LES PAYS DE COCAGNE

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 le monde libertaire

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kamchatka
Langue pendue


Nombre de messages: 530
Date d'inscription: 17/12/2006

MessageSujet: ...   Ven 22 Déc - 12:13

Qui trouve-t-on parmi ces gens qui, « après avoir évaporé l’insécurité
réelle, font
tout simplement disparaître la nécessité d’une politique de sécurité »,
et que D.
Peyrat baptise finement d’un autre néologisme: les «
dénégationnistes »? Des « libertaires radicalement anticapitalistes »
et « certains
réseaux de l’ultra-gauche » qui n’hésitent pas à « expliquer aux jeunes
de banlieue
qu’une partie de la société française leur menait une
guerre de basse intensité » et que « l’un des objectifs de la “gauche
gouvernementale” était de criminaliser la misère pour imposer la
précarité aux
jeunes prolétaires »; des « altermondialistes » abusés par la «
thématique douteuse de l’“obsession sécuritaire” » et l’« opposition
caricaturale
entre “État pénal” et “État social” » colportée par le Monde
diplomatique; des
sociologues fourvoyés à qui « la thématique de
“l’insécurité sociale”» engendrée par la précarisation de masse,
qualifiée de «
fourre-tout » par D. Peyrat, « sert à couvrir à la fois une négation de
la
spécificité du comportement délinquant et une répugnance de principe à
l’égard des
politiques de sécurité »; last but not least, car on n’est jamais si
bien trahi que
par les siens, les magistrats du Syndicat de la magistrature qui
emboîtent le pas
aux précédents : en
cherchant à « dénicher derrière les illégalismes une sorte de contenu
politique »,
ils ne feraient, eux aussi, « en la masquant », que « ratifier la
résignation
institutionnelle à l’insécurité de masse ».

La recherche des causes sociales de la « violence urbaine » dans
laquelle se
complaisent tous ces « sécuriphobes » aux dépens de l’observation de
ses
manifestations concrètes procéderait d’un « platonisme sommaire »,
d’une fuite hors
de la caverne des réalités sordides vers le ciel des idées pures. Or, «
une rupture
claire avec l’angélisme » s’impose pour « faire émerger, à gauche, une
politique de
sécurité à la fois différente, efficace et communicable à la population
». Car «
aucun parti, aucune alliance de partis, ne pourront, dans la décennie à
venir,
espérer obtenir une majorité durable de suffrages, quelle que soit la
qualité de
leur programme dans d’autres domaines, s’ils n’attestent de leur
détermination et
de leur capacité à en découdre avec cette délinquance qui inquiète une
écrasante
majorité de citoyens et en indigne un nombre non négligeable. » Et en
cette période
où la « démocratie participative » est censée épauler
une démocratie représentative à bout de souffle, il va de soi que la
reconnaissance
par la gauche de la sécurité comme impératif catégorique ne saurait
être pleine et
entière sans « un appui politique à une
mobilisation citoyenne contre la délinquance ». Selon D. Peyrat, il «
existe une
offre de participation citoyenne, en générale méconnue, quand elle
n’est pas
discréditée ». Ici et là, en effet, des groupes de résidents
d’ensembles de HLM se
sont déjà organisés pour « assurer la tranquillité dans les parties
communes » ou «
reprendre possession d’une rue dévorée par les trafics de stupéfiants
». Bref, « un
énorme potentiel
reste inemployé », et il reviendrait à la gauche de « favoriser la
participation,
l’initiative, l’action citoyenne » en matière de sécurité, sans que
cela signifie,
bien sûr, qu’elle doive se substituer « à l’action de l’État et de la
Justice ».

De la théorie – si tant est que l’on puisse désigner de la sorte les
vaticinations
sécuritaires du juge Peyrat – à la pratique, il y a un pas plus ou
moins difficile
à franchir selon les cas. Les émeutes de novembre
2005 vont offrir au leader historique de la LCR, Alain Krivine,
l’occasion de
donner l’exemple.

Résidant à Saint-Denis, à proximité d’une zone « chaude », localisation
permettant
donc un contact privilégié avec le peuple, il a participé aux
événements... en
défendant, contre les « casseurs », sa voiture et sa
copropriété! (3)

Certes, il reconnaissait là une « explosion de l’exclusion »,
diagnostic qui
n’avait rien de bien révolutionnaire: ce sera aussi celui des
:;renseignements
généraux. Mais A. Krivine s’est montré plus prolixe dans le
magazine Marianne, connu pour son absence républicaine de mansuétude à
l’égard des
« sauvageons », lorsqu’il reprendra le récit de « ces nuits folles où,
à soixante,
les habitants font des rondes jusqu’à deux heures du matin pour éviter
que la
détresse n’attaque leurs murs. Cela crée des liens. Les réseaux de
solidarité se
sont renforcés », positivait le leader trotskiste. (4) « Pourquoi »,
lui demanda le
journaliste qui
l’interviewait, « ne pas embrigader les émeutiers pour la révolution? »
« Aucune
organisation politique ne peut être comprise de ces jeunes », répliqua
A. Krivine,
qui semble oublier que les leaders éduqués du parti
bolchevik étaient quand même parvenus à se faire entendre des ouvriers,
soldats et
paysans analphabètes de la Russie tsariste. Et quand le journaliste lui
signala
que, lui, il allait « aller parler aux jeunes »,
Alain lui répondit, presque inquiet « vous verrez, c’est tout noir ».

« La LCR a toujours été pragmatique. Lorsque l’émeute vient lécher les
parkings et
les murs des immeubles un peu plus cossus que ceux du reste de la zone,
il s’agit
d’abord pour elle de défendre la propriété. (5) »

Dans la bouche d’A. Krivine, des pratiques qui ont un air de famille
avec celles
d’une milice de petits propriétaires deviennent des « liens de
solidarité » qui se
renforcent. Pour un peu, il nous ferait croire qu’un
soviet était en gestation dans l’ex-banlieue rouge! Quant à la
conscience politique
de la LCR, parlons en !

Si le 31 octobre, un premier communiqué dénonçait la politique
sécuritaire du
pouvoir, dès le 3 novembre le ton changeait, et la LCR s’alignait sur
la position
du PCF, lequel à corps et à cris, réclamait le « retour à
l’ordre » et la punition des émeutiers. Ainsi, peut-on lire dans un
communiqué de
la LCR daté du 3 novembre 2005 que « la vague de révolte et de
violences suscite
une inquiétude profonde parmi la population », ce qui
permet à toute la gauche officielle, Parti communiste en tête,
d’enclencher le
discours selon lequel, pour retrouver la quiétude, « rétablir l’ordre
est une
urgence extrême », sans oublier de préciser que «
les responsables des violences et des dégradations doivent être
sanctionnés. (6) »
Ceux qui, jour après jour, dégradent sciemment nos conditions de vie
avec une
violence à peine voilée peuvent dormir tranquille. « C’est sur les
opprimés que la
gauche et l’extrême gauche appelaient les “sanctions”, pas sur leurs
oppresseurs.
(7) »

Affolement de gens surpris par l’événement ?

Rien n’est moins sûr. Un an plus tard, alors que le « calme » était
revenu dans les
« banlieues », le député-maire « communiste » de Vénissieux, André
Gérin, faisait
placarder dans sa ville, et, sans doute fier de son
initiative, jusque dans la presse nationale (Cool, un « Appel à la
population » qui a
dû remplir d’aise le juge D. Peyrat. Surmonté de l’intitulé «
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
» accompagné de la devise « LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ », le tout
encadré de deux
drapeaux bleu-blancrouge, ledit appel était calqué, au plan
iconographique et par
le ton martial adopté, sur les vielles affiches de mobilisation
générale apposées à
la
veille ou au lendemain des déclarations de guerre. Sauf que l’ennemi
n’était plus
aux frontières de la Patrie, mais déjà installé au coeur de la cité. Un
ennemi
multiforme: trafiquants, mafieux, intégristes, voyous,
incendiaires de poubelles, lanceurs de cailloux...

L’heure était à la « résistance républicaine et au courage civique », à
«
l’engagement citoyen », au « réveil démocratique ». Mais la campagne
électorale
pour les présidentielles avait déjà démarré. Au-delà des «
sauvageons », un double spectre hantait l’imaginaire des édiles de
Vénissieux,
sinon de leurs administrés. « ARRÊTE de valoriser Sarko, de travailler
pour Le Pen
», intimait l’appel, sans que l’on sache bien si
cette injonction s’adressait au fauteur de troubles, réel ou potentiel,
ou si elle
était là pour dresser le reste de la population contre cet empêcheur de
voter en
rond. Le slogan qui, toujours en majuscules, ponctuait la fin de
l’article
évoquera, au moins parmi les anciens, des combats moins douteux: « LA
VIOLENCE NE
PASSERA PAS ». Comme si ce genre d’appel ne s’inscrivait pas dans un
processus
appelé à se développer au
cours de ce siècle, s’il n’y est pas rapidement mis fin: une
fascisation rampante,
d’autant plus insidieuse qu’elle se draperait d’atours – ou d’oripeaux

progressistes.

Si réveil, résistance et engagement il doit y avoir, par conséquent, ce
serait
plutôt contre ce danger-là. Cette mise en garde vaut aussi pour
certains rebelles
de conforts chouchoutés par les médias qui en viennent à
concilier la posture « libertaire » qui leur sert d’image de marque
avec une
indulgence pour le sécuritaire frappé du sceau « populaire ». Promu «
Rédac’chef »
d’un jour dans le journal gratuit Métro, voici ce que l’un
d’eux opinait à propos de « la montée de la gauche » – en fait, d’un
parti
populiste à tendance protectionniste et xénophobe – lors des dernières
élections
aux Pays-Bas: « On voit que quand la gauche s’empare de
territoires traditionnellement occupés par la droite, comme la
sécurité, l’ordre,
cela fait un carton. Les gens qui veulent un environnement sûr ne sont
pas tous des
fachos. (9) » Il ne reste plus à notre « libertaire »
qu’à aider S. Royal à rédiger ses prochains discours sur « l’ordre
juste » pour
donner à ce dernier un air primesautier. Car l’expérience historique a
depuis
longtemps montré, d’une part, que « la gauche » n’est qu’une
appellation usurpée
lorsqu’elle fait la politique de la droite, et, d’autre part, que c’est
sur « le
désir des gens qui veulent un environnement sûr » que le fascisme a
souvent
prospéré.

Jean-Pierre Garnier


Notes
1. LO dénie toute légitimité à la révolte des jeunes des cités en
raison
de son « absence de contenu de classe », ainsi que l’a confirmé son
hostilité – en fait, son incompréhension – face aux « émeutes » de
l’automne 2005.

2. Didier Peyrat, En manque de civilité,Textuel, 2005.

3. Le récit qui suit est tiré du Combat syndicaliste CNT-F, n° 93,
janvier
2005.

4. Marianne, 12 novembre 2005.

5. Combat syndicaliste, numéro cité.

6. Communiqué du Parti communiste français du 3 novembre 2005.

7. Combat syndicaliste, numéro cité.

8. Cf. Libération du 29 novembre 2006.

9. Michel Onfray, Métro, 23 novembre 2006.

In le Monde libertaire hors série n° 31 du 21 décembre 2006 au 10
janvier
2007

Dans vos kiosques du 21 décembre 2006 au 10 janvier 2007, 40 pages en
couleurs pour trois euros


Le Monde libertaire, hebdomadaire de la Fédération anarchiste,
adhérente à
l’Internationale des Fédérations Anarchistes (IFA)

Chaque jeudi dans les kiosques, 24 pages en couleurs d'actualité
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kamchatka
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MessageSujet: ...   Dim 21 Jan - 19:52

« L'idée la plus utile aux tyrans est celle de Dieu. »
Stendhal

*** Sommaire :
Don Quichotte, le retour de Jedi, par Djo, page 3
La Chine Royal, par M. Cailloux, page 5
L’autruche et les chiens de garde, par F. Ladrisse, page 5
Brèves de combat, page 6
Ploum ploum tralala syndicat vaincra? par J.- P. Germain, page 7
Les Roms de Saint-Denis en lutte, par S. Bull, page 8
Dossier Rrom, suite, page 9
L’eau n’est pas une marchandise ! Par P. Schindler, page 10
Les mécanismes de la délation, par Sophie, page 11
Istanbul libertaire, S. Kojok, page 14
Les croyants de l’écologisme, par Ph. Pelletier, page 15
Dadoun et l’intolérable, par M. Giraud, page 17
Claire l’enragée, par Benoist Rey, page 19
Au pas de l’oie, par S. Chemin, page 19
Nanni Noretti, par Heike Hurst, page 20
L’électeur, ce criminel, par Libertad, page 21
Radio libertaire, page 22
Agenda, page 23


*** L'éditorial :

Le vent médiatique soulevé par Les enfants de Don Quichotte autour des
problèmes des sans-logis est passé à travers les moulins à promesses
électorales des partis politiques en quête de points dans les sondages,
il
s’est évanoui quand l’acteur incarnant le héros de Cervantès a dû
répondre
à un autre contrat. Ce n’est pourtant pas l’annonce d’une loi n’ayant
d’effet qu’en 2012, et qui probablement sera passée aux oubliettes
d’ici
là, qui va reloger ceux qui aujourd’hui, avec ou sans tentes, sont
toujours à la rue. Bien sûr, Nicolas Sarkozy a, lui aussi, joué au bon
meunier samaritain.

D’après ce sinistre pantin, avec lui à la chefferie de l’État, il n’y
aurait plus de SDF dans les rues en deux ans ; gageons que comme pour
les
sans papiers il les concentrera tous dans des camps. Ne pouvant pas
tous
les expulser, il faudra bien que les pensionnaires de ces camps de
transition se réadaptent à la vie sociale, en offrant leur force de
travail à la nation.

Ne doutons pas que les plus méritants seront promus au grade de capos.
À
dire ça on pourrait croire que Sarkozy représente une menace fasciste,
non! D’ici à là, il y a un pas. Mais ne vient-on pas d’apprendre
qu’avec
Sarkozy tout est possible… Candidat unique de son parti, élu avec plus
de
98 % des voix, voilà qui doit faire sourire dans sa tombe le camarade
Staline. Quelle poigne ! Le ci-devant comte Nicolas de Naguy Bocsa
réclame
la justice pour le peuple ! Il en appelle à un retour des valeurs
morales
et du sens du devoir !

Désolé mon p’tit loup, mais nous n’avons pas les mêmes conceptions de
ce
que sont la morale et la justice. Des femmes, des hommes et des enfants
qui dorment dehors dans l’un des pays les plus riches du monde est
profondément immoral. Tout comme le sont ces patrons qui licencient
pour
accroître les dividendes de leurs actionnaires. Il est contraire à tout
ordre moral d’ordonner des perquisitions à coup de matraque, pour
terroriser les enfants, les femmes et les hommes rroms installés
légalement dans une commune. Il ne peut pas y avoir de justice sans
égalité économique et sociale ! Et la société que tu nous prépares,
Nicolas, est loin de tendre dans ce sens, c’est une société où seuls
les
nantis sortent leur épingle du jeu de massacre qui se passent sous eux,
et
que toi tu ne vois même plus. Mais rassure-toi, tu n’es pas le seul à
oeuvrer pour nous embrigader dans votre monde où notre liberté s’arrête

où commencent vos ambitions. Ta rivale, Ségolène, tout en changeant les
étiquettes et la couleur des draps, quitte à rajouter des oreillers
plus
moelleux, veut nous enrôler dans la même caserne du développement
économique capitaliste que nos chers sociaux-démocrates ont adopté
comme
nouveau Moloch.


*** Don Quichotte, le retour du Jedi

C’EST PARTI, on entre dans l’année des élections. Les promesses
électorales affluent déjà dans les voeux de nouvelle année. L’action
médiatique qui consiste à rassembler des SDF quai Jemmape en y ajoutant
quelques personnes médiatiques et quelques bourgeois a fonctionné.
Devrions-nous nous réjouir? Bien sûr que non. Ce qui à marcher c’est le
tsunami médiatique, l’hypocrisie et le foutage de gueule.

Le jeu de loi

La charte des enfants de Don Quichotte à fait l’unanimité. Tout
l’échiquier politique est unanime, il faut loger les SDF. Rappeler la
loi
n’est pas dans nos habitudes, pourtant nous sommes forcés de constater
que
des lois existent déjà et que si les politiques voulaient s’intéresser
aux
sans-abri, ils pourraient commencer par les appliquer. D’une part il y
a
la loi SRU qui consiste à imposer aux communes 20% de logements
sociaux.
Problème: les maires de villes riches préfèrent payer des amendes
plutôt
que voir débouler des pauvres dans leurs rues: communautarisme de
classe…
D’autre part, la loi de Réquisition (permettant au «représentant de
l’Etat
dans le département» de réquisitionner des locaux à usage d’habitation
vacants) mais bien sûr, bien qu’existante, son application fût
exceptionnelle, droit de propriété exige!

La farce du dindon

Villepin fort sensibilisé au problème du logement, lui-même logé dans
un
hôtel (Matignon tout de même) n’a écouté que son courage et s’est senti
de
son devoir de légiféré à nouveau sur ce problème. De plus un de ces
députés a sous le coude une proposition de loi instituant un droit au
logement opposable. C’est au poil!

Le dindon de la farce

Ainsi, les personnes dont le maire ne peut leur trouver un logement
pourront se retourner contre l’État devant un juge administratif. Sous
réserve de l’acceptation par une commission de conciliation bien
entendu.
Mais bien sûr, quand t’es à la rue, tu n’as que ça à foutre d’aller
devant
le juge dans une procédure longue où tu dois raconter ta vie pour
émouvoir
l’infâme auditoire qui habituellement passe son temps à moraliser et
culpabiliser les pauvres. Et quand bien même, combien de temps entre la
commission, le juge et la décision? Et pendant ce temps, on fait quoi?

Silence, ça tourne !

Pendant tout ce mouvement médiatique, l’association des enfants de Don
Quichotte a eu la main mise sur les quais. Veillant à la «bonne image»
pour les médias. Pauvres mais pas sales quand même! Et surtout ne pas
crier sa rage ou son désespoir. C’est tout le problème de ces
associations
se sentant l’âme charitable (Alléluia!) voulant aider les plus pauvres,
pour se donner bonne conscience, mais sans toute fois accepter une
société
débarrassée des rapports de domination.

Acte final

Enfin dernière scène du grand spectacle, on entend dans les médias le
leader de ce mouvement se féliciter de cette victoire et hurler dans un
mégaphone que l’on peut replier bagages! Plier bagages, mais pour aller
où? Lui à un avion à prendre pour l’Afrique du Sud. Les sans-abri, eux,
n’ont pas replié les tentes et compte bien les garder encore un peu,
dans
l’attente des voir les logements promis.

Épilogue

Si ce mouvement a su révéler le problème lié au logement ainsi que,
dans
une moindre mesure, celui de la précarité, en aucune façon il n’en a
dénoncé les causes. C’est la où le pseudoconsensus politique autour des
SDF laisse dubitatif. Quand Sarkozy promet « zéro SDF » si on veut bien
le
croire, on imagine déjà les camps à l’image de ceux de rétention pour
les
sans-papiers… Ce mouvement n’est qu’une farce préélectorale. Le leader
du
mouvement l’affirme très bien lui même: «Régler le problème du logement
avant la présidentielle […] Cela redonnerait confiance dans les
gouvernants.», in 20 minutes. Sans commentaires.
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kamchatka
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MessageSujet: ...   Dim 21 Jan - 19:52

Dit papa, pourquoi y’a des pauvres ?

La bourgeoisie, à conquis le pouvoir en 1789 et a su le garder grâce
d’une
part à la propriété privée et d’autre part à la hiérarchie sociale
fondée,
en partie, sur les revenus. Ainsi, le patron possède les outils de
production, il légitime donc sa domination sur « ses » salariés de part
le
fait qu’il est le propriétaire de l’entreprise. Il est à noter que ces
outils ont eux-mêmes été réalisés par des salariés…

De même, un propriétaire de logement exige un loyer (fixé à son bon
vouloir) à « ses » locataires. Ainsi il peut vivre de l’accumulation
des
biens qu’il a acquis, il vit du fait qu’il est un propriétaire. Il est
à
noter que ces logements ont eux-mêmes été bâtis par d’autres salariés,
eux-mêmes locataires… La bourgeoisie possède tout, elle est ainsi en
position de force, ce qui lui permet un contrôle sur tout ce qui se
fait
dans la société. De plus, elle peut compter sur l’État, pour lui
permettre
de veiller à son droit de propriété et à faire usage de la force
(police,
appareil judiciaire, prison, armée) quand cela est nécessaire. Les
partis
ne veulent qu’accéder au pouvoir, ils ne peuvent exister qu’en gardant
un
fonctionnement de classe. Non seulement on ne peut compter sur eux,
mais
en plus ils veulent nous faire croire à une possibilité de changement.
Tout cela est un leurre et l’égalité sociale sonnerait l’heure de leur
destitution.

Ni parti ni enfant de machin, mais on fait quoi ?

Les associations telles que celle qui s’est illustrée quai Jemmape,
avec
son lot de soutien people se veut le porte-voix des sans-papiers alors
qu’elle est totalement déconnectée de ceux qu’elle dit représenter.
Comment pourrait-elle aspirer à émanciper les plus pauvres alors que
ses «
militants » vivent pleinement de ce système? Ce sont les exploités en
s’organisant qui seront à même de porter leurs revendications, de mener
leur combat, sans avoir des «régulateurs» n’aspirant au mieux qu’au
réformisme.

