LES PAYS DE COCAGNE

les pays de dedans toi
AccueilAccueil  ­PortailPortail  ­FAQFAQ  ­S'enregistrerS'enregistrer  ­MembresMembres  ­GroupesGroupes  ­ConnexionConnexion  
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujetPartager | 
 

 le monde libertaire

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6  Suivant
AuteurMessage
kamchatka
Langue pendue


Nombre de messages: 530
Date d'inscription: 17/12/2006

MessageSujet: ...   Sam 16 Juin - 14:53

« Ce n’est pas le savoir qui doit être inculqué, c’est la personalité
qui doit
parvenir à son propre épanouissement »
Max Stirner (1842)

*** Sommaire
Refus de prélèvement d’ADN, par J.-P. Levaray, page 5
L’autruche attend les jours meilleurs en persiflant, page 5
Les brèves de combat, page 6
Nouvelles des fronts, par H. Lenoir, page 7
L’entraide etc, par Jimma, page 8
La casse à Opel-Anvers par Paul K. , page 8
L’anarchisme en Grèce, par Dimitri, page 9
Décroissance en avril à Saint-Denis, par Alex, page 12
Sarkophagie sur l’Hexagone, par J. Langlois, page 14
Utopie et anarchisme, par P. Schindler, page 17
Désarmement unilatéral, par R.B., page 18
Prévert et l’éthique, par G. Kendival, page 21
Programmes de Radio libertaire, page 22
Agenda , page 23


*** Editorial :
LE SABRE DE NAPOLÉON a été vendu pour 4,8 millions d’euros. On ignore
encore par
qui... La vox populi a sûrement un avis à donner mais elle ne l’a pas
dit de
manière audible. Pensera-t-on à qui vous savez ?

Attendons le raz de marée azur annoncé pour le second tour pour y voir
plus clair.

En Belgique, le marc de café a donné favoris les chrétiens-démocrates à
leurs
élections législatives. Et les licenciements dans l’automobile wallone
ou flamande,
elle est à quelle sauce ?

Nous voilà au début du XXIe siècle, au temps des guerres prétendument
high-tech et
voilà qu’on nous repasse le plat éculé des boucliers. Ils ne servent
plus à se
protéger contre les coups de l’assaillant, mais sont une
arme contre le « choc fiscal ». On ne comprend pas toujours tout, mais
encore une
fois c’est aux gros revenus qu’il advient de payer moins d’impôts. Y’a
pas de
secrets, quoi qu’en disent les médias à la botte.

L’autre version du bouclier se croise au sommet du G8. Il y aurait des
broutilles
discordantes entre les Russes et les Américains au sujet d’un bouclier
anti-missile. Il y en a déjà un à Helligendamm en Allemagne, mais
l’oncle Sam en voudrait d’autres en Pologne et en République tchèque.
Ce serait
contre les vilains, entre autres l’Iran. Mais la notion de vilains
varie suivant
les pays !

Alors le tsar rouge n’est pas content.L’Afrique et le réchauffement de
la planète,
c’est pour la galerie, il n’y a pas besoin d’être anarchiste pour le
comprendre.

Et les élections dans notre douce France ?

Entre descente aux enfers et déroute historique, les commentateurs de
tous bords ne
se privent pas d’allégeance aux nouveaux maîtres.

Pour ce qui importe aux anarchistes, ils ne se joindront pas aux larmes
de
crocodile, sincères ou non. Pour nous le combat est ailleurs, dans le
monde
syndical, dans la vie associative, dans ce qui conserve encore
l’espoir d’un monde futur. Le combat, aujourd’hui perdu, dans les urnes
n’est
qu’une illusion.


*** Et en prime, un article :
Contre-sommet de Rostock

LE PREMIER JUIN dernier, Rostock ressemblait à une ville fantôme. Les
commerçants
ont barricadé leur vitrine et environ 10000 policiers étaient
stationnés dans la
ville, survolée en permanence par des hélicoptères.

Plus de 600 personnes s’apprêtaient à passer la nuit sur l’ancien
terrain militaire.

Le 2, après l’annonce du NPD (Parti national démocratique [extrême
droite]) de son
intention de manifester à Schwerin, toute manifestation a été interdite
dans cette
ville, et 150 antifas se sont fait arrêter pour avoir tenté de
manifester. Pendant
ce temps, le NPD défile au « Brandenburger Tor » à Berlin…

L’après-midi, la grande manif unitaire réunira quelque 80000 personnes.
Le black
block représente environ 4000 manifestants. Dans un premier temps, la
police semble
s’être tenue plutôt à carreau avant de multiplier les provocations.
Vers la fin de
la manif, lorsque la police attaque, sans raison, un bloc autonome, les
premiers
heurts éclatent.

La situation s’est rapidement détériorée et de violents affrontements
ont éclaté
aux alentours du lieu de dissolution. Il y aura en tout plus de 60
arrestations, et
le parquet de Rostock a lancé une procédure contre 17
militants.

Cette manifestation fera la une de tous les journaux allemands du
lendemain, dans
lesquels on parle des plus violents affrontements que l’Allemagne ait
connus depuis
les années 1980. Selon la police, 433 des leurs auraient été blessés
lors des
affrontements.

Du côté des manifestants, on fait état de 520 blessés. La « Greenteam »
avait
annoncé avoir 30 blessés graves. En y regardant de plus près, pourtant,
le mensuel
allemand Der Spiegel constatera que seulement deux policiers ont été
hospitalisés.

Le 4 juin était déclaré journée d’action relative aux migrations et à
la liberté de
circulation. Quelque 2000 personnes se sont rassemblées à Rostock
devant le
département d’immigration pour se diriger vers le
Sonnenblumen Haus, dans le quartier de Lichtenhagen, pour participer à
la
commémoration appelée « Les trois jours d’août ».

En 1992, des nazis, auxquels s’étaient joints des habitants du
quartier, avaient
attaqué un centre de réfugiés durant plusieurs jours sous les yeux de
la police,
restée passive. Le pogrom de Rostock allait marquer le début d’une
série de
violences racistes comme l’Allemagne n’en avait pas connue depuis 1945.
Là où en
1992, pendant trois jours, la police n’était pas intervenue pour mettre
fin aux
violences racistes, elle n’a pas hésité, aujourd’hui, à matraquer et
cogner…

Le 5 juin, le Kavala (service spécial de la police de Rostock pour le
G8) a
proclamé l’interdiction de toute manifestation pour le jeudi 6 juin, y
compris à
l’extérieur des zones I et II. En fin d’après-midi débutaient
les premières actions de blocage. Dans la soirée, un millier de
personnes ont battu
le pavé contre la répression. La manifestation s’est terminée à
Kühlungsborn, où la
police n’a pas pu empêcher les militants de poursuivre jusqu’à la
plage. Le soir,
dans les différents campements, les militants se préparaient pour
participer aux
blocages du lendemain et les discussions allaient bon train sur les
types d’action
à mettre en place.

Le 6 juin les premières discussions informelles entre les saigneurs du
monde débutent.

Tout au long de la journée, blocages et actions directes vont se
multiplier. Cinq
mille personnes sont arrivées à la limite de la zone où toute
manifestation est
interdite. Les militants tentent de passer à travers champ pour
contourner les
flics. Cinq mille personnes bloquent la route d’accès à Gate 2 (entrée
n° 2) et les
militants ont réussi à avancer jusqu’à moins de deux mètres de la zone
rouge,
certains ont même commencé
à démonter la clôture métallique. Douze hélicoptères tournent dans le
ciel ! En
tout, plus de 10000 personnes bloquent le G8.Toutes les routes d’accès
à
Heiligendamm sont bloquées, soit par les manifestants, soit par
des flics. Les délégations n’arrivent à passer que sur une seule route…

Le 7 juin débute la partie officielle du G8.

Malgré l’intervention de la police, avec canons à eau et lacrymogènes,
les blocages
se sont poursuivis toute l’après-midi. Certains tiennent depuis la
veille, et les
gens ne semblent pas décidés à bouger… Peu avant 17
heures, à l’entrée Est où les flics étaient pourtant présents en force,
des
délégués venus pour le G8 ont dû rebrousser chemin, car deux mille
personnes
étaient présentes pour bloquer l’entrée. Durant la soirée, alors
que les blocages continuaient, 50 à 70 nazillons se sont rassemblés
devant le
Convergence Center à Rostock. Mais leur manège n’a pas duré longtemps
car de
nombreux militants se sont présentés.

Le 8 juin, dans la matinée, les blocages ont commencé à diminuer, le G8
se
terminant le soir. L’après-midi, une manifestation rassemblant entre
1500 et 2000
personnes s’est déroulée à Rostock. La police est intervenue de manière
violente,
provoquant une nouvelle manifestation spontanée qui s’est dirigée vers
la Gesa, là
où des militants sont détenus.

Toute la semaine, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont
participé à la
mobilisation anti-G8. Plus de 10000 ont participé aux actions de
blocage. Les «
huit maîtres du monde » ont été obligés de se réfugier derrière une
clôture
métallique et se sont fait protéger par des milliers de flics. Cela en
dit long sur
leur prétendue légitimité. Ni dieu, ni maîtres du monde!

Vianney
Groupe libertaire Louise-Michel

source: www.fastrasbourg.lautre.net

D’après l’EA-legal team, huit procès ont eu lieu. Six personnes ont été
condamnées
à des peines de prison de 6 à 10 mois sans sursis. Les deux autres ont
été
condamnées à des peines avec sursis et remis en liberté.
Plus de 700 personnes se sont fait arrêter.


*** Et pour finir, l'agenda du Monde libertaire :

Vendredi 15 juin

Pantin (93)
Trois jours de fête pour les 30 ans de chansons de Mots et Musiques,
avec Vincent
Absil, Claude Astier, Charlotte, Juja Lula, Raphaele Selval, À 20
heures à La
Menuiserie, 77, rue Jules-Auffret. Entrée: 10 euros.

Saint-Denis (93)
Attention religion! Pourquoi la religion colle et quelques conseils
pour la
décoller. Rencontre – Débat, avec la participation de Jean-Manuel
Traimond, auteur
du livre. À 19h30 à la Bourse du Travail de Saint-Denis.
9, rue Génin. Métro ligne 13-station Porte-de-Paris.

Samedi 16 juin

Paris 11E
Forum à la librairie du Monde libertaire avec Gaetano Manfredonia,
auteur de
Anarchisme et changement social, insurrectionnalisme, syndicalisme et
éducationisme
réalisateur, (ACL) à partir de 16h30, 145, rue Amelot, métro Oberkampf,
République
ou Filles-du-Calvaire.

Pantin (93)
Trois jours de fête pour les 30 ans de chansons de Mots et musiques,
avec Alain
Aurenche, Béatrice Be, Maik Darah, Frédérique, Sabine Viret. À 20
heures à La
Menuiserie, 77, rue Jules-Auffret. Entrée: 10 euros.

Dijon (21)
Soutien aux luttes mexicaines du Chiapas et d’Oaxaca. Organisé par la
CNT21 et le
Groupe libertaire dijonnais à l’espace autogéré des Tanneries à
16heures.
Projection de deux documentaires (20' chacun) sur les communautés
Zapatistes:
Éducation en résistance et Travaux collectifs en résistance. Débat avec
le CSPCL
(Comité de Solidarité avec les Peuples du Chiapas en Lutte) et d’une
des membres de
la commission du suivi
international des droits de l’homme à Oaxaca. A 19h00, apéro et repas
(5 euros)
avec Jeff et Alain qui chanteront Brassens et autres. À 21h00, Concert
(5 euros)
avec Ze Fred et les Meufs, Jamait et Sound System (ska, reggae,…).

Dimanche 17 juin

Le Vigan (30)
Le groupe Gard Vaucluse organise une rencontre «Pour transformer la
société par
l’abstention et les pratiques autogestionnaires». Maison Truel du
Vigan, à 18h30.

Pantin (93)
Trois jours de fête pour les 30 ans de chansons de Mots et Musiques,
avec Aruna,
Agnès Collet, Richard Colnot, Marcel Eglin, Marie Volta, À 17 heures à
La
Menuiserie, 77, rue Jules-Auffret. Entrée: 10 euros.

Mardi 19 juin

Rennes
Rendez-vous à 20h30, au 2 rue de Bourgogne à la Maison de quartier de
Villejean. Le
groupe la Sociale de la Fédération anarchiste organise une réunion
publique sur le
thème « Après la foire électorale, quelles perspectives sociales? »
Après une
présentation de l’organisation Fédération anarchiste, nous repartirons
du contexte
postélectoral pour tracer des perspectives sociales et politiques
émancipatrices.

Samedi 23 juin

Chambéry
Conférence-débat sur l' Antipsychiatrie: Histoire de l’antipsychiatrie
/
Alternatives, avec Jacques Lesage de la Haye, psychologue. A 14h30 à la
Maison des
Associations, 67, rue St-François-de-Sales. Entrée libre.

Mercredi 27 juin

Rencurel (38)
Au Elfe Bar, Col de Romeyere (Vercors), à 21 heures. Concert avec René
Binamé (punk
- Belgique) et Les Décibelles (punky trashy girly – Vercors). Tables de
presse.
Soirée en soutien au jeune groupe du Vercors de la F.A.! 5 euros.
Contact:
fa.vercors(a)no-log.org

Jeudi 28 juin

Ivry-sur-Seine (94)
Soirées de soutien au Forum Léo-Ferré du 28 au 30 juin. Le 28: Céline
Caussimon,
Annick Cisaruk, Bruno Daraquy, Wladimir Anselme. Au Forum Léo-Ferré,
11, rue
Barbès. Entrée 15 euros pour une soirée, 28 euros pour deux soirées, 40
euros pour
les trois. Métro Pierre-Curie ou Porte-d’Ivry, ligne 7. Bar et petite
restauration
disponible sur place. Plus d’informations sur www.forumleoferre.com.

Vendredi 29 juin

Ivry-sur-Seine (94)
Soirée de soutien au Forum Léo-Ferré du 28 au 30 juin. Avec Jean-Pierre
Réginal,
Alain Léamauff, Chris Lancry, Vincent Absil. Voir jeudi 28 juin.

Samedi 30 juin

Ivry-sur-Seine (94)
Soirée de soutien au Forum Léo-Ferré du 28 au 30 juin. Avec Yannick Le
Nagard,
Claude Astier, Bernard Joyer, Sarclo. Voir jeudi 28 juin.

Paris 11E
Forum à la librairie du Monde libertaire avec René Burget, autour du
livre de
Michel Valette Robert Porchet (1891–1964) De Verdun à Cayenne


Le Monde libertaire, chaque jeudi dans vos kiosques, 24 pages en
couleurs pour deux
euros
Hebdomadaire de la Fédération anarchiste, adhérente de l’Internationale
des
fédérations anarchistes
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
kamchatka
Langue pendue


Nombre de messages: 530
Date d'inscription: 17/12/2006

MessageSujet: ...   Ven 29 Juin - 11:49

La réduction de la durée du travail doit donc être nécessairement appliquée au
détriment du profit patronal et elle ne sera certaine et définitive que si elle est
l’oeuvre des ouvriers eux-mêmes.»
Fernand Pelloutier

*** Sommaire du Monde libertaire # 1484 du 28 juin au 11 juillet 2007 :
La tempête peut déclencher un ouragan, par Sami Chemin, page 3
La TVA sociale, par Tsinapah, page 4
Il y a soixante ans, par T. Porré, page 5
L’autruche, par F. Ladrisse, page 5
Les brèves de combat, page 6
Ondes sans frontières, par M. Rollin, page 7
Kouchner et le Darfour, par M. Lhourson, page 8
Passe ton bac d’abord, par Nathan, page 9
La BFS de Pise, par G. Carrozza, page 10
Religion et trouble intellectuel cognitif, par J. Monjot, page 11
De la misogynie grecque, par N. Potkine, page 14
Franz Kafka et les anarchistes, par P. Pasek, page 15
Antonio José Forté, par M.-D. Massoni, page 17
Se reposer ou être libre, par P. le Moko, page 18
Les Trous de mémoire (suite), par Paco, page 19
Sexyvilisation, par M. Giraud, page 20
Droits des LTGB en Europe, par P. Schindler, page 21
Radio libertaire, page 22
Agenda, page 23


*** Editorial :

Bondissant d’un plateau télé à un sommet européen, d’un siège de rafale à une
inauguration, tel un crapaud, bavant au passage dans les médias à la solde des
lobbies financier, M. le président, ci-devant comte de Naguy
Bocsa, impose son discours autour de lui.

Qu’on allume la télé ou la radio, qu’on ouvre un journal ou un magazine, on se
retrouve gavé de sondages plébiscitant l’équipe gouvernementale que ce médiagogue
luminescent a mise en place. Mais que cache cette
novlangue qui semble hypnotiser nos contemporains ? Il s’agit en fait d’un double
langage qui, derrière une apparence populaire, sert la soupe aux financiers et aux
patrons. Prenons comme exemple l’obligation pour chaque salarié de déclarer 48
heures à l’avance son intention de participer à une grève, et le vote à bulletins
secrets pour la reprise de travail qui y est associé. Sous couvert de permettre aux
sociétés de transport de prévenir leurs clients (redevenus à cette occasion des
usagers), c’est une atomisation des salariés, la casse de toute velléité d’action
collective qui se profile. Arrêtons de rêver, la plupart des grandes sociétés de
transport, telles la SNCF ou la RATP, assujettissent déjà les organisations
syndicales à un préavis de grève de beaucoup plus de 48 heures et pourraient de ce
fait prévenir leurs usagers longtemps avant, ce qu’ils ne font jamais. En revanche,
le fait de transformer la grève en sommes d’actions individuelles, plutôt qu’en
action collective, permet de faire pression individuellement sur chaque salarié.
Seules les organisations d’usagers téléguidés par les lobbies pour la privatisation
des services publics peuvent se réjouir d’une telle lobotomisation du corps social.
Quant au fumeux service minimum à mettre en place dans ces mêmes services publics
de transport, histoire de minimiser les pertes d’heures travaillées des
entreprises, cela fait déjà longtemps qu’il a été imposé à la SNCF ou à la RATP. Il
s’agit bien là encore d’un leurre, et gageons que, pour ce gouvernement, nous, les
pauvres rouages de l’utopie libérale que nous construisent ces messieurs, ne valons
guère plus que les rats de laboratoire sur lesquels ils testent leur méthodes de
manipulation mentale.

Vous ne vouliez pas de la Constitution européenne, voilà-t-y pas qu’on te
la refourgue sous forme de traité ! Et, alors que l’on nous vend, à nous,
l’élection au suffrage universel à la majorité de 50 % plus une voix comme parangon
de la démocratie , ces princes, pour les votes européens,
n’abandonnent l’unanimité que pour un vote à 55 % de leurs voix, représentant 65 %
de ceux qu’ils dirigent. Gageons qu’à ce jeu-là aucun de ceux qui disent nous
représenter n’aurait été élu.


*** Et un article en prime :

La tempête peut déclencher un ouragan
De la concertation au concert de lamentations
par Sami Chemin

PAS BESOIN d’être un météorologue confirmé pour avoir prévu que, sitôt passé le
clapotis des élections législatives, une tempête durable (osons l’oxymore) allait
secouer l’Hexagone. L’ironie veut que ce vent furieux né dans les officines du
patronat, pour être porté ensuite par le troll de l’Elysée, soit affublé du doux
vocable de « concertation ».

Conséquence: depuis quelques jours les pénitents (lire les pontes des organisations
syndicales de salariés) s’assoient autour de la même table que les représentants du
patronat et de leurs mandataires travestis en
ministres.

Là, les grands prêtres du capital leur soufflent incontinent les paroles suivantes:
nous voulons faire trimer davantage les pue-la-sueur pour moins de ronds et les
licencier quand cela nous chantera. Mais comme nous sommes des esthètes de la
langue française, nous appelons ça « la modernisation du marché du travail » et
comme le sens de l’humour ne nous fait pas défaut non plus, le bréviaire que vous
devez réciter les yeux baissés s’intitule « la réhabilitation du dialogue social ».

