LES PAYS DE COCAGNE

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 le monde libertaire

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kamchatk
Invité



MessageSujet: ...   Lun 13 Nov - 17:16

*** L’édito

Bien que la semaine dernière, les nouvelles que nous recevions d’Oaxaca
n’avaient
rien d’optimiste, cette semaine, une chose est sûr, c’est que le peuple
d’Oaxaca
n’est pas près à abandonner leur combat. L’une des raisons de cette
combativité est
sans nul doute la prise de conscience de l’ensemble du peuple d’Oaxaca
de ses
objectifs communs. Pendant ce temps, de l’autre coté de l’atlantique,
les médias
fêtaient comme une victoire la prise de la ville par la police… mais
une victoire
pour qui ?

Dans le même temps les salariés de la SNCF appel à une manif éclair de
24h pour des
revendications fort légitimes sur leur rémunération et contre la
précarité de
l’emploi.

Mais des grèves ponctuelles, qui s’arrêtent avant toute victoire, sans
communication vers les autres exploités, peut-elle est soutenu par
l’ensemble des
travailleurs ?

Il est bien évident que non, les patrons le savent, les médias et
l’Etat en jouent
! Je vois déjà les gros titres sur les prises d’otages, la rupture du
service
public, la minorité des grincheux contre la majorité silencieuse qui
veut
travailler, accompagné d’un zeste de « goût de l’effort » et de «
mérite » …
Le manque de communication et aucune recherche de convergence des
revendications
par les exploités, la stigmatisation des uns par les autres puis des
autres par les
uns exacerbé aux JT…

Les jeunes de banlieue contre les vieux de la ville, les ouvriers d’une
boîte
contre les employés d’une autre… « la france qui travaillent » contre
les «
assistés »… Dès qu’une quelconque forme de lutte est
entreprise, les médias la tourne en ridicule (ou en menace), présente
les
protagonistes comme tantôt des emmerdeurs tantôt des voyous. Personne
ne demande à
l’autre si nous luttons pour la même chose. Et personne ne se demande à
qui profite
la division.

À Oaxaca, la convergence des revendications n’est pas le fait des
médias, mais par
le militantisme, par le dialogue, par l’ouverture des uns vers les
autres. C’est ce
qui fait le rapport de force en leur faveur.
C’est nos objectifs qui doivent nous diviser, pas notre lieu de travail
ou notre
lieu de vie.

Il est essentiel de se demander à qui profite la division ? De tout
temps soutenu
soit par les Religions, soit par l’Etat, soit par les Médias, soit par
les
Syndicats avides de pouvoir, et parfois par plusieurs à la fois. De se
demander
aussi à qui profite la criminalisation des pauvres, de ceux qui
luttent, de ceux
qui militent ?

Et enfin pour finir avec Brassens : mais que diable… et pourquoi y
a-t-il des
gendarmes !...


*** Le sommaire

Écologie, « Parlez-moi tunes, y’a qu’ça qui m’intéresse » !, par
P.Schindler, page 3
Si Nicolas m’était conté, par M.Rajsfus, page 5
L’autruche descend le Yangtsé, par F. Ladrisse, page 5
Brèves de combat, page 6
Nouvelles des fronts, par Hugues, page 7
Grève éclair à la SNCF, par S. Chemin, page 8
Oaxaca résiste, par Pascal, page 9
Saint-Ouen, Rroms et sans-papiers, par Rébecca, page 10
Scène de l’homophobie ordinaire, par P. Schindler, page 11
Appel du conseil central ouvrier du Grand-Budapest, page 12
Vous rêviez de cités idéales, par R. Gaillot, page 15
La virgule, par G. Molinier, page 16
Le hasard s’attaque à la police, par G. Collin, page 17
Les films à voir, par H. Hurst, page 18
Apologie du blasphème, par J. Rocchi, page 19
Radio libertaire, page 22
Agenda, page 23


*** Et en prime un article de Pascal :

Oaxaca ne sera jamais vaincue

EN QUATRE MOIS ET DEMI, la commune libre de Oaxaca a connu de nombreux
assassinats
perpétrés par des militants, policiers et élus du PRI du gouverneur
Ulises Ruiz.
Ceux-ci ont abattu 15 personnes en tout.
L’offensive de la police fédérale préventive (PFP) a été justifiée par
le Président
Vicente Fox afin de mettre fin aux violences, notamment à la suite des
quatre
assassinats du 27 octobre. Le lendemain, la PFP entre dans la commune
de Oaxaca et
démantèle les barricades. La résistance de l’APPO est pacifique mais
est incapable
de faire face à la police et aux moyens colossaux mis en œuvre
(blindés, canons à
eau, hélicoptères, policiers armés de mitraillettes, etc.). Les
barricades
protégeant Oaxaca ne tiennent pas longtemps et trois manifestants
meurent des
violences policières… les premiers assassinés par l’État.

Les 4500 hommes de la police anti-émeute reprennent le contrôle du
centre-ville et
délogent
le campement des grévistes.

Les assassins qui ont ensanglanté Oaxaca pendant plusieurs mois, eux,
ne sont pas
inquiétés. Certains sont clairement identifiés et connus mais ne sont
pas arrêtés
par la police. Le président Fox prétend rétablir la paix : « à Oaxaca,
la paix
sociale et la tranquillité sont revenues », alors qu’il ne fait que
réprimer un
mouvement populaire pacifiste et laisse tranquille les responsables des
meurtres.
Ceux-ci continuent même les menaces de mort à l’encontre de l’APPO
ainsi qu’à la
Ligue mexicaine des droits de l’homme. De même, des militants du
CIPO-RFM («
Consejo Indígena Popular de Oaxaca “Ricardo Flores Magón” ») ainsi que
deux
anarchistes nord-américains (du Pittsburgh Organizing Group – POG) ont
été menacéS
par des priistes.