La réquisition des logements vides

Depuis plus de vingt ans, le nombre de logements vacants oscille autour
de
2 millions d’unités, Paris comptait lors du dernier recensement 136554
logements vacants, soit un logement sur dix.Autrement dit de quoi loger
ou
reloger la quasi-totalité des sans-abri et mal-logés. Mais bien sûr,
les
propriétaires de ses logements ont d’autres projets! Ainsi, les
entreprises publiques et administratives, pour ne citer qu’elles, se
dépouillent-elles de leur patrimoine immobilier au plus offrant (France
Télécoms, SNCF, CAF, EDF…). La question des logements d’urgence
apparaît
ainsi bien hypocrite.

Le partage des richesses

Les richesses ont toujours été aux mains de la bourgeoisie. Celle-ci,
qui
nous exploite déjà au travail, vivant de l’immobilier et des biens de
consommation, décide de ce qu’elle veut bien reverser et à qui. Bien
évidemment, elle s’octroie la plus grosse part des richesses et nous
laisse discuter le bout de gras. Or ce droit qu’elle s’est donné n’est
en
aucun cas légitime. Comment justifier qu’une minorité puisse se garder
les
richesses produites par tous? La terre appartient à tous, c’est donc à
tous que doit revenir ce qui est produit. Chacun doit pouvoir subvenir
à
ses besoins. C’est ça l’égalité économique et sociale.

D’jo
groupe-claaaaaash(a)federation-anarchiste.org


*** Agenda

Jeudi 18 janvier

Merlieux (02)
Rencontre débat autour du thème « Réalités et informations face aux
pouvoirs et aux médias » en présence de Florence Aubenas et de Mimouna
Hadjam, de 18 heures à 21 heures, à la Bibliothèque sociale, 8, rue de
Fouquerolles. Tél./fax: 0323801709.

Nîmes (30)
Rencontre débat avec Ronald Creagh sur le thème: « Être libertaire
aujourd’hui » au Centre P.-Néruda, rue du Cirque-Romain, à 20 heures.
Table de presse, entrée libre. Organisée par le Groupe
Gard-Vaucluse de la Fédération anarchiste.

Vendredi 19 janvier

Besançon (25)
Débat contradictoire sur « les alternatives à l’économie de marché »
avec
la LCR, le Parti de la décroissance et la Fédération anarchiste, à
20h30,
à la librairie L’Autodidacte, 5, rue Marulaz.

Saint-Claude (39)

Réunion publique: police partout, avec Maurice Rajsfus, au Coffre-Fort,
rue de Boneville, à 20h30.
groupelucio(a)no-log.org

Dijon (21)
Concert de soutien à Camille, au tribunal pour refus de fichage ADN,
avec
Krapnek, Grrzzz, Kazan, Ben, à 21 heures à l’espace autogéré des
tanneries, bvd de Chicago.

Monchy-Breton (62)

Dans le cadre de la campagne nationale et internationale en faveur de
la
libération des militants d’Action directe, et à l’occasion du 20e
anniversaire de leur arrestation, le comité « Libérez les! » de soutien
aux prisonnier(e)s et réfugié(e)s politiques du Nord-Pas-de-Calais
invite
la population à un débat à partir d’un documentaire dans lequel Joëlle
Aubron, ex-membre du groupe disparue en mars dernier, évoque son
parcours
militant et ses conditions d’incarcération, au café « Chez Tartous et
compagnie », entre Bruay-la-Buissière et Saint-Pol-sur-Ternoise.

Samedi 20 janvier

Paris 18e
Anne Steiner et Loïc Debray présenteront leur ouvrage sur la R.A.F.
Guérilla urbaine en Europe occidentale, à la bibliothèque La Rue, 10,
rue
Robert-Planquette. Métro Blanche ou Abbesses.

Dijon (21)
Réunion publique organisée par les Voix sans maître, avec Maurice
Rajsfus:
« Sur le délire sécuritaire », à l’Hôtel des sociétés (salle Joliet),
7,
rue de Docteur Chaussier.

Mercredi 24 janvier

Sarlat (24)
« Débats libertaires » autour d’une causerie libre avec les militants
du
Drapeau Noir Périgord de la Fédération anarchiste au café Lébérou, 5,
rue
Jean-Jacques Rousseau.

Jeudi 25 janvier

Paris 17e
Serge Utgé-Royo en concert du 25 au 28 janvier à L’Européen, 3-5, rue
Biot. Métro Place-de-Clichy. Parking: 11-12, rue du Forest.

Nimes
Rencontre solidaire contre la répression avec B. Deceuninck, J.-L.
Millet
et un déboulonneur de pub, tous poursuivis pour leurs engagements.
20h15,
Centre Pablo Néruda.

Vendredi 26 janvier

Paris 17e
Serge Utgé-Royo en concert, voir jeudi 25 janvier.

Samedi 27 janvier

Paris 17e
Serge Utgé-Royo en concert, voir jeudi 25 janvier.

Dimanche 28 janvier

Paris 17e
Serge Utgé-Royo en concert, voir jeudi 25 janvier.

Samedi 3 février

Paris 18e
Maurice Rajsfus nous parle de ses Mémoires à la bibliothèque La Rue,
10,
rue Robert-Planquette. Métro Blanche ou Abbesses.

Mardi 13 février

Ivry-sur-Seine (94)
Le groupe libertaire d’Ivry (FA) vous invite à une réunion publique
d’information et de solidarité avec la Commune d’Oaxaca et les révoltes
sociales au Mexique. Avec la participation d’un camarade de retour du
Mexique. À 20 heures au Forum Léo-Ferré, 11, rue Barbès. Métro: Porte
d’Ivry. Dès 19h30, accueil, bar et petite restauration.

Jeudi 15 février

Merlieux (02)
Rencontre avec un écrivain de polar que nous apprécions beaucoup,
Patrick
Pécherot, auteur de Belleville-Barcelone (2003), Boulevard des Branques
(2005), de 18 heures à 21 heures, à la Bibliothèque sociale, 8, rue de
Fouquerolles. Tél./fax: 0323801709.

Vendredi 16 février

Saint-Claude (39)
Vidéo-débat: Ni vieux ni traîtres, film de Pierre Carles pour la
libération des prisonniers d’Action directe, au Coffre-Fort, rue de
Boneville à 20h30. groupelucio(a)nolog.org


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kamchatka
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MessageSujet: ...   Jeu 25 Jan - 23:31

«Vous voulez les misérables secourus,moi je veux la misère supprimée.»
Victor Hugo

*** Le sommaire :

Nouvelles de Palestine, par les relations internationales, page 4
La fécondité polonaise, par M. Topé, page 5
L’autruche, fidèle au poste, par F. Ladrisse, page 5
Brèves de combat, page 6
La face cachée de Sarko, par P. Schindler, page 7
Croissez et multipliez? par P. Schindler, page 8
La démocratie totalitaire, par D. Cipriani, page 9
La femme en Iran, par R. Boullard, page 11
Capitalisme et corps social morcelé, par J. Monjot, page 15
Anarchistes et syndicats, par G. Kerdivel, page 17
El Violín, par Daniel, page 15
Une note de lecture, par J. Lesage de La Haye, page 19
Valérie Ténèze, selon André Robèr, page 20
Salut Henri, par le CIRA de Marseille, page 21
Le nouvel Anartiste, par P. Ducira, page 20
Radio libertaire, page 22
Agenda, page 23r


*** L'éditorial de la semaine :

Hormis les propos des bourgeois-candidats à la présidence de la
République, que nos bourgeois-journalistes ne se privent jamais de
commenter, abondamment, dans les médias qui les emploient, l’actualité
de
ces dernières semaines aura été marquée par la mise en avant des
différents sujets dont « les Français s’inquiètent » à l’approche de
l’élection de 2007.

Étant de conviction internationaliste, les anarchistes ne pensent pas
que
nous puissions, d’une quelconque façon, améliorer de manière réellement
significative les conditions de vie de toutes et tous, sans mettre à
bas
le système capitaliste mondialisé, sans abolir la propriété privée,
sans
que chaque individu participe à la prise de décision de la vie
collective.

Cela d’autant plus que les États modernes perdent de leur autonomie en
devant obéir, sous peine de sanctions, aux organismes internationaux et
libéraux auxquels ils appartiennent.

Toutefois, il est intéressant d’étudier les méthodes employées au pays
des
droits de l’Homme (et la Femme dans tout ça ?), mais aussi dans le
reste
du monde, pour faire croire à la population qu’on veille sur elle,
qu’on
est à son écoute, qu’on est là pour répondre à ses attentes, et que
l’État
qu’elle « choisira » (car nous serions censés avoir le choix) d’ici à
quelques mois nous permettra de vivre des jours meilleurs. À condition
de
ne pas parasiter le travail des politiciens, de leurs polices et des
patrons bien sûr, cela va de soi, on nous promet l’Éden sur Terre (en
France seulement, évidemment, on ne pourrait « accueillir toute la
misère
du monde »). Fini, désormais, la sublimation par la religion, le culte
de
l’éternel, du Dieu bienveillant ou malveillant selon son bon désir.
Devrions nous nous réjouir que notre Seigneur soit « has-been » ? Que
nenni, Sarko, Ségo, Besancenot et tout le troupeau voudrait bien
prendre
sa place dans les nouvelles émissions de « téléréalité », dans
lesquelles
ils pourraient être filmés, chéris, adorés par l’électeur qui,
décidément,
ne peut avoir que de la foi ou une mémoire vraiment très courte…

Qu’importe qu’on envoie la jeunesse faire son service. Qu’importe qu’on
signe une charte écologiste qui n’engage en rien celui qui la signe.
Qu’importe qu’on vote une loi pour que les sans-logis et mal logés
puissent porter plainte alors que, désocialisés comme ils le sont, la
paperasse administrative fera probablement fuir ceux qui en ont le plus
besoin. Nos candidats-dieu-bourgeois-super héros-star veillent sur
nous…
ou nous surveillent, plutôt !


*** Et en prime un article de Djo :

Les enfants indignes

Dimanche 14 janvier, l’AG de Montreuil appelait à se rendre quai de
Jemmapes pour « donner la parole aux SDF ». En effet, les enfants de
Don
Quichotte (à savoir la famille Legrand à Paris) prennent toutes les
décisions entre eux, les SDF devant suivre ou quitter le quai. Food not
bombs, qui regroupe des individus préparant des repas à partir des
restes
récupérés sur les marchés et distribuant la nourriture à la gare du
Nord,
décida de se rendre quai de Jemmapes suite à cet appel.

Sur place, la présence d’une péniche-concert les empêcha de parler
confortablement, et l’attroupement de badauds autour d’elle rameuta de
nombreux flics…

La distribution de nourriture commence donc un peu plus loin, sur un
trottoir face au quai. Une banderole « Food not bombs – bouffe –
autogéré
» est déployée. Visiblement, le terme autogéré ne sera pas au goût de
tous!

L’information sur la présence de cette distribution de nourriture se
propage vite sur le camp; l’initiative est en effet appréciée par les
SDF,
car « cela change de d’habitude ».

Tout se déroule normalement jusqu’à ce que Jean-Baptiste Legrand,
accompagné de son Pôpô et de sa Môman, approche pour discuter: « Que
faites-vous là? On n’est pas au courant! Je veux savoir ce qui se passe
sur MON campement! », etc.

Finalement, il s’en va. Un quart d’heure plus tard, il revient, cette
fois
escorté par sa vingtaine d’agents de sécurité politique. Le dialogue se
cantonne à des menaces, notamment contre les membres de Food not Bombs
qui
sont déjà passés sur le camp, et en ont été virés. Ainsi peut-on
entendre
des gentillesse du genre « Je vais te foutre dans le canal », ou autres
hurlements divers…

Pour la forme (et pour montrer qui est le patron), Jean-Baptiste prend
l’un de ses hommes par le col, et lui demande de se calmer.

Les SDF présents prennent la défense de Food not Bombs, car bien
contents
d’avoir à manger!

Malgré la tension, la distribution continue, puis Jean-Baptiste s’en va
après leur avoir signifié d’aller dans un coin où on ne les voit pas
(puisque le « quai de Thoirry » est assiégé par les journalistes) et de
téléphoner, la prochaine fois, avant de venir…

Besoin de tout contrôler, par le cercle Legrand, oblige.

Le manque de communication entre les occupants du quai et la mainmise
de
la famille Legrand font qu’il n’existe aucune forme de solidarité entre
les sans-domicile et les sans-papiers.

Aucun n’a jamais son mot à dire, ni sur les fins ni sur les moyens.
C’est
cette association issue de la mouvance « boboïde de la chrétienté » qui
décide de tout, selon sa façon de voir la société, et non selon la
réalité
vécue par les SDF. Ainsi, les quelques mois d’immersion du comédien
n’ont
permis que de le préparer à son rôle de bon samaritain face aux
caméras.

C’est aux sans-domicile de s’organiser, c’est à eux de définir leurs
objectifs et les moyens pour y parvenir. Les arrivistes ne désirent
qu’une
place devant les caméras, ils veulent canaliser la pauvreté, et surtout
ne
pas faire de vagues, notamment avant les élections.

D’Jo

groupe-claaaaaash(a)federation-anarchiste.org


*** Pour finir : l'agenda du Monde libertaire


Jeudi 25 janvier

Paris 17e
Serge Utgé-Royo en concert du 25 au 28 janvier à L’Européen à 20h15,
3-5,
rue Biot. Métro Place-de-Clichy. Parking: 11-12, rue du Forest.

Nîmes
Rencontre solidaire contre la répression avec B. Deceuninck, J.-L.
Millet
et un déboulonneur de pub, tous poursuivis pour leurs
engagements. 20h15, Centre Pablo Néruda.

Vendredi 26 janvier

Paris 17e
Serge Utgé-Royo en concert à 20h15, voir jeudi 25 janvier.

Besançon (25)
Présentation du n° 14 de Charivari & débat sur les ONG, à
L’Autodidacte, 5, rue
Marulaz, organisée par le groupe Proudhon de la Fédération anarchiste.
RDV à 20h30.

Lyon 7e
Projection du film Services publics en danger - La Poste: un drôle de
pli de Gilles
Balbastre, suivie d’une discussion avec les camarades de la CNT sur la
situation à
la Poste, à 19h30 à la librairie libertaire La Gryffe,
5, rue Sébastien-Gryphe. Bar de soutien: tous les bénéfices seront
versés à la
campagne contre l’interdiction de la CNT, 10 % des ventes de la
librairie de ce
vendredi iront de même à la campagne de la CNT.

Saint-Denis (93)
Rencontre-débat avec Daniel Lefeuvre, spécialiste de l’Algérie
coloniale,
professeur à l’université de Paris 8 et auteur du livre Pour en finir
avec la
repentance coloniale. Une réponse aux vociférations des Indigènes de la
République qui, selon leur point de vue, veulent nous soumettre à un
acte de
repentance collective, à 19h30 à la Bourse du Travail, 9, rue Génin à
Saint-Denis
(métro ligne 13, station Porte-de-Paris). Organisée par la Société de
défense des
laïques et le groupe Henry-Poulaille de la Fédération anarchiste.

Samedi 27 janvier

Paris 17e
Serge Utgé-Royo en concert à 20h15, voir jeudi 25 janvier.

Vesoul (70)
Manifestation régionale du réseau Éducation sans frontières, pour la
régularisation
de tous les sans-papiers, la fin des rafles et des expulsions, la
fermeture des
camps de rétention et l’abrogation des lois racistes, à 14h30, place
Renet (place
du marché).

Dijon (21)
Concert de soutien au groupe libertaire avec Brassen’s not dead, The
Ivan Drago’s,
Chubby Faced, à 21 heures, aux Tanneries, 15-17, boulevard de Chicago.

Lyon 7e
Présentation des numéros 16 et 17 de la revue Réfractions - recherches
et
expressions anarchistes, à 19 heures à la librairie libertaire La
Gryffe, 5, rue
Sébastie- Gryphe.

Dimanche 28 janvier

Paris 17e
Serge Utgé-Royo en concert à 17 heures, voir jeudi 25 janvier.

Vendredi 2 février

Lyon 1er
Projection de Brazzil de Terry Gilliam, à 20h30, en ouverture d’une
exposition
artistique sur le sécuritaire, à la Plume noire, 19, rue Pierre-Blanc,
organisée
par les groupes lyonnais de la CGA.

Samedi 3 février

Paris 18e
Maurice Rajsfus nous parle de ses Mémoires, à 15h30, à la bibliothèque
La Rue, 10,
rue Robert-Planquette. Métro Blanche ou Abbesses.

Rouen
Rencontre avec Jacques Lesage de La Haye, Histoire de la psychiatrie et
de
l’antipsychiatrie, autour de son livre La mort de l’asile, à 15 heures,
à la
librairie l’Insoumise, 128, rue Saint-Hilaire.

Samedi 3 février

Lyon 7e
Réunion d’information avec Hellyette Besse et projection de la vidéo
Joëlle Aubron:
mon parcours militant de l’autonomie à Action directe, à 15 heures, à
La Gryffe, 5,
rue Sébastien-Gryffe.

Samedi 10 février

Dijon (21)
Venez découvrir l’affiche politique et la caricature de 1870 à 1914
avec Michel
Dixmier qui présentera en vidéoprojection, avec un commentaire
détaillé, un
éventail d’affiches et de dessins caractéristiques de l’art
social et révolutionnaire de la Belle Époque, à 18 heures, au local
libertaire, 61,
rue Jeannin.

Lundi 12 février

Bordeaux
Apéro-tapas et présentation puis débat autour du livre Du développement
à la
décroissance de et avec Jean-Pierre Tertrais. Soirée organisée par le
Cercle
Jean-Barrué (FA, 33) dans le cadre de la tournée de février 2007
organisée par l’Union départementale de Dordogne de la Fédération
anarchiste, à 19
heures, à l’Athénée libertaire, 7, rue du Muguet.

Mardi 13 février

Ivry-sur-Seine (94)
Le groupe libertaire d’Ivry (FA) vous invite à une réunion publique
d’information
et de solidarité avec la Commune d’Oaxaca et les révoltes sociales au
Mexique. Avec
la participation d’un camarade de retour du
Mexique. À 20 heures au Forum Léo-Ferré, 11, rue Barbès. Métro:
Porte-d’Ivry. Dès
19h30, accueil, bar et petite restauration.


Le Monde libertaire, l'hedomadaire de la Fédération anarchiste
Chaque jeudi en kiosque, 24 pages en couleurs d'actualités anarchistes
pour deux euros

Abonnement pour un an et 45 numéros pour 61 euros

Le monde libertaire, 145 rue Amelot 75011 Paris
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MessageSujet: ...   Sam 3 Fév - 10:22

« Ne faites jamais rien contre votre conscience, même si l’État vous le
demande.»
Albert Einstein


*** Sommaire du Monde libertaire # 1463 du 1er au 7 février 2007 :
Les bons apôtres ! par Maurice Rajsfus, page 3
Devoir de mémoire, le détail de l’abbé Pierre, par P. Schindler, page
4
Coup de sang!, par É. Gava, page 5
L’autruche, fidèle à la trinité, par F. Ladrisse, page 5
Brèves de combat, page 6
La face cachée de la loi anti-tabac, par G. Molinier, page 7
Fouchtri fouchtra, par J.-P. Germain, page 8
La grippe aviaire et ses vrais dangers, par F. Roux, page 9
L’ Allemagne et le nazisme, par Olynx, page 11
Le G8, drôle de rencontre, par le Forum anarchiste allemand, page 14
Travail et alternatives, par Espé, page 15
L’Étrangère, par H. Hurst, page 17
La Vie des autres, par H. Hurst, page 18
« La peur de poche», par J.-M. Traimond, page 19
La presse anarchiste sur Internet, par V. Dubuc, page 20
Solidarité avec Rolland Veuillet, par P. Corcuff, page 21
Radio libertaire, page 22
Agenda, page 23


*** L'éditorial :

L’Abbé est mort, vive l’abbé peut-on entendre partout. Il ne manquait
plus que ça,
après les enfants de Don Quichotte, pour nous faire l’éloge de la
charité dans tous
les médias. Il faut aider les malheureux, disent-ils,
leur donner des couvertures car ils ont froid, les pauvres, et de la
soupe car ils
ont faim. Après ça, tout le monde est rassuré, nous vivons dans une
bien belle
société qui prend soin de ses miséreux.

Et là où nous passons de la charité au miracle, c’est lorsque tout cela
se fait
sans que personne ne trouve à redire sur le fait que lesdits miséreux
sont le
produit de cette société. Que ceux qui font « oeuvre de charité »
sont ceux qui ont les moyens de le faire, et il est bien facile de
donner quelques
miettes, pour la forme, lorsque, dans le fond, on possède tout le pain
!

Ainsi il ne faudrait pas trouver à y redire, c’est mieux que rien…
C’est vrai,
c’est peut-être mieux que rien, mais c’est sûrement bien insuffisant.

Les magasins sont remplis de nourriture, les villes regorgent de
logements spacieux
où règne le luxe; parfois ceux-ci restent inoccupés pendant de longs
mois pour que
ces charmants messieurs, qui nous aident par leurs dons, puissent quand
même se
remplir les poches.

Les politiciens de tout bord profitent de l’événement pour nous montrer
qu’ils
s’intéressent à nos problèmes, qu’ils peuvent les résoudre grâce à leur
grand
coeur. On revoit le fabuleux destin de m’sieu l’Abbé, aidant
les plus pauvres, voyageant dans toute la France en hélicoptère, et
nous n’osons
imaginer le prix du voyage…

Il ne s’agit pas de se satisfaire de l’action de l’Abbé ou de râler
parce qu’on
aime bien ça, râler. Mais de trouver inacceptable que l’on puisse avoir
faim, ou
dormir dehors, en ces temps où on ne manque ni de
nourriture ni de moyens pour construire des logements.

