les enseignements de la Grande Guerre, par F. Roux, page 19
Des foules, des bouches, des armes, par Édouard, page 24
De la psychiatrie, par J. Lesage de La Haye, page 25
Victimisation en société terrorisée, par L. Gallopavo, page 27
Du vécu sur l’Espagne de 1936, par T. Porré, page 32
Licencier en toute légalité, par L. Emma, page 33
Le dernier Chomsky, par N. Trifon, page 35
Contacts de la Fédération anarchiste, page 37
Les émissions des Radio libertaire, page 39


*** Et en prime un article :

L’extrême gauche et les cités
Passer aux actes ou passer aux urnes ?

Par Jean-Pierre Garnier

AUX DERNIÈRES NOUVELLES, la « question de l’insécurité » devrait jouir
d’un statut
d’exterrritorialité politique. C’est du moins ce qui ressort de la
déclaration du
président du groupe PS à l’Assemblée nationale, lors
de la présentation par Sarkozy de son projet de loi sur la prévention
de la
délinquance, qui a publiquement souhaité que ce thème cesse de
constituer « un
enjeu entre républicains ». Et le maire de Nantes de
préciser : « La délinquance et le crime doivent savoir qu’ils ont en
face d’eux une
détermination identique quelle que soit la couleur politique de celui
qui l’exerce.
»

Passons sur cette formulation maladroite – une détermination ne «
s’exerce » pas,
elle se manifeste ou s’exprime – pour n’en retenir que le contenu: « Le
débat sur
la sécurité est clos. » On le savait déjà depuis... 1988, lorsque le «
socialiste »
Pierre Joxe, alors ministre de l’Intérieur, avait utilisé cette
formulation, sous
les applaudissements ironiques des députés de droite, lors de la
présentation d’une
série de mesures
répressives contre les « violences urbaines » qui ne faisaient que
s’inscrire dans
la lignée de celles prises par le sinistre tandem Pasqua-Pandraud.
Depuis lors,
tandis que la droite courait après le FN pour lui ravir la palme en
matière de
sécuritarisme, la gauche en faisait autant derrière la droite pour ne
pas être
taxée d’angélisme et de laxisme. Si bien qu’aujourd’hui, de l’extrême
droite au
PCF, c’est un véritable front national contre l’insécurité qui est en
train de se
constituer, sans que l’on soit même sûr qu’il ne finisse pas par
rallier
une partie de la « gauche de gauche ».

La LCR, pour ne mentionner qu’elle (1), dispose d’un conseiller hors
pair en
matière de sécurité en la personne du juge Didier Peyrat, ancien
militant de
l’organisation mais toujours en cheville avec ses leaders qui
ne ratent jamais une occasion de lui ouvrir les colonnes des
publications qu’ils
contrôlent (éditions Textuel, revue Contre Temps, Rouge...).
Surnommé « Le crime paiera » pour sa frénésie répressive par quelques
collègues
facétieux du Syndicat de la Magistrature, D. Peyrat aime à jouer les
experts
ès-voyoucratie auprès d’une organisation qui, il est vrai, a
déjà cessé depuis belle lurette d’être communiste et révolutionnaire.

C’est pourquoi la devise qu’il a faite sienne, « réconcilier changement
social et
sécurité », pourrait fort bien être reprise par n’importe quel suppôt
du
social-libéralisme. Julien Dray, par exemple, autre rescapé de
la LCR. Pendu maintenant aux jupes de Ségolène Royal, cet ancien meneur
de la JCR
passé au PS, dont les talents de manipulateur acquis dans
l’organisation trotskiste
avaient fait merveille pour neutraliser
le mouvement « beur » pour l’égalité au cours du premier septennat
mitterrandien, a
trouvé une nouvelle vocation dans les instances dirigeantes du parti: «
réconcilier
(lui aussi!) la gauche et la sécurité
». Guignerait-il, par hasard, un poste de « premier flic de France »,
place
Beauvau, si la Dame aux caméras parvenait au faîte de son irrésistible
ascension?

Mais, revenons au juge Peyrat dans la mesure où ses diagnostics et ses
préconisations, exposés en long et en large dans un ouvrage paru dans
une
collection dirigée par Daniel Bensaïd, le mentor intellectuel de la
Ligue,
sont révélatrices de l’état de décomposition idéologique avancée de ce
que l’on
appelait jadis l’extrême gauche (2). Comme beaucoup de ses congénères
ayant troqué
le léninisme et le trotskisme de leur jeunesse pour le citoyennisme, D.
Peyrat a
jeté le bébé de la théorie avec l’eau du bain marxiste.

