LES PAYS DE COCAGNE

les pays de dedans toi
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 le monde libertaire

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buenaventura
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MessageSujet: le monde libertaire   Ven 14 Oct - 12:03

fédération anarchiste , la librairie, 145 r. amelot a paris

et le journal de eux ...

Sommaire

Faits d'hiver avant la date, par J.M: Raynaud, page 4
L'autruche fière comme Artaban, par F. Ladrisse, page 5
Nouvelles de la tourmente, par P. Schindler, page 5
A côté des trans, propos recueillis par P. Schindler, page 6
La voie suicidaire du capitalisme, parJ.P Tertrais, page 9
L'Alliance syndicaliste, interview d'Alain Pecunia, page 11
Katrina, qu'en dit la presse américaine?, par René Berthier, page 15 Grand
prix « Ni Dieu ni maître » > , par J.M. Raynaud, page 19
La Bible contre la Bible, par Nestor Potkine, page 18
Ici l'ombre, Chroniques alternatives, par Bibo, page 20
Gilbert Laffaille live in Ivry, par Thierry de « Blues en liberté », page
21 Une trace pour Marie Jakobowicz, par René Strubel, page 22
Agenda, page 23

*** Edito

Il faut croire que la lutte contre le terrorisme laisse quelques loisirs.
Ainsi, et malgré la guéguérilla qui l'oppose à Villepin, et dont les
médias nous font croire qu'elle l'occuperait à plein temps, Sarkozy, quand
il a deux heures devant lui, expulse quelques squats, bourre ses charters
d'enfants, ordonne une rafle ou deux et pour finir lance ses hommes à
l'assaut des fronts syndicaux.
Si on en parle dans les médias (et c'est là le seul but de cette
agitation), on est contraints d'admettre que ces actes relevant de
l'inhumain, du barbare, se déroulent la plupart du temps dans
l'indifférence générale. C'est dans l'indifférence qu'on jette à la rue
les plus pauvres, sans solution de relogement au-delà des inévitables deux
semaines d'hôtel. Dans l'indifférence, également, que la chasse aux
sans-papiers s'invite sua sorties des écoles et jusque sous les préaux.
Indifférence, encore, quand la police rafle en plein jour, à Paris et dans
les grandes villes, appliquant des méthodes datant de la guerre d'Algérie,
contrôlant au faciès, embarquant dans des bus prévus à cet effet (bus de
la RATP, transformés pour l'occasion!) de pauvres bougres coupables de ne
pas vouloir se laisser mourir de faim au « pays » . Indifférence,
toujours, quand les gendarmes occupent le port autonome de Marseille,
prennent d'assaut celui d'Ajaccio, lesquels étaient soumis à un blocus
légitime puisque décidé par les travailleurs eux-mêmes, blocus qui visait
à la simple défense de leur outil de travail. Sarko, donc, s'active. Ce
qui n'est pas nouveau. D'aucuns pourraient même en conclure que le pasquin
se disperse. En vérité il n'en est rien. Certes, il bouge beaucoup, il
bouge vite. Mais derrière cette agitation se dessine un projet, une
logique implacable, où ces différents éléments se retrouvent intimement
liés. Ce projet porte un nom: volonté de contrôle total (itaire) de la
population. Charmée par une politique de communication importée des
États-Unis, ladite population semble, pour l'heure, comme envoûtée parle
ministre de l'Intérieur, tel Mowgli succombant au regard de Kaa. Ça ne
durera pas. Nous sommes un certain nombre à refuser le grand sommeil, et à
rester déterminés face au danger représenté par cette somme de pathologies
schizoïdes qui a pour nom Sarkozy. Et puis, nous savons que pour lui seul
compte, en définitive, l'échéance de 2007._Que l'unique bataille qui
vaille est donc celle de l'opinion. Cette bataille, il est loin de l'avoir
;gagnée. À nous maintenant d'ouvrir les yeux, de rompre avec
l'indifférence, de faire en sorte qu'il voie son rêve s'effondrer. Et
qu'il s'effondre avec son rêve.

www.federation-anarchiste.org/ml/

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buenaventura
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MessageSujet: .   Ven 21 Oct - 12:01

Sommaire

La rupture selon Sarkozy, ou le retour du bâton, par Fred, page 4
Ni la brise hi le froid n'ont raison de l'Autruche, par F. Ladrisse,
page
5 Ni dieu, ni mare, ni franc-maçonnerie, par j.-M. Raynaud, page 5
Belgique, de drôles de méthodes d'enquête, par Hertje, page 6
Brèves en stock, page 7
Solidarité, quand les frontières emprisonnent, par le groupe La
Sociale,
page 8
Y aura-t-il une vie après le pétrole ?, par J.-P. Tertrais, page 9 «
Modèle allemand » et nouvelle gauche, par le groupe de Strasbourg, page
12
Communautarisme ou le cheval de Troie des religions, par C. Nepper,
page
14 La recherche scientifique dans le malaise, par D. Leboeuf, page 15
Le
cinéma espagnol renouvelé par les femmes, par C. Passevant, page l7
Oiseau-tempête, 12e livraison, par J.-L. Debry, page 18
Le curé Meslier et son catéchisme, par N. Potkine, page l9
Ici l'ombre, l'esprit de résistance, par les Chroniques alternatives,
page
20 Mémoire à vif à Limoges, « En finir avec l'enfermement », page 21
Dansons la Ravachole, en braille, page 22
Agenda, page 23


*** Edito

Dominique de Villepin peut pavoiser, les prolos de la SNCM ont repris
le
boulot et lui n'a rien lâché, même pas le paiement des jours de grève.
Mais il doit un grand merci aux médias qui ont à cette occasion déversé
un
flot dé propagande en faveur du système capitaliste et, de l'économie
de
marché. Les repreneurs, ces prédateurs de la finance, à l'affût des
dividendes et de la plus-value, ont porté fièrement le masque des bons
samaritains au secours d'une -entreprise en danger et de son personnel,
tandis que les grévistes, défendant leur outil de travail et le service
public, ont été présentés comme des irresponsables, voire des
terroristes,
coupables du sabordement de la SNCM.
La surenchère d'effets d'annonce et d'actions d'éclat qui jalonne la
pseudo-compétition, à laquelle se livre le Premier ministre et le
ministre
de l'Intérieur pour accéder à la magistrature suprême, se fait au
détriment des plus démunis d'entre nous. Ce sont ,la baisse de l'impôt
sur
les grandes fortunes, Cènsée freiner la fuite des capitaux vers les
paradis fiscaux; la participation aux frais à hauteur de dix-huit euros
lors d'opérations médicales lourdes, censée boucher le trou de la
Sécurité
sociale que l'État et les grandes entreprises creusent allégrement en
refusant de payer leur quote-part. Ce sont les rafles de basanés dans
les
quartiers populaires, censées réduire une immigration plus ou moins
clandestine qui alimente en main-d'oeuvre un patronat esclavagiste pour
qui le profit vaut plus que la vie humaine; c'est aussi l'expulsion en
fanfare des pauvres, relégués dans des logements laissés en décrépitude
depuis des années par des propriétaires pour qui ils ne sont qu'un
placement spéculatif, alors que des milliers de logements neufs sont
vides, en attente de locataires ayant les garanties suffisantes pour
payer
les loyers exorbitants. La gauche parlementariste ne proteste que du
bout
des lèvres contre ces saloperies qui n'ont d'autres raisons d'être que
la
promotion médiatique et le racolage vies voix se reportant sur le Front
national, sachant qu'elle-même utiliserait les mêmes artefacts. Le
modèle
allemand est là pour mettre en évidence que la droite et la gauche ont
le
même projet de société: une société où la classe dirigeante, appuyée
par
la bourgeoisie, entend mettre au pas ceux qui n'ont que leurs bras et
leur
sueur à offrir contre la maigre pitance qui leur permettra de survivre.

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MessageSujet: ...   Lun 31 Oct - 16:09

L'éditorial :

Les saisons se succèdent, et les litanies sur le mouvement social les
suivent. La rentrée, que les directions des boutiques syndicales
promettaient d'être chaude, voire au moins mobilisée, n'a été que
tiède,
et-encore!
Il est toujours vrai qu'un mouvement ne se décrète pas, mais le
freinage
et l'enlisement, ça doit s'apprendre dans les-écoles de permanents
syndicaux.
Encore convalescent, Chirac s'est offert une « petite promenade » de
santé
dans la région lyonnaise. Il aurait même trouvé une agence ANPE où tout
le
monde était content. Il est vrai qu'il était là en service commandé
pour
soutenir la politique du gouvernement sur l'emploi. Le Conseil d'État
ayant validé le contrat nouvelle embauche (CNE) qui autorise maintenant
les embauches au rabais, le chef de l'État pouvait parader sur sa
conception de la « lutte contre le chômage » !

Pendant ce temps, à l'Assemblée nationale, on aménage des nouvelles
choses
pour ceux qui profitent de l'exploitation des autres. En 2007, un
nouveau
barème d'impôt sur le revenu creusera encore les disparités. Des médias
ont même trouvé une belle formule: « Réforme spéciale grands patrons. »
On
vit une période formidable!

Moins médiatisée que l'enlisement de Marseille, la fin de la grève des
salariés de COMEX (réseau des transports urbains de Nancy) a vu la
naissance d'un accord prévoyant une augmentation de 1, 7 % des salaires
pour le-1- janvier 2006. Ils avaient demandé 8 % et engagé leur
mouvement
le 4 octobre...

Vous avez dit rentrée sociale? Pour en rajouter au tableau, la
privatisation de la SNCF est déjà en marche. Le Sénat a voté « dans
l'urgence » une loi pour mettre fin au monopole de l'entretien des
nouvelles lignes. Privatisation de la maintenance, et après?
Quant à la gauche décomposée, j'ai encore à l'esprit une affiche faite
par
des camarades en 1970: « Comme ton patron, adhère au PS. »
Rideau!