C’est de trouver inacceptable que ceux qui possèdent tout se permettent
de nous
donner des leçons sur notre refus de prendre les miettes qu’ils nous
donnent en les
remerciant et en la fermant. Tant que chacun de nous ne pourra subvenir
à ses
besoins, nous ne cesserons d’exiger le partage des richesses.

Nous avons besoin de nous loger, des logements sont libres. Nous avons
faim, la
nourriture abonde dans les magasins et nos exploiteurs se remplissent
la panse à
n’en plus pouvoir. Mais les pauvres se révoltent;
combien de squats, d’affaires de vols qui se retrouvent devant les
tribunaux ? Nos
âmes charitables veillent à ce que l’on respecte la propriété privée,
il ne
faudrait pas que le goût du travail nous passe et que nous décidions de
vivre en
s’affranchissant des rapports de domination.


***
Les bons apôtres !
À vomir !

Par Maurice Rajsfus

SI L’AUTEUR DE CES LIGNES n’avait pas reçu une bonne éducation à
l’école de la
République, il serait bien plus vulgaire et dirait: à dégueuler!

À deux reprises, en quelques jours, les hommes (et les femmes) qui nous
gouvernent
ont fait montre d’un cynisme moralisateur qui n’a d’égal que leur
volonté de nous
imposer un contrôle social de plus en plus pesant.

Le 18 janvier 2007, sans que cela corresponde vraiment à une quelconque
date
commémorative, Jacques Chirac se souvenait qu’aux temps de l’occupation
nazie il
s’était trouvé de nombreux « Justes » pour s’opposer à la répression
conduite
contre les Juifs dans la tourmente. Il convenait donc de les honorer.
Bel effort de
reconstruction d’une page de l’histoire peu glorieuse de ce pays.

Il s’agit d’ailleurs d’une fâcheuse habitude que de nous renvoyer à
cette France
profonde, toujours sur le chemin de la gloire et de l’héroïsme. C’est
ainsi
qu’après 1945, on a voulu convaincre des générations de
collégiens et de lycéens que les Français avaient été globalement
résistants, de
1940 à 1944. Ce qui n’était rien moins qu’une escroquerie historique.
En 2007, le
temps était venu d’expliquer à un pays ému que les
Français avaient été majoritairement solidaires des Juifs pourchassés.
Ce qui
constitue un pieux mensonge.

En effet, durant les années noires de l’Occupation, il y a surtout eu
des
attentistes et des indifférents. Qu’importe! Le 18 janvier 2007, au
Panthéon,
Jacques Chirac célébrait les « Justes » recensés ces dernières
années. Lesquels se sont effectivement comportés courageusement,
risquant leur
vie... 2725 « Justes » pour une France alors peuplée de 40 millions
d’habitants.

Il s’est donc trouvé 2725 Français pour sauver l’honneur des lâches qui
résistaient
en écoutant Radio-Londres et le chef d’une France libre – de Gaulle –
qui ne
trouvera jamais un mot pour dénoncer les rafles et la
traque des Juifs étrangers. On ne songeait qu’à venger nos couleurs de
la défaite
déshonorante de juin 1940. Rien d’autre!

Le paradoxe, c’est que les hommes actuellement au pouvoir ne cessent de
s’acharner,
depuis de longues années, à expulser les étrangers sans papiers, tout
en menaçant
les « Justes » de 2007 qui se montreraient
solidaires des nouveaux exclus, traités tels des criminels dans les
centres de
rétention administratifs. En attendant l’heure de l’expulsion.

Bien entendu, il ne peut être question de comparer les deux périodes.
Pas
d’amalgame, n’est-ce pas, car les étrangers expulsés – y compris les
enfants
scolarisés dans ce pays – ne prennent pas le train pour Auschwitz.
C’est encore heureux! Peu importe qu’ils soient menacés de la pire
répression lors
du retour à la case départ. Il n’en reste pas moins que ces pratiques
d’exclusion
perdurent alors que nous sommes censés vivre en
démocratie.

Fin du premier acte.

Le 22 janvier 2007, nous apprenions le décès de l’abbé Pierre.
Immédiatement, c’est
un interminable concert de louanges pour célébrer celui qui avait passé
son
existence à se préoccuper des sans-logis. Pourtant, les mêmes qui
admettaient
tranquillement que des dizaines de milliers de SDF puissent grelotter
dans la rue
feignent de découvrir l’ampleur de la misère humaine. Ceux-là mêmes qui
expliquaient, il y a quelques semaines, que le campement des Enfants de
Don
Quichotte, le long du canal Saint-Martin, à Paris, n’était que de la
poudre aux
yeux, entonnent aujourd’hui l’hymne de la solidarité et de la charité
bien
tempérée. Tout en oubliant les expulsions violentes des squatters par
la police.

Le décès de l’abbé Pierre tombe à point nommé pour permettre au pouvoir
de se
donner cette touche sociale qui lui fait tant défaut.

On fait pleurer le bon peuple sans lui laisser le temps de réfléchir.
Le vieillard
de 94 ans, à qui l’on promettait tout sans jamais donner de suite, est
devenu un
héros national. Certains même proposent de lui donner
une sépulture au Panthéon – on y a bien inscrit les noms des « Justes »
le 18
janvier. Alors.

Les élections approchant, il ne faut pas être à court de démagogie.
Qu’y a-t-il de
plus affligeant que ces déclarations de Nicolas Sarkozy sur ce bon abbé
qui vient
de disparaître, alors qu’il envoie ses flics détruire
les campements de Roms dans la banlieue parisienne? Qu’y a-t-il de plus
misérable
que ces gesticulations de Jacques Chirac qui, dix ans après la campagne
présidentielle de 1995, redécouvre la fracture sociale? Le 14
janvier 2007, devant le congrès de l’UMP, Nicolas Sarkozy s’écriait,
dans un grand
élan:

« La France, c’est celle des travailleurs, celle de Jaurès... »

À gerber!

Maurice Rajsfus


*** Et pour finir l'agenda du Monde libertaire :

Vendredi 2 février

Lyon 1er
Projection de Brazzil de Terry Gilliam, à 20h30, en ouverture d’une
exposition
artistique sur le sécuritaire, à la Plume noire, 19, rue Pierre-Blanc,
organisée
par les groupes lyonnais de la CGA.

Bordeaux
Projection du film de P. Carles et G. Minangoy Ni vieux ni traîtres en
présence de
Georges Minangoy, Jacques Garcin et Jean Halfen à 20h30, 5,50 euros,
Cinéma Utopia,
place Camille-Jullian.

Samedi 3 février

Paris 18e
Maurice Rajsfus nous parle de ses Mémoires, à 15h30, à la bibliothèque
La Rue, 10,
rue Robert-Planquette. Métro Blanche ou Abbesses.

Rouen
Rencontre avec Jacques Lesage de La Haye, Histoire de la psychiatrie et
de
l’antipsychiatrie, autour de son livre La mort de l’asile, à 15 heures,
à la
librairie l’Insoumise, 128, rue Saint-Hilaire.

Lyon 7e
Réunion d’information avec Hellyette Besse et projection de la vidéo
Joëlle Aubron:
mon parcours militant de l’autonomie à Action directe, à 15 heures, à
La Gryffe, 5,
rue Sébastien-Gryffe.

Bordeaux
Débat féministe organisé par le collectif Ovaires et contre tout:
Peut-on abolir le
genre ? Quelle place pour la lutte féministe aujourd’hui ? Et quel
féminisme ? À 16
heures: Athénée libertaire, 7, rue du Muguet.

Périgueux (24)
À partir de 16 heures, sur les ondes de radio 103 nous recevons Jacques
Garcin,
résistant anarchiste sous l’occupation de Franco. Vous pouvez suivre
cette émission
sur: www.radioperigueux103.org + à partir de 20h30, aux Thétards 3, rue
Sully, le
Collectif libertaire Marius Jacob et le groupe Emma Goldman de la
Fédération
anarchiste organisent une projection du film de Pierre Carles Ni vieux
ni traîtres
avec la présence de J. Garcin.

Vendredi 9 février

Bordeaux
Concert organisé dans le cadre de la campagne nationale pour la
libération des
militants d’Action Directe avec: le Cri du peuple (Bx – chorale
révolutionnaire),
la K-bine + Pisko mc (Paris – rap conscient), Khalifrat
(Bx – Hip hop), Cartouche (Paris – Punk, ex membres de Kochise, Cria
Cuervos,
Raymonde et les blancs becs), Dj Sublime, Intermèdes Slam, Jonathan II,
à 21 heures
7 euros, 22, rue du Commerce.

Périgueux (24)
À partir de 20h30 projection du film Juppé forcément, aux Thétards, 3,
rue Sully,
organisé par le collectif libertaire M. Jacob.

Samedi 10 février

Dijon (21)
Venez découvrir l’affiche politique et la caricature de 1870 à 1914
avec Michel
Dixmier qui présentera en vidéoprojection, avec un commentaire
détaillé, un
éventail d’affiches et de dessins caractéristiques de l’art
social et révolutionnaire de la Belle Époque, à 18 heures, au local
libertaire, 61,
rue Jeannin.

Bordeaux
Débat avec Jacques Lesage de La Haye, autour du thème de la question de
l’enfermement et de la déviance en société libertaire. Jacques Lesage
de La Haye a
été condamné à 20 ans de réclusion en 1958 suite à des
braquages. C’est en prison qu’il décide de reprendre ses études.
Psychologue,
psychanalyste reichien, il est aussi militant à la Fédération
anarchiste et il a
milité contre toutes les formes d’enfermement (luttes
anti-carcérales, antipsychiatrique, etc.). Il participe à l’émission
contre la
prison de Radio Libertaire, « Ras les murs », à 17 heures, à l’Athénée
libertaire,
7, rue du Muguet.

Dimanche 11 février

Bordeaux
Projection de Lola, une femme allemande, de Fassbinder. 1957. La
projection sera
suivie d’un repas végétarien à prix libre, à 18 heures, à l’Athénée
libertaire, 7,
rue du Muguet.

Lundi 12 février

Bordeaux
Apéro-tapas et présentation puis débat autour du livre «Du
développement à la
Pierre Tertrais. Soirée organisée par le Cercle Jean-Barrué (FA, 33)
dans le cadre
de la tournée de février 2007 organisée par l’Union
départementale de Dordogne de la Fédération anarchiste, à 19 heures, à
l’Athénée
libertaire, 7, rue du Muguet.

Mardi 13 février

Ivry-sur-Seine (94)
Le groupe libertaire d’Ivry (FA) vous invite à une réunion publique
d’information
et de solidarité avec la Commune d’Oaxaca et les révoltes sociales au
Mexique. Avec
la participation d’un camarade de retour du
Mexique. À 20 heures au Forum Léo-Ferré, 11, rue Barbès. Métro:
Porte-d’Ivry. Dès
19h30, accueil, bar et petite restauration.

Mercredi 14 février

Paris 11e
Débat autour de livre «Les Coulisses du commerce équitable», en
présence de
l’auteur Christian Jacquiau et de Michel Besson, fondateur de Andines
et Minga.
Projection du film 0,01 Visages du commerce équitable, réalisé
par Sandra Blondel et Pascal Hennequin, à 19h45, au CICP, 21ter, rue
Voltaire.


Le Monde libertaire, hebdomadaire de la FA
Chaque jeudi en kiosque, 24 pages en couleurs d'actualités anarchistes
pour deux euros

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MessageSujet: ..   Sam 10 Fév - 14:08

« L’argent ne représente qu’une nouvelle forme d’esclavage impersonnel
à la place
de l’ancien esclavage personnel.»
Léon Tolstoï

*** Le sommaire :
Fonction publique en lutte ? par G.Chambat, page 3
SimCity rue d’Enghien, par M. Lhourson, page 5
L’autruche, par F. Ladrisse, page 5
Brèves de combat, page 6
Nouvelles des fronts, par Hugues, page 7
Avec le Medef tout est possible, par P. Schindler, page 8
SDF, sois malade et tais-toi, par J. Monjot, page 9
Les urnes ou la rue, par S. Mahé, page 10
Pénurie de professionnels de santé dans le monde, par L. N. page 12
Comprendre pour combattre, par N. Potkine, page 14
Circulez, par Nath et Gaël, page 15
Réponse abstentionniste, par Daniel, page 17
Daratt, par H. Hurst, page 18
Non, par J. Lesage de la Haye, page 19
Lectures libres, par S. Chemin, page 20
Affaire Granado et Delgado, par D. Pinós, page 21
Radio libertaire, page 22
Agenda, page 23


*** Éditorial

LE MOIS DERNIER a été l’occasion d’entendre la voix du Medef. Pour
celui-ci, « l’entreprise c’est la vie ». Tout un programme, surtout au
vu
des licenciements qui continuent, du nombre d’accidents de travail et
du
taux de suicides sur les lieux de travail ou pour raisons
professionnelles. L’entreprise c’est la vie, admettons, mais quelle vie
!
Travailler toute la journée, toute la semaine, toute l’année…

Travailler, est-ce cela la vie ? Ne serait-ce pas ce que nous devrions
faire par obligation pour nous permettre une certaine qualité de vie ?
Le
rôle du travail est inversé dans la société capitaliste. Nous passons
notre vie à travailler pour que la vie de ceux qui nous font travailler
soit meilleure. Ce qui est à remettre en cause, c’est la place du
travail
dans notre vie. Non un but en soi, mais un moyen pour subvenir à nos
besoins.

Parisot propose un retour au quarante huit heures, pourquoi pas ! Si
c’est
quarante huit heures par mois, la question ne se pose pas. Mais elle
s’empresse d’ajouter par semaine! Et là, ça pose un problème. Déjà que
l’on passe notre temps au travail, cela supprimerait le peu de temps
libre
qu’il nous reste.

C’est comme pour le dimanche. Les consommateurs sont ravis, les patrons
aussi. Mais iraient-ils travailler, eux, ce jour-là ?

Parisot voit dans la durée, et après la semaine de travail, elle
s’attaque
à l’âge du départ à la retraite ! En effet, selon les patrons, ils ont
mieux à faire de leur argent, pour s’octroyer un juteux salaire par
exemple, que de payer des gens qui ne font plus rien! Ils préféreraient
que les salariés puissent, à partir d’un certain âge, choisir ou non de
partir à la retraite ou de continuer à travailler. Choisir ? Tu parles
!
Évidemment, ceux qui pourront partir avec une retraite confortable le
feront, mais ceux qui n’auront qu’une retraite misérable n’auront guère
le
choix ! L’entreprise c’est la vie. À la vie, à la mort !

Les patrons, eux, ne veulent guère avoir un salarié à vie et préfèrent
un
nouveau contrat indéterminé qui permettrait de licencier plus
facilement !
En effet, les patrons veulent embaucher. Le problème est qu’ils veulent
pouvoir virer aussi ! Tous ceux qui n’acceptent pas de se tuer à la
tâche,
tous ceux qui n’acceptent
pas de se faire dicter leur vie par les patrons qui imposent leurs
journées de congés, leurs horaires, etc. Au moindre signe de fatigue ou
de
grogne, c’est « à la porte ! ».

Le travail, il faut l’aimer, avoir le « goût de l’effort » ou crever.


*** Et en prime un article :

Fonction publique en lutte ?

LE 8 FÉVRIER, les fédérations de la fonction publique appelleront à une
journée de grève et de manifestations. Le mot « d'ordre » (puisqu'il
paraît qu'il en faut un !) sera la défense du pouvoir d'achat des
fonctionnaires, en réponse à la ridicule revalorisation accordée il y a
quelques semaines par le gouvernement.

Un petit tour et puis s’en va…

Côté revendications, comme à l’accoutumée, se grefferont à cette
exigence
consensuelle doléances spécifiques à chaque secteur et expression d’un
ras-le-bol général…

Et, sous la façade d’unité syndicale, les uns et les autres tenteront
de
se distinguer pour bénéficier d’une bonne exposition au 20 heures.

Une journée comme on en a l’habitude, une démonstration de force, ou de
farce, suivant le point de vue adopté.

Côté moyens d’action, ce sera donc une journée de retenue sur la
feuille
de paye, le cortège derrière la sono et sous les ballons et la balade
en
car… La CGT alignera ses bataillons de communaux pour faire nombre. La
CFDT fera, comme d’habitude, dans l’innovation, son secrétaire François
Chérèque s’étant félicité à la radio du « pragmatisme » de sa
fédération
de cheminots, appelant à la manif mais… pas à la grève! Modernité,
quand
tu nous tiens…

Y être ou ne pas y être ?

Y aller ou pas? Être ou ne pas être… de la « fête »? La même question
se
repose à chaque fois. Bien sûr, le syndicalisme que nous défendons,
syndicalisme de lutte, porteur d’un autre projet de société, n’a qu’un
très lointain rapport avec ce qui va se jouer ce 8 février… Ni action
directe, ni grève insurrectionnelle… La révolution n’est pas à l’ordre
du
jour!

Alors ? Devrons-nous bouder dans notre coin, au milieu de ceux et
celles
qui ne feront même pas l’effort de rester chez eux ce jour-là ? Ce «
boycott » de la messe syndicale aura-t-il une quelconque valeur, quand
bien même les raisons de refuser de participer à cette mascarade ne
manquent pas ? Quelle position adopter ? Comme disait Prévert :

« Dis donc, camarade Soleil, tu ne trouves pas que c´est plutôt con de
donner une journée pareille à un patron ? »

Nos tripes, notre conscience… nous dictent d’aller rejoindre ceux et
celles qui seront descendus dans la rue, malgré tout. Mais n’y a-t-il
comme alternative que se défiler ou défiler?

Pour nous, une telle mobilisation n’a bien entendu de sens que si elle
s’inscrit dans une dynamique de lutte. Sans autre perspective que la
reprise après un petit tour en ville, elle ne suscitera aucun espoir
chez
les exploité(e)s…

Faisons le pari qu’il y a toujours quelque chose à jouer. Cette grève
peut
être l’occasion d’entamer le débat avec nos collègues pour secouer un
peu
la léthargie électorale et leur sortir la tête des sondages.

À quelques mois de l’élection présidentielle, cette grève mérite un
effort
d’analyse. À l’automne dernier, à l’appel des fédérations de
l’éducation,
une mobilisation similaire avait été un fiasco. Les « leaders »
syndicaux
avaient alors déclaré : « Dans la période actuelle, les salariés ne
croient pas en la lutte sociale, ils préfèrent attendre de déposer leur
bulletin, les élections leur semblant un outil plus efficace…

» Les rangs clairsemés leur avaient donné raison… jusqu’à ce qu’un vent
de
révolte souffle sur ce secteur de l’éducation (grâce à l’aide
inattendue
d’un ministre des plus arrogants…) et que deux grèves se décident à
l’appel d’une assemblée générale du 93, indépendante des syndicats et
parvenant à déborder le cadre de la seule mobilisation départementale.

Classes en lutte ?

C’est en effet le dynamisme et la détermination des cortèges de
l’éducation qu’il faudra observer le 8 février. Depuis 1995 le monde de
l’école est resté en ébullition, pas une année sans qu’un secteur (les
non-titulaires, les lycées professionnels), un département (le 93,
l’Hérault…) ou l’ensemble de ces acteurs (contre Allègre à deux
reprises
ou encore en 2003) ne se soulève et pose petit à petit les bases d’un
mouvement autonome et coordonné (à travers les fameuses assemblées
générales de bahut, de ville, de département ou même nationales comme
en
2003).

Personnels des écoles, des collèges et lycées participeront massivement
à
cette journée du 8 février. C’est quasiment acquis. Mais pour les
établissements les plus en pointe, hors de question de s’arrêter là.
Suite
à la grève du 18 décembre dernier contre la remise en cause du statut
des
professeurs du secondaire (augmentation du temps de travail et
redéfinition des garanties et des missions des enseignants), la colère
monte. Pour la première fois, la totalité des syndicats s’étaient
rencontrés et avaient lancé un appel à la grève. Même le très
réactionnaire Calcina considérait la grève reconductible comme
inévitable.
Le soufflé est retombé du côté des bureaucrates mais pas de la base.
Un,
puis deux, puis trois établissements… ont adopté le principe d’une
grève
reconductible à partir du 25 janvier. Appel relayé par l’AG du 93,
soutenue par les syndicats départementaux (SNES, CGT, SUD et CNT) puis
rejointe par une autre AG dans le 94. Sud et la CNT ont fait un appel
commun à la grève reconductible. La nouvelle journée de grève «
autonome »
du 30 janvier s’est achevée par une nouvelle AG régionale s’appuyant
sur
la journée du 8 février pour consolider la mobilisation, installer le
mouvement dans la durée et élargir géographiquement
la lutte (en Guyane des établissements se sont mis en grève, en
province
des mouvements se dessinent).

Comme en 2003, la mobilisation dans l’éducation, peu efficace
économiquement mais très visible socialement (des millions d’élèves
concernés, sans parler de leur famille…), peut être un levier fort. À
condition de tirer les enseignements du conflit sur les retraites et la
décentralisation (manque de confiance dans l’autonomie du mouvement
face
aux directions syndicales, crainte d’utiliser tous les moyens d’action
y
compris la grève le jour des examens, suivisme et manque d’inventivité
dans les modalités de lutte…).

Voter utile, c’est voter la grève !

Le 8 février, pour beaucoup, l’idée de peser sur la campagne sera mise
en
avant. Les directions syndicales se feront le relais de cette illusion,
jouant les gros bras, parlant de coup de semonce, d’avertissement… Mais
qui sait, en faisant prendre l’air aux drapeaux et aux banderoles,
d’autres espoirs se lèveront peut-être.

L’idée que rien dans cette campagne ne laisse envisager un avenir
meilleur
fait son chemin. Le récent sondage publié par Libération sur les
intentions de vote des enseignants est révélateur.

