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buenaventura Langue pendue

Nombre de messages: 2488 Date d'inscription: 17/02/2005
 | Sujet: le monde libertaire Ven 14 Oct - 12:03 | |
| fédération anarchiste , la librairie, 145 r. amelot a paris et le journal de eux ... Sommaire Faits d'hiver avant la date, par J.M: Raynaud, page 4 L'autruche fière comme Artaban, par F. Ladrisse, page 5 Nouvelles de la tourmente, par P. Schindler, page 5 A côté des trans, propos recueillis par P. Schindler, page 6 La voie suicidaire du capitalisme, parJ.P Tertrais, page 9 L'Alliance syndicaliste, interview d'Alain Pecunia, page 11 Katrina, qu'en dit la presse américaine?, par René Berthier, page 15 Grand prix « Ni Dieu ni maître » > , par J.M. Raynaud, page 19 La Bible contre la Bible, par Nestor Potkine, page 18 Ici l'ombre, Chroniques alternatives, par Bibo, page 20 Gilbert Laffaille live in Ivry, par Thierry de « Blues en liberté », page 21 Une trace pour Marie Jakobowicz, par René Strubel, page 22 Agenda, page 23 *** Edito Il faut croire que la lutte contre le terrorisme laisse quelques loisirs. Ainsi, et malgré la guéguérilla qui l'oppose à Villepin, et dont les médias nous font croire qu'elle l'occuperait à plein temps, Sarkozy, quand il a deux heures devant lui, expulse quelques squats, bourre ses charters d'enfants, ordonne une rafle ou deux et pour finir lance ses hommes à l'assaut des fronts syndicaux. Si on en parle dans les médias (et c'est là le seul but de cette agitation), on est contraints d'admettre que ces actes relevant de l'inhumain, du barbare, se déroulent la plupart du temps dans l'indifférence générale. C'est dans l'indifférence qu'on jette à la rue les plus pauvres, sans solution de relogement au-delà des inévitables deux semaines d'hôtel. Dans l'indifférence, également, que la chasse aux sans-papiers s'invite sua sorties des écoles et jusque sous les préaux. Indifférence, encore, quand la police rafle en plein jour, à Paris et dans les grandes villes, appliquant des méthodes datant de la guerre d'Algérie, contrôlant au faciès, embarquant dans des bus prévus à cet effet (bus de la RATP, transformés pour l'occasion!) de pauvres bougres coupables de ne pas vouloir se laisser mourir de faim au « pays » . Indifférence, toujours, quand les gendarmes occupent le port autonome de Marseille, prennent d'assaut celui d'Ajaccio, lesquels étaient soumis à un blocus légitime puisque décidé par les travailleurs eux-mêmes, blocus qui visait à la simple défense de leur outil de travail. Sarko, donc, s'active. Ce qui n'est pas nouveau. D'aucuns pourraient même en conclure que le pasquin se disperse. En vérité il n'en est rien. Certes, il bouge beaucoup, il bouge vite. Mais derrière cette agitation se dessine un projet, une logique implacable, où ces différents éléments se retrouvent intimement liés. Ce projet porte un nom: volonté de contrôle total (itaire) de la population. Charmée par une politique de communication importée des États-Unis, ladite population semble, pour l'heure, comme envoûtée parle ministre de l'Intérieur, tel Mowgli succombant au regard de Kaa. Ça ne durera pas. Nous sommes un certain nombre à refuser le grand sommeil, et à rester déterminés face au danger représenté par cette somme de pathologies schizoïdes qui a pour nom Sarkozy. Et puis, nous savons que pour lui seul compte, en définitive, l'échéance de 2007._Que l'unique bataille qui vaille est donc celle de l'opinion. Cette bataille, il est loin de l'avoir ;gagnée. À nous maintenant d'ouvrir les yeux, de rompre avec l'indifférence, de faire en sorte qu'il voie son rêve s'effondrer. Et qu'il s'effondre avec son rêve. www.federation-anarchiste.org/ml/ _________________ concéder, c'est se rendre .
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|  | | buenaventura Langue pendue

Nombre de messages: 2488 Date d'inscription: 17/02/2005
 | Sujet: . Ven 21 Oct - 12:01 | |
| Sommaire La rupture selon Sarkozy, ou le retour du bâton, par Fred, page 4 Ni la brise hi le froid n'ont raison de l'Autruche, par F. Ladrisse, page 5 Ni dieu, ni mare, ni franc-maçonnerie, par j.-M. Raynaud, page 5 Belgique, de drôles de méthodes d'enquête, par Hertje, page 6 Brèves en stock, page 7 Solidarité, quand les frontières emprisonnent, par le groupe La Sociale, page 8 Y aura-t-il une vie après le pétrole ?, par J.-P. Tertrais, page 9 « Modèle allemand » et nouvelle gauche, par le groupe de Strasbourg, page 12 Communautarisme ou le cheval de Troie des religions, par C. Nepper, page 14 La recherche scientifique dans le malaise, par D. Leboeuf, page 15 Le cinéma espagnol renouvelé par les femmes, par C. Passevant, page l7 Oiseau-tempête, 12e livraison, par J.-L. Debry, page 18 Le curé Meslier et son catéchisme, par N. Potkine, page l9 Ici l'ombre, l'esprit de résistance, par les Chroniques alternatives, page 20 Mémoire à vif à Limoges, « En finir avec l'enfermement », page 21 Dansons la Ravachole, en braille, page 22 Agenda, page 23 *** Edito Dominique de Villepin peut pavoiser, les prolos de la SNCM ont repris le boulot et lui n'a rien lâché, même pas le paiement des jours de grève. Mais il doit un grand merci aux médias qui ont à cette occasion déversé un flot dé propagande en faveur du système capitaliste et, de l'économie de marché. Les repreneurs, ces prédateurs de la finance, à l'affût des dividendes et de la plus-value, ont porté fièrement le masque des bons samaritains au secours d'une -entreprise en danger et de son personnel, tandis que les grévistes, défendant leur outil de travail et le service public, ont été présentés comme des irresponsables, voire des terroristes, coupables du sabordement de la SNCM. La surenchère d'effets d'annonce et d'actions d'éclat qui jalonne la pseudo-compétition, à laquelle se livre le Premier ministre et le ministre de l'Intérieur pour accéder à la magistrature suprême, se fait au détriment des plus démunis d'entre nous. Ce sont ,la baisse de l'impôt sur les grandes fortunes, Cènsée freiner la fuite des capitaux vers les paradis fiscaux; la participation aux frais à hauteur de dix-huit euros lors d'opérations médicales lourdes, censée boucher le trou de la Sécurité sociale que l'État et les grandes entreprises creusent allégrement en refusant de payer leur quote-part. Ce sont les rafles de basanés dans les quartiers populaires, censées réduire une immigration plus ou moins clandestine qui alimente en main-d'oeuvre un patronat esclavagiste pour qui le profit vaut plus que la vie humaine; c'est aussi l'expulsion en fanfare des pauvres, relégués dans des logements laissés en décrépitude depuis des années par des propriétaires pour qui ils ne sont qu'un placement spéculatif, alors que des milliers de logements neufs sont vides, en attente de locataires ayant les garanties suffisantes pour payer les loyers exorbitants. La gauche parlementariste ne proteste que du bout des lèvres contre ces saloperies qui n'ont d'autres raisons d'être que la promotion médiatique et le racolage vies voix se reportant sur le Front national, sachant qu'elle-même utiliserait les mêmes artefacts. Le modèle allemand est là pour mettre en évidence que la droite et la gauche ont le même projet de société: une société où la classe dirigeante, appuyée par la bourgeoisie, entend mettre au pas ceux qui n'ont que leurs bras et leur sueur à offrir contre la maigre pitance qui leur permettra de survivre. _________________ concéder, c'est se rendre .
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|  | | buenaventura Langue pendue

Nombre de messages: 2488 Date d'inscription: 17/02/2005
 | Sujet: ... Lun 31 Oct - 16:09 | |
| L'éditorial : Les saisons se succèdent, et les litanies sur le mouvement social les suivent. La rentrée, que les directions des boutiques syndicales promettaient d'être chaude, voire au moins mobilisée, n'a été que tiède, et-encore! Il est toujours vrai qu'un mouvement ne se décrète pas, mais le freinage et l'enlisement, ça doit s'apprendre dans les-écoles de permanents syndicaux. Encore convalescent, Chirac s'est offert une « petite promenade » de santé dans la région lyonnaise. Il aurait même trouvé une agence ANPE où tout le monde était content. Il est vrai qu'il était là en service commandé pour soutenir la politique du gouvernement sur l'emploi. Le Conseil d'État ayant validé le contrat nouvelle embauche (CNE) qui autorise maintenant les embauches au rabais, le chef de l'État pouvait parader sur sa conception de la « lutte contre le chômage » ! Pendant ce temps, à l'Assemblée nationale, on aménage des nouvelles choses pour ceux qui profitent de l'exploitation des autres. En 2007, un nouveau barème d'impôt sur le revenu creusera encore les disparités. Des médias ont même trouvé une belle formule: « Réforme spéciale grands patrons. » On vit une période formidable! Moins médiatisée que l'enlisement de Marseille, la fin de la grève des salariés de COMEX (réseau des transports urbains de Nancy) a vu la naissance d'un accord prévoyant une augmentation de 1, 7 % des salaires pour le-1- janvier 2006. Ils avaient demandé 8 % et engagé leur mouvement le 4 octobre... Vous avez dit rentrée sociale? Pour en rajouter au tableau, la privatisation de la SNCF est déjà en marche. Le Sénat a voté « dans l'urgence » une loi pour mettre fin au monopole de l'entretien des nouvelles lignes. Privatisation de la maintenance, et après? Quant à la gauche décomposée, j'ai encore à l'esprit une affiche faite par des camarades en 1970: « Comme ton patron, adhère au PS. » Rideau! Sommaire : L'après SNCM, par J.-P. Levaray, page 3 Faits d'hiver en octobre, par J.-M. Raynaud, page 4 Une Autruche endimanchée, par F. Ladrisse, page 5 Rififi machiste au PS, par R. Paradis, page 5 Emploi et séropositivité ne font pas bon ménage, par P. Schindler, page 6 Nouvelles des fronts: en attente du sauveur suprême?, par Hugues, page 7 Action en soutien à Faty contre Accor, page 8 Anarchie et décroissance, par J. Monjot, page 9 La technologie sous l'oeil avisé de N. Potkine, page 12. Argentine: l'expropriation a du bon, par B. Pérez, page 13 Exclusivité: Rahan et les transports, par le Dr Martius, page 15 Ludovic Bablon, un pamphlétaire utopiste?, par P. Ducira, page 18 Les voraces de Lyon, par A. Sizaire, page 19 Baulenas, le Manchette catalan, par le Furet, page 20 Le mouvement, page 21 Radio libertaire, page 22 Agenda, page 23 Le Monde libertaire, hebdomadaire de la Fédération anarchiste Chaque jeudi en kiosqie, 24 pages couleurs, 2 euros [ expéditeur/expéditric <farouen(a)no-log.org> _________________ concéder, c'est se rendre .