A ce moment-là, Thibault, Chérèque, Mailly et consorts affichent des mines
consternées. Il faut dire que ces faux naïfs s’accrochaient au concept fumeux du «
grain à moudre », c’est-à-dire à l’idée que malgré leur
gloutonnerie Parisot et les morfales du CAC 40 leur laisseraient quelques restes
d’après-banquet. Au cas (fort improbable) où la leçon ne serait pas entièrement
retenue, le joggeur qui court en canard éructe dans une
profusion de « JE » que l’intégralité des décisions prises par le conseil
d’administration qu’il représente seront appliquées quoi qu’il arrive. Et oui César
sait qu’il peut s’appuyer sur une Assemblée majoritairement à sa
dévotion pour légiférer dans le sens voulu par les possédants. À ce spectacle, le
leader du principal parti d’opposition en chambre, c’est-à-dire le dénommé François
Hollande, serre ses petits poings et indique que la gauche combattra résolument
tous les projets qu’elle jugera néfastes pour le pays… tout en ayant pris soin de
déclarer il y a quelques jours: « Les urnes ont parlé, il faut respecter leur
verdict », manière polie de nous enjoindre de faire le dos rond en attendant une
prochaine (et hypothétique?) alternance.

Soyons clairs, patronat et droite confondus poursuivent un objectif majeur: mater
la classe ouvrière de ce pays. Pour réaliser le rêve qui les habite et anime en
permanence ils se sont dotés d’une stratégie et
d’outils terriblement efficaces. Ainsi, sur le plan idéologique par exemple, ils
ont instillé l’idée dans un grand nombre de cerveaux, que pour gagner plus il faut
travailler plus. La gauche invertébrée a objectivement concouru à la diffusion de
ces métastases en répétant à satiété ses couplets sur « la nécessité de réconcilier
la valeur travail et l’entreprise ».

Par un savant tour de passe-passe, la contradiction majeure du capital et du
travail a été expurgée du débat; bien pire, des leurres ont été agités sous nos
yeux pour duper les travailleurs et les dresser les uns contre
les autres, ainsi de la construction et de l’utilisation massive de cette image
nauséeuse présentant d’un côté « ceux qui se lèvent tôt » et de l’autre « les
assistés », ou bien encore de la sempiternelle stigmatisation des fonctionnaires
précédée d’un sourire entendu signifiant « feignants ».

Stratégiquement le but recherché par les possédants est simple: modifier les
relations de travail dans les entreprises d’une manière pérenne. Comment atteindre
cet objectif ? En châtrant le droit de grève, quitte à
maquiller cette volonté féroce sous les oripeaux du « service minimum » lequel
viserait à sauvegarder les intérêts des usagers !

Pour mémoire observons qu’à la SNCF seulement 3 % des trains supprimés ou en retard
sont imputables à des grèves. Bref, le foutage de gueule pour dissimuler la volonté
de casser les reins des cheminots bat son plein,
étant entendu que, si d’aventure patronat et gouvernement arrivaient à leurs fins
dans le secteur des transports, dans un second temps l’ensemble des salariés des
autres entreprises (privée et publiques) serait mis au pas.

Une fois le droit de grève transformé en simple chiffon de papier, cette plante
vénéneuse qu’est le CNE se transformerait en « contrat unique de travail ». Faisons
confiance aux promoteurs de cette trouvaille (patronat
et syndicats confondus) pour nous vanter les charmes de la chose. Les premiers
pouvant licencier à leur guise (la « séparabilité réciproque » comme dit Parisot),
les seconds faisant l’article sur la « sécurisation des parcours professionnels ».

Exit alors des droits sociaux des salariés, en ce qu’ils offrent une relative
protection d’ensemble via les conventions collectives par exemple. Le droit social,
devenu « individuel », le XXIe siècle serait rattrapé par le livret du travail du
XIXe.

Non nous ne noircissons pas le tableau à dessein, d’ailleurs l’actualité en cours
en témoigne amplement. Le César dopé aux amphétamines du pouvoir tonne ici, fait
les yeux doux là, ouvre des fronts multiples, ralentit ici pour mieux accélérer
ailleurs. En clair, tactiquement il use et combine de subterfuges tantôt grossiers,
tantôt élaborés ; « aller vite et fort » est son credo, leitmotiv qu’il faut lire
en « démolir vite et définitivement
toute opposition à l’ordre capitaliste ».

Patronat et gouvernement ont déclenché une tempête pour mettre à genoux les
travailleurs, mais n’oublions pas que la rue est capable de se transformer en
ouragan pour balayer les exploiteurs et tous les multiples
larbins à leur service.

S. C.


*** Et pour finir, l'agenda du Monde libertaire :

Jeudi 28 juin

Ivry-sur-Seine (94)
Soirées de soutien au Forum Léo-Ferré du 28 au 30 juin. Le 28: Céline Caussimon,
Annick Cisaruk, Bruno Daraquy, Wladimir Anselme. Au Forum Léo-Ferré, 11, rue
Barbès. Entrée: 15 euros pour une soirée, 28 euros pour deux soirées, 40 euros pour
les trois. Métro Pierre-Curie ou Ported’Ivry, ligne 7. Bar et petite restauration
disponible sur place. Plus d’informations sur www.forumleoferre.com

Arras (62)
Rassemblement devant la préfecture d’Arras pour demander la libération des quatre
prisonniers d’Action directe, à 13 heures, place de la Préfecture.

Vendredi 29 juin

Ivry-sur-Seine (94)
Soirée de soutien au Forum Léo-Ferré du 28 au 30 juin. Avec Jean-Pierre Réginal,
Alain Léamauff, Chris Lancry, Vincent Absil. Voir jeudi 28 juin.

Samedi 30 juin

Ivry-sur-Seine (94)
Soirée de soutien au Forum Léo-Ferré du 28 au 30 juin. Avec Yannick Le Nagard,
Claude Astier, Bernard Joyet, Sarclo. Voir jeudi 28 juin.

Paris 11e
Forum-débat de la Librairie du Monde libertaire avec Michel Valette pour son livre
De Verdun à Cayenne, Robert Porchet (1891-1964) qui relate l’histoire de ce
déserteur à la conscience exemplaire. Avec la
participation de l’émission Si vis pacem de Radio Libertaire, 145, rue Amelot.

Porcheville (78)
Rassemblement devant l’établissement pénitentiaire pour mineurs (EPM) de
Porcheville à 15 heures à l’appel de la CNT-RP pour demander l’arrêt de la
construction des EPM et la fermeture de ceux de Lavaur et Meyzieu. Départ en
covoiturage à 13 heures à la CNT, 33, rue des Vignoles. Renseignements au
0628334243

Paris 4e
Marche des fiertés des lesbiennes, gays, bi et trans. Départ 13 h 30 à
Montparnasse, arrivée place de la Bastille (où le groupe Claaaaaash de la
Fédération anarchiste diffusera un tract sur les libertaires, la question
gay et leur riposte à l’homophobie, à partir de 18 heures).

Dimanche 1er juillet

Paris 11e
Manifestations pour la régularisation de tous les sans-papiers. Arrivée des
différents cortèges à 17 heures place Stalingrad. La Fédération anarchiste vous
donne rendez-vous à 14 h 30 à la mairie du 11e, place
Léon-Blum. Métro Voltaire.

Orléans (45)
Journée de soutien au ministère de la Crise du logement orléanais.Concerts
(Screaming Bagpipes, Los Foiros et Necrofist… ) stands (CNT, Éditions du Monde
libertaire), expo photos, prises de parole… De 14 heures à 19 heures au 2, rue du
Faubourg Madeleine. Prix libre.

Samedi 7 juillet

Le Mans (72)
Le café libertaire a pour discussion « La démocratie et la gestion directes ».
Exposé et débat à 17 heures, à L’Épicerie du Pré, café-cantine, 31, rue du Pré.
Entrée libre. Permanence du groupe Lairial de la Fédération anarchiste le samedi

La bibliothèque La Rue à moitié en vacances
Comme les autres années, la bibliothèque La Rue arrête les débats pour les mois
d’été. Nous reprendrons ces rencontres dès le mois de septembre avec, comme
premiers intervenants, l’équipe de la revue Réfractions.

La bibliothèque La Rue n’assurera pas les permanences du jeudi soir en
juillet-août, mais sera bien ouverte tous les samedis d’été aux horaires habituels
de 15h30 à 18 heures.


Le Monde libertaire, chaque jeudi en kiosque, 24 pages en couleurs pour deux euros

Hebdomadaire de la Fédération anarchiste adhérente de l’Internationale des
fédérations anarchistes
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
kamchatka
Langue pendue


Nombre de messages: 530
Date d'inscription: 17/12/2006

MessageSujet: ....   Sam 21 Juil - 13:56

« Lénine a dit: “Le communisme c’est le pouvoir des soviets plus
l’électricité” ;
mais le peuple a compris que c’est la commissariocratie plus les
fusillades. »
Izvestia Kronstadt n° 7 (9 mars 1921)

Comme tous les étés, votre Monde libertaire hebdo prend un repos
mérité. Vous le
retrouverez le 13 septembre chez les marchands de journaux les mieux
fournis.
Comme, hélas, il ne sont pas les plus nombreux, nous vous signalons un
petit outil
bien pratique, mis en place par les NMPP, notre diffuseur: le site
internet
http://www.trouverlapresse.com qui vous indiquera les points de ventes
approvisionnés les plus proches de vous. Face au monopole de la presse
d’argent et
des marchands d’armes, nous avons toujours besoin du soutien de nos
lecteurs!

*** Le sommaire du Monde libertaire hors série n° 32 du 12 juillet au
12 septembre
2007 :

La question du logement ou l’éternel faux problème, par J-P. Garnier,
page 3
Alternatives à l’enfermement, par J. Lesage de La Haye, page 7
J’ai fait un cauchemar, par M. Rajsfus, page 9
Un camp de concentration bien français, par J. Sigot, page 12
Peines planchers, par J.-J. Gandini, page 15
Régression sociale annoncée, par Jacqueline, page 17
21e congrès de FO, par Manon, page 20
Robert Desnos, par R. Dadoun, page 21
Intervention anarchiste au congrès de FO, par Samuel, page 24
Capitalisme privé en Chine, par Ch. Reeve et H. Hsuan-wou, page 25
Autogestion, en route pour l’espoir, par Daniel, page 29
Louise Michel en Algérie, par Paco, page 31
Indiens et blues, par T. Porré, page 32
Peintures murales, par J.-P. Levaray, page 33
Pasolini, penseur de la décroissance ?, entretien avec R. Schérer, page
35
4e Salon du livre anarchiste de Merlieux, par DJM, page 39
Les groupes de la Fédération anarchiste, page 41
Les émissions de Radio libertaire, page 43


*** Qu’est ce que la Fédération anarchiste

La Fédération anarchiste est un groupement de militants politiques
organisé sur le
principe du libre fédéralisme (c’est-à-dire la libre association)
garantissant aux
groupes et aux individus qui la composent la
plus grande autonomie afin de permettre le pluralisme des idées et des
actions,
dans le cadre d’un pacte associatif que nous appelons nos « principes
de base »
(disponibles sur demande). C’est notre outil de lutte
qui doit être fonctionnel et rationnel. Nous rejetons en effet tout
fétichisme
d’organisation.

Pas de hiérarchie donc pas de chefs chez nous! C’est à tous les
militants et
militantes qu’il appartient de faire progresser leur organisation. Nous
ne
reconnaissons pas la division dirigeant/exécutant, la participation
effective des militants et militantes aux structures collectives de
l’organisation
est un principe d’éthique et de solidarité.

Ces structures fédérales sont: le Monde libertaire hebdomadaire, Radio
libertaire,
hier parisienne, aujourd’hui planétaire, et la librairie du Monde
libertaire, à
Paris également. En dehors de ces oeuvres fédérales, les groupes ont
aussi des
locaux, souvent des librairies, éditent des revues, menant ainsi leur
propre
activité au niveau local.

Les buts de la FA

Nous sommes pour une révolution radicale et globale, à la fois
économique et
sociale; pour détruire la société fondée sur la propriété privée ou
étatique des
moyens de production et de consommation; pour la suppression de toutes
les formes
d’exploitation, de hiérarchie, d’autorité.

Cette phase de destruction est nécessaire et c’est sans doute pour cela
que
certains ne voient ou ne veulent voir les anarchistes que comme des
partisans
fanatiques du désordre. Qu’ils regardent autour d’eux et qu’ils
nous expliquent comment faire pire!

Les anarchistes sont, au contraire, partisans d’une société organisée
d’une manière
beaucoup plus rationnelle et logique que la jungle capitaliste ou les
dictatures
marxistes-léninistes. Il s’agit, dans le cadre d’une société
libertaire, non pas de
gouverner les hommes mais d’administrer les choses au profit de la
collectivité
tout entière.

Nous voulons construire une société libre sans classes ni État, sans
patrie ni
frontières, avec comme objectifs: l’émancipation des individus;
l’égalité sociale,
économique et politique; la liberté de création; la justice;
l’éducation libertaire
et permanente; l’organisation sociale sur les bases de la libre
fédération des
producteurs et des consommateurs (autogestion); la démocratie directe;
une économie
tournée vers la satisfaction des besoins; l’abolition du salariat;
l’écologie; la
libre union des individus ou des populations; la liberté d’expression;
la libre
circulation des individus.

Voilà en quelques lignes un aperçu de ce que veulent construire les
militants et
militantes de la Fédération anarchiste. Rendre possible l’édification
d’un ordre
social fondé sur l’entraide, la solidarité, sur le respect absolu de
l’intégrité
physique et morale de l’individu, voilà l’idéal qui nous anime et que
nous
souhaitons partager avec le plus grand nombre pour un monde meilleur.


Le Monde libertaire, hebdomadaire de la Fédération anarchiste,
adhérente de
l’Internationale des fédérations anarchistes
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
buenaventura
Langue pendue


Nombre de messages: 2488
Date d'inscription: 17/02/2005

MessageSujet: ...   Dim 16 Sep - 11:14

« Ce n’est pas l’homme,c’est le monde qui est devenu anormal.»
Antonin Artaud

*** Sommaire du Monde libertaire # 1485 du 13 au 19 septembre 2007
La rentrée des crasses du petit Nicolas, par Grégory Chambat, page 3
Les comptes du Malodor, par D’jo, page 4
Saint-Bernard , 11 ans après, par D’jo, page 4
Politovskaïa vite oubliée,par C. Danis, pages 5
Un ministre bien zélé, par M. Rajsfus,pages 5
Le lion qui voulait bouffer du coq, par Hertje, page 7
Tour du monde des luttes syndicales, par Pat, page 9
Israël , un village d’irréductibles gagne une victoire, par Hertje,
page 10
Nicolas s’en va-t-en guerre, mironton, mironton, mirontaine, par S.
Chemin, page 11
Petit manuel du squatteur , par N. Potkine, page 13
Fresques de vies de sans-papiers, par S. Jacaré, page 18
Le matérialisme, toute une histoire, par J.-M. del Percio-Vergnaud,
page 20
Radio libertaire, page 21
Agenda, page 22


*** Éditorial

Certaines gazettes nous avaient promis un «septembre noir» La cigogne
est en retard
ou s’est trompée de chemin ! Entre enseignants, cheminots et autres, on
semble
avoir encore l’arme au pied.

Pourtant, le gouvernement augmente la pression ; la dernière facétie
étant le
projet d’une réforme des régimes spéciaux de retraite (SNCF, EDF, GDF,
RATP…) et
cela par décret.

L’information avait été lâchée par les directions confédérales de la
CFDT et de la
CFE-CGC et reprise par la Tribune et Marianne. CGT et FO avaient
aussitôt menacé de
déterrer la hache de guerre, poussant ainsi le gouvernement à démentir.
Mais le
danger d’un grand mouvement social comme en 1995 est-il pris au sérieux
par les
pouvoirs publics? Comme on le caricaturait dans l’Assiette au beurre au
début du
siècle dernier, la bête sociale n’a peut-être plus assez de dents pour
mordre.

Loin d’une grande mobilisation du monde salarial, les représentants
sont enlisés
dans des réunions avec le Medef. Ça cause « modernisation du monde du
travail », de
la façon d’aborder le sujet. Bref, du côté syndical on évalue la taille
de la
couleuvre à avaler. On sait bien sûr que, pour la part patronale, ce
sont contrats
de travail revus à la baisse, licenciements « plus faciles », et tutti
quanti. Pour
relever la sauce, le locataire fébrile de l’Élysée menace de trancher
en
légiférant. Dans ces
conditions, le patronat organisé a tout intérêt à laisser s’ensabler
les
négociations et à attendre le diktat des pouvoirs publics.

Triste tableau de rentrée avec en fond la Coupe du monde de rugby où le
sport
business devrait contibuer à la croissance économique et à l’unité
patriotique de
notre bel Hexagone.

La présidente du Medef, Laurence Parisot, martèle son discours en
déclarant qu’il «
faut cesser de raisonner à partir du consommateur ». Elle voudrait même
que la
«liberté d’entreprendre» soit inscrite dans la Constitution. En
attendant que le
droit de grève n’y soit plus ?

Côté Europe, c’est pas mieux : le tribunal du travail de Nuremberg a
interdit une
grève des conducteurs de la Deutsche Bahn (SNCF allemande) pendant les
vacances
scolaires. Faut-il compter sur la Confédération européenne des
syndicats pour
rectifier le tir ? Temps maussades pour la Sociale, espérons que de la
réalité
quotidienne naîtront d’autres futurs. Si mobilisation il y a, elle se
fera malgré
les directions des boutiques syndicales.


*** L'agenda du Monde libertaire

Vendredi 14 septembre

Ivry-sur-Seine
Hélène Maurice accompagnée au piano par Dominique Fauchard au Forum Léo
Férré 11,
rue Barbès, Ivry-sur-Seine. Métro : Pierre Curie ou Porte
d'Ivry-sur-Seine -Entrée
13,50 euros - Tarif réduit : 10,50 euros (étudiants, chômeurs, RMIstes,
moins de 16
ans) Gratuit pour les moins de 6 ans. Les entrées payantes comprennent
une
consommation. Début du spectacle 20h30 et petite restauration de 19h00
à 20h15.

Samedi 15 septembre

Rouen
Assemblée générale des adhérent-e-s de la librairie libertaire
l'Insoumise, à 15h00
au 128 rue St-Hilaire

Ivry-sur-Seine
Manu Galure en solo au Forum Léo Férré (voir annonce du 14 septembre)

Vendredi 21 septembre

Ivry-sur-Seine
Gilbert Laffaille accompagné au piano par Nathalie Fortin au Forum Léo
Férré (voir
annonce du 14 septembre)

Samedi 22 et Dimanche 23 Septembre

Rouen
La librairie libertaire l'Insoumise tiendra un espace lors de la Foire
à tout de la
Croix de Pierre samedi et dimanche de 8h30 à 18h00

Samedi 22 septembre

Limoges (87)
Sacco et Vanzetti: notre agonie est notre triomphe, Projection du film
d’Hélène
Châtelain: Chant public devant deux chaises électriques, réalisé à
partir de la
pièce d’Armand Gatti. Conférence-débat avec Ronald Creagh, historien et
auteur de:
l’affaire Sacco et Vanzetti. Hôtel de Région à Limoges à partir de 14
heures Salle
vidéo Lac du Causse. Entrée libre. Contact: Mémoire à vif
(www.memoireavif.info) 05
55 30 85 25

Ivry-sur-Seine
Michel Murty chante Francis Lemarque, accompagné à l'accordéon par
Jacques Ferchit
au Forum Léo Férré (voir annonce du 14 septembre)

Lundi 24 septembre

Paris 20e
Cela s’appelle "Vive la Sociale!" C’est au Vingtième théâtre à 20
heures (7, rue
des Plâtrières, métro Ménilmontant). Il y aura Les Chanteurs Livreurs,
Bruno
Daraquy, Elizabeth, Hélène Maurice, Nathalie Solence,Serge Utgé-Royo
"Des chansons
pour protester, revendiquer, se moquer,fraterniser… Rêver à des
lendemains qui
chantent…Réservations 0143522040 ou 0143660113. Tarifs 20 et 15 euros.