Renvoyant dos à dos les candidats, ces appuis traditionnels du PS sont
justement ceux qui commencent à bouger.

Des revendications s’élaborent: refus de la précarité, défense d’une
éducation égalitaire, augmentation des salaires, réduction du temps de
travail… Exigences simples, que personne ne reprend à son compte et qui
donc ne peuvent être portées que par les personnels eux mêmes.

Et cette méfiance envers les politiques se double d’une égale suspicion
vis-à-vis de syndicats traditionnels qui n’ont peut-être pas senti que
le
vent pourrait tourner. Scrutant les paroles des candidats, inquiets du
sort qui leur sera réservé, ils semblent incapables de dégager des
espaces
de contestation… à moins que le gros de leurs militants ne soit occupé
ailleurs…

Cent et un ans après le congrès d’Amiens et sa fameuse charte, le
mouvement syndical est bien en peine de réinventer une nouvelle voie
émancipatrice pour les exploité(e)s.

Englué dans le principe de représentation et de délégation, il y a peu
à
attendre de ce rouage, à moins que les petites gouttes d’huile que nous
sommes ne se transforment en grain de sable…

Grégoire Chambat
enseignant en collège CNT éducation 78


*** L’agenda du Monde libertaire :

Vendredi 9 février

Bordeaux

Concert organisé dans le cadre de la campagne nationale pour la
libération
des militants d’Action Directe avec : le cri du peuple (Bx – chorale
révolutionnaire), la K-bine + Pisko mc (Paris - rap conscient),
Khalifrat
(Bx - Hip hop), Cartouche (Paris - Punk, ex-membres de Kochise, Cría
Cuervos, Raymonde et les blancs becs), Dj Sublime, Intermèdes Slam,
Jonathan II, à 21 heures, 7 euros, 22, rue du Commerce.

Périgueux (24)

À partir de 20 h30 projection du film « Juppé forcément », aux
Thétards,
3, rue Sully, organisé par le collectif libertaire M. Jacob.

Samedi 10 février

Dijon (21)

Venez découvrir l’affiche politique et la caricature de 1870 à 1914
avec Michel
Dixmier qui présentera en vidéo-projection, avec un commentaire
détaillé, un
éventail d’affiches et de dessins caractéristiques de l’art social et
révolutionnaire de la Belle Époque, à 18 heures, au local libertaire,
61, rue
Jeannin.

Bordeaux

Débat avec Jacques Lesage de la Haye autour du thème de la question de
l’enfermement et de la déviance en société libertaire. Jacques Lesage
de
la Haye a été condamné à vingt ans de réclusion en 1958 suite à des
braquages. C’est en prison qu’il décide de reprendre ses études.
Psychologue, psychanalyste reichien, il est aussi militant anarchiste
et
il a milité contre toutes les formes d’enfermement (luttes
anticarcérale,
l’Athénée libertaire, 7, rue du Muguet.

Saint-Lupicin (39)

Concert Anarchy in Jura, avec Sundance Kids (surf) + René Binamé (punk)
+
DJ Vide la Salle, « at the Moon », à 20 h 30. Infoline :
groupelucio@no-log.org

Dimanche 11 février

Bordeaux

Projection de « Lola, une femme allemande », de Fassbinder, 1957. La
projection sera suivie d’un repas végetarien à prix libre, à 18 heures,
à
l’Athénée libertaire, 7, rue du Muguet.

Marseille 1er

« Anar 4 heures » : goûter à prix libre et projection du film « Avec le
sang des autres », de Bruno Muel, proposé par le groupe anarchiste de
Marseille à 16 heures, à Mille Babords, 61, rue Consolat.

Paris 20e

Présentation de la Campagne pour la libération des prisonniers d’Action
directe, infos, table de presse. Projection du film de Pierre Carles «
Ni
vieux, ni traitres » (1 h 30) à 17 heures, au Saint-Sauveur, 11, rue
des
Pannoyaux. Métro : Ménilmontant.

Lundi 12 février

Bordeaux

Apéro-tapas et présentation puis débat autour du livre « Du
développement
à la décroissance » de et avec Jean-Pierre Tertrais. Soirée organisée
par
le Cercle Jean-Barrué (FA, 33) dans le cadre de la tournée de février
2007
organisée par l’union départementale de Dordogne de la Fédération
anarchiste, à 19 heures, à l’Athénée libertaire, 7, rue du Muguet.

Mardi 13 février

Ivry-sur-Seine (94)

Le groupe libertaire d’Ivry (FA) vous invite à une réunion publique
d’information et de solidarité avec la Commune de Oaxaca et les
révoltes
sociales au Mexique. Avec la participation d’un camarade de retour du
Mexique. À 20 heures au Forum Léo-Ferré, 11, rue Barbès. Métro :
Ported’Ivry. Dès 19 h 30, accueil, bar et petite restauration.

Mercredi 14 février

Paris 11e

Débat autour de livre « Les Coulisses du commerce équitable », en
présence
de l’auteur Christian Jacquiau et de Michel Besson, fondateur de
Andines
et Minga. Projection du film « 0,01, Visages du commerce équitable »,
réalisé par Sandra Blondel et Pascal Hennequin, à 19 h 45, au CICP,
21ter,
rue Voltaire.

Sarlat (24)

Débat autour de la décroissance avec Jean-Pierre Tertrais, à la salle
Pierre-Denoix, centre culturel, avec le
Drapeau Noir Périgord.

Jeudi 15 février

Merlieux (02)

Rencontre avec un écrivain de polars que nous apprécions beaucoup,
Patrick
Pécherot, auteur de « Belleville-Barcelone » (2003), « Boulevard des
Branques » (2005), de 18 heures à 21 heures, à la Bibliothèque sociale,
8,
rue de Fouquerolles. Tél./fax : 03 23 80 17 09.

Périgueux (24)

Débat autour de la décroissance avec Jean-Pierre Tertrais, à la salle
Jean-Grasset, NTP, avec le groupe Emma-Goldman de la FA

Vendredi 16 février

Saint-Claude (39)

Vidéo-débat : « Ni vieux ni traîtres », film de Pierre Carles pour la
libération des prisonniers d’Action directe, au Coffre-Fort, rue de
Bonneville, à 20 h 30, groupelucio(a)nolog.org

Monde libertaire n° 1464 du 8 au 14 février 2007
Hebdomadaire de la Fédération anarchiste
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MessageSujet: ...   Sam 17 Fév - 13:00

« Ceux qui prennent leurs désirs pour des réalités, sont ceux qui croient
à la réalité de leurs désirs.»
Slogan de mai 1968

*** Éditorial

Le monde du travail va mal, cela se voit tous les jours. Le 8 février, les
fonctionnaires ont manifesté leur ras-le-bol face à la perte de leur pouvoir
d’achat, à la précarisation de leurs emplois et à la dégradation de leurs
conditions de travail. Mais les fonctionnaires ne sont pas les seuls concernés,
l’Etat-patron n’est pas le seul à rogner sa masse salariale, cela est une tendance
générale. Pour pouvoir améliorer leurs résultats, les dirigeants libéraux
n’hésitent pas à sacrifier leurs employés, à leur faire supporter leurs erreurs de
gestion et les fluctuations de la Bourse. Il n’est pas de semaine sans que nous
apprenions des « plans sociaux » ou autres attaques contre les salariés.

Airbus, à la suite des luttes de succession et des jeux de chaises musicales à la
tête du groupe EADS ayant entraîné des erreurs de gestion, a vu son action malmenée
à la Bourse l’année dernière, résultat : ce sont
des milliers d’emplois qui vont disparaître chez l’avionneur et surtout chez ses
sous-traitants. Alcatel et Lucent, après leur mariage, vont eux aussi, au terme de
leur lune de miel, préparer les milliers de lettres de
licenciement qui redonneront de la vigueur à leur cote sur le marché.

Dans beaucoup d’entreprises les salaires restent bloqués, quand on ne demande pas
aux salariés de travailler plus pour le même salaire. Face à cela, les salariés
restent pratiquement sans défense. Les syndicats
actuels, qui pour la plupart se sont convertis à la cogestion, gérant les tensions
sociales afin qu’elles n’affectent pas l’exploitation des ressources humaines, ont
oublié depuis longtemps ce qui motivait les
fondateurs de leur mouvement, l’abolition du salariat et la révolution sociale.
Même les bonimenteurs candidats à la chefferie de l’Etat ne se donnent plus la
peine de dépeindre une société plus juste pour les
travailleurs. Si tous se proposent d’améliorer le sort de ceux qui s’échinent à
faire tourner l’économie au prix de leurs efforts et de leur santé, aucun ne remet
en question l’exploitation de l’homme par l’homme
que constitue le salariat. Travailler plus pour gagner plus, tel est le leitmotiv
que les idéologues nous martèlent. Déjà on voit de plus en plus de travailleurs
obligés de cumuler plusieurs emplois pour pouvoir boucler leur budget à la fin du
mois. Nous ne progressons pas vers une société meilleure et plus juste, mais vers
un monde où règne la loi du plus riche.


*** Sommaire du Monde libertaire # 1465

Ne souriez pas, vous êtes fichés, par M. Rajsfus, page 3
Abolition de la peine de mort, par J. Lesage de La Haye, page 5
L’autruche, par F. Ladrisse, page 5
Brèves de combat, page 6
Voter pour rien, par F. Roux, page 7
Pouget : rien n’a changé, par T. Feixa, page 9
Du travail à se flinguer, par Tsi-na-pah, page 11
Il n’est pas de sauveur suprême, par les relations extérieures, page 14
Total se restructure, par J.-P. Levaray, page 15
Vers une Afrique de la non-violence, par Kä Mana et Jean-Blaise Kenmogne, page 16
De l’importance de bien dormir, par Fred, page 18
Confusion cinématographique, par Mato-Topé, page 19
Surveillance totale, par N. Potkine, page 20
Grand prix « Ni dieu ni maître », par J.-M. Raynaud, page 21
Radio libertaire, page 22
Agenda, page 23


*** Et l'agenda du Monde libertaire :

Jeudi 15 février
Merlieux (02)
Rencontre avec un écrivain de polar que nous apprécions beaucoup, Patrick Pécherot,
auteur de Belleville-Barcelone (2003), Boulevard des Branques (2005), de 18 heures
à 21 heures, à la Bibliothèque sociale, 8, rue de Fouquerolles. Tél./Fax:
0323801709.

Périgueux (24)
Débat autour de la décroissance avec Jean-Pierre Tertrais, à la salle Jean-Grasset,
NTP avec le groupe Emma-Goldmande la FA.

Auray (56)
Le groupe libertaire de Lorient- Vannes (Fédération anarchiste) organise, à 20h30,
la projection vidéo de Land and Freedom de Ken Loach (césar du meilleur film
étranger 1996) à la salle L & M. du Penher, 16, rue Du
Penher. Entrée libre.
Le film sera suivi d’un débat: quel enseignement tirer des expériences
autogestionnaires et de la solidarité internationale? Alors qu’aujourd’hui c’est
toute l’Espagne qui s’interroge sur les années sombres qui ont suivi
la défaite républicaine, peut-on aussi questionner le rôle des gouvernements des
démocraties voisines? Etc.

Bourdeilles (24)
Débat autour de la décroissance organisé par l'UR Dordogne de la FA avec
Jean-Pierre Tertrais, à la salle des fêtes avec le soutien du Tri-Cycle Enchanté.

Amiens
Dans le cadre de la création du groupe d’Amiens de la Fédération anarchiste, nous
proposons aux libertaires de l’agglomération deux rendezvous, les vendredi 16 et 23
février à partir de 18h30, au café Le Lucullus, rue de la République, afin de
pouvoir échanger, discuter et commencer à parler des éventuels projets à mener
ensemble.

Saint-Claude (39)
Vidéo-débat: Ni vieux ni traîtres, film de Pierre Carles pour la libération des
prisonniers d’Action directe, au Coffre-Fort, rue de Boneville à 20 h 30.
groupelucio@nolog.org. juralibertaire.overblog.com.

Paris 20e
Présentation de la campagne pour la libération des prisonniers d’Action directe,
infos, table de presse. Concert hip-hop avec Scherzo, 3K2N et Eme2k Maska à 19
heures, au « 96 », 96, boulevard de Charonne. Métro: Avron. Caisse de soutien prix
libre.

Samedi 17 février

Bordeaux
Rencontre-débat autour du livre Grain de sable sous le capot: Résistance &
contre-culture ouvrière: les chaînes de montage de Peugeot (1972-2003) en présence
de Michel Pialoux et Marcel Durand, à 16 heures, à l’Athénée libertaire, 7, rue du
Muguet.

Besançon (25)
Apéro poésie avec M. Pottard, autour de son dernier livre, à partir de 18 heures à
la Librairie L’Autodidacte, 5, rue Marulaz.

Dimanche 18 février

Paris 11e
Soirée de solidarité avec les inculpés d’actions contre les anti-IVG, avec Grrzzz
(électropunk) et Viande Pétrole (dark punk). À partir de 17 heures, au CICP, 21
ter, rue Voltaire. 5 euros.

Lundi 19 février

Marseille 1er
« Action directe 20 ans de prison » à l’occasion de ce triste anniversaire et pour
la libération des militants deux soirées projections-débats au Daki Ling, 45, rue
d’Aubagne. À 20h30 projection du film « le marathonien de l’espoir » suivi à 22h30
débat avec Charlie Bauer et Heliette Besse.

Mardi 20 février

Marseille 1er
projection à 20h30 de /Ni vieux ni traitres/ de Pierre Carles suivi à 22 heures
d’un débat avec Pierre Carles (sous réserve) et les principaux protagonistes du
film. Table de presse. Libre participation (solidarité).
Au Daki Ling, 45, rue d’Aubagne.

Besançon (25)
Apéro-concert avec le groupe Jamra qui vient présenter et signer son dernier album,
à partir de 21 heures, à la librairie L’Autodidacte, 5, rue Marulaz.

Paris 11e
Projection-débat de /Madegee, après coups/ en présence de la réalisatrice et avec
l’intervention possible d’une représentante d’association d’aide aux femmes
victimes de violences conjugales à La Passerelle, 3, rue
Saint-Hubert. Métro Rue Saint-Maur (Ligne 3). Tél.: 0143570482

Vendredi 23 février

Bordeaux
Rencontre avec des paysans d’Atenco (Mexique), à 21 heures, à l’Athénée libertaire,
7, rue du Muguet.

Amiens
Dans le cadre de la création du groupe d’Amiens de la Fédération anarchiste, nous
proposons aux libertaires de l’agglomération deux rendezvous, les vendredi 16 et 23
février à partir de 18h30, au café Le Lucullus, rue de la République, afin de
pouvoir échanger, discuter et commencer à parler des éventuels projets à mener
ensemble.

A Paris, tous les vendredi :

Rendez-vous tous les vendredis de 18 heures à 20 heures en grand nombre devant le
magasin Virgin (filiale du groupe Lagardère), 5, boulevard Montmartre, métro
Grands-Boulevards, pour exiger à grand bruit la
réintégration d’Amandine licenciée illégalement le 19 décembre 2006 pour cause
d’activité syndicale!


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MessageSujet: ...   Lun 26 Fév - 17:17

*** Le sommaire :
Erika, procès d'un trust, par J-P. Levaray, page 3
Sud-Ouest fait des amalgames douteux, par J.-M. Raynaud, page 4
Réunion électorale, par Libertad, page 5
Brèves de combat, page 6
Papon est mort, par J.-J. Gandini, page 7
Ni dieu - ni maire-directeur à l’école, par V. Benito, page 8
Le cercle vicieux de la démocratie, par R. Constant, page 9
Les bébés en sursis, par P. Schindler, page 10
De la fiscalité, par J. Langlois, page 11
L’enfant-poubelle, par G. Molinier, page 15
Guinée en lutte, par J.-P. Germain, page 16
Sénégal : les masques sont tombés, par D. Brubonde, page 17
La peste monothéiste, page 19
Le club du livre libertaire, page 20
Disparitions, par le CIRA de Marseille, page 21
Jean-Pierre Bourgeois, dit Clément, par Jean-Louis, page 21
Radio libertaire, page 22
Agenda, page 23


*** L'éditorial :

Le monde va mal, c’est pas nouveau. Quand dans les pays riches on se maintient,
c’est ceux d’en bas qui ramassent les pots cassés. Le banquet d’adieu qui a eu lieu
entre les divers partenaires de « Françafric » est
là pour en témoigner. Envoyez-nous les matières premières pour les affiner et faire
courir les profits.

Accessoirement on formera vos élites pour que la machine fonctionne, et vogue la
galère aux profits !

C’est peut-être un peu court mais faut-il vraiment en rajouter? Même au susnommé
sommet de Cannes ont été évoquées les crises d’Afrique centrale et de Guinée. On en
cause mais les vraies solutions sont-elles vraiment évoquées ? Des systèmes
politiques sous tutelle, des libertés syndicales niées et les droits de l’être
humain aux oubliettes.

Dans notre belle terre de France, rien ne se passe comme il faudrait non plus, de
l’Amoco Cadis à l’Erika les profiteurs de seconde zone mettent leurs dividendes
avant la protection de la nature. Faut-il attendre des
années aux prud’hommes pour obtenir le juste dédommagement d’une mise à la porte
alors que l’entreprise engrange profits et dividendes pour enfin voir le bout du
tunnel ou mourir à petit feu entre alcool et déprime ou mettre le feu à une ANPE
dans un moment de nihilisme?

Dans les années 1970, Léo Ferré chantait « Le beau syndicat qui reste à la maison »
(Paris, je ne t’aime plus), en ce moment c’est pas mieux, voire pis encore? Ils,
les différentes boutiques dites syndicales, ne savent
plus s’il faut la jouer revendicatif ou en attente de compromissions.

Devinez qui va l’emporter?...

Le Congrès américain a beau se rebiffer contre Bush, désavouant le président cela
va-t-il vraiment infléchir la politique américaine ?

Peut-être diminuer l’enveloppe pour la guerre en Afghanistan et en Irak, mais
freiner le rôle des États-Unis dans la gendarmerie planétaire…

Pendant ce temps-là, sur la Croisette, le sommet Afrique-France qui a réuni 49 pays
africains s’est borné à des déclarations d’intention. Molle indignation sur la
tragédie du Darfour, refus du Soudan d’accorder des
visas à une mission de l’ONU sur les droits de l’homme…

Une seule « note optimiste »: la « matraque d’or » décernée au président du Togo,
le prix de la « meilleure société d’exploitation » à la compagnie pétrolière
Total-Pina et la palme d’or décernée au président Chirac «
l’ami des dictateurs et pas de l’Afrique ».


*** L'agenda du Monde libertaire :

Vendredi 23 février

Bordeaux
Rencontre avec des paysans d’Atenco (Mexique), à 21 heures, à l’Athénée libertaire,
7, rue du Muguet.

Amiens
Dans le cadre de la création du groupe d’Amiens de la Fédération anarchiste, nous
proposons aux libertaires de l’agglomération deux rendez-vous, les vendredis 16 et
23 février à partir de 18h30, au café Le Lucullus, rue de la République, afin de
pouvoir échanger, discuter et commencer à parler des éventuels projets à mener
ensemble.

Paris 20e
« Décroissance et partage des richesse, la double révolution. » Débat animé par
Alex de l’émission les Mangeux de terre sur Radio libertaire avec Wally du groupe
Louise-Michel à 20 heures, au bar le Lieu-Dit, 6, rue Sorbier. M° Ménilmontant ou
Gambetta.

Saint-Denis (93)
Rencontre-débat avec Maurice Rajsfus, historien et Jean-Jacques Reboux, écrivain,
sur le thème: « Tous suspects, tous dangereux ». Maurice Rajsfus nous parlera de «
la police d’hier et d’aujourd’hui » et plus
particulièrement de l’état actuel du fichage en France à travers les multiples
fichiers existants. Jean-Jacques Reboux reviendra sur l’interpellation policière
dont il fut l’objet le 24 juillet 2006 à Paris. À 19h30 à la Bourse du Travail, 9,
rue Genin (métro ligne 13, station Porte-de-Paris). Organisée par la Société de
défense des laïques et le groupe Henry-Poulaille de la Fédération anarchiste.

Chalon-sur-Saône (71)
Conférence-débat sur le thème: « En finir avec le nucléaire! », organisée par le
groupe libertaire de Saône-et-Loire et le groupe la Vache noire de la Fédération
anarchiste, en association avec le Réseau sortir du nucléaire, à 20 heures, salle
21, rempart Saint-Vincent. Entrée libre, table de presse.

Caen (14)
Rencontre-débat sur la décroissance avec Jean-Pierre Tertrais, auteur du livre Du
développement à la Décroissance, à 20h30 au squat la Mauvaise Herbe, 7, rue de La
Masse (près du CHR).

Samedi 24 février

Bordeaux
Concert avec Hapi Wuiz (rock bruitiste, Bordeaux), Kid Blunt (hardcore mélodique
intense, Irelande) et Chad Unpoe (hiphop, Toulouse) organisé par les Potagers
natures, à 19 heures: à l’Athénée libertaire, 7, rue du Muguet. 4 euros.

Paris 20e
Concert de Fred Alpi à la Maroquenie, à 20h30, 23, rue Boyer, pour la sortie de son
nouvel album Se reposer ou être libre. Prix libre.

Dimanche 25 février

Bordeaux
Projection de l’Allemagne en automne, documentaire allemand de 1978. La projection
sera suivie d’un repas végétarien à prix libre, à 18 heures, à l’Athénée
libertaire, 7, rue du Muguet.

Mercredi 28 février

Compiègne
Le groupe de la Fédération anarchiste de Compiègne a désormais son émission
quotidienne tous les mercredi de 17 heures à 18 heures qui se prénomme « Toutes
peines méritent sa grève » sur les ondes de radio
Graf’hit 94.9 (Radio membre de la ferarock) écoutable sur Internet.