Contrairement à ce que prétendent les « antisécuritaires », selon lui,
les
nouvelles modalités de l’exploitation et de la domination, autrement
dit les
rapports sociaux capitalistes ne seraient pour rien dans la
multiplication et l’aggravation des délits ou des incivilités commis
par la
jeunesse populaire. Par « rapport social », il faudrait entendre, en
effet, un «
rapport entre les personnes », acception qui renoue avec la
doxa bourgeoise la plus éculée. La montée de l’insécurité renverrait
ainsi à une «
montée du cynisme dans les rapports sociaux », c’est-à-dire dans les
relations
entre les individus. La délinquance, dès lors, serait
elle-même un rapport social, négatif, bien sûr, qui irait à l’encontre
des «
fondamentaux de “l’être en société” ».

Lesquels se ramèneraient à la nécessité pour chaque individu de s’unir
aux autres
pour « faire face à l’adversité » et « ainsi persévérer dans son être
».

D’où l’équation « anthropologique » qui tient lieu de soubassement
théorique à
l’idéologie sécuritaire insufflée dans les rangs de la LCR : « Le désir
de société,
c’est le désir de durer, donc le désir de sécurité. »
Impératif écologique oblige, cette sécurité ne pourra être que «
durable », à
savoir « capable de faire face aux secousses de la mondialisation qui,
augure
Peyrat, n’en n’est qu’à ses début ».

Olivier Besancenot peut bien clamer urbi et orbi son appétence «
libertaire ». Il
n’empêche que le « programme de refonte de la sécurité » proposé par D.
Peyrat aux
militants et sympathisants de la LCR peut être défini comme
totalitaire, au sens
plein du terme.

Sous couvert d’« élargir l’assise de la riposte à l’insécurité », de
faire « le
pari de la démocratie en valorisant la capacité de sécurité des
citoyens », de «
mieux enchâsser les institutions publiques – qu’« il ne
s’agit pas de récuser », croit bon de préciser un homme qui leur doit
son statut et
ses revenus – dans la société civile », d’« y faire entrer, toujours
plus
l’extérieur à l’intérieur », de « développer les pratiques
citoyennes dans le champ de la sécurité », c’est ni plus ni moins à
permettre au
pouvoir exécutif de faire le plein de ses exécutants que concourt «
l’authentique
tournant républicain des politiques de sécurité »
dont ce juge, que l’on ne saurait assurément qualifier de « rouge »,
s’est fait
l’avocat obstiné.

Néanmoins, étant donné la sensibilité politique supposée des
destinataires de son
discours, il fallait tout de même donner à ce « tournant républicain »
un tour
révolutionnaire, ne serait-ce qu’au plan sémantique.

Pour baptiser un type de société où il reviendra, somme toute, à chacun
de faire la
police, D. Peyrat a forgé une appellation qui ne demande plus qu’à être
homologuée:
« un socialisme de la civilité ».

On ne s’étonnera pas, dès lors, que pour oeuvrer à l’avènement de ce «
socialisme
civil » – dont D. Peyrat notifie quand même qu’il sera « moins tendu
vers un avenir
radicalement autre, qu’à la recherche d’une
adéquation de la politique avec la socialité » –, un « service civil »
doive être
instauré « pour tous les jeunes hommes et les jeunes femmes » – donc
obligatoire –
« durant quelques mois dans les administrations de
l’État (défense – donc militaire! –, sécurité civile, santé, police,
justice, etc.)
ou les associations d’utilité publique », c’est-à-dire les courroies de
transmission « autogérées » de l’État. Outre l’argument ressassé du «
brassage des
individus », ce juge ne craint pas, sur sa lancée, de nous resservir «
l’intégration et l’apprentissage de la civilité ». Bref, ce que ni
Chirac ni Sarko
ni Ségo – du moins pas encore
– n’ont osé proposer, Peyrat l’inclut sans complexe dans cette version
inédite du «
programme de transition ». Et gare à qui y trouverait à redire.

On connaissait la judéophobie, l’islamophobie et l’homophobie.Voilà que
le maître à
« repenser l’insécurité » de la LCR, très écouté aussi par les
hiérarques du PS et
certains maires du PCF, invente, pour stigmatiser tous
ceux qui rechignent à le suivre, un néologisme, la « sécuriphobie ».
Seraient
atteints de cette pathologie les « virtuoses du déni » qui s’entêtent à
« tirer la
question de l’insécurité vers la question sociale
». Autrement dit, « à fournir aux délinquants des excuses sociologiques
», comme le
reprochaient le Premier ministre L. Jospin et sa garde des Sceaux
Élisabeth Guigou
aux mauvais esprits qui trouvaient un goût liberticide à la Loi sur la
sécurité
quotidienne (LSQ).
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