L’occupation du centre-ville par la PFP a donné lieu aussi à des
exactions. Des
magasins ont été pillés par les policiers, qui sont entrés également
dans des
habitations. Alors qu’il n’y avait pas eu de problèmes importants de
vol durant les
quatre mois d’occupation de l’APPO et de l’absence de police. Celle-ci,
censée
rétablir la paix, est seulement un facteur de troubles et de chaos.

De la résistance non-violente à l’offensive

L’APPO est un mouvement populaire pacifiste qui se traduit, entre
autres, par un
refus de la confrontation avec les policiers et de l’utilisation de
moyens violents
contre eux. Ainsi, le 29 octobre, le mot d’ordre était-il de défendre
les
barricades mais d’éviter la confrontation violente avec la police. Le
mouvement
populaire veut mettre fin aux violences et refuse donc l’emploi des
mêmes méthodes
que l’ennemi.

C’est un mouvement qui se veut aussi exemplaire et veut faire taire les
calomnies
propagées par les médias mexicains. L’APPO ne voulant pas tomber sur le
terrain de
la réaction, la meilleur arme de résistance c’est la mobilisation
populaire la plus
large.

Ce pacifisme intégral ne fait toutefois pas l’unanimité, car il y a
bien eu
quelques affrontements avec la PFP, des manifestants avaient même
réussi à
incendier des cars de police.

Mais ces actions ont été considérées comme des provocations par l’APPO.
De plus, la
prise de la ville par la police a été facile et a quasiment mis un
terme à la
Commune de Oaxaca.

Le 2 novembre, la police tente de démanteler les barricades de la cité
universitaire et de mettre fin à la dernière radio de l’APPO.
L’université
constitue alors un des derniers bastions de la rébellion. Elle dispose
également du
statue d’autonomie, donc les forces de police et armées n’ont pas le
droit d’y
pénétrer. Le rectorat soutient alors les étudiants. La police justifie
l’invasion
car il y aurait prétendument des armes cachées. Pendant plus de six
heures,
l’université subit l’assaut de la police ainsi que de groupes priistes
armés (qui
eux, bien sûr, ne sont pas inquiétés). La radio permet de mobiliser et
d’appeler la
population à défendre l’université. Des milliers de gens convergent
alors qui
utilisent des lance-pierres, des frondes, des cocktails molotov, etc.,
contre la
PFP qui, peu à peu, se fait encercler par la foule.

Des paramilitaires priistes tirent des coups de feu sur les révoltés de
Oaxaca,
mais heureusement il n’y a pas eu de mort. La PFP est alors obligée de
reculer.

L’APPO, vers 14 heures, appelle à l’offensive générale populaire et,
peu après, la
PFP reçoit l’ordre de se retirer jusqu’à l’aéroport. Il y a eu 32
arrestations et
70 blessés. Des personnes, dont des enfants, ont aussi été enlevées
dans des
camionnettes. Ces affrontements ont montré que si l’APPO refuse la
violence, le
peuple n’a pas non plus l’intention de se laisser tirer dessus sans
réagir1.

Vers une mobilisation populaire large

Suite à cette victoire, plusieurs décisions ont été prises. Des
barricades doivent
être de nouveau construites dans la capitale et une grande
manifestation va avoir
lieu dimanche prochain qui ne sera pas seulement dirigée contre le
gouverneur
Ulises Ruiz mais aussi contre le Président Fox. L’intervention
policière contre
Oaxaca a ainsi radicalisé encore un peu plus la population.

Depuis l’occupation du 28 octobre par la PFP, une vaste mobilisation de
soutien
s’est déclenchée à travers tout le Mexique. Des manifestations ont eu
lieu à México
et des avenues ont été bloquées. La Otra Campaña et les zapatistes ont
effectué
aussi des barrages sur les routes du Chiapas. Des renforts sont venus
soutenir la
population à Oaxaca. Les professeurs menacent de provoquer des grèves
dans tout le
pays.

Des dizaines de rassemblements de soutien ont eu lieu à travers le
monde devant les
ambassades et les consulats du Mexique. Une journée d’action
internationale de
solidarité avec la Commune libre de Oaxaca aura lieu le 20 novembre.

Au bout de presque cinq mois, ni le gouverneur ni la police fédérale
n’ont réussi à
en finir avec l’insurrection populaire. La victoire du 2 novembre a
permis de
sauver la Commune de Oaxaca, mais celle-ci se trouve toujours en
danger. La lutte
continue.

Pascal

groupe Claaaaaash

1. « Nous appelions seulement à la résistance pacifique, toutes nos
actions se sont
réalisées dans l'ordre et de manière pacifique, nous avons donné ordre
de se
replier et de ne pas tomber dans les provocations, nous appelons à ne
pas tomber
dans les provocations dues au agressions de la PFP. Mais apparemment
les messieurs
laquais de l'impérialisme, MM Fox et Calderón, confondent prudence et
débilité, ils
confondent pacifisme et couardise et, croyant que le peuple de Oaxaca
est un peuple
de lâches, ils essaient d'en finir avec lui », in Communiqué du 2
novembre de
l’APPO.


*** Agenda du Monde libertaire

Jeudi 9 novembre

Paris 18e
Une femme seule de Dario Fo et Franca Rame, mise en scène Philippe
Chauveau, au
Funambule, les jeudis, vendredis et samedis à 20 heures en octobre et
novembre, au
53, rue des Saules. Métro Lamarck-Caulaincourt. Réservation conseillée
au
0142238883.

Vendredi 10 novembre

Clermont-Ferrand
Neptune + guests – 20h30 prix libre au Raymond’s bar (espace autogéré),
77, avenue
Édouard-Michelin.