Vendredi 28 septembre

Ivry-sur-Seine
Yvan Dautin accompagné au piano par Elie Maalouf au Forum Léo Férré
(voir annonce
du 14 septembre)

Samedi 29 et Dimanche 30 septembre

Merlieux (Aisne)
Le groupe Kropotkine de la Fédération anarchiste organise dans le
village de
Merlieux un Forum Social Libertaire et un Salon du Livre Anarchiste
renseignements
: kropotkine02(a)wanadoo.fr

Samedi 29 septembre

Paris 18e
La bibliothèque la Rue (rue Planquette Paris 18e) reprend son cycle de
débats-rencontres; les premiers invités seront les membres de la revue
Réfractions
le samedi 29 septembre à partir de 15h30

Paris 11e

Forum-débat de la libairie du Monde libertaire autour du livre
Perspectives
politiques de Noam Chomsky présenté et traduit par Franck Mintz qui
animera le
débat.145, rue Amelot 16h30

Vendredi 5 octobre

Ivry-sur-Seine
Laurent Berger accompagné au piano par Nathalie Fortin au Forum Léo
Férré
(voir annonce du 14 septembre)

Samedi 6 octobre

Ivry-sur-Seine
Zaniboni accompagnée aux guitares par Rachid Sefrioui au Forum Léo
Férré (voir
annonce du 14 septembre)

Vendredi 12 octobre

Ivry-sur-Seine
Jean-Michel Piton accompagné au piano par Paul-André Maby au Forum Léo
Férré (voir
annonce du 14 septembre)

Vendredi 19 octobre

Ivry-sur-Seine
Lou Saintagne accompagnée à l’accordéon midi par Laurent Derache et au
violon par Richard Khayadjanian au Forum Léo Férré (voir annonce du 14
septembre)

Samedi 20 octobre

Paris 11e
Diffusion du film Sacco & Vanzetti au Maldoror, 10, rue du
Grand-Prieuré. Métro
Oberkampf ou République.

Ivry-sur-Seine
Yves Uzureau en solo au Forum Léo Férré 11, rue Barbès, voir Vendredi
14 septembre


Le Monde libertaire, chaque jeudi en kiosque, 24 pages en couleurs pour
deux euros

Hebdomadaire de la Fédération anarchiste, adhérente de l’Internationale
des
fédérations anarchistes

_________________
concéder, c'est se rendre .
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://emilie-nihiliste.hautetfort.com
buenaventura
Langue pendue


Nombre de messages: 2488
Date d'inscription: 17/02/2005

MessageSujet: ...   Sam 22 Sep - 10:45

« Salaires légers, chars lourds»»

*** Sommaire du Monde libertaire # 1486 du 20 au 26 septembre 2007 :
Les raisons de la colère, par Sami Chemin, page 3
Le sabotage au goût du jour, par un Peinard de la CNT, page 4
L’autruche tacle les socialos, page 5
Tout sur les horreurs feutrées, par Mato-Topé, page 5
Nico et le panier de la ménagère, par Jipé, page 6
La France au pas de lois, par J.-P. Levaray, page 7
Septembre morne, par J.-P. Germain, page 8
Communiqué de la Fédération anarchiste sur les retraites, page 8
Cochons de payants, par J. Langlois, page 9
Le centre Flores-Magon, interview par T. Libertad, page 11
Le petit cauchemar du jour, par Nestor Potkine, page 14
Le prix « Ni dieu ni maître » à Jean Le Gal, par Paco, page 15
« L’Endormeuse », de Jacques Vallet, page 17
Les ondes et nous, par P. Sommermeyer, page 18
José Salamé, une vie pour l’anarchisme, par D. Guerrier, page 19
Radio libertaire, page 22
L’agenda, page 23


*** Éditorial

Le ploutocrate de Naguy Bocsa veut insuffler dans notre système
législatif une
nouvelle valeur, typiquement anglo-saxonne, l’équité, la justice rendue
en dehors
du droit régulier, soit, en ploutocratie, l’égalité
économique adaptée aux classes sociales. Omettant de mettre en avant
les régimes
spéciaux des ministres, députés, sénateurs ou autres agents de la paix
sociale tel
les soldats, gendarmes ou présidents de la République, il jette à la
vindicte
populaire les ouvriers et employés qui, par leurs luttes, ont réussi à
conserver
quelques acquis sociaux, issus de la reconnaissance de la pénibilité de
leur
travail. Nous comprenons qu’un
sénateur, à 53 ans, soit usé par les discours lénifiants qu’il doit se
taper à
longueur de session (quand il est à son poste, ce qui est rare). C’est
pourquoi il
peut, dès cet âge-là, revendiquer ses droits à une retraite non
méritée. Mais
est-ce en nivelant les droits sociaux des classes populaires par le
bas, tout en
favorisant les patrons, les dirigeants et les forces de répression, que
l’on
arrivera à une société plus égalitaire?

Les grandes centrales syndicales semblent peu se soucier du sort de
leurs syndiqués
qui vont subir cette attaque frontale. Si, pour la forme, ils annoncent
qu’ils
n’accepteront pas de réformes dont ils ne seront pas les co-auteurs,
ils
acquiescent à la pseudo-nécessité de la réforme, prélude à la casse
générale du
système de retraite prévue pour après les municipales.

Nul doute que ces apparatchiks soient prêts à trahir la confiance de
leurs mandants
pour conserver leurs petits privilèges personnels.

Quant à ceux qui se réclament de gauche, ont les a vus ensemble, sur la
même
tribune, le week-end dernier à la fête de l’Humanité. Le
pseudo-libertaire
Besancenot, et les autres représentants de la gauche soit disant
anticapitaliste
fricotant avec le premier secrétaire du parti qui n’a plus de
socialiste que le
nom.

Pour gagner quelques places de conseillers municipaux, ils sont prêts à
se vendre à
ceux qui à la place de Nicolas Sarközy auraient mené les mêmes réformes
et tenus le
même discours populiste, ayant les mêmes commanditaires.

Il faut dire qu’en bon plutocrate, le saigneur de Naguy Bocsa sait très
bien
distribuer les charges étatiques, flattant les points faibles de ses
adversaires
arrivistes pour en faire ses pantins. Il ne nous reste plus à nous, les
laisses
pour compte de ce changement social qui voit les riches et les
puissants se
partager le gâteau du fruit de notre labeur, à prendre nous mêmes nos
affaires en
main, et supplantant les capos qui cherchent à nous mettre au pas, à
exprimer notre
ras-le-bol dans la rue.


*** Et en prime, un article de Sami Chemin

Les raisons de la colère

HÉ OUI, LES MÉDIAS SONT AGITÉS par une fièvre obsidionale. Le leader
minimo fait
tonner ses canons sur les « nantis » qui bénéficient des régimes
spéciaux de
retraite.

Conséquence? Les servants des batteries, c’est-à-dire: journalistes aux
ordres,
économistes stipendiés, politologues à deux balles, sociologues de
salon, etc., se
précipitent la bave aux lèvres pour enfourner leurs obus saturés de
mensonges dans
les tubes cathodiques.

Les prions répandus à doses massives dans l’atmosphère visent à
empoisonner les
esprits sous des apparences de fausses vérités. Les sondages
témoigneraient de
l’acceptation de la « réforme » par le plus gros du corps social de ce
pays; mieux,
les dits sondés (par intubation?) appelleraient de leurs voeux ladite «
réforme ».

Pauvre mot, devenu orwellien, en ce qu’il sert de masque à l’anthrax de
la
régression sociale. Là est la magie des chimistes mandatés par les
exploiteurs de
tout acabit, puisqu’ils ont assez bien réussi la manipulation
consistant à
dissimuler leur poison sous ce parfum de synthèse qu’ils appellent «
équité ».

Tous ces abjects personnages savent parfaitement que la soumission des
esprits
s’obtient d’abord par leur corruption.

Cet objectif partiellement atteint, les mêmes spéculent sur une
résistance moindre
des exploités.

Tout leur art consiste ensuite à isoler un maillon fort – c’est-à-dire
les salariés
couverts par les régimes spéciaux -, puis à les transformer en maillon
faible, en
les livrant à la vindicte du plus grand nombre, c’est-à-dire leurs
frères de classe
du privé… et du public, lesquels, sous les offensives de Balladur en
1993 et Fillon
en 2003 ont vu leurs droits à la retraite sacrément mutilés.

Ne nous y trompons pas, l’attaque des saigneurs est dirigée contre tous
ceux et
celles qui, d’une manière ou d’une autre suent le burnous au profit des
patrons ou
de l’État-patron. Leur argumentation principale se fonde sur un
postulat financier
saturé de catastrophisme, à savoir qu’à moyen terme le déficit des
caisses de
retraite sera tel qu’il s’avérera impossible d’assurer le niveau des
pensions (ou
pire même, leur versement !) qui prévaut actuellement.

L’onction de l’expertise est nécessaire pour faire gober des chiffres
partiels,
tendancieux, voire parfaitement spéculatifs, donc particulièrement
manipulateurs.

Prenez soin de ne pas trop vous charger l’estomac car l’écoeurant
spectacle qui
nous est imposé vous pousserait aussitôt à vomir…


Dans ces mêmes colonnes, nous aurons prochainement l’occasion de
revenir visiter la
maison des chiffres d’une manière autrement plus rigoureuse que ne le
font les
commis du capital, car nous jugeons indispensable de décortiquer la
boite à outils
de nos ennemis en vue de la détruire.

En vérité, l’objectif du Medef et de sa cohorte bigarrée de
domestiques, est de
baisser le niveau des retraites de tous les salariés en rendant
impossible
l’atteinte de leur taux plein.

De facto, Parisot et son majordome teigneux (mais pas taiseux) veulent
amener la
durée des cotisations à quarante cinq annuités ou peu s’en faut. Les
autoproclamés
« briseurs de tabous » se gardent bien de toucher à la vache sacrée des
cotisations
patronales et de proposer leur augmentation, lesquelles pourraient être
relevées
largement, vu la captation de plus en plus importante de la valeur
ajoutée produite
par les travailleurs au profit précisément du capital. Mais nous les
comprenons,
puisque sous la peau truffée de parasites de la vache en question, se
dissimule un
taureau furieux arc-bouté sur la spoliation du plus grand nombre. Quoi
qu’il en
soit, chaque année se sont plusieurs centaines de milliers de
travailleurs qui
partent à la retraite, (volontairement ou pas), avec une moyenne de
trente sept
années de cotisation (trente trois dans la fonction publique).

On ne saurait mieux dire la grossièreté du stratagème des zélotes de
l’égalité, et
la médiocrité de leurs assertions, mais la toxicité des purges qu’ils
veulent nous
contraindre à avaler se fiche éperdument de ces
« détails ».

Pourtant, nombreux sont ceux qui veulent tenir l’entonnoir. Tous les
porcs qui
bâfrent les eaux grasses servies par leurs maîtres disent que cette
casse…– euh
pardon cette « réforme » – doit se faire en douceur, avec « pédagogie
», ou comme
le dit Hollande « sans précipitation ».
Incontestablement les travailleurs ont tout lieu de craindre la glose
des uns et
les effets de manche des baronnies et coteries syndicales. Le numéro un
d’une
centrale dit: « Si le gouvernement procédait par le fait accompli, il
risquerait
d’y avoir du sport et pas seulement sur les terrains de rugby. » Un
autre, tout en
paluchant sa batterie de stylos prêts-à-signer, indique qu’il «
reconnaît la
nécessité d’une réforme, mais qu’elle doit se faire dans le dialogue et
la
concertation ».

Bref, pour une poignée de cerises, par exemple le relèvement des
pensions les plus
basses ou d’autres mesures cosmétiques, ces lutteurs d’opérette sont
prêts à
légitimer leurs futures reculades.

Nous sommes au temps des vendanges, mais cela n’est pas une raison pour
que nous
finissions broyés dans le pressoir des propriétaires de châteaux.

Oui, acides sont les raisons de la colère, aussi crachons dans leur
sale vin de
messe, et refusons à jamais d’être des pénitents soumis au jeûne.

S. C.


*** Et pour finir, l’agenda du Monde libertaire :

Vendredi 21 septembre

Saint-Denis (93)
La Société de défense des laïques non-croyants, non-croyantes et athées
organise
une Rencontre-débat avec Bernard Teper, président de l’UFAL sur le
thème: Lier le
combat social et le combat laïque. À 19h30 à la Bourse du Travail de
Saint-Denis,
9, rue Génin. Métro ligne 13-station Porte-de-Paris.

Samedi 22 septembre

Toulouse
Les éditions du Monde libertaire, éditions fédérales de la Fédération
anarchiste,
seront présentes au 3e Salon du livre Anarphabète qui a lieu à la
Cépière, 8 rue de
Bagnolet (métro Arènes Bus 13 — Rocade ouest sortie 27 direction centre
ville).
Nombreux stands d’éditeurs, dédicaces, apéro, buffet, cinéma, musiques
et
animations. AAEL: 0561438010

Limoges (87)
Sacco et Vanzetti: «Notre agonie est notre triomphe» Projection du film
d’Hélène
Châtelain: Chant public devant deux chaises électriques, réalisé à
partir de la
pièce d’Armand Gatti. Conférence-débat avec Ronald Creagh, historien et
auteur de:
«L’affaire Sacco et Vanzetti». Hôtel de Région à Limoges à partir de 14
heures
Salle vidéo Lac du Causse. Entrée libre. Contact: Mémoire à vif
(www.memoireavif.info) 0555308525

Lundi 24 septembre

Paris 20e
À 20 heures Cela s’appelle «Vive la Sociale!» C’est au Vingtième
théâtre (7, rue
des Plâtrières, métro Ménilmontant). Il y aura Les Chanteurs Livreurs,
Bruno
Daraquy, Elizabeth Hélène Maurice, Nathalie Solence, Serge Utgé-Royo
Des chansons
pour protester, revendiquer, se moquer, fraterniser… Rêver à des
lendemains qui
chantent…" Réservations 0143522040 ou 0143660113. Tarifs 20 et 15
euros.

Samedi 29 septembre

Paris 18e
La bibliothèque la Rue (rue Planquette Paris 18) reprend son cycle de
débats-rencontres; les premiers invités seront les membres de la revue
Réfractions
le samedi 29 septembre à partir de 15h30.

Paris 11e
Foum-débat de la libairie du Monde libertaire autour du livre
«Perspectives
politiques» de Noam Chomsky présenté et traduit par Franck Mintz qui
animera le
débat.145, rue Amelot 16 heures30

Mardi 25 septembre

Chambéry
Le groupe FA de Chambéry vous invite à un pot de rentrée à 19 heures.
Salle A113 de
la Maison des Associations [contact: La Salamandre — Maison des
Associations –Boite
X33 — 73000 CHAMBERY. Mail: FA73(a)nolog.org

Samedi 20 octobre

Paris 11e
Diffusion du filmSacco & Vanzetti au Maldoror, 10, rue du
Grand-Prieuré. Métro
Oberkampf ou République.


Le Monde libertaire, chaque jeudi dans vos kiosques, 24 pages en
couleurs pour deux
euros

Hebdomadaire de la Fédération anarchiste, adhérente de l’Internationale
des
fédérations anarchistes

_________________
concéder, c'est se rendre .
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://emilie-nihiliste.hautetfort.com
buenaventura
Langue pendue


Nombre de messages: 2488
Date d'inscription: 17/02/2005

MessageSujet: ...   Jeu 27 Sep - 13:27

« Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse »
Dicton populaire

*** Le Sommaire du Monde libertaire # 1487 du 27 septembre au 3 octobre
2007 :

La franchise ou la solidarité ?, page 3
Les cheminots croisent le fer, par Julien, page 4
L’autruche persiste et signe, page 5
Autres temps, mêmes moeurs, par M. Rajsfus, page 6
Rentrée syndicale..., par Fabrice, page 7
La presse aux dents longues, par le Peinard, page 8
Anarchaféministes!, par Caroline, page 9
Humanisme et pétrole, par J.-P. Levaray, page 10
Répression quotidienne en Inde, traduit par J. M. Traimond, page 11
International, Italie et Royaume-Uni, page 15
Rugby de marché, par Rebecca, page 16
Parti des Myosotis, par Paco, page 17
Menaces sur les radios associatives, par A. Sulfide, page 18
La mostra 2007, par H. Hurst, page 19
Merlieux, la fête et son programme, page 21
Radio libertaire, page 22
Agenda, page 23

*** Éditorial

« Bush et Kouchner, va-t-en-guerre sans frontière », pouvait-on lire la
semaine
dernière sur une banderole à Washington. C’était Centre d’études
stratégiques et
internationales.

Kouchner « chef de la diplomatie française » y a été houspillé par des
militantes
antiguerre. « Dimanche, Kouchner a dépassé Bush », a déclaré Gaëlle
Murphy, une des
militantes expulsées par le service de sécurité.

Le pauvre docteur avait beau se déclarer « pacifiste », la secrétaire
d’état
Condoleezza Rice l’avait torpillé auparavant en déclarant qu’il n’y
avait aucun
désaccord fondamental entre Bernard et elle ! à l’élysée, on doit se
réjouir que
les ralliés du PS (ceux qui ont changé de collier…) apprennent si vite
les leçons.
Dans les gazettes, on nous apprend même qu’il y a de nouveaux
arrivages. Ceux qu’on
appelle les « seconds couteaux » rallieraient nombreux les cabinets
ministériels du
Premier ministre Fillon.

Pourtant ça ne lui réussit pas trop en ce moment. On dit même que sa
cote de
popularité, tout comme celle du président de la La phrase choc de
Fillon (« Je suis
à la tête d’un État qui est en situation de faillite financière »)
prononcée
vendredi dernier en Corse et sa mine renfrognée à la une des journaux
ne doivent
pas arranger l’affaire. Celui qui a été qualifié par le joggeur suprême
de «
collaborateur » a choisi sa manière à lui de ruer dans les brancards.
Allez parler
après de complémentarité entre l’élysée et Matignon !

Sur le front social (sic), on nous promet un réveil unitaire le 18
octobre
prochain.Tous unis derrière les cheminots? ça ne se bouscule pas au
portillon, ça
traîne même des pieds. Les syndicats de fonctionnaires se tâtent
encore, d’autres
aussi. On va taire les noms, rideau. Nous n’en sommes plus à la
préparation du
Grand Soir, mais construire l’unité de la classe salariée devrait être
sérieusement
à l’ordre du jour.

« Pas de passage en force » dans les négociations à venir, déclare
Xavier Bertrand
(ministre du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité ), «
Rien n’est
ficelé », rajoute-t-il. Mais le forcené de l’élysée voudra pousser à la
vitesse
supérieure !

Pendant ce temps-là, à Belleville à Paris, c’est « la chasse » aux
sans-papiers chinois. La riposte dans l’Est parisien est unitaire. Si
seulement ce
qui reste de syndicalisme pouvait en prendre de la graine...