Vendredi 2 mars

Lorient (56)
Le groupe libertaire Francisco-Ferrer (Fédération anarchiste de Lorient) organise,
à 20h30, la projection de Land and freedom de Ken Loach (césar du meilleur film
étranger 1996) à la maison des associations, cité
Allende, 12, rue Colbert. Entrée libre. Le film sera suivi d’un débat: Quel
enseignement tirer des expériences autogestionnaires et de la solidarité
internationale? Alors qu’aujourd’hui, c’est toute l’Espagne qui s’interroge sur les
années sombres qui ont suivi la défaite républicaine, peut-on aussi questionner le
rôle des gouvernements des démocraties voisines? Etc.…

Samedi 3 mars

Paris 18e
Rencontre-débat avec Thierry Maricourt qui nous parle de son dernier ouvrage
Alacatel-Illkirch, entreprise high-tech et restructurations à 15h30, à la
bibliothèque La Rue, au 10, rue Robert-Planquette.

Chalon-sur-Saône (71)
Réunion publique sur l’antiélectoralisme, à 20 heures, salle du Cloître, rue du
Cloître, organisée par le groupe libertaire de Saône-et-Loire et le groupe la Vache
noire de la Fédération anarchiste. Entrée libre, table de
presse.

Vendredi 9 mars

Bordeaux
Concert avec Easpa Measa (anarcho-punk, Irlande), organisé par Mankind à 19 heures,
à l’Athénée libertaire, 7, rue du Muguet. 5 euros.


***
Maurice Papon
De l’ignominie ordinaire au service de l’État

6 MAI 1981: Le Canard enchaîné publie des documents signés de la main de Maurice
Papon prouvant sa responsabilité, en tant que Secrétaire général de la préfecture
de la Gironde, dans la déportation de 1690 Juifs de Bordeaux à Drancy, destination
finale Auschwitz, sous l’Occupation entre 1942 et 1944. Il est alors ministre du
Budget dans le gouvernement de Raymond Barre (avec pour directeur de cabinet
Jean-Louis Debré) après une carrière ininterrompue de près d’un demi-siècle dans
l’appareil d’État sous l’égide successive des radicaux-socialistes, du Front
populaire, du régime de Vichy, de la Libération gaulliste, des socialistes, du
Front républicain, du gaullisme à nouveau (où en tant que préfet de police de
Paris, il commettra son second crime d’État avec le massacre de centaines
d’Algériens le soir du 17 octobre 1961 et dans les jours qui suivirent, crime
toujours impuni) avant de se rallier en 1974 à Giscard d’Estaing
sous la houlette de Jacques Chirac.

Inculpé le 19 janvier 1983 de « crime contre l’humanité », il se présente libre, au
bout de quinze ans d’instruction (véritable parcours d’obstacles pour les parties
civiles sans l’opiniâtreté desquelles le procès n’aurait jamais eu lieu), devant la
cour d’assises de Bordeaux qui le condamne le 2 avril 1998 à dix ans de réclusion
criminelle pour « complicité de crime contre l’humanité ». Il faudra attendre le 22
octobre 1999 pour qu’il soit incarcéré, après une fuite rocambolesque en Suisse, et
il sera remis en liberté moins de trois ans plus tard, le 18 septembre 2002, grâce
à l’application de la loi Kouchner car « le pronostic vital était engagé »,
mais il lui survivra plus de quatre ans puisqu’il meurt ce 17 février 2007 à l’âge
de 96 ans!

Maurice Papon ne regrettait rien: « Si c’était à refaire, je le referais! »
s’est-il écrié à la fin de son procès, car il ne faisait que son métier: son métier
de fonctionnaire zélé, rouage administratif au service de l’État qui établit les
listes de Juifs selon la législation en vigueur comme il le ferait pour n’importe
quel « produit » figurant dans sa nomenclature de bureaucrate. C’est en cela que
son histoire est exemplaire: il est le symbole de cinquante années d’histoire des
mentalités françaises, de ces mensonges, oublis et autres arrangements
biseautés pour éviter l’image que nous renvoie le miroir, celle du crime
d’indifférence. Ne sommes-nous pas tous capables un jour, nous individus ordinaires
comme Papon, d’obéir à l’inacceptable?

Car c’est là que le bât blesse. Le crime contre l’humanité, ce n’est pas Auschwitz,
c’est une chaîne qui commence avec l’exclusion de la vie civile et professionnelle
et le fichage, se poursuit avec les arrestations et les séquestrations, qui vont
déboucher sur la déportation et finir par le gazage. La division des tâches et des
responsabilités étant poussée à l’infini, chacun peut feindre d’ignorer dans cette
chaîne le rôle du maillon qui le précède et de celui qu’il précède. Papon a
accompli son devoir de technicien, de spécialiste; il fournit les moyens, la fin ne
le regarde pas: au nom des ordres reçus, il ignore l’inhumanité des actes commis.
Pour lui « démissionner aurait été déserter! » NON: face à un régime d’exclusion
obéir c’est soutenir, et démissionner c’est résister. Tout individu doit conserver
sa capacité de choix de dire non car n’oublions jamais, comme le disait déjà
Étienne de La Boétie en 1548, que « le pouvoir ne s’impose que du seul consentement
de ceux sur lesquels il s’exerce ».

17 février 2007,
Jean-Jacques Gandini

auteur de le Procès Papon, Éd. Librio, 2 euros


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kamchatka
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MessageSujet: ...   Dim 8 Avr - 13:59

« Il n’est d’État, que policier.»
Moâ

*** Le sommaire du Monde libertaire # 1472 du 5 au 11 avril 2007
Censure : Mais ou est Charlie ?, par J-P. Levaray, page 3
Marseille et son port, la grève, par Thierry, page 4
Banalité d’un contrôle ?, par le RATP, page 5
L’autruche et le contrôleur des Lilas, par F. Ladrisse, page 5
Résister ensemble, par V. Benito, page 6
Nouvelles des fronts, par Hugues, page 7
Le bétail électoral, par Libertad, page 8
Science-fiction et politique, par L. Janover, page 9
La révolte des pauvres, par Casquette, page 11
Brèves de combat, page 12
La fracture sanitaire, dossier, page 13
Des toubibs à Radio libertaire, Chroniques syndicales, page 14
Ni bonnes, ni nonnes, ni connes, par LN, page 17
Du nid de coucou, par Yolaine, page 18
Retour au passé et psychiatrie, par Y. Guignat, page 19
Bien penser à travers le drapeau…, par M. Rajsfus, page 20
Nucléaire et avenir de la planète, par C. Granier, page 22
Du côté de la misère sociale, par J. Lesage de La Haye, page 22
Éducation, …suite, par F. Sebastianoff, page 23
Les Tanneries de Dijon menacées, par le Collectif, page 25
Radio libertaire, demandez le programme, page 26
L’agenda, page 27
Dossier santé pages 13 à 19


*** L'éditorial

Laissons de côté pour une fois les pêcheurs de voix, Nicolas et
Pimprenelle avec
leurs appâts de francitudes et de participalisme, la gôche populaire et
l’extrême
droite populiste.

Sortons un peu de la caverne républicaine et de son hémicycle de la
bourgeoisie
pour aller voir ce qui se passe sur notre bonne vieille Terre. Aussi
incroyable
qu’il n’y paraît, elle continue de tourner !

Au Darfour, ces trois États désertiques de l’ouest du Soudan en crise
depuis la
grande famine du milieu des années quatre-vingt, les soudards à la
solde du
gouvernement soudanais continuent de massacrer, violer,
dépecer les populations autochtones en toute impunité; dans
l’indifférence quasi
générale du reste de la planète.

L’existence des quelque six millions d’habitants de la « patrie des
Fours » ne pèse
pas lourd face au réserves stratégiques de pétrole que se disputent les
Russes, les
Chinois, les Américains et les Européens. On en
parle dans les médias, oui, mais pas trop, juste pour dire que l’on
aimerait bien
faire quelque chose, agir radicalement, mais que malheureusement les
méchants
Chinois… alors on oublie. Elle tourne!

En Tchétchénie, après la régence suivant l’exécution de Akhmad Kadirov,
son fils
Ramzan Kadyrov ayant atteint l’âge légal de 30 ans est monté sur le
trône. En bon
vassal du tsar Poutine il va pouvoir reprendre la
pacification où l’avait laisser son père.

Malheureusement pour lui il ne reste plus grand chose à détruire là
bas,
l’artillerie de l’ours du KGB a déjà pratiquement tout rasé… Elle
tourne!

En Irak la démocratisation à l’américaine continue, avec son lot de
communautarisme
menant aux attentats sanglants dont la télé nous abreuvent tous les
soirs. Tout à
côté, en Afghanistan, les talibans fous de dieu
font toujours régner la terreur. Elle tourne!

Au Mexique, le nouveau gouvernement du Chiapas favorise la
recrudescence des
groupes paramilitaires, renforçant la présence toujours plus forte de
l’armée
fédérale. À Oaxaca, après les révoltes d’octobre réprimées dans le sang
par le
psychopathe Ulises Ruiz Ortiz et son complice Felipe Calderon, 62
personnes restent
aujourd’hui encore enfermées dans les glauques geôles mexicaines. Elle
tourne!

Et cheu nous ? Ça tourne bien… pour les patrons! La classe ouvrière,
désorganisée
par des syndicats collaborateurs, se contente de journées d’actions de
ci de là. Le
marchand de sable électoral semble passé par là, marchand d’espoir et
de duperies
faisant croire aux votards que leur voix aura le dernier mot. Mais nous
disons
nous, que rien ne changera tant que tous les pauvres ne s’y mettront
pas pour faire
tourner la roue de la fortune en leur faveur.

Marseille, encore une fois, donne l’exemple, les dockers, solidaires,
ont su gagner
leur lutte!


*** Un article de jean-Pierre Levaray :

Censure : Mais ou est Charlie ?

AU MOMENT OÙ CHARLIE HEBDO est relaxé pour l’affaire concernant les
caricatures
d’islamistes et de Mahomet (ce qui est tant mieux), il est temps de
revenir sur une
autre affaire de censure qui n’a pas défrayé la
presse.

Après la parution, en 2001, du livre « Vos papiers! Que faire face à la
police? »,
une double plainte pour diffamation et injures était déposée par Daniel
Vaillant,
alors ministre de l’Intérieur (plainte relayée par
les ministres Sarkozy, puis Villepin, puis encore Sarkozy).

Un premier procès eut lieu en 2005, suivi d’un procès en appel le 23
novembre 2006.
Le jugement a été rendu le 18 janvier dernier. Le dessinateur Placid a
été condamné
à 500 euros d’amende, pour « injures
publiques envers une administration publique, en l’occurrence la police
nationale
», pour avoir dessiné un policier, aux traits jugés porcins, en
couverture de
l’ouvrage.

L’auteur du texte, Clément Schouler, magistrat et membre du Syndicat de
la
magistrature, à 800 euros d’amende pour « diffamation publique envers
une
administration publique, en l’occurrence la police nationale », pour
avoir écrit
cette phrase dans l’introduction: « Les contrôles d’identité aux
faciès, bien que
prohibés par la loi, sont non seulement monnaie courante, mais se
multiplient. »

Enfin, Michel Sitbon, l’éditeur, à 1000 euros d’amende pour complicité
avec Placid,
dans le délit d’injure, et complicité avec Clément Schouler dans le
délit de
diffamation.

Suite à cette condamnation, quasiment pas de réactions: un article dans
le Canard
Enchaîné, un autre dans Libé, ne parlant que de Clément Schouler et
oubliant Placid
et l’éditeur, ainsi que quelques entrefilets.

Dans Charlie-Hebdo, grand chantre de la liberté d’expression, rien ou
si peu. On
aurait pu s’attendre à un numéro spécial (reprenant même de vieux
dessins de ses
collaborateurs).

Rien. Ce procès représente pourtant bel et bien une triple atteinte à
la liberté de
création, à la liberté d’information et à la liberté d’édition.

Dans un pays comme la France subissant encore, quoi qu’on dise, la
culture
judéochrétienne, il est plus facile (et plus vendeur) de caricaturer
des
intégristes et des musulmans qui constituent une population
minoritaire,
plutôt que de s’attaquer à ses institutions.

Du coup, les réactions sont venues d’ailleurs. Un blog de soutien a été
lancé («
tous cochons »); le journal CQFD y a consacré plusieurs pages; enfin un
collectif
d’éditeurs s’est créé (comprenant, entre autres :
l’Association, Vertige Graphic, l’Esprit Frappeur, Nautilus, les
Requins Marteaux,
Thé-Roc…) dans le but de sortir un livre comprenant des dessins
représentants des
policiers caricaturés et animalisés ou pratiquant un
contrôle au faciès. Ce livre se nommera « Tous Coupables ». Réalisé et
imprimé dans
les semaines à venir, il devrait « rendre chacun de nous prévenu du
délit de
diffamation pour qui évoque la banale réalité des
contrôles au faciès, ou prévenu du délit d’injure pour qui dessine un
policier trop
stylisé », déclare le collectif.

A suivre donc…

Jean-Pierre Levaray

pour plus d’infos contacter the.troc@free.fr


*** L'agenda du Monde libertaire

Jeudi 5 avril

Merlieux (02)
Rencontre avec Benoist Rey, auteur d’Égorgeurs, livre censuré en 1961,
dénonçant
les horreurs de la guerre d’Algérie, et des Trous de mémoire paru aux
Éditions
libertaires, de 18 heures à 21 heures, à la Bibliothèque sociale, 8,
rue de
Fouquerolles. Tél./fax: 0323801709.

Paris 20e
Des camarades de la Fédération anarchiste vous invitent à participer à
une soirée
débat en présence de Jean-Pierre Levaray, ouvrier de l’industrie
chimique, auteur
du livre Putain d’usine, militant syndicaliste et
anarchiste. La soirée débutera à 19h30 par le film intitulé Putain
d’usine réalisé
par Rémy Ricordeau, à l’Espace Louise-Michel, 42 ter, rue des Cascades.

Vendredi 6 avril

Toulon
« Agir au lieu d’élire! » Réunion – débat « la salle » à 20h30, rue H.
Poincaré -
quartier la rode + spectacle: ils ont voté et puis après… Meille chante
Ferré,
Brassens. Table de presse, buffet. Entrée libre. Organisé par le groupe
Nada de la
Fédération anarchiste.

Besançon (25)
Conférence débat contre les prisons avec Charlie Bauer, et autour de
son film, à
20h30 à la librairie L’Autodidacte 5, rue Marulaz.

Samedi 7 avril

Bordeaux
Concert avec Dona Maldad (anarcho-punk, Venezuela) organisé par Mankind
à 19 heures
à l’Athénée libertaire, 7, rue du Muguet. 5 euros.

Paris 18e
Rencontre-débat avec Jean-Hugues Oppel qui nous parle de son dernier
polar, à
15h30, à la bibliothèque La Rue, au 10, rue Robert-Planquette.

Marseille 1er
François Roux présentera son livre La Grande guerre inconnue: les
poilus contre
l’armée française. Les poilus ont utilisé tous les moyens à leur
disposition pour
essayer de survivre: désertion, fuite, planque, reddition
volontaire, automutilation, sabotage, refus d’attaquer, mutineries,
assassinats
d’officiers, fraternisation… 17 heures, 3, rue Saint-Dominique.

Dijon (21)
Rencontre avec Charlie Bauer à l’espace autogéré des tanneries 15-17,
boulevard de
Chicago. 16 heures: projection du film Charlie Bauer, marathonien de
l’espoir. 18
heures: causerie, échange et débat sur
l’engagement politique, l’enfermement, l’univers carcéral, l’espoir, la
liberté…
Entrée libre

Vendredi 13 avril

Rouen
« Comment écrire, comment penser après Auschwitz? », avec un comédien
sur des
textes de Didier Durmarque, auteur de Moins que rien (Éditions Thot) à
la librairie
l’Insoumise, au 128, rue Saint-Hilaire.

Périgueux (24)
Dans le cadre des « Cafés libertaires », le groupe Emma-Goldman de la
Fédération
anarchiste avec le Collectif libertaire A.-Marius Jacob et la CNT
organisent une
soirée débat sur le thème de l’Antiélectoralisme au
local associatif, les Thétards, 3 rue Sully à Périgueux, à partir de
20h30.
Présence de 2 personnes de la Coopequita, expérience autogestionnaire,
ainsi que la
Filature de Belvès (24), SCOP (Société coopérative ouvrière de
production).

Samedi 14 avril

Paris 11e
« Sans-papiers et monde du travail »: Débat organisé par le groupe
Idées noires et
le 9e collectif de sans-papiers à 16 heures, à la librairie du Monde
libertaire,
145, rue Amelot, métro République, Oberkampf, ou
Filles-du-Calvaire.

Vendredi 20 avril
Périgueux (24)
L' Association des précaires et chômeurs de Dordogne (APCD) organise
une soirée
projectiondébat sur les Nanotechnologies. Diffusions du documentaire
Nano-Pravda
(durée 20 minutes) et du documentaire de l'École normale supérieure,
les
Nanotechnologie; un champ d'expérimentation sociale, conférence donnée
par la
philosophe des sciences Bernadette Bensande-Vincent (Université Paris
X). Cette
soirée se déroulera aux
Thétards, 3, rue Sully à partir de 20 heures.

Mardi 1er mai
Paris 19e
La Fédération anarchiste appelle à sa traditionnelle manifestation
libertaire le
1er mai, à 11 heures, Place des fêtes.

Jeudi 3 mai
Merlieux (02)
Rencontre avec Yves Couraud, auteur du Guerrier souriant, de 18 heures
à 21 heures,
à la Bibliothèque sociale, 8, rue de Fouquerolles. Tél./fax:
0323801709.

Samedi 5 mai
Paris 18e
Rencontre-débat avec Célia Izoard qui nous parle de son ouvrage la
Révolte luddite;
briseurs de machines à l’ère de l’industrialisation à 15h30, à la
bibliothèque La
Rue, au 10, rue Robert-Planquette.


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buenaventura
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MessageSujet: ...   Dim 6 Mai - 10:37

« La destruction de tout pouvoir politique est le premier devoir du prolétariat. »
Résolution du Congrès de l’Association internationale des travailleurs, Genève, 1866.

*** Sommaire
Tout finit par des élections, par J-P. Garnier, page 3
Enjeu de civilisation : l’élection d’une môman, par R. Dadoun, page 5
Renouveau syndical, par J.-P. Germain, page 6
L’autruche maussade, par F. Ladrisse, page 6
Calomnies socialistes, par Libertad, page 7
Brèves à propos du combat, page 10
Réchauffement global et cata, par P. Rossineri, page 11
Laure Adler attaque, par A. Lubrina, page 14
La Volonté du peuple, démocratie ou anarchie, par M. Lhourson, page 15
Irak : l’occupation, les femmes et les résistances, par N. Potkine, page 17
Morituri, le film, par H. Hurst, page 18
26e festival du film d’Istambul, par H. Hurst, page 19
Un centre d’études libertaires à Terrassa, page 20
Les 20 ans de Femmes libres, page 21
Une semaine contre les enfermements, page 21
Radio libertaire, page 22


*** Éditorial

Eh bien, une fois n’est pas coutume, nous ne sommes pas en complet désaccord avec
Laurence Parisot. La patronne du Medef vient d’annoncer qu’il n’y aura pas de
consigne de vote de la part du patronat. « Les deux
candidats sont tous deux pour l’économie de marché. »

Tout est dit. Là où les anarchistes divergent un petit peu du patronat, c’est sur
la suite! Le Medef a toujours sur le métier ses projets de « simplification » du
Code du travail, de baisse des charges sociales, de «
dialogue » social, de protection sociale, la fiscalité, etc.Toutes choses qui ne
correspondent pas exactement avec nos idées de justice sociale et de partage des
richesses.

Pour le moment, le « peuple » va voter; vote « massif » au premier tour, qui,
cependant, voit environ un tiers des personnes qui ne se sont pas manifestées (en
comptant les abstentionnistes et les non-inscrits).
L’anesthésie est peut-être générale, mais le corps social bouge encore! etl’effet
n’est que momentané. On se réveille de cet endormissement, peut-être avec un goût
pâteux dans la bouche, mais enfin la conscience se
ranime, l’esprit se dégourdit, et reviennent en mémoire les luttes et les
victoires, et l’action solidaire où l’on se sent revivre.

Luttons sans relâche et ne comptons que sur nous-mêmes pour améliorer nos
conditions de vie; déjà dans la lutte, dans la grève, c’est aussi la vie même qui
change et prend tout son sens.

L’autre n’est plus un indifférent, voire un ennemi, mais devient un camarade, un
soutien: la solidarité l’emporte et l’espoir de gagner rend la vie plus belle et
les femmes et les hommes plus beaux et intelligents.

Pour le moment, ne donnons pas notre voix, gardons-la pour nous faire entendre sur
les vrais problèmes, qui ne sont pas du tout abordés par les deux candidats. La
fausse démocratie c’est pour nous, c’est un
détournement de l’essentiel qui se présente sous les auspices du FMI, de Bruxelles:
et là, notre élu, il ne nous demandera pas notre avis pour mettre en musique ce que
les instances internationales – les vrais maîtres
du monde qui, eux, ne sont pas élus – auront décidé; il choisira juste le tempo
dans lequel nous baignerons.

Là, l’économie de marché, qui nous écrase et devant laquelle nous n’avons qu’à nous
incliner, c’est la casse des services publics, de la santé, de l’éducation, des
transports, du service postal, d’EDF, de GDF, de l’eau,
des prisons…

L’imagination au pouvoir de la bourgeoisie internationaliste (ils nous ont tout
piqué!) n’a pas de limite. Chapeau!