Samedi 11 novembre

Mazauges (83)
Maudite soit la guerre! Le groupe Nada organise un rassemblement devant
le monument
pacifiste de Mazauges à 10h30 suivi d’un repas.

Paris 20e
Rencontre Débat et vidéo Coca Cola assassine, avec Marco Antonio Sosa
(militant
d’Estudios libertarios de Bogota) sur l’assassinat des syndicalistes
colombiens
(1925 morts en 2002, 64 morts en 2003), à 18 heures, au 33, rue des
Vignoles

Besançon (25)
Rassemblement antimilitariste, rue Bersot. Nous rebaptiserons la rue en
« rue
Bersot — fusillé pour l’exemple ».

Paris 5e
Projections: Les Petits Soldats, Na Citade Vazia, La nuit de la vérité,
Un héros.
Débats: Cabinda, Enfants soldats, etc. Lectures. Expos: Collages de
Chari
Goyeneche, toiles de Zecarias Tedros, Cartes à gratter d’Yves Chambon.
Tables de
presse et buvette, de midi à minuit, Espace culturel La Clef, 21, rue
de la Clef,
Paris 5e. Info: www.unionpacifiste.org

Dimanche 12 novembre

Clermont-Ferrand
USA is a monster (noize rock des USA) + Animental (trio féminin / perf
muzikale,
USA), à 20h30, au Raymond’s bar, 77, avenue Édouard-Michelin. Prix
libre.

Paris 5e
Voir samedi 11 novembre

Mardi 14 novembre

Évreux (27)
Diffusion du documentaire Putain d’usine d’après le livre de
Jean-Pierre Levaray, à
20 heures, au Cinéma Ciné Zénith, 3, rue du 7e Chasseurs.

Clermont-Ferrand
Bananas at the audience + guest orga Kwack, à 21 heures, au Raymond’s
bar, 77,
avenue Édouard-Michelin.

Mercredi 15 novembre

Sarlat (24)
« Causerie libertaire » sur différents thèmes au choix des personnes
présentes,
organisé par le groupe Drapeau noir Périgord de la Fédération
anarchiste, au Café
Lébérou, 5, rue Jean-Jacques Rousseau.

Jeudi 16 novembre

Nîmes
Conférence-débat avec Franck Mintz, historien et auteur de sur la
révolution
espagnole de 1936 à 39 et des circonstances culturelles et
sociopolitiques qui
permirent les idées de l’AIT de s’enraciner dans des familles ouvrières
et
paysannes dans la plupart de région d’Espagne dès 1870, à 20 heures, au
Centre
Pablo Neruda, rue du Cirque Romain, salle de l’auditorium.

Vendredi 17 novembre

Paris 18e
Du 17 au 19 novembre: à l’occasion des Portes ouvertes D’Anvers aux
Abbesses,
exposition de peintures de
Rébecca Gruel, à la bibliothèque La Rue, 10, rue Robert-Planquette.
Métro Blanche
ou Abbesses.

Besançon (25)
Présentation du journal Le jouet enragé et débat autour de la situation
en Bolivie
(luttes du gaz, élections). Rdv à la librairie L’Autodidacte, 5 rue
Marulaz, à
20h30.

Clermont-Ferrand
Tour de pétale au biau-jardin (63 — Gerzat) végétalisez votre moteur,
adaptation
100 % avec des mécaniciens du 17 novembre au 20 novembre – formation
continue de 9
heures à 18 heures le 18 novembre au biau jardin, 52, avenue de la
République.

Vendredi 13 novembre

Saint-Denis (93)
Le groupe Henry Poulaille et la Société de défense des laïques
reçoivent Charlie
Hebdo en procès, avec le dessinateur Charb, Le droit au blasphème avec
Marc
Silberstein, Épistémologue et animateur des Éditions Syllepse, à 19h30
à la Bourse
du Travail, 9, rue Génin (métro ligne 13 station Porte de Paris)

Samedi 18 novembre

Bordeaux
Espagne 36: rencontre avec les giménologues, présentation et débat
autour du livre
Les Fils de la Nuit: Souvenirs de la Guerre d’Espagne d' Antoine
Gimenez, en
présence des Giménologues, projections commentées de films d’époque sur
la
révolution et le front d’Aragon, expo de peintures et de photos, apéro
chantant
avec la Chorale Le Cri du peuple, repas, à 16 heures, à l’Athénée
Libertaire, 7,
rue du Muguet.


Le Monde libertaire, hebdomadaire de la Fédération anarchiste
Chaque jeudi dans les kiosques, 24 pages en couleurs d'actualité
anarchiste
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kamchatk
Invité



MessageSujet: ...   Sam 25 Nov - 15:35

Il faut vivre comme on pense, sinon tôt ou tard on finit par penser
comme on a vécu. »
Paul Bourge

L’édito :

685000 victimes aujourd’hui! Non, il ne s’agit pas d’un tsunami ni d’un
tremblement de terre, pas même d’un cataclysme nucléaire. Non, cette
catastrophe n’est pas que ferroviaire ou aérienne. Ce n’est même pas le
nombre de victimes des multiples guerres qui ensanglantent notre
planète,
qui, quoique très impressionnant, n’atteint pas ce chiffre journalier ;
ces 685000 victimes ne sont pas tombées sur le champ d’honneur, car il
n’y
a aucun honneur à perdre sa vie à la gagner, elles ne se sont pas non
plus
sacrifiées pour un idéal, ou du moins pas le leur. Ce nombre
abracadabrantesque est celui des victimes d’accident du travail chaque
jour. À l’heure où l’UMP du comte Sarközy de Naguy Bocsa vient de
sortir
son programme de gouvernance pour la prochaine législature, mettant en
avant la valeur du travail, où Madame Royal a été plébiscitée candidate
officielle des socialistes pour la magistrature suprême, elle qui met
aussi le travail comme valeur suprême à inculquer à nos enfants, cette
statistique fait froid dans le dos. Le parallèle qui peut être fait
avec
les deux guerres mondiales qui décimèrent les populations du siècle
dernier, c’est que c’est toujours celui qui dit qui envoie les autres
au
casse-pipe à sa place. Avant de glorifier le travail et de faire des
esclaves du capitalisme des héros des temps nouveaux, nos cols blancs
devraient appréhender un peu plus qu’à travers un stage d’un mois l’été
(alors qu’ils étaient étudiants et voulaient se payer une moto), ce que
c’est que d’avoir à se lever tous les matins pour aller rejoindre la
cohorte des exploités qui comme soi triment en essayant de se résigner
à
accomplir des tâches abrutissantes afin d’essayer d’éponger leurs
dettes.
Cette glorification du travail va de pair avec le culte d’une nation
forte, et si de nos jours les économistes ne comptent plus trop sur une
guerre entre pays développés pour garantir une relance économique –
quoique des pays comme les États- Unis ou Israël n’aient toujours pas
renoncé à fomenter des guerres pour renforcer leur cohésion nationale
–,
ils nous entraînent vers une guerre économique qui ne fait pas moins de
victimes. Les dégâts collatéraux de cette guerre mondiale économique
sont
innombrables, outre les accidents du travail qui augmentent
exponentiellement en fonction de la productivité, l’émigration prive de
forces productives les pays qui en auraient le plus besoin. Arrivés
dans
nos pays riches, ces immigrés, loin de nous ôter le pain de la bouche,
viennent renforcer nos économies. Les frontières ne sont là que pour
nous
diviser afin que les puissants qui nous gouvernent puissent mieux
régner;
alors qu’eux et leurs entreprises ne connaissent ni patrie ni
frontière.


Le sommaire de monde libertaire # 1456 :

L’immigration de travail et le marché de l’emploi, par F. Roux, page 3

Les États généraux de la prison, par J.-P. Gault, page 5

Brèves de combat, page 6

Retour sur la grève à La Poste, par DZK, page 7

Soutien à Benjamin Deceuninck, par le groupe Gard Vaucluse, page 8

Dernières nouvelles de Oaxaca, par A. Stevens, page 9

Aux abonnés absents, par Thierry page 10

Le permis de chasse, par B. Noël, page 11

Le réchauffement global, ou pas? par P. Pelletier, page 12

Oaxaca: situation et perspectives, par Raoul Vaneigem, page 15

GB 84: le livre, par Tsinapah, page 16

1984 : retour sur une grève, par J.- M. Destruhaut, page 17

Les enfants perdus de Budapest, par F. Gomez, page 20

Un Dimanche de la Vie, par Olivier Pinalie, page 21

Radio libertaire, page 22

Agenda, page 23


Et l’agenda du Monde libertaire :

Jeudi 23 novembre

Paris 18e
/Une femme seule/ de Dario Fo et Franca Rame, mise en scène Philippe
Chauveau, au Funambule, les jeudis, vendredis et samedis à 20 heures en
octobre et novembre, au 53, rue des Saules. Métro Lamarck-Caulaincourt.
Réservation conseillée au 01 42 23 88 83.

Nîmes
Conference-débat sur le thème « Exil espagnol et politiques
d’immigrations, ou comment le droit d’asile s’est réduit en peau de
chagrin. ». Olivier Roux interviendra sur l’ « accueil » en France des
exilés espagnols. Jean-Paul Nunez décrira l’évolution des politiques
d’immigration vers une situation du tout répressif et fera état des
centres de rétention actuels à 20 heures, au Centre Pablo Neruda, rue
du
Cirque Romain, salle de l’auditorium.

Strasbourg
« Être libertaire aujourd'hui ». Rencontre-débat avec Ronald Creagh
(Université de Montpellier; revue Réfractions...)Organisée par le
groupe
de Strasbourg de la Fédération anarchiste, à 20 heures, à la Maison des
associations, place des orphelins.Entrée libre. Table de presse.

Vendredi 24 novembre

Verneuil-Sur-Avre
Diffusion du documentaire /Putain d’usine/ d’après le livre de
Jean-Pierre
Levaray, à 19 heures, au Cinéma le Trianon, 108, rue Canon.

Clermont-Ferrand
Los dolares (HxC politik du Venezuela), au Raymond’s bar (espace
autogéré), 77, avenue Édouard-Michelin.

Massy (91)
Soirée thématique autour de « La décroissance, un anticapitalisme
joyeux
» à l’initiative de la CNT 91 et AL! Ile- de-France Sud Massy, à 20 h
15,
Salle Lavoisier 2, Maison de la Formation et de l’Emploi, 10, avenue du
Noyer Lambert.

Paris 14e
Onzième action du collectif des déboulonneurs de Paris. Rendez-vous à
19h28 à la sortie du métro Edgar Quinet (à deux pas de la gare
Montparnasse).

Rouen
Projection-débat sur les olympiades antifascistes de juillet 1936 à
Barcelone qui se posaient en alternative aux jeux olympiques de Berlin
dans l’Allemagne hitlérienne, à partir de 20h30 à la librairie
l’Insoumise, 128 rue Saint-Hilaire

Samedi 25 novembre

Paris 11e
Manifestation contre les violences faîtes aux femmes à 14 h 30, place
de
la République.

Paris 20e
Manifestation contre les rafles à l'appel du RESF à 15 heures au métro
Belleville.

Lyon 2e
L'ensemble des syndicats CNT de l'Union Départementale du Rhône soutenu
par l'Union Régional Rhône-Alpes appelle à manifester en soutien à la
CNT
PTT, à 15 heures, place Antonin Poncet,
devant la poste centrale de Lyon.

Châlons-en-Champagne (51)
Dans le but de créer un groupe lié à la Fédération anarchiste à
Châlons-en-Champagne, nous proposons aux libertaires de l’agglomération
deux rendez-vous, le 25 et le 30 novembre 2006 à 18 heures, au café Le
diplomate, Place de la République, afin de pouvoir échanger, discuter
et
commencer à parler des éventuels projets à mener ensemble.

Mardi 28 novembre

Nîmes
Rassemblement devant le palais de justice (à coté des Arènes) en
soutien à
Benjamin Deceuninck pour le procès en appel pour refus de prélèvement
génétique à 8 h 30.

Mercredi 29 novembre

Nîmes
Projection du dernier film de Pierre Carles, /Ni vieux ni traîtres/ sur
la
lutte anti-franquiste dans les années d’exil, à 20 heures, au Centre
Pablo
Neruda, rue du Cirque Romain, salle de l’auditorium.

Jeudi 30 novembre

Paris 11e
Manifestation dans le cadre de la journée de lutte contre le sida à
18h30,
place de la Bastille.

Châlons-en-Champagne (51)
Dans le but de créer un groupe lié à la Fédération anarchiste à
Châlons-en-Champagne, nous proposons aux libertaires de l’agglomération
deux rendez-vous, le 25 et le 30 novembre 2006 à 18 heures, au café Le
diplomate, Place de la République, afin de pouvoir échanger, discuter
et
commencer à parler des éventuels projets à mener ensemble.

Vendredi 1er décembre

Elbeuf (76)
Diffusion du documentaire /Putain d’usine/ d’après le livre de
Jean-Pierre
Levaray, à 19 h 30, au Cinéma Le Grand Mercure, 6, rue P. Brossolette.

Paris 10e
Concert de Fred Alpi à 17 heures, à la Librairie La Balustrade, 25, rue
d'Alsace.

Chalon-sur-Saône (71)
Police d'hier et d'aujourd'hui, conference debat avec la participation
de
maurice rajsfus, organisée par le groupe libertaire de Saône-et-Loire
et
le collectif la Vache noire, à 20 heures salle citadelle 21, rempart
Saint-Vincent

Paris 11e
Vernissage d’oeuvres d’André Robèr, à 18 heures, à la Librairie du
/Monde
libertaire,/ 145, rue Amelot.

Samedi 2 décembre

Clermont-Ferrand
Soirée théatre avec le Théatre du Spontané vers 21 heures prix à
débattre
au Raymond’s bar (espace autogéré), 77, avenue Édouard-Michelin.

Paris 18e
Les 8 ans de bibliothèque La Rue, ça se fête! À la bibliothèque La Rue,
10, rue Robert Planquette. Métro Blanche ou Abbesses.

Nîmes
Rassemblement à 14 heures, place Montcalm, pour la liberté de
circulation
et en solidarité avec les sans-papiers.

Paris 11e
Manifestation contre le chomage et la précarité, à 14 heures, place de
la
République.

Mâcon (71)
Police d'hier et d'aujourd'hui, conférence-débat avec la participation
de
Maurice Rajsfus, organisée par le Groupe libertaire de Saone et Loire
et
le collectif la Vache noire, à 15 heures, 25, rue Gambetta, salle 3.

Dimanche 3 décembre

Fecamp (76)
Diffusion du documentaire /Putain d’usine/ d’après le livre de
Jean-Pierre
Levaray, à 16h45, au Cinéma Le Grand Large, Place Bellet.

Mardi 5 décembre

Yvetot (76)
Diffusion du documentaire /Putain d’usine/ d’après le livre de
Jean-Pierre
Levaray, à 19h30, au Cinéma Le Drakkar, 4, Rue Maréchal Leclerc.

Ivry-sur-Seine (94)
Projection du film /Putain d’usine/ (documentaire, 52 minutes, adapté
du
livre de Jean-Pierre Levaray) à 20 heures, suivied’une discussion avec
le
réalisateur, Rémy Ricordeau. Au forum Léo-Ferré, 11, rue Barbès ( face
au
vieux moulin), métro Porte d’Ivry ou Pierre Curie. Bar et petite
restauration possible.

Samedi 9 décembre

Saint-Saens (76)
Diffusion du documentaire /Putain d’usine/ d’après le livre de
Jean-Pierre
Levaray, à 21 heures, au Cinéma Théâtre, Place Maintenon.

Saint-Brieuc (22)
De 15 heures à 18 heures, petite salle Robien. Fabrice, militant
syndicaliste, nous présentera la Charte d’Amiens de 1906 et son
actualité
dans les luttes sociales et syndicales d’aujourd’hui + Témoignages sur
les
grèves de 1936 et le camp de réfugiés espagnols sur Saint-Brieuc par un
acteur direct, de l’époque : Pierre Petit. Discussions autour des
mouvements sociaux et des expériences anarchistes d’hier et
d’aujourd’hui.
Table de presse (livres, brochures anarchistes), Entrée libre. Organisé
par le Groupe Jean-Souvenance de la Fédération anarchiste, c/o CEL, 1,
rue
Yves-Creston 22 000 Saint-Brieuc.

Lundi 11 décembre

Nîmes
Débat sur le thème « L’autogestion, passé et présent et pour un autre
futur. » à 20 heures, au Mille Feuilles, 12, rue Saint-Mathieu.

Mercredi 13 décembre

Sarlat (24)
« Débats Libertaires » sur le thème de la décroissance organisé par le
groupe Drapeau noir Périgord de la Fédération anarchiste au Café
Lébérou,
5, rue Jean-Jacques Rousseau.

Lorient (56)
Le groupe libertaire Francisco Ferrer (FA Lorient) organise le mercredi
13
décembre, à partir de 20 heures, à la cité Allende, 12, rue de Colbert,
salle audiovisuelle, la projection du film « Land and freedom » de Ken
LOACH, sur la guerre civile et la révolution espagnole de 1936.
Pourquoi
Ken Loach a pu choisir un tel sujet ? Quel enseignement de la
révolution
espagnole pour les luttes d’aujourd’hui ? Entrée libre – Table de
presse.

Jeudi 14 décembre

Rouen
Diffusion du documentaire /Putain d’usine/ d’après le livre de
Jean-Pierre
Levaray, à 20 h 30, au Cinéma Le Melville, 75, Rue Général Leclerc.

Ivry-sur-Seine (94)
Récital de Gaston Couté par Bruno Daraquy accompagné au piano par
Philippe
Mira. Spectacle à 20 h 30, ouverture des portes à 19 heures, au 11, rue
Barbès, en face du vieux moulin. Petite restauration possible sur
place.

Lundi 18 décembre

Nîmes
Retour sur le VAAAG , Village Autogéré Anti-autoritaire et Anti-guerre.
À
la suite de la soirée sur l’autogestion, projection du film /À
l’épreuve
du réel/ retraçant l’expérience du VAAAG qui s’est tenu à l’occasion du
G8
à Évian en 2003. Le film sera suivi de témoignages de personnes ayant
fait
vivre ce village (si vous y étiez, venez nous raconter votre VAAAG) et
d’un débat autour de cet événement, à 20 heures, au Mille Feuilles, 12,
rue Saint-Mathieu.

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MessageSujet: ...   Lun 18 Déc - 14:08

« Le mot même de travailleur ne suppose-t-il pas qu’il y a ceux qui ne
travaillent pas? »
T-Bone Slim

*** Le sommaire :
La croissance contre l’emploi, par M. Lhourson, page 3
Lettre à un juge, par J.-M. Raynaud, page 5
L’autruche dans toute sa splendeur, par F. Ladrisse, page 5
Brèves de combat, page 6
Kessler le gros porc, par P. Schindler, page 7
RESF, par J.-P. Fournier, page 9
Le chavisme, par C. Reeve, page 11
Oaxaca en lutte, par Fred, page 14
Lâches intellectuels, par J.-P. Tertrais, page 15
Un cadre de rêve, par C. Cetti, page 18
Merci au Pentagone, par Nestor Potkine, page 20
Les amis de Radio libertaire, page 21
Radio libertaire, page 22
Agenda, page 23


*** L’éditorial :

Il y a 2007 ans, nul ne pouvait encore se douter qu’il allait se
produire
dans les jours qui suivaient un événement à partir duquel plus rien ne
serait comme avant. Un événement pourtant des plus naturels qui fera
référence dans l’histoire de l’humanité. Il y aura désormais un avant
et
un après. Cet événement est la naissance d’un enfant, le dénommé Jésus,

au milieu des chèvres sur de la paille souillée. Jusque-là, on se
demande
bien ce que cet événement peut avoir de si particulier. Et bien,
voyez-vous, ce qu’il faut savoir, c’est que sa mère prénommée Marie l’a
mis bas alors qu’elle était encore vierge. Bon, je vous entends déjà
douter, bien sûr que cela est «impossible » et que l’acte de
procréation
qui a eu lieu était sans doute trop ignoble pour qu’elle ose le
raconter.
La femme, de tout temps, n’a pu vivre sa sexualité en dehors de la
volonté
de l’homme à qui elle doit s’abandonner et dont elle doit satisfaire
toutes les envies ; que de tout temps, elle a subi des violences
ignobles
de la part des hommes et que toujours il a été difficile pour elle d’en
parler, car c’est la femme qui est toujours jugée par l’opinion
publique.
Et puis, de tout temps, dans bien des sociétés, la femme vierge a
toujours
été l’objet de nombreux fantasmes.

Finalement, dans cette histoire, son vrai silence et sa « virginité »
arrangeaient bien tout le monde, de Joseph aux fous de dieu. Ceux-ci y
ont
vu, comme ils l’ont toujours fait, un silence honteux ou de la misère
humaine à exploiter à leurs fins et, encore une fois, cela n’était pas
pour déplaire ni à Joseph ni aux autres.

Ainsi, dans quelques jours, c’est Noël, c’est la nouvelle année, c’est
des
bonnes résolutions, bref, l’espace de quelques jours on oublie les
promesses non tenues de l’année d’avant et on recommence. C’est des
cadeaux, c’est de l’argent jeté par la cheminée et finalement la même
misère dès le matin de la Saint-Sylvestre, où rien n’aura changé.

Alors, bien sûr, que vive la fête, mais comme rien n’a changé, il y
aura
toujours les mêmes qui mangeront du caviar et les mêmes qui passeront
la
nuit sous un pont.

L’équipe du Monde libertaire profite tout de même de ce non-événement
pour
prendre ses congés. La semaine prochaine, vous trouverez le hors-série
de
votre journal, qui restera dans les kiosques pour trois semaines.

Et comme rien ne change, on se retrouvera le jeudi 11 janvier pour un
nouveau numéro.


*** Et en prime un article :

La croissance contre l’emploi

SI JE VOUS DIS: « Dieu est amour », vous me rirez au nez. Vous
objecterez,
avec quelque raison, que, pour commencer, Dieu n’existe pas. Que, quand
bien même son existence pouvait être acceptée (et, ajouterez-vous, ce
n’est pas le cas), rien en l’état actuel de la science ne vient
corroborer
une affirmation selon laquelle il serait amour, haine, soupe à l’oignon
ou
n’importe quoi d’autre. Vous citerez Bakounine, certainement, au
passage.

Vous m’accuserez ensuite d’avoir voulu, par la juxtaposition
(injustifiée,
selon vous!) d’un mot chargé d’affect positif, et la répétition d’une
formule lustrée par la patine des siècles, passer en contrebande mon
Dieu
infect. Puis vous me sommerez de me rétracter, en me laissant entendre
sans équivoque qu’un recours aux voies de fait est tout à fait
envisageable.

Maintenant je vous déclare: « La croissance crée l’emploi. » Je vous
abuse, bien sûr, tout pareil. Pourtant, vous ne dites pas grand-chose.
L’économie, c’est compliqué.

Et puis on nous le répète matin, midi et soir à la télé. Si tous les
politiques, tous les économistes, tous les journalistes le disent… À la
limite, c’est plutôt ça qui vous foutrait un doute: si tous les
politiques, tous les économistes, tous les journalistes le disent,
c’est
sûrement une arnaque. Oui, vous avez raison, c’en est une.

Une première remarque, de bon sens. Le produit intérieur brut (PIB) est
un
instrument de mesure de la production. Il nous informe sur un «
résultat
», celui des heures passées à l’atelier ou au bureau, celui du travail.
Si
nous travaillons plus, ou plus nombreux, ou plus intensément, ou de
manière plus efficace, le PIB augmente; dans le cas inverse, il
diminue.

Autrement dit, la croissance est la résultante de l’emploi, corrigée
par
la productivité, et non l’inverse. Si ce résultat peut devenir une
cause,
ce n’est que dans l’usage qu’il peut être fait du produit
supplémentaire
dégagé par le travail, chacun, par exemple, travaillant moins pour une
même rémunération.

Mais c’est oublier que le capitalisme n’est pas seulement un mode de
production. C’est aussi un régime d’exploitation. En haut de l’échelle,
le
patronat s’empare pour son usage de la part du lion – nous verrons ce
qu’il en fait; en bas, il est difficilement concevable de se contenter
de
« la même » rémunération, puisque celle-ci suffit à grand-peine à
satisfaire les besoins de base. Les « fruits de la croissance »
n’échappent pas – par quel miracle? – à la lutte des classes: se les
approprie qui est assez fort pour les prendre.

Les capitalistes en jouissent à leur aise, en ces temps d’hiver
prolétarien. Et, donc, ils capitalisent, ils investissent, ils
modernisent, ils restructurent… et ils licencient (1). La croissance,
par
le mécanisme de la concurrence et la recherche de productivité, porte
en
elle les mutations techniques qui détruisent l’emploi humain. Les bras
ainsi désoeuvrés sont supposés trouver à s’employer, et venir accroître
encore la production.

En second lieu, l’instrument ne nous renseigne pas du tout sur la «
qualité » du résultat, c’est-à-dire la capacité de ce qui est produit à
répondre de manière efficiente à un besoin. Produire des milliers de
tonnes d’acier et les transformer, mettons, en un porte-avions dont
l’utilité est douteuse, compte tout autant que créer la même valeur en
logements, vêtements, nourriture ou objets de plaisir. Mieux: quand le
funeste instrument donné des preuves de son efficacité, la
reconstruction
des routes, ponts, bâtiments et autres sera, de nouveau, comptée dans
le
PIB.

Cette question de qualité a des implications plus quotidiennes.
Permettez-moi, en guise d’exemple, d’emprunter un détour. J’ai chez moi
quatre chaises. J’en tiens deux de ma grand-mère, quelques morceaux de
bois emboîtés et collés. Celles-là servent depuis un demi-siècle, et je
n’hésite jamais à monter dessus pour changer une ampoule. Les deux
autres
me viennent de mes parents, qui les ont achetées à la fin des années
soixante: tube d’acier et formica, elles ne tiennent qu’à un fil et nul
ne
se hasarderait dessus autrement que sagement assis. Elles n’ont que
trente
ans et vont vers leur trépas. Ces meubles correspondent tous à la
catégorie de ce qu’un ménage sans grands moyens pouvait se payer à
l’époque où ils furent achetés. L’équivalent moderne se trouve dans les
grandes surfaces parfois scandinaves. Leur valeur marchande est en gros
identique, leur valeur d’usage nettement inférieure de génération en
génération. Ils durent infiniment moins et cela ne doit rien au hasard.
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MessageSujet: ...   Lun 18 Déc - 14:08

L’ennemi de la production de masse, c’est la saturation du marché
qu’elle
porte en elle. La diffusion de biens durables, dont l’usage se perpétue
dans le temps, cesse d’être envisageable à mesure que les
investissements
nécessaires à la production augmentent. Si une usine peut produire un
million de chaises, alors il faut vendre un million de chaises. Si une
chaise dure cinq ans au lieu de vingt, alors on en vendra quatre fois
plus. Et l’usine sera rentabilisée quatre fois plus vite. La logique de
croissance impose, paradoxalement, de satisfaire de moins en moins bien
les besoins à mesure qu’on est capable d’en satisfaire plus.

La formule « la croissance crée l’emploi » est vicieuse à plus d’un
titre.
Non contente d’être une insulte à la raison et à la statistique, elle
passe, en contrebande comme le Dieu malpropre du début, l’idée que la
production vaut pour elle-même, indépendamment de sa capacité à
satisfaire
les besoins humains. Elle affirme que l’emploi tel qu’il est, aussi
inutile, aussi nuisible ou aussi pénible soit-il, est désirable.

Une société sainement construite s’inquiéterait de répondre aux besoins
des individus qui la composent, en fonction non seulement des capacités
techniques et des limites naturelles, mais aussi de la bonne volonté
des
intéressés à se soumettre au travail. Rompre avec la croissance, c’est
remettre l’économie à l’endroit, au service des êtres humains, c’est
choisir de consacrer moins de temps au labeur. Produire moins et vivre
mieux. Les possédants mènent la Terre à sa ruine et l’humanité à sa
perte.
Ils nous usent dans une course sans fin et sans raison. Nous pouvons
leur
arracher les moyens de production, reprendre le monde à notre compte.

Max Lhourson

1. Une part de l’investissement file aussi vers les pays dits «
émergents
», où elle sert à bâtir et faire tourner des bagnes sans nom. On
pourrait
croire que l’emploi perdu « chez nous » se retrouve là bas, peut-être
multiplié. C’est oublier que le phénomène s’accompagne des mêmes
transformations que celles qui ont bouleversé l’Europe: destruction des
structures sociales rurales traditionnelles, prolétarisation massive et
paupérisation en conséquence. Si l’on admet même que ces pays
connaîtront
un développement comparable à celui de l’Occident – ce qui est peu
probable étant donné la finitude des réserves énergétiques et minérales
de
la planète – rien ne laisse imaginer que les restructurations que nous
avons connues ici leur seront épargnées. Déplacer les problèmes n’a
jamais
été les régler.


Le PIB

Quand on parle de croissance, c’est à l’évolution du Produit intérieur
brut, qu’on s’intéresse. Ledit PIB est, selon le Dictionnaire
d’économie
de C.-D. Échaudemaison, l’« agrégat de la comptablilité nationale
fournissant une mesure de la production; il est égal à la somme des
valeurs ajoutées, augmentée de la TVA grevant les produits et des
droits
de douane nets des subventions à l’importation ».

Selon le même ouvrage: « La valeur ajoutée brute (VAB) est égale à la
valeur de la production moins la valeur des consommations
intermédiaires.
» Sous ce dernier vocable se cache « la valeur des biens et services
totalement transformés (planches pour une table) ou détruits
(électricité)
au cours du processus de production. »

Merci, Claude-Danièle!


La loi du nombre

Voyons ce que disent les chiffres, des statistiques tout à fait
récentes
(source Insee). En 1998, le PIB s’élevait à 1324,6 milliards d’euros,
et
la population active occupée à 23491700 personnes. En 2003, à 1585,2
milliards d’euros pour 25146500 actifs. Le PIB a crû de 19,67 %;
l’emploi
de 7,04 %. L’écart s’est creusé de 12,5 points en quelques années.

Déjà, le lien entre croissance et emploi paraît plus ténu: si la
première
« crée » le second, ce n’est pas, dans les faits, à un rythme
identique.
Dans la statistique récente, il n’existe aucun cas où l’emploi ait
progressé plus vite, ou même aussi vite que le PIB. Si on se penche sur
les évolutions annuelles, il n’y a qu’en 1993, année de récession,
qu’on
observe une baisse un peu plusrapide du PIB que de l’emploi: - 0,9 %
contre - 0,6 %. Retour à la « normale » en 1994, où le PIB a augmenté
de
2,1 % par rapport à l’année précédente, tandis que l’emploi reculait de
0,8 %. Même chose en 1997: + 1,9 % pour le PIB, - 1,2 % pour l’emploi.
Et
pourtant personne n’allait alors clamant « La croissance détruit
l’emploi!
» Au contraire. L’industrie automobile a connu ces dernières années une
croissance remarquable: on a produit en France en 1990 3295000
véhicules.
En 2004, 5168000 (données CCFA et Insee). Dans le même temps, 22400
emplois disparaissaient (de 253200 à 230800). Production en hausse de
56,84 %, emploi en baisse de 9,9 %.


*** Et pour finir l’agenda du Monde libertaire :

Jeudi 14 décembre

Rouen
Diffusion du documentaire Putain d’usine, d’après le livre de
Jean-Pierre
Levaray, à 20h30, au cinéma Le Melville,
75, rue du Général-Leclerc.

Ivry-sur-Seine (94)
Récital de Gaston Couté par Bruno Daraquy accompagné au piano par
Philippe
Mira, au forum Léo-Ferré, spectacle à 20h30, ouverture des portes à 19
heures, au 11, rue Barbès, en face du vieux moulin. Petite restauration
possible sur place.

Nîmes
Constitution d’un collectif de soutien aux opposants au fichage ADN au
Centre P. Néruda, rue du Cirque-Romain, à 20 heures.

Vendredi 15 décembre

Paris 20e
Lecture mise en musique d’extraits du livre de Jean-Pierre Levaray
Putain
d’usine (éd. L’Insomniaque, Agone) par la compagnie Action discrète,
Valérie Lavollé, (lecture, chant) Alain Brühl (saxophone, chant,
percussions ménagères, instruments divers…) à 20h30, chez Pascaline,
49,
rue Pixéricourt, métro Télégraphe, Renseignements, réservations:
0144622280. Libre participation aux frais.

Avignon
Présentation de l’autobiographie de l’Ennemi public n° 1 (Jacques
Mesrine), par l’équipe du journal CQFD qui vient de rééditer ce texte
(édition Le Chien rouge, novembre 2006), à 18h30 à la Maison IV de
Chiffre
(26, rue des Teinturiers). Rencontre organisée par l’Infokiosk
d’Avignon.

Samedi 16 décembre

Sagy (71)
Manifestation contre « le bruit infernal du circuit de Bresse » de 8
heures à 12 heures, au rond point du Miroir, sortie A39.

Orléans
Départ à 15 heures devant la cathédrale d’Orléans, une manifestation
départementale avec pour mots d’ordre: des papiers, des logements, des
écoles pour tous! Le groupe Gaston-Couté (FA Loiret) est signataire et
partie prenante de l’organisation de cette manifestation.

Dimanche 17 décembre

Cuisery (71)
Exposition-vernissage de peintures et de dessins de David Thevenet,
suivi
d’une lecture de L’Image de Samuel Beckett par Laurent Patry, à 15
heures,
à la librairie Les Chats noirs, 19, rue du Pavé.

Lundi 18 décembre

Nîmes
Retour sur le Vaaag, Village autogéré anti-autoritaire