Sommaire :

L'après SNCM, par J.-P. Levaray, page 3
Faits d'hiver en octobre, par J.-M. Raynaud, page 4
Une Autruche endimanchée, par F. Ladrisse, page 5
Rififi machiste au PS, par R. Paradis, page 5
Emploi et séropositivité ne font pas bon ménage, par P. Schindler, page
6
Nouvelles des fronts: en attente du sauveur suprême?, par Hugues, page
7
Action en soutien à Faty contre Accor, page 8
Anarchie et décroissance, par J. Monjot, page 9
La technologie sous l'oeil avisé de N. Potkine, page 12.
Argentine: l'expropriation a du bon, par B. Pérez, page 13
Exclusivité: Rahan et les transports, par le Dr Martius, page 15
Ludovic Bablon, un pamphlétaire utopiste?, par P. Ducira, page 18
Les voraces de Lyon, par A. Sizaire, page 19
Baulenas, le Manchette catalan, par le Furet, page 20
Le mouvement, page 21
Radio libertaire, page 22
Agenda, page 23

Le Monde libertaire, hebdomadaire de la Fédération anarchiste

Chaque jeudi en kiosqie, 24 pages couleurs, 2 euros

[ expéditeur/expéditric <farouen(a)no-log.org>

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MessageSujet: ..   Jeu 17 Nov - 11:12

Le sommaire :

Environnement : petite chronique d’une grande catastrophe annoncée, par
Patrick Schindler, page 3
L'obscurantisme qui rend fécond, par Le Furet, page 5
Une Autruche épargnée par le HSN 1 , par F. Ladrisse, page 5
Retour sur le conflit de la SNCM, par Fabrice, page 6
Brèves en lutte, page 7
L'amiante pour se débarrasser de la classe ouvrière, par Thierry, page
8
Des services publics qui se ferment au grand public, par Nathan, page 9
Suspension de la suspension de peine, par P. Pasek, page 10
Morale et justice proudhonienne, par J. Langlois, page 11
Jean-Luc Porquet, la noblesse toujours privilégiée, par N. Potkine,
page
14 Entrisme dans les collectifs de soutien, par Thierry; page 15
Cinéma, l'Enfant des frères Dardenne, par H. Hurst, page 17
Les déserteurs dans les bacs, par Daniel, page 18
Pourquoi travailler? par J.M. Bougiraud, page 19
Ici l'ombre page 20
Lettre au juge, par J.M. Raynaud page 21
Culte de Jean-Paul II à Ploërmel, par Jacqueline, page 22
Agenda, page 23

Et l’éditorial :

Les pigeons que nous sommes craignent l'arrivée de la fameuse grippe
aviaire qui doit décimer, selon les plus pessimistes des pseudo experts
scientifiques, un tiers de la population mondiale. Déjà la rédaction du
Monde libertaire a eu du mal cette semaine à tirer la tête de (autruche
hors du sable où elle (avait fourré, affolée par (arrivée des cigognes
clandestines qui font fi des frontières. Il a fallu persuader le
volatile
apeuré que, si son plumage avait terni; cela n'était pas dû à la grippe
autrefois espagnole, aujourd'hui asiatique, mais que, si elle se
secouait
un peu, ce dit plumage redeviendrait tout aussi coruscant qu'avant. Les
renards qui nous gouvernent se réjouissent de voir que leur stratagème
pour affoler la basse-cour fonctionne à merveille, et que, pendant ce
temps, ils peuvent faire main basse sur le poulailler.

Tsunamis, ouragans à répétition, tremblements de terre et auges
soubresauts de notre planète martyrisée, font beaucoup plus de victimes
que la pandémie annoncée. Il est vrai que la plupart des catastrophes
naturelles sont inévitables, mais il est curieux de voir que, pour la
première fois depuis longtemps, les météorologues ont dû recourir à
l'alphabet grec pour, nommer les tempêtes tropicales, leur liste de
noms
étant venue à épuisement. Il est tout aussi curieux de constater
(importance croissante de ces phénomènes météorologiques. Tout
rapprochement avec le réchauffement de la planète est, bien entendu,
nul
et malvenu. Bien sûr, (épidémie venue de Chine, le péril jaune, est un
meilleur épouvantail que le risque d'inversion du Gulf Stream dû au
réchauffement des eaux arctiques. L'une est due à un virus étranger au
nom
imprononçable (H5 N1), (autre est dû à la trop grande cupidité des
industriels qui polluent nos vies et notre planète.

Que font nos gouvernants! Ils privatisent les services publics, ou du
moins ce qu'il en reste. Les transports, (énergie, pourquoi pas
l'Éducation ou la Santé seront bientôt jetés en pâture aux
investisseurs
avides, afin que ces services', dont tout le monde a besoin, soient
soumis
à la loi du profit, et gérés selon le mode de la croissance continue.
Si
cela flatte les intérêts des magnats de la finance, qui vont pouvoir en
faire des bulles spéculatives garanties par l'État, il est clair que,
pour
nous, autrefois usagers de ces services et devenus clients captifs dans
le
nouveau langage de nos exploiteurs, nos intérêts seront bafoués, foulés
au
pied de ce moloch qu'est devenu le sacro-saint marché. Où est là-dedans
le
prétendu intérêt général censé légitimer l'Etat ?

Le Monde libertaire, hebdomadaire de la Fédération anarchiste

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MessageSujet: ..   Mer 30 Nov - 14:21

Spécial 28 pages, dossier sur les émeutes et défense des services
publics

L’éditorial :

Les médias, « aveuglés » par ce qui se passe dans les banlieues
parisiennes et ailleurs, ont beau jeu de passer sous le coude ce qui se
passe dans le monde du travail. Pourtant, si la grève de la RTM a
repris
ce dernier week-end à Marseille, le gouvernement s'attaque à la
légitimité
de la grève du 21 novembre. Le président de la SNCF (Louis Gallois) a
même
qualifié,d'« artificiel» le motif invoqué par les principaux syndicats
pour déposer leur préavis pour lundi prochain. Comme pour Marseille,
combattre les dangers de la privatisation n'est pas (selon les énarques
qui nous régentent) dans le rôle du syndicalisme; celui-ci devrait se
contenter de revendications salariales.

La manifestation du 19 novembre serait-elle aussi illégale? Faudrait
voir.
Une mobilisation générale pour la défense du service public ne traite
pas
de question de salaires, mais conserve un caractère syndical. Donc deux
poids deux mesures. Dans ce panorama. social, où faut-il voir la
vérité,
ont faut-il espérer dans l'avenir?
Ou alors faut-il, comme l'écrit judicieusement Françoise Blum dans un
quotidien hexagonal de l'après-midi, penser que les médias dictent la
réalité à la réalité? Qu'une grève n'est « légitime » que si elle passe
au
« 20 heures ». Faut-il faire preuve de « menaces criminelles » pour
accéder aux étranges lucarnes? L'actualité et puis après? C'est là tout
le
problème !

Demander la démission d'un ministre, tout le monde le fait dans les
couloirs, mais ces « gamins » le font dans la rue. En fait, comme
l'écrit
la précitée « il ne s'agit pas d'une révolte ouvrière, mais d'une
révolte
d'enfants de la classe ouvrière ».

Les aïeux des jeunes français issus de l'immigration ont été recrutés
par
les entreprises françaises pour reconstruire la France après la
Libération. «Logés »dans des bidonvilles, ils ont édifié les HLM où
sont
parqués leurs descendants et d'autres! Question insertion sociale, ce
n'est pas l'espérance d'une nouvelle vie.
Demandez donc à ceux qui, à l'usine Citroën d'Aulnay-sous-Bois, sont «
embauchés »pour des missions de quelques mois et sont remplacés par des
ouvriers d'origine française !

Bon, à part tout cela? Les expulsions parisiennes sont encore
malheureusement à l'esprit. -Rue de la Fraternité dans le 19e
arrondissement, l'immeuble anciennement occupé est déjà en vente.
Paraîtrait que c'est un loft pour des artistes! Leur monde du marché
poursuit son cours, à nous d'enrayer la machine!

Et le sommaire :

Lutter pour des services publics libertaires, par Alex, page 3
Défendre et reconquérir les services publics, par Virginie Benito, page
4
l'autruche persifle tous azimuts, par F. Ladrisse, page 6
Brèves en lutte, page 7
Les cheminots montent au créneau, par julien, page 8
Pas de justice, pas de paix, communiqué du Secrétariat aux relations
extérieures de la FA, page 9
Brève de comptoir à Ivry, explications, par Laurent Fouillard, page l0
«
Fracture sociale » ou fracture totale ?, par J.-P. Garnier, page 11
Après
les émeutes..., par Fred de Besançon, page 13
Hipponyme et copronyme en banlieue, par jacques Langlois, page 14
Ça flambe!, par Laurent du groupe de Strasbourg, page 16
Rubrique internationale du « racisme ordinaire», par Patrick Schindler,
page 17
Palestine, solidarité concrète, par Geneviève Coudrais, page 18
Mateo Alaluf de l'Université libre de Bruxelles, interview par Hertje,
page 19
Allain Leprest, le chanteur et ses bonnes nouvelles, propos recueillis
par
Frédo Ladrisse, page 21
Au sujet de la vieillesse ardente, par Marielle Giraud, page 24
Ici l'ombre, Chroniques alternatives, page 25
Vie du mouvement, Radio libertaire, page 26
Agenda, page 27

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MessageSujet: ...   Ven 2 Déc - 12:09

L’éditorial :

Les banlieues sont pacifiées, la révolte qui a grondé s'est apaisée,
mais
les raisons qui l'ont provoquée restent, elles, bien présentes. Les
technocrates des différents ministères vont maintenant, confortablement
installés à leur bureau dans les beaux quartiers, analyser les causes
du
ras-le-bol de ceux que les politiques ont refoulés dans ces foutoirs
urbanistiques que sont les cités qui, ces quarante dernières années,
poussent comme des champignons vénéneux dans la périphérie de nos
grandes
villes. Gageons que les solutions que ces cols blancs à la solde des
capitaines d'industrie et des rapaces de la finance vont nous pondre,
consisteront surtout en un plus draconien contrôle social, de manière à
pouvoir exploiter avec plus d'efficacité ces réserves de main-d'oeuvre
bon
marché. Que de belles promesses électorales en perspectives !

Il faut croire que la répression et (isolement ne suffisent plus à
contenir la révolte; maintenant c'est la démocratie et les libertés
individuelles que l'on suspend à ceux qui, avant qu'ils ne se
soulèvent,
étaient déjà relégués dans les oubliettes de l'économie et de la
politique
par les racailles qui nous gouvernent. Trois mois d'état d'urgence,
voilà
ce qu'ont voté les deux chambres censées garantir la démocratie. Il
faut
dire que les faux derches qui siègent confortablement dans ces
institutions n'ont jamais hésité à donner leur aval aux dictateurs qui
le
leur demandaient. Comme en 1940 à Philippe Pétain, ou bien pendant la «
pacification » de (Algérie. À cette époque les pouvoirs que les
parlementaires out octroyé à (armée en Algérie ont permis à celle-ci de
commettre en toute impunité des crimes de guerre que nos députés et
sénateurs se sont empressés d'amnistier par la suite, privant de ce
fait
les générations futures d'une information objective quant aux atrocités
commises. Pendant trois mois, notre liberté de circuler, de nous
exprimer
à travers des publications, des théâtres, le cinéma, etc. et même de
nous
réunir comme bon nous semble, restera à la discrétion de M. le préfet.
Si
c'est comme cela que ces messieurs veulent donner l'exemple de la
démocratie à la jeunesse, alors celle-ci ne sera pas longue à
comprendre
que tous leurs beaux discours se résument à une phrase: « Soit jeune,
chômeur, précaire et pauvre, mais surtout ferme ta gueule! »

Et le sommaire :

Obligation de résultat, par Jean-Pierre Levaray, page 3
Étatisme et syndicalisme, choix et stratégies, par A. Pierre, page 4
Nouvelles des fronts, de l'Hexagone à l'Europe, par Hugues, page 5 À la
porte les étrangers?, par M. Rajsfus, page 6
L'autruche brave le froid et maintient sa vigilance, par Frédo
Ladrisse,
page 6
Brèves et autres, page 7
Strasbourg et la barricade des quartiers, par P. Sommermeyer, page 8
Circulez! Circulez, explications par A. Sulfide, page 9
Lyon et la révolte dans les quartiers pauvres, par Manolo, page 11 La
politique parisienne, bas les masques, par J-L. Debry, page 12
Faits d'hiver, pas si timbrés que ça, par J-M. Raynaud, page 14
Les veuves de Dunkerque, par Thierry , page 15
Pologne, les anarchistes de Poznan appellent à la solidarité, page 16
Science sans conscience et domination, par Thomas, page 17
Le Réseau éducation sans frontières, par A. Sizaire, page 19
Dormez citoyennes, les étoiles s'occupent de vous, par N. Potkine, page
20
A propos de Mai 68 et du cinéma, par Bélial, page 21
Jean Dassonval à la librairie du Monde libertaire, par A.Rober, page 22
Radio libertaire, page 22
Agenda, page 23