Cependant, l’être humain est ainsi fait, que ses gênes (dirait Sarko) l’entraînent
quand même à contester, à se battre, à espérer et ne pas se laisser abattre comme
du bétail. Il n’y a qu’à constater toutes les luttes
menées en ce moment, nombreuses et déterminées.

On bouge encore, oui!


*** En prime, un article de Jean-Pierre Garnier

Tout finit par des élections !

AINSI DONC, l’allergie viscérale dont font montre des anarchistes à l’égard de la
délégation de pouvoir à des politiciens professionnels témoignerait, si l’on en
croit certains adeptes du « réformisme révolutionnaire », d’une « indifférence
stratégique de lutte ». Je ne sais pas quelle signification ils donnent au terme «
stratégie ». Mais je doute qu’il puisse s’appliquer, quelle que soit l’acception
retenue, au pugilat électoral en cours. En émiettant la voix collective des gens en
lutte contre l’ordre capitaliste en bulletins de vote, en les incitant à
renoncer à la seule force, celle de la communication directe entre eux dans
l’action, au profit d’une remise individuelle de pouvoir à une vestale de « l’ordre
juste » intronisée par la caste médiatique et cornaquée par une élite de
spécialistes, l’appel aux urnes ne sert, comme toujours, qu’à désamorcer l’énergie
de la révolte. En ce sens, il y a bien « stratégie », mais c’est celle qui a permis
depuis plus de deux siècles à la classe dominante de continuer à dominer.

Une fois de plus, les « stratèges » d’une « gauche de gauche » qui n’ose plus
s’affirmer d’extrême gauche, de peur, sans doute, d’être taxée de « gauchisme » ou
d’« extrémisme », nous resservent le petit chantage cent
fois utilisé. Il ne s’agit évidemment pas de voter pour un programme, devenu
d’ailleurs de plus en plus flou et qui, de toutes façons, ne sera appliqué que pour
autant qu’il ne contrevienne pas aux intérêts de la bourgeoisie, mais de « faire
barrage à… ». À la droite « dure », aujourd’hui, incarnée par l’abominable Sarko –
Bayrou le doucereux incarnant une droite « molle » donc fréquentable –, une fois le
« péril fasciste » représenté par l’horrible Le Pen écarté. Si la candidate « de
gauche » est élue, on pourra toujours l’accuser, comme on l’a fait avec ses
semblables lorsqu’ils étaient au pouvoir, de faire la politique de la droite. Mais,
en attendant, c’est à voter en masse pour elle que l’on est convié.Avec le brillant
résultat que l’on peut en attendre.

Tout au long des calamiteuses années-fric du mitterrandisme, « faire barrage au FN
» était devenu l’ultime argument alors que le mot « socialisme » achevait de se
vider de tout contenu anticapitaliste. Le sommet de cette stratégie défensive à la
gribouille sera atteint avec le psychodrame national auquel donna lieu le « séisme
» électoral du printemps 2002. Il était interdit, entre les deux tours de
l’élection présidentielle, d’ouvrir la bouche pour autre chose que d’appeler à
voter Chirac pour « faire barrage » à Le Pen. Quant à la minorité d’inconscients du
« péril fasciste » – dont j’étais – qui se réjouissaient de voir cette canaille de
Jospin débarrasser enfin le plancher, ils devaient garder pour eux leur allégresse
sous peine d’être ipso facto relégués dans l’infamante catégorie des « rouges-bruns
».

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MessageSujet: ...   Dim 6 Mai - 10:38

Autrement dit, « il n’était nul besoin que Le Pen devienne président pour que la
liberté d’expression disparaisse: c’était déjà fait, sous les auspices de la bonne
conscience républicaine et en vertu d’une sorte
d’état d’urgence électoral1 ». Peu importait, dès lors, que la bourgeoisie
française, désormais mondialisée, n’ait nul besoin, de nos jours, d’un régime
ouvertement fasciste pour venir à bout de la résistance des
travailleurs. Dès les années 1980, « le plus jeune Premier ministre » dont cette
fripouille de Mitterrand s’était vanté d’avoir doté la France n’avait-il pas prouvé
que le « sale boulot » (« rigueur » et « modernisation ») pouvait être effectué
avec brio par un « socialiste »?

Et l’on nous refait le coup aujourd’hui.

Vouloir mettre le nez dans leur merde gestionnaire aux caciques de la « gauche de
gouvernement » se heurte à cette unique consigne qu’ils se plaisent à ressasser,
relayés par les perroquets de la « gauche de gauche
»: « il faut faire barrage à… ». Quiconque essaie d’ouvrir un débat sur son
bien-fondé se verra illico accusé de complicité objective, non plus avec l’extrême
droite, mais avec Sarkozy, le nouvel homme à abattre. On ne
sait trop pourquoi, d’ailleurs: chantre du néolibéralisme, il n’a pourtant rien à
envier, en effet, à un DSKac 40, ministre de l’Économie dans le gouvernement Jospin
et champion toutes catégories en matière de
privatisations et d’aplaventrisme devant les diktats de la Commission européenne.
Sur le front banlieusard, d’autre part, en tant que ministre de l’Intérieur, le
pourfendeur de la « racaille » n’a fait que suivre la
voie déjà tracée par l’un de ses prédécesseurs, J.-P. Chevènement, dans la chasse
aux « sauvageons ». Il est vrai que ce dernier se montrait par là fidèle à toute
une tradition « de gauche » face au « problème de
l’immigration ».

Qui a parlé en premier d’expulser les familles immigrées dont les enfants
défrayaient la chronique judiciaire? Le maire PCF de Vénissieux, en 1980, dont le
parti s’était déjà illustré quelques années auparavant en couvrant le nettoyage au
bulldozer d’un foyer de travailleurs africains par la municipalité « rouge » de
Vitry. Qui, en 1984, a grossièrement calomnié la grève des OS immigrés de Talbot et
fait appel aux CRS pour la briser, en prétendant y voir – déjà! – la main
diabolique d’imans intégristes ? Le Premier ministre « socialiste » Pierre Mauroy.
Et c’est sous le règne (éphémère) d’un autre Premier ministre « socialiste »,
Michel Rocard, que
des « jeunes des cités » trouvèrent la mort, au cours des années 1990-91, à
Vaulx-en-Velin, Sartrouville et Mantes-la Jolie, lors d’affrontements avec la
police. Et que dire, encore, de l’ex-LCR et manipulateur de
SOS-racisme Julien Dray, devenu « royaliste » en rêvant de trôner bientôt place
Beauvau si Travail-Famille-Poitou parvenait à se hisser à la Présidence? Cette
crapule n’a pas craint de tresser des lauriers à Sarkozy
en soutenant la loi liberticide présentée par ce dernier sur la « sécurité
intérieure », qui parachevait la loi, non moins liberticide, sur la « sécurité
quotidienne » du « socialiste » Daniel Vaillant. Se souvient-on aussi que l’énarque
et ancienne ministre « socialiste » Martine Aubry, ex-bras droit du patron Jean
Gandois aux « ressources humaines » chez Péchiney, a réclamé, en novembre 2006,
depuis la mairie de Lille où elle a
pris le relais de Mauroy, de la « fermeté » contre la jeunesse révoltée des
quartiers paupérisés? On pourrait allonger la liste. Tout cela pour « seulement
rappeler à quiconque espère un changement réel dans ce pays
déconfit qu’il faudra, le jour où les choses sérieuses commenceront, se montrer
très “ferme” avec cette valetaille social-libérale(2) ».

À quoi rime, alors, d’appeler à voter pour un ou une quelconque hiérarque du PS
pour « faire barrage à Sarkozy »? Certains naïfs se demandent encore ce qu’est le
crétinisme parlementaire.

En voilà une preuve supplémentaire.

Les nationaux-républicains à la Chevènement ou à la Jean-François Kahn n’ont, en
effet, pas de leçons à recevoir de Sarkozy pour ce qui est de réprimer les fils du
peuple en rébellion contre une société qui les
rejette. Affublée d’un casque de CRS en lieu et place du bonnet phrygien, leur
Marianne est à l’image de leur citoyennisme, emblème d’un néofascisme rampant où la
collaboration entre la « police de proximité », dont ils
réclament le retour sur l’air des lampions, et la population permettra au pouvoir
exécutif de faire le plein de ses exécutants. Depuis plus d’un quart de siècle, la
gauche a montré ce dont elle était capable face à la
rébellion ouverte ou larvée des jeunes parqués dans les « cités » voués au salariat
précaire. Ou plutôt ce dont elle était incapable. C’est-à-dire de s’attaquer aux
causes structurelles de cette rébellion. Il est vrai que
cela eût supposé de s’affronter à la bourgeoisie, au lieu de marcher sur les
plates-bandes de ses représentants politiques en matière de « lutte contre
l’insécurité ».

« La gauche », en France comme partout en Europe, n’est que l’héritière d’un siècle
de lâchetés, de mensonges et de trahisons. Elle a cassé net les espoirs nés sur les
barricades de Mai 68, en faisant retourner 10 millions de grévistes sauvages au
turbin, anéantissant toute perspective de changement radical dans ce pays. On ne
peut que s’émerveiller, après le « non » au projet de constitution européenne,
après la révolte de la jeunesse des cités, après la lutte contre le CPE, que les
couches populaires ne se voient pas proposer autre chose que d’avoir à choisir
entre Fabius et Ségolène, ou Strauss-Kahn et Buffet. « En France, tout finit –
littéralement – par des élections. » Mais quelle élection mettra fin à
l’exploitation sans cesse plus brutale de la main-d’oeuvre, à l’exode et à la
délocalisation mondiales des travailleurs sous l’effet du mouvement du capital, à
l’empoisonnement croissant de l’air, de l’eau et de la nourriture, à la
manipulation médiatique des foules solitaires abreuvées de propagande et de
publicité, à la misère psychologique des individus atomisés, à la décomposition
sociale et à la désintégration urbaine dont les « émeutes » de l’an passé n’ont
fait que confirmer l’état avancé.

« “La gauche” n’est pas la solution au problème du maintien des rapports de
dominations capitalistes. Elle fait partie du problème. Parce que, faute d’avoir
été jamais révolutionnaire, elle n’a même plus les moyens
d’être réformiste, elle en est réduite, une fois de plus, en guise de stratégie, à
agiter des épouvantails pour mobiliser ses troupes.(3) » Vous avez dit « stratégie
»?

J.-P. G.

(1). Titre et citations ont été puisés dans le petit ouvrage réjouissant d’Alessi
Dell’ Umbria, C’est de la racaille ? Eh bien j’en suis ! (éditions L’échappée,
2006), l’un des plus percutants publiés sur les tenants et les aboutissants des «
émeutes » de novembre 2005.
(2). C’est de la racaille…
(3). Ibid.


*** Et pour finir, l’agenda du Monde libertaire :

Jeudi 3 mai

Merlieux (02)
Rencontre avec Yves Couraud, auteur du Guerrier souriant, de 18 heures à 21 heures,
à la Bibliothèque sociale, 8, rue de Fouquerolles. Tél./fax: 0323801709.

Rennes (35)
19 heures: le groupe la Sociale de la Fédération anarchiste organise une réunion
publique suivie d’un débat sur le thème « Décroissance libertaire et abstention
révolutionnaire » : la mascarade électorale, le lien entre
la décroissance sous un angle libertaire et la nécessaire abstention.
21h30: Christian Leduc, chanteur à textes et chanteur rouge et noir, offre un
concert de soutien au local la Commune de la Fédération anarchiste. Entrée libre et
gratuite.

Vendredi 4 mai

Besançon (25)
Conférence-débat autour de la révolution espagnole à travers ses affiches, avec
Wally Rosell, à
20h30, à la librairie L’Autodidacte, 5, rue Marulaz.

Samedi 5 mai

Paris 18e
Rencontre-débat avec Célia Izoard qui nous parle de son ouvrage la Révolte luddite;
briseurs de
machines à l’ère de l’industrialisation, à 15h30, à la bibliothèque La Rue, au 10,
rue Robert-Planquette.

Nîmes (30)
Rencontre-débat avec le groupe Gard-Vaucluse de la Fédération anarchiste avec deux
courtes interventions (l’abstention et l’autogestion), à 20 heures précises à la
salle 2 du centre Pablo-Néruda. Entrée libre, table
de presse.

Le Mans (72)
Le Café libertaire prochain a pour objet l’actualité politique. Débat sur les
élections: le cumul des mandats et la révocation des élus font-ils l’utopie
durable? La réunion débute à 17 heures, à l’épicerie du Pré, Café
cantine, 31, rue du Pré. Entrée libre. Permanence libertaire tous les samedis, même
heure, même lieu.

Montreuil (93)
Concert de Fred Alpi à 20 heures, au Bar de la Piscine, 20, rue Édouard-Vaillant.
Autres dates de concerts disponibles sur http://www.fredalpi.com/

Marseille 1er
À 15 heures, débat sur l’Antipsychiatrie avec Jacques Lesage de La Haye. À 18
heures, apéro et table de presse avec la chorale Originales Occitanes. À 20 heures,
débat sur les longues peines avec Lucien Léger. Le tout à
1000 Bâbords, 61, rue Consolat, organisé par le groupe anarchiste de Marseille et
Hainedeschaines.

Sevran (93)
Putain d’usine, lecture mise en musique d’extraits du livre de Jean-Pierre Levaray
(éd. L’Insomniaque-Agone) par la Compagnie Action discrète, à 15 heures, à la
Bibliothèque Marguerite-Yourcenar, Place Nelson-Mandela, Rer B, arrêt
Sevran-Beaudottes. Tél.: 0149360178

Dimanche 6 mai

Paris 20e
Bal sauvage à Ménilmontant avec Riton la Manivelle, Fred Alpi, et bien d’autres de
la rue des Amandiers, sur la place de Ménilmontant à partir de 16 heures. On peut
amener boisson et nourriture.

Lundi 7 mai

Marseille 1er
Projection de Visiblement je vous aime, un film de J.-M. Carré autour de
l’antipsychiatrie, à 19h30 au 1000 Bâbords, 61, rue Consolat, organisé par le
groupe anarchiste de Marseille et Hainedeschaines.

Vendredi 11 mai

Le Mans (72)
2e Festival des utopies. La libre circulation des peuples est-elle une utopie? Film
America America, projection et discussion. Entrée libre, buvette, repas, partage… à
18h30, terrain des Subsistances, 14, rue de la
Foucandière.

Marseille 1er
Pourquoi faudrait-il punir? Débat avec Catherine Baker, à 18 heures, au Mille
pattes, 64, rue d’Aubagne, organisé par le groupe anarchiste de Marseille et
Hainedeschaines.

Paris 1er
Procès pour injure publique engagé par Mme Laure Adler et Radio France contre le
président du Rassemblement des auditeurs contre la casse de France culture, à 13 h
30, au Palais de Justice de Paris, 17e chambre correctionnelle (Métro Cité).

Samedi 12 mai

Rouen (76)
« Les milieux libres au début du Xxe siècle », par l’auteure Cécile Beaudet
(Éditions libertaires) à 14h30, à la librairie L’Insoumise, au 128, rue
Saint-Hilaire.

Dijon (21)
Conférence-débat avec Hugues Lenoir sur le thème « Qu’est ce que l’anarchisme? »,
à 18 heures, au local libertaire, au 61, rue Jeanin.

Ivry-sur-Seine (94)
À l’occasion du 10e anniversaire de l’émission De rimes et de notes, soirée de
soutien à Radio libertaire, avec Hélène Maurice accompagnée au piano par Dominique
Fauchard, Jacky Feydi qui interprète Jean-Roger
Caussimon, et Fred Musset, au Forum Léo-Ferré, 11, rue Barbès. Entrée 15 euros
(tarif unique). Métro Pierre-Curie ou Porte-d’Ivry, ligne 7. Bar et petite
restauration disponible sur place. Plus d’informations sur
www.forumleoferre.com.

Marseille 1er
« L’affaire Sacco et Vanzetti: regards nouveaux », conférence-débat avec Ronald
Creagh à 17 heures, au Cira, 3, rue Saint-Dominique.

Paris 20e
Fête du livre libertaire organisée par les éditions CNT-RP. 12h30: Débat autour de
« Discussions avec Bakouine », avec Frank Mintz. 14 heures: « La Volonté du peuple,
démocratie et anarchie », avec Eduardo Colombo. 15h30: « Loin des censier battus »,
débats autour du mouvement contre le CPE. Stands des éditions CNT-RP, livres neufs
et d’occasion, de 12 heures à 19 heures, 33, rue des Vignolles. Métro Avron, ligne
2, ou Buzenval, ligne 9. Buffet et buvette sur place.


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MessageSujet: ...   Jeu 10 Mai - 19:06

Notre mission est de montrer au peuple que le remède n’est pas de
changer le
gouvernement, mais d’abolir le gouvernement. »
Errico Malatesta

*** Sommaire :
Maintenant, la rue ..., par Fred, page 3
L’avenir du site PSA d’Aulnay, par un travailleur, page 4
Hard discount salarial à Lidl, par P. Schindler, page 5
L’autruche, par F. Ladrisse, page 5
Brèves de combat, page 6
Nouvelles des fronts, par H. Lenoir, page 7
JDC Imprimerie doit vivre, par S. Bull, page 8
Palestine : du droit à l’existence, par Olix, page 10
«Gérer» les sans-abri, par J.-P. Garnier, page 11
Jamel, le CRS, par N. Potkine, page 14
Non à l’odre sexuel patriarcal, par D. Brubonde, page 15
Critique du don, par Edouard, page 17
La révolte des vieux, par B. Rey, page 19
Deux enfants d’un même pays, par C. Passevant, page 20
1er mai rouge et noir , par le groupe de Strasbourg page 21
Radio libertaire, page 22
Agenda, page 23


*** Éditorial :

DÉPITÉS ! La majorité des Français est, ce dimanche soir, à l’heure où
nous
bouclons ce numéro, dépitée de voir l’avocat aux dents longues arriver
au pouvoir
et au sommet de sa carrière.

Telle est leur démocratie, la règle du jeu de l’élection au suffrage
universel
direct à deux tours. En effet, monsieur le comte de Naguy Bocsa a
obtenu un score
très nettement supérieur aux 50 % plus une voix qui lui
était nécessaire pour parvenir à la chefferie de l’État.

Ce processus électoral entraîne que – alors qu’au premier tour à peine
un quart des
inscrits sur les listes électorales voulaient se donner comme maître le
leader de
la libéralisation sans entrave – celui-ci se retrouve
élu.

Ne nous leurrons pas, l’arrivée d’un nouveau président de la République
n’a jamais
changé fondamentalement notre condition d’exploités, et Ségolène
Royale, sa
partenaire, telle que l’a qualifiée notre nouveau président,
serait-elle arrivée en
première position que cela n’aurait pas changé grand-chose au sort qui
nous est
réservé.

L’espoir que certains ont mis à faire barrage à la droite pour mettre
la gauche à
sa place a été déçu. Et maintenant, la question qui se pose est : où va
se
canaliser l’énergie de ceux qui, massivement, ont cru que ces élections
pouvaient
changer leur vie ? Vont-ils, naïvement, reporter leurs espérances vers
les
prochaines législatives, pour encore remettre à d’autres le soin
d’exécuter ce que
eux seuls peuvent réaliser ? Ou enfin
réaliseront-ils que les bouffons qui nous gouvernent ne représentent
qu’eux-mêmes,
et que si nous voulons que le monde bouge, il est temps que nous
prenions nos
propres affaires en main.

Ce n’est qu’en nous organisant nousmêmes, dans nos quartiers et dans
nos
entreprises, que nous pourrons créer une véritable résistance à la
domination que
nous font subir les maîtres de la finance et les politiciens.

Ce n’est pas par dogmatisme que les anarchistes appellent à déserter
les urnes,
mais bien parce que l’expérience nous a montré que les élections n’ont
jamais
changé quoi que ce soit dans l’ordre exploiteur-exploités.

Le troisième tour social n’étant pas à l’ordre du jour des leaders des
organisations syndicales, c’est bien à la base de décider enfin que ça
suffit.



*** Et en prime un article de Fred :

Maintenant, la rue

AINSI, les urnes ont décidé que le nain napoléonien présiderait le pays
les cinq
années à venir. Les moutons, échappés des baignoires, se sont rendus en
troupeau
dans les bureaux de vote, autre manière de se laisser
gentiment égorger. Peu importe, au final, le non-événement a eu lieu,
qui ne
bouleversera que celles et ceux dont la croyance en la démocratie,
utopie
inachevée, permet de penser encore qu’ils sont écoutés. A ceux-là,
quel que soit leur vote, on souhaitera de n’avoir pas oublié de passer
à la
pharmacie acheter un tube de vaseline avant de se rendre aux urnes.

Se rendre, c’est le mot, tant une fois encore l’acte électoral prouva,
ce dimanche,
son inanité. Cependant, de cette élection, on peut tirer certains
enseignements,
utiles peut-être pour l’avenir. Premièrement le front anti-Sarko n’a
pas suffit à
empêcher le nabot d’accéder aux plus hautes fonctions.

Ce front, mollement motivé, cette ligne Maginot de la gauche
bien-pensante, fut
tout simplement contournée par la grâce de veilleurs endormis par les
balivernes
ségoléniennes.

« Je veut réconcilier les Français et l’entreprise », lâcha par exemple
la cruche.
Belle version droitiste de la lutte des classes.