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Nombre de messages: 2488 Date d'inscription: 17/02/2005
 | Sujet: .. Jeu 17 Nov - 11:12 | |
| Le sommaire : Environnement : petite chronique d’une grande catastrophe annoncée, par Patrick Schindler, page 3 L'obscurantisme qui rend fécond, par Le Furet, page 5 Une Autruche épargnée par le HSN 1 , par F. Ladrisse, page 5 Retour sur le conflit de la SNCM, par Fabrice, page 6 Brèves en lutte, page 7 L'amiante pour se débarrasser de la classe ouvrière, par Thierry, page 8 Des services publics qui se ferment au grand public, par Nathan, page 9 Suspension de la suspension de peine, par P. Pasek, page 10 Morale et justice proudhonienne, par J. Langlois, page 11 Jean-Luc Porquet, la noblesse toujours privilégiée, par N. Potkine, page 14 Entrisme dans les collectifs de soutien, par Thierry; page 15 Cinéma, l'Enfant des frères Dardenne, par H. Hurst, page 17 Les déserteurs dans les bacs, par Daniel, page 18 Pourquoi travailler? par J.M. Bougiraud, page 19 Ici l'ombre page 20 Lettre au juge, par J.M. Raynaud page 21 Culte de Jean-Paul II à Ploërmel, par Jacqueline, page 22 Agenda, page 23 Et l’éditorial : Les pigeons que nous sommes craignent l'arrivée de la fameuse grippe aviaire qui doit décimer, selon les plus pessimistes des pseudo experts scientifiques, un tiers de la population mondiale. Déjà la rédaction du Monde libertaire a eu du mal cette semaine à tirer la tête de (autruche hors du sable où elle (avait fourré, affolée par (arrivée des cigognes clandestines qui font fi des frontières. Il a fallu persuader le volatile apeuré que, si son plumage avait terni; cela n'était pas dû à la grippe autrefois espagnole, aujourd'hui asiatique, mais que, si elle se secouait un peu, ce dit plumage redeviendrait tout aussi coruscant qu'avant. Les renards qui nous gouvernent se réjouissent de voir que leur stratagème pour affoler la basse-cour fonctionne à merveille, et que, pendant ce temps, ils peuvent faire main basse sur le poulailler. Tsunamis, ouragans à répétition, tremblements de terre et auges soubresauts de notre planète martyrisée, font beaucoup plus de victimes que la pandémie annoncée. Il est vrai que la plupart des catastrophes naturelles sont inévitables, mais il est curieux de voir que, pour la première fois depuis longtemps, les météorologues ont dû recourir à l'alphabet grec pour, nommer les tempêtes tropicales, leur liste de noms étant venue à épuisement. Il est tout aussi curieux de constater (importance croissante de ces phénomènes météorologiques. Tout rapprochement avec le réchauffement de la planète est, bien entendu, nul et malvenu. Bien sûr, (épidémie venue de Chine, le péril jaune, est un meilleur épouvantail que le risque d'inversion du Gulf Stream dû au réchauffement des eaux arctiques. L'une est due à un virus étranger au nom imprononçable (H5 N1), (autre est dû à la trop grande cupidité des industriels qui polluent nos vies et notre planète. Que font nos gouvernants! Ils privatisent les services publics, ou du moins ce qu'il en reste. Les transports, (énergie, pourquoi pas l'Éducation ou la Santé seront bientôt jetés en pâture aux investisseurs avides, afin que ces services', dont tout le monde a besoin, soient soumis à la loi du profit, et gérés selon le mode de la croissance continue. Si cela flatte les intérêts des magnats de la finance, qui vont pouvoir en faire des bulles spéculatives garanties par l'État, il est clair que, pour nous, autrefois usagers de ces services et devenus clients captifs dans le nouveau langage de nos exploiteurs, nos intérêts seront bafoués, foulés au pied de ce moloch qu'est devenu le sacro-saint marché. Où est là-dedans le prétendu intérêt général censé légitimer l'Etat ? Le Monde libertaire, hebdomadaire de la Fédération anarchiste Chaque jeudi en kiosque, 24 pages couleurs pour deux euros _________________ concéder, c'est se rendre .
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|  | | buenaventura Langue pendue

Nombre de messages: 2488 Date d'inscription: 17/02/2005
 | Sujet: .. Mer 30 Nov - 14:21 | |
| Spécial 28 pages, dossier sur les émeutes et défense des services publics L’éditorial : Les médias, « aveuglés » par ce qui se passe dans les banlieues parisiennes et ailleurs, ont beau jeu de passer sous le coude ce qui se passe dans le monde du travail. Pourtant, si la grève de la RTM a repris ce dernier week-end à Marseille, le gouvernement s'attaque à la légitimité de la grève du 21 novembre. Le président de la SNCF (Louis Gallois) a même qualifié,d'« artificiel» le motif invoqué par les principaux syndicats pour déposer leur préavis pour lundi prochain. Comme pour Marseille, combattre les dangers de la privatisation n'est pas (selon les énarques qui nous régentent) dans le rôle du syndicalisme; celui-ci devrait se contenter de revendications salariales. La manifestation du 19 novembre serait-elle aussi illégale? Faudrait voir. Une mobilisation générale pour la défense du service public ne traite pas de question de salaires, mais conserve un caractère syndical. Donc deux poids deux mesures. Dans ce panorama. social, où faut-il voir la vérité, ont faut-il espérer dans l'avenir? Ou alors faut-il, comme l'écrit judicieusement Françoise Blum dans un quotidien hexagonal de l'après-midi, penser que les médias dictent la réalité à la réalité? Qu'une grève n'est « légitime » que si elle passe au « 20 heures ». Faut-il faire preuve de « menaces criminelles » pour accéder aux étranges lucarnes? L'actualité et puis après? C'est là tout le problème ! Demander la démission d'un ministre, tout le monde le fait dans les couloirs, mais ces « gamins » le font dans la rue. En fait, comme l'écrit la précitée « il ne s'agit pas d'une révolte ouvrière, mais d'une révolte d'enfants de la classe ouvrière ». Les aïeux des jeunes français issus de l'immigration ont été recrutés par les entreprises françaises pour reconstruire la France après la Libération. «Logés »dans des bidonvilles, ils ont édifié les HLM où sont parqués leurs descendants et d'autres! Question insertion sociale, ce n'est pas l'espérance d'une nouvelle vie. Demandez donc à ceux qui, à l'usine Citroën d'Aulnay-sous-Bois, sont « embauchés »pour des missions de quelques mois et sont remplacés par des ouvriers d'origine française ! Bon, à part tout cela? Les expulsions parisiennes sont encore malheureusement à l'esprit. -Rue de la Fraternité dans le 19e arrondissement, l'immeuble anciennement occupé est déjà en vente. Paraîtrait que c'est un loft pour des artistes! Leur monde du marché poursuit son cours, à nous d'enrayer la machine! Et le sommaire : Lutter pour des services publics libertaires, par Alex, page 3 Défendre et reconquérir les services publics, par Virginie Benito, page 4 l'autruche persifle tous azimuts, par F. Ladrisse, page 6 Brèves en lutte, page 7 Les cheminots montent au créneau, par julien, page 8 Pas de justice, pas de paix, communiqué du Secrétariat aux relations extérieures de la FA, page 9 Brève de comptoir à Ivry, explications, par Laurent Fouillard, page l0 « Fracture sociale » ou fracture totale ?, par J.-P. Garnier, page 11 Après les émeutes..., par Fred de Besançon, page 13 Hipponyme et copronyme en banlieue, par jacques Langlois, page 14 Ça flambe!, par Laurent du groupe de Strasbourg, page 16 Rubrique internationale du « racisme ordinaire», par Patrick Schindler, page 17 Palestine, solidarité concrète, par Geneviève Coudrais, page 18 Mateo Alaluf de l'Université libre de Bruxelles, interview par Hertje, page 19 Allain Leprest, le chanteur et ses bonnes nouvelles, propos recueillis par Frédo Ladrisse, page 21 Au sujet de la vieillesse ardente, par Marielle Giraud, page 24 Ici l'ombre, Chroniques alternatives, page 25 Vie du mouvement, Radio libertaire, page 26 Agenda, page 27 Le Monde libertaire, hebdomadaire de la Fédération anarchiste Tous les jeudis en kiosque, 24 page couleurs pour deux euros _________________ concéder, c'est se rendre .
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|  | | buenaventura Langue pendue

Nombre de messages: 2488 Date d'inscription: 17/02/2005
 | Sujet: ... Ven 2 Déc - 12:09 | |
| L’éditorial : Les banlieues sont pacifiées, la révolte qui a grondé s'est apaisée, mais les raisons qui l'ont provoquée restent, elles, bien présentes. Les technocrates des différents ministères vont maintenant, confortablement installés à leur bureau dans les beaux quartiers, analyser les causes du ras-le-bol de ceux que les politiques ont refoulés dans ces foutoirs urbanistiques que sont les cités qui, ces quarante dernières années, poussent comme des champignons vénéneux dans la périphérie de nos grandes villes. Gageons que les solutions que ces cols blancs à la solde des capitaines d'industrie et des rapaces de la finance vont nous pondre, consisteront surtout en un plus draconien contrôle social, de manière à pouvoir exploiter avec plus d'efficacité ces réserves de main-d'oeuvre bon marché. Que de belles promesses électorales en perspectives ! Il faut croire que la répression et (isolement ne suffisent plus à contenir la révolte; maintenant c'est la démocratie et les libertés individuelles que l'on suspend à ceux qui, avant qu'ils ne se soulèvent, étaient déjà relégués dans les oubliettes de l'économie et de la politique par les racailles qui nous gouvernent. Trois mois d'état d'urgence, voilà ce qu'ont voté les deux chambres censées garantir la démocratie. Il faut dire que les faux derches qui siègent confortablement dans ces institutions n'ont jamais hésité à donner leur aval aux dictateurs qui le leur demandaient. Comme en 1940 à Philippe Pétain, ou bien pendant la « pacification » de (Algérie. À cette époque les pouvoirs que les parlementaires out octroyé à (armée en Algérie ont permis à celle-ci de commettre en toute impunité des crimes de guerre que nos députés et sénateurs se sont empressés d'amnistier par la suite, privant de ce fait les générations futures d'une information objective quant aux atrocités commises. Pendant trois mois, notre liberté de circuler, de nous exprimer à travers des publications, des théâtres, le cinéma, etc. et même de nous réunir comme bon nous semble, restera à la discrétion de M. le préfet. Si c'est comme cela que ces messieurs veulent donner l'exemple de la démocratie à la jeunesse, alors celle-ci ne sera pas longue à comprendre que tous leurs beaux discours se résument à une phrase: « Soit jeune, chômeur, précaire et pauvre, mais surtout ferme ta gueule! » Et le sommaire : Obligation de résultat, par Jean-Pierre Levaray, page 3 Étatisme et syndicalisme, choix et stratégies, par A. Pierre, page 4 Nouvelles des fronts, de l'Hexagone à l'Europe, par Hugues, page 5 À la porte les étrangers?, par M. Rajsfus, page 6 L'autruche brave le froid et maintient sa vigilance, par Frédo Ladrisse, page 6 Brèves et autres, page 7 Strasbourg et la barricade des quartiers, par P. Sommermeyer, page 8 Circulez! Circulez, explications par A. Sulfide, page 9 Lyon et la révolte dans les quartiers pauvres, par Manolo, page 11 La politique parisienne, bas les masques, par J-L. Debry, page 12 Faits d'hiver, pas si timbrés que ça, par J-M. Raynaud, page 14 Les veuves de Dunkerque, par Thierry , page 15 Pologne, les anarchistes de Poznan appellent à la solidarité, page 16 Science sans conscience et domination, par Thomas, page 17 Le Réseau éducation sans frontières, par A. Sizaire, page 19 Dormez citoyennes, les étoiles s'occupent de vous, par N. Potkine, page 20 A propos de Mai 68 et du cinéma, par Bélial, page 21 Jean Dassonval à la librairie du Monde libertaire, par A.Rober, page 22 Radio libertaire, page 22 Agenda, page 23 Le Monde libertaire, hebdomadaire de la Fédération anarchiste Tous les jeudi en kiosque, 24 pages couleurs pour deux euros _________________ concéder, c'est se rendre .
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|  | | buenaventura Langue pendue

Nombre de messages: 2488 Date d'inscription: 17/02/2005
 | Sujet: .. Dim 5 Fév - 15:10 | |
| Éditorial : En fin de règne, notre président de la République commence à se demander ce qui restera de sa décennie au pouvoir. Lors de sa dernière campagne électorale, il avait promis aux restaurateurs, domaine professionnel où le Smic est le plus bas et où l’exploitation est l’une des plus fortes (non-paiement des heures supplémentaires, cadences infernales…), de baisser leur TVA à 5,5 %. En tant que partisan de l’égalité économique, cette baisse de TVA aurait de quoi nous séduire, cette taxe étant l’une des plus inégalitaires qui soit. Mais la catégorie socioprofessionnelle, pour laquelle notre chef de l’État s’est battu sans espoir au sommet européen, regorge de petits boutiquiers lepénistes qui n’auraient eu aucune intention de répercuter ce pourboire présidentiel sur leurs consommateurs, mais bien au contraire de se mettre dans la poche ce surplus de bénéfice. Une autre occasion de montrer sa magnanimité est le paragraphe de la loi destiné à rendre aux harkis leur dignité que les gouvernements français leur avaient spoliée, dans lequel des nostalgiques de l’OAS avaient glissé en catimini une obligation pour les enseignants de mettre en valeur le rôle positif de la colonisation. Bien sûr, dans le cadre de cette loi, il n’est pas fait allusion à la colonisation des Gaulois par les Francs. Il s’agit de cette atroce parenthèse coloniale en Afrique initiée par Badinguet – l’empereur d’opérette qui assit la dictature bourgeoise des maîtres des forges, des banquiers et autres grands industriels – et établie par les républicains massacreurs de la Commune de Paris. Bottant en touche vers le conseil constitutionnel, le croquant nous donne encore une fois un aperçu de sa veulerie. Pendant ce temps, le gouvernement essaie de nous faire prendre des vessies pour des lanternes en nous présentant la casse du Code du travail comme une formidable chance pour les moins de 25 ans et les plus de 50 ans d’entrer ou de rester dans le monde du travail. Il faut être vraiment abrutis de propagande pour ne pas voir dans ces nouveaux contrats d’embauche un pas vers la généralisation de la précarité. Les grandes entreprises multinationales comme SEB tentent de nous faire comprendre que jamais nous ne serons concurrentiels face aux ouvriers chinois, et que nous devons nous résigner. Plutôt que de nous résigner à être les jouets jetables des boursicoteurs en manque de plus-value, il est temps de nous lever, de nous émanciper de tous ces doryphores qui nous épuisent, pour, ensemble, prendre nos affaires en main et les gérer nous-mêmes. Le sommaire : Le CPE, Contrat de Précarité et d'Esclavage, par fred, page 3 Société de consommation, à base de képis, par André Sulfide, page 4 De l'homophobie, par P, Schindler, page 5 L'autruche ne sort pas au ski, par frédo Ladrisse, page 5 Brèves tous azimuts, page 6 Nouvelles des fronts, par Hugues, page 7 Des anarchistes israéliens au village de Bil'In, anarkismo,net, page 8 Dossier Autogestion, entretien avec daniel de la CNT-PTT, page 9 Autogestion : l'autogestion anarchiste, page 11 Autogestion : XXV ième Congrès de la Fédération anarchiste italienne, page 13 Autogestion : l'exemple argentin, par Miguel Angel Solis, page 14 Vivre avec la crise, de David Futerman, par Solange Bidault, page 15 Riviera, interview de Vahina Giocante, par Heike Hurst, page 17 Neuilly, une ville plus bleur, par Alex, page 19 Ici l'ombre, boum ! et chroniques alternatives, page 20 L'interprétation du Coran, par Eric Vilain, page 21 Augustin Souchy, Attention anarchiste ! et Radio libertaire, page 22 Agenda militant, page 23 Et en prime un article du journal : Le gouvernement continue et accentue sa politique antisociale de démolition des acquis sociaux et du droit du travail. Nouvel avatar prévu pour les jeunes, le « contrat première embauche » qui instaure, comme le « contrat nouvelle embauche », une période d’essai de deux ans durant laquelle le patron peut virer les gens du jour au lendemain par une simple lettre recommandée avec accusé de réception. La bataille idéologique a commencé au niveau des médias pour nous faire accepter ce nouveau contrat, et le gouvernement nous traite encore de « réactionnaires ». Rappelonsnous les propos de Mme Parisot, nous incitant à accepter la précarité du travail puisque tout dans la vie est précaire (l’amour, la santé). C’est justement parce que tout est précaire que le mouvement ouvrier s’est doté de formes de solidarité sociale (assurance chômage, maladie, mutuelles, etc.). La crainte que l’on puisse avoir, c’est justement par rapport à la représentation du travail chez les jeunes. Nombreux sont celles et ceux qui ne se voient pas faire le même boulot pendant quarante ans. Cet état d’esprit peut très bien être mis à profit par le gouvernement et le patronat. Ils oublient un peu vite que le « contrat à durée indéterminée » n’est pas une communion avec l’entreprise qui deviendrait sa nouvelle famille (avec le patron pour papa, beurk!), mais qu’il offre une sécurité en matière de droit du travail, des droits supplémentaires, des indemnités en cas de licenciement, des droits à la formation. Dire que le CPE est un CDI, mais avec une période d’essai de deux ans, est une vaste escroquerie. Dire que les jeunes auront droit à des indemnités quelle que soit la durée de travail est une vaste escroquerie. Dire que les jeunes auront droit à de la formation professionnelle est une vaste escroquerie. Non aux luttes divisées De leur côté, que préparent les syndicats et les autres organisations « représentatives »? Une manifestation, le 7 février, soit une semaine après sa discussion au Parlement. Le temps de mobiliser, me direz-vous. Du temps perdu, oui. De leur côté, les fonctionnaires sont appelés à manifester le 2 février pour la défense du pouvoir d’achat.Triste perspective d’une journée molle dont on n’attend que peu de choses si ce n’est la perte d’une journée de salaire. Sûr qu’avec ces minigrèves clairsemées tout au long de l’année, on va aider l’État à boucler son budget! On pourra alors réclamer des miettes. S’organiser pour mieux lutter Certes, il faut du temps pour faire passer l’info et s’organiser – d’où le rôle et l’utilité des syndicats et autres collectifs, réseaux, groupes de lutte permanente dont la réactivité doit être rapide et efficace. Les jeunes lycéens ont gardé les réseaux de lutte de l’année dernière et sont prêts à repartir dans la bataille, même si certains en ont soupé des coups de matraque, des procès, des intimidations de toutes sortes. Comme toujours, c’est de la base que doit venir l’esprit de révolte. Les jeunes commencent à s’organiser. Espérons qu’ils seront présents dans la rue le plus tôt possible, qu’ils rejoindront les cortèges syndicaux (du 2 février, par exemple) en les dynamisant. Les mois prochains doivent permettre de faire le lien entre tous les travailleurs (du privé et du public), les privés d’emploi et les futurs salariés: – Pour la défense et l’amélioration des salaires, mais aussi des conditions de travail, pour la réduction du temps de travail et l’embauche sur la base de CDI, – Pour le partage des richesses, c’est-à-dire l’arrêt, y compris violemment, de la spéculation boursière, la réappropriation des biens par la collectivité. – Pour la mise en place d’alternatives et d’expérimentations sociales anticapitalistes, pour la réappropriation par les salariés des entreprises en liquidation. Les anarchistes ont toute leur place dans ces combats. Fred groupe Proudhon FA, Besançon Le Monde libertaire, hebdomadaire de la Fédération anarchiste, adhérente à l'Internationale des Fédérations Anarchistes. Chaque jeudi en kiosque, 24 pages en couleurs pour deux euros _________________ concéder, c'est se rendre .
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Nombre de messages: 2488 Date d'inscription: 17/02/2005
 | Sujet: .. Dim 12 Fév - 14:10 | |
| *** Le sommaire : Un nouveau mur des lamentations, par jean-Pierre Garnier, page 3 SEB; C'est Cuit !, par D'jo, page 5 L'autruche, c'est pas du cochon, par F. Ladrisse, page 5 Enseignants ou flics, il faut choisir, par Josef Ulla, page 6 Palestine, un tsunami intégriste ?, par Eric Vilain, page 8 Check-point et tramway colonial, page 12 Militaire rime avec nucléaire, par Daniel, page 14 Toujours le cochon..., par Nestor Potkine, page 16 La Charte d'Amiens, par David Rappe, page 17 La chasse aux pauvres en toutes saisons, par Patrick Schindler, page 19 Chauffe, chauffe la Terre ! par Alex, page 20 Maurice Rajsfus et la flicaille, par Sita Jacaré, page 23 Les services publics dans le dernier Réfractions, page 25 L'appel à la peine de mort, par J. Lesage de La Haye, page 26 Agenda, page 27 Et l'éditorial : Comment faut-il nommer ce début de xxe siècle? Grand bond en arrière ou régression tous azimuts, on sait plus que penser. Tout ce que le mouvement ouvrier avait gagné sur les profits patronaux, protection sociale, qualification professionnelle reconnue... tout ce qui constituait le Code du travail part en lambeaux. Côté culture, Les Bronzés 3 (dont au moins deux acteurs sont amis du ministre de l'Intérieur!) fait un tabac au boa office. Henri Langlois, figure emblématique de la Cinémathèque française, doit se retournée dans sa tombe. Côté débat d'idées, ce qui reste du « siècle des Lumières » semble bien assombri par l'obscurantisme religieux. Aux oubliettes Voltaire, Diderot et Beaumarchais (« Sans la liberté de blâmer, il n'est pas d'éloge flatteur », toujours à la une du Figaro! ). Dans l'affaire des caricatures de Mahomet, tout le monde, dessinateurs de métier ou pas, a en tête des dessins satiriques d'il y a vingt ou trente ans et se demande si aujourd'hui ils pourraient être publiés ou pas. Cela concerne tous les dessins et caricatures et pas seulement ce qui en ce début de février 2006, agite les médias. Reiser, collaborateur émérite de Hara-Kiri des années 1960, ne pourrait-il pas être interdit aujourd'hui? L'intégrisme religieux se nourrit de la pauvreté et de l'inculture, mais tant qu'il s'accommode des lois du marché, il a droit au respect des partisans politiques de l'État policier. Il n'y a pas eu en Europe de caricature de Bouddha, de Brahma ou de Shiva, donc le métallurgiste indien de Mittal Steel peut continuer son OPA sur Arcelor dans un nouvel épisode de la bataille de l'acier. En Inde, dans les chantiers d'Alang qui sont censés accueillir le Clemenceau et son amiante, les travailleurs sont payés de 1 à 2 piastres par jour (30 à 60 euros par mois). Ils proviennent en majorité de provinces «arriérées », de souche paysanne, pauvres et analphabètes. Le capitalisme à la sauce indienne peut se montrer conquérant dans la vieille Europe! Il y a quelques années, aux Chroniques syndicales de Radio libertaire, nous avions reçu des camarades de Citroën Aulnay qui nous racontaient comment. ils avaient été recrutés au Maroc dans le Haut-Atlas. Ils avaient des muscles et ne savaient pas bien lire et écrire. Quelque années plus tard en France, ils étaient syndiqués et en grève. La même chose peut arriver en Inde! Quant à notre douce France et à la bataille du contrat première embauche, ça suit son bonhomme de chemin. On aimerait être sûrs que ça aille plus loin. Le Monde libertaire, hebdomadaire de la Fédération anarchiste, adhérente à l'Internationale des Fédérations Anarchistes Chaque jeudi en kiosque, 24 pages en couleurs pour deux euros _________________ concéder, c'est se rendre .
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|  | | buenaventura Langue pendue

Nombre de messages: 2488 Date d'inscription: 17/02/2005
 | Sujet: .. Jeu 16 Fév - 14:44 | |
| Le sommaire : Histoire de verrous, par Fabrice, page 3 Ils veulent nous tuer, par Laurent, page 4 L’autruche contre les faux culs, par F. Ladrisse, page 5 Brèves de combat, page 6 Nouvelles des fronts, par Hugues, page 7 Du bon usage de la caricature, par Le Furet, page 8 Palestine à la Hamas, par É. Vilain, page 9 Les armées à l’âge du fer, par Dr Martius, page 12 L’extrême droite et les petits maires ruraux, par P. Schindler, page 14 Chili, une victoire féministe ?, par Jocelyne, page 15 Bolivie : Evo et les filles d’Ève, par M. Galindo, page 17 1906. Le congrès de la « charte » d’Amiens, par M. Chueca, page 18 Programme du colloque sur la charte d’Amiens, page 19 Ici l’ombre, rock hardi et chroniques alternatives, page 20 Hommage à Alain Pessin, par Claire Auzias, page 21 Manif sans-papiers du 25. Radio libertaire, page 22 Agenda, page 23 L’éditorial : On nous manipule, ça pue ! Afin de casser le Code du travail, pour fournir au patronat une main-d’oeuvre flexible et corvéable à merci, le gouvernement nous présente comme une avancée sociale sa loi sur « l’égalité des chances », qui ramène à 14 ans l’âge d’entrée en apprentissage et prolonge la période d’essai des contrats de travail à deux ans. Faisant suite à plusieurs décennies de politique contre le chômage consistant à faire cadeau aux patrons des charges sociales ou des taxes professionnelles, et parallèlement à jongler avec les chiffres et multiplier les radiations pour trafiquer les statistiques, cette loi s’inscrit dans la lutte du patronat contre les droits des travailleurs. Sous les sacro-saints prétextes de la compétitivité et de l’économie de marché, on cherche à nous faire croire que les maigres droits qu’ont acquis ceux-ci en plus de cent ans de luttes sont maintenant obsolètes. De fait, c’est le rapport de force qui a changé. Les grandes centrales syndicales, survivant plus de par les subventions gouvernementales et patronales que par les cotisations de leurs adhérents, ne sont plus le relais des revendications des travailleurs, mais les accompagnants des politiques gouvernementales servant à faire passer la pilule. Preuve en est la manifestation du mardi 7 février dernier, où l’appel à manifester n’était pas accompagné, au niveau confédéral, d’un préavis de grève; cela ressemble à un sabotage visant à limiter l’ampleur des manifestations. Le résultat est là, après le médianoche de quelques dizaines de parlementaires attardés pour adopter l’amendement sur le CPE, Galouzeau de Villepin usa du stratagème de l’article 49-3 de la constitution pour imposer cette loi au mépris de la démocratie. Dans le monde Cependant, l’affaire dite « des caricatures de Mahomet » est un bon exemple de manipulation médiatique de l’opinion, d’un bord comme de l’autre. D’un côté le clan de ceux voulant nous faire croire au choc des civilisations, qui sous prétexte de liberté d’expression, publient des caricatures servant à stigmatiser l’intégrisme de certains musulmans. De l’autre côté des leaders musulmans qui sautent sur l’occasion pour affirmer leur emprise sur leurs coreligionnaires en dénonçant là-dedans la décadence de l’Occident. Les lobbies militaro-industriels, soutenus par le méthodiste évangélique président des États-Unis, se frottent les mains et jettent de l’huile sur le feu en dénonçant la Syrie et l’Iran comme les maîtres d’oeuvre des manifestations contre les ambassades, engrangeant ainsi de nouvelles raisons pour déclarer la guerre a ces tenants de ressources pétrolières indispensables à leur développement. Et en prime un article de Laurent, du groupe libertaire d’Ivry (FA) « ILS VEULENT NOUS TUER ! » Ces mots étaient peints sur une banderole lors d’une mutinerie de prisonniers en 1985. Ils étaient jetés à la face de la société, balancés à l’extérieur par ceux de l’intérieur. « Ils veulent nous tuer. » C’est ce que nous sommes nombreux à ressentir aujourd’hui, du bon côté, celui où l’on est « libre et citoyen ». Parce que tout simplement on ne peut que survivre avec des boulots précarisés, la peur au ventre de ne pas y arriver, de ne pas payer le loyer, ni offrir des vacances à ses gosses, ni rembourser les crédits, avec l’angoisse du grand plongeon dans la misère, l’exclusion, la rue. Nous vivons une terrifiante et paralysante insécurité sociale qu’un de mes voisins résumait plus crûment: « Ces ordures nous tiennent par les couilles! » Une autre insécurité, celle-ci mise en scène dans un grand show sécuritaire médiatique et quotidien, a offert aux politiciens la possibilité de « briser un tabou sur la sécurité » (PS), puis de prôner la « tolérance zéro » (Sarkozy). La machine à punir marche à plein rendement et ne peut que se développer et s’emballer, tout à l’image du capitalisme. Une proportion importante de sondés (70 % selon certains sondages) rejette la politique sociale du gouvernement. La même proportion soutient sa politique sécuritaire! C’est avec le sécuritaire qu’il gagne, du moins pour l’instant. Mais que gagne-t-il? Il gagne à faire grimper le « trouillomètre » le plus haut possible. Le gouvernement ne sera pas victorieux sur la bataille de l’emploi et il le sait. Des travailleurs qui sont terrifiés, désarmés, seront incapables de voir que le remède sécuritaire implique une logique aux conséquences infiniment plus graves que le mal censé être combattu. « La peur c’est le chantage du pouvoir », chante Bernard Lavilliers. Lorsque la raison, la solidarité et la combativité s’effondrent ; lorsque les individus ont peur, se sentent faibles, alors l’homme providentiel, fort, courageux est là, en embuscade. Sarkozy aujourd’hui ou un autre demain, il est toujours là, ministre à poigne, Bon Berger ou Duce, mais ça peut-être aussi une Dame... de fer. Cette hystérie sécuritaire avec sa théorie de la tolérance zéro est l’autre volet d’une guerre menée contre les acquis sociaux, des acquis qui partent en lambeaux, des acquis qui portent mal leur nom. Car rien n’est jamais acquis dans une société de classes. On peut dresser le bilan des défaites, lister toutes les mesures antisociales adoptées. Mais prenons garde de ne pas sombrer dans le défaitisme ou de regarder tout ça comme un mauvais film. Ce serait faire injure à une autre réalité: s’il y a des défaites c’est aussi parce qu’il y a des combats. Et il y en a des combats, des luttes, des résistances, qui ne sont qu’une infime partie de cette colère encore contenue qui finira bien par se libérer un jour. Ces prochains jours la jeunesse va certainement se mobiliser contre le CPE. La jeunesse est punie par ce CPE. Une punition, aussi, ce retour à l’apprentissage à 14 ans adopté en réponse aux émeutes de banlieues. Une autre punition pour les jeunes prolos que le travail de nuit à15 ans légalisé. Ça c’est la punition UMP. 2007, l’alternance? Ça vous tente, la punition sauce Royal : « Il faut rétablir l’autorité parentale et rétablir une sorte de service national au moins 6 mois. Sa suppression a été une grave erreur. C’était le seul endroit où les jeunes qui n’avaient pas été cadrés avait une chance de l’être. » Je vous l’ai dit, ils veulent nous tuer! Laurent groupe libertaire d’Ivry Le Monde libertaire, hebdomadaire de la Fédération anarchiste, adhérente à l'Internationale des Fédérations Anarchistes Chaque jeudi en kiosque, 24 pages en couleurs pour deux euros _________________ concéder, c'est se rendre .
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|  | | buenaventura Langue pendue

Nombre de messages: 2488 Date d'inscription: 17/02/2005
 | Sujet: .. Dim 19 Mar - 15:51 | |
| L'éditorial : Il y a peu, dans ces pages, nous regrettions la mollesse des étudiants parisiens, l'opposant à la franche - détermination de leurs homologues de province. Depuis, la Sorbonne s'est transformée en lieu symbole du mouvement anti-CPE. D'occupations en barricades, de journées d'actions en coups d'éclat, les sorbonnards ont su ridiculiser la police, passant par la fenêtre quand elle gardait la porte, obligeant Sarkozy à rentrer précipitamment des Antilles. À Poitiers, Rennes, Caen, Nantes, Tours, Toulouse, Lille, Marseille... les mêmes scénarios se sont répétés, les AG font salle pleine et partout la jeunesse demeure mobilisée, partout elle crie son refus de la précarité. Elle le crie si fort et si bien qu'elle est en train de réussir là où, en 2003, ses aînés ont échoué : grâce à elle, le pouvoir commence à perdre son sang-froid. Quand on envoie des CRS plutôt que des négociateurs, quand on tente de coller aux étudiants qui occupent pacifiquement les facs l'étiquette d'activistes violents, c'est qu'on commence à prendre peur. Si les dirigeants ont la trouille, c'est aussi parce qu'ils constatent un rapprochement de fait entre des mouvements jusque-là plutôt isolés. Intermittents du spectacle, sans-papiers et chômeurs se joignent aux cortèges étudiants, participent aux occupations et blocages dans les facs, et font évoluer les mots d'ordre, lesquels ne se cantonnent plus à la seule volonté de voir abroger le CPE. Pourtant, si progressivement les luttes tendent à se fédérer, manque un absent de taille : la banlieue. Pour peu qu'elle « se réveille », comme disent les médias officiels qui la pensent, à tort, endormie, les conditions seraient réunies pour un véritable mouvement de l'ensemble de la jeunesse, alliée bien sûr aux travailleurs: Dans cette perspective, les classes dirigeantes auraient cette fois réellement de quoi se faire du mouron. Les anarchistes souhaitent vivement non seulement la réussite du mouvement anti-CPE qu'ils soutiennent activement, où qu'ils se trouvent, depuis le début, mais aussi son élargissement. Le CPE n'est, en somme, qu'une mesure parmi d'autres dans la guerre menée contre le peuple par les tenants du capitalisme. Pour l'heure, les propositions faites dimanche par un de Villepin aux abois sont bien sûr irrecevables. Nous irons jusqu'au bout, le printemps sera brûlant. Et le printemps, c'est lundi. Le sommaire : Mobilisation à Rennes, par Pierre et Philippe, page 4 L'autruche en veut plus!, par F. Ladrisse, page 5 La Sorbonne en avance sur le printemps, par D. Pinos, page 6 Une nuit à la Sorbonne, par M. I. Lagrocekich, page 6 Députés et CPE, par Thierry, page 7 Brèves de combat, page 8 CPE d'abord, le reste ensuite, par J.-P. Germain, page 9 Anarchistes contre la guerre, par la FA italienne, page 10 On pisse sur le service, par J.J. de Félice, page 11 De la dinde à Pâques ?, par Le Furet, page 12 Amours et Vatican, par Hertje, page 12 Chroniques de l'obscurantisme, par P. Schindler, page 14 Caracas, Forum social alternatif, par l'Équipe média, page 15 Raison d'État et colonialisme au cinéma, par R. Hamm, page 17 La chevauchée anonyme de Louis Mercier Vega, par F. Roux, page 19 le colloque sur le Congrès d'Amiens, par M. Chueca, page 21 Radio libertaire, demandez le programme, page 22 Agenda, page 23 et un article ... Jours de grève à la Sorbonne nouvelle LES ÉTUDIANTS et le personnel de l'université Sorbonne nouvelle - Paris III sont , en grève depuis maintenant deux semaines pour les étudiants, treize jours pour le personnel enseignants et IATOSS. Ils ont fait le choix de l'action contre le CPE et le CNE et contre la destruction des droits des salariés. Cette grève est accompagnée d'un blocage de l'université. En tête durant la manifestation du 7 mars, Censier constituait le plus gros cortège sur Paris avec 2 000 étudiants, enseignants et IATOSS. Ce qui nous a valu de faire la une du journal britannique Times et le titre de fac « leader » du mouvement à Paris. Les assemblées générales des étudiants regroupent chaque jour de 500 à 1000 étudiants dans un amphi plein à craquer. Depuis deux semaines elles reconduisent chaque jour le blocus. Jusqu'à aujourd'hui les étudiants ont eu une organisation extrêmement efficace. Sept commissions fonctionnent en permanence, pour aménager le temps restant entre deux AG et entre deux commissions, des buffets offrant cafés, thés ou toasts, des concerts, des animations et du cinéma militant sont proposés aux grévistes. La « grève en fête » de Censier fait flotter dans l'air un parfum de mai 68. C'est toute une génération qui s'ouvre à la politique. Cette grève est exemplaire de par la grande capacité d'organisation et d'action dont font preuve les étudiants et la qualité du débat qui s'est instauré dans les AG et dans les commissions. L'UNEF se voit aujourd'hui débordée par les étudiants non syndiqués qui se sont lancés dans le mouvement. L'expulsion par les CRS des étudiants occupant la Sorbonne n'aura provoqué que la radicalisation du mouvement. Les violences répressives, les tabassages au quartier latin, les véritables courses-poursuites dignes des ratonnades de sinistre mémoire des années soixante, les nombreuses arrestations marqueront à jamais une nouvelle génération militante. Ce ne sont ni leurs troupes, ni leur arsenal de répression, ni leurs coups de tonfa, de matraque, de tazer, de flash-ball, ou de gaz lacrymogènes qui nous impressionneront et nous feront reculer, bien au contraire. Au niveau du personnel, la grève est reconduite par une AG quotidienne, des commissions « information-communication », « action (piquets de grève) » , « défense du personnel gréviste contre toute sanction » ont été créées. Dans notre université, nous avons à subir tous les jours les conséquences de la politique gouvernementale qui, sous couvert de lutter contre le chômage, entérine l'oeuvre de destruction des droits et des acquis sociaux des salariés et des jeunes. Nous avons à subir tous les jours les conséquences de cette politique, relayée fébrilement par nos conseils universitaires et notre président: CAE (Contrat d'accompagnement à l'emploi), CA (Contrat d'avenir), CDD renouvelables, Pactes seniors et juniors, sont autant de mesures sans perspectives de déboucher sur une titularisation. À cela s'ajoutent: le travail à temps incomplet imposé aux salariés les plus précaires, le souseffectif, la pression croissante sur les agents, la progression .de carrière de plus en plus difficile, la baisse des conditions de travail et de la qualité du service public. De nombreux travailleurs précaires, jeunes pour la plupart, se sont joints au mouvement. Pour la CNT la particularité à Paris III est que nous n'avions pas au début du mouvement d'adhérents chez les étudiants et les enseignants. Par contre chez les IATOSS la section était bien présente. Nous sommes à l'origine de la première AG organisée le 28 février et du démarrage de la grève chez le personnel, malgré des syndicats « maison » plus préoccupés par les prochaines élections aux conseils de l'université que de lutter contre le CPE et la précarité. Aujourd'hui les militants de la CNT interviennent dans les trois commissions représentant le personnel. Un large courant de sympathie entoure nos interventions chez les étudiants et chez les enseignants. Des demandes d'adhésion récentes devraient nous permettre d'asseoir notre implantation sur les différents sites de Paris III: Censier, la Sorbonne, la Bibliothèque Sainte-Geneviève et la Bibliothèque des langues orientales, où nos militants sont très actifs. Cela fait maintenant plus de trois semaines que les étudiants mobilisés appellent l'ensemble des salariés à les rejoindre. La mobilisation étudiante, loin de faiblir, se renforce. Le travail jetable dès le plus jeune âge jusqu'à la tombe, c'est ce que le capitalisme nous promet. Le patronat n'en aura jamais fini avec la misère, l'injustice et l'exploitation. Opposons-lui la grève générale! Daniel Pinos Section CNT-FAU de la Sorbonne nouvelle - Paris III Le Monde libertaire, hebdomadaire de la Fédération anarchiste, adhérente à l'Internationale des Fédérations Anarchistes Chaque jeudi en kiosque, 24 pages en couleurs pour deux euros _________________ concéder, c'est se rendre .
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Nombre de messages: 2488 Date d'inscription: 17/02/2005
 | Sujet: .. Sam 25 Mar - 16:00 | |
| Le sommaire : Plus loin, ensemble, par Laurent, page 3 CPE et front syndical, par J.-P. Germain, page 4 L’autruche en a marre des coquilles !, par F. Ladrisse, page 5 Brèves de combat, page 6 Les anti--CPE à travers un florilège de photos, par D. Maunoury, page 7 Saint-Ouen et les jardins ouvriers, par Fred, page 9 Les femmes roms de l’Est et la stérilisation forcée, page 10 Chronique de l’obscurantisme, posteriora dei, par R. Schérer, page 11 Vendues, violées, battues, tuées, par F. Roux, page 12 Le baby business, par N. Potkine, page 14 Hôpital et solidarité, qui se moque de qui ?, par J. Langlois, page 15 Ngô Van, Au pays d’Héloïse, par É. Anclin, page 17 Antoine Gimenez, en Catalogne, par Les Giménologues, page 19 Chroniques de l’obscurantisme, Marcel Duchamp !, page 20 Jean-Ferdinand Stas (1921-2006), par F. Gomez, page 21 Communiqué de Radio libertaire, RL programmes, page 22 L’agenda, page 23 L’éditorial : Le monde bouge, mais bouge-t-il bien ? La réponse, pour nous anarchistes, est négative. De toutes les luttes ouvrières des siècles derniers, de tous les acquis obtenus par la classe ouvrière, il ne reste que peau de chagrin. Des révoltes passées, les échos des médias ne retiennent qu’aménagement du travail, de la vie quotidienne et épanouissement de l’individu. Mais pour toutes et tous, il y a plusieurs vitesses. C’est ce que l’on nommait auparavant les happy few, ceux qui étaient quelques-uns à partager le meilleur. Maintenant, le concept s’est démocratisé, toutes proportions gardées, on cause de bobos. Le mouvement ouvrier, la vision d’un autre monde, où l’exploitation de l’homme par l’homme ne serait plus, passe aux oubliettes, place au profit individuel. Dans les médias échauffés par l’idée d’un nouveau Mai 68, les salles de rédaction cherchent le sensationnel. Ils trouvent que sur la montagne Sainte-Geneviève, les voitures ne brûlent pas beaucoup et que le « jardinage » du boulevard Saint-Michel prend du retard. Pour les jeunes générations il convient de rappeler que ce terme était employé, avec dédain, par certains trotskistes en 1968, pour qualifier le dépavage des rues pour constituer des barricades ! Certes nous n’en sommes pas encore là. On pourrait même réaffirmer que rien ne se déroule comme prévu. Qu’un mouvement social, qu’une révolution ne se décrètent pas, dans des états-majors politiques, que le monde est en perpétuel renouveau. Qui aurait, début 1968, « prédit » les événements de mai ? Qui aurait annoncé la révolution espagnole, la Commune de Paris... Le mouvement anti-CPE a-t-il été élaboré pour redorer les habits fripés de la gauche française ? A-t-il été concocté par la gauche de la gauche ? Ni l’un ni l’autre, ni par les anarchistes. Il est venu de circonstances objectives, d’une attaque frontale contre les conditions de travail de ceux et celles qui ne vivent que par leur chèque de fin de mois. Les événements ne se décrètent pas, ils sont les fruits des luttes quotidiennes, du travail militant au jour le jour. Arrive une étincelle qui enflamme un mouvement, mais tout ceci ne se décrète pas dans les partis politiques ou à l’Assemblée nationale. Et un article en prime ! PLUS LOIN, ENSEMBLE LE CPE, nous expliquait Villepin, vise « ceux qui ont le plus de difficultés » (comprendre: les cancres, les moins-que-rien, les jeunes de banlieue, la jeunesse ouvrière et précaire) et « n’a pas vocation à se substituer aux autres contrats » (comprendre: la jeunesse favorisée n’a rien à craindre).Villepin se veut rassurant vis-à-vis de la jeunesse diplômée, celle qui bougerait par « malentendu ». Une tentative de division, ou plus exactement l’expression d’une crainte de voir entrer dans la danse contestataire les lycéens et toute cette jeunesse « en difficulté » qui, si elle n’a pas un avenir à défendre, peut se révéler déterminée et offensive. La jonction entre étudiants et lycéens est un danger pour le pouvoir, et la « gestion de cette crise » peut s’avérer alors compliquée pour lui. Une division tombe et la rue devient plus forte. Lors des émeutes en banlieues, une division fut maintenue, dès lors l’émeute était amenée à se consumer puis à s’éteindre. Il en sera de même du mouvement étudiant s’il reste isolé. Avec le renfort lycéen le mouvement prend une autre ampleur, tout en restant un mouvement de jeunesse dont l’arme de la grève, de l’occupation et de l’agitation n’a que peu de capacité de nuisance sur l’essentiel: l’économie. L’autre jonction – avec les travailleurs – ouvre une nouvelle dimension qui inquiète le gouvernement autant que les politiciens de gauche et les bureaucraties syndicales. Ils jouent avec le feu social, mais en pariant que bien encadré, contrôlé et manoeuvré ce mouvement est un possible tremplin électoral pour 2007. Les anarchistes, là où ils le peuvent, oeuvrent à cette jonction étudiants-lycéens-travailleurs, qui, si elle se faisait massivement, poserait de fait la question de l’indispensable affrontement avec l’État, la bourgeoisie et le patronat. Il serait toujours question du CPE, mais aussi du CNE, de la sécu, des retraites, du droit au logement, des lois anti-immigrés. Si l’on s’en tient à la contestation du seul CPE, nous restons limités par une absence de perspectives alors que pourtant nous sommes forts. Ce n’est pas le tout d’être fort, encore faut-il savoir ce que l’on fait de cette force. Et il faut bien à un moment sortir du cadre, déborder les syndicats, déborder la revendication unique. Ou alors on se condamne à « s’éclater » quelques jours en attendant que politicards et bureaucrates sifflent la fin de la récréation! « Avec le CPE, je ne veux pas après cinq ans d’études finir caissière. Je ne suis pas un déchet. » C’est ainsi que s’exprimait une étudiante lors d’un journal télévisé. Un mépris de classe, tellement naturel... Et un constat, si la jonction entre étudiants et notamment les lycéens et la jeunesse des banlieues est nécessaire, il est évident que nous avons là deux mondes différents. Quels points communs entre ces jeunes étudiants inquiets pour leur avenir et ces jeunes de banlieues qui sont persuadés qu’ils ne sont rien, que leur avenir c’est des boulots de merde... à vie ! Quel ralliement possible entre ceux qui sont intégrés culturellement, socialement, économiquement et les autres qui sont dépossédés de tout? Dans la réalité du quotidien, rien n’autorise que ces mondes se rencontrent, se comprennent vraiment. C’est une réalité de la société de classes. Dans le moment de la lutte un espace rare de rencontre et de confrontation existe. À chacun de questionner, de se questionner sur sa place et son rôle dans cette société. Aux anarchistes de proposer et de mettre en débat d’autres futurs, d’autres possibles. À nous de proposer une société sans bourgeoisie ni prolétariat, une société égalitaire. Et l’on ne manquera pas de nous dire que là nous allons trop loin. C’est justement là où nous voulons aller. Laurent Groupe libertaire d’Ivry Contact: faivry(a)no-log.org Le Monde libertaire, hebdomadaire de la Fédération anarchiste, adhérente à l'Internationale des Fédérations Anarchistes Chaque jeudi en kiosque, 24 pages en couleurs pour deux euros _________________ concéder, c'est se rendre .
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|  | | buenaventura Langue pendue

Nombre de messages: 2488 Date d'inscription: 17/02/2005
 | Sujet: .. Sam 22 Avr - 15:20 | |
| Le sommaire : le vrai visage de la CFDT, par Delgranaos, page 3 La décroissance, ça marche !, page 5 L’autruche leur sonne les cloches, par F. Ladrisse, page 5 Brèves de combat, page 6 Considérations d’après CPE, par Laurent, page 7 Appel de Raspail, par A. Sulfide, page 8 L’Europe pour la peine de mort, page 9 De la vie politique italienne, par Emma, page 10 Incontrôlables origines, par M. Rajsfus, page 11 La lutte des déclassés, par J.-P. Garnier, page 12 Chewing-gum et émeutes..., par N. Potkine, page 15 Éric Hazan et la propagande du quotidien, par Caroline, page 17 Une intouchable et son histoire, par Alex, page 19 16° festival du documentaire, par L. Kahane, page 20 Libertaire production vous informe, page 22 Radio libertaire, page 22 L’agenda, page 23 Éditorial : Le CPE est mort, mais le CNE bouge encore, ainsi que d’autres régressions contenues dans la si mal nommée loi pour l’égalité des chances. La lutte, donc, se poursuit, sous d’autres formes. Car on ne saurait se satisfaire d’une aussi maigre reculade, et il ne faut pas oublier celles et ceux qui ont subi les foudres de la répression. Plus de 2 000 interpellations ont eu lieu durant le mouvement, 547 gardes à vue. Pour l’heure, 68 peines de prison ferme ont été prononcées, et ce n’est qu’un début. Ainsi est-il urgent d’exiger l’amnistie de tous, sans distinction aucune entre les condamnés, et de se mobiliser lors des procès à venir. Simple question de cohérence, dont le mouvement ne saurait se priver. À ce sujet on aimerait entendre davantage les grandes centrales syndicales, qui pour l’heure semblent se soucier comme d’une guigne des militants embastillés, concentrées qu’elles sont sur le souci de tirer la couverture à eux et de faire leur décompte des nouveaux adhérents, qui se compteraient « par milliers ». À ceux-là on ne saurait trop conseiller, comme certains anarchistes des années vingt s’adressant aux futurs adhérents du tout jeune Parti communiste, de garder leur argent pour acheter des fusils (symboliques, s’entend). On regrettera cependant que la chasse ne soit pas ouverte aux fausses vérités ainsi qu’aux appropriations auxquelles se livrent, sans honte aucune, les directions syndicales. Ainsi Chérèque se félicitant d’avoir su éviter l’appel à la grève générale, mérite sa volée de plomb (symbolique, s’entend...). Quittons un peu le cloaque réformard hexagonal, pour aller respirer l’air international. Aussi curieux que ça puisse paraître, tandis que nous nous faisions gazer, le monde continuait de tourner. Mal, comme à l’accoutumée. Tandis que les États-Unis menacent, de manière de plus en plus pressante, l’Iran d’une guerre à outrance (dans le cas de celleci le prétexte est tout trouvé, la menace nucléaire, réelle, se substituant avec avantage à celles des toujours introuvables armes de destruction massive), la Palestine crève sous nos yeux, soumise à la pression conjointe des États-Unis et de l’Europe. La suspension de l’aide financière, qui jusqu’à présent permettait de maintenir sous perfusion l’Autorité palestienne, est en train de créer dans la bande de Gaza les conditions d’un soulèvement qui, de l’avis même des ONG, serait sans précédent. Si affamer le peuple pour déstabiliser les dirigeants en place est une stratégie datant de l’Antiquité, on sait que ses résultats sont, la plupart du temps, parfaitement aléatoires. Mais pour les fous qui nous dirigent, peu importe. Ici comme là-bas, ils ne sont plus à une improvisation près. Et en prime un article : Le CPE est mort... Ouf! La Frrraance continue LE CPE EST MORT, les volailles sont déconfinées, Sarkozy et Royal sont toujours en tête dans les sondages... Ouf! La France continue. Ils avaient la mine réjouie des bons jours, nos journalistes, ce lundi 10 avril, pour annoncer enfin que c’en était fini de la « crise ». Je les écoutais tous ces professionnels de la parlote. Et je te cause de « la » jeunesse et de ces « deux mois qui ont changé la France ». Et je t’invite tous les habitués des plateaux télé. À gauche, on crie à la victoire historique, les économistes de service saluent l’éviction du CPE, soulignent une « mauvaise communication » mais persistent et signent: la flexibilité est nécessaire (« Ordures! »). Débats passionnés, invectives, on se croirait en pleine campagne électorale alors que le sujet est un mouvement social... À moins que pour eux ce ne soit le contraire! Je les écoutais ces politiciens, responsables syndicaux, économistes, philosophes, patrons qui se chamaillaient. Et plus ils se chamaillaient, plus je me rendais compte qu’au-dessus de leurs egos, de leurs convictions, de leurs petites haines, ils s’appréciaient et se comprenaient. Ils partageaient le même désir du pouvoir, la même certitude d’être dans le camp des leaders, des décideurs, des meneurs. La même aisance, la même maîtrise de soi, la même pédagogie (démagogie) pour s’adresser à ceux qui n’ont jamais la parole. Car, faut-il le rappeler, il n’y a jamais d’ouvriers dans les débats télévisés, ni dans aucun média. Le CPE et le CNE, comme l’ensemble de la loi sur l’égalité des chances, touchent en premier lieu les prolos et leurs enfants qui peuplent les lycées professionnels et sont les futurs clients des ANPE avant de rejoindre cette « classe fantôme » de 15 millions de salariés d’exécution: les ouvriers et les employés. Mais eux, les prolos, sont privés de parole. On donne volontiers la parole à un syndicaliste étudiant mais pas à un lycéen du technique, futur ouvrier. La parole aussi aux dirigeants syndicaux mais pas aux syndicalistes de la base, ceux qui ont la rage. À ce moment-là, je les ressentais précisément comme ils aiment d’ailleurs à se définir: des partenaires sociaux. Et ils sont bien là pour nous faire adhérer au discours « responsable », ce discours qui nie la réalité de la société de classe. Il veulent nous faire gober ce baratin citoyenniste et économiste : nous sommes une grande équipe (la France) et pour relever le défi de la mondialisation il faut flexibiliser. Selon que l’on soit patron, syndicaliste de gestion, de gauche ou de droite, on flexibilise de toute façon: un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, avec ou sans contreparties. Mais attention il faudra dorénavant mieux communiquer à ce pays arc-bouté sur « ses mythes » et « ses réflexes conservateurs ». Il faut dire qu’il y avait 3 millions de malentendants dans la rue ! Novembre-décembre 1995, le mouvement des chômeurs, la lutte des sans-papiers; l’été 2000 et ses entreprises occupées avec menaces de tout faire sauter ; 2003, les émeutes de banlieue et, depuis deux mois, ce mouvement... La question sociale est bel et bien là! Et avec elle un gros mot chargé de passéisme, d’archaïsme... la lutte des classes. Laurent groupe libertaire d’Ivry Contact: faivry(a)no-log.org Le Monde libertaire, hebdomadaire de la Fédération anarchiste, adhérente à l'Internationale des Fédérations Anarchistes Chaque jeudi en kiosque, 24 pages en couleurs pour deux euros _________________ concéder, c'est se rendre .
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|  | | buenaventura Langue pendue

Nombre de messages: 2488 Date d'inscription: 17/02/2005
 | Sujet: ... Dim 7 Mai - 11:11 | |
| Le sommaire : Sarközy n’aime pas la France mélangée Nous si ! par P. Schindler, page 3 Le procès Moussaoui et la peine de mort en France, par Fred, page 5 L’ autruche n’attendait rien du retour des cloches, par F. Ladrisse, page 5 Brèves de combat, page 6 Maison des associations de Naplouse, entretien avec Y. Haji, page 7 La CGT, no future ?, par J.-P. Germain, page 9 À boulets rouges contre le Benoît, par P. Schindler, page 10 On va quand jusqu’où, par des surréalistes, page 11 Citoyenneté et tromperie sur la marchandise, par T. Périssé, page 12 De la mort en prison d’Éric, par A. Dervin, page 14 Au sujet de la grippe aviaire , par L’Alain, page 15 Gendarmerie et expulsion-collaboration, par H. Lenoir, page 16 25e Istanbul Film Festival, par H. Hurst, page 17 Émile Pouget, alias Père Peinard, par Paco, page 19 De l’oeuvre de Jean Meckert-Amila, par F. Equy, page 20 Drapeau noir, journal libertaire de Besançon, page 20 Grenoble, rencontres libertaires, Paris, Le projet Laramie, page 21 Radio libertaire, page 22 L’agenda, page 23 Et l'éditorial : Après l’ampleur du mouvement social contre l’article 8 de la loi sur l’égalité des chances, les partis politiques et grandes confédérations syndicales, ainsi que leurs diverses tendances dissidentes, tentent de tirer leur épingle du jeu, pour mieux nous dire ce que nous aurions à faire. Le Parti socialiste se divise entre pro-Royal, pro-Jospin, pro-Lang... Les Verts se lancent dans l’art de la coloration arc-en-ciel entre Verts-roses, Verts-rouges, Verts-verts, Verts bouteille, ainsi que les Verts pro-José Bové. La droite, quant à elle, opte bien entendu pour le bleu marine made in ministère de l’Intérieur (voir même le vert kaki) avec les sarko-xénophobes, mais également pour les de Villiers-xénophobes, les Le Penxénophobe, sans oublier « Villepiniste pour la langue de bois pour ne pas tomber encore plus bas dans les sondages ». Toutes ces fractions préfèrent bien sûr mettre de côté l’échec que les mobilisations contre le CPE leur ont fait subir. Ajoutons à cela la stratégie du leader de la CGT de création d’un syndicat international (se rendraient-ils compte enfin que le capitalisme est mondial?) et de séduction des anti-CPE en s’attaquant à son grand frère le CNE. Encore une fois, nous pouvons conclure qu’aucun parti, qu’aucune bureaucratie, ne peut représenter la multitude que nous sommes, ni combattre pour l’émancipation de toutes et tous à travers le partenariat social, qui ne remet jamais en cause les inégalités. S’il reste encore des gens qui votent malgré leur lassitude, l’abstentionnisme a progressé lors du premier tour des élections de 2002 et lors des élections suivantes. Ce n’est pas pour autant que l’intérêt pour le politique, pour la gestion de la cité, a disparu, voire diminué, comme voudraient le faire croire certains médias. Il suffit de constater le développement des associations de quartier, ou l’ampleur des manifestations et blocages en série contre le contrat première embauche pour comprendre que désormais le terrain prime sur le vote. C’est plus que jamais à nous de préconiser l’autogestion, l’autofinancement, l’autonomie face aux partis politiques, et d’affirmer nos spécificités en matière de lutte, d’entraide, et d’éthique libertaire. C’est seulement à ce prix que nous pourrons faire entendre notre voix. Le Monde libertaire, hebdomadaire de la Fédération anarchiste, adhérente à l'Internationale des Fédérations Anarchistes Chaque jeudi en kiosque, 24 pages en couleurs pour deux euros _________________ concéder, c'est se rendre .
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|  | | buenaventura Langue pendue

Nombre de messages: 2488 Date d'inscription: 17/02/2005
 | Sujet: ... Sam 13 Mai - 14:17 | |
| Le sommaire : L’étranger, voilà l’ennemi !, par Maurice Rajsfus, page 3 De la représentativité syndicale en France, par J.-P. Germain, page 5 L’ autruche aspire à être mélangée, par F. Ladrisse, page 5 Brèves de combat, page 6 Maghreb, sida et tabous, par P. Schindler, page 7 La grève de la médecine publique, par J. Montjot, page 8 Au-delà du CPE, vers une autre vie, par Pierre, Cyril et Manu, page 9 L’assemblée de Montreuil, «Vive la révolte!», page 10 La dictature du précariat, par J.-P. Garnier, page 11 États-Unis et immigration contrôlée, par E. Gutierrez, page 12 Pédophilie, retour sur Outreau, par R. Schérer, page 13 Déboulonneurs, faut ramener du monde!, page 15 Le sanglot de Satan d’A. Pecunia, par Caroline, page 17 Bouygues, maître du monde?, par N. Potkine, page 18 Anartiste, no 8, des nouvelles libertaires, par A. Robèr, page 19 Ici l’ombre, Washington dead cats, page 20 Toulon, solidarité avec Yann, page 21 Radio libertaire, page 22 L’agenda, page 23 L'Éditorial : ALORS que tintinnabule le concert de casseroles annonçant le départ de la croisière électoraliste à laquelle nous convient les chantres de la démocratie parlementaire, l’État, se croyant dissimulé par un tintamarre, renforce son contrôle sur tous et toutes en instiguant de nouvelles lois sur l’immigration. Quelles que soient leurs tendances, tous les élus de la République, d’un bord à l’autre de l’Hémicycle, sont d’accord pour nous ceindre en une nation dont ils définissent eux-mêmes les délimitations. Sans unité territoriale, culturelle, ni même linguistique, cette entité n’a pour point commun que l’État français. S’il faut parler français pour être français, alors pas mal d’Alsaciens, Normands, Bretons et autres Basques, Catalans, Occitans peuvent commencer à faire leurs valises pour quitter le pays de leurs pères et de leurs mères. L’appel au patriotisme, surtout quand il passe par l’appel au resserrement national face à l’invasion de l’immigration, est encore efficace sur les générations d’hommes dont le passage à l’âge adulte était consacré par la conscription, passage à travers les rouages mortels de la Grande Muette, l’armée, qui charcuta leur conscience au point de leur faire prendre l’État pour leur véritable père. Dans la société patriarcale, sur laquelle sont basés le culte de l’État et les religions monothéistes, le besoin d’un père, dont on ne peut s’émanciper, entraîne une dépendance nuisant à l’épanouissement des individus. Heureusement, les esprits ont quelque peu évolué. Les jeunes générations ont été moins violemment orientées, bien que l’éducation civique tende toujours à les embrigader; les femmes s’émancipent, même si certaines, pour réussir, s’insèrent encore trop souvent dans le système patriarcal, dont elles copient les comportements. Le capitalisme lui-même a intégré cette évolution, s’adaptant, telle une vipère, aux conformités du terrain sur lequel il évolue. Les méthodes modernes de management ont abandonné, tout du moins ici en Occident, depuis longtemps, l’organisation patriarcale basée sur l’ordre militaire. Fondé sur l’individualisation et la mise en concurrence, canalisant la combativité pour la détourner de la lutte des classes vers la foire d’empoigne, l’ordre nouveau de la démocratie libérale nous relègue, nous les producteurs de richesses, au niveau d’une fourniture, d’une marchandise. Français, Sénégalais, Iraniens, Colombiens ou Tamouls, nous sommes tous égaux. Nous ne devons pas accepter que les politiciens et autres dirigeants économiques nous divisent au nom de leurs profits. Et en prime un article de Maurice Rajsfus : L’étranger, voilà l’ennemi ! À propos de la circulaire du 21 février 2006 EN 1945, la France libérée récemment du joug nazi n’avait pas d’autre priorité que de prendre des dispositions restrictives par une loi relative à l’entrée et au séjour des étrangers en France. Ce texte, d’inspiration policière, fragilisait au passage de nombreux combattants étrangers de la MOI (Main-d’œuvre immigrée), lesquels n’avaient pas demandé l’autorisation de lutter aux côtés des premiers résistants de ce pays, dans la guérilla urbaine comme dans les maquis, mais ceci est une autre histoire. Depuis, ce texte a été maintes fois complété et rendu plus répressif. La réforme de la loi CESEDA (Code d’entrée et de séjour des étrangers en France et au droit d’asile), prévue par une circulaire signée par Nicolas Sarkozy et Pascal Clément (ministre de la Justice), le 21 février 2006, était en débat à l’Assemblée nationale entre le 2 et le 5 mai dernier. Ce texte n’a qu’une finalité: fixer « les conditions de l’interpellation d’un étranger en situation irrégulière, garde à vue de l’étranger en situation irrégulière et les réponses pénales » appropriées. En clair, la possibilité d’arrêter et d’expulser un maximum d’étrangers en rendant légales des pratiques illégales. Il faut bien respecter les quotas d’expulsions fixés par le ministre de l’Intérieur. Bien entendu, les préoccupations électoralistes ne sont pas étrangères à cette nouvelle manifestation de xénophobie. La France des Droits de l’homme n’a jamais été véritablement câline avec ceux qui sont qualifiés d’étrangers. La vindicte témoignée envers les êtres humains venus d’ailleurs est suffisamment significative pour bien faire comprendre à tous les « Bougnoules » qu’ils ne sont pas les bienvenus dans notre pays. Jadis, au temps de la IIIe République, les « Ritals » et les « Polaks » étaient accusés de manger le pain des Français, mais également de débaucher leurs filles, tout en encombrant les hôpitaux et les prisons. Après la grande crise de 1929, la volonté est forte de mener la vie dure à ces étrangers qui encombrent « notre » sol, au lieu de se faire oublier au fond des mines de charbon (les Polonais) ou dans les entreprises de sidérurgie (les Italiens). En août 1932, une loi, promulguée par Édouard Herriot, limite à 5 % le nombre d’étrangers autorisés à travailler pour certains établissements publics, chantiers ou même ateliers. En 1934, le président du Conseil, P.-E. Flandin, prépare des mesures d’expulsion par la force des étrangers dont les papiers ne sont pas en règle. Environ 3000 étrangers seront frappés par cette loi dont les effets se feront sentir durant les premiers mois de 1935. Cette même année, un gouvernement présidé par Pierre Laval signe un décret prévoyant des peines de six mois à deux ans de prison pour les expulsés qui se risqueraient à revenir en France. Les décrets-lois Daladier, du 2 mai 1938, prévoient tout à la fois la mise en place de quotas d’étrangers dans les entreprises et la création d’une police des étrangers. De façon prémonitoire, le militant antifasciste André Ferrat prévient: « Le futur dictateur fasciste n’aura qu’à étendre les pouvoirs actuels de la police des étrangers à tous les citoyens, et les libertés françaises ne seront plus qu’un souvenir! » À la fin de l’année 1938 est évoquée l’ouverture de camps de concentration pour certains immigrés. En 1939, alors que la guerre menace, le ministre de l’Intérieur, Albert Sarraut, pète les plombs, en éructant: « Il faut débarrasser la France de la tourbe étrangère! » Lesquels étrangers ne sont autres que des Allemands qui ont fui le nazisme, et les réfugiés espagnols entrés en France en janvier et février 1939. En octobre 1939 et en mai 1940, la France républicaine décide l’internement des ressortissants allemands et autrichiens, presque tous juifs et antifascistes. Le décret scélérat du 2 mai 1938 n’a pas oublié les citoyens français qui se seraient montrés solidaires des étrangers persécutés: « Tout individu qui, par aide, directe ou indirecte, aura facilité l’entrée, la circulation ou le séjour irrégulier d’un étranger, sera puni d’une peine d’amende ou de prison. » En septembre 1940, dans le droit fil de la politique conduite depuis une décennie, le gouvernement de Vichy promulgue une loi sur « les étrangers en surnombre dans l’économie française ». Rapidement, 40000 travailleurs étrangers sont internés dans les camps de la zone sud et livrés au travail forcé. Nous savons ce qu’il en sera durant les quatre années suivantes du sort de ces étrangers, et plus particulièrement des juifs vivant dans ce pays… Depuis le premier choc pétrolier de 1973, les lois anti-immigrés n’ont cessé de se multiplier. En 1974, Michel Poniatowski proclame « l’immigration zéro ». Vont suivre, en 1978 et 1979 les lois Stoléru et Fontenet qui, peu à peu, vont encadrer les conditions d’entrée sur le territoire français des travailleurs colorés dont la France ne veut plus. En janvier 1980, c’est la loi Bonnet qui renforce le contrôle du séjour des immigrés, les étudiants étant particulièrement menacés. En janvier 1981, une loi Peyrefitte va aggraver une législation déjà lourdement répressive. Après le répit de l’été 1981, avec la régularisation de dizaines de milliers de travailleurs étrangers, la répression reviendra rapidement à l’ordre du jour. Les lois Pasqua de 1986 transforment de nombreux immigrés en clandestins. Dans le même temps, le droit d’asile commence à ressembler à ne peau de chagrin. En mai 1988, de retour au pouvoir, la gauche renonce à abroger les lois Pasqua. En 1989, Michel Rocard nous explique tranquillement que « la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde ». Pour ne pas être en reste, c’est un ministre socialiste, Philippe Marchand qui, en 1991, banalise la pratique de l’enfermement des étrangers sans papiers dans des centres de rétention administrative. Parallèlement, la pratique des expulsions par charters va entrer dans les mœurs démocratiques : 55 Zaïrois en 1985 (sous Fabius), 101 Maliens en 1986 (sous Pasqua). En 1993, de retour au ministère de l’Intérieur, Charles Pasqua fait voter de nouvelles lois répressives sur l’immigration. En 1995, c’est Jean-Louis Debré qui aggrave cette législation. Les centres de rétention se multiplient, et la chasse aux sans-papiers se durcit. En juin 1997, la gauche est de nouveau au pouvoir mais, malgré les promesses du candidat Jospin, les lois Pasqua-Debré ne sont pas abrogées. Bien au contraire, une circulaire de Jean-Pierre Chevènement fragilise plus encore les sans-papiers. Ce sera rapidement le refus de régulariser 60000 de ceux qui ont été incités à se déclarer dans les préfectures. En octobre 1999, une nouvelle circulaire Chevènement rend encore plus délicate la situation des sans-papiers. Lionel Jospin conforte cette politique d’exclusion en montrant du doigt ceux des étrangers, « qui n’ont pas vocation à rester en France ». Au travers du petit jeu de l’alternance droite-gauche, le pire a toujours été possible. C’est ainsi que les lois Sarkozy de 2002, 2003 et 2006 ne font que prendre la suite des lois édictées par Chevènement, en 1997, et Daniel Vaillant, en 2001. Avec la circulaire du 21 février 2006, c’est tout un pans des droits de l’homme qui va être détruit. Nicolas Sarkozy, qui n’a pas peur de se salir la bouche, parle d’une immigration «subie», qui polluerait le pays. D’où sa volonté de promouvoir une immigration «choisie», parmi des hommes et des femmes à qui l’on refuserait pourtant un minimum de droits, tout en leur imposant un maximum d’obligations. La circulaire du 21 février 2006 va bien plus loin puisqu’il est prévu d’en terminer avec la régularisation automatique des étrangers après dix ans de présence en France. Ce qui ne va pas manquer de créer de nouveaux clandestins. L’obtention de la carte de long séjour, valable dix ans, fera désormais l’objet de nombreuses difficultés; la délivrance de ces cartes dépendant désormais du pouvoir discrétionnaire de l’administration. En cas de licenciement, les cartes de séjour temporaire pourraient être retirées. Il en irait de même des malades en cours de soins, si un traitement était jugé possible au pays d’origine. Témoignant de leur volonté de faire le tri entre les bons étrangers et les autres, Nicolas Sarkozy et Pascal Clément ont décidé la création d’un titre de séjour de trois ans qualifié « compétences et talents », qui serait attribué aux étrangers « susceptibles de participer au développement de l’économie française ». Ce qui, en creux, rappelle étrangement la loi de Vichy de septembre 1940. Dans les faits, la circulaire du 21 février 2006 est déjà appliquée car pour les préfets et les policiers la seule lettre de ce texte fait force de loi. Les expulsions n’ont cessé de se multiplier depuis le début de cette année. Ces mesures frappent également de nombreux enfants scolarisés, en principe non expulsables avant la fin de leur cursus secondaire. Mais, c’est bien connu, ma main droite doit ignorer ce que fait ma main gauche. Maurice Rajsfus Le Monde libertaire, hebdomadaire de la Fédération anarchiste, adhérente à l'Internationale des Fédérations Anarchistes Chaque jeudi en kiosque, 24 pages en couleurs pour deux euros _________________ concéder, c'est se rendre .