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MessageSujet: ..   Dim 5 Fév - 15:10

Éditorial :

En fin de règne, notre président de la République commence à se
demander
ce qui restera de sa décennie au pouvoir. Lors de sa dernière campagne
électorale, il avait promis aux restaurateurs, domaine professionnel où
le
Smic est le plus bas et où l’exploitation est l’une des plus fortes
(non-paiement des heures supplémentaires, cadences infernales…), de
baisser leur TVA à 5,5 %. En tant que partisan de l’égalité économique,
cette baisse de TVA aurait de quoi nous séduire, cette taxe étant l’une
des plus inégalitaires qui soit. Mais la catégorie
socioprofessionnelle,
pour laquelle notre chef de l’État s’est battu sans espoir au sommet
européen, regorge de petits boutiquiers lepénistes qui n’auraient eu
aucune intention de répercuter ce pourboire présidentiel sur leurs
consommateurs, mais bien au contraire de se mettre dans la poche ce
surplus de bénéfice. Une autre occasion de montrer sa magnanimité est
le
paragraphe de la loi destiné à rendre aux harkis leur dignité que les
gouvernements français leur avaient spoliée, dans lequel des
nostalgiques
de l’OAS avaient glissé en catimini une obligation pour les enseignants
de
mettre en valeur le rôle positif de la colonisation. Bien sûr, dans le
cadre de cette loi, il n’est pas fait allusion à la colonisation des
Gaulois par les Francs. Il s’agit de cette atroce parenthèse coloniale
en
Afrique initiée par Badinguet – l’empereur d’opérette qui assit la
dictature bourgeoise des maîtres des forges, des banquiers et autres
grands industriels – et établie par les républicains massacreurs de la
Commune de Paris. Bottant en touche vers le conseil constitutionnel, le
croquant nous donne encore une fois un aperçu de sa veulerie. Pendant
ce
temps, le gouvernement essaie de nous faire prendre des vessies pour
des
lanternes en nous présentant la casse du Code du travail comme une
formidable chance pour les moins de 25 ans et les plus de 50 ans
d’entrer
ou de rester dans le monde du travail. Il faut être vraiment abrutis de
propagande pour ne pas voir dans ces nouveaux contrats d’embauche un
pas
vers la généralisation de la précarité. Les grandes entreprises
multinationales comme SEB tentent de nous faire comprendre que jamais
nous
ne serons concurrentiels face aux ouvriers chinois, et que nous devons
nous résigner. Plutôt que de nous résigner à être les jouets jetables
des
boursicoteurs en manque de plus-value, il est temps de nous lever, de
nous
émanciper de tous ces doryphores qui nous épuisent, pour, ensemble,
prendre nos affaires en main et les gérer nous-mêmes.

Le sommaire :

Le CPE, Contrat de Précarité et d'Esclavage, par fred, page 3
Société de consommation, à base de képis, par André Sulfide, page 4 De
l'homophobie, par P, Schindler, page 5
L'autruche ne sort pas au ski, par frédo Ladrisse, page 5
Brèves tous azimuts, page 6
Nouvelles des fronts, par Hugues, page 7
Des anarchistes israéliens au village de Bil'In, anarkismo,net, page 8
Dossier Autogestion, entretien avec daniel de la CNT-PTT, page 9
Autogestion : l'autogestion anarchiste, page 11
Autogestion : XXV ième Congrès de la Fédération anarchiste italienne,
page
13 Autogestion : l'exemple argentin, par Miguel Angel Solis, page 14
Vivre avec la crise, de David Futerman, par Solange Bidault, page 15
Riviera, interview de Vahina Giocante, par Heike Hurst, page 17
Neuilly, une ville plus bleur, par Alex, page 19
Ici l'ombre, boum ! et chroniques alternatives, page 20
L'interprétation du Coran, par Eric Vilain, page 21
Augustin Souchy, Attention anarchiste ! et Radio libertaire, page 22
Agenda militant, page 23


Et en prime un article du journal :

Le gouvernement continue et accentue sa politique antisociale de
démolition des acquis sociaux et du droit du travail. Nouvel avatar
prévu
pour les jeunes, le « contrat première embauche » qui instaure, comme
le «
contrat nouvelle embauche », une période d’essai de deux ans durant
laquelle le patron peut virer les gens du jour au lendemain par une
simple
lettre recommandée avec accusé de réception. La bataille idéologique a
commencé au niveau des médias pour nous faire accepter ce nouveau
contrat,
et le gouvernement nous traite encore de « réactionnaires ».
Rappelonsnous
les propos de Mme Parisot, nous incitant à accepter la précarité du
travail puisque tout dans la vie est précaire (l’amour, la santé).
C’est
justement parce que tout est précaire que le mouvement ouvrier s’est
doté
de formes de solidarité sociale (assurance chômage, maladie, mutuelles,
etc.). La crainte que l’on puisse avoir, c’est justement par rapport à
la
représentation du travail chez les jeunes. Nombreux sont celles et ceux
qui ne se voient pas faire le même boulot pendant quarante ans. Cet
état
d’esprit peut très bien être mis à profit par le gouvernement et le
patronat. Ils oublient un peu vite que le « contrat à durée
indéterminée »
n’est pas une communion avec l’entreprise qui deviendrait sa nouvelle
famille (avec le patron pour papa, beurk!), mais qu’il offre une
sécurité
en matière de droit du travail, des droits supplémentaires, des
indemnités
en cas de licenciement, des droits à la formation. Dire que le CPE est
un
CDI, mais avec une période d’essai de deux ans, est une vaste
escroquerie.
Dire que les jeunes auront droit à des indemnités quelle que soit la
durée
de travail est une vaste escroquerie. Dire que les jeunes auront droit
à
de la formation professionnelle est une vaste escroquerie. Non aux
luttes
divisées De leur côté, que préparent les syndicats et les autres
organisations « représentatives »? Une manifestation, le 7 février,
soit
une semaine après sa discussion au Parlement. Le temps de mobiliser, me
direz-vous. Du temps perdu, oui. De leur côté, les fonctionnaires sont
appelés à manifester le 2 février pour la défense du pouvoir
d’achat.Triste perspective d’une journée molle dont on n’attend que peu
de
choses si ce n’est la perte d’une journée de salaire. Sûr qu’avec ces
minigrèves clairsemées tout au long de l’année, on va aider l’État à
boucler son budget! On pourra alors réclamer des miettes. S’organiser
pour
mieux lutter Certes, il faut du temps pour faire passer l’info et
s’organiser – d’où le rôle et l’utilité des syndicats et autres
collectifs, réseaux, groupes de lutte permanente dont la réactivité
doit
être rapide et efficace. Les jeunes lycéens ont gardé les réseaux de
lutte
de l’année dernière et sont prêts à repartir dans la bataille, même si
certains en ont soupé des coups de matraque, des procès, des
intimidations
de toutes sortes. Comme toujours, c’est de la base que doit venir
l’esprit
de révolte. Les jeunes commencent à s’organiser. Espérons qu’ils seront
présents dans la rue le plus tôt possible, qu’ils rejoindront les
cortèges
syndicaux (du 2 février, par exemple) en les dynamisant. Les mois
prochains doivent permettre de faire le lien entre tous les
travailleurs
(du privé et du public), les privés d’emploi et les futurs salariés: –
Pour la défense et l’amélioration des salaires, mais aussi des
conditions
de travail, pour la réduction du temps de travail et l’embauche sur la
base de CDI, – Pour le partage des richesses, c’est-à-dire l’arrêt, y
compris violemment, de la spéculation boursière, la réappropriation des
biens par la collectivité. – Pour la mise en place d’alternatives et
d’expérimentations sociales anticapitalistes, pour la réappropriation
par
les salariés des entreprises en liquidation. Les anarchistes ont toute
leur place dans ces combats.

Fred groupe Proudhon FA, Besançon

Le Monde libertaire, hebdomadaire de la Fédération anarchiste,
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MessageSujet: ..   Dim 12 Fév - 14:10

*** Le sommaire :

Un nouveau mur des lamentations, par jean-Pierre Garnier, page 3
SEB; C'est Cuit !, par D'jo, page 5
L'autruche, c'est pas du cochon, par F. Ladrisse, page 5
Enseignants ou flics, il faut choisir, par Josef Ulla, page 6
Palestine, un tsunami intégriste ?, par Eric Vilain, page 8
Check-point et tramway colonial, page 12
Militaire rime avec nucléaire, par Daniel, page 14
Toujours le cochon..., par Nestor Potkine, page 16
La Charte d'Amiens, par David Rappe, page 17
La chasse aux pauvres en toutes saisons, par Patrick Schindler, page 19
Chauffe, chauffe la Terre ! par Alex, page 20
Maurice Rajsfus et la flicaille, par Sita Jacaré, page 23
Les services publics dans le dernier Réfractions, page 25
L'appel à la peine de mort, par J. Lesage de La Haye, page 26
Agenda, page 27

Et l'éditorial :

Comment faut-il nommer ce début de xxe siècle? Grand bond en arrière ou
régression tous azimuts, on sait plus que penser. Tout ce que le
mouvement
ouvrier avait gagné sur les profits patronaux, protection sociale,
qualification professionnelle reconnue... tout ce qui constituait le
Code
du travail part en lambeaux. Côté culture, Les Bronzés 3 (dont au moins
deux acteurs sont amis du ministre de l'Intérieur!) fait un tabac au
boa
office. Henri Langlois, figure emblématique de la Cinémathèque
française,
doit se retournée dans sa tombe.
Côté débat d'idées, ce qui reste du « siècle des Lumières » semble bien
assombri par l'obscurantisme religieux. Aux oubliettes Voltaire,
Diderot
et Beaumarchais (« Sans la liberté de blâmer, il n'est pas d'éloge
flatteur », toujours à la une du Figaro! ).


Dans l'affaire des caricatures de Mahomet, tout le monde, dessinateurs
de
métier ou pas, a en tête des dessins satiriques d'il y a vingt ou
trente
ans et se demande si aujourd'hui ils pourraient être publiés ou pas.
Cela
concerne tous les dessins et caricatures et pas seulement ce qui en ce
début de février 2006, agite les médias. Reiser, collaborateur émérite
de
Hara-Kiri des années 1960, ne pourrait-il pas être interdit
aujourd'hui?
L'intégrisme religieux se nourrit de la pauvreté et de l'inculture,
mais
tant qu'il s'accommode des lois du marché, il a droit au respect des
partisans politiques de l'État policier.

Il n'y a pas eu en Europe de caricature de Bouddha, de Brahma ou de
Shiva,
donc le métallurgiste indien de Mittal Steel peut continuer son OPA sur
Arcelor dans un nouvel épisode de la bataille de l'acier. En Inde, dans
les chantiers d'Alang qui sont censés accueillir le Clemenceau et son
amiante, les travailleurs sont payés de 1 à 2 piastres par jour (30 à
60
euros par mois). Ils proviennent en majorité de provinces «arriérées »,
de
souche paysanne, pauvres et analphabètes. Le capitalisme à la sauce
indienne peut se montrer conquérant dans la vieille Europe!