*** En prime, un article :

La franchise ou la solidarité ?
Par M. El Khebir, J.-M. Destruhaut, P.. Epron H. Hernandez, Y. Guignat

DANS LA LONGUE HISTOIRE DES COUPS BAS portés à la Sécurité sociale, le
dernier en
date est celui appelé « franchise médicale ». Sur chaque boite de
médicaments,
ainsi que sur chaque acte de soin paramédical (infirmière, kiné,
orthophoniste,
etc.) son montant sera de 50 centimes ; pour les transports par
ambulance, elle
sera de deux euros. En seront exemptés les moins de 16 ans, les femmes
enceintes,
les bénéficiaires de la CMU ou de l’aide médicale d’État. Elle sera
plafonnée à 50
euros par an et par malade (et non par famille!), et ne sera pas
remboursable par
les mutuelles; son coût sera modulable en fonction des comptes de la
Sécu,
c’est-à-dire qu’il augmentera d’année en année puisque les dépenses de
santé
augmentent! À quoi il faut ajouter ces franchises déguisées: le forfait
de un euro
pour chaque consultation médicale, acte de biologie ou
de radiologie depuis 2004, le forfait de 18 euros pour tout acte de
plus de 91
euros depuis 2005, le forfait hospitalier de 16 euros par jour, la
suppression de
la prise en charge à 100 % des soins postopératoires depuis 2003,
l’augmentation de
40 % du coût des cotisations aux mutuelles ces quatre dernières années.
Le montant
du reste à charge par malade s’élève déjà à 400 euros en moyenne par
an, et à 110
euros environ pour ceux qui ont les moyens de se payer une bonne
mutuelle:se
soigner correctement coûte de plus en plus cher! Aucune de ces mesures
n’a permis
de limiter l’accroissement des dépenses de santé: elles n’ont fait
qu’accroître les
inégalités sociales et rendre l’accès aux soins de plus en plus
difficile à un
nombre croissant de personnes à faibles revenus.

Il s’agit nous dit-on de responsabiliser les patients:est-on
responsable de sa
maladie? Sommes-nous responsables de la désorganisation du système de
santé, qui en
l’état profite aux actionnaires des labos pharmaceutiques et des
cliniques privées?

D’abord prévue pour renflouer les caisses de l’assurance maladie, cette
franchise est maintenant destinée à financer une 5e branche de la
Sécurité sociale,
qui va être créée dans quelques mois, prenant en charge les personnes
âgées
dépendantes, les soins palliatifs, la maladie d’Alzheimer et la lutte
contre le
cancer: génial, les malades paieront pour les malades! Quel coeur de
pierre
n’adhérerait pas à ce beau programme!

Les dépenses de santé sont concentrées sur un faible nombre de
patients: les 10 %
de malades les plus graves qui consomment le plus de soins sont à
l’origine des 2/3
des dépenses: la franchise ne limitera pas les dépenses des personnes
les plus
malades, sauf à les laisser mourir, mais pèsera sur les faibles
consommateurs.

C’est une aberration en terme de santé publique, de nombreuses
personnes à bas
revenus renonceront à se soigner, quitte à voir leur état de santé
s’aggraver faute
de soins primaires.

La finalité réelle de cette mesure, c'est la fin du système solidaire,
dans lequel chacun cotise selon ses revenus et est soigné selon son
état de santé,
honni par les capitalistes et les penseurs libéraux pour qui chacun est
individuellement responsable de son sort et reçoit selon ses moyens.
C’est la porte
ouverte à une privatisation accrue de la santé selon les voeux de l’OMC
: des
assurances se préparent à proposer des contrats à ceux qui ne
supporteront pas de
payer pour un système qui les remboursera mal, les faibles
consommateurs de soins
qui seront sous le seuil annuel de 50 euros, bien portants et aisés,
qui auront
alors la possibilité de quitter la Sécu. On peut voir à Paris une
officine de
crédit proposer un prêt pour dépense de soin ! Au lieu de repenser
l’organisation
du système de soins afin de mieux prévenir les maladies et leurs
complications
évitables, coûteuses en moyens sociaux mais juteuses pour les
industries du
médicament et les médecins à honoraires libres, de revoir le mode de
rémunération
des professionnels de la santé, de mettre en place de véritables
actions de
prévention, les politiques s’acharnent à faire porter la responsabilité
du déficit
de la Sécu par les malades, à déconstruire la solidarité sociale, à
s’attaquer aux
plus faibles et à aider les riches à s’enrichir encore (13 milliards de
cadeaux
fiscaux)!

La franchise est socialement injuste, économiquement inefficace et
dangereuse pour
la santé publique.

Non à la franchise, oui à la solidarité!
J.- M. D., E. K., P. E., Y. G., H. H.PS:

P. S. Merci à Didier Ménard président du syndicat de la médecine
générale (SMG).

_________________
concéder, c'est se rendre .
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://emilie-nihiliste.hautetfort.com
buenaventura
Langue pendue


Nombre de messages: 2488
Date d'inscription: 17/02/2005

MessageSujet: ...   Jeu 27 Sep - 13:27

«LA SANTÉ DANS TOUS SES ÉTATS », une nouvelle émission sur Radio
libertaire.

Parce que la santé constitue un enjeu social et politique de première
importance,
Parce que les questions de santé ne doivent pas être laissées aux «
experts » et
aux économistes,
Parce que nous avons notre mot à dire sur le système de soins actuel et
sur celui
que nous souhaitons,

Parce que l’éducation à la santé doit être accessible à tous,
Parce que la santé des travailleurs est en danger sur le lieu même leur
travail,
Parce que l’accès aux soins de qualité est un droit inaliénable,
Parce que cet accès est un prérequis pour une société plus juste et
plus égalitaire,
Parce qu’il devrait être pris en charge collectivement et solidairement
pour chacun
et chacune d’entre nous,

Parce que ce droit est menacé,
Parce que les marchands veulent l’accaparer à leur seul profit,

Rendez vous sur Radio libertaire (89.4), le 29 octobre 2007 à 18
heures, puis
chaque 3e lundi du mois à la même heure. La première émission sera
consacrée à la
franchise médicale et au meeting du 29 septembre.


*** Et pour finir, l'agenda du Monde libertaire :

Vendredi 28 septembre

Besançon (25)
Conférence avec des membres de l'APPO sur la situation à Oaxaca
(Mexique) après un
an et demi de lutte et après la constitution de l'Assemblée Populaire
du Peuple de
Oaxaca, à 20h 30 à L'Autodidacte - 5 rue Marulaz.

Ivry(94)
Forum Léo Ferré,11 rue Barbès,. Tél. 01.46.72.64.68, Yvan Dautin
accompagné au
piano par Elie Maalouf.

Samedi 29 septembre

Besançon (25)
Pot de rentrée à la librairie associative L'Autodidacte (5 rue Marulaz)
avec toutes
les personnes intéressées à la vie et au développement des acitivtés de
cet espace
libertaire. Apéro musical à partir de 19h.

Ivry(94)
voir annonce du 28

Paris 11e
4 heures pour la santé ! Appel contre la franchise. à 14 heures au
gymnase Japy à
l'appel de syndicats de professionnels de la santé, d'associations
d'usagers,
d'organisations politiques et syndicales aura lieu un meeting contre
l'instauration
de la franchise médicale et contre la privatisation de la santé:
Franchises ou
solidarité, débat introduit par le professeur Grimaldi. Inégalités
sociales et
environnement en santé: débat introduit par l’économiste P. Volovitch.
Amplifier la
mobilisation: débat introduit par les docteurs F. Nay (gérontologue) et
C. Lehman
(initiateur de l’appel contre les franchises).

Marseille
Au CIRA à 17 heures. Renée Triolle nous parlera de l’espéranto. Depuis
deux ans,
elle anime un cours d’espéranto au local du CIRA. Elle est l’auteur du
livre
Espéranto express (Dauphin, 2006, 152 p., collection
Langue express, 12,20 ?).

Paris 18e
La bibliothèque la Rue (10, rue Planquette Paris 18) reprend son cycle
de
débats-rencontres ; les premiers invités seront les membres de la revue
Réfractions
le samedi 29 septembre à partir de 15h30

Samedi 29 septembre

Merlieux (02)
Forum social libertaire, 4e salon du livre anarchiste.

LE DRAPEAU NOIR FLOTTERA de nouveau sur le Village du Livre pour ancrer
la culture
vivante au coeur des luttes présentes et à venir…
Devant le succès rencontré lors des trois éditions précédentes du Salon
du livre
anarchiste de Merlieux, le groupe Kropotkine, fort de l’expérience
acquise à ces
occasions, et toujours prompt à fustiger une certaine
culture estampillée business, se propose de faire souffler le vent
libertaire sur
les culs serrés de la médiocratie bourgeoise et bien-pensante.
C’est avec vous, esprits libres, que nous ferons reculer les fessiers
tremblotants
d’un néolibéralisme tantôt de gauche, tantôt de droite, toujours repu.
Nous rappellerons aux chancres mous de la démocratie qu’ils sont comme
certains
tableaux: pour les estimer, il ne faut pas les regarder de trop près.
Face aux trahisons des organisations politiques et syndicales, aux
limites d’une
démocratie aboutissant à l’élection d’un «petit Napoléon», agent
marketing du grand
capital, les anarchistes résistent et luttent
inlassablement, dénonçant toutes les aliénations, qu’elles soient
religieuses,
politiques ou économiques.

Pôle auteurs – auteures
Florence Aubenas (sous-réserve), Nan Aurousseau, Céline Beaudet,
Jocelyn Bézecourt,
Marie-Claire Calmus, Casquette, Paco (Pascal Colé), Éric Coulaud,
Jean-Luc Debry,
Alexandre Dumal, Mimouna Hadjam, Rolland Hénault, Claude Kottelanne,
Aïssa
Lacheb-Boukachache, Jean Le Gal (Grand Prix « Ni dieu ni maître »
2007), Tony
Legendre, Michel Léger, Jean-Pierre Levaray, Serge Livrozet, Thierry
Maricourt,
Nicolas Offenstadt, Patrick Pécherot, Thierry Périssé, Dominique Petit,
Sylvie
Picard, Maurice Rajsfus, Jean-Marc Raynaud, Jean-Jacques Reboux,
Benoist Rey,
Mathias Reymond,Thyde Rosell, Christian Roux, Claude Sigala, Jacques
Tardi,
Jean-Pierre Tertrais, Jean-Manuel Traimond, Serge Utgé-Royo, CathyYtak…

Samedi 29 septembre au soir

19heures:Banquet festif à prix libre,mijoté par Benoist Rey, écrivain
et fin gourmet.
21 heures — 21h45: Conte musical De la dope, du fric et des putes.
Texte de Gérald
Dumont, musique de Junior Cony (musicien des Bérurier Noir), par
eux-même.
21h45: Chansons d’amour, de révolte et de fraternité par Serge
Utgé-Royo et Bruno
Daraquy, chanteurs anarchistes de toujours.
Et le reste de la nuit par celles et ceux qui s’y mettront…

Dimanche 30 septembre

10 heures: Ouverture des stands.

10h30 — 12 heures: Débat sur l’éducation: « Un parcours en pédagogie
Freinet vers
l’autogestion » avec Jean Le Gal, auteur de Le maître qui apprenait aux
enfants à
grandir, préfacé par Michel Onfray aux Éditions
libertaires, pour lequel il reçut, lors du congrès de l’ICEM à Paris,
le Grand prix
Ni dieu, ni maître 2007, devant une salle comble, debout, applaudissant
à tout
rompre…

12h30 — 13 heures:Animation musicale avec Tichot qui interprètera des
textes
d’Eugène Bizeau, la chanson de Craonne…

13h30 — 14h45: Débat « Religion et armée, le goupillon et le sabre de
l’autorité »
avec Jocelyn Bézecourt, un rendez-vous placé sous le signe de
l’anticléricalisme et
de l’antimilitarisme comme le suggèrent finement les
affiches réalisées par Jacques Tardi

15 heures — 15h30:Animation musicale avec « la Robinetterie », groupe
local,
chanson française.

15h45 — 17 heures: Débat « Les mutineries de 1917 et les problèmes de
l’obéissance
en temps de guerre » par Nicolas Offenstadt, historien auteur de La
Grande Guerre
en 30 questions, Geste Editions, 2007, qu’il nous
présentera.

17h15 — 17h45: Animation musicale avec Serge Utgé-Royo et Bruno Daraquy
qu’on ne
présente plus à Merlieux…

18 heures — 19h15: Dans le cadre du thème 2007 du Salon du livre
anarchiste, débat
« Israël: une démocratie militariste et théocratique » avec Maurice
Rajsfus, que
les lecteurs du Monde libertaire connaissent bien.

Le Forum social libertaire/Salon du livre anarchiste sera retransmis en
direct sur
Radio libertaire (89,4 MHz — Paris), Radio libertaire Off (106,2 MHz —
Merlieux et
alentours) et sur Internet:

http://dune2.info:5000/radiolib et
http://www.federation-anarchiste.org/rl

Pôle éditeurs

Ab Irato, Alternative libertaire, AAEL, Le Chien Rouge, CIRA, Chants
d’orties, Le
Coquelicot, Egrégores, L’Impossible, K’A, Libertalia, Place d’Armes, Le
mot et le
Reste, Éditions du Ravin Bleu, La Digitale,
Barricata, éditions Libertaires, Tops, Spartacus, No Pasaran, Ivan
Davy,
l’Insomniaque, Éditions CNT-RP, Court-Circuit, ACL, Club du Livre
libertaire,
éditions Sextant, La Question sociale, Après la lune, Réfractions,
Anartiste,
Éditions du Monde libertaire, édito-Musiques,Traverse-vives etc.

Pôle organisations

Centre international de recherche sur l’anarchisme (Marseille),
Confédération
nationale du travail (Picardie), Fédération anarchiste (Librairie du
Monde
libertaire, Radio libertaire, Le Monde Libertaire), Front libertaire
(St-Nazaire),
Organisation communiste libertaire, Observatoire international des
prisons,
Sat-Amikaro, Sortir du nucléaire, Collectif de Défense des Sans-Papiers
02,
Infokiosk La Mauvaise Herbe (Caen) et Hobolo (Gard), Plan B, L’âge de
Faire, Centre
culturel libertaire (Lille), collectif Ne Laissons Pas Faire…

Dimanche 30 septembre

Merlieux (02)
Forum social libertaire, 4e salon du livre anarchiste.

Lille (59)
(M° République) à partir de 15 h (entrée gratuite). Place de la
République, des
nouvelles de la mobilisation des sans papiers à Lille.avec Marcel et
son orchestre,
Le Ministère des Affaires Populaires, Mon côté Punk, Loïc Lantoine, Les
Blaireaux,
Axiom: Grand concert de soutien et de résistance pour la
régularisation, contre les
expulsions des sans-papiers: Mettons le préfet du Nord sous vigilance !
Rens.
concert : Tel. 03.20.40.09.74

Mercredi 3 octobre

Tournon (07)
À 20h, à la salle Georges Brassens, aura lieu une soirée d'information
et de
discussion sur la biométrie. Il y aura un documentaire de 52' suivi
d'une
discussion en présence de personnes de la Ligue des Droits de
l'Homme 04 et de la FCPE 04, et de l'Association Contre la Biométrie à
l'École – 07.

Vendredi 5 octobre

Ivry (94)
Forum Léo-Ferré,11 rue Barbès,. Tél. 01.46.72.64.68, Laurent Berger
accompagné au
piano par Nathalie Fortin.

Samedi 6 octobre

Apt (84)
Des militants du groupe F A Gard / Vaucluse tiendront un point de
rencontre et de
vente du Monde libertaire sur le marché d'Apt de 10h à midi .

Marseille
Au CIRA à 17 heures. Claire Auzias présentera son nouvel ouvrage. Il
s’agit d’un
roman mettant en scène les exploits de deux cambrioleurs entre les
années 1960 et
les années 1980. Elle démontre qu’ils jouent un rôle
éminemment social. Les aventures extraordinaires de Laplume et Goudron,
travailleurs de la nuit par Claire Auzias ; illustrations de Charmag.
Les Éditions
libertaires, 2007. 79 p. Ivry (94) Forum Léo-Ferré,11 rue
Barbès,. Tél. 01.46.72.64.68, Zaniboni accompagnée aux guitares par
Rachid Sefrioui.

Paris 11e
Foum-débat de la libairie du Monde libertaire autour du livre
Perspectives
politiques de Noam Chomsky présenté et traduit par Franck Mintz qui
animera le
débat.145, rue Amelot 16 heures30

Du 8 au 14 octobre 2007

Dijon (21)
La Fulgurante Inauguration de la bibliothèque des Tanneries. Il est
possible de
loger aux Tanneries pendant la semaine en prévenant à l'avance. Les
différents
évènements sont gratuits. La participation aux frais quotidiens de la
maison et aux
repas est à prix libre. Espace Autogéré Des Tanneries 17, bd de Chicago
-(+33|0)
380666481 – tanneries(a)squat.net)

Les 12 et 13 octobre

Ivry (94)
Forum Léo-Ferré,11 rue Barbès,. Tél. 01.46.72.64.68, Jean-Michel Piton
accompagné
au piano par Paul-André Maby


Le Monde libertaire, chaque jeudi dans vos kiosques, 24 pages en
couleurs pour deux
euros

Hebdomadaire de la Fédération anarchiste, adhérente de l’Internationale
des
fédérations anarchistes

_________________
concéder, c'est se rendre .
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://emilie-nihiliste.hautetfort.com
buenaventura
Langue pendue


Nombre de messages: 2488
Date d'inscription: 17/02/2005

MessageSujet: ...   Jeu 4 Oct - 18:19

«Une société écologique suppose la fin de la hiérarchie et de la
domination sous
toutes ses formes.»
M. Bookchin

**** Sommaire du Monde libertaire # 1488 du 4 au 10 octobre 2007
Le camelot du nucléaire, par Daniel, page 3
Justice aveugle, par Vianney, page 4
rison psychique, par J. Monjot, page 4
Presse locale en lutte, par le Peinard, page 5
L’autruche sous la mousson, page 5
Bon pour le travail, par Thierry, page 6
Brèves, page 7
Birmanie en tourmente, page 8
Autogestion outre-Rhin, page 9
General Motors, par A. Chemin, page 9
Les états-Unis et les déviants, par H. M., page 10
Grenelle 2007, page J.-P. Tertrais, page 11
Habits neufs et feinte-dissidence, par L. Janover, page 14
Louise Michel et l’Algérie, par Paco, page 17
Colloque Amsterdam 1906, CNT-AIT Pau, page 19
Vie du mouvement, page 21
Radio libertaire, page 22
Agenda, page 23


*** Éditorial de la semaine :

Petite question : d’après-vous, pourquoi les du nucléaire gouvernants
et leurs
perroquets mènent-ils particulièrement grand tapage en ce moment?
Allez, ne
tournons pas autour du pot pendant dix plombes et disons-le tout net:
si les
ci-devant nous prennent pour des jambons, c’est pour pouvoir mieux nous
croquer
ensuite. Voyons de plus près leurs grossiers stratagèmes. Le
Staffordshire de
l’Elysée tance Trichet au motif que l’euro fort pénaliserait les
entreprises
françaises. Itou il fait mine de recadrer Fillon, lequel manquerait de
pédagogie
pour faire passer un train de « réformes ». Parallèlement, à l’ONU,
juché sur un
escabeau, il prend la posture du mec qui voudrait tenir entre ses
pognes les
manettes de l’univers entier. Ici il mandate Borloo, son pitre
ébouriffé, pour
amuser la galerie avec le Grenelle de l’environnement. Là, il joue au
Total droits
de l’homme, et cherche à émouvoir le bon peuple avec la pluie de sang
provoquée par
la junte Birmane.

Et pendant ce temps là, les scrutateurs de l’opinion (sic)
s’interrogent doctement
sur le désamour qui frapperait soudainement le bull-terrier des riches,
ou bien les
mêmes se perdent en conjectures sur la réalité (ou pas) d’un… futur
plan de
rigueur!

Si le foutage de gueule était coté en Bourse, il est certain que son
taux ferait
péter tous les records. Les salaires tirent la langue alors que
l’inflation se dope
à l’EPO des profits. Le maquillage des chiffres du
chômage n’y peut rien, le nombre de travailleurs privés d’emploi ne
cesse de
croître. Les sinistres procureurs de la Sécurité Sociale continuent
d’instruire de
mauvais procès à son encontre. Les fonctionnaires sont
encore et toujours pointés du doigt, et les régimes spéciaux sont
invités à offrir
leur corps à une tronçonneuse nommée « équité ». N’en jetez plus, la
cour est
pleine.

Reste la question de fond. Comment les capitalistes réussissent-ils à
nous saigner
en continu sans qu’un raz de marée de luttes n’émerge… pour les
submerger enfin?

Retour à la case départ. Ces salopards usent et abusent de moult
subterfuges. La
culpabilisation ici:« il y a plus malheureux que vous ici ou dans le
monde »,
l’instrumentalisation des émotions, par exemple avec la Birmanie ou le
Darfour
(pour les sans papiers R.A.S), le rajout d’une grosse pincée de poudre
(colorée)
aux yeux avec le Barnum du développement durable (sic). Enfin, si cela
ne suffit
pas, et d’ailleurs cela ne suffira pas, les Déroulède de tout poil
sauront bien
exciter la fibre nationaliste afin de nous précipiter dans un lointain
conflit.
L’Iran et ses mollahs noir pétrole = méchants, or les méchants méritent
bien la
fessée n’est-ce
pas? Au fait, qui a dit qu’il fallait se protéger des chiens d’attaque?


*** En prime, un article de Thierry :
« Bon pour le travail »

La part maudite

Vos poumons se calcifient et impossible de recracher les maudites
fibres.
Identiques à du verre coupant, elles se sont plantées au fond des
poumons de
Marie-Jeanne quand elle travaillait dans cette usine baptisée l’« enfer
blanc ».
Les milliers de victimes de l’amiante, une leçon contre d’autres
tragédies
industrielles? Pas vraiment. Quand on pulvérise le sol à coups de
pesticide, il n’y
a pas que les insectes qui trinquent. Employé aux épandages, José,
ouvrier
agricole, a contracté la maladie de Parkinson. Hervé, lui, souffre de
stérilité,
ses spermatozoïdes foutent le camp, exterminés par les vapeurs des
éthers de glycol
reprotoxiques qui l’ont
imprégné durant plus de quinze ans à la Régie. Ici, l’atelier fabrique
des
vitamines destinées aux poulets industriels. Et si ces friandises font
la joie des
poulets, le chloracétal ne fait pas celle de Robert atteint d’un
cancer du rein: la molécule est connue pour ses pouvoirs toxiques et
mutagènes, en
particulier sur les reins. Là, à force de respirer les émanations de
peinture, un
ouvrier est tombé malade. Exposé sans précautions, Lucien est
aujourd’hui « dévoré
» par les métastases.

Un vrai cauchemar! Et le pire est à venir1, plusieurs spécialistes
n’hésitent plus
à parler de « bombe à retardement ». Allons… ne venez pas nous dire
qu’un scandale
pareil à celui de l’amiante nous pend au nez, ça se saurait! Rien,
motus et bouche
cousue. La balance des pertes et profits a parlé: d’un côté, des
millions de
maladies susceptibles de se déclarer dans vingt ans… de l’autre, les
millions
d’euros à se mettre dans la poche tout de suite.

Et voilà que de plus en plus de victimes se retrouvent pour sortir de
l’angle mort
où beaucoup entendaient les reléguer. Pointés du doigt, personne ne
peut plus nier
les dangers mortels du travail, d’où la nouvelle stratégie des
entreprises: la
précarisation des risques. Une spécialité d’EDF, qui fait travailler à
l’intérieur
de ses centrales nucléaires plus de 30000 intérimaires, appelés «
steaks à rems »
(unité de mesure radioactive). Principalement menacés, ils encaissent
80 % des
radiations reçues par les travailleurs de l’atome. Isolés, le
travailleur précaire
garantit une invisibilité avec en prime en cas de pépin le moyen de
s’abriter
derrière le « faux nez » de la sous-traitance.

Lobby des rentiers

Reste qu’un jour la Sécu, mais aussi les industriels et les assureurs,
doivent
payer. Voici les victimes devant les tribunaux: plusieurs milliers de
procès et de
demandes d’indemnisations sont en cours… Le scandale gonfle, les
associations de
victimes débordées. La question des maladies professionnelles et leur
indemnisation
inquiète de plus en plus les entreprises, les actionnaires, et les
retraités des
fonds de pension qui veulent voir leur cagnotte prospérer de 15 % par
an. Qu’ils se
rassurent, si l’on est atteint de cancers, de maladies neurologiques,
ou de
désordre hormonaux… ce n’est pas la faute des saletés que nous
fabriquons, ce sont
nos gènes qui ne tiennent pas la route:le pistage biologique est la
dernière
trouvaille des industriels pour éviter de porter le bonnet. Quels
seront les
budgets alloués à la recherche? Énormes, il faut dire que la chose est
capitale.
Fliqué par nos gènes, bientôt, il leur suffira de tripoter le clavier
de
l’ordinateur pour sortir notre fiche ADN où logent 3milliards de
renseignements, un
trésor pour l’employeur: trop sensible aux substances toxiques? Vous ne
possédez
pas les « bons » gènes, dehors!

Et comme il n’y pas de bonne démonstration sans exemple… Voici les
propos éloquents
de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) condamnant en
2003 l’enjeu de
la recherche génétique sur la susceptibilité individuelle au risque.
Rapportés par
Annie Thébaud-Mony dans son ouvrage Travailler peut nuire gravement à
votre santé
(La découverte, 2007): « Il s’agit d’identifier les “travailleurs à
risque” et de
les exclure avant exposition pour réduire les coûts d’indemnisation à
payer par
l’employeur et les assureurs, ou alors ne prendre que la “part
attribuable” au
travail dans l’indemnisation des maladies professionnelles […] ».

Toubib nazi

Un remake d’une pratique qui relève davantage de la médecine légale que
d’un
véritable outil de prévention. En 1916, deux médecins légistes, Mazel
et Leclerq,
vont jeter les bases de la doctrine de la médecine du travail. L’idée :
faire
travailler des individus de « moindre valeur » dans un esprit de
rationalisation
industrielle et biologique. L’affaire sera prise en main en 1941 par
Alexis Carrel
à la demande du maréchal Pétain, ça
semble loin derrière, et très près devant…

Jamais on ne dira des accidents et maladies professionnels mortels que
ce sont des
homicides dus à des employeurs qui rêvent de transformer leurs petites
entreprises
en paradis d’esclavagistes où l’on travaillera plus, non pas pour
gagner plus, mais
pour acheter une solide corde à un schoïnopentaxophiliste
(collectionneur de cordes
de pendus, ça existe!). Et que les médecins du travail, qui ont un
minimum
d’éthique médicale, ne s’avisent pas de s’intéresser aux mauvais
traitements subis
par les salariés. Ils sont priés de regarder ailleurs, la santé et la
sécurité au
travail ne doivent pas être un obstacle, dès lors que l’on peut la
monnayer. Le
contrat de travail est en ce sens pleinement un contrat de sang, et se
caractérise
bien par un « lien de subordination ». Le travailleur, le nouveau
Sisyphe, peut
rouler sa pierre, la valeur Travail
a encore de beaux jours devant elle.

Thierry
Groupe de Rouen de la Fédération anarchiste

1. On trouve plus de quatorze produits cancérogènes dans le chariot
d’une femme
deménagetravaillant au nettoyage des bureaux.


*** Et pour finir, l'agenda du Monde libertaire :

Samedi 6 octobre

Apt (84)
Des militants du groupe F.A. Gard Vaucluse tiendront un point de
rencontre et de
vente du Monde libertaire sur le marché d'Apt, de 10 heures à midi.

Paris 18e
Fermeture exceptionnelle de la bibliothèque La Rue.

Paris 11e
Forum-débat de la libairie du Monde libertaire autour du livre
Perspectives
politiques de Noam Chomsky présenté et traduit par Franck Mintz qui
animera le
débat à 16 h 30, au 145, rue Amelot, Métro Oberkampf,
République ou Filles-du-Calvaire.

Le Mans (72)
Café libertaire :« L'autogestion est-elle utopique? » Exposé, débat et
réflexion à
17 heures, à l'épicerie du Pré, au 31, rue du Pré.

Du 8 au 14 octobre

Dijon (21)
La Fulgurante inauguration de la bibliothèque des Tanneries. Voir page
21.

Jeudi 11 octobre

Paris 20e
Réunion publique sur la biométrie, le prélèvement ADN et les puces RFID
à 19h30, au
café de Paris, 158, rue Oberkampf. Métro Ménilmontant.

Vendredi 12 octobre

Ivry-sur-Seine (94)
Jean-Michel Piton accompagné au piano par Paul-André Maby, à 19h30, au
forum
Léo-Ferré, 11, rue Barbès, métro Porte d'Ivry ou Pierre-et-Marie-Curie
, ligne 7.
Tél. 01.46.72.64.68.

Paris 18e
À l'occasion de la Fête des Vendanges Rebecca Gruel expose ses oeuvres
du vendredi
12 au dimanche 14 octobre à la bibliothèque La Rue, au 10, rue
Robert-Planquette.

Samedi 13 octobre

Paris 11e
Rencontre à la librairie du Monde libertaire, avec Thierry Périssé,
auteur de Noir
Horizon, à 16 h 30, au 145, rue Amelot, Métro Oberkampf, République ou
Filles-du-Calvaire.

Asté (65)
Premières journées d’hommage à Marie Laffranque, organisées par
l’association Les
amis de Marie Laffranque , Salle de la Mairie. Mail :
amis.marielaffranque!a)caramail.com , site : www.marie-laffranque.org

Jeudi 18 octobre

Rennes
Le groupe La sociale de Rennes organise à 20 heures, à Carrefour 18, au
7, rue
d’Espagne (métro Fréville ou Italie), son meeting de rentrée en un jour
de lutte.
Vie chère, retraites ,sécu, services publics, expulsions…Parisot et
Sarko
attaquent, Organisons la riposte !

Vendredi 19 octobre

Ivry-sur-Seine (94)
Lou Saintagne accompagnée à l’accordéon midi par Laurent Derache et au
violon par
Richard Khayadjanian à 19h30, au forum Léo-Ferré, 11, rue Barbès, métro
Porte
d'Ivry ou Pierre-et-Marie-Curie, ligne 7. Tél. 01.46.72.64.68.

Samedi 20 octobre

Ivry-sur-Seine (94)
Yves Uzureau en solo, à 19h30, au forum Léo-Ferré, 11, rue Barbès,
métro Porte
d'Ivry ou Pierre-et-Marie-Curie , ligne 7. Tél. 01.46.72.64.68.

Paris 11e
Diffusion du film Sacco & Vanzetti au Maldoror, 10, rue du
Grand-Prieuré. Métro
Oberkampf ou République.

Dimanche 21 octobre

Paris 11e
Lire en fête à la librairie du Monde libertaire, à partir de midi :
débats,
chanson... programme à suivre au 145, rue Amelot, Métro Oberkampf,
République ou
Filles-du-Calvaire.

Samedi 27 octobre

Paris 18e
Roger Dadoun sera invité pour ses livre Sexyvilisation, Heidegger,
berger du néant
en passant par Éloge de l'intolérance. Roger Dadoun viendra parler de
ses écrits
passés et présents à 15 h 30, à la Bibliothèque La
Rue, au 10, rue Robert-Planquette.

Vendredi 9 ovembre

Ivry-sur-Seine (94)
Carine Reggiani accompagnée au piano par Philippe Donnadieu, dans son
spectacle «
Mon père c'est l'Italien » à 19h30, au forum Léo-Ferré, 11, rue Barbès,
métro Porte
d'Ivry ou Pierre-et-Marie-Curie , ligne 7. Tél.
01.46.72.64.68.

Samedi 10 novembre

Ivry-sur-Seine (94)
Michèle Bernard accompagnée au piano par Jean-Luc Michel, à 19h30, au
forum
Léo-Ferré, 11, rue Barbès, métro Porte d'Ivry ou Pierre-et-Marie-Curie
, ligne 7.
Tél. 01.46.72.64.68.

Marseille
Rendez-vous dès 12h sur le vieux port pour un pique-nique convivial et
militant.
14h : départ de la manifestation contre le projet ITER.


Le Monde libertaire, hebdomadaire de la Fédération anarchiste, chaque
jeudi dans
vos kiosques, 24 pages en couleurs pour deux euros

Hebdomadaire de la Fédération anarchiste, adhérente de l’Internationale
des
fédérations anarchistes

_________________
concéder, c'est se rendre .
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://emilie-nihiliste.hautetfort.com
kamchatka
Langue pendue


Nombre de messages: 530
Date d'inscription: 17/12/2006

MessageSujet: ...   Jeu 31 Jan - 10:13

*** Edito
Avant quand on disait « général » on pensait assez souvent (?) au
mécano de ladite
locomotive et à la bouille lunaire de Buster Keaton. Maintenant on
pensera aussi au
lampiste de la Société générale. Piratage informatique, complicités
diverses et à
tous niveaux, on peut se perdre en conjonctures. Penser aussi que ce
n'est que le
petit bout del'iceberg et qu'il s'en passe sûrement de bien belles sans
que les
médias s'en emparent ! Les politiques ont beau « s'irriter », évoquer,
histoire de
faire peur, le spectre du krach de
1929, les faits sont là : le gouvernement français n'a été prévenu que
trois jours
après la «forfaiture».

Le temps, informatiquement parlant, de gommer des traces et de faire
porter le
chapeau à un pseudo-hacker ? Va savoir ! Il y a quelque temps il était
de bon ton
de se gausser de lItalie sous la botte pailletée de Berlusconi. Mais la
saga people
du chef de l'État français ne fait pas que le bonheur des
caricaturistes de notre
bel Hexagone. De par le monde ça se gondole aussi. «Nouveau Napoléon »,
«Président
Duracell », ça cartonne dur sur l'image de la fille aînée de l'Eglise.
Et notre
pouvoir d'achat dans tout ça ? Il a du plomb dans l'aile. On en
viendrait presque à
se demander où va l'argent des contrats juteux annoncés ça et là. Par
contre la
société du spectacle, elle, fait recette à guichets fermés.

Sinon, côté social ce n'est pas le quart d'échec de la grève des
fonctionnaires du
24 janvier qui va beaucoup nous remonter le moral. Il faut bien
convenir que les
élections municipales prochaines enrayent sérieusement les rouages
syndicaux encore
existants. Demain on rasera gratis et un monde merveilleux sortira des
urnes, tel
est le refrain lancinant qui bourdonne constamment à nos oreilles. Au
début des
années 1970 le Programme commun avait remplacé la lutte des classes
dans les
statuts des syndicats. Plus de trente ans après, les mêmes illusions
perdurent.
Pourtant le miroir aux alouettes du libéralisme a fait beaucoup de
dégâts dans la
gauche parlementaire, pour ne parler que d'elle. Un certain bon sens
pragmatique
pourrait redonner la priorité à l' «action syndicale ». Mais quand
tordra-t-on le
cou au léninisme et à la mise en laisse du monde du travail ? Il le
faudra pourtant
si l'on veut que se profile un autre futur !


*** Sommaire

Imprimeurs en colère, par E. Vanhecke, page 4
Le billet du Peinard, page 5
L'autruche rouscaille, page 5
Les brèves de combat, page 6
Crise du nerf de la guerre, par J. Langlois, page 7
Huissiers belges, par J.-P. Garnier, page 10
Bac pro, la casse, par Sigrid, page 11
Kenya, dégât collatéral, par S. Rincon, page 14
Poubelles mafieuses, par B. Cibille, page 15
Des faits d'anarchie, par Paco, page 17
MurMure de paix, par Paco, page 18
Pauvre au pays de la richesse, par Moriel, page 19
La fesse heureuse, par M. Giraud, page 20
La vie du mouvement, page 21
RL, le choix de la rédaction, page 22
Agenda, page 23


*** L'agenda

Vendredi 1er février

Auray 56
20h15 -Salle L & M, pôle municipal du Penher, à l'angle des rues du
Penher et Pdt
Kennedy. La prison en question(s) - Projection d'un documentaire de
l'OIP
(Observatoire International des Prisons) suivie d'un débat sur
l'enfermement et la
justice. Entrée libre. Organisée par le groupe libertaire de
Lorient/Vannes de la
Fédération anarchiste

Ivry 94
20 heures, Michel Hermon chante Léo Ferré et ses poètes, dans son
spectacle «
Compagnons d'enfer », accompagné au piano par Christophe Brillaud.
Forum Léo Ferré,
11, rue Barbès, Tél. 0146726468. Métro:
Pierre Curie ou Porte d'Ivry.

Samedi 2 février

Ivry 94
Voir le 1er.

Dimanche 3 février

Paris XVIIe
Serge Utgé Royo chantera à l'Européen, 3-5 rue Blot Paris XVII. Métro
Place Clichy.
Il sera accompagné de Léo Nissim (piano), Jack Thysen (Basse) Jack Ada
(guitares),
Jean My Truong (percussions), avec la participation de Natacha Esdra et
Bruno
Daraquy. artiste invité: Jofroi. Réservations: 0143522040 ou 0143879713

Lundi 4 février

Paris XVIIe
Serge Utgé Royo Chantera à l'Européen (voir le 3) Artiste invité:
Hélène Maurice.

Mercredi 6 février

Paris IXe
Céline Caussimon chante au Théâtre Essaîon. Dernière 6, rue Pierre au
lard, Paris
4e, M° Hôtel-de-Ville. Réservations: 0142784642 — tarifs: 15 et 10
euros.

Jeudi 7 février

Merlieux 02
À l'heure de la montée en puissance de tous les intégrismes, le groupe
Kropotkine
de la FA vous propose de 18 à 21 heures, une soirée anticléricale, avec
Marc
Silberstein, préfacier de Apologie du blasphème (Syllepse, 2006).
Bibliothèque
Sociale, au 8, rue de Fouquerolles. Renseignements au 0323801709

Vendredi 8 février

Ivry 94
20 heures. Sarcloret et Michel Buhler, accompagnés au piano par Gaspard
Glaus,
chantent Jean Villard Gilles dans leur spectacle « Les Trois Cloches »
Forum Léo
Ferré, 11, rue Barbès, Tél. 0146726468. Métro: Pierre-Curie ou
Porte-d'Ivry.

Samedi 9 février

Paris XIe
À partir de 16h30,Jimmy Gladiator sera à la Librairie du Monde
libertaire, 145, rue
Amelot, pour une rencontre-débat à l'occasion de la sortie de son
récent livre:
Éléphants de la patrie aux éditions Libertalia. Rencontre animée par
Jehan,
animateur de l'Émission Ondes de choc sur Radio libertaire.

Ivry 94
Voir le 8

Dimanche 10 février

Ivry 94
Voir le 8

Vendredi 15 février

Bordeaux 33
À partir de 19h00: intervention de la chorale Le Cri du Peuple – Place
Camille
Julian autour de chansons de La Commune. À 20h30 - cinéma Utopia -
projection de
«La Commune»,séquence 1 (1h02) (3,50 euros) animation Clé des Ondes -
Cercle Jean
Barrué présentation - Claire Auzias intervention en chanson Serge
Utgé-Royo débat
avec Claire et Serge, table de presse de la Librairie du Muguet
Réservations à
l'Utopia, à partir du 5 février 2008

Samedi 16 février

Doyet proche Montluçon 03
Concert au Maquisard (local autogéré) avec RabHop (Hardcore
d'Angoulême) +
surprise, le Keupon voyageur - 5 La Gare – 03170 Doyet, 0612277001,
prix libre, 20
heures

Bordeaux 33
À 14h30: cinéma Utopia - projection» La Commune», séquence 2 (1h14)
(3,50 euros)
A 16h15: cinéma Utopia, «La Commune/séquence à 3 (1h15) (3,50 euros)
à 17h30: Échange avec Claire Auzias, Serge Utgé-Royo ou intervention de
la chorale
Le Cri du Peuple table de presse de la Librairie du Muguet Réservations
à l'Utopia,
à partir du 5 février 2008
À 20h00: salle Maison Cantonale (20 rue de Chateauneuf à Bordeaux)
Serge Utgé-Royo
– chante La Commune, table de presse de la Librairie du Muguet
Réservations à l'Utopia, à la Librairie du Muguet et à la Clé des Ondes
(90,1 MHz)
(15 euros et 10 euros pour tarifs réduits)

Jeudi 6 mars

Merlieux 02
De 18 à 21 heures, la Bibliothèque sociale reçoit l'association Terre
de liens,
autour des questions suivantes: Comment la société civile peut-elle
s'impliquer
dans la gestion de l'espace rural? Une autre forme de propriété
est-elle possible?
Comment soutenir des projets créateurs de liens et écologiquement
responsables? 8,
rue de Fouquerolles. Renseignements: 0323801709

Samedi le 8 mars

Gand, Belgique
Septième édition de la Foire du Livre Alternatif et Libertaire…
Renseignements: <aboekenbeurs(a)yahoo.com> http://www.aboekenbeurs.bee
Barbès.
Tél.:01.46.72.64.68.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
buenaventura
Langue pendue


Nombre de messages: 2488
Date d'inscription: 17/02/2005

MessageSujet: ..   Mer 7 Mai - 11:41

LE MONDE LIBERTAIRE - hors-série no 34
1968-2008: La Révolution reste a faire

Sommaire:
* Soixante-huit au jour le jour,page 4
* Du 22 mars à aujourd'hui,J.P Duteuil bon pied bon oeil,p.5
* Flicaille: la chiasse reste ouverte,par M.Rajsfus,page 7
* Les lycéens ne calent pas,par M.Tomsin,page 9
* Un etudiant de notre temps,par Raffael,page 12
* Gauchistes,gauchos,toto,par M.Mouse,page 13
* Occupons notre temps,libérons les usines,par E.Noir,page 15
* Les femmes s'en melent,par LN,page 17
* Touche pas la coco,par F.Olivet,page 20
* Les hollandais volants,par Y.fremion,page 23
* Incendies dans le monde,par J.Montjot,page 26
* Populaire amérique,par A.Ivol,page 27
* Pour le plaisir,par R.Shérer,page 29
* Les footeux se révoltent,par Zine et Dine,page 32

** En vente du 1er Mai au 11 Juin

_________________
concéder, c'est se rendre .
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://emilie-nihiliste.hautetfort.com
buenaventura
Langue pendue


Nombre de messages: 2488
Date d'inscription: 17/02/2005

MessageSujet: ...   Ven 5 Sep - 11:28

*** Edito du Monde libertaire # 1523 du 4 au 10 septembre 2008

On peut pas dire que ces semaines d’été passées aient été particulièrement
ensoleillées, en tout cas pour nos coeurs libertaires : ce fut comme d’hab’ la
prévisible averse de chasse aux sorcières – pardon – aux émigrés, d’augmentations
tous azimuts, gaz, électricité, transports et une dégelée de décisions impopulaires
par nature comme la privatisation de La Poste pour 2011 ou l’insupportable projet
Edvige de fichage généralisé… Moindre service et plus-coûtant, remaniements de
personnel, suppressions de postes, gel des salaires, foutage de gueule quant au
pouvoir d’achat ! Ce furent comme d’hab’ les tartarinades du Bienfaiteur déhanché
qui, pour plaire à son gourou «US» et poser – à ses pieds – en sauveur de la
Civilisation, envoie la glorieuse armée française (ses godasses de cinq kilos et
ses beaux treillis kaki bien visibles dans le désert) se faire ratatiner au
bourbier afghan. Ce fut comme prévu la poursuite fastidieuse du Barnum électoral
américain dont on n’a rien à cirer, noir démocrate ou blanc républicain, même
libéralisme, mêmes guerres, même foi ridicule et meurtrière en la divine
Croissance. Ce fut la poursuite encore plus fastidieuse du fastidieux feuilleton de
l’université d’été du gentil PS, ses jeunes loups, ses vieux loups, ses promesses,
son impuissance, son inutilité. Ce fut un jeu de massacre des populations du
Caucase. Ce fut tout récemment l’annonce flamboyante du RSA financé par 1 % des
éconocroques des bobos et des employés. Mais pas des vrais richards frileusement
abrités sous le bouclier fiscal ou audacieusement planqués aux îles Caïman. Pour
nous faire avaler ce sinistre brouet ambiant et son nauséeux condiment néolibéral,
il nous en a fallu, cet été, avaler des titatas et sniffer des poudres aux yeux!
Ainsi pas plus tard qu’il y a quelques jours, sur Radio-Paris (ou Radio-Banane ou
Radio-Goulag), la présentatrice aux actualités, avec un inimitable ton de fausse
big-sister et de vraie lèche-train, n’a pas eu scrupule à chevroter la perle que je
vous livre : « Puisque les actualités, c’est aussi du sourire et du bonheur… » et à
réentonner sans rougir le couplet éculé de l’équipe de hand-ball et des merdailles
olympiques dont on nous gave depuis des lunes. Au milieu de tout ce glauque, enfin,
Besancenot fut, et son Parti anticapitaliste. Mains tendues aux déçus des PS et PC,
aux trotskards bien sûr et même aux libertaires… Y’a pas que du pipeau dans tout
cela, précise dans nos pages Philippe Pelletier ; mais nous n’oublions pas
Kronstadt, les méthodes de Lénine et de Trotski. Faire la révolution, certes, mais
sans délégation, sans confiance dans aucun meneur, bref en ne laissant personne
gérer nos affaires à notre place


*** Sommaire du du Monde libertaire # 1523 du 4 au 10 septembre 2008

Chômeur forcémment feignants, par Patrick, page 3
À votre santé, par Moriel, page5
Brèves de combat, page 6
Chair à canon, par J.-P. Cottel, page 7
Rroms = parias, par B. Bilderberg, page 8
Un nouveau parti ? par P. Pelletier, page 9
Olivier reclus, par D’jo, page 10
Archéologie, par N. Potkine, page 12
Anticléricalisme et contrepets, par O. Tarda, page 11
Quand les paras chutent, par S. Chemin, page 14
Georgia in my mind, par C. Danis, page 15
Un ami perdu, par A. Bernard, page16
Lettre antimilitariste d’un ami, par J.-P. Bertrand, page 17
Colloque à Carrare, par Hugues, page 18
Art et colonialisme, par G. Bounoure, page 19
Haro sur la psy, par J. Lesage De La Haye, page 20
La vie du mouvement, page 21
La radio qui tue, page 22
L’agenda des bons, page 23


*** un article en prime :
Olivier reclus dans son NPA

Olivier Besancenot préface Élisée et expose sa volonté d’ouverture avec les
libertaires. Ainsi, libertaires et marxistes pourraient se battre côte à côte,
contre le capitalisme et envisager un avenir commun. Mais déjà les dés sont pipés,
ainsi alors que d’après lui les marxistes sont « suspectés » d’autoritarisme, les
libertaires seraient « condamnés » à l’impuissance. Le lexique judiciaire tient de
seul argumentaire et les libertaires sont déjà jugés avant même d’avoir à présenter
leur dos aux baïonnettes. Impuissance face à leur manque d’autoritarisme pour
prendre le pouvoir, peut-être… Il faut faire fi des divergences du passé, nous
exalte Olivier! Puisque le capitalisme est victorieux, il faudrait agir ensemble,
d’autant plus qu’aucun courant politique n’a « supplanté » les autres. Comme si
refuser toute idée de pouvoir était une méthode ou un savant calcul… Comme si la
lutte contre toute forme de domination était une divergence du passé. Battre le
capitalisme serait un but en soi, peu importe ce qui le remplacera… Il nous parle
d’efficacité pour gagner. Voilà que les divergences du passé ressurgissent! Car
nous n’avons absolument pas le même but. Pour les anarchistes, il ne s’agit pas de
gagner le combat et de remplacer les dominateurs, mais de détruire toute forme
d’exploitation.

Notre but est la liberté.

Du coup, contrairement à ce qu’annonce Olivier, le débat de fond est déjà esquivé.
La question n’est pas à une union commune de direction de la révolution: nous
voulons le fédéralisme intégral. Il ne s’agit pas, dans les quartiers ou les
entreprises, de choisir de quelle couleur sera le papier toilette ou celle des
lampadaires, si c’est pour laisser les décisions importantes à un nouveau parti,
fût-il anticapitaliste.

Révolution!

La révolution, loin d’être un but en soi, est un moyen se débarrasser du
capitalisme. Reste à savoir ce que nous souhaitons mettre en place ensuite. C’est
un choix de société que chacun a à défendre. Soit on considère que nulle
organisation de la société n’est possible sans prise en charge par un pouvoir
quelconque (par de super individus plus aptes que d’autres à vivre en société?).
Soit on considère que chaque individu est capable de prendre des décisions
relatives à la vie en société et de les assumer, dans un cadre fédéraliste et
autogestionnaire.

D’jo
Militant à la Fédération anarchiste


*** Le rendez-vous des internationaux

Impressions du 8ième congrès de l’Internationale des Fédérations anarchistes –
Carrare (Italie) – juillet 2008

Peu d’entre nous connaissent cette ville, hormis pour son marbre réputé depuis
l’antiquité pour sa blancheur et sa pureté. Et pourtant cette ville est un haut
lieu de mémoire du mouvement anarchiste italien, nombreux parmi les carriers furent
des sympathisants ou des militants de notre mouvement. C’est aussi une des rares
villes qui, à l’initiative des partisans anarchistes, se libéra du fascisme, ce qui
explique la place et la légitimité des anarchistes encore aujourd’hui dans cette
cité. C’est aussi et c’était la raison de notre présence à Carrare en juillet 2008,
la ville où fut créée, il y a quarante ans, l’Internationale des Fédérations
anarchistes. Pas question ici de revenir sur la nature des débats sociaux et
idéologiques qui nous occupèrent durant les trois jours du 8e Congrès de l’IFA, cet
article ne vise qu’à tenter de redonner l’ambiance de ce qui fut pour ceux et
celles qui purent y participer un grand moment de fraternité libertaire.
En d’autres termes, il ne s’agit que d’un récit de voyage en pays d’anarchie. La
délégation française était composée de dix-huit camarades, dont cinq militantes,
bien équilibrée en âge de 22 à 56 ans. Six d’entre eux
venaient de région parisienne, un de Tours, un de Marseille, deux de Gap, trois de
Chambéry, un de Strasbourg, deux du Vercors, un de Charente. Certes, l’ouest de
l’Hexagone était sous-représenté, sans doute un effet de l’éloignement. Notre
arrivée à Carrare fut l’occasion d’une grande émotion. Imaginez la place centrale
d’une ville moyenne, au premier étage du théâtre communal un drapeau noir et rouge
de trois mètres sur quatre avec en dessous un calicot indiquant « Union des groupes
anarchistes de Carrare »... Ici, nous sommes chez nous. Ce lieu, l’espace Germinal,
fut réquisitionné à la Libération par les partisans anarchistes qui en firent le
siège de leur mouvement, ce qu’il est resté depuis. C’est là que se tint le congrès
de la fondation de l’IFA en 1968, c’est là qu’aurait dû se tenir notre congrès
mais, malchance, la bâtisse est vieille et mal entretenue par la ville. Nous fûmes
donc obligés de nous replier sur le théâtre Garibaldi. Avant les travaux proprement
dits, la réunion fut ouverte en plein coeur de la ville et en plein air, tout près
du Centre culturel anarchiste (une bibliothèque et un lieu de réunion).
Chaque délégation présenta en public son organisation. Suite à ces prises de
parole, nous partîmes tous en manifestation dans Carrare, avec drapeaux et
banderoles italienne, française, bulgare, biélorusse… Là encore un grand moment
d’émotion car, au delà des chants révolutionnaires repris dans de multiples
langues, nous fîmes un quasi-pèlerinage anarchiste. Régulièrement, le cortège
faisait halte devant une plaque commémorative où un camarade italien accrochait
quelques oeillets rouges avec une simple signature : « Les Anarchistes ». Ainsi, au
fil du parcours, où nous fûmes à maintes reprises salués amicalement, voire
applaudis par les passants, nous saluâmes la mémoire de Francisco Ferrer, dont le
buste nous rendit un fraternel salut, des martyrs anarchistes massacrés par l’armée
en 1894 et celle de l’une des figures majeures du mouvement anarchiste de Carrare,
le camarade Alberto Meschi… dont le monument commémoratif démontre la place de
notre mouvement dans la cité. De retour par la place Sacco-et-Vanzetti, auxquels
nous laissâmes quelques fleurs et quelques pensées, nous partîmes nous restaurer.
L’après-midi, le travail politique commença, mais là n’est pas mon propos. Les
soirées, en revanche, doivent y figurer en bonne place, car elles furent de grands
moments de fraternité libertaire où, au-delà des obstacles linguistiques, l’amitié
put germer. En effet, tour à tour chaque délégation fit entendre quelques chansons
de son répertoire anarchiste « local » et bien d’autres furent reprises en coeur
par l’assemblée car appartenant à la culture internationale du mouvement. Comment
faire partager ces moments qui furent pour nous une réalisation concrète – certes
limitée – de notre idéal de solidarité et de respect. Beaucoup d’émotion qui, à
coup sûr, restera gravée au coeur de ceux et de celles qui en furent et qui leur a
redonné le goût de l’engagement et du combat anarchistes. La soirée se termina sur
une grande place de la ville, sous l’oeil bienveillant de Francesco l’éducateur, où
les chants révolutionnaires continuèrent, entrecoupés par les accordéons et les
chants populaires des Pouilles, dont nous régalèrent trois compagnes italiennes.
Petite fausse note écologique, la montagne de marbre autour de Carrare est ravagée
par une exploitation massive et industrielle de sa richesse. Les saignées de la
dynamite et du bulldozer y sont gigantesques, et la ville est la plus polluée
d’Italie. Trois mille camions par jour pour convoyer la pierre arrachée à la
montagne et la poussière de marbre font de ce haut lieu de notre mémoire, une fois
encore, la démonstration que notre lutte pour une décroissance raisonnée et une
société libertaire sont aujourd’hui une urgence absolue.

Hugues
(Membre de la délégation de la Fédération anarchiste)


*** Agenda du Monde libertaire du 4 au 10 septembre 2008

Jeudi 4 septembre

Rennes (35)
Dans le cadre de la campagne antireligion de la Fédération anarchiste, le groupe la
Sociale de Rennes organise à 20 heures au local la Commune, 7, rue de Châteaudun,
un débat autour du thème: «Religions, gardiennes de toutes les injustices».

Samedi 6 septembre

Ploërmel (56)
À l’initiative des groupes de Bretagne de la Fédération anarchiste, une
mobilisation laïque et contre l’ordre moral est organisée, place Jean-Paul II: –
12heures: pique-nique anticlérical, devant la statue de Jean-Paul II (chacun
apporte un plat et une boisson); – 15heures: rassemblement festif et blasphématoire
devant la statue pour son retrait de l’espace public et son démantèlement (aux
frais de l’ancien maire!), avec un lâcher de préservatifs car nous préférerons
toujours la capote à la calotte, puis départ en manif.
17heures: salle des fêtes, réunion publique «Quelles résistances face à l’offensive
religieuse?» Intervenant: Jocelyn Bezecourt, animateur du site
http://www.atheisme.org/ Infos: fedeanar56(a)yahoo.fr

Avignon (84)
Rassemblement antinucléaire au parc des Libertés (île de la Barthelasse) à
l’occasion de la venue de 27 ministres européens; à partir de 12 heures pique-nique
musical avec, entre autres, le groupe Au fond à gauche. À partir de 14 heures,
diverses interventions sur les thèmes suivants: nucléaire, France et Europe;
risques concrets et contrôle indépendant du nucléaire; sortir du nucléaire. À
partir de 16 heures, rencontres entre militants antinucléaires afin de se connaître
et de préparer ensemble la suite de la lutte contre le nucléaire.

Lundi 8 septembre

Cuisery (71)
Jusqu’au 20 septembre, exposition «Les hommes du jour», d’Aristide Delannoy (Un
crayon de combat) présentée par la librairie Les Chats noirs. Office du tourisme,
place d’Armes.

Mercredi 10 septembre

Marseille (13)
Rassemblement à 14 heures pour Serge Reynaud, victime de la répression
antisyndicale à La Poste, devant la Poste Colbert, rue Henri-Barbusse, 13001
Marseille, métro Colbert.Pas encore privatisée, déjà répressive.

Paris (14e)
Rassemblement à 14 heures pour Serge Reynaud, victime de la répression
antisyndicale à La Poste, au 41, bd Romain- Rolland, 75014 Paris, métro
Porte-d’Orléans. Pas encore privatisée, déjà répressive.

Samedi 13 septembre

Paris (11e)
Manifestation organisée par la Fédération anarchiste pour souhaiter la malvenue au
pape invité par président de la République française. Rassemblement à 14 heures sur
la place de la République pour se rendre via la place de la Bastille à la place de
la Nation.

Paris (18e)
À 15h30 à la bibliothèque La Rue, Sébastien Rutès viendra parler de son livre Le
linceul du vieux monde (édition L’Atinoir, 2008), une enquête policière située dans
le Paris de 1899 et mettant en scène Nino, vieux compagnon libertaire, et Oscar
Wilde! 10, rue Robert- Planquette Paris 18e, métros Blanche ou Abbesses.
Le programme 2008-2009 des rencontres-débats du samedi est en ligne sur le blog de
la bibliothèque: bibliothèquelarue.over-blog.com

Sansais (79)
Fête Noire et Rouge à La Garette (Marais Poitevin, 10 km à l’ouest de Niort). Cette
fête est organisée conjointement par le groupe Nous Autres de la FA, les camarades
de la CNT locale et une association tout aussi locale: le MAC (Mouvement pour une
alternative culturelle).
12 heures: repas partagé; 14 heures: politique et religieux, un rapport incestueux
(conférence-débat); Oaxaca entre rébellion et utopie (film documentaire); débats
improvisés; le soir repas, et, à 20 heures concert avec Rab (Punk-core), Kyma
(politik electrorap), et Rudy’s back sound antisystem (Ska Skinhead-Reggae Punk
Soul…)

Mardi 16 septembre

Metz (57)
À 20 heures, débat « Le patronat veut en finir avec le monde ouvrier », précédé du
documentaire d’Helen Richards, L’envers de la réussite. Caveau du café
Jehanne-d’Arc, place Jeanne-d’Arc à Metz.

Lundi 15 septembre

Paris (11e)
Jusqu’au 17 septembre à 19heures, les Enfants d’Antonin vous invite à la
représentation de Café Panique, de Roland Topor. Un apéro spectacle conçu et
interprété par Guillaume Jaspart. Roland Topor ne décrit pas le monde tel qu’il
est, mais tel qu’il le voit en substance, en posant une question fondamentale:
Peut-on rire de tout?
À la Miroiterie, 88, rue de Ménilmontant, 75020 Paris. Entrée Libre (PAF). Contact:
06 50 35 75 27


Le Monde libertaire, hebdomadaire de la Fédération anarchiste
Chaque jeudi en kiosque, 24 pages en couleurs pour deux euros

_________________
concéder, c'est se rendre .
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://emilie-nihiliste.hautetfort.com
buenaventura
Langue pendue


Nombre de messages: 2488
Date d'inscription: 17/02/2005

MessageSujet: ..   Jeu 11 Sep - 12:39

« La théologie, c’est simple comme dieu et dieu font trois. »
Jacques Prévert

*** Editorial du Monde libertaire # 1524 du 11 au 17 septembre 2008

Joseph Ratzinger, alias « le Pape », chef du minuscule État du Vatican, est invité
cette semaine par le président Nicolas. Un naïf pourrait se demander pourquoi le
chef d’un État laïc invite ce malfaiteur de l’humanité, gourou d’une des plus
redoutables sectes de la planète, à venir célébrer le cent-cinquantenaire des
hallucinations de Bernadette Soubirous à Lourdes. Ce naïf ne tiendrait pas compte
des relations privilégiées qu’entretient le comte-président de Nagy-Bocsa avec
cette organisation criminelle.

Pendant des siècles, les représentants de « l’Église catholique, apostolique et
romaine » ont terrorisé le monde en imposant leurs diktats par la force à travers
l’Inquisition qui fit des millions de victimes. Il y a peu encore, ils soutenaient
les dictatures les plus infâmes d’Amérique du Sud et bénissaient les tortionnaires.
Nicolas Sarkozy a affirmé lors de son discours à Latran que jamais l’instituteur ne
remplacera le curé. Heureusement, car ce n’est pas son rôle ! Il doit éveiller nos
enfants, alors que le curé les plonge dans l’obscurantisme. Lors de l’hommage rendu
par la République à ses soldats morts pour les trafiquants de drogues afghans, il a
été vu en train de faire le signe cabalistique de reconnaissance des adeptes de
cette coterie. Ce signe de croix symbolise d’ailleurs la rédemption par la douleur,
qui est une des croyances principales des zélateurs de ce dogme.

Tant que nos dirigeants resteront prisonniers de ce carcan mental qu’est la
religion, notre société ne pourra pas évoluer. Ils continueront à nous gouverner en
prenant modèle sur cette maffia qui depuis plus de deux millénaires prétend nous
dicter notre conduite. Leur éthique est calquée sur celle de ces salops qui pensent
que seule une élite peut savoir ce qui est bon pour la multitude.

Il n’y a qu’à voir les lois que nos gouvernements nous imposent. C’est bien parce
qu’ils croient aux vertus rédemptrices de la douleur qu’ils ne remboursent plus les
médicaments dits de « confort » ou qu’ils ont créé des franchises médicales. Si tu
es pauvre, c’est que tu es fautif et il faut donc que tu rachètes tes fautes en
souffrant. Le Revenu de solidarité active, nom ronflant appelant à l’action, n’a de
solidaire que le nom et fait plutôt appel à la charité des classes moyennes pour
soulager les patrons qui ne peuvent se permettre de donner un vrai emploi à ceux
qu’ils exploitent.

Gageons que bientôt celui-ci remplacera les Smics dont nos patrons veulent
s’émanciper.

L’État-providence dont on nous rebat les oreilles répand en fait sa manne plus sur
les entreprises que sur les exclus de la société.

*** Sommaire du Monde libertaire # 1524 du 11 au 17 septembre 2008

Monsieur Tout Blanc, Prévert et Sarko, par M. Rasjfus, page 3
Après Rasjfus, Paco en remet une couche sur le pape, page 5
Le train de l’État roule pour les pèlerins, par M. Lepic, page 6
Brèves de combat, page 8
Mise à mort de l’école, par Darcos, par V. Benito, page 9
Syndicats automnaux, par J.-P. Germain, page10
Les migrations bien contrôlées, par Dr Martius, page 11
RSA, gagner plus de précarité, par S. Chemin, page 12
Des nouvelles du Venezuela, interview, page 15
L’école à révolutionner, par H. Lenoir, page 18
Tempêtes sur La Hague, par S. Moulis, page 18
Carrare, par le secrétariat international, page 19
L’ami Nardo nous a quittés, par F. Gomez, page 20
La vie du mouvement, page 21
La plus rebelle des radios, page 22
Carnet de bal, page 23



*** Monsieur Tout Blanc, Prévert et Sarko

Dans les régimes à tendance totalitaire, l’ordre moral vient toujours à la
rescousse de l’ordre public. À cet effet, la religion joue fréquemment un rôle
primordial. Surtout lorsqu’il convient de calmer les esprits et de convaincre les
récalcitrants de la nécessité de la soumission aux autorités.

Monsieur Tout Blanc, comme disait Léo Ferré, sera à Paris le 13 septembre et reçu à
l’Élysée comme un monarque ou plutôt comme un chef d’État et un symbole religieux
fort. Attention : si les Parisiens se hasardent à manifester contre la présence de
Benoît XVI dans la capitale, les policiers les traiteront certainement comme ils
l’ont fait, il y a quelques mois, lors du passage de la flamme olympique.

Le pape du sida

Nombreux sont les athées, les libres penseurs et plus généralement les anticagots
qui n’ont pas oublié le discours prononcé à la Basilique Saint-Jean-du-Latran de
Rome, en décembre 2007, lorsque Nicolas assénait; « Jamais l’instituteur ne pourra
remplacer le prêtre ou le pasteur! » En quelques mots, le président d’une
République qui avait été laïque, nous tranformait en obligés de la chrétienté.

Tout en se gardant bien de tresser des lauriers aux imams. Il y a quand même des
limites…

Le bon peuple, ravi, fera peut-être une ovation à l’assassin par destination des
populations du tiers-monde au travers de l’interdit majeur du préservatif. Le sida
serait-il un juste châtiment de Dieu? De braves cons se presseront sur l’Esplanade
des Invalides pour acclamer celui qui dénonce la contraception conçue par le Diable
pour inciter nos compagnes à « fauter » sans remords. La « pipolisation » admet de
ces grands écarts permettant de célébrer un jour le pape et le lendemain Madonna.
Il est vrai que le gogo n’a pas la narine fragile. Un avertissement, pourtant : si
les empereurs romains promettaient du pain et des jeux, le roi Nicolas ne promet
que certains jeux.

En un temps où il paraît naturel de voir se multiplier les processions hors des
lieux réservés au culte – le 150e anniversaire des visions de Bernadette Soubirous
à Lourdes en est un bon exemple – les princes qui nous gouvernent aimeraient bien
que les dévotions à la Vierge Marie puissent se multiplier. Sans trop nous attarder
sur ce sujet, conseillons pourtant la lecture du Lourdes de Zola où il est possible
de découvrir les curieuses pratiques du Bureau des constatations des miracles. En
ce mois de septembre 2008, le miracle ce n’est plus la multiplication des pains
mais la baisse du pouvoir d’achat.

« Laïcité positive », mon oeil !

Pour ne pas nous laisser étourdir par la visite du Souverain-pontife, comme disent
les croyants, attachons-nous à redécouvrir l’oeuvre de Jacques Prévert. Lequel n’a
jamais cessé de tirer à boulets rouges sur les hommes en noir. L’auteur de Paroles
avait bien compris que l’ennemi ne se trouvait pas seulement au sein des
institutions policières et militaires. Il considérait que devaient être mis dans le
même sac à punaises ceux qui bénissent les crimes commis au nom de l’ordre. Dans ce
sens, il est indispensable de relire Les Grands Cimetières sous la lune, de Georges
Bernanos. Cette lecture permet de bien connaître les choix de l’Église de Rome à
l’heure où son enseignement est en péril. Plutôt Franco que le « frente popular ».

De la même façon, nous sommes édifiés sur cette « laïcité positive » décrite par
Nicolas Sarkozy. Cette approche habile n’étant rien d’autre que la négation de la
séparation de l’Église et de l’État qui régit le pays depuis 1905. Nous savons ce
qu’il en est désormais et particulièrement depuis que l’hôte de l’Élysée ne cesse
de gloser sur « les racines chrétiennes de la France ». Une certitude désormais;
dans notre Ve République, l’ordre et la religion sont redevenus inséparables, dans
le plus mauvais sens du terme. Friedrich Nietzsche l’avait bien compris lorsqu’il
interpellait ses semblables outrageusement pieux: « Vous dites que vous croyez à la
nécessité de la religion? Soyez sincères! Vous croyez à la nécessité de la police!
»

Face à une situation préoccupante, il ne faut jamais négliger la dérision active de
Jacques Prévert. Faute de pouvoir nous opposer de façon efficace aux gesticulations
de Monsieur Tout Blanc, car la police de la République lui fera une garde
d’honneur, consolons-nous avec quelques nasardes.

« C’est absurde », mais ça marche!

Si seulement les railleries pouvaient représenter autant de peaux de banane – en
fait de véritables croche-pieds –, notre moral s’en trouverait fortifié.Tout le
talent anticlérical de Jacques Prévert se manifeste dans ces Souvenirs de famille
ou l’Ange garde-chiourme où Jésus apparaît dans sa majesté triomphante:

«… Il chassait les marchands du Temple. Pas de scandale, disait-il, pas de
scandale, ceux qui frapperont par l’épée périront par l’épée… pourtant les
bourreaux professionnels crevaient de vieillesse dans leur lit, personne ne
touchait un rond, tout le monde recevait des gifles mais il défendait de les rendre
à César… »

_________________
concéder, c'est se rendre .
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://emilie-nihiliste.hautetfort.com
buenaventura
Langue pendue


Nombre de messages: 2488
Date d'inscription: 17/02/2005

MessageSujet: ..   Jeu 11 Sep - 12:39

Toute la dramaturgie du christianisme est démontée dans ce texte qui nous permet de
regarder d’un oeil différent ceux qui portent la parole divine. Ainsi Tertullien,
l’un des pères de cette Église, allait même jusqu’à proclamer: « Je crois parce que
c’est absurde! » C’est ainsi que l’histoire des Évangiles n’aurait été qu’un
recueil de racontars si, heureusement, Judas n’avait pas vendu Jésus pour trente
deniers.

Faute de quoi le fils de Dieu n’aurait jamais été accroché sur la croix en lieu et
place de Barabbas, le bon larron. Et Prévert s’en donne à coeur joie:

«… Ça n’allait déjà plus tout seul quand un jour le voilà qui trahit Judas, un de
ses aides. Une drôle d’histoire: il prétendit que Judas devait le montrer du doigt
à des gens qui le connaissaient fort bien lui-même depuis longtemps et sachant que
Judas devait le trahir, il ne le prévint pas… »

Diable ! Quelle histoire. Pour un peu, nous aurions raté l’épisode de la
Crucifixion puis, nécessairement, celui de la Résurrection, ainsi que tout cet
ordre chrétien qui allait s’instaurer pour dominer le monde. À quoi peut bien tenir
la réussite d’une secte… Fort heureusement, Prévert nous renvoie à l’histoire
mythique, source de toutes les superstitutions. Jésus sera donc logiquement
crucifié.

«… Bref, le peuple se met à hurler Barabbas, Barabbas, mort aux vaches, à bas la
calotte, et, crucifié entre deux souteneurs dont un indicateur, il rend le dernier
soupir. Les femmes se vautrent sur le sol en hurlant leur douleur, un coq chante,
et le tonnerre fait son bruit habituel. »

Que voilà une histoire réaliste, que même les petits enfants peuvent comprendre
aisément sans que l’on se donne la peine de la répéter plusieurs fois. Ce que
Jacques Prévert a bien compris qui tire sa conclusion en grand pédagogue
anticlérical:

«… Confortablement installé sur son nuage amiral, Dieu le Père, de la Maison Dieu
Père, Saint Esprit et compagnie, pousse un immense soupir de satisfaction… Et Dieu
Père s’écrie: Que je sois loué, que ma sainte raison sociale soit bénie, mon fils
bien aimé a la croix, ma maison est lancée! »

Un Diable nommé Sarkozy

Décidément, on ne lit pas assez Prévert, même si de nombreux lycées et collèges
portent son nom. Qui, mis à part quelques bons bougres, pourraient encore citer ces
Saintes Écritures qui n’ont rien perdu de leur pouvoir anticlérical ravageur.

« Dieu est aussi un prêteur sur gages Un vieil usurier Il se cache dans une bicoque
Tout en haut du Mont-de-Piété Et prête à la petite semaine Au mois au siècle et à
l’éternité Et ceux qui redescendent avec un peu d’argent En bas dans la vallée le
Diable les attend Il leur fauche leur fric Il leur fout une volée… »

Pourquoi faut-il que les mauvais esprits mettent un nom sur le Diable du moment: un
certain Sarkozy, qui feint d’être confit en dévotion et nous promet le paradis, non
pas sur terre mais au plus haut des cieux. En ce sens, la visite à Paris de
Monsieur Tout Blanc est loin de nous annoncer la félicité promise par l’Église et
pas d’avantage cette « bonne pluie de roses » destinée aux pauvres d’esprit.

Maurice Rasjfus


*** Agenda du Monde libertaire du 11 au 17 septembre 2008

Samedi 13 septembre

Paris (11e)
Manifestation organisée par la Fédération anarchiste pour souhaiter la malvenue du
pape. Rassemblement à 14heures sur la place de la République pour se rendre via la
place de la Bastille à place de la Nation.

Paris (18e)

À 15h30 à la bibliothèque la Rue, Sébastien Rutès viendra parler de son livre Le
linceul du vieux monde (édition L’Atinoir, 2008), enquête policière située dans le
Paris de 1899 et mettant en scène Nino, vieux compagnon libertaire, et Oscar Wilde.
10, rue Robert-Planquette, Paris 18e, métros Blanche ou Abbesses.
Le programme 2008-2009 en ligne sur bibliothèquelarue.over-blog.com

Sansais (79)
Fête Noire et Rouge à la Garette (marais poitevin, 10 km à l’ouest de Niort)
organisée par le groupe Nous Autres de la Fédération anarchiste, la CNT locale et
une asso du cru: le MAC (Mouvement pour une alternative culturelle).

Mardi 16 septembre

Metz (57)
À 20 heures, débat: « Le patronat veut en finir avec le monde ouvrier » précédé du
documentaire d’Helen Richards, L’envers de la réussite. Caveau du café
Jehanne-d’Arc. Place Jeanne-d’Arc à Metz.

Lundi 15 septembre

Paris (20e)
À 19 heures, Les enfants d’Antonin vous invite à la représentation de Café Panique,
de Roland Topor. Un apéro spectacle conçu et interprété par Guillaume Jaspart: «
Peut-on rire de tout? » À La Miroiterie, 88, rue de Ménilmontant, 75020 Paris.
Entrée Libre (PAF). Contact: 0650357527.

Mercredi 17 septembre

Paris (20e)
À 19 heures, Café Panique de Roland Topor, voir plus haut.

Vendredi 19 septembre

Paris (5e)
Pendant deux journées consécutives se tiendra le colloque européen « Droit à
l’avortement: quels enjeux pour les femmes en Europe? » Organisé par le Planning
Familial. Maison de la Mutualité, boulevard Saint-Germain, métro Maubert-Mutualité.
Inscription en ligne: www.planningfamilial.org/colloqueavortement.

Ivry (94)

Claude Semal accompagné par Éric Drabs (guitare, piano, etc.) Forum Leo-Ferré.11,
rue Barbès. Tél. 0146726468. Métro: Pierre-Curie ou Porte-d’Ivry. En tramway:
station Porte-d’Ivry.

Samedi 20 septembre

Saint-Avertin (37)
L’Union départementale syndicale Solidaires 37 organise de 15h30 à minuit un
forum-débat-concert: « La décroissance», avec Michèle Dessenne, porte-parole
nationale du MPEP: 1968-2008, quelles leçons pour quels combats? Gisèle Moullier,
militante aux chèques postaux parisiens en 1968 et Christian Mahieux, secrétaire
national de Sud Rail et de Solidaires. Concerts à 17h30 et à partir de 21 heures
avec 1/G (punk mélodique), Modor (pub rock), Fred Alpi (rock alternatif) et La tête
dans l’sac (ska rock). 18, rue de l’Oiselet, maison des syndicats. Librairie,
buvette, restauration prévues sur place ainsi que la présence d’une dizaine de
stands d’associations et de collectifs locaux.
Réservation des repas conseillée au 0675471910 (prix 5 euros).

Ivry (94)
Laurent Viel accompagné par Thierry Garcia chante Jacques Brel. Forum Leo-Ferré.11,
rue Barbès. Tél. 0146726468. Métro: Pierre-Curie ou Porte d’Ivry. En tramway:
station Porte d’Ivry.

Vendredi 26 septembre

Périgueux (24)
Bruno Daraquy présente son nouveau tour de chant À Toi, au Paradis, 8, place
Faidherbe, à 21heures. Il est accompagné au piano par Nathalie Fortin.
Représentation les 26 et 27 septembre. Réservation conseillée (50 places):
0553064037 ou 0553064000

Ivry (94)
Jehan en solo présente son nouveau CD « À la croque-ausel ». Forum Leo-Ferré.11,
rue Barbès. Tél. 0146726468. Métro: Pierre-Curie ou Porte d’Ivry. En tramway:
station Porte d’Ivry.

Samedi 27 septembre

Paris (13e)
Les Amis de la Commune de Paris font une fête commémorative de 15 heures à 20
heures. Stands de librairie et buvette, animations avec Riton la Manivelle et
d’autres musiciens. 17h30. Intervention suivie d’un débat sur la Commune et le
droit au logement. 18h30, apéritif communard avec Marc Perrone et Marie-Odile
Chantran.
Place de la Commune de Paris sur la Butte-aux-Cailles. Métro: Place
d’Italie ou Corvisart.

Ivry (94)
Jeanne Garraud accompagnée par Vanesa Garcia à la batterie et aux percussions.
Forum Léo-Ferré.11, rue Barbès. Tél. : 0146726468. Métro: Pierre-Curie ou
Porte-d’Ivry. En tramway: station Porte-d’Ivry.



Le Monde libertaire, hebdomadaire de la Fédération anarchiste, adhérente à
l'Internationale des Fédérations Anarchistes

Chaque jeudi en kiosque, 24 pages en couleurs pour deux euros

www.federation-anarchiste.org

_________________
concéder, c'est se rendre .
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://emilie-nihiliste.hautetfort.com
buenaventura
Langue pendue


Nombre de messages: 2488
Date d'inscription: 17/02/2005

MessageSujet: ..   Ven 26 Sep - 11:42

« Un capitalisme sans banqueroute est comme un christianisme sans enfer. »
Frank Borman

* Sommaire
Travailleurs blousés, patrons flouzés, par Sami Chemin, page 3
Services publics à la trappe, par S. Chemin, page 3
Amis, donnez pour que l’école dure, par I. Aubel, page 4
Nouvelles des fronts, par H. Lenoir, page 5
Des brèves qui font mal, page 6
Ça dégraisse, par J.-P. Levaray, page 7
La chasse aux pauvres continue, par C. Danis, page 8
Sautés de banques, par J. Langlois, page 9
Décroi-science, par X. Beckaert, page 11
Point de vue anarcho-russe, page 14
L’imbroglio bolivien, par P. Sommermeyer, page 15
L’argent qui pue, par N. Potkine, page 16
Le Dictionnaire de l’anarchie, par et de M. Ragon, page 17
Bon anniversaire, Louis, par R. Burget, page 19
Rock à Cuba, page 20
Une vie pleine de mouvements, page 21
Notre radio, page 22
Agenda, page 23


* Editorial du Monde libertaire # 1526 du 25 septembre au 1er octobre 2008

Encore une sale semaine pour les Terriens. Le sacro-saint capitalisme étale ses
nuisances et ses failles. Les marchés financiers sont « nerveux ».

En sabir néolibéral boursier, ça veut dire que la panique augmente à l’étranger et
aux États-Unis.

D’après certaines informations, la Banque fédérale yankee – entendons le
porte-monnaie des citoyens US – va allonger pas moins de 800 milliards de dollars
pour racheter tout plein de titres pourris que personne ne veut plus. Le complexe
d’assurances AIG est sauvé à ce prix, en clair il est nationalisé (eh oui) et on
préserve 0,8 % de croâssance.

Gros à parier que la crise une fois passée – si elle doit passer –, les gribouilles
s’empresseront de reprivatiser, selon le bon vieux plan qui a fait ses preuves :
nationaliser les pertes, privatiser les bénéfices, et que les cocus défilent avec
la techno !

Cheu nous, tout est bon pour calmer les petits boursicoteurs inquiets du côté «
portefeuilles » : Radio Paris ose ressortir, tel un hareng de la saumure,
l’inusable Peyrelevade – vous vous rappelez çui qu’a failli le Crédit Lyonnais et
l’ensuivie dette faramineuse épongée par vous et moi. Qu’ose-t-il bêler dans le
micro, l’incapable patenté? Un bon gros titata bien fumant : « Vous n’avez rien à
craindre. » Sans doute, avec ses petites mains blanches d’exploiteur, la crise
financière et la récession il va les arrêter net aux frontières – telles les nuées
de Tchernobyl. Malgré l’incompétence et l’échec de l’économie de marché, la Voix de
son maître, toujours elle, déroule le tapis rouge aux nouveaux riches et aux voyous
qui s’engraissent du système sur le dos des gueux : Soros sans rougir avoue 32 % de
gains dans ses placements, Tapie pleurniche et touche un jackpot de 45 millions
d’euros, Georges Ghosn, royal, dégraisse 6000 renault pour maintenir les 15 % de
profit annuel des actionnaires, et tout ça avec la morgue froide du winner qui
lampe son caviar dans un pince-fesse à Matignon. Entre réassurances lénifiantes et
annonces de fin du monde, qui croire ?

Est-ce la stratégie du choc chère à Naomi Klein ? Bon, on vous souhaite malgré tout
une bonne semaine, surtout si vous ne fumez pas (+ 10 % sur les cigarettes),
surtout si vous n’êtes pas sans emploi (le financement de la RSA est épargné aux
électeurs friqués), surtout si vous ne cherchez pas un logement (augmentation
exponentielle du nombre de SDF, dont un tiers a un emploi), surtout si vous n’êtes
pas malade (le service public Hôpital limite ses dépenses pour maintenir les
exonérations fiscales des entreprises), etc. Et si on songeait enfin à la rév…


* Un Dictionnaire de l’anarchie

Par Michel Ragon

Le 2 octobre prochain sortira en librairie un Dictionnaire de l’anarchie concocté
par Michel Ragon.

Trois cent soixante-dix entrées, certaines très longues (Proudhon, Bakounine,
Kropotkine, etc.), certaines d’à peine quelques lignes, pour tenter de restituer la
pensée libertaire volée par les médias. Il ne s’agit pas d’un dictionnaire des
militants mais plutôt de la pensée anarchiste dans le monde contemporain
(répercussions sur la pensée de Camus, Sartre, Breton et d’autres plus inattendus).
Nous publions ici des extraits de son introduction.

Michel Ragon, Dictionnaire de l’anarchie, édité par Albin-Michel.

Sortie prévue le 2 octobre


Après la Seconde Guerre mondiale, l’internationalisation du marxisme semblait
mettre l’anarchie dans les oubliettes de l’histoire.

Mais rien n’est jamais sûr. L’impensable faillite du communisme en URSS et dans les
pays européens écrasés par le bolchevisme a fait resurgir la pensée libertaire.

Original par rapport aux théories socialistes ou libérales, anti-étatiste,
dénonçant toute dictature, fût-elle prolétarienne, l’anarchisme a même suscité
d’étonnants revirements d’idées chez des intellectuels aussi engagés avec le Parti
communiste qu’André Breton et Jean-Paul Sartre « Pourquoi, déclarait André Breton
au début des années 1950, pourquoi une fusion organique n’a-t-elle pu s’opérer à ce
moment (lors de la naissance du surréalisme) entre éléments anarchistes proprement
dits et éléments
surréalistes? J’en suis encore, vingt-cinq ans après, à me le demander. »

Et Sartre, à la fin de sa vie, disant ne plus se reconnaître dans le marxisme: «
J’aime bien rappeler les origines un peu anarchistes de ma pensée. J’ai toujours
été en accord avec les anarchistes, qui sont les seuls à avoir conçu un homme
complet, à constituer par l’action sociale, et dont le principal caractère est la
liberté. »

On croit rêver.

D’aberration en aberration, l’anarchie est devenue une mode. Un flacon de parfum
s’est même, voilà peu, baptisé Anarchiste. Guy Sorman, auteur de La Révolution
conservatrice américaine, prône un « conservatisme libertaire ». Emmanuel Le Roy
Ladurie se dit « libéral-libertaire », et Alain Touraine « socialo-libertaire ». En
mars 1983, dans le Magazine littéraire, Jean-Jacques Brochier consacrait un long
article à « Sollers anarchiste », et, en avril, un non moins long article à «
l’anarchiste cérébral » Georges Simenon.

La méthode est bien connue. Cajolons l’adversaire pour mieux l’étouffer.

L’anarchie a une longue histoire et, au début du XIXe siècle, William Godwin et
Charles Fourier peuvent être considérés comme des précurseurs de l’anarchisme.
Pourtant, le véritable théoricien de l’anarchie, c’est Proudhon. Proudhon se
proclame anarchiste et élabore une doctrine qui demeurera à jamais concurrente de
celle de son contemporain et ennemi Karl Marx.

Pourtant, à la mort de Proudhon, en 1865, il n’existait aucun mouvement anarchiste,
ni en France ni ailleurs. Bien que les ouvriers parisiens qui firent la Commune de
1871 fussent, selon l’expression de Karl Marx, « infectés de proudhonisme ».

L’anarchie, comme mouvement politique, ne commence que vers 1880, et l’ancêtre, «
le père de tous les anarchismes », c’est Bakounine exclu en tant que tel par Marx
de l’Internationale.

L’anarchie se situe en dehors des partis et les récuse tous. Bien que la politique
ouvrière française, à la fin du XIXe siècle, ait été foncièrement anarchiste,
débouchant sur l’anarchosyndicalisme.

La difficulté de cerner l’anarchisme, c’est justement qu’il n’est pas un parti,
mais l’association, parfois tumultueuse, de nombreuses tendances.

Quoi de commun entre l’anarchisme individualiste, qui va de Stirner à Émile Armand,
et le communisme libertaire de Kropotkine sinon une opposition totale à
l’embrigadement étatique? Rien de commun entre le pacifisme intégral de Louis
Lecoin et sa défense des objecteurs de conscience, et le nihilisme teinté de
terrorisme. Rien de commun entre l’antipatriotisme, l’antimilitarisme, qui sont
l’un des aspects les plus connus de l’anarchisme, et un patriote ukrainien
anarchiste, valeureux guerrier, comme Makhno.

Rien de commun… Eh bien si, malgré des oppositions aussi vives, nous verrons que
l’esprit libertaire se trouve aussi bien chez des hommes de guerre comme Makhno et
Durruti, que chez des pacifistes comme Stirner ou Thoreau. Le mouvement anarchiste
n’est pas un parti politique. Sa doctrine est floue, parfois contradictoire. Avec
néanmoins des constantes.

Par exemple la négation de l’autorité, de toute autorité.

« Il y a plusieurs variétés d’anarchistes, écrit Sébastien Faure dans
l’Encyclopédie anarchiste, mais tous ont un trait commun qui les sépare de toutes
les autres variétés humaines. Ce point commun, c’est la négation du
principe d’autorité dans l’organisation sociale et la haine de toutes les
contraintes qui procèdent des institutions fondées sur ce principe. Ainsi,
quiconque nie l’autorité et la combat est anarchiste.»

Négation de l’autorité et révolte.

Dans sa «Lettre aux anarchistes» (12 décembre 1899), Fernand Pelloutier écrit :

« Nous sommes des révoltés de toutes les heures, des hommes vraiment sans dieu, ni
maîtres, sans patrie, les ennemis irréconciliables de tout despotisme moral ou
matériel, individuel ou collectif, c’est-à-dire des lois ou des dictatures (y
compris celle du prolétariat) et les amants passionnés de la culture de soi même.»

La révolte peut amener la violence, dont Sébastien Faure disait qu’elle était une «
nécessité douloureuse ». Si la violence est aujourd’hui rejetée par les fédérations
anarchistes (la violence des années 1970-1980
n’est plus le fait des anarchistes devenus non violents et pacifistes, mais de
groupuscules marxistes-léninistes : bande à Baader en Allemagne, Brigades rouges en
Italie, Action directe en France), l’histoire de l’anarchie comporte cependant une
tradition de la violence.

_________________
concéder, c'est se rendre .
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://emilie-nihiliste.hautetfort.com
buenaventura
Langue pendue


Nombre de messages: 2488
Date d'inscription: 17/02/2005

MessageSujet: ..   Ven 26 Sep - 11:42

Les courants libertaires sont aujourd’hui multiples et touchent le monde entier.
Toujours importants en Italie, en Espagne et en France, nombreux en Amérique
latine, c’est sans doute aux États-Unis que l’anarchisme connaît sa plus féconde
activité théorique, par sa présence dans les universités (Murray Bookchin, Noam
Chomsky) et dans le monde du spectacle (du Living Theater à John Cage).

L’anarchisme aux États-Unis demande une étude spécifique, ce que Ronald Creagh a
d’ailleurs réalisé par sa thèse de doctorat en 1978.

L’anarchisme a resurgi en Grèce, en Turquie, en Yougoslavie et dans les pays
scandinaves. Et, bien sûr, en Russie et en Ukraine, délivrés du joug bolchevique.

Dans sa préface au livre d’Alain Pessin, La Rêverie anarchiste (1982), Gilbert
Durand met l’accent sur la nouvelle pratique sociologique qui se refuse à
considérer l’anarchiste comme un marginal. « Le mouvement anarchiste, écrit-il, se
situe dans ces phénomènes de marginalisation qui, selon nous – mais déjà selon Marx
dans son analyse de la société de la première moitié du XIXe siècle –, sont le sel
fécond de toute société. »

Dans les dernières décennies du XXe siècle, la sociologie et la philosophie
universitaires se sont emparées de la pensée libertaire, même (et c’est souvent le
cas pour les vedettes) lorsqu’elles ne citent pas leurs sources. Les études sur
l’histoire et l’actualité de l’anarchie sont aujourd’hui nombreuses. Pessin,
Manfredonia, Creagh, Onfray ont donné à la pensée libertaire de nouvelles
perspectives, même si celles-ci effarouchent parfois le militantisme traditionnel.

Gaetano Manfredonia souligne que « la composition sociale des militants [est] de
plus en plus issue des classes moyennes salariées » et que le mythe du Grand Soir «
ne fait plus recette ». « Ne fait plus recette », mais galvanise néanmoins encore
les jeunes militants.

L’idée même d’une révolution sociale insurrectionnelle, poursuit Manfredonia,
demeure plus un mythe qu’une éventualité évidente, quand cette perspective était
ancrée au plus profond des espérances anarchistes
au début du XXe siècle.

Car si la philosophie anarchiste n’a jamais été « ouvriériste », si ses principaux
théoriciens (à part Proudhon) n’étaient pas des hommes du peuple (Bakounine et
Kropotkine aristocrates, Fénéon intellectuel bourgeois, Élisée Reclus savant
géographe), la majorité des militants furent néanmoins et, pendant longtemps, des
artisans : cordonniers, imprimeurs… Symboliquement, la couverture de la revue de
Pouget, Le Père
Peinard, célébrait un cordonnier à son établi.

En 1894, la police lyonnaise fichait cent cinquante-deux anarchistes. Parmi
ceux-ci, 55 % étaient des artisans: trente-neuf cordonniers, seize tisserands, onze
plâtriers, huit teinturiers. Les marxistes n’accusaient-ils pas les anarchistes
d’être des produits de métiers en voie de disparition? Mais le travail de ces
métiers artisanaux permettait la rêverie. On sait que les cordonniers, notamment,
étaient de grands lecteurs.

L’industrialisation de la cordonnerie et du tissage a balayé cette culture
ouvrière. L’échec de toutes les révolutions populaires a mis à mal le messianisme.

Les nouveaux penseurs de l’anarchie se livrent à une complète reformulation des
théories.

Subsistent, subsisteront toujours le rejet de l’État, du pouvoir (de tous les
pouvoirs) et la fringale de liberté (de toutes les libertés).

Mais que sont aujourd’hui les États nationaux dans le contexte du capitalisme
mondial? Les anarchistes participent évidemment aux manifestations antimondialistes
et écologistes. On les retrouve dans
l’épopée du Larzac, dans les rassemblements contre les sites nucléaires, parmi les
arracheurs de maïs transgénique.

Le situationnisme, les provos d’Amsterdam, Solidarnosc, autant de sursauts
libertaires et revendiqués comme tels.

L’activité des militants anarchistes se retrouve aujourd’hui dans la critique des
bureaucraties syndicales, dans la solidarité avec les objecteurs de conscience et
les insoumis, dans les critiques de l’enfermement psychiatrique et de l’indigence
carcérale, dans l’aide aux sans-papiers, aux sans-logis, aux SDF, aux expropriés.

On les retrouve encore parmi les théoriciens de la décroissance et les adversaires
du matraquage de la publicité (les Déboulonneurs de pub).

On les retrouve toujours dans les luttes féministes.Toujours, puisque les
anarchistes se sont démarqués des partis ouvriéristes en préconisant, dès le début
du XXe siècle, des réformes fondamentales: moyens contraceptifs, droit à
l’avortement, sexualité consciente, limitation des naissances, union libre.

Combien ont été condamnés à la prison pour propagande interdite, aujourd’hui normale?

Les anarchistes ont prôné, malgré la malédiction qui les poursuivait, ce qui est
devenu le planning familial.

Enfin, Internet donne une puissance nouvelle à l’Internationale anarchiste
puisqu’il permet un contact permanent, de pays à pays, de continent à continent.
Les liens internationaux sont devenus plus faciles, plus
immédiats et la propagande plus directe.

Le capitalisme dénoncé par Marx était absolument sordide. Mais il n’était qu’une
préface malhabile à ce qui est devenu le capitalisme mondial d’aujourd’hui.

Face à celui-ci, que dire, que faire, sinon espérer ce que Jean Préposiet énonçait
dans son excellente Histoire de l’anarchisme (1993):

« Sans l’aiguillon libertaire, le pouvoir ne douterait jamais de lui-même.
L’anarchisme reste la mauvaise conscience de l’autorité. »

M. R.


* Agenda du Monde libertaire # 1526 du 25 septembre au 1er octobre 2008

Vendredi 26 septembre

Metz (57)
Fête de la CNT, 20 heures, au bar de la Comédie, débat « Penser global, agir local
» suivi de David Vincent et ses mutants. Au bar le Flamenco, débat « Fichage ADN,
constructions de nouvelles prisons, rétention de sûreté » suivi des Boulettes
russes. Au bar de la Chenille Bleue, débat « De la montée des discriminations à la
poussée de l’extrême droite » suivi de The Sioux. Au bar la Tedesco, débat «
Homophobie, sexisme » suivi de
Pitou. Liste des festivités au 06 88 08 49 59.

Gennevilliers (92)
20h30. La CGT Éduc’action, la CNT Éducation et SUD Éducation vous invitent à une
projection/débat sur le mouvement Freinet et son histoire. Bourse du travail, 3,
rue Lamartine, près du métro Asnière-Gennevilliers (Gabriel- Péri).

Caen (14)
20 heures Projection débat autour du film/détournement La dialectique peut-elle
casser des briques? Discussions autour des situationnistes et du détournement; au
Pavillon Noir, 10, bd Poincaré.

Périgueux (24)
Bruno Daraquy accompagné au piano par Nathalie Fortin, présente son nouveau tour de
chant « À Toi » au Paradis, 8, place Faidherbe, à 21h00. Réservation conseillée: 05
53 06 40 37

Samedi 27 septembre

Metz (57)
Fête de la CNT, 16 heures, manif pour la défense de nos acquis sociaux. 18 heures,
meeting de la CNT. Suivi de concerts avec Young Soul Rebel, Redkick, Bull Brigade,
Two Tone Club au bar de la Chenille Bleue (PAF 10
euros, 8 euros pour les précaires). Liste des festivités au 06 88 08 49 59.

Brioude (43)
20h30. Conférence Pierre Monatte et le syndicalisme révolutionnaire à la Halle aux
Grains, animée par Miguel Chueca.

Périgueux (24)
Bruno Daraquy au Paradis, 8, place Faidherbe, à 21h00. Voir plus haut.

Paris XIIIe
Les Amis de la Commune de Paris font une fête commémorative de 15 heures à 20
heures. Stands de librairie et buvette, animations avec Riton la Manivelle et
d’autres musiciens. 17h30, Intervention suivie d’un débat sur
la Commune et le droit au logement. 18H30, apéritif communard avec Marc Perrone et
Marie-Odile Chantran.
Place de la commune de Paris sur la Butte aux cailles. Métro Place d’Italie ou
Corvisart.

Ivry (94)
De 12 à 20 heures. C’est la Fête de Radio Libertaire. à Ivry! Musique, avec
Moustache (14 heures) qui chantera Brassens et les autres, la chorale Le Coeur du
Peuple (16 heures) et Fred Alpi (18 heures). Espace consacré
aux logiciels libres, projection de Cosette réalisé par Laurent de l’émission « Léo
38 », ateliers pour
les enfants (sculpture, dessin, écriture, théâtre) et Nono le clown des
Batignolles. Pour les petits et les grands, spectacle de capoeira. La radio avec
son studio sur place retransmettra les concerts. Auditeurs et animateurs pourront
échanger à loisir. Deux bars, grillades, cuisine chilienne. Au Squatt «Sans Plomb»,
38 rue Gabriel Péri à cinq minutes à pieds du M° Mairie-d’Ivry, 10 minutes de la
gare RER d’Ivry. L’entrée est libre.

Paris Xie
14 heures. Conférence débat avec Nicole Maillard-Déchenans, autour de son livre
Pour en finir avec la psychiatrie paru en mai 2008 aux Éditions libertaires. À
l’Ageca, 177, rue de Charonne (attention, ne pas confondre rue de Charonne et bd de
Charonne).

Paris XIIIe
De 15 à 20 heures. Fête de La Commune: chansons, musique, poèmes, buvette,
animation pour enfants, débat à 15 heures sur Commune et droit au logement. Place
de la Commune de Paris 1871 (angle des rues de la Butte aux Cailles et de
l’Espérance). M° Corvisart ou Place-d’Italie. Tel. 06 30 76 12 65.

Dimanche 28 septembre

Metz (57)
Fête de la CNT. 12 heures, repas-concert avec Fred Alpi; au bar de la Chenille
Bleue. Au bar le Flamenco, 14 heures, débats « L’anarcho-syndicalisme: ses
pratiques, ses stratégies ou comment créer une section CNT dans le public et le
privé ». Au bar l’Émile Vache, CNT, CGT, FO, Sud… « l’éparpillement des
syndicalistes de luttes vers l’unité organisationnelle ». Au bar La Tedesco, « Les
bourses du travail: de l'outil de résistance à l’alternative libertaire ». Au bar
de la Chenille Bleue (Paf 10 euros, 8 pour les précaires), concerts à 19 heures
avec Strong as Ten, Klisto, La K-Bine Feat Sheryo, et La Place du Kif. Liste des
festivités au 06 88 08 49 59.

Merlieux (02)
Cette année pas de Salon du Livre anarchiste. Mais à l’occasion de la Fête du
Livre, le groupe Kropotkine de la Fédération anarchiste tiendra sa table de presse
et la Bibliothèque sociale sera ouverte de 10 heures à 19
heures, 8 rue de Fouquerolles. De 15 à 16 heures, débat avec Alain Krivine, Bernard
Defrance et un militant du groupe Kropotkine à la salle polyvalente.

Lundi 29 septembre

Paris Xxe
20 heures, Vive la Sociale (bis). Spectacle collectif avec François Corbier, Michel
Bühler, Serge Utgé-Royo, Évelyne Gallet, Annick Roux. 20 et 15 euros. Au Vingtième
Théâtre, 7, rue des Plâtrières. Tél. 01 43 52 20 40.



Le Monde libertaire, hebdomadaire de la Fédération anarchiste, adhérente à
l'Internationale des fédérations anarchistes

Chaque jeudi dans votre kiosque, 24 pages d'actualités en couleurs pour deux euros

www.federation-anarchiste.org

_________________
concéder, c'est se rendre .
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://emilie-nihiliste.hautetfort.com
 

le monde libertaire

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 4 sur 6Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
LES PAYS DE COCAGNE :: LES LIEUX DES UTOPIES :: LES LIEUX-
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet