LES PAYS DE COCAGNE

les pays de dedans toi
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 OCL / communistes libertaires

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caserio
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lieux interlopes: galères
Date d'inscription: 29/01/2005

MessageSujet: OCL / communistes libertaires   Sam 23 Avr - 9:08

bonjour,

vous pouvez dés maintenant consulter le sommaire et quelques textes du
mensuel Courant Alternatif n°148 avril 2005, ainsi que celui du hors-série
n°10 ( 44 pages consacrées au thème de la SÉCURITÉ ; dérive sécuritaire qui
conditionne de plus en plus la société) sur le site de l'Organisation
Communiste Libertaire:

http://oclibertaire.free.fr

bien sûr, vous pouvez nous faire part de vos remarques, critiques et autres
points de vue en nous écrivant à:

ocl.web@free.fr

Bonne lecture.

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à la rame, à la nage.. à l'attaque !
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buenaventura
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MessageSujet: .   Sam 23 Juil - 12:04

bonjour,

vous ne pouvez pas encore consulter le sommaire et quelques textes du
mensuel Courant Alternatif n°151 été 2005 sur le site de
l'Organisation Communiste Libertaire, l'équipe mandatée pour le numéro
n'ayant pas encore transmis les textes:

http://oclibertaire.free.fr
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buenaventura
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MessageSujet: .   Jeu 20 Oct - 9:44

SOMMAIRE
Edito p. 3
PRÉCARITÉ
Campagne unitaire libertaire contre la précarité p. 4
IMMIGRATION
Chronique de l’été 2005 p. 5
La Suisse à l’avant-garde contre le droit d’asile p. 7
Livres p. 9
ECOLOGIE CRITIQUE
Contre la culture du risque p. 10
Bagdad-on-Missisipi p. 11
NUCLÉAIRE
Offensive d’EDF sur tous les fronts p. 13
Le capital privé arrive aux portes des centrales p. 14
La CGT et l’énergie p. 15
Mourir à Moronvilliers p. 16
Déchets nucléaires : une manif qui a servi à quoi ? p. 16
Hiroshima : un anniversaire toujours sans condamnations p. 17
INTERNATIONAL
Islande : Quel prix pour la prospérité économique p. 19
Palestine : Gaza après le retrait p. 21
Les truculences de Big Brother p. 24

*** EDITO
En période de tensions sociales, la technique de la diversion fait ses
preuves. L’acharnement contre les étrangers, utilisés comme bouc
émissaire, est même parfaitement proportionnel à l’ampleur des
saloperies
antisociales qu’un gouvernement souhaite faire passer contre la
population. Le gouvernement a porté un coup sans précédent depuis
plusieurs décennies contre le droit du travail en introduisant, entre
autre, par ordonnance (et donc par la force), le contrat de nouvelle
embauche. Il fallait donc une manœuvre de diversion à la hauteur de
cette
attaque. Car la meilleure attaque, c'est d'atomiser la société, de
fragmenter le tissu social.

C'est le ministre de l'intérieur qui se charge des basses œuvres, en
fixant aux préfets des objectifs : rafles, évacuation de squats ou
d'immeubles insalubres (après des incendies spectaculaires),
reconduites à
la frontière de familles (il faut faire du chiffre) avec des charters
communs à plusieurs pays européens (il faut frapper les esprits), … Les
immigrés payent le prix cher de cette politique spectacle. Les
dernières
mesures prises à leur encontre ne visent pas tant à l'expulsion qu'au
maintien des étrangers dans leur statut de clandestinité. Le but du
jeu,
pour la France, n'est donc pas tant de vider le pays des clandestins
que
de contrôler la circulation des migrants. Et surtout de réduire un peu
plus chaque jour leurs droits. Corvéables à merci, expulsables après
usages : tel est l'objectif visé.
Mais il arrive que des grains de sable viennent enrayer la machine. Et
ces
grains de sable sont de plus en plus nombreux. Lors de luttes
individuelles et locales contre les expulsions, nombre de personnes
découvre que les sans papiers sont aussi des voisins, des élèves, des
copains de classe, et non les obscurs clandestins diabolisés par les
médias. De plus en plus de monde est révolté par les méthodes
policières
appliquées dans la chasse aux sans papiers.

Et sur le terrain social, lorsque la tension est à son comble et que la
"ligne jaune" est franchie par des salariés en lutte, on fait
intervenir
l'armée (par exemple le GIGN contre les syndicalistes qui s'étaient
emparés du paquebot "Pascal Paoli" dans le conflit contre la
privatisation
de la SNCM). On parle alors d'actions terroristes. Alors que c'est le
capitalisme qui terrorise chaque jour celles et ceux qui lui
permettent,
par leur force de travail, de perdurer : licenciements,
délocalisations,
remise en causes des acquis sociaux, précarisation de plus en plus
accrue
des salariés. Espérons que la journée d'action du 4 octobre ne soit pas
qu'un coup d'épée dans l'eau, car les causes de mécontentement sont
nombreuses : le contrat nouvelle embauche qui permet à un employeur de
moins de 20 salariés de licencier sans motif pendant deux ans, sans que
le
salarié n’ait un quelconque recours ; l'amputation de 20, 50 puis 100 %
des indemnités des chômeurs qui refuseraient un emploi "valable" ; le
remplacement de courte durée dans l'éducation nationale ; les
suppressions
massives d'emplois tant dans le privé que dans le public (on a pu
apparaître à la rentrée scolaire dans certains établissements des "kits
de
nettoyage" remis aux élèves internes pour effectuer le ménage que le
personnel, en sous-effectif, ne peut plus assurer quotidiennement) ; de
nouvelles attaques contre la sécurité sociale, ...

Tsunami, cyclones, inondations… Il y a de plus en plus de catastrophes
"naturelles". Mais qui ne sont pas plus "naturelles" que les maladies
professionnelles, le cancer de l’amiante ou le stress de la vie de
bureau
! Elles sont politiques et économiques. Elles mettent en cause le
système
actuel dans son ensemble, le productivisme forcené, l’extraction sans
limite des ressources de la planète. Mais l’État ne reste pas sans
bouger
! Il prend en compte ces "risques". C’est la "culture du risque", avec
deux axes principaux : préparer les services de l’Etat et leurs larbins
humanitaires à intervenir là où il y a un problème ; préparer les
populations à l’éventualité des catastrophes. Car la culture du risque
a
surtout pour but de conditionner les populations à des catastrophes
inouïes. Et quand, comme à la Nouvelle Orléans, les secours arrivent,
ce
n'est pas sous la forme de l’humanitaire (qui vient souvent prêcher
l’attente et la soumission sur les terrains où la révolte est en train
de
germer), mais sous la forme du militaire. Tout cela avec un relent de
racisme social et ethnique, les rescapés blancs "comme il faut" étant
secourus et évacués avant les noirs, avant les pauvres…
L'Islande, avec la création de 5 barrages et du lac artificiel le plus
grand d'Europe, ceci à fin de fournir de l'électricité pour le géant
américain de l'aluminium, ALCOA, qui devrait y produire 322 000 tonnes
d’aluminium par an, sera-t-elle, comme la France avec son énergie
nucléaire, une "victime" prochaine de catastrophe naturelle ? Espérons
que
les manifestations et le mécontentement général de la population
freinent
sérieusement les ambitions les plus délirantes des capitalistes.
Enfin, que dire du retrait israélien de Gaza, sinon qu'il ne règle rien
:
la colonisation continue en Cisjordanie, le mur se construit. Des
milliers
d’hectares de terres agricoles ont été détruits par les forces
d’occupation au cours des 5 dernières années. 60 % de la population de
Gaza vit en dessous du seuil de pauvreté, le taux de chômage est estimé
à
40 %. La population palestinienne s’est repliée sur le plus petit et le
plus rétrograde dénominateur commun, à savoir la famille, le clan. Les
groupes religieux radicaux ont pu bénéficier de ce terrain favorable
pour
ramener leurs discours obscurantistes. Alors, comme suite logique, une
guerre civile ?

OCL Reims, le 30 septembre 2005


OCL c/o clé des champs,
BP 20912, 44009 Nantes cedex 1
http://oclibertaire.free.fr/
oclibertaire(a)hotmail.com

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MessageSujet: ..   Lun 28 Nov - 12:00

La Fédération des Communistes Libertaires a tenu son 12ième congrès la
fin
de semaine dernière (5-6 nov.) à Sherbrooke au Québec. Une trentaine de
membres provenant de groupes communistes libertaires de Québec,
St-Georges-de-Beauce, Sherbrooke, Montréal, Toronto, Boston, New York,
New
Jersey et Baltimore étaient présent-e-s pour l'occasion.

Une position sur les luttes syndicales défendant l’organisation des
travailleurs-euses à la base, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des
syndicats, a été adoptée et sera publiée dans nos revues ainsi qu’en
format brochure et sur internet dans les prochaines semaines. Le début
d’une position sur la question nationale québécoise, reconnaissant le
droit à l’auto-détermination des Québécois-e-s tout en étant en
opposition
aux idéologies nationalistes, a aussi été adoptée.

Sur le plan organisationnel, la NEFAC a décidé de se restructurer en
unions régionales, représentant des régions géographiques plus petites

les affaires quotidiennes de l’organisation et les plans d’action
seront
plus faciles à gérer et implanter. La fédération en tant que telle se
rencontrera dorénavant une fois par année en congrès et se concentrera
sur
ses publications, le développement théorique et le partage des
expériences
militantes dans les mouvements sociaux.

Une tournée de conférence sur « l’anarchisme aujourd’hui » sera initié
au
printemps 2006 avec l’intention de parcourir l’est du Québec et les
provinces maritimes.

Avant que le congrès ne se termine au son de l’Internationale, les
participant-e-s ont convenu de se revoir de nouveau à Montréal à
l’automne
2006. Les partisan-e-s du communisme libertaire ainsi que les camarades
de
nos organisations sœurs dans d’autres pays peuvent être assuré-e-s que
les
idéaux du socialisme et de la liberté sont vivants et d’actualité dans
le
nord-est de l’Amérique du nord.

Union Locale de Montréal
Fédération des Communistes Libertaires du Nord-Est
(NEFAC)

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MessageSujet: ..   Lun 28 Nov - 12:29

Le numéro 8 de Cause commune, le journal de la NEFAC
au Québec vient de sortir des presses. 3000
exemplaires de ce journal sont distribués gratuitement
par des militantEs libertaires, membres ou non de
l’organisation. Cause commune se veut un tremplin pour
les idées anarchistes, en appui aux mouvements de
résistance contre les patrons, les proprios et leurs
alliés au gouvernement. Si le journal vous plaît et
que vous voulez aider à le diffuser dans votre milieu,
contactez le collectif de la NEFAC le plus près de
vous.

Au sommaire du no 8
http://nefac.net/fr/node/1965

* Négociations dans le secteur public : Le cirque a assez duré!
* L’OURAGAN KATRINA ET SES RÉPERCUSSIONS
* L’anarchie de A à Z : « H » comme HOMOPHOBIE
* UNE HONTE! “Dénonciation syndicale de l'insalubrité d'une prison
sans un mots sur les
conditions de détention”
* Chronique syndicale : SUR LES LIGNES
* Les anti-choix se réunissent à Montréal : Avortons leur congrès!
* LE RIDICULE NE TUE PAS! Le délire de Falardeau


Collectif anarchiste La Nuit (NEFAC-Québec)
a/s Groupe Émile-Henry
C.P. 55051, 138 St-Vallier Ouest
Québec (Qc), G1K 1J0

nefacquebec(a)yahoo.ca
http://www.nefac.net

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MessageSujet: ..   Jeu 1 Déc - 12:38

Vous pouvez maintenant écouter les émissions de radio réalisées par
l'OCL
Reims sur
http://reimsradioprimitive.free.fr

24/10/2005 : Interview d'Alain Mosconi du STC à propos du conflit à la
SNCM 31/10/2005 : Analyse critique du journal local, L'Union
07/11/2005 : A propos des émeutes dans les banlieues
14/11/2005 : Interview de Mohamed Hocine (ex MIB) sur les balieues
21/11/2005 : Interview des Indigènes de la république

Ces émissions peuvent être utilisées en entier ou en partie

lechatnoir(a)club-internet.fr

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MessageSujet: ...   Ven 2 Déc - 16:30

SOMMAIRE
Edito p. 3
PAYS BASQUE
Récents développements de la lutte contre un projet de 2x2 voies p. 4
PALESTINE
Un nouveau consensus p. 5
USA
Piégés à la Nouvelle-Orléans p.7
SEXISME
Sexe, classes et bouquins p. 10
Les truculences de Big Brother p.13
Courrier des lecteurs p.15
PRIVATISATIONS
La sécurité sociale: 60 ans p. 16
Faut-il défendre les sevices publics? L'exemple d'un état dans l'état,
EDF
p. 19
A propos du conflit de la SNCM p. 22
SOCIAL
4 octobre et après? p. 24


EDITO:

« Nous sommes tout-e-s sans droit ni titre »

Brûlés vifs en Europe, noyés aux Etats-Unis, abandonnés dans le désert
en
Afrique, les indésirables subissent un véritable lynchage à grande
échelle. Dans leurs chasses aux pauvres les gouvernements des pays
riches
font feux de tous bois. Particulièrement du bois d’ébène. La dernière
exaction dont ils sont responsables est la mort dans des conditions
révoltantes de onze personnes détenues dans un centre de rétention
d’Amsterdam. Messieurs Sarkozy & Delanoë auront peut-être noté que ce
bâtiment, bien qu’infâme, n’était pas vétuste. Cependant, nous n’avons
jamais cru que les incendies de trois immeubles parisiens habités par
des
parias de l’occident étaient dus au hasard. Les méthodes de barbouzes
on
les connaît et aucun état ne répugne à les utiliser quand bon lui
semble.
Après les charters communs de cet été, un échelon de plus dans
l’infamie a
été franchi lors de « l’affaire » de Ceuta et Melilla. L’union
européenne
démontrant à nouveau son mépris des droits de l’homme et de la
convention
de Genève sur les réfugiés s’offre le luxe de sous-traiter la lutte
contre
l’immigration à ses pays frontaliers. Ainsi les migrants ont été
refoulés
avant même avoir pu passer la Méditerranée. La répression s’est
délocalisée et le Maroc est désigné seul responsable des traitements
inhumains, conséquences directes de la politique raciste de la
forteresse
Europe. Sur le front intérieur, le gouvernement poursuit sa politique
de «
fermeté et humanité », entendez répressions et précarité. Docteur
Villepin
et Mister Sarko nous servent une recette éculée, essayée et approuvée
par
tous les flics du monde, celle du gentil et du méchant qu’ils ont
accommodée d’un zeste de querelle fictive.

Dans le rôle du bon, le nobliau poursuit la mise en coupe réglée de
tous
les droits sociaux peaufinant une société à plusieurs vitesses. Tout y
passe : Le droit d’asile, l’aide médicale état, la sécu, les retraites,
l’indemnisation des chômeurs, les RTT, le droit du travail, de grève,
les
libertés syndicales etc…Les services publics sont bradés, l’éducation
et
la santé s’étiolent. Les doits à l’avortement ainsi qu’à la
contraception
sont en mauvaise posture. Nous ne saurions trop conseiller au héraut du
«
toilettage du service public » de balayer dans sa cour. A commencer par
les hauts fonctionnaires avec mention particulière pour Pasquoi et sa
bande des Hauts-de-Seine. Pour les nantis tout va bien. Les impôts,
l’I.S.F et autres prélèvements sociaux fondent comme neige au soleil.

Dans le rôle de la brute, le premier flic de France manie la répression
avec une ardeur non dissimulée : provocations et brutalités policières,
contrôles aux faciès, rafles, vidéo surveillance, croisement des
fichiers,
procès. Les charters ainsi que les centres de rétentions ne
désemplissent
pas et la mort lente sévit toujours plus dans les prisons. Etant
entendu
que « ce n’est pas la rue qui gouverne », tous ceux qui s’y trouvent
sont
susceptibles de tâter du flashball ou du pistolet électrique. Toute
personne à l’origine ethnique non conforme, tout insoumis s’expose de
façon systématique à une répression policière de plus en plus
démesurée.
L’utilisation du GIGN contre les salariés en lutte de la SNCM en est la
plus révoltante illustration. La violence à laquelle nous sommes
confrontés ne sévit pas seulement sur les pavés : A l’heure où le droit
à
la santé est de plus en plus inégalitaire et restrictif, on nous
annonce
sans sourciller « la mort de cent mille personnes dans les prochaines
années » à cause de l’amiante. Une fois de plus, les politiques
clientelistes mortifères des gouvernements qui se sont succédés
illustrent
le peu de cas qu’ils font de la vie du bas peuple. Que doit-on penser
de
ce chiffre alors qu’en matière de décompte des victimes de la barbarie
capitaliste les résultats sont généralement à revoir à la hausse ? La
palme du révisionnisme pourrait revenir à l’O.N.U pour qui la
catastrophe
de Tchernobyl se solderait par quatre mille morts alors que six cent
mille
liquidateurs ont été sacrifiés par la faute des nucléocrates. Des
générations de mineurs morts de silicose. Des milliers de transfusés
ont
été contaminés par le virus du sida du fait de l’incurie des
politicards.
La multinationale Monsanto, après avoir pollué le Vietnam pour des
décennies avec l’agent orange, continue à jouer l’apprenti sorcière
avec
ses OGM pour le plus grand plaisir de l’INRA. A quoi ressemble le futur
aux mains des CEA, AREVA et consorts ? Sans oublier La CGT énergie qui
collabore encore activement à la préparation de lendemains qui
déchantent,
laissant le sale boulot aux trimardeurs. L’avenir s’obscurcit, il
aurait
même tendance à virer au bleu marine, voir au kaki…Sarkozy remarquait
que
« notre société est beaucoup trop violente » avant d’ajouter « il faut
que
ça s’arrête » En effet, la violence d’état dont il est grandement
responsable, nous la subissons tous les jours et on en a marre. Pour
enrayer ce fléau, il serait effectivement opportun de commencer par ne
pas
laisser les poulets à l’air libre.

Nous la canaille, « la racaille », les « sans droits ni titres », nous
n’en pouvons plus de l’arrogance de la réaction. « Jusqu’à quand la
sainte
clique nous croira-t-elle un vil bétail » ? « Toute forme de mépris, si
elle intervient en politique, prépare ou instaure le fascisme » aurait
dit
Camus. Pour nous, lutter c’est vivre alors Il se pourrait bien que le
Karcher se retourne contre son utilisateur et que le farfadet de
Neuilly
devienne l’arroseur arrosé.

Paris, le 28 octobre 2005

OCL c/o CLÉ DES CHAMPS
BP 20912
44009 NANTES Cedex 1
oclibertaire(a)hotmail.com

(texte repris du site : http://oclibertaire.free.fr/ )

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kamchatk
Invité



MessageSujet: ...   Sam 11 Nov - 11:22

bonjour,

vous pouvez dés maintenant consulter le sommaire et quelques textes du
mensuel Courant Alternatif n°163 novembre 2006 sur le site de
l'Organisation Communiste Libertaire:

[url=javascript:ol('http://oclibertaire.free.fr');]http://oclibertaire.free.fr[/url]

bien sûr, vous pouvez nous faire part de vos remarques, critiques et autres
points de vue en nous écrivant à:

oclibertaire@hotmail.com

Bonne lecture.
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kamchatka
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MessageSujet: ...   Sam 13 Jan - 14:27

Courant Alternatif, le mensuel de l' Organisation Communiste Libertaire
est désormais disponible en kiosque ou directement à
OCL - c/o Egregore - B.P. 1213 - 51058 Reims Cedex
Mail : oclibertaire(a)hotmail.com
Prix : 2,30 euros

*** Au sommaire du N° 165 de JANVIER 2007

SOCIAL
Grève de solidarité avec les travailleurs sans papiers à Modelux
DOSSIER SECURITAIRE
Vers une résistance à BIG BROTHER
De solon à Nicolas Sarkozy : les mécanismes de la délation
De l'idéologie sécuritaire
SANS FRONTIERE
Carnet de voyage en Kabylie
CONTROLE DE LA PENSEE
Une Histoire officielle : une constante étatique
SOCIAL
Grande vitesse : mais où veulent-ils donc aller si vite?
La CSI : Une nouvelle internationale syndicale
POINT DE VUE
Trois raisons d'éviter le misérabilisme
Brèves


*** Edito

La lucha sigue sigue sigue! *

Une fois n'étant pas coutume, le C.A. pourrait commencer l'année 2007
par un
anniversaire : Le premier janvier 1994 l'armée zapatiste de libération
nationale
(EZLN) bottait le cul du gouvernement, corrompu comme il se doit, d'un
pays que
d'aucun(e)s décrivaient comme " le bon élève du FMI ". Le Mexique, tout
juste remis
des commémorations de 500 ans de massacres, spoliations et autres
réjouissances,
préparait alors son adhésion à l'accord de libre échange nord américain
(ALENA).
502 années de sabres et de goupillons, couronnées par quelques
décennies
d'impérialisme étazunien n'avaient donc pas eu raison des velléités de
justice, de
dignité et de paix des racailles locales, latino-américaines et
amérindiennes ?
Lendemain de réveillon douloureux donc pour le PRI (Parti
Révolutionnaire
Institutionnel, ça ne s'invente pas) qui découvrait, après 70 ans de
pouvoir
autoritaire, que les opprimé(e)s finissent toujours par relever la
tête…mais
l'avaient-ils(elles) seulement baissée ?

Hélas en ce début 2007 la gueule de bois est pour nous, celles et ceux
qui
s'enthousiasmaient pour la commune de Oaxaca. Ecrasée comme celle de
Paris, elle
avait eu le tort de s'attaquer aux pouvoirs des caciques, de proposer
d'autres
modèles de sociétés… crimes de lèse-majesté dans ce pays féodal comme
ailleurs. Se
sentant en mauvaise posture les frères ennemis PRI et PAN (parti
détenant le
pouvoir fédéral) ont réalisé l'union sacrée contre les insurgé(e)s.
Fidèle à ses
méthodes maintes fois éprouvées contre toutes formes de contestations,
le
gouvernement mexicain a lâché ses hordes guerrières (armées par les EU,
la France
et la Suisse, formées à l'école des Amériques de sinistre mémoire) sur
la
population désarmée. Si certain(e)s ont eu les moyens et l'envie de
s'empiffrer
comme il semble d'usage en fin d'année, nous, nous sommes gavés de
l'immuabilité de
la répression s'abattant sur celles et ceux qui se battent pour faire
valoir leurs
droits. Il faut dire que ces dernier(e)s ont la mauvaise habitude de se
manifester
au moment le plus inopportun : S'inviter à la grand'messe du vingt
heures relève de
la faute de goût, surtout si l'on doit y aborder les thèmes
fondamentaux
traditionnels que sont les achats de dernière minute, le prix de la
truffe au kilo
ou le nouveau sondage ségo/sarko… On ne peut certes pas dire que Les
chien(ne)s de
garde du pouvoir n'abordent jamais les sujets de classes, mais la façon
de le faire
est généralement, et suivant l'humeur, complaisante, lénifiante,
larmoyante ou
proche de l'ethnologie (de notre envoyé spécial chez les prolos…). Les
annonces
d'entreprises qui ferment pour cause de délocalisation font recettes
mais des
ouvrier(e)s qui se battent pour la régularisation de leurs collègues,
c'est pas
vendeur. Faire pleurer dans les chaumières sur les logements des
familles
africaines, surtout quand ils brûlent, banco mais quid des véritables
causes et des
expulsions consécutives à ces coups de projecteurs. Comble du bon
sentiment, ces
gros plans sur les familles " bien françaises " se mobilisant contre
l'expulsion
des camarades d'école de leurs chères têtes blondes mais " nos " femmes
et
compagnes de ministres ainsi que leurs homologues masculins ont occulté
la
répression qui s'abat sur les militant(e)s et proches du réseau
éducation sans
frontières (RESF). Dans les oubliettes du vingt heures on compte encore
bien des
victimes : Les trimardeurs du nucléaire ? Tabou, Hulot la nouvelle
coqueluche de
tout le monde (y compris de Voynet), le chantre mou de l'écologie, est
parrainé par
EDF. La situation des taular(de)s en général et celle des
prisonnier(e)s
révolutionnaires en particulier ? on parle déjà beaucoup des repris de
justice :
Pasqua, Tibéri, Balkany, Juppé, Doc.gynéco, Tapie, Crozmarie,… Les Roms
logeant
dans des bidonvilles aux confins de la ville lumière ? Pas très glamour
la méthode
Delanöe consistant à mettre la poussière sous le tapis du voisin. Allez
hop !
Africain(e)s, Roms, SDF, junkies et autres pauvres : En banlieue ! Qui
a parlé cet
été de la noyade dans le canal d'un jeune Rom sous les yeux des flics
qui le
pourchassaient à Aubervilliers. A deux pas de là, la plaque en mémoire
des victimes
de la répression d'octobre 1961 a peut-être donné des idées aux
représentants de la
loi... Quand on nous annonce, des trémolos dans la voix et le regard
embrumé, " la
mort tragique d'un SDF", c'est peut-être pour nous rappeler ce qui nous
attend si
l'on n'est pas des citoyen(ne)s modèles avec tout ce que cela
comporte…Alors quand
la plèbe déferle sournoisement au cœur du quartier neo-bourgeois (bobo)
de Paris ou
dans le centre-ville de Pau qui lui est toujours interdit par un maire
sosdèm',
impossible de ne pas en parler. La presse, comme ses maître(sse)s aime
les prolos
quand ils(elles) s'écrasent ou calanchent mais pas quand ils(elles)
luttent. Ainsi
les sans-abri se sont installé(e)s dans le débat public et si la
situation n'était
pas si tragique, nous pourrions nous réjouir de la confusion dans
laquelle cette
mobilisation aussi subite qu'impressionnante met les classes
dirigeantes et leurs
valets. La période pré-électorale aidant, la société du spectacle s'est
mise en
branle et tous ces ronds de cuir se trémoussant, minaudant, cherchant
la phrase
magique, la solution miracle nous offre un spectacle aussi grotesque
que
consternant… Voir Sarkozy faire des promesses à la Jospin laisse
augurer un premier
semestre 2007 assez trépidant. Quand on connaît ses méthodes encore
utilisées
contre les " campeurs " du quai d'Austerlitz le matin même de sa
déclaration, on ne
peut que s'inquiéter pour celles et ceux qui dorment sur les trottoirs
et qu'il
veut voir disparaître dans deux ans…

Alors on oubliera de se joindre à la liesse générale imposée comme
chaque début
d'année. On se passera de prendre de bonnes résolutions citoyennes.
N'en déplaise à
S. Royale, " la France qui se bat et qui se lève ", elle n'est pas au
PS, elle ne
descend pas dans la rue en troupeau bien ordonné avec ses petits
drapeaux roses et
ses ballons a l'appel du parti, elle y vit, même si ce n'est pas par
choix. Cela
fait longtemps que nous avons " hiérarchisé nos priorités " et lorsque
l'on voit ce
que des gens pour lesquels vous n'accordez un regard qu'en période
électorale
développent sur leurs lieux de vie, sur leurs lieux de luttes et
pourquoi, nous
savons que nos combats sont justes.

OCL Paris


* " Zapata vive vive vive, la lucha sigue sigue sigue " (Zapata vit, la
lutte
continue) célèbre et inévitable slogan des insurgé(e)s Mexicain(e)s.


Certains textes sont déjà disponible sur le site internet de l'OCL
"http://oclibertaire.free.fr/"
Bonne lecture à tous
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kamchatka
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MessageSujet: ..   Dim 11 Fév - 10:46

Courant Alternatif, le mensuel de l' Organisation Communiste Libertaire
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*** Au sommaire du N° 166 de Février 2007

Edito
SOCIAL
De l’ordre juste à l’effort récompensé
L'automédication, une source de profit pour les lobbies pharmaceutiques
Thomé-Génot (suite et pas fin)
Aide au séjour irrégulier : priver les sans-papiers de leur soutien ?
POLITIQUE SECURITAIRE
Procès pour résister en photographiant
Rubrique Big Brother
CONTRÔLE DE LA PENSEE
Du populisme bien compris
SANS FRONTIERE
Oaxaca, la commune n'est pas morte
Mexique, pays révolutionnaire et sécuritaire ?
France-Rwanda, nouvelle étape dans le négationnisme du génocide des
Tutsi
Pays Basque : processus de paix ébranlé, pas totalement bloqué
Brèves


*** Edito

Ne laissons pas faire

Chacun a sa place et les vaches seront bien gardées… C'est dans cet
esprit que des milliardaires se sont lancés depuis dix ans dans un
nouveau type de philanthropie, à travers les " fonds d'investissement
".
B. Gates (fondateur de Microsoft), M. Bloomberg (patron de presse et
maire de New York) et T. Turner (créateur de CNN) mènent en effet
campagne sur ce thème auprès de leurs pairs - par le biais du magazine
en ligne Slate et de la Fondation B. Clinton - pour les pousser à se
montrer charitables.
L'idée a gagné en France, où on voit à présent des riches lâcher des
sommes considérables à destination des pauvres, afin d'investir dans
des
" quartiers sensibles ", de venir en aide à des handicapés ou de
financer quelque ONG. Pourquoi tant de bonté ? se demandera-t-on
perversement. Parce que la fiscalité y incite, bien sûr ; à cause de
quelques cas de conscience, peut-être, face aux immenses inégalités
sociales… Mais, sans nul doute surtout, comme le reconnaît ouvertement
D. Pineau-Valencienne (cet ancien P-DG de Schneider que deux semaines
passées derrière les barreaux en 1996 ont paraît-il convaincu de porter
secours aux prisonniers), " parce que ne pas partager la richesse nous
expose à des incendies ".
Rassurons-nous, non seulement ces sommes lâchées représentent moins que
rien pour de telles fortunes, mais elles ne le sont pas gratuitement.
L'irrépressible désir de bienfaisance manifesté ici est étroitement
balisé par les critères d'efficacité, de rentabilité et de retour sur
l'investissement. Dans cette optique, plutôt que de financer
directement
des hôpitaux et des fondations de recherche, les " philanthropes
entrepreneurs " créent des fonds chargés de de le faire. Pas bête, hein
? car ces fonds (mis au point par des spécialistes du capital-risque de
la Silicon Valley) permettent aux généreux donateurs à la fois de ne
courir aucun risque financier et de figurer au palmarès des " top
givers
" de Business Week ou à celui de Slate 60. Revue selon laquelle, si les
60 premiers de sa liste en 2005 ont donné trois fois plus d'argent (4,3
milliards de dollars) que ceux de 1996, c'est " parce que les riches
deviennent de plus en plus riches ". On ajoutera que la pub faite
autour
de leurs largesses est d'un profit plus que parfait.
F. Riboud, P-DG de Danone, vient pour sa part de lancer - avec la
Gramen
Bank (ou " banque des pauvres ") du Bangladais M. Yunus, Prix Nobel de
la paix 2006 et spécialiste de la microfinance - un fonds destiné à
développer dans les pays pauvres des entreprises liées de près ou de
loin aux activités de son groupe. Ces entreprises doivent avoir "
vocation à être rentables ", mais, assure-t-il, leur " ambition
principale est la maximisation d'objectifs sociaux ou sociétaux et non
la maximisation de leurs profits ". Ainsi vont être construites au
Bangladesh 50 usines - dont le nouveau commercial Zidane a inauguré la
première - pour produire des yaourts bon marché. Les deux actionnaires
actuels ne toucheront, nous dit-on, que 1 % des dividendes, le reste
allant à la construction d'autres usines. Danone se désengagera ensuite
de l'opération ; et le fonds " danone-communities " sera financé plus
largement, par une partie des dividences versés aux actionnaires, par
l'épargne salariale… et peut-être même par les consommateurs ! Riboud
admet lui aussi sans fard que son initiative est commerciale et
stratégique. Il s'agit d'adapter le double " projet économique et
social
" qu'avait déjà son papa " à l'heure de la mondialisation " ; et d'"
apporter la santé par la nutrition au plus grand nombre " tout en
maximisant les profits, donc " que ceux-ci soient les meilleurs
possibles ". Un objectif qui, dans la bouche d'un " communiquant " du
groupe agro-alimentaire, est " résumé " par la représentation de la
population sous la forme d'une pyramide à 5 niveaux dont les A, B et C
sont " déjà atteints ", et les D et E le seront bientôt puisque Danone
va " pouvoir leur proposer des produits ".
Ces " innovations " caritatives montrent à quel point le patronat se
sent aujourd'hui fort - fort de ses richesses accumulées (en
entreprises
et en salarié-e-s comme en biens), mais aussi de l'impact idéologique
qu'il a sur les populations (voir notamment, dans ce numéro, p. 13). La
propagande déversée en continu par les médias vise l'adhésion au
système, en donnant l'illusion de pouvoir décider de l'avenir (grâce au
vote électoral, voir p. 4), sur le plan individuel sinon social ; et de
pouvoir jouir, même de façon infinitésimale, des " bienfaits " de la
société existante (grâce au crédit d'achat, à la participation
salariale…) quand on est un-e bon-ne citoyen-ne, c'est-à-dire
travailleur-électeur coopératif. Pour les autres, c'est la charité
s'ils-elles se tiennent à carreau, la répression s'ils-elles ne le font
pas (voir pp. 7 et 11). Surtout s'ils-elles sont étrangers (voir p. 9).
Et ce programme est le même partout dans le monde (voir p. 15).
Contre un tel cynisme tranquille, une seule réponse : Ne laissons pas
faire !

OCL-Poitou
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buenaventura
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MessageSujet: ..   Lun 21 Jan - 13:26

*** Edito
Cela peut paraître paradoxal, mais le temps de l’histoire se conjugue
au futur. Non
pas que ce qui nous précède nous enseigne la vérité sur des cycles qui
se répète à
l’identique. Car ce qui est antérieur, nous enrichie de connaissances
indissociables à l’action politique, à l’élan militant ou à l’utopie
révolutionnaire. Les actes qui comptent ne sont ni ceux qui arrivent en
retard ni
ceux qui arrivent en avance. Les actes qui comptent sont ceux qui
arrivent à temps.
C’est en cela que notre militantisme prend du sens, quand il s’associe
aussi à une
fidélité aux valeurs de justice, de respect, de partage, d’égalité et
de combat
contre toutes les formes de domination.

Le groupe de Strasbourg a voulu faire dans ce numéro, un dossier sur un
mouvement
révolutionnaire dans notre région à partir de 1918 (p.12 à p.16),
mouvement dont
beaucoup a été fait (ou pas fait) afin qu’il soit oublié. En
(re)parler, n’est pas
pour nous une manière d’idéaliser ou de s’approprier, il s’agit de
partager une
histoire commune qui d’une manière ou d’une autre construit aussi les
rapport de
force, ici en Alsace-Lorraine comme ailleurs. La question sociale et la
question
des identités restent évidemment un riche débat dans la mouvance
libertaire à
laquelle nous appartenons. Que les éléments que nous livrons ici nous
enrichissent
donc, et ce sera déjà tant mieux.

Nous avons déjà beaucoup écrit dans les numéros précédents sur le
mouvement social
en court en France. Bien qu’il ne se soit malheureusement pas passé
beaucoup de
chose ce mois-ci (comme cela pouvait être prévisible), nous continuons
de livrer
des avis et des analyses (p.5 sur le mouvement étudiant et p.6 à p.8
sur les enjeux
des retraites) qui peuvent contribuer à donner un peu de muscle à
celles et ceux
qui vont continuer, très bientôt, la bataille.

Bien plus que commémorer un anniversaire, revenir sur le congrès
d’Amsterdam de
1907 (p.9 à p.11) revêt là aussi un enrichissement pour notre période.
Les débats
qui si déroulèrent il y a un siècle résonne aujourd’hui avec une
certaine
actualité.

En ce début d’année résonne déjà de l’intention de “ notre ” sinistre
président.
Quand dans ses vœux à la nation Sarkozy prétend avancer une “ politique
de la
civilisation ”, il fait, la aussi, mine d’inventer quelque chose alors
que cette
politique est malheureusement en œuvre depuis fort longtemps. Sa
civilisation est
celle des rafles que le siècle dernier connu sous de nombreuses formes,
comme elle
aujourd’hui pour les sans-papiers (p.20&21). Sa civilisation est celle
des coups
bas, de la mascarade et de la brutalité au nom de la raison d’état,
comme l’a mal
caché le procès d’Yvan Colonna (p.17 à 19). Sa civilisation est celle
des rapports
de classes qui ont stocké la classe ouvrière comme on stocke des
marchandises
(p.22&23). Enfin, sa civilisation est celle des l’impérialistes et des
colonialistes qui pillent, détruisent, montent des coups, des coups
d’état, des
coups de guerre, à moindres coûts afin de sauver coûte que coûte le
soldat capital.
Derrière les façades du spectacle médiatique, se cache les enjeux de
leur
civilisation, celui des quelques-uns pour le malheur de tous les
autres. Malheur à
la population pakistanaise sur qui ces gens-là ont posé leur dévolu
(p.4). “
L’ennemi islamiste ” a beau jeu afin de dissimuler leurs manœuvres, et
ces gens-là
appellent ce qui nous arrive le choc des civilisations ? On nous prend
vraiment
pour des sbires !

OCL Strasbourg


*** Sommaire
Le Pakistant, Bhutto et les Etats-Unis
Mouvement etudiant : un temps de pause
La remise en cause des retraites, un symptôme de l’évolution du système
Le Congrès anarchiste international d'Amsterdam (1907)
Dossier : En Alsace-Lorraine de 1918 à 1945 : le mouvement ouvrier
"Affaire Colonna" : la raison d’Etat a parlé…
La chasse aux sans papiers se poursuit
Cages partout !

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MessageSujet: ..   Lun 24 Mar - 10:17

*** Edito

Ca rend toujours un peu perplexe de voir nos chers dirigeants faire
semblant de
s’indigner des méfaits du capitalisme. Et pourtant, les scandales
dénoncés par les
médias et les politiques tous unis se multiplient tous les jours.

Scandale du pouvoir d’achat qui baisse. Le gouvernement va-t-il relever
le SMIC,
augmenter les pensions, augmenter les fonctionnaires, faire une loi qui
oblige à
payer plus les salariés ? Non, le scandale c’est l’augmentation des
prix. Même la
Ministre de l’Economie va visiter un hypermarché, ce qui doit être
relativement
exotique pour elle. Ah, le gouvernement va donc revenir au contrôle des
prix ? Non,
pas besoin. Le premier ministre mène son enquête et déniche quelques
coupables.
Comme si quelques cadres et patrons de la grande distribution étaient
les seuls
responsables de la baisse générale du niveau de vie et non le système
basé sur le
profit. Opportunément on peut dénoncer un complot de l’étranger : de
grandes
marques américaines et allemandes se seraient entendues sur les prix
des produits
d’entretien. Le coupable vient toujours de l’étranger.

Scandale au sein du MEDEF. Le scandale ce serait que là où il n’y a pas
d’argent il
y en a assez pour acheter des signatures ? Que plusieurs dizaines de
millions
d’euros aient été détournés pour les caisses noires du patronat ? Non,
le scandale
c’est que le serviteur zélé qui a organisé ce trafic au profit
collectif du
patronat aie touché 1,5 millions d’euros d’indemnité à son départ, dans
un milieu
où rappelons-le les salaires annuels se comptent en millions d’euros
(parachutes
dorés, stock option et autres accessoires non compris). La présidente
du MEDEF, de
colère, en interrompt même ses vacances. Pour dénoncer les trop fortes
rémunérations de ses collègues les dirigeants français des plus grandes
entreprises
? Non, pour dénoncer des « voyous » qui jettent le discrédit sur
l’ensemble d’une
profession respectable.

Scandale à la Société Générale. La Société Générale aurait-elle perdu
quelques
milliards suite à des opérations spéculatives hasardeuses notamment
liées au marché
américain comme il s’en commet tous les jours dans ses salles de marché
comme dans
celles de ses consoeurs ? Vous n’y êtes pas du tout, cette pauvre naïve
se serait
laissée abuser par un modeste trader même pas chef...

On l’aura compris, tous ces scandales fonctionnent sur le même ressort.
Lorsque la
coupe risque de déborder, prendre un exemple sur un aspect particulier,
l’isoler du
système qui l’a produit, ignorer délibérément qu’il s’agit du
fonctionnement quasi
normal du système. En bref, s’intéresser à l’accessoire pour mieux
détourner de
l’essentiel. Logiquement, on cherche alors des coupables. Ces «
scandales » ne sont
plus du ressort du capitalisme, ils ne peuvent qu’être le produit d’un
complot,
relever du travail de la police suite à quoi le gouvernement pourra «
agir ». Il
s’agit de corriger ses excès pour mieux assurer la pérennité du
système, ou plus
exactement d’ailleurs de faire semblant de les corriger car il n’est
pas question
d’y toucher réellement.

Nous avons affaire à un formidable appareil de propagande qui s’occupe
de
désamorcer préventivement les conflits grâce à un agenda médiatique qui
semble
gouverner toute l’action politique. Témoins les péripéties autour de la
loi de
rétention de sécurité. Le Conseil Constitutionnel l’a quasiment
avalisée, ce qui
est déjà énorme, c’est la première fois en France qu’une condamnation
n’est de fait
plus fixée dans le temps. Mais, il a refusé qu’elle soit rétroactive.
Correction
minime apparemment, mais correction qui fait perdre tout leur bénéfice
politiques
aux auteurs de la loi car de fait elle ne pourra pas s’appliquer avant
dix ou
quinze ans (les assassins sont rarement condamnés à six mois de
prison...). Et
d’une certaine façon les médias ne s’y sont pas trompées. Ce qui est
accessoire au
regard de la gravité de cette loi est effectivement essentiel dans un
style de
gouvernement qui consiste non plus à légiférer dans un but précis
(intérêt
collectif de la bourgeoisie par exemple), mais où la législation est
considérée
comme une arme médiatique.

Cette gestion du pouvoir par l’outil médiatique est en train d’aller
jusqu’au bout.
Nous avions un « star System » pour faire rêver le peuple et des
institutions pour
le soumettre. Les hauts représentants de ces institutions font
maintenant partie du
« star System ». Ces dirigeants politiques peuvent-ils durablement
faire rêver les
masses et leur taper dessus simultanément, nous verrons bien. En
attendant, le «
deux poids, deux mesures », qui a certes toujours existé, est
maintenant
ouvertement revendiqué par les autorités. De même qu’un Zidane peut
donner un coup
de boule à un collègue footballeur, un président de la république peut
se permettre
d’insulter un quidam alors que plusieurs lois ont été prises prévoyant
jusqu’à de
la prison ferme pour ceux qui insultent un flic, un prof, car ils sont
des
représentants de l’autorité, alors qu’on somme les fonctionnaires,
profs notamment,
d’avoir un certain comportement moral au nom du fait qu’ils sont les
ambassadeurs
de la république. Il y avait des plus égaux que d’autres, des
passe-droits utilisés
clandestinement, il y a maintenant des stars qui tiennent à montrer
qu’elles ont
tous les droits (qu’elles gardent leur liberté, en politique-ment
correct). Il y a
effectivement une rupture de style dans la gestion publique des
affaires du
système.

OCL Paris


*** Sommaire

EDITO
SOCIAL
- La formation technique et professionnelle à la croisée des chemins
- La "flexisécurité à la française", une mauvaise contrefaçon
- Des sans papiers pris au piège avec beaucoup de complicité
- Quelquechose de pourri au royaume de l’industrie, renault Cléon
épinglé
PROSTITUTION
- Cornélia : ma vie est politique à tous les niveaux
SANS FRONTIERE
- Autopsie de l’action humanitaire
BIG BROTHER
NOTRE MEMOIRE
- 1917-1918 : Les années terribles
QUI SOMMES NOUS ?


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MessageSujet: ...   Mer 5 Nov - 12:33

Réflexions autour de l’après-68

Mai 68 vient d’être salué en fanfare et de multiples façons en France pendant
plusieurs mois (pour ne parler que de l’écrit, 150 livres ont été publiés et la
plupart des journaux ont réalisé un numéro spécial sur le sujet). Nombre de ses
aspects qui avaient été censurés lors des commémorations précédentes ont, à
l’occasion de ce quarantième anniversaire, heureusement été rappelés, en
particulier concernant la participation ouvrière et paysanne au mouvement de
mai-juin 1968 ainsi que ses fondements libertaires (1). Toutefois, la contestation
de l’ordre qui s’est exprimée alors (notamment à travers les comités d’action) et
les grosses mobilisations des années suivantes ont eu en commun deux aspects
fondamentaux qui méritent d’être davantage soulignés, dans une optique de
changement révolutionnaire : ici comme là, il y a en effet eu critique de
l’autorité et expérimentation d’alternatives anti-autoritaires.

Les tenants du pouvoir ne s’y sont pas trompés, et, de même qu’ils ont veillé
depuis quarante ans à nous présenter un Mai 68 déconnecté des luttes sociales
l’ayant précédé (ce mouvement serait donc né de rien, magiquement ?), ils l’ont «
fêté » en gommant avec soin le rejet viscéral de la hiérarchie et la recherche
d’une autonomie individuelle et collective qui en avaient été les moteurs (pour les
attribuer au mieux à une poignée d’« anarchistes » s’agitant dans les facs) – et
ce, après avoir remis, bien sûr, en selle pendant les « événements » les directions
syndicales, interlocuteurs indispensables au maintien du statu quo.

Mai 68 puis les dynamiques des années 70 ont pourtant constitué une évidente
réaction contre l’hyperhiérarchisation de la société française dans tous les
domaines, qu’ils soient d’ordre public ou privé (omnipotence du patron, de l’Etat,
du mari, du père…). Ses structures, à la fois de classe et patriarcales, forçaient
dans les boîtes les masses laborieuses à la soumission envers l’encadrement ; mais
aussi, dans les foyers, les femmes à celle envers les hommes, les enfants à celle
envers les adultes. Ce quotidien étouffant a été contesté de façon de plus en plus
radicale vers la fin des années 60 ; et le carcan moral, solidement bâti et
maintenu par l’Eglise catholique, qui emprisonnait chacun et chacune dans un statut
et un rôle social a été secoué au point d’entraîner d’importantes modifications
dans tous les rapports humains en une simple décennie. La « prise de parole »
opérée en 68 dans la rue comme dans les entreprises ou les universités, quand la
grève s’est généralisée, a correspondu à une forte aspiration anti-autoritaire ; et
le questionnement sur l’ensemble des relations sociales qui en a surgi a débouché
sur des tentatives d’autogestion de sa vie comme du devenir de la société (à partir
de sa maison, sa rue, son quartier, son lieu d’activité…). Le processus de rupture
globale enclenché a été suffisamment puissant pour que tout retour à l’état
antérieur apparaisse impossible jusque dans les rangs ennemis. Aussi, quand il
s’est arrêté, à l’été 1968, une grande partie de ses acteurs et actrices a cherché
à le poursuivre au moins sur un terrain ou l’autre, par un biais ou l’autre, tandis
que dans les sphères du système politique et marchand on s’activait à colmater les
dégâts subis dans ses fondements par un savant mélange de répression et de
récupération de la contestation (en déformant le message de celle-ci, via les
réécritures opérées par la pub pour vendre tel ou tel produit, les textes
législatifs ou réglementaires censés satisfaire certaines revendications exprimées,
les propos de faussaires servis par la clique politicienne et médiatique…). Mais,
sous l’effet conjugué de divers facteurs qu’il paraît urgent de réexaminer, la
lutte anti-hiérarchique et les pratiques d’action directe ont, vers la fin des
années 70, perdu de leur attrait jusque dans les milieux révolutionnaires, alors
qu’elles demeurent les conditions d’une véritable rupture avec l’ordre établi.


La compétence comme socle de l’inégalité

Concernant la hiérarchie sociale, parmi les questions d’importance posées voici
quarante ans, on en retiendra surtout une : celle de la compétence, car c’est sa
valorisation qui conditionne partout dans le monde, aujourd’hui comme hier, la
place secondaire accordée aux manuel-le-s et leur savoir-faire par rapport aux
intellectuel-le-s et leur savoir… et qui, plus largement, y détermine l’ordre des
valeurs – pour l’essentiel celles des hommes blancs occidentaux, les « décideurs ».
Que sont les travaux assurant une agriculture de subsistance à des populations
imparfaitement « modernisées » (puisque non encore réduites à la pure logique du
profit par la mondialisation du capitalisme), sinon des activités classées comme
subalternes quoique vitales pour ces populations ? (De la même façon, si les « arts
primitifs » des autres continents ont été joliment repeints en « arts premiers »,
l’aune à laquelle ils sont appréciés demeure bien évidemment celle de l’Occident en
matière artistique.) Que sont les tâches domestiques, toujours dévolues aux femmes
sur cette planète (même si
une-part-des-hommes-y-participe-dans-une-petite-partie-de-la-Terre – au titre d’une
aide bien plus que d’un partage), sinon des activités classées pareil quoique
indispensables à tout être et toute collectivité (à des degrés divers…) ?

La compétence s’avère déterminante sur deux plans : celui du pouvoir et celui du
revenu. L’organigramme des postes dans les entreprises a en effet là une retombée
directe : selon la logique dominante, rémunération et responsabilités sont fonction
du niveau des diplômes et de la part de créativité exigés dans un emploi. En gros,
on le sait, plus on a « fait des études », et plus on a d’autorité et d’argent.
Pourtant, en quoi ceux et celles qui ont eu les moyens d’apprendre à leur guise,
afin d’obtenir un travail les intéressant et leur offrant un enrichissement
intellectuel, méritent-ils ou elles de gagner (bien) davantage que d’autres ayant
eu pour seule perspective d’entrer dès le plus jeune âge dans la « vie active », en
acceptant n’importe quoi pour s’en sortir ou aider leur famille à y parvenir ?
Pourquoi les boulots les plus ingrats, sales, fatigants (ceux que personne ne veut
effectuer) doivent-ils être (beaucoup) moins payés que les fonctions créatives,
ludiques et valorisantes ? Parce que la tâche de création prévaut sur la tâche
d’exécution dans la répartition des prérogatives et des salaires, nous assène-t-on
comme une évidence dès le berceau.

Mais, déjà, pour quelle raison la compétence dans un secteur donné (scientifique,
technologique…) devrait-elle conférer un pouvoir ? Ce point gagnerait à être
regardé de plus près, l’expérience autogestionnaire menée au Commissariat à
l’énergie atomique de Saclay en Mai 68 le montre par exemple bien : comme
l’assemblée générale et le comité central d’action n’y ont alors pas débattu « la
question politique de définir précisément sur quelles décisions, ou sur quelles
modalités d’une décision, le recours à la compétence est pertinent et légitime »,
une fois le bureaucrate déboulonné, « le savant, qui était souvent la même
personne, a pu conserver son pouvoir, y compris en des matières n’ayant rien de
scientifique (2) » – et sans, de plus, que la très large hiérarchie des salaires
existant dans ce centre du CEA et les finalités de ses recherches, portant pour
l’essentiel sur l’énergie nucléaire et ses applications militaires ( !), aient été
remises en cause…
Ensuite, qu’est donc un « créateur », sans exécutant(s) ? Et existe-t-il un travail
d’exécution et un travail de création « purs » ? D’une part, la mise en œuvre d’un
concept oblige souvent la personne qui en a la charge à avoir elle-même une
certaine dose de réflexion dessus ; de l’autre, une invention est toujours le
dépassement des précédentes, lesquelles sont impossibles à apprécier sur leur seul
contenu théorique car leur réalisation pratique entre également en ligne de compte…

A la justification du système hiérarchique comme étant un ordre « naturel », il
faut opposer les arguments de la justice et de l’utilité sociales. Dans une société
(plus) égalitaire, les boulots les moins enrichissants pour l’esprit devraient être
parmi les mieux payés – s’il apparaît impossible de les supprimer carrément, parce
que la collectivité en a besoin. Ils pourraient être pris en charge plus largement,
aussi – chacun-e son tour… Et, dans un système sans monnaie, ils devraient avoir au
moins autant de valeur que les autres aux yeux de ladite collectivité, en fonction
précisément de leur utilité sociale.

En 68, un certain nombre d’étudiant-e-s ont manifesté leur refus de devenir les
futurs cadres de la société inégalitaire en place, un avenir vers lequel leurs
études les conduisaient : ils-elles ont non seulement rejeté la course à la
consommation, notamment comme facteur (encore assez relatif ?) d’intégration de la
classe ouvrière, mais aussi cherché à se solidariser avec celle-ci. Et on a vu la
jonction s’opérer dans une fraction de ces jeunes générations intellectuelles et
manuelles – la faute à la « démocratisation » de l’Université et à l’apparition
d’un nouveau type de prolétaires, du fait des trente glorieuses ? Ces étudiant-e-s
et ces ouvriers-ère-s n’étaient peut-être pas assez éloignés de leurs milieux
d’origine respectifs pour ne pas réagir viscéralement face à leur environnement
insupportable : un peu moins bourges que la population estudiantine «
traditionnelle », au royaume du mandarinat et de l’élitisme, d’un côté ; un peu
trop ruraux, avec les réflexes de petits paysans face aux chefaillons, de l’autre ?

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MessageSujet: .   Mer 5 Nov - 12:34

Quoi qu’il en soit, la hiérarchisation des tâches n’est de nos jours pour ainsi
dire plus jamais contestée. En bonne partie à cause de la propagande capitaliste :
elle s’est en effet acharnée à faire croire que le prolétariat avait disparu avec
les restructurations industrielles et la tertiarisation des emplois, rendant la
lutte des classes désuète. Une grossière manipulation qui ne tient cependant guère
devant la réalité des chiffres : la classe ouvrière classique existe au contraire
toujours en nombre, et le prolétariat s’est élargi aux bataillons de « manuel-le-s
» frappant un clavier d’ordinateur dans les emplois de services et de bureau
(travailler avec les mains s’accompagnant par ailleurs quand même d’une utilisation
au moins minimale des méninges) (3).
Tous les canaux du pouvoir nous serinent aussi depuis des décennies, ouvertement ou
non, que les sociétés actuelles sont devenues, avec l’internationalisation des
échanges économiques et la multiplication des superstructures étatiques, trop
complexes pour qu’on puisse avoir un réel contrôle dessus, et moins encore réussir
à les modifier. La présentation de la hiérarchie et de l’ordre capitalistes comme
des données désormais incontournables et immuables a contribué à un certain repli
sur la sphère familiale (4). D’autant que nous était copieusement servi, dans la
même logique, le discours voisin de la droite et de la gauche sur le travail et ses
mérites ainsi que sur les mérites des gens qui travaillent – Sarkozy ne s’étant
guère fait remarquer sur le sujet que par son vocabulaire outrancier.

Autant de mensonges à dénoncer comme tels : face à l’Etat et au système capitaliste
d’il y a un siècle, la classe ouvrière pesait-elle tellement plus lourd que les
prolétaires du xxie siècle face à l’actuelle classe dirigeante ? Ses tentatives de
renverser l’ordre établi, quelle que soit la « complexité » de ce dernier, n’ont
pourtant pas manqué. Ce qui a changé depuis, à la vérité, c’est bien plutôt la
croyance en la possibilité de réaliser un tel objectif. L’idée de révolution
sociale a été pour beaucoup reléguée aux oubliettes des utopies (ringardes) ; il
s’agit de l’en faire sortir.


L’action directe comme levier du changement

Dans les années 70, diverses dynamiques contestataires (mouvements des femmes, des
homosexuel-le-s, écologiste, antimilitariste, communautaire…) ont tenté de peser
suffisamment sur une société française autoritaire et sclérosée pour la forcer à se
transformer, sinon pour la faire exploser. A l’inverse des lobbies, ces mouvements
étaient composés de gens agissant sur le terrain sans relais institutionnels, et
ayant souvent pour démarche de l’occuper sans se soucier des politiques – comme en
Mai 68, où la prise du pouvoir institutionnel n’a pas été recherchée : la
révolution se faisait dans la rue. Et si des structures partidaires ou syndicales
ont fini par mettre le grappin sur certains d’entre eux, elles n’y sont parvenues
qu’une fois ceux-ci arrivés à bout de souffle – pour se repaître de leur cadavre,
qui les a cependant revigorées en renouvelant partiellement leur personnel militant
(voir le PSU ou la CFDT…). A la base de ces grosses mobilisations, donc, il y a
cette idée d’action directe. La délégation de pouvoir, avec ses porte-parole
déclarés et permanents, est rejetée au profit d’une rotation des mandats et
d’autres pratiques de démocratie directe (le même esprit provoquera l’apparition de
coordinations dans les luttes des années suivantes jusqu’à aujourd’hui) ; et la
méfiance à l’égard du personnel politique et syndical s’élargit aux experts, aux «
spécialistes » de tout poil (en particulier dans l’antinucléaire). Ainsi se
manifeste un héritage libertaire qu’avaient notamment mis en pratique les comités
d’action en Mai 68, mais enrichi par les luttes en cours – comme celle des femmes,
dont la richesse de la presse et des thèmes qu’elle aborde de même que
l’originalité des interventions traduisent l’extrême dynamisme.

Dans un certain nombre de têtes chante alors l’idée maîtresse de L’An 01 : on
arrête tout, on réfléchit et on recommence (et en plus c’est pas triste !). Parmi
les infiniment diverses idées émises et réalisations tentées, il y en a qui visent
à prendre en charge les besoins individuels et collectifs à l’échelle humaine, sur
la base de l’utilité sociale et non des profits du système marchand ; de la
jouissance sexuelle et de la libération individuelle au sein de la collectivité, et
non de l’aliénation et l’asservissement à qui ou quoi que ce soit.
Ces années 70 portent vraiment la marque de l’« anti-tout » – et aussi parfois du
n’importe quoi, du « folklorique » limite grotesque, ajoutera-t-on pour éviter que
ce tableau ne paraisse par trop idyllique. Y sont remises en cause toutes les
institutions (armée, justice, prisons, ordre des médecins, Eglise…), la
contestation investissant tous les terrains (environnement, pédagogie, sport,
santé, psychiatrie…), tous les rapports (de couple, parentaux, d’éducation…) et
tous les sujets (le progrès, la science, la publicité, la marchandisation des
corps…), s’attaquant à toutes les normes et contraintes (et la libération sexuelle
des femmes, des homos, des enfants, des « vieux » revendiquée commence déjà par la
reconnaissance de leur sexualité, jusque-là largement niée). Le militantisme
lui-même est passé au crible de la critique féministe, qui pointe le cantonnement
des militantes dans les tâches basiques, matérielles plutôt qu’intellectuelles – la
représentation politique et syndicale (en particulier la prise de parole en public)
étant l’affaire des hommes, dans les groupes révolutionnaires comme ailleurs (5).
Cette dénonciation ainsi que les formes d’intervention et de fonctionnement
choisies par le Mouvement de libération des femmes traduiront une forte volonté de
démocratie à la base – même si, là comme ailleurs aussi, il y aura tentative de
contrôle du mouvement par certaines de ses composantes, en particulier le groupe
Psychépo (sous l’emprise intellectuelle d’Antoinette Fouque) avec sa marque déposée
(6). L’« alternatif » est partout, avec sa presse multiforme (à côté d’Actuel, La
Gueule ouverte ou Libération, il y a les journaux de « contre-information » dans
les quartiers, les entreprises…). Le « parallèle » également, avec ses écoles (le
lycée autogéré de Saint-Nazaire, par exemple, où confection des repas, ménage et
travail administratif et pédagogique sont assurés à tour de rôle par des équipes
composées d’enseignant-e-s et d’élèves), sa médecine (comme la clinique de La
Borde, où des commissions de patients et de soignants prennent en charge les
problèmes matériels et décisionnels concernant le lieu de soins)… On parle de là où
on est (des sportifs font la critique du sport en tant que compétition, et
cherchent à développer des pratiques reposant sur un autre esprit que le
mercantile…). Dans la relation parents-enfants, on voit se manifester le souci
d’une éducation tournée vers l’autonomie, et non vers la conformation au rôle
imposé aux filles et aux garçons et à leur futur statut social, avec l’envie d’en
faire le plus possible des êtres libérés dans leur tête et leur corps. Et puis la «
résistance active », quoique très minoritaire, s’organise dans bien des secteurs
(dans certains établissements, des profs refusent de mettre des notes, ou donnent
la moyenne à tout le monde…).

Le mouvement underground venu des Etats-Unis, quant à lui, participe par les
nombreux thèmes que sa presse aborde (telles la libéralisation des drogues, la vie
en communauté ou la musique rock) à la création de tout un environnement pour une
masse de gens. En ces temps-là, on se parle et on se comprend sans forcément se
connaître, sur la base de nouvelles valeurs et références communes – pas besoin de
faire les présentations pour « communiquer ».


Le travail comme engrenage réformiste

Comment, se demandera-t-on dès lors, un tel foisonnement d’idées et d’expériences
subversives, s’accompagnant volontiers d’un humour décapant, a-t-il pu céder la
place à la sinistrose des années Mitterrand ? On ne prétendra pas ici apporter « la
» réponse à cette interrogation (elle n’existe de toute façon pas) ; en revanche,
on peut dire que, parmi les facteurs ayant joué, il y a eu le choix du lieu de vie
et d’intervention – et, dans la foulée, celui de l’activité, salariée ou non.

Vivre et agir dans le système ou en dehors ? Un sujet débattu avec passion dans
l’après-68… Certain-e-s ont opté pour l’expérience communautaire, avec souvent un «
retour à la terre » ou « au pays ». D’autres, sans aller aussi loin dans la rupture
avec le couple ou la famille cellulaire, se sont maintenus ou insérés dans des
réseaux militants pour les animer, mais aussi pour mener une existence le plus
proche possible de leurs aspirations en se protégeant de la pollution ambiante.
S’est néanmoins posée à toutes et tous la question des ressources matérielles
permettant de subsister. Autrement dit, du travail.

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MessageSujet: ..   Mer 5 Nov - 12:34

La dynamique des communautés a conduit à une mise à l’écart de la « vie normale »,
dans un souci de débrouille à la fois personnelle et collective qu’accompagnait ou
non une démarche militante. Certains de ces groupes étaient porteurs d’un projet
politique alliant autarcie économique et autonomie individuelle – avec l’espoir,
même, de parvenir un jour à submerger la « société pourrie », selon la théorie des
taches d’huile allant s’élargissant ; d’autres voyaient juste dans l’organisation
de vie collective le moyen d’arriver à se tenir en marge du système. Quant à la «
solution » économique de produire dans les communautés quelque chose de vendable
(7), elle a eu un succès tout relatif – les fromages de chèvre ont pu s’avérer un
projet viable à défaut de rendre riche, mais l’élevage d’escargots et autres
bestioles assez délicates a capoté sans tarder. Pour finir, une lassitude
individuelle cumulée au reflux de la dynamique alternative a entraîné la
quasi-disparition du mouvement communautaire : s’il subsiste dans certaines régions
de France diverses strates de telles expériences, les plus récentes correspondent
davantage au choix de survie économique fait par des personnes rejetant le système
en place qu’à une stratégie visant son renversement.

En dépit de bien des errements, la dynamique communautaire a présenté l’intérêt
d’une recherche d’organisation sociale en opposition complète avec l’existant, et
qui passait par une réflexion sur des sujets tels que l’argent (à mettre en commun
? faire disparaître ? remplacer par le troc ?…) et la volonté de s’asseoir sur les
tabous : tout pouvait se discuter et se contester, rien n’était figé. Et là, la
pierre d’achoppement a sans doute été la question de la domination, à travers les
relations sexuelles, difficiles à vivre de façon aussi libérée que souhaité
théoriquement, et n’échappant ni aux manifestations de jalousie et de possessivité
ni aux phénomènes de gourou – pas seulement mâle. Les envies de libération sexuelle
ont ainsi fait exploser bien des groupes (même si la raison invoquée était plutôt
la non-participation aux tâches matérielles, beaucoup plus facile à dénoncer).
Elles n’en demeurent pas moins aussi attractives que la nuit des barricades en Mai…
et bien plus rigolotes que l’ère glaciaire du sida, entre moralisme et puritanisme.
Cependant, la grande majorité des gens en lutte est entrée ou restée dans le
salariat, tout en ayant conscience de l’aliénation que celui-ci impliquait. Si
l’établissement en usine a été un phénomène aussi faible que temporaire, beaucoup
ont vu en effet dans le salariat le moyen de gagner leur vie, mais aussi d’agir
avec d’autres acteurs et actrices d’un changement toujours souhaité ; il leur
paraissait peu évident d’échapper au système en s’en excluant, et moins encore de
lui nuire ce faisant. Avec le temps et l’absence de perspectives révolutionnaires,
leur démarche a toutefois évolué fréquemment vers une pratique réformiste, avec
adhésion à un syndicat pour « continuer à faire quelque chose malgré tout », à
mesure que l’enjeu des combats à mener se réduisait à la défense des acquis.

Mais pas mal d’autres, par refus de s’investir dans le travail, se sont
cantonné-e-s autant que possible aux temps partiels bêtes et méchants, ou aux
petits boulots au noir avec multiplication de trucs et combines pour s’assurer
l’assistanat-malgré-lui de l’Etat et « ne pas perdre sa vie à la gagner ». Et cette
démarche-là, rendue de moins en moins facile par la situation de l’emploi, les a
marginalisé-e-s car elle ne favorisait guère l’action solidaire avec les «
collègues ». En outre, nombre de réseaux militants ont dérivé vers des « espaces de
liberté » assurant convivialité et entraide à leurs membres, mais ne se manifestant
plus guère que dans les actions de solidarité (avec les sans-papiers…) ou
épidermiques (contre le « fascisme »…). Quand ce ne sont pas devenus de simples
mouvances ghettoïsées et peuplées d’« ex » plus ou moins nostalgiques,
cramponné-e-s à un code de bonne conduite de plus en plus apparenté au «
politiquement correct » de gôche …
Tout cela alors que la société française est plus que jamais de classe, avec des
riches toujours plus riches et une domination masculine qui, pour être moins
criante, n’en demeure pas moins réelle. Alors que l’idéologie sécuritaire y est
prégnante au point de faire largement accepter, pour le « bien » de sa famille ou
de la collectivité, la vidéosurveillance jusque dans la chambre des nourrissons et
les écoles, ou encore la prise d’ADN pour les « déviants » de tous ordres. Alors
que l’idée de « service public » s’y résume presque à la défense des valeurs
républicaines et de sa laïcité contre les attaques « néolibérales »…

N’empêche : quiconque a « loupé » le joli mois de Mai pour avoir été de quelques
années trop jeune aura eu, au cours des années 70, l’impression aussi marquante que
jouissive de « vivre vite », intensément ; et de pouvoir changer des choses dans
cette société, en agissant ensemble et sans intermédiaires. Les grandes dynamiques
contestataires d’alors se sont bien vu reprocher par des soixante-huitards leur
côté parcellaire, mais cette critique est à nuancer fortement. Par exemple,
beaucoup de femmes en mouvement ne se limitaient pas à l’antipatriarcat : on
pouvait les retrouver dans les rassemblements antinucléaires, antimilitaristes,
antiracistes… et anticapitalistes. La revendication de l’« avortement libre et
gratuit » était quant à elle aussi un combat de classe, les « riches » ayant
toujours la possibilité d’aller se faire avorter à l’étranger… Hormis les réunions
des groupes femmes où la non-mixité requise éliminait de fait la gent masculine,
toutes ces mobilisations étaient très peu étanches : on croisait dans les débats
comme dans les manifestations des « handicapés méchants », des membres du Comité
d’action des prisonniers ou du Front homosexuel d’action révolutionnaire, des
écolos, des militant-e-s révolutionnaires… – tout ce petit monde avec son journal
et ses signes de reconnaissance. En vérité, le problème n’a pas tant été le
cantonnement militant à telle ou telle lutte que la connexion entre les diverses
luttes – difficile à réaliser, et pourtant condition d’un réel rapport de forces
avec le pouvoir. Si militer sur tous les terrains est matériellement et
physiquement impossible, il faut en revanche tenter sans cesse d’établir entre eux
des ponts, toujours plus de ponts, afin que la nécessité d’un changement global
finisse par sauter aux yeux comme étant ce qu’elle est : une évidence.

Vanina


(1) Sur ce sujet, voir entre autres Mai 68, un mouvement politique, de Jean-Pierre
Duteuil, Acratie, 2008.

(2) Extrait de l’article « Mai à Saclay », dans le dernier hors-série Courant
alternatif - Offensive.

(3) Pour en revenir aux tâches domestiques, si elles ne figurent pas dans les
données statistiques sur ce registre, c’est parce que les gestionnaires du système
les évacuent comme n’étant pas un « vrai » travail puisque ne requérant guère de «
compétences » et ne devant pas être rémunérées… Sauf quand il s’agit de leur propre
ménage, car, ne voulant pas gaspiller leur précieux temps à le faire, ces
gestionnaires en confient la mission à d’autres contre paiement. A vrai dire, la
révolution maoïste n’est pas tant critiquable pour avoir envoyé un temps les
intellos aux champs que pour avoir abouti à l’instauration d’un nouvel ordre
inégalitaire aux mains d’un Parti tout-puissant.

(4) Nombre d’« experts » attribuent cette attitude au développement de
l’individualisme (dont la « bof génération » des années 80 serait une parfaite
illustration), la soif de plaisirs « égoïstes » étant elle-même expliquée à
l’occasion par Mai 68 – alors que ce mouvement a bien plutôt valorisé les notions
d’intérêt collectif, de solidarité et d’internationalisme !

(5) Les images le plus souvent visionnées par les médias dans les commémorations de
68 font évidemment ressortir le leadership masculin bien davantage que la
participation des femmes dans les actions de rue et la vie des comités d’action –
c’est la conception classique de la « politique ». Cette participation a pourtant
été aussi large qu’active, et bien sûr pas seulement pour ce qui était de réaliser
les tâches matérielles.

(6) Concernant le MLF, on peut se reporter à l’ouvrage de l’OCL intitulé
''Libération des femmes et projet libertaire'' (pp. 51-70, Acratie, 1998) où un
certain nombre de pistes ont été avancées pour expliquer l’arrêt de sa dynamique.

(7) Si, contre la fabrication à la chaîne, massive et stéréotypée d’objets, il a pu
y avoir en leur sein une création originale parce que personnelle et de type
artisanal (tissage, macramé, peinture sur soie…), l’engouement persistant pour l’«
esprit » de Mai dans la société française a très vite incité les circuits
commerciaux habituels à en proposer – jusqu’à nos jours, puisque le prêt-à-porter y
revient périodiquement, avec ses articles made in India ou exportés d’autres pays à
main-d’œuvre surexploitée.


[ texte paru dans Courant alternatif # 183 et repris du site
http://oclibertaire.free.fr ]

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