Secondement, dans cette campagne, chaque candidat s’efforça, souvent
avec succès,
de faire un pas vers la droite. De Laguiller appelant à voter pour
Royal à Sarkozy
reprenant à son compte le programme du Front national (en passant par
Royal, jouant
le centre contre la gauche), chacun semble avoir accompli son
aggiornamento. Au
final, ce soir, nous assistons à une victoire flagrante du libéralisme,
comme si
les électeurs français avaient voté en même temps pour Bush et pour
Thatcher. La
révolution conservatrice est donc en
marche, et personne ne pourra sérieusement s’y opposer, puisque Royal,
candidate de
droite, a achevé la gauche. Les scores du Parti communiste, de LO, de
les Verts et
autres Bové, montrent assez l’audience de la gauche antilibérale, qui
donne
l’impression d’avoir cessé d’exister.

L’essentiel bien sûr, est ailleurs. La casse du Code du travail, la
casse des
acquis sociaux, la chasse aux sans-papiers, la chasse aux pauvres, n’en
doutez pas,
est dès ce soir ouverte. Ce soir, ce n’est pas seulement
Sarkozy qui a gagné,mais aussi le MEDEF, et les commissariats. Cette
fois il ne
suffira pas d’être nombreux dans la rue, il faudra également être
déterminés, et
pugnaces, car Sarkozy n’est pas Villepin. Le néo-nationaliste
atlantiste pro-Bush
ne reculera pas, sachez-le, devant une poignée de millions de
manifestants. Où
seront les électeurs de Ségolène lorsqu’il faudra se heurter aux
policiers, subir
la violence soi-disant légitime?

Devant Jean-Pierre Pernault, comme depuis des années?

Encore ne parlons-nous ici que de politique intérieure. On préfère
s’interdire de
se demander quelle sera la position de Sarko vis-à-vis, au hasard, de
l’Irak, de la
Palestine.

Au final, ce qui fut élu ce soir, c’est le pire de la régression, pur
produit du
capitalisme. Qui s’en étonnera? Sarkozy ne fut jamais que la pire des
solutions, il
n’est pas surprenant que la France l’ait choisi.

Fred,
Groupe libertaire Louise-Michel de la Fédération anarchiste



*** L'agenda du Monde libertaire # 1477 du 10 au 16 mai 2007

Jeudi 10 mai

Paris 4e
Rassemblement pour la libération des militant-e-s d'Action directe, de
18 heures à
19 heures devant la direction de l'Administration pénitentiaire,
carrefour de la
rue de la Verrerie et de la rue du Renard, métro
Hôtel-de-Ville.

Vendredi 11 mai

Le Mans (72)
2e Festival des utopies. La libre circulation des peuples est-elle une
utopie? Film
America America, projection et discussion. Entrée libre, buvette,
repas, partage… à
18h30, terrain des Subsistances, 14, rue de la Foucandière.

Marseille 1er
Pourquoi faudrait-il punir? Débat avec Catherine Baker, à 18 heures, au
Mille
pattes, 64, rue d’Aubagne, organisé par le groupe anarchiste de
Marseille et
Hainedeschaines.

Paris 1er
Procès pour injure publique engagé par Mme Laure Adler et Radio France
contre le
président du Rassemblement des auditeurs contre la casse de France
culture, à
13h30, au Palais de Justice de Paris, 17e chambre correctionnelle
(Métro Cité).

Saint-Denis (93)
Une manifestation gigantesque, estimée à un million de personnes par
les médias
locaux, a envahi dimanche 29 avril tout le centre d'Istanbul pour
dénoncer toute
remise en cause de la laïcité de la Turquie.
Rencontre-débat avec l'association «Athétürk »
(http://atheturk.free.fr/), à 19h30,
à la Bourse du Travail de Saint-Denis 9, rue Génin (métro ligne 13 -
station Porte
de Paris). Soirée organisée par la Société de défense
des laïques non-croyants, non-croyantes et athées.

Samedi 12 mai

Rouen (76)
« Les milieux libres au début du XXe siècle », par l’auteure Cécile
Beaudet
(Éditions libertaires) à 14h30, à la librairie L’Insoumise, au 128, rue
Saint-Hilaire.

Dijon (21)

Conférence-déba avec Hugues Lenoir sur le thème « Qu’est ce que
l’anarchisme? », à 18 heures, au local libertaire, au 61, rue Jeanin.

Ivry-sur-Seine (94)
À l’occasion du 10e anniversaire de l’émission De rimes et de notes,
soirée de
soutien à Radio libertaire, avec Hélène Maurice accompagnée au piano
par Dominique
Fauchard, Jacky Feydi qui interprète Jean-Roger
Caussimon, et Fred Musset, au Forum Léo-Ferré, 11, rue Barbès. Entrée
15 euros
(tarif unique). Métro Pierre-Curie ou Porte-d’Ivry, ligne 7. Bar et
petite
restauration disponible sur place. Plus d’informations sur
www.forumleoferre.com.

Marseille 1er
« L’affaire Sacco et Vanzetti: regards nouveaux », conférence-débat
avec Ronald
Creagh à 17 heures, au Cira, 3, rue Saint-Dominique.

Paris 20e
Fête du livre libertaire organisée par les éditions CNT-RP. 12h30:
Débat autour de
Discussions avec Bakouine, avec Frank Mintz. 14 heures: la Volonté du
peuple,
démocratie et anarchie, avec Eduardo Colombo. 15h30:
Loin des censier battus, débats autour du mouvement contre le CPE.
Stands des
éditions CNT-RP, livres neufs et d’occasion, de 12 heures à 19 heures,
33, rue des
Vignolles. Métro Avron, ligne 2, ou Buzenval, ligne 9. Buffet et
buvette sur place.

Paris 11e
Forum autour de la révolution espagnole, avec Olivier Pinalie, auteur
de Un
Dimanche de la vie (éditions du Monde libertaire), à 16h30, à la
librairie du Monde
libertaire, 145, rue Amelot.

Le Mans (76)

Suite du Festival des utopies. Conférence-débat « L’Homme nomade ».
Atelier libre:
réflexions écrites. Rencontre avec les « gens du voyage ». Exposé et
débat avec «
Voyageur 72 ». Entrée libre. Repas couscous (5
euros). Concert africain à 14 heures, même lieu.

Marseille 1er
À 15 heures, débat sur les prisons pour mineurs avec des militant.e.s
du journal
l’Envolée. À 18 heures, projection d’un film sur le travail-prison, Une
part du
ciel, de J.-M. Carré. À 20 heures, projection d’un film sur le
travail-souffrance,
Ils ne mourraient pas tous, mais tous étaient frappés, de Sophie
Bruneau et M.-A.
Roudil. Le tout au 1000 Bâbords, 61, rue Consolat, organisé par le
groupe
anarchiste de Marseille et Hainedeschaines.

Dimanche 13 mai

Le Mans (72)
Suite du Festival des utopies. Paroles d’émigrés, témoignages vidéo,
échanges avec
des familles… Rencontre-débat avec l’association Atams (Association
des
travailleurs arabes du Mans et Sarthe). Repas, théatre, lectures,
textes… Entrée
libre à 14 heures, même lieu.

Jeudi 24 mai

Sarlat (24)
« Débats libertaires » sur le thème des libertés individuelles,
organisé par le
groupe Drapeau noir Périgord de la Fédération anarchiste, au café le
Lébérou, 5,
rue Jean-Jacques-Rousseau.

Jeudi 31 mai

Paris 11e
Discussion-débat autour de la lutte contre le CPE, à partir de
l'ouvrage "Loin des
Censier battus" (CNT-RP, 2007, 255 pages) en présence d'étudiant-e-s,
profs et
Iatos. Organisé par la librairie Quilombo. A 19H45, au CICP (21ter rue
Voltaire
Paris 11e)

Samedi 2 juin

Paris 20e
Rendez-vous à l’entrée du cimetière du Père-Lachaise à l’occasion de la
commémoration annuelle de la Semaine sanglante, à 15 heures. Métro
Gambetta.

Dimanche 3 juin

Ivry-sur-Seine (94)
Gala annuel de l’Union pacifiste au Forum Léo-Ferré, 11, rue Barbès.
Entrée 13,50
euros (10,50 euros pour les étudiants, érémistes, enfants de moins de
16 ans…
gratuit pour les enfants de moins de 6 ans). Métro
Pierre-Curie ou Porte-d’Ivry, ligne 7. Bar et petite restauration
disponible sur
place. Plus d’informations sur www.forumleoferre.com.



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MessageSujet: ...   Mer 16 Mai - 18:06

CINQ ANS FERME, le ministre des flics devient président
« La presse française fait preuve d’une partialité révoltante et ne
traite jamais
que les mêmes sujets :les hommes politiques et les autres criminels.»
Boris Vian

*** Le sommaire du Monde libertaire # 1478 du 16 au 23 mai 2007 :
Soeur Anne, par J-P. Germain, page 3
Chirac et son pot de départ, par Jipé, page 4
AntiSarkos et manifestations, par J. -P. Levaray, page 5
L’autruche, par F. Ladrisse, page 5
Brèves de combat, page 6
À Virgin on n’aime pas Amandine , par l’émission Pas de quartier, page
7
Oaxaca, au Mexique, acharnement sur les rebelles, par D. V. Reyes,
page 9
Le génocide au Darfour, par P. Schindler, page 10
La puissance de l’orgasme de l’anarchisme de Wilhelm Reich, par Roger
Dadoun, page 11
Vol industriel chez EADS, par S. Chemin, page 14
Catastrophisme et sens critique, par P. Pelletier, page 15
L’école, une monstrueuse machine, par N. Potkine, page 18
Journalistes précaires..., par Paco, page 19
Bavure dans le 18e, par Karim, page 21
Radio libertaire, page 22
Agenda, page 23


*** Éditorial

QUAND CE NUMÉRO PARAÎTRA, Chirac aura quitté l’Élysée. Bernadette, le
vague à
l’âme, regrette déjà le confort parisien, les déjeuners et les dîners
entre amis
tous frais payés, les voyages en avion, etc.

Heureusement, la famille s’est trouvé un pied-à-terre, un duplex de 180
m2 sur les
quais de Seine, pour ne pas se retrouver loin des folies parisiennes
trop
rapidement. Quant à Sarkozy, il aura pris les fonctions
de la présidence de la République. Il promet de se mettre rapidement au
travail. Il
veut nous y mettre aussi. Le travail, le vrai, où tu t’échines et ne te
plains
jamais.

Contrat de travail unique, privatisation des universités,
flexibilité,heures
supplémentaires, facilité des procédures de licenciement, remise en
cause du droit
de grève… tout y passe. Bref, peu de changements dans la politique,
juste une
continuité.

Si Sarkozy provoque des réactions, c’est surtout parce qu’il incarne
l’ère de la
bourgeoisie qui s’assume. Dans le Parisien, il se permet de dire: « Je
serai un
président comme Louis de Funès dans le Grand Restaurant :
servile avec les puissants, ignobles avec les faibles. J’adore. »

Johnny Hallyday annonce qu’il revient en France maintenant que les
impôts des
riches vont baisser ! Et ce n’est qu’une sélection non exhaustive...

Des manifestations ont déjà eu lieu dans toute la France, ainsi que des
AG dans les
universités. De toute part les organisations condamnent la réaction
violente de ces
manifestants et les qualifient d’antidémocratiques. Le jeu de la
démocratie, en
effet, impose à la totalité des habitants d’un pays de se soumettre à
la volonté de
53 % des électeurs. Les autres devraient ainsi, selon eux, se taire à
jamais.

La gauche et l’extrême gauche parlementaires appelaient à faire bloc
contre la
menace Sarkozy. Une fois cette menace élue, il n’y a plus personne que
ça gêne. Ils
attendront les prochaines élections : seul le pouvoir les intéresse.

Quant à nous, nous continuons de dire que notre combat est dans la rue
et non dans
les urnes.


*** Un article de Jean-Pierre Levaray :
« Nous sommes le cauchemar de Sarkozy »

ON A BEAU ne pas se faire d’illusion à propos des élections, on a
beau ne pas
vouloir choisir avec un bulletin de vote celui ou celle qui sera notre
maître ou
notre bourreau, lorsque le soir du 6 mai, on apprend le résultat et
qu’on voit
s’afficher la tronche de notre Berlusconi local, on a les boules. «
Pays de merde!
» dirait quelqu’un. Ils ont voté parce qu’ils avaient peur et la copie
de Le Pen
est passée.

On éteint la télé avec la colère au ventre et on se retrouve au coeur
des villes
dans des rassemblements spontanés ou presque (parfois à l’appel de ces
fameux «
anarcho-autonomes » chers aux flics et aux journalistes).

Ces rassemblements spontanés se font dans toutes les grandes villes de
France,
comptant de 200 à 2000 manifestants (Rennes, Caen, Nantes, Rouen, Lyon,
Marseille,
Bordeaux, Paris…) avec partout cette volonté de faire éclater plus ou
moins
violemment sa colère. Les manifestants sont, pour la plupart, jeunes et
étudiants,
mais pas seulement. Il y quelques « jeunes des cités », comme on dit,
mais pas tant
que ça. Des slogans qu’on
n’entendait plus reviennent comme « Sarko, facho, le peuple aura ta
peau».

Lorsque les cortèges s’ébranlent, une volonté de faire descendre la
population dans
les rues est omniprésente. À Rennes, la manif traverse les quartiers
populaires. Si
des poubelles sont renversées, voire brûlées, cela n’est rien par
rapport à la
présence policière qui pratique le harcèlement, chargeant
systématiquement et
violemment et voulant couper court aux manifestations. C’est là que
quelques
voitures brûlent et que des vitrines tombent. Les charges policières,
les lacrymo…
Tout y passe, et des flashballs sont même utilisés. Les arrestations
sont
nombreuses: dans la nuit du dimanche 6 mai, la Direction générale de la
police
nationale annonce 592 interpellations.

Les comparutions immédiates donnent lieu à des peines sévères pour les
jeunes
interpellés: de un à trois mois fermes pour les uns et des heures de
Travaux
d’intérêts généraux, lorsque les tribunaux sont un peu plus «
pédagogues ».

Les jours qui suivent voient les manifestations se tarir, mais la
police est
toujours omniprésente et répressive: la manifestation antifasciste
parisienne du 9
mai est interdite et une centaine de manifestants est
interpellée alors que les fascistes manifestent cagoulés et tiennent le
haut du
pavé; à Rouen, le 10, ce sont une dizaine de manifestants qui sont
arrêtés…

Évidemment, le Parti socialiste appelle au calme et à voter aux
législatives,
l’Unef appelle les étudiants en AG à Tolbiac à se mettre en action
seulement à la
rentrée… Bref, rien de neuf.

Reste que ce mouvement fait suite à celui de l’an dernier contre le
CPE. Une frange
de la jeunesse s’est radicalisée et, suite aux émeutes des banlieues de
la fin
2005, un tabou est tombé, celui de l’utilisation de la
violence lors des manifestations.

Quoi qu’il faille relativiser: on est surtout dans la symbolique, car
envoyer une
canette vide, ou un oeuf, n’est qu’une pâle copie d’envoi d’un cocktail
Molotov ou
d’un pavé. On est loin des manifestations qui ont lieu
en Amérique latine et ici, dans notre société où tout doit être soft,
renverser ou
brûler une poubelle passe pour un acte éminemment violent.

Il est évident que dans les mois à venir, face aux attaques de Sarkozy
et consorts,
il ne faudra plus se contenter de manifestations « responsables »
faites à l’appel
de syndicats qui voudront passer pour des
interlocuteurs privilégiés du pouvoir en place…

« Nous sommes le cauchemar de Sarkozy. – pouvait-on lire sur des
affichettes
photocopiées collées dans les rues de Rouen – Dans toutes les villes,
dans tous les
quartiers, des manifs, des affrontements. Et la
guerre est à peine commencée.

Nous ne sommes pas sa France, et nous allons le lui faire comprendre. »

Jean-Pierre Levaray



*** Et pour finir, l'agenda du Monde libertaire :

Jeudi 24 mai

Sarlat (24)
« Débats libertaires » sur le thème des libertés individuelles,
organisé par le
groupe Drapeau noir Périgord de la Fédération anarchiste, au café le
Lébérou, 5,
rue Jean-Jacques-Rousseau.

Samedi 26 mai

Foix (09)
La CNT 09 organise une conférence-film-débat sur les coopératives, à 14
heures, à
la maison des associations. Film J’ai très mal au travail de
Jean-Michel Carré;
présentation avec un rappel historique du mouvement; débat en présence
d’intervenants du monde coopératif; auberge espagnole à partir de 19
heures.

Jeudi 31 mai

Paris 11e
Discussion-débat autour de la lutte contre le CPE, à partir de
l’ouvrage Loin des
Censier battus (CNT-RP, 2007, 255 pages) en présence d’étudiants, profs
et Iatos
Organisé par la librairie Quilombo. À 19h45, au CICP, 21ter, rue
Voltaire.

Samedi 2 juin

Paris 20e
Rendez-vous à l’entrée du cimetière du Père-Lachaise à l’occasion de la
commémoration annuelle de la Semaine sanglante, à 15 heures. Métro
Gambetta.

Dimanche 3 juin

Ivry-sur-Seine (94)
Gala annuel de l’Union pacifiste au Forum Léo-Ferré, 11, rue Barbès.
Entrée 13,50
euros (10,50 euros pour les étudiants, érémistes, enfants de moins de
16 ans…
gratuit pour les enfants de moins de 6 ans). Métro
Pierre-Curie ou Porte d’Ivry, ligne 7. Bar et petite restauration
disponible sur
place. Plus d’informations sur www.forumleoferre.com

Mercredi 6 juin

Paris 20e
ARCC organise une soirée consacrée à André Robèr (du groupe la Vache
folle),
peintre, poète et éditeur des Éditions K’A, à 19 heures, 160, rue de
Pelleport.
Soirée préparée et présentée par Dominique Jeantet avec la
participation de Stéphane Hoarau.

Jeudi 7 juin

Merlieux (02)
Rencontre avec Frédéric H. Fajardie, auteur des Foulards rouges, du
Voleur de vent,
de La Lanterne des morts, de La Nuit des chats bottés, de Chronique
d’une
liquidation politique, de 18 heures à 21 heures, à la
Bibliothèque sociale, 8, rue de Fouquerolles. Tél./fax: 0323801709.

Vendredi 8 juin

Rouen
Soirée poésie. Panorama de la poésie actuelle et présentation du
nouveau recueil de
Guy Pique Haut Corps (K. éditions) à la librairie l’Insoumise, au 128,
rue
Saint-Hilaire.

Samedi 9 juin

Paris 18e
Rencontre-débat avec Céline Beaudet qui nous parle de son ouvrage Les
Milieux
libres: vivre en anarchiste à la Belle Époque à 15h30, à la
bibliothèque La Rue, au
10, rue Robert-Planquette.

Jeudi 14 juin

Sarlat (24)
« Débats libertaires » sur le thème du militantisme anarchiste,
organisé par le
groupe Drapeau noir
Périgord de la Fédération anarchiste, au café le Lébérou, 5, rue
Jean-Jacques-Rousseau.

Jeudi 28 juin

Ivry-sur-Seine (94)
Soirées de soutien au Forum Léo-Ferré du 28 au 30 juin. Le 28: Céline
Cussimon,
Annick Cisaruk, Bruno Daraquy, Wladimir Anselme. Au Forum Léo-Ferré,
11, rue
Barbès. Entrée 15 euros pour une soirée, 28 euros pour deux soirées, 40
euros pour
les trois. Métro Pierre-Curie ou Porte-d’Ivry, ligne 7. Bar et petite
restauration
disponible sur place. Plus d’informations sur www.forumleoferre.com

Vendredi 29 juin

Ivry-sur-Seine (94)
Soirée de soutien au Forum Léo-Ferré du 28 au 30 juin. Avec Jean-Pierre
Réginal,
Alain Léamauff, Chris Lancry, Vincent Absil. Voir jeudi 28 juin.

Samedi 30 juin

Ivry-sur-Seine (94)
Soirée de soutien au Forum Léo-Ferré du 28 au 30 juin. Avec Yannick Le
Nagard,
Claude Astier, Bernard Joyer, Sarclo. Voir jeudi 28 juin.


Le Monde libertaire, hebdomadaire de la Fédération anarchiste,
adhérente à
l'Internationale des fédérations anarchistes

Chaque jeudi en kiosque, 24 pages en couleurs pour deux euros

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MessageSujet: ...   Ven 25 Mai - 10:24

Les riches en yacht, Les pauvres en galère !

«Toutes les lois sont oppressives et criminelles.Elles ne protègent que les riches
et les heureux.»
Octave Mirbeau

*** Le sommaire :
Airbus, les salariés refusent de jouer, par Fabrice, page3
Kouchner l’Américain, par Rébecca, page 4
XXIe SIÈCLE et syndicalisme, par J. -P. Germain, page 5
L’autruche, par F. Ladrisse, page 5
Brèves de combat, page 6
Qui sont les vrais utopistes, par T. Périssé, page 7
Québec, éducation et classes sociales, par Marina, page 9
À la mémoire des résistants espagnols du plateau des Glières, par D. Pinós, page 11
Vous avez dit socialistes?, par M. Rajsfus, page 14
Loin des Censier battus, par E. Barrierasr, page 17
Du mauvais côté du pourcentage, par N. Potkine, page 20
Cerise sur le tilleul, par les Taneries, page 21
Grève de la faim, par Casquette, page 21
Radio libertaire, page 22
Agenda, page 23


*** Éditorial
MORNE EST LA PLAINE du paysage politique après le passage de l’orage de l’élection
présidentielle.

Ceux qui sont du côté du manche paradent – goguenards – et peinent à refréner leur
morgue pendant que la cohorte appartenant au camp des battus s’échine à essayer de
sauver quelque meubles à l’occasion des prochaines législatives.

Tous ont pour antienne la même injonction : les urnes ont parlé, nous devons tous
nous soumettre à leur sentence et attendre patiemment le prochain tirage. Il est
juste et tentant à la fois de gloser à l’infini
sur les marchands d’illusion qui maîtrisent si bien l’art d’anesthésier les
consciences afin de mieux naturaliser l’ordre existant en vue de le perpétuer à
l’infini… mais ce n’est pas suffisant.

A rebours des partis, organisations et clercs qui prétendent détenir le magistère
de la pensée et le vade-mecum de l’action, y compris après la énième faillite de
leurs oracles, nous, anarchistes, saurons faire preuve d’humilité alors que les
circonstances pourraient nous faire verser dans une certaine immodestie.

Nous pourrions facilement prouver en effet que nos analyses étaient justes et que
les faits nous ont donné raison. Bien entendu, nous réitérerons les même propos car
ce sera nécessaire encore et toujours, mais nous n’en resterons pas là.

En effet, immense est la tâche qui nous attend pour faire prendre conscience au
camp des travailleurs qu’eux seuls détiennent les clés pour dessiner d’autres
futurs. Nous savons que nous pouvons nous appuyer sur un corpus d’idées dont la
validité n’a pas pris une ride, bien au contraire. Néanmoins, et parce que
l’anarchisme ne relève pas du prêt-à-penser et du prêt-à-appliquer, nous
n’hésiterons pas à enrichir nos réflexions et
pratiques en les confrontant à celles d’autres acteurs – individuels ou collectifs
– qui manifestent sincèrement leur désir d’aboutir à une société débarrassée de
l’exploitation de l’homme par l’homme.

Nous, anarchistes, ne sommes pas atteints du syndrome de l’avant-garde éclairée,
aussi le sectarisme ne nous infecte pas. Nous savons que la crédibilité de nos
idées sera jaugée sinon jugée à l’aune de nos engagements dans les luttes qui
émergeront et se développeront nécessairement dans la période qui s’ouvre, mais
aussi sur notre capacité à développer de nouveaux outils d’analyse et de réflexion.

Nous sommes prêts pour tout cela avec une seule règle : le désir de
débattre et agir avec tous ceux et celles qui feront passer les intérêts collectifs
avant leur ego et qui, parallèlement, refuseront de faire prendre des vessies pour
des lanternes aux yeux des travailleurs.


*** En prime, un article de Fabrice :
Airbus : les salariés refusent de jouer !

Une des premières actions de notre nouveau président fut d’aller rencontrer les
représentants syndicaux d’Airbus Industries. Pour les salariés, rien ne va plus !

DANS UN PRÉCÉDENT ARTICLE paru dans le Monde libertaire du 15 mars, intitulé «
Airbus, le grand jeu de Monopoly », je concluais en écrivant: « Pour les salariés,
la seule solution est de prendre leurs affaires en main
en refusant le rôle de simples pions qu’on veut leur faire jouer. »

C’est exactement ce qui s’est passé dans les dernières semaines de manière assez
exemplaire.

Rappel des faits: mercredi 25 avril, les salariés d’Airbus apprennent de leur
direction que la prime d’intéressement passe de 3000 euros en 2006 à 2,50 euros en
2007… Après l’annonce des 10000 licenciements du plan Power 8 et l’information sur
le parachute doré de Noël Forgeard, PDG d’Airbus,
de 8,5 millions d’euros, le moins que l’on puisse dire est que la couleuvre passe mal.

Dès le lendemain, des débrayages spontanés, qualifiés de « grève sauvage » par
Ouest-France, se répandent comme une traînée de poudre sur tous les sites: « c’est
parti de quelques gars ce matin, à 7 heures, juste avant l’embauche. On a fait du
poste à poste pour convaincre les collègues de débrayer et de bloquer l’entrée »,
raconte un jeune ouvrier de Saint-Nazaire.

Le 27 avril, à Saint-Nazaire, la quasi totalité des salariés est en grève et
demande à l’intersyndicale (CGT, FO, CFDT, CGC, CFTC) de défendre la plateforme
revendicative adoptée par l’assemblée générale: versement d’une prime
exceptionnelle d’intéressement de 1970 euros brut ainsi qu’une prime de
participation de 2200 euros brut. Retrait du plan Power 8, embauche des
intérimaires, compensation des départs en préretraite par autant d’embauches.

Sur cette base, en principe, les représentants syndicaux rencontrent la direction
et rendent compte ensuite des propositions de celle-ci, à savoir une prime
exceptionnelle de 500 euros, 1,5 % d’augmentation générale des salaires, 0,5 %
d’augmentation individuelle selon le « mérite ».

Certains syndicats proposent alors de reprendre le travail, sous la huée des
salariés. Le vote est sans ambiguïté: 1250 pour la poursuite de la grève, une
petite cinquantaine contre (des cadres essentiellement).

La tension monte très vite entre la « coordination des ouvriers, qui comprend
d’ailleurs des syndiqués de la CGT et de FO notamment, et les directions syndicales
nationales. FO, majoritaire dans la boîte, se trouve
ainsi écartelée entre son syndicat de base orienté vers la lutte et sa fédération
des métaux qui n’a de cesse, une fois de plus, que de faire rentrer les ouvriers au
bercail…

Jusqu’au 11 mai, la bagarre continue malgré toutes les manoeuvres, les pressions de
la bureaucraties. La rancoeur s’est installée aussi: « les syndicats disent qu’ils
sont derrière nous, mais c’est devant qu’ils
devraient être! » explique un métallo.

C’est tout le problème en effet… Cela fait bien longtemps que certaines directions
syndicales, à ne pas confondre avec les sections syndicales de base, ont abandonné
la lutte pour s’installer dans « l’accompagnement (1) », voire la collaboration de
classes. De la charte d’Amiens à la charte du travail de Pétain, en quelque sorte…

Cela dit, au moment même où l’on annonce que Jean-Paul Gut, le directeur général
délégué, réclamerait une prime de départ de 12 millions d’euros, cette lutte des
salariés d’Airbus est exemplaire et rassurante à plus d’un titre. Tout d’abord,
elle est partie de la base, de jeunes ouvriers le plus souvent qui ont clairement
décidé de prendre les choses en main. Ensuite, la forme même de la lutte ne peut
que satisfaire des militants
anarchistes: assemblée générale, définition d’un mandat, structuration en «
coordination » incluant les syndicats qui voulaient se battre (embryon de comité de
grève).

Enfin, la volonté d’en découdre, la détermination des salariés, ont mis un sérieux
coup de pied dans la fourmilière des bureaucraties syndicales. Malgré la volonté
d’unité très grande des salariés, quelques mises au
point salutaires sont en cours.

Dans la période qui s’annonce, où régression sociale et répression vont constituer
les deux volets complémentaires d’une même politique, cette lutte montre la voie à
suivre, mais aussi les obstacles à surmonter.

Mais y a-t-il d’autre issue que la lutte collective qui s’exerce directement sur le
terrain de classe, à l’inverse d’un vote aux législatives ou à la présidentielle
(2), par exemple, acte individuel par définition (dans le fameux isoloir) et sur
des bases forcément interclassistes: la nation, l’autorité, la sécurité, le
drapeau…

Inlassablement, avec humilité mais détermination, il appartient aux militants
anarchistes d’aider au maximum à la construction de cette résistance, ne serait-ce
qu’en développant et en structurant leur propre
organisation au service des luttes. Cela sera l’enjeu du prochain congrès de la
Fédération anarchiste.

(1).Y compris sur la base de propositions syndicales tels les parcours sécurisés de
la CFDT ou la sécurité sociale professionnelle de la CGT qui risquent d’aboutir à
la fléxisécurité proposée par Sarkozy. Un prochain
article fera le point sur cette question très importante.

(2). Certains camarades se sont émus de la forte participation à la dernière
élection présidentielle, croyant y voir une nouveauté inquiétante. Rappelons
simplement que le taux de participation, certes supérieur de 6 % environ par
rapport aux élections de 1995 et 2002, ne fait qu’à peine atteindre les taux de
1974 ou 1981. Pas de panique donc, toujours mauvaise conseillère comme cela a pu
être le cas en avril 2002…

Fabrice
Groupe La Sociale de la Fédération anarchiste à Rennes


*** Et pour finir, l'agenda du Monde libertaire :

Jeudi 24 mai

Sarlat (24)
« Débats libertaires » sur le thème des libertés individuelles, organisé par le
groupe Drapeau noir Périgord de la Fédération anarchiste, au café Le Lébérou, 5,
rue Jean-Jacques-Rousseau.

Samedi 26 mai

Paris 8e, 9e, 17e et 18e
Manifestation à l'appel du 9e collectif de sans papier à 14 heures à la Place de
Clichy. Metro Place-de-Clichy, ligne 2 ou 13.

Cognac (16)
Rencontre avec les Editions Libertaires à la librairie "Le texte libre" à 15
heures. Franck Thiriot présentera la collection Paroles en présence des artistes :
Laurent Melon (Paroles de poêtes révoltés), Eric Coulaud
(Paroles antimilitaristes) dans le cadre d'une rencontre exceptionnelle "Art et
politique. Art-politique". Librairie "Le Texte Libre", 17 rue Henri Fichon, 16100
COGNAC. Tel. : 05.45.22.20.52.

Foix (09)
La CNT 09 organise une conférence-film-débat sur les coopératives, à 14 heures, à
la maison des associations. Film J’ai très mal au travail de Jean-Michel Carré;
présentation avec un rappel historique du mouvement; débat en présence
d’intervenants du monde coopératif; auberge espagnole à partir de 19 heures.

Jeudi 31 mai

Paris 11e
Discussion-débat autour de la lutte contre le CPE, à partir de l’ouvrage Loin des
Censier battus (CNT-RP, 2007, 255 pages) en présence d’étudiants, profs et Iatos
Organisé par la librairie Quilombo. À 19h45, au CICP, 21ter, rue Voltaire.

Vendredi 1 juin

Rouen
Soirée poésie. Panorama de la poésie actuelle et présentation du nouveau recueil de
Guy Pique Haut Corps (K. éditions) à la librairie l’Insoumise, au 128, rue
Saint-Hilaire.

Samedi 2 juin

Paris 20e
Rendez-vous à l’entrée du cimetière du Père-Lachaise à l’occasion de la
commémoration annuelle de la Semaine sanglante, à 15 heures. Métro Gambetta.

Dimanche 3 juin

Ivry-sur-Seine (94)
Gala annuel de l’Union pacifiste au Forum Léo-Ferré, 11, rue Barbès. Entrée 13,50
euros (10,50 euros pour les étudiants, érémistes, enfants de moins de 16 ans…
gratuit pour les enfants de moins de 6 ans). Métro
Pierre-Curie ou Ported’Ivry, ligne 7. Bar et petite restauration disponible sur
place. Plus d’informations sur www.forumleoferre.com

Samedi 5 juin

Paris 11e
Débat à la librairie Publico, 145 rue Amelot, à 16 heures. Pascal Charbonnat,
Guillaume Lecointre et Marc Sylberstein viendront nous parler de la passionnante
«histoire des philosophies matérialistes » que vient
d’écrire Pascal.

Mercredi 6 juin

Paris 20e
ARCC organise une soirée consacrée à André Robèr (du groupe la Vache folle de la
FA) peintre, poète et éditeur des Éditions K’A, à 19 heures, 160, rue de Pelleport.
Soirée préparée et présentée par Dominique Jeantet avec la participation de
Stéphane Hoarau.

Jeudi 7 juin

Merlieux (02)
Rencontre avec Frédéric H. Fajardie, auteur des Foulards rouges, du Voleur de vent,
de La Lanterne des morts, de La Nuit des chats bottés, de Chronique d’une
liquidation politique, de 18 heures à 21 heures, à la
Bibliothèque sociale, 8, rue de Fouquerolles. Tél./fax: 0323801709.


Samedi 9 juin

Paris 18e
Rencontre-débat avec Céline Beaudet qui nous parle de son ouvrage Les Milieux
libres: vivre en anarchiste à la Belle Époque à 15h30, à la bibliothèque La Rue, au
10, rue Robert-Planquette.

Mardi 12 Juin

Ivry-sur-Seine (94)
Réunion publique. Violence, non-violence, action directe et avant-gardisme dans le
mouvement ouvrier et social. Le débat sera précédé par la projection du film
documentaire "The Weather underground" de Sam Green et Bill Siegel. Ce film relate
l'histoire d'un groupe d'étudiant aux USA dans les années 60 qui créent une
formation révolutionnaire armée. Soirée à l'invitation du groupe libertaire d'Ivry
(Fédération anarchiste). A 20 heures au Forum Léo Ferré, 11, rue Barbès. Métro :
Pierre-Curie. Bar et petite restauration. Entrée libre

Jeudi 14 juin

Sarlat (24)
« Débats libertaires » sur le thème du militantisme anarchiste, organisé par le
groupe Drapeau noir Périgord de la Fédération anarchiste, au café le Lébérou, 5,
rue Jean-Jacques-Rousseau.


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MessageSujet: ...   Jeu 7 Juin - 19:00

Le pouvoir sur ta vie,tu le tiens de toi même »
Ni dieu, ni maîtres du monde

*** Sommaire du Monde libertaire # 1481 du 7 au 13 juin 2007
Un bien chouette pays, par Sitting Bull, page 3
Motions du 64e congrès de la Fédération anarchiste, page 4
Autruchement vôtre, par F. Ladrisse, page 5
En bref, à vos postes, page 6
De la révolution à la guimauve, par Jipé, page 7
Travailler tue , par Patrice, page 8
Homophobie au pays des soviets, page 8
1er mai au Québec, page 9
Quelle perspective pour l’anarchisme au Québec?, page 10
Putain de patriarcat, par D. Brubonde, page 11
Reich et la nouvelle anarchie, par R. Dadoun, page 14
La route du lynx, par G.Girard, page 16
Cannes d’un autre regard, par H. Hurst, page 17
Vol de corbeaux au dessus d’ un nid de calottes, par Paco, page 20
Le SLA de Montréal, par P. Sommermeyer, page 21
Le mouvement, page 22
Radio libertaire, page 23
Agenda, page 24


*** Éditorial

CETTE SEMAINE vont se réunir les chefs des huit plus puissants États de notre
planète. Ces huit hommes et femmes détiennent entre leurs mains l’existence et le
devenir de plus de six milliards d’individus. Les pays
qu’ils sont censés représenter produisent plus de 65 % des richesses mondiales
alors que n’y habite que 13 % de la population de la planète. Se considérant comme
les actionnaires majoritaires de l’entreprise « Monde® », ceux-ci s’en
autoproclament les véritables maîtres ; décident quelle guerre est acceptable, quel
pays vassal est digne d’émerger de la misère dans laquelle leur système
d’assujettissement tient les pays dont ils ont conquis l’économie au travers de la
dette. La Banque mondiale qu’ils contrôlent leur sert à imposer leurs diktats au
reste du monde. Ils influent sur la politique des Nations unies où ils ont des
droits de veto.

Mais ils ne sont pas seuls à gouverner. En effet, si leurs moyens répressifs sont
tels qu’ils ont de quoi faire disparaître notre planète du système solaire, ils ne
contrôlent pas les requins de la finance mondialisée qui ont su s’affranchir de
leur emprise en tenant les cordons de la Bourse. Mais que l’on se rassure pour eux,
il n’y a pas de guerre des gangs entre le G8 et le forum économique mondial de
Davos, tout ce petit monde s’entend très bien sur notre dos.

Ceux qui pensent que la lutte des classes est un concept dépassé n’ont qu’à
regarder l’accroissement du fossé qui sépare les riches et les pauvres pour
s’apercevoir que, au contraire, les classes possédantes ne
cessent de conquérir sur nous des positions de force.

Contrôlant les moyens de communication, ils nous bercent d’une fable qu’ils
appellent réalité et qui n’est que le reflet de leurs désirs. Leurs moyens de
coercition sont tels – ils se servent aussi bien de l’argent que
des médias ou des forces armées – qu’ils arrivent à nous imposer leur vision du
monde sans que nous puissions, ou presque, nous opposer à eux.

Un nouveau membre, chez nous, s’est élevé à la tête du gang, il s’agit de notre
nouveau président, Nicolas Sarközy. Celui-ci n’arrête pas, ces temps-ci, de nous
gaver d’effets d’annonce de réformes, toutes plus
populistes les unes que les autres. Les masses médias n’ont de cesse de livrer à
leur nouveau maître les parts de cerveaux disponibles qu’ils peuvent générer. Il
s’agit de vendre au Français un Parlement à la botte
du maître de l’Élysée.

Quant à nous, anarchistes, nous resterons fidèles à notre idéal, sans dieu ni
maître, et nous demanderons à ceux auxquels il reste une part de clairvoyance dans
cette société spectacle de ne pas collaborer et de ne
pas légitimer ce système représentatif. Plus loin que l’abstention, c’est la
non-participation, la non-collaboration que nous prônons. Car, où il n’y a pas
d’esclaves, il n’y a pas de tyrans.


*** Et pour finir, l'agenda du Monde libertaire :

Jeudi 7 juin

Merlieux (02)
Rencontre avec Frédéric H. Fajardie, auteur des Foulards rouges, du Voleur de vent,
de la Lanterne des morts, de la Nuit des chats bottés, de Chronique d’une
liquidation politique, de 18 heures à 21 heures, à la
Bibliothèque sociale, 8, rue de Fouquerolles. Tél./fax: 0323801709.

Samedi 9 juin

Paris 11e
Forum-débat de la librairie du Monde libertaire, avec Rodolphe Christin, auteur du
livre Dissidence de la broussaille (ACL) Voici un livre-itinéraire qui entend
dépasser le clivage entre nature et culture, à 16h30, 145 rue Amelot, métro
Oberkampf, République ou Filles-du-Calvaire.

Paris 18e
Rencontre-débat avec Céline Beaudet qui nous parle de son ouvrage les Milieux
libres: vivre en anarchiste à ma Belle Époque à 15h30, à la bibliothèque La Rue, au
10, rue Robert-Planquette, Métro Blanche ou
Abbesses.

Mardi 12 juin

Dijon (21)
Dans le cadre des journées de soutien aux luttes mexicaines Chiapas et Oaxaca, la
CNT-21 et le Groupe libertaire dijonnais vous proposent la projection du film le
Violon, du réalisateur mexicain Francisco Vargas,
suivie d’une discussion, au cinéma l’Eldorado à 20h15.

Ivry-sur-Seine (94)

Réunion publique. Violence, non-violence, action directe et avant-gardisme dans le
mouvement ouvrier et social. Le débat sera précédé par la projection du
film-documentaire The Weather underground de Sam Green et Bill Siegel. Ce film
relate l’histoire d’un groupe d’étudiants aux États-Unis dans les années 1960 qui
créent une formation révolutionnaire armée. Soirée à l’invitation du groupe
libertaire d’Ivry (Fédération anarchiste). A 20 heures, au Forum Léo-Ferré, 11, rue
Barbès. Métro Pierre-Curie. Bar et petite restauration.
Entrée libre.

Vendredi 15 juin

Pantin (93)
Trois jours de fête pour les 30 ans de chansons de Mots et musiques, avec Vincent
Absil, Claude Astier, Charlotte, Juja Lula, Raphaele Selval, À 20 heures à La
Menuiserie, 77, rue Jules-Auffret. Entrée: 10 euros.

Samedi 16 juin

Paris 11e
Forum à la librairie du Monde libertaire avec Gaetano Manfredonia, auteur de
Anarchisme et changement social, insurrectionnalisme, syndicalisme et
éducationnisme réalisateur, (ACL) à partir de 16h30, 145, rue Amelot, métro
Oberkampf, République ou Filles-du-Calvaire.

Pantin (93)
Trois jours de fête pour les 30 ans de chansons de Mots et musiques, avec Alain
Aurenche, Béatrice Be, Maik Darah, Frédérique, Sabine Viret. À 20 heures à la
Menuiserie, 77, rue Jules-Auffret. Entrée: 10 euros.

Dimanche 17 juin

Le Vigan (30)
Le groupe Gard Vaucluse organise une rencontre "Pour transformer la société par
l’abstention et les pratiques autogestionnaires". Maison Truel du Vigan, à 18h30.

Pantin (93)
Trois jours de fête pour les 30 ans de chansons de Mots et musiques, avec Aruna,
Agnès Collet, Richard Colnot, Marcel Eglin, Marie Volta, À 17 heures à La
Menuiserie, 77, rue Jules-Auffret. Entrée: 10 euros.

Jeudi 28 juin

Ivry-sur-Seine (94)
Soirées de soutien au Forum Léo-Ferré du 28 au 30 juin. Le 28: Céline Caussimon,
Annick Cisaruk, Bruno Daraquy, Wladimir Anselme. Au Forum Léo-Ferré, 11, rue
Barbès. Entrée 15 euros pour une soirée, 28 euros pour deux soirées, 40 euros pour
les trois. Métro Pierre-Curie ou Porte-d’Ivry, ligne 7. Bar et petite restauration
disponible sur place. Plus d’informations sur www.forumleoferre.com.

Vendredi 29 juin

Ivry-sur-Seine (94)
Soirée de soutien au Forum Léo-Ferré du 28 au 30 juin. Avec Jean-Pierre Réginal,
Alain Léamauff, Chris Lancry, Vincent Absil. Voir jeudi 28 juin.

Samedi 30 juin

Ivry-sur-Seine (94)
Soirée de soutien au Forum Léo-Ferré du 28 au 30 juin. Avec Yannick Le Nagard,
Claude Astier, Bernard Joyer, Sarclo. Voir jeudi 28 juin.


Le Monde libertaire, chaque jeudi, 24 pages en couleurs pour deux euros
Hebdomadaire de la Fédération anarchiste, adhérente de l’Internationale des
fédérations anarchistes
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