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|  | | buenaventura Langue pendue

Nombre de messages: 2488 Date d'inscription: 17/02/2005
 | Sujet: ... Jeu 25 Mai - 10:25 | |
| Le sommaire : Du grain à moudre, par Jean-Pierre germain, page 3 On ne va pas se taire sur le nucléaire, par Daniel, page 4 18 joints, par le CIRC, page 5 L’autruche, tout simplement, par F. Ladrisse, page 5 Brèves de combat, page 6 Total coupable, par J.-P. Levaray, page 7 Prostitution et Coupe du monde, page 8 Le sida invisible chez les femmes, par P. Schindler, page 9 La laïcité contre l’enfant, par L. Gallopavo, page 11 Chapeaux bas, par N. Potkine, page 14 Hamas: prétexte pour faire la guerre, par B. Kamal, page 15 Anvers : un skin facho passe à l’acte, par Louise, page 16 Beur blanc rouge, par H. Hurst, page 17 De la pédagogie Freinet en DVD, par M. Copé, page 19 Ici l’ombre, page 20 Chantons l’anarchie, par la chorale libertaire de Périgueux, page 21 Radio libertaire, page 22 L’agenda, page 23 Éditorial ON NE PEUT PAS DIRE que la transparence soit la qualité primordiale des salops : ministres, parlementaires et autres décideurs, qui tiennent le gouvernail de l’État. Tripatouillage des flux financiers, commissions plus ou moins occultes dans divers trafics, y compris les trafics d’armes alimentant les conflits qui, chaque jour, tuent et oppressent des civils innocents ; tout est bon pour assouvir les appétits de ces assoiffés de pouvoir et de leurs partis politiques. Toujours prêts à fustiger les fraudeurs des assurances sociales ou des transports publics, à envoyer les pauvres en taule pour quelques centaines, voire dizaines d’euros, ces soi-disant parangons de vertu, eux, puisent dans les caisses à coups de milliards de dollars, et quand ils se font piquer, ils s’en tirent avec tout au plus des peines avec sursis. La transparence n’est pas non plus de mise en ce qui concerne les dangers que nous font courir les dirigeants du groupe de pression militaro-industriel du secteur nucléaire. Ces crapules classent secret-défense un rapport évoquant les dangers encourus au cas où un avion viendrait à s’écraser sur une centrale nucléaire, alors qu’une note de ce rapport mentionne que les données qu’il contient sont volontairement imprécises pour ne pas être exploitables à des fins terroristes. Soit le rapport est destiné à la Défense nationale, et il comprend les données précises permettant à celle-ci d’évaluer les risques ; soit ce rapport se contente d’évoquer les dangers sans donner de données stratégiques exploitables, ce qui est le cas, et alors là il n’y a pas lieu de le classer secret-défense. Mais ce lobby, qui tient entre ses mains l’existence des millions d’habitants vivant à proximité de centrales nucléaires, joue avec nos vies et tente de nous maintenir dans l’ignorance, quitte à envoyer ses barbouzes intimider les militants cherchant à transmettre les informations que tout un chacun a le droit de connaître. Bientôt toutes ces « affaires » seront éclipsées par la Coupe du Monde de football, cette grande fête populaire canalisant les ressentiments de centaines de millions d’hommes et de femmes à travers le monde. Mais, là encore, derrière la liesse et l’effervescence, se cache un cloaque infâme. Pour « divertir » les millions de supporters, correspondants de presse, et autres employés que drainera cette manifestation, de formidables bordels seront organisés à proximité des stades. Cela sera près de 40000 corps de femmes qui seront mis à l’étal pour assouvir les mâles mis en rut par la compétition. Un gigantesque et ignoble trafic d’êtres humains se profile derrière l’organisation de ces jeux du cirque modernes. et un article en prime : L’information a fait l’effet d’une traînée de poudre: Stéphane Lhomme, chargé de communication et porte-parole du Réseau Sortir du nucléaire, a été arrêté et placé en garde à vue le mardi 16 mai. Au terme d’une perquisition de cinq heures à son domicile bordelais, son téléphone portable et deux ordinateurs personnels ont été saisis. Il a été retenu pendant quatorze heures pour être libéré vers 22h30. C’est une enquête déclenchée par le parquet de Paris qui a justifié une telle opération. Cette enquête a pour objet une «compromission du secret de la Défense nationale» et est liée à la divulgation d’un document classé secret-défense où est évoquée la vulnérabilité du nouveau réacteur nucléaire EPR (Réacteur européen à eau pressurisée) qui a été la cible d’une campagne et d’une manifestation les 15 et 16 avril à Cherbourg, non loin du futur site qui accueillerait le prototype à Flamanville, dans la Manche. Or, ce document avait déjà fait l’objet d’une divulgation par le Réseau Sortir du nucléaire, il y a plusieurs semaines. Sans doute les policiers de la DST (Direction de la surveillance du territoire), chargés de la perquisition, recherchaient-ils chez Stéphane Lhomme les contacts ayant permis les fuites. Mais que dit ce document si convoité? C’est une lettre adressée par EDF, en l’occurrence B. Lescoeur, au directeur général de la Sûreté nucléaire et de la radioprotection, et qui date de 2003. Ce document, accompagné de divers graphiques, détaille les risques envisagés par EDF au cas où un avion s’écrase sur un EPR. Il fait suite à des interrogations légitimes sur la capacité de ce prototype nucléaire à faire face à des attaques aussi folles que celles - inimaginables jusqu’alors - qui ont été lancées sur les Twin towers le 11 septembre 2001. On peut y lire entre autre qu’indépendamment de la capacité d’EPR de résister à des chutes d’avions militaires, EDF ne prévoit pas tous les cas de figure en cas de conflit ou d’opérations armées. L’explication avancée dans ce document est que l’empêchement ou l’anticipation d’attaques est surtout du ressort de l’État. Par conséquent, EDF, qui reste dans un cadre normal de préventions des risques, n’envisage pas toutes les éventualités, jugées extrêmes! La cerise sur le gâteau, c’est que B. Lescoeur, auteur du document si convoité par la DST, estime que les informations figurant dans ce dossier ne doivent pas être rendues publiques! On comprend pourquoi: toutes les hypothèses ne sont pas envisagées par EDF, qui botte en touche en soulignant le rôle de l’État dans la prévention d’attaques d’envergure ou d’accident aérien... Comment être rassurés après avoir lu cela? Société nucléaire, société militaire Il ne fait pas de doute que cette action déclenchée par les policiers spécialisés dans la lutte antiterroriste est aussi une intimidation à l’égard du médiatique militant antinucléaire. Et le recours à la police en charge des dossiers antiterroristes relève d’une tentative de discrédit du militant. À travers lui, ce sont bien les actions et la contre-information dirigées contre l’industrie nucléaire qui sont visées. Le message est clair. L’industrie nucléaire, intimement associée à l’État depuis son activation en France, a besoin d’opacité, de secret, de surveillance pour être tranquille. La présence du «secret défense» dans cette affaire est un rappel du lien indéfectible entre cette industrie civile et l’armée1. À la suite de cette scandaleuse opération militaire chez Stéphane Lhomme, le Réseau Sortir du nucléaire et Greenpeace, notamment, ont alors diffusé ce document sur leurs sites internet, encourant jusqu’à 75000 euros d’amende et 5 ans d’emprisonnement. Nous sommes partisans de l’autogestion généralisée des moyens de production et de distribution, de tous les secteurs, y compris énergétiques. Pour envisager cette démarche, quelques conditions de base s’imposent comme un libre accès à l’information et la légitimité des décisions. Pour favoriser la gestion directe, collective et écologiquement acceptable, une déconcentration des lieux de productions est indispensable, associée à une nécessaire coopération entre les différentes composantes de la vie sociale et économique. Or, l’industrie nucléaire n’est rien de tout cela. Elle est écologiquement irresponsable et criminelle, source de production d’armes de destruction massive, et représente un modèle de société étatique (abus de pouvoir, culte du secret, débats tronqués, militarisation, concentration...) et de gabegie énergétique. La répression qui frappe les militants antinucléaires comme les syndicalistes ou les sanspapiers, est celle d’un système qui impose ses règles par la force au nom de l’intérêt général, en réalité l’intérêt des élites gestionnaires de l’État qui défendent aussi les règles du marché et de la propriété privée. Daniel Groupe Gard-Vaucluse de la FA Le Monde libertaire, hebdomadaire de la Fédération anarchiste, adhérente à l'Internationale des Fédérations Anarchistes _________________ concéder, c'est se rendre .
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