Il y a quelques années, aux Chroniques syndicales de Radio libertaire,
nous avions reçu des camarades de Citroën Aulnay qui nous racontaient
comment. ils avaient été recrutés au Maroc dans le Haut-Atlas. Ils
avaient
des muscles et ne savaient pas bien lire et écrire. Quelque années plus
tard en France, ils étaient syndiqués et en grève. La même chose peut
arriver en Inde!

Quant à notre douce France et à la bataille du contrat première
embauche,
ça suit son bonhomme de chemin. On aimerait être sûrs que ça aille plus
loin.


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MessageSujet: ..   Jeu 16 Fév - 14:44

Le sommaire :

Histoire de verrous, par Fabrice, page 3
Ils veulent nous tuer, par Laurent, page 4
L’autruche contre les faux culs, par F. Ladrisse, page 5
Brèves de combat, page 6
Nouvelles des fronts, par Hugues, page 7
Du bon usage de la caricature, par Le Furet, page 8
Palestine à la Hamas, par É. Vilain, page 9
Les armées à l’âge du fer, par Dr Martius, page 12
L’extrême droite et les petits maires ruraux, par P. Schindler, page 14
Chili, une victoire féministe ?, par Jocelyne, page 15
Bolivie : Evo et les filles d’Ève, par M. Galindo, page 17
1906. Le congrès de la « charte » d’Amiens, par M. Chueca, page 18
Programme du colloque sur la charte d’Amiens, page 19
Ici l’ombre, rock hardi et chroniques alternatives, page 20
Hommage à Alain Pessin, par Claire Auzias, page 21
Manif sans-papiers du 25. Radio libertaire, page 22
Agenda, page 23


L’éditorial :

On nous manipule, ça pue !

Afin de casser le Code du travail, pour fournir au patronat une
main-d’oeuvre flexible et corvéable à merci, le gouvernement nous
présente
comme une avancée sociale sa loi sur « l’égalité des chances », qui
ramène
à 14 ans l’âge d’entrée en apprentissage et prolonge la période d’essai
des contrats de travail à deux ans. Faisant suite à plusieurs décennies
de
politique contre le chômage consistant à faire cadeau aux patrons des
charges sociales ou des taxes professionnelles, et parallèlement à
jongler
avec les chiffres et multiplier les radiations pour trafiquer les
statistiques, cette loi s’inscrit dans la lutte du patronat contre les
droits des travailleurs. Sous les sacro-saints prétextes de la
compétitivité et de l’économie de marché, on cherche à nous faire
croire
que les maigres droits qu’ont acquis ceux-ci en plus de cent ans de
luttes
sont maintenant obsolètes. De fait, c’est le rapport de force qui a
changé. Les grandes centrales syndicales, survivant plus de par les
subventions gouvernementales et patronales que par les cotisations de
leurs adhérents, ne sont plus le relais des revendications des
travailleurs, mais les accompagnants des politiques gouvernementales
servant à faire passer la pilule. Preuve en est la manifestation du
mardi
7 février dernier, où l’appel à manifester n’était pas accompagné, au
niveau confédéral, d’un préavis de grève; cela ressemble à un sabotage
visant à limiter l’ampleur des manifestations.

Le résultat est là, après le médianoche de quelques dizaines de
parlementaires attardés pour adopter l’amendement sur le CPE, Galouzeau
de
Villepin usa du stratagème de l’article 49-3 de la constitution pour
imposer cette loi au mépris de la démocratie.

Dans le monde Cependant, l’affaire dite « des caricatures de Mahomet »
est
un bon exemple de manipulation médiatique de l’opinion, d’un bord comme
de
l’autre. D’un côté le clan de ceux voulant nous faire croire au choc
des
civilisations, qui sous prétexte de liberté d’expression, publient des
caricatures servant à stigmatiser l’intégrisme de certains musulmans.
De
l’autre côté des leaders musulmans qui sautent sur l’occasion pour
affirmer leur emprise sur leurs coreligionnaires en dénonçant là-dedans
la
décadence de l’Occident. Les lobbies militaro-industriels, soutenus par
le
méthodiste évangélique président des États-Unis, se frottent les mains
et
jettent de l’huile sur le feu en dénonçant la Syrie et l’Iran comme les
maîtres d’oeuvre des manifestations contre les ambassades, engrangeant
ainsi de nouvelles raisons pour déclarer la guerre a ces tenants de
ressources pétrolières indispensables à leur développement.


Et en prime un article de Laurent, du groupe libertaire d’Ivry (FA)

« ILS VEULENT NOUS TUER ! »

Ces mots étaient peints sur une banderole lors d’une mutinerie de
prisonniers en 1985. Ils étaient jetés à la face de la société,
balancés à
l’extérieur par ceux de l’intérieur. « Ils veulent nous tuer. » C’est
ce
que nous sommes nombreux à ressentir aujourd’hui, du bon côté, celui où
l’on est « libre et citoyen ». Parce que tout simplement on ne peut que
survivre avec des boulots précarisés, la peur au ventre de ne pas y
arriver, de ne pas payer le loyer, ni offrir des vacances à ses gosses,
ni
rembourser les crédits, avec l’angoisse du grand plongeon dans la
misère,
l’exclusion, la rue. Nous vivons une terrifiante et paralysante
insécurité
sociale qu’un de mes voisins résumait plus crûment:

« Ces ordures nous tiennent par les couilles! »

Une autre insécurité, celle-ci mise en scène dans un grand show
sécuritaire médiatique et quotidien, a offert aux politiciens la
possibilité de « briser un tabou sur la sécurité » (PS), puis de prôner
la
« tolérance zéro » (Sarkozy). La machine à punir marche à plein
rendement
et ne peut que se développer et s’emballer, tout à l’image du
capitalisme.

Une proportion importante de sondés (70 % selon certains sondages)
rejette
la politique sociale du gouvernement. La même proportion soutient sa
politique sécuritaire! C’est avec le sécuritaire qu’il gagne, du moins
pour l’instant. Mais que gagne-t-il? Il gagne à faire grimper le «
trouillomètre » le plus haut possible.

Le gouvernement ne sera pas victorieux sur la bataille de l’emploi et
il
le sait. Des travailleurs qui sont terrifiés, désarmés, seront
incapables
de voir que le remède sécuritaire implique une logique aux conséquences
infiniment plus graves que le mal censé être combattu.

« La peur c’est le chantage du pouvoir », chante Bernard Lavilliers.
Lorsque la raison, la solidarité et la combativité s’effondrent ;
lorsque
les individus ont peur, se sentent faibles, alors l’homme providentiel,
fort, courageux est là, en embuscade. Sarkozy aujourd’hui ou un autre
demain, il est toujours là, ministre à poigne, Bon Berger ou Duce, mais
ça
peut-être aussi une Dame... de fer. Cette hystérie sécuritaire avec sa
théorie de la tolérance zéro est l’autre volet d’une guerre menée
contre
les acquis sociaux, des acquis qui partent en lambeaux, des acquis qui
portent mal leur nom. Car rien n’est jamais acquis dans une société de
classes.

On peut dresser le bilan des défaites, lister toutes les mesures
antisociales adoptées. Mais prenons garde de ne pas sombrer dans le
défaitisme ou de regarder tout ça comme un mauvais film. Ce serait
faire
injure à une autre réalité: s’il y a des défaites c’est aussi parce
qu’il
y a des combats. Et il y en a des combats, des luttes, des résistances,
qui ne sont qu’une infime partie de cette colère encore contenue qui
finira bien par se libérer un jour.

Ces prochains jours la jeunesse va certainement se mobiliser contre le
CPE. La jeunesse est punie par ce CPE. Une punition, aussi, ce retour à
l’apprentissage à 14 ans adopté en réponse aux émeutes de banlieues.
Une
autre punition pour les jeunes prolos que le travail de nuit à15 ans
légalisé. Ça c’est la punition UMP.

2007, l’alternance? Ça vous tente, la punition sauce Royal : « Il faut
rétablir l’autorité parentale et rétablir une sorte de service national
au
moins 6 mois. Sa suppression a été une grave erreur. C’était le seul
endroit où les jeunes qui n’avaient pas été cadrés avait une chance de
l’être. »

Je vous l’ai dit, ils veulent nous tuer!

Laurent
groupe libertaire d’Ivry


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MessageSujet: ..   Dim 19 Mar - 15:51

L'éditorial :

Il y a peu, dans ces pages, nous regrettions la mollesse des étudiants
parisiens, l'opposant à la franche - détermination de leurs homologues
de
province. Depuis, la Sorbonne s'est transformée en lieu symbole du
mouvement anti-CPE. D'occupations en barricades, de journées d'actions
en
coups d'éclat, les sorbonnards ont su ridiculiser la police, passant
par
la fenêtre quand elle gardait la porte, obligeant Sarkozy à rentrer
précipitamment des Antilles. À Poitiers, Rennes, Caen, Nantes, Tours,
Toulouse, Lille, Marseille... les mêmes scénarios se sont répétés, les
AG
font salle pleine et partout la jeunesse demeure mobilisée, partout
elle
crie son refus de la précarité. Elle le crie si fort et si bien qu'elle
est en train de réussir là où, en 2003, ses aînés ont échoué : grâce à
elle, le pouvoir commence à perdre son sang-froid. Quand on envoie des
CRS
plutôt que des négociateurs, quand on tente de coller aux étudiants qui
occupent pacifiquement les facs l'étiquette d'activistes violents,
c'est
qu'on commence à prendre peur. Si les dirigeants ont la trouille, c'est
aussi parce qu'ils constatent un rapprochement de fait entre des
mouvements jusque-là plutôt isolés. Intermittents du spectacle,
sans-papiers et chômeurs se joignent aux cortèges étudiants,
participent
aux occupations et blocages dans les facs, et font évoluer les mots
d'ordre, lesquels ne se cantonnent plus à la seule volonté de voir
abroger
le CPE. Pourtant, si progressivement les luttes tendent à se fédérer,
manque un absent de taille : la banlieue. Pour peu qu'elle « se
réveille
», comme disent les médias officiels qui la pensent, à tort, endormie,
les
conditions seraient réunies pour un véritable mouvement de l'ensemble
de
la jeunesse, alliée bien sûr aux travailleurs: Dans cette perspective,
les
classes dirigeantes auraient cette fois réellement de quoi se faire du
mouron. Les anarchistes souhaitent vivement non seulement la réussite
du
mouvement anti-CPE qu'ils soutiennent activement, où qu'ils se
trouvent,
depuis le début, mais aussi son élargissement. Le CPE n'est, en somme,
qu'une mesure parmi d'autres dans la guerre menée contre le peuple par
les
tenants du capitalisme. Pour l'heure, les propositions faites dimanche
par
un de Villepin aux abois sont bien sûr irrecevables. Nous irons
jusqu'au
bout, le printemps sera brûlant. Et le printemps, c'est lundi.

Le sommaire :

Mobilisation à Rennes, par Pierre et Philippe, page 4
L'autruche en veut plus!, par F. Ladrisse, page 5
La Sorbonne en avance sur le printemps, par D. Pinos, page 6
Une nuit à la Sorbonne, par M. I. Lagrocekich, page 6
Députés et CPE, par Thierry, page 7
Brèves de combat, page 8
CPE d'abord, le reste ensuite, par J.-P. Germain, page 9
Anarchistes contre la guerre, par la FA italienne, page 10
On pisse sur le service, par J.J. de Félice, page 11
De la dinde à Pâques ?, par Le Furet, page 12
Amours et Vatican, par Hertje, page 12
Chroniques de l'obscurantisme, par P. Schindler, page 14
Caracas, Forum social alternatif, par l'Équipe média, page 15
Raison d'État et colonialisme au cinéma, par R. Hamm, page 17
La chevauchée anonyme de Louis Mercier Vega, par F. Roux, page 19
le colloque sur le Congrès d'Amiens, par M. Chueca, page 21
Radio libertaire, demandez le programme, page 22
Agenda, page 23

et un article ...

Jours de grève à la Sorbonne nouvelle

LES ÉTUDIANTS et le personnel de l'université Sorbonne nouvelle - Paris
III sont , en grève depuis maintenant deux semaines pour les étudiants,
treize jours pour le personnel enseignants et IATOSS. Ils ont fait le
choix de l'action contre le CPE et le CNE et contre la destruction des
droits des salariés. Cette grève est accompagnée d'un blocage de
l'université. En tête durant la manifestation du 7 mars, Censier
constituait le plus gros cortège sur Paris avec 2 000 étudiants,
enseignants et IATOSS. Ce qui nous a valu de faire la une du journal
britannique Times et le titre de fac « leader » du mouvement à Paris.

Les assemblées générales des étudiants regroupent chaque jour de 500 à
1000 étudiants dans un amphi plein à craquer. Depuis deux semaines
elles
reconduisent chaque jour le blocus. Jusqu'à aujourd'hui les étudiants
ont
eu une organisation extrêmement efficace. Sept commissions fonctionnent
en
permanence, pour aménager le temps restant entre deux AG et entre deux
commissions, des buffets offrant cafés, thés ou toasts, des concerts,
des
animations et du cinéma militant sont proposés aux grévistes. La «
grève
en fête » de Censier fait flotter dans l'air un parfum de mai 68. C'est
toute une génération qui s'ouvre à la politique. Cette grève est
exemplaire de par la grande capacité d'organisation et d'action dont
font
preuve les étudiants et la qualité du débat qui s'est instauré dans les
AG
et dans les commissions. L'UNEF se voit aujourd'hui débordée par les
étudiants non syndiqués qui se sont lancés dans le mouvement.
L'expulsion
par les CRS des étudiants occupant la Sorbonne n'aura provoqué que la
radicalisation du mouvement. Les violences répressives, les tabassages
au
quartier latin, les véritables courses-poursuites dignes des ratonnades
de
sinistre mémoire des années soixante, les nombreuses arrestations
marqueront à jamais une nouvelle génération militante. Ce ne sont ni
leurs
troupes, ni leur arsenal de répression, ni leurs coups de tonfa, de
matraque, de tazer, de flash-ball, ou de gaz lacrymogènes qui nous
impressionneront et nous feront reculer, bien au contraire.

Au niveau du personnel, la grève est reconduite par une AG quotidienne,
des commissions « information-communication », « action (piquets de
grève)
» , « défense du personnel gréviste contre toute sanction » ont été
créées. Dans notre université, nous avons à subir tous les jours les
conséquences de la politique gouvernementale qui, sous couvert de
lutter
contre le chômage, entérine l'oeuvre de destruction des droits et des
acquis sociaux des salariés et des jeunes. Nous avons à subir tous les
jours les conséquences de cette politique, relayée fébrilement par nos
conseils universitaires et notre président: CAE (Contrat
d'accompagnement
à l'emploi), CA (Contrat d'avenir), CDD renouvelables, Pactes seniors
et
juniors, sont autant de mesures sans perspectives de déboucher sur une
titularisation. À cela s'ajoutent: le travail à temps incomplet imposé
aux
salariés les plus précaires, le souseffectif, la pression croissante
sur
les agents, la progression .de carrière de plus en plus difficile, la
baisse des conditions de travail et de la qualité du service public. De
nombreux travailleurs précaires, jeunes pour la plupart, se sont joints
au
mouvement.

Pour la CNT la particularité à Paris III est que nous n'avions pas au
début du mouvement d'adhérents chez les étudiants et les enseignants.
Par
contre chez les IATOSS la section était bien présente. Nous sommes à
l'origine de la première AG organisée le 28 février et du démarrage de
la
grève chez le personnel, malgré des syndicats « maison » plus
préoccupés
par les prochaines élections aux conseils de l'université que de lutter
contre le CPE et la précarité. Aujourd'hui les militants de la CNT
interviennent dans les trois commissions représentant le personnel. Un
large courant de sympathie entoure nos interventions chez les étudiants
et
chez les enseignants. Des demandes d'adhésion récentes devraient nous
permettre d'asseoir notre implantation sur les différents sites de
Paris
III: Censier, la Sorbonne, la Bibliothèque Sainte-Geneviève et la
Bibliothèque des langues orientales, où nos militants sont très actifs.

Cela fait maintenant plus de trois semaines que les étudiants mobilisés
appellent l'ensemble des salariés à les rejoindre. La mobilisation
étudiante, loin de faiblir, se renforce.

Le travail jetable dès le plus jeune âge jusqu'à la tombe, c'est ce que
le
capitalisme nous promet. Le patronat n'en aura jamais fini avec la
misère,
l'injustice et l'exploitation. Opposons-lui la grève générale!

Daniel Pinos

Section CNT-FAU de la Sorbonne nouvelle - Paris III


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MessageSujet: ..   Sam 25 Mar - 16:00

Le sommaire :

Plus loin, ensemble, par Laurent, page 3
CPE et front syndical, par J.-P. Germain, page 4
L’autruche en a marre des coquilles !, par F. Ladrisse, page 5
Brèves de combat, page 6
Les anti--CPE à travers un florilège de photos, par D. Maunoury, page 7
Saint-Ouen et les jardins ouvriers, par Fred, page 9
Les femmes roms de l’Est et la stérilisation forcée, page 10
Chronique de l’obscurantisme, posteriora dei, par R. Schérer, page 11
Vendues, violées, battues, tuées, par F. Roux, page 12
Le baby business, par N. Potkine, page 14
Hôpital et solidarité, qui se moque de qui ?, par J. Langlois, page 15
Ngô
Van, Au pays d’Héloïse, par É. Anclin, page 17
Antoine Gimenez, en Catalogne, par Les Giménologues, page 19
Chroniques de l’obscurantisme, Marcel Duchamp !, page 20
Jean-Ferdinand Stas (1921-2006), par F. Gomez, page 21
Communiqué de Radio libertaire, RL programmes, page 22
L’agenda, page 23

L’éditorial :

Le monde bouge, mais bouge-t-il bien ? La réponse, pour nous
anarchistes,
est négative.
De toutes les luttes ouvrières des siècles derniers, de tous les acquis
obtenus par la classe ouvrière, il ne reste que peau de chagrin. Des
révoltes passées, les échos des médias ne retiennent qu’aménagement du
travail, de la vie quotidienne et épanouissement de l’individu.
Mais pour toutes et tous, il y a plusieurs vitesses. C’est ce que l’on
nommait auparavant les happy few, ceux qui étaient quelques-uns à
partager
le meilleur. Maintenant, le concept s’est démocratisé, toutes
proportions
gardées, on cause de bobos.
Le mouvement ouvrier, la vision d’un autre monde, où l’exploitation de
l’homme par l’homme ne serait plus, passe aux oubliettes, place au
profit
individuel.
Dans les médias échauffés par l’idée d’un nouveau Mai 68, les salles de
rédaction cherchent le sensationnel. Ils trouvent que sur la montagne
Sainte-Geneviève, les voitures ne brûlent pas beaucoup et que le «
jardinage » du boulevard Saint-Michel prend du retard.
Pour les jeunes générations il convient de rappeler que ce terme était
employé, avec dédain, par certains trotskistes en 1968, pour qualifier
le
dépavage des rues pour constituer des barricades !
Certes nous n’en sommes pas encore là. On pourrait même réaffirmer que
rien ne se déroule comme prévu. Qu’un mouvement social, qu’une
révolution
ne se décrètent pas, dans des états-majors politiques, que le monde est
en
perpétuel renouveau.
Qui aurait, début 1968, « prédit » les événements de mai ? Qui aurait
annoncé la révolution espagnole, la Commune de Paris...
Le mouvement anti-CPE a-t-il été élaboré pour redorer les habits fripés
de
la gauche française ? A-t-il été concocté par la gauche de la gauche ?
Ni
l’un ni l’autre, ni par les anarchistes.
Il est venu de circonstances objectives, d’une attaque frontale contre
les
conditions de travail de ceux et celles qui ne vivent que par leur
chèque
de fin de mois. Les événements ne se décrètent pas, ils sont les fruits
des luttes quotidiennes, du travail militant au jour le jour. Arrive
une
étincelle qui enflamme un mouvement, mais tout ceci ne se décrète pas
dans
les partis politiques ou à l’Assemblée nationale.

Et un article en prime !

PLUS LOIN, ENSEMBLE

LE CPE, nous expliquait Villepin, vise « ceux qui ont le plus de
difficultés » (comprendre: les cancres, les moins-que-rien, les jeunes
de
banlieue, la jeunesse ouvrière et précaire) et « n’a pas vocation à se
substituer aux autres contrats » (comprendre: la jeunesse favorisée n’a
rien à craindre).Villepin se veut rassurant vis-à-vis de la jeunesse
diplômée, celle qui bougerait par « malentendu ». Une tentative de
division, ou plus exactement l’expression d’une crainte de voir entrer
dans la danse contestataire les lycéens et toute cette jeunesse « en
difficulté » qui, si elle n’a pas un avenir à défendre, peut se révéler
déterminée et offensive.

La jonction entre étudiants et lycéens est un danger pour le pouvoir,
et
la « gestion de cette crise » peut s’avérer alors compliquée pour lui.
Une
division tombe et la rue devient plus forte. Lors des émeutes en
banlieues, une division fut maintenue, dès lors l’émeute était amenée à
se
consumer puis à s’éteindre. Il en sera de même du mouvement étudiant
s’il
reste isolé. Avec le renfort lycéen le mouvement prend une autre
ampleur,
tout en restant un mouvement de jeunesse dont l’arme de la grève, de
l’occupation et de l’agitation n’a que peu de capacité de nuisance sur
l’essentiel: l’économie.

L’autre jonction – avec les travailleurs – ouvre une nouvelle dimension
qui inquiète le gouvernement autant que les politiciens de gauche et
les
bureaucraties syndicales. Ils jouent avec le feu social, mais en
pariant
que bien encadré, contrôlé et manoeuvré ce mouvement est un possible
tremplin électoral pour 2007.

Les anarchistes, là où ils le peuvent, oeuvrent à cette jonction
étudiants-lycéens-travailleurs, qui, si elle se faisait massivement,
poserait de fait la question de l’indispensable affrontement avec
l’État,
la bourgeoisie et le patronat. Il serait toujours question du CPE, mais
aussi du CNE, de la sécu, des retraites, du droit au logement, des lois
anti-immigrés.

Si l’on s’en tient à la contestation du seul CPE, nous restons limités
par
une absence de perspectives alors que pourtant nous sommes forts. Ce
n’est
pas le tout d’être fort, encore faut-il savoir ce que l’on fait de
cette
force. Et il faut bien à un moment sortir du cadre, déborder les
syndicats, déborder la revendication unique. Ou alors on se condamne à
«
s’éclater » quelques jours en attendant que politicards et bureaucrates
sifflent la fin de la récréation!

« Avec le CPE, je ne veux pas après cinq ans d’études finir caissière.
Je
ne suis pas un déchet. »

C’est ainsi que s’exprimait une étudiante lors d’un journal télévisé.
Un
mépris de classe, tellement naturel... Et un constat, si la jonction
entre
étudiants et notamment les lycéens et la jeunesse des banlieues est
nécessaire, il est évident que nous avons là deux mondes différents.

Quels points communs entre ces jeunes étudiants inquiets pour leur
avenir
et ces jeunes de banlieues qui sont persuadés qu’ils ne sont rien, que
leur avenir c’est des boulots de merde... à vie !

Quel ralliement possible entre ceux qui sont intégrés culturellement,
socialement, économiquement et les autres qui sont dépossédés de tout?

Dans la réalité du quotidien, rien n’autorise que ces mondes se
rencontrent, se comprennent vraiment. C’est une réalité de la société
de
classes. Dans le moment de la lutte un espace rare de rencontre et de
confrontation existe.

À chacun de questionner, de se questionner sur sa place et son rôle
dans
cette société. Aux anarchistes de proposer et de mettre en débat
d’autres
futurs, d’autres possibles. À nous de proposer une société sans
bourgeoisie ni prolétariat, une société égalitaire. Et l’on ne manquera
pas de nous dire que là nous allons trop loin.

C’est justement là où nous voulons aller.

Laurent

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MessageSujet: ..   Sam 22 Avr - 15:20

Le sommaire :
le vrai visage de la CFDT, par Delgranaos, page 3
La décroissance, ça marche !, page 5
L’autruche leur sonne les cloches, par F. Ladrisse, page 5
Brèves de combat, page 6
Considérations d’après CPE, par Laurent, page 7
Appel de Raspail, par A. Sulfide, page 8
L’Europe pour la peine de mort, page 9
De la vie politique italienne, par Emma, page 10
Incontrôlables origines, par M. Rajsfus, page 11
La lutte des déclassés, par J.-P. Garnier, page 12
Chewing-gum et émeutes..., par N. Potkine, page 15
Éric Hazan et la propagande du quotidien, par Caroline, page 17
Une intouchable et son histoire, par Alex, page 19
16° festival du documentaire, par L. Kahane, page 20
Libertaire production vous informe, page 22
Radio libertaire, page 22
L’agenda, page 23


Éditorial :

Le CPE est mort, mais le CNE bouge encore, ainsi que d’autres
régressions
contenues dans la si mal nommée loi pour l’égalité des chances. La
lutte,
donc, se poursuit, sous d’autres formes. Car on ne saurait se
satisfaire
d’une aussi maigre reculade, et il ne faut pas oublier celles et ceux
qui
ont subi les foudres de la répression. Plus de 2 000 interpellations
ont
eu lieu durant le mouvement, 547 gardes à vue. Pour l’heure, 68 peines
de
prison ferme ont été prononcées, et ce n’est qu’un début.

Ainsi est-il urgent d’exiger l’amnistie de tous, sans distinction
aucune
entre les condamnés, et de se mobiliser lors des procès à venir.

Simple question de cohérence, dont le mouvement ne saurait se priver. À
ce
sujet on aimerait entendre davantage les grandes centrales syndicales,
qui
pour l’heure semblent se soucier comme d’une guigne des militants
embastillés, concentrées qu’elles sont sur le souci de tirer la
couverture
à eux et de faire leur décompte des nouveaux adhérents, qui se
compteraient « par milliers ». À ceux-là on ne saurait trop conseiller,
comme certains anarchistes des années vingt s’adressant aux futurs
adhérents du tout jeune Parti communiste, de garder leur argent pour
acheter des fusils (symboliques, s’entend). On regrettera cependant que
la
chasse ne soit pas ouverte aux fausses vérités ainsi qu’aux
appropriations
auxquelles se livrent, sans honte aucune, les directions syndicales.
Ainsi
Chérèque se félicitant d’avoir su éviter l’appel à la grève générale,
mérite sa volée de plomb (symbolique, s’entend...).

Quittons un peu le cloaque réformard hexagonal, pour aller respirer
l’air
international. Aussi curieux que ça puisse paraître, tandis que nous
nous
faisions gazer, le monde continuait de tourner. Mal, comme à
l’accoutumée.

Tandis que les États-Unis menacent, de manière de plus en plus
pressante,
l’Iran d’une guerre à outrance (dans le cas de celleci le prétexte est
tout trouvé, la menace nucléaire, réelle, se substituant avec avantage
à
celles des toujours introuvables armes de destruction massive), la
Palestine crève sous nos yeux, soumise à la pression conjointe des
États-Unis et de l’Europe. La suspension de l’aide financière, qui
jusqu’à
présent permettait de maintenir sous perfusion l’Autorité palestienne,
est
en train de créer dans la bande de Gaza les conditions d’un soulèvement
qui, de l’avis même des ONG, serait sans précédent. Si affamer le
peuple
pour déstabiliser les dirigeants en place est une stratégie datant de
l’Antiquité, on sait que ses résultats sont, la plupart du temps,
parfaitement aléatoires.

Mais pour les fous qui nous dirigent, peu importe. Ici comme là-bas,
ils
ne sont plus à une improvisation près.



Et en prime un article :

Le CPE est mort... Ouf!
La Frrraance continue

LE CPE EST MORT, les volailles sont déconfinées, Sarkozy et Royal sont
toujours en tête dans les sondages... Ouf! La France continue.

Ils avaient la mine réjouie des bons jours, nos journalistes, ce lundi
10
avril, pour annoncer enfin que c’en était fini de la « crise ». Je les
écoutais tous ces professionnels de la parlote. Et je te cause de « la
»
jeunesse et de ces « deux mois qui ont changé la France ». Et je
t’invite
tous les habitués des plateaux télé. À gauche, on crie à la victoire
historique, les économistes de service saluent l’éviction du CPE,
soulignent une « mauvaise communication » mais persistent et signent:
la
flexibilité est nécessaire (« Ordures! »).

Débats passionnés, invectives, on se croirait en pleine campagne
électorale alors que le sujet est un mouvement social... À moins que
pour
eux ce ne soit le contraire! Je les écoutais ces politiciens,
responsables
syndicaux, économistes, philosophes, patrons qui se chamaillaient.

Et plus ils se chamaillaient, plus je me rendais compte qu’au-dessus de
leurs egos, de leurs convictions, de leurs petites haines, ils
s’appréciaient et se comprenaient.

Ils partageaient le même désir du pouvoir, la même certitude d’être
dans
le camp des leaders, des décideurs, des meneurs. La même aisance, la
même
maîtrise de soi, la même pédagogie (démagogie) pour s’adresser à ceux
qui
n’ont jamais la parole.

Car, faut-il le rappeler, il n’y a jamais d’ouvriers dans les débats
télévisés, ni dans aucun média. Le CPE et le CNE, comme l’ensemble de
la
loi sur l’égalité des chances, touchent en premier lieu les prolos et
leurs enfants qui peuplent les lycées professionnels et sont les futurs
clients des ANPE avant de rejoindre cette « classe fantôme » de 15
millions de salariés d’exécution: les ouvriers et les employés. Mais
eux,
les prolos, sont privés de parole. On donne volontiers la parole à un
syndicaliste étudiant mais pas à un lycéen du technique, futur ouvrier.
La
parole aussi aux dirigeants syndicaux mais pas aux syndicalistes de la
base, ceux qui ont la rage.

À ce moment-là, je les ressentais précisément comme ils aiment
d’ailleurs
à se définir: des partenaires sociaux. Et ils sont bien là pour nous
faire
adhérer au discours « responsable », ce discours qui nie la réalité de
la
société de classe. Il veulent nous faire gober ce baratin citoyenniste
et
économiste : nous sommes une grande équipe (la France) et pour relever
le
défi de la mondialisation il faut flexibiliser. Selon que l’on soit
patron, syndicaliste de gestion, de gauche ou de droite, on flexibilise
de
toute façon: un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, avec ou sans
contreparties.
Mais attention il faudra dorénavant mieux communiquer à ce pays
arc-bouté
sur « ses mythes » et « ses réflexes conservateurs ». Il faut dire
qu’il y
avait 3 millions de malentendants dans la rue !

Novembre-décembre 1995, le mouvement des chômeurs, la lutte des
sans-papiers; l’été 2000 et ses entreprises occupées avec menaces de
tout
faire sauter ; 2003, les émeutes de banlieue et, depuis deux mois, ce
mouvement... La question sociale est bel et bien là! Et avec elle un
gros
mot chargé de passéisme, d’archaïsme... la lutte des classes.

Laurent
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MessageSujet: ...   Dim 7 Mai - 11:11

Le sommaire :

Sarközy n’aime pas la France mélangée Nous si ! par P. Schindler, page
3

Le procès Moussaoui et la peine de mort en France, par Fred, page 5

L’ autruche n’attendait rien du retour des cloches, par F. Ladrisse,
page 5

Brèves de combat, page 6

Maison des associations de Naplouse, entretien avec Y. Haji, page 7

La CGT, no future ?, par J.-P. Germain, page 9

À boulets rouges contre le Benoît, par P. Schindler, page 10

On va quand jusqu’où, par des surréalistes, page 11

Citoyenneté et tromperie sur la marchandise, par T. Périssé, page 12

De la mort en prison d’Éric, par A. Dervin, page 14

Au sujet de la grippe aviaire , par L’Alain, page 15

Gendarmerie et expulsion-collaboration, par H. Lenoir, page 16

25e Istanbul Film Festival, par H. Hurst, page 17

Émile Pouget, alias Père Peinard, par Paco, page 19

De l’oeuvre de Jean Meckert-Amila, par F. Equy, page 20

Drapeau noir, journal libertaire de Besançon, page 20

Grenoble, rencontres libertaires, Paris, Le projet Laramie, page 21

Radio libertaire, page 22

L’agenda, page 23


Et l'éditorial :

Après l’ampleur du mouvement social contre l’article 8 de la loi sur
l’égalité des chances, les partis politiques et grandes confédérations
syndicales, ainsi que leurs diverses tendances dissidentes, tentent de
tirer leur épingle du jeu, pour mieux nous dire ce que nous aurions à
faire. Le Parti socialiste se divise entre pro-Royal, pro-Jospin,
pro-Lang... Les Verts se lancent dans l’art de la coloration
arc-en-ciel
entre Verts-roses, Verts-rouges, Verts-verts, Verts bouteille, ainsi
que
les Verts pro-José Bové. La droite, quant à elle, opte bien entendu
pour
le bleu marine made in ministère de l’Intérieur (voir même le vert
kaki)
avec les sarko-xénophobes, mais également pour les de
Villiers-xénophobes,
les Le Penxénophobe, sans oublier « Villepiniste pour la langue de bois
pour ne pas tomber encore plus bas dans les sondages ». Toutes ces
fractions préfèrent bien sûr mettre de côté l’échec que les
mobilisations
contre le CPE leur ont fait subir. Ajoutons à cela la stratégie du
leader
de la CGT de création d’un syndicat international (se rendraient-ils
compte enfin que le capitalisme est mondial?) et de séduction des
anti-CPE
en s’attaquant à son grand frère le CNE. Encore une fois, nous pouvons
conclure qu’aucun parti, qu’aucune bureaucratie, ne peut représenter la
multitude que nous sommes, ni combattre pour l’émancipation de toutes
et
tous à travers le partenariat social, qui ne remet jamais en cause les
inégalités.

S’il reste encore des gens qui votent malgré leur lassitude,
l’abstentionnisme a progressé lors du premier tour des élections de
2002
et lors des élections suivantes. Ce n’est pas pour autant que l’intérêt
pour le politique, pour la gestion de la cité, a disparu, voire
diminué,
comme voudraient le faire croire certains médias. Il suffit de
constater
le développement des associations de quartier, ou l’ampleur des
manifestations et blocages en série contre le contrat première embauche
pour comprendre que désormais le terrain prime sur le vote.

C’est plus que jamais à nous de préconiser l’autogestion,
l’autofinancement, l’autonomie face aux partis politiques, et
d’affirmer
nos spécificités en matière de lutte, d’entraide, et d’éthique
libertaire.
C’est seulement à ce prix que nous pourrons faire entendre notre voix.


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MessageSujet: ...   Sam 13 Mai - 14:17

Le sommaire :

L’étranger, voilà l’ennemi !, par Maurice Rajsfus, page 3

De la représentativité syndicale en France, par J.-P. Germain, page 5

L’ autruche aspire à être mélangée, par F. Ladrisse, page 5

Brèves de combat, page 6

Maghreb, sida et tabous, par P. Schindler, page 7

La grève de la médecine publique, par J. Montjot, page 8

Au-delà du CPE, vers une autre vie, par Pierre, Cyril et Manu, page 9

L’assemblée de Montreuil, «Vive la révolte!», page 10

La dictature du précariat, par J.-P. Garnier, page 11

États-Unis et immigration contrôlée, par E. Gutierrez, page 12

Pédophilie, retour sur Outreau, par R. Schérer, page 13

Déboulonneurs, faut ramener du monde!, page 15

Le sanglot de Satan d’A. Pecunia, par Caroline, page 17

Bouygues, maître du monde?, par N. Potkine, page 18

Anartiste, no 8, des nouvelles libertaires, par A. Robèr, page 19

Ici l’ombre, Washington dead cats, page 20

Toulon, solidarité avec Yann, page 21

Radio libertaire, page 22

L’agenda, page 23


L'Éditorial :

ALORS que tintinnabule le concert de casseroles annonçant le départ de
la
croisière électoraliste à laquelle nous convient les chantres de la
démocratie parlementaire, l’État, se croyant dissimulé par un
tintamarre,
renforce son contrôle sur tous et toutes en instiguant de nouvelles
lois
sur l’immigration.

Quelles que soient leurs tendances, tous les élus de la République,
d’un
bord à l’autre de l’Hémicycle, sont d’accord pour nous ceindre en une
nation dont ils définissent eux-mêmes les délimitations. Sans unité
territoriale, culturelle, ni même linguistique, cette entité n’a pour
point commun que l’État français.

S’il faut parler français pour être français, alors pas mal
d’Alsaciens,
Normands, Bretons et autres Basques, Catalans, Occitans peuvent
commencer
à faire leurs valises pour quitter le pays de leurs pères et de leurs
mères.

L’appel au patriotisme, surtout quand il passe par l’appel au
resserrement
national face à l’invasion de l’immigration, est encore efficace sur
les
générations d’hommes dont le passage à l’âge adulte était consacré par
la
conscription, passage à travers les rouages mortels de la Grande
Muette,
l’armée, qui charcuta leur conscience au point de leur faire prendre
l’État pour leur véritable père.

Dans la société patriarcale, sur laquelle sont basés le culte de l’État
et
les religions monothéistes, le besoin d’un père, dont on ne peut
s’émanciper, entraîne une dépendance nuisant à l’épanouissement des
individus.

Heureusement, les esprits ont quelque peu évolué. Les jeunes
générations
ont été moins violemment orientées, bien que l’éducation civique tende
toujours à les embrigader; les femmes s’émancipent, même si certaines,
pour réussir, s’insèrent encore trop souvent dans le système
patriarcal,
dont elles copient les comportements. Le capitalisme lui-même a intégré
cette évolution, s’adaptant, telle une vipère, aux conformités du
terrain
sur lequel il évolue.

Les méthodes modernes de management ont abandonné, tout du moins ici en
Occident, depuis longtemps, l’organisation patriarcale basée sur
l’ordre
militaire. Fondé sur l’individualisation et la mise en concurrence,
canalisant la combativité pour la détourner de la lutte des classes
vers
la foire d’empoigne, l’ordre nouveau de la démocratie libérale nous
relègue, nous les producteurs de richesses, au niveau d’une fourniture,
d’une marchandise. Français, Sénégalais, Iraniens, Colombiens ou
Tamouls,
nous sommes tous égaux. Nous ne devons pas accepter que les politiciens
et
autres dirigeants économiques nous divisent au nom de leurs profits.


Et en prime un article de Maurice Rajsfus :

L’étranger, voilà l’ennemi !

À propos de la circulaire du 21 février 2006

EN 1945, la France libérée récemment du joug nazi n’avait pas d’autre
priorité que de prendre des dispositions restrictives par une loi
relative à l’entrée et au séjour des étrangers en France. Ce texte,
d’inspiration policière, fragilisait au passage de nombreux combattants
étrangers de la MOI (Main-d’œuvre immigrée), lesquels n’avaient pas
demandé l’autorisation de lutter aux côtés des premiers résistants de
ce
pays, dans la guérilla urbaine comme dans les maquis, mais ceci est une
autre histoire. Depuis, ce texte a été maintes fois complété et rendu
plus
répressif.

La réforme de la loi CESEDA (Code d’entrée et de séjour des étrangers
en
France et au droit d’asile), prévue par une circulaire signée par
Nicolas
Sarkozy et Pascal Clément (ministre de la Justice), le 21 février 2006,
était en débat à l’Assemblée nationale entre le 2 et le 5 mai dernier.
Ce
texte n’a qu’une finalité: fixer « les conditions de l’interpellation
d’un
étranger en situation irrégulière, garde à vue de l’étranger en
situation
irrégulière et les réponses pénales » appropriées.

En clair, la possibilité d’arrêter et d’expulser un maximum d’étrangers
en
rendant légales des pratiques illégales. Il faut bien respecter les
quotas
d’expulsions fixés par le ministre de l’Intérieur. Bien entendu, les
préoccupations électoralistes ne sont pas étrangères à cette nouvelle
manifestation de xénophobie.

La France des Droits de l’homme n’a jamais été véritablement câline
avec
ceux qui sont qualifiés d’étrangers. La vindicte témoignée envers les
êtres humains venus d’ailleurs est suffisamment significative pour bien
faire comprendre à tous les « Bougnoules » qu’ils ne sont pas les
bienvenus dans notre pays. Jadis, au temps de la IIIe République, les «
Ritals » et les « Polaks » étaient accusés de manger le pain des
Français,
mais également de débaucher leurs filles, tout en encombrant les
hôpitaux
et les prisons.

Après la grande crise de 1929, la volonté est forte de mener la vie
dure à
ces étrangers qui encombrent « notre » sol, au lieu de se faire oublier
au
fond des mines de charbon (les Polonais) ou dans les entreprises de
sidérurgie (les Italiens). En août 1932, une loi, promulguée par
Édouard
Herriot, limite à 5 % le nombre d’étrangers autorisés à travailler pour
certains établissements publics, chantiers ou même ateliers. En 1934,
le
président du Conseil, P.-E. Flandin, prépare des mesures d’expulsion
par
la force des étrangers dont les papiers ne sont pas en règle. Environ
3000
étrangers seront frappés par cette loi dont les effets se feront sentir
durant les premiers mois de 1935. Cette même année, un gouvernement
présidé par Pierre Laval signe un décret prévoyant des peines de six
mois
à deux ans de prison pour les expulsés qui se risqueraient à revenir en
France.

Les décrets-lois Daladier, du 2 mai 1938, prévoient tout à la fois la
mise
en place de quotas d’étrangers dans les entreprises et la création
d’une
police des étrangers. De façon prémonitoire, le militant antifasciste
André Ferrat prévient: « Le futur dictateur fasciste n’aura qu’à
étendre
les pouvoirs actuels de la police des étrangers à tous les citoyens, et
les libertés françaises ne seront plus qu’un souvenir! » À la fin de
l’année 1938 est évoquée l’ouverture de camps de concentration pour
certains immigrés. En 1939, alors que la guerre menace, le ministre de
l’Intérieur, Albert Sarraut, pète les plombs, en éructant: « Il faut
débarrasser la France de la tourbe étrangère! » Lesquels étrangers ne
sont
autres que des Allemands qui ont fui le nazisme, et les réfugiés
espagnols
entrés en France en janvier et février 1939. En octobre 1939 et en mai
1940, la France républicaine décide l’internement des ressortissants
allemands et autrichiens, presque tous juifs et antifascistes.

Le décret scélérat du 2 mai 1938 n’a pas oublié les citoyens français
qui
se seraient montrés solidaires des étrangers persécutés: « Tout
individu
qui, par aide, directe ou indirecte, aura facilité l’entrée, la
circulation ou le séjour irrégulier d’un étranger, sera puni d’une
peine
d’amende ou de prison. »

En septembre 1940, dans le droit fil de la politique conduite depuis
une
décennie, le gouvernement de Vichy promulgue une loi sur « les
étrangers
en surnombre dans l’économie française ». Rapidement, 40000
travailleurs
étrangers sont internés dans les camps de la zone sud et livrés au
travail
forcé. Nous savons ce qu’il en sera durant les quatre années suivantes
du
sort de ces étrangers, et plus particulièrement des juifs vivant dans
ce
pays…

Depuis le premier choc pétrolier de 1973, les lois anti-immigrés n’ont
cessé de se multiplier. En 1974, Michel Poniatowski proclame «
l’immigration zéro ». Vont suivre, en 1978 et 1979 les lois Stoléru et
Fontenet qui, peu à peu, vont encadrer les conditions d’entrée sur le
territoire français des travailleurs colorés dont la France ne veut
plus.
En janvier 1980, c’est la loi Bonnet qui renforce le contrôle du séjour
des immigrés, les étudiants étant particulièrement menacés. En janvier
1981, une loi Peyrefitte va aggraver une législation déjà lourdement
répressive.

Après le répit de l’été 1981, avec la régularisation de dizaines de
milliers de travailleurs étrangers, la répression reviendra rapidement
à
l’ordre du jour. Les lois Pasqua de 1986 transforment de nombreux
immigrés
en clandestins. Dans le même temps, le droit d’asile commence à
ressembler
à ne peau de chagrin. En mai 1988, de retour au pouvoir, la gauche
renonce à abroger les lois Pasqua. En 1989, Michel Rocard nous explique
tranquillement que « la France ne peut pas accueillir toute la misère
du
monde ». Pour ne pas être en reste, c’est un ministre socialiste,
Philippe
Marchand qui, en 1991, banalise la pratique de l’enfermement des
étrangers
sans papiers dans des centres de rétention administrative.

Parallèlement, la pratique des expulsions par charters va entrer dans
les
mœurs démocratiques : 55 Zaïrois en 1985 (sous Fabius), 101 Maliens en
1986 (sous Pasqua). En 1993, de retour au ministère de l’Intérieur,
Charles Pasqua fait voter de nouvelles lois répressives sur
l’immigration.
En 1995, c’est Jean-Louis Debré qui aggrave cette législation. Les
centres
de rétention se multiplient, et la chasse aux sans-papiers se durcit.

En juin 1997, la gauche est de nouveau au pouvoir mais, malgré les
promesses du candidat Jospin, les lois Pasqua-Debré ne sont pas
abrogées.
Bien au contraire, une circulaire de Jean-Pierre Chevènement fragilise
plus encore les sans-papiers. Ce sera rapidement le refus de
régulariser
60000 de ceux qui ont été incités à se déclarer dans les préfectures.
En
octobre 1999, une nouvelle circulaire Chevènement rend encore plus
délicate la situation des sans-papiers. Lionel Jospin conforte cette
politique d’exclusion en montrant du doigt ceux des étrangers, « qui
n’ont
pas vocation à rester en France ».

Au travers du petit jeu de l’alternance droite-gauche, le pire a
toujours
été possible. C’est ainsi que les lois Sarkozy de 2002, 2003 et 2006 ne
font que prendre la suite des lois édictées par Chevènement, en 1997,
et
Daniel Vaillant, en 2001. Avec la circulaire du 21 février 2006, c’est
tout un pans des droits de l’homme qui va être détruit. Nicolas
Sarkozy,
qui n’a pas peur de se salir la bouche, parle d’une immigration
«subie»,
qui polluerait le pays. D’où sa volonté de promouvoir une immigration
«choisie», parmi des hommes et des femmes à qui l’on refuserait
pourtant
un minimum de droits, tout en leur imposant un maximum d’obligations.

La circulaire du 21 février 2006 va bien plus loin puisqu’il est prévu
d’en terminer avec la régularisation automatique des étrangers après
dix
ans de présence en France. Ce qui ne va pas manquer de créer de
nouveaux
clandestins. L’obtention de la carte de long séjour, valable dix ans,
fera
désormais l’objet de nombreuses difficultés; la délivrance de ces
cartes
dépendant désormais du pouvoir discrétionnaire de l’administration. En
cas
de licenciement, les cartes de séjour temporaire pourraient être
retirées.
Il en irait de même des malades en cours de soins, si un traitement
était
jugé possible au pays d’origine.

Témoignant de leur volonté de faire le tri entre les bons étrangers et
les
autres, Nicolas Sarkozy et Pascal Clément ont décidé la création d’un
titre de séjour de trois ans qualifié « compétences et talents », qui
serait attribué aux étrangers « susceptibles de participer au
développement de l’économie française ». Ce qui, en creux, rappelle
étrangement la loi de Vichy de septembre 1940.

Dans les faits, la circulaire du 21 février 2006 est déjà appliquée car
pour les préfets et les policiers la seule lettre de ce texte fait
force
de loi. Les expulsions n’ont cessé de se multiplier depuis le début de
cette année. Ces mesures frappent également de nombreux enfants
scolarisés, en principe non expulsables avant la fin de leur cursus
secondaire. Mais, c’est bien connu, ma main droite doit ignorer ce que
fait ma main gauche.

Maurice Rajsfus



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buenaventura
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MessageSujet: ...   Jeu 25 Mai - 10:25

Le sommaire :

Du grain à moudre, par Jean-Pierre germain, page 3
On ne va pas se taire sur le nucléaire, par Daniel, page 4
18 joints, par le CIRC, page 5
L’autruche, tout simplement, par F. Ladrisse, page 5
Brèves de combat, page 6
Total coupable, par J.-P. Levaray, page 7
Prostitution et Coupe du monde, page 8
Le sida invisible chez les femmes, par P. Schindler, page 9
La laïcité contre l’enfant, par L. Gallopavo, page 11
Chapeaux bas, par N. Potkine, page 14
Hamas: prétexte pour faire la guerre, par B. Kamal, page 15
Anvers : un skin facho passe à l’acte, par Louise, page 16
Beur blanc rouge, par H. Hurst, page 17
De la pédagogie Freinet en DVD, par M. Copé, page 19
Ici l’ombre, page 20
Chantons l’anarchie, par la chorale libertaire de Périgueux, page 21
Radio libertaire, page 22
L’agenda, page 23


Éditorial

ON NE PEUT PAS DIRE que la transparence soit la qualité primordiale des
salops : ministres, parlementaires et autres décideurs, qui tiennent le
gouvernail de l’État. Tripatouillage des flux financiers, commissions plus
ou moins occultes dans divers trafics, y compris les trafics d’armes
alimentant les conflits qui, chaque jour, tuent et oppressent des civils
innocents ; tout est bon pour assouvir les appétits de ces assoiffés de
pouvoir et de leurs partis politiques. Toujours prêts à fustiger les
fraudeurs des assurances sociales ou des transports publics, à envoyer les
pauvres en taule pour quelques centaines, voire dizaines d’euros, ces
soi-disant parangons de vertu, eux, puisent dans les caisses à coups de
milliards de dollars, et quand ils se font piquer, ils s’en tirent avec
tout au plus des peines avec sursis.

La transparence n’est pas non plus de mise en ce qui concerne les dangers
que nous font courir les dirigeants du groupe de pression
militaro-industriel du secteur nucléaire. Ces crapules classent
secret-défense un rapport évoquant les dangers encourus au cas où un avion
viendrait à s’écraser sur une centrale nucléaire, alors qu’une note de ce
rapport mentionne que les données qu’il contient sont volontairement
imprécises pour ne pas être exploitables à des fins terroristes. Soit le
rapport est destiné à la Défense nationale, et il comprend les données
précises permettant à celle-ci d’évaluer les risques ; soit ce rapport se
contente d’évoquer les dangers sans donner de données stratégiques
exploitables, ce qui est le cas, et alors là il n’y a pas lieu de le
classer secret-défense. Mais ce lobby, qui tient entre ses mains
l’existence des millions d’habitants vivant à proximité de centrales
nucléaires, joue avec nos vies et tente de nous maintenir dans
l’ignorance, quitte à envoyer ses barbouzes intimider les militants
cherchant à transmettre les informations que tout un chacun a le droit de
connaître.

Bientôt toutes ces « affaires » seront éclipsées par la Coupe du Monde de
football, cette grande fête populaire canalisant les ressentiments de
centaines de millions d’hommes et de femmes à travers le monde. Mais, là
encore, derrière la liesse et l’effervescence, se cache un cloaque infâme.
Pour « divertir » les millions de supporters, correspondants de presse, et
autres employés que drainera cette manifestation, de formidables bordels
seront organisés à proximité des stades. Cela sera près de 40000 corps de
femmes qui seront mis à l’étal pour assouvir les mâles mis en rut par la
compétition.

Un gigantesque et ignoble trafic d’êtres humains se profile derrière
l’organisation de ces jeux du cirque modernes.



et un article en prime :

L’information a fait l’effet d’une traînée de poudre: Stéphane Lhomme,
chargé de communication et porte-parole du Réseau Sortir du nucléaire, a
été arrêté et placé en garde à vue le mardi 16 mai. Au terme d’une
perquisition de cinq heures à son domicile bordelais, son téléphone
portable et deux ordinateurs personnels ont été saisis. Il a été retenu
pendant quatorze heures pour être libéré vers 22h30.

C’est une enquête déclenchée par le parquet de Paris qui a justifié une
telle opération. Cette enquête a pour objet une «compromission du secret
de la Défense nationale» et est liée à la divulgation d’un document classé
secret-défense où est évoquée la vulnérabilité du nouveau réacteur
nucléaire EPR (Réacteur européen à eau pressurisée) qui a été la cible
d’une campagne et d’une manifestation les 15 et 16 avril à Cherbourg, non
loin du futur site qui accueillerait le prototype à Flamanville, dans la
Manche.

Or, ce document avait déjà fait l’objet d’une divulgation par le Réseau
Sortir du nucléaire, il y a plusieurs semaines. Sans doute les policiers
de la DST (Direction de la surveillance du territoire), chargés de la
perquisition, recherchaient-ils chez Stéphane Lhomme les contacts ayant
permis les fuites. Mais que dit ce document si convoité?

C’est une lettre adressée par EDF, en l’occurrence B. Lescoeur, au
directeur général de la Sûreté nucléaire et de la radioprotection, et qui
date de 2003. Ce document, accompagné de divers graphiques, détaille les
risques envisagés par EDF au cas où un avion s’écrase sur un EPR. Il fait
suite à des interrogations légitimes sur la capacité de ce prototype
nucléaire à faire face à des attaques aussi folles que celles -
inimaginables jusqu’alors - qui ont été lancées sur les Twin towers le 11
septembre 2001. On peut y lire entre autre qu’indépendamment de la
capacité d’EPR de résister à des chutes d’avions militaires, EDF ne
prévoit pas tous les cas de figure en cas de conflit ou d’opérations
armées. L’explication avancée dans ce document est que l’empêchement ou
l’anticipation d’attaques est surtout du ressort de l’État. Par
conséquent, EDF, qui reste dans un cadre normal de préventions des
risques, n’envisage pas toutes les éventualités, jugées extrêmes! La
cerise sur le gâteau, c’est que B. Lescoeur, auteur du document si
convoité par la DST, estime que les informations figurant dans ce dossier
ne doivent pas être rendues publiques!

On comprend pourquoi: toutes les hypothèses ne sont pas envisagées par
EDF, qui botte en touche en soulignant le rôle de l’État dans la
prévention d’attaques d’envergure ou d’accident aérien... Comment être
rassurés après avoir lu cela?

Société nucléaire, société militaire

Il ne fait pas de doute que cette action déclenchée par les policiers
spécialisés dans la lutte antiterroriste est aussi une intimidation à
l’égard du médiatique militant antinucléaire.

Et le recours à la police en charge des dossiers antiterroristes relève
d’une tentative de discrédit du militant. À travers lui, ce sont bien les
actions et la contre-information dirigées contre l’industrie nucléaire qui
sont visées. Le message est clair. L’industrie nucléaire, intimement
associée à l’État depuis son activation en France, a besoin d’opacité, de
secret, de surveillance pour être tranquille. La présence du «secret
défense» dans cette affaire est un rappel du lien indéfectible entre cette
industrie civile et l’armée1. À la suite de cette scandaleuse opération
militaire chez Stéphane Lhomme, le Réseau Sortir du nucléaire et
Greenpeace, notamment, ont alors diffusé ce document sur leurs sites
internet, encourant jusqu’à 75000 euros d’amende et 5 ans
d’emprisonnement.

Nous sommes partisans de l’autogestion généralisée des moyens de
production et de distribution, de tous les secteurs, y compris
énergétiques. Pour envisager cette démarche, quelques conditions de base
s’imposent comme un libre accès à l’information et la légitimité des
décisions. Pour favoriser la gestion directe, collective et écologiquement
acceptable, une déconcentration des lieux de productions est
indispensable, associée à une nécessaire coopération entre les différentes
composantes de la vie sociale et économique.

Or, l’industrie nucléaire n’est rien de tout cela. Elle est écologiquement
irresponsable et criminelle, source de production d’armes de destruction
massive, et représente un modèle de société étatique (abus de pouvoir,
culte du secret, débats tronqués, militarisation, concentration...) et de
gabegie énergétique. La répression qui frappe les militants antinucléaires
comme les syndicalistes ou les sanspapiers, est celle d’un système qui
impose ses règles par la force au nom de l’intérêt général, en réalité
l’intérêt des élites gestionnaires de l’État qui défendent aussi les
règles du marché et de la propriété privée.

Daniel

Groupe Gard-Vaucluse de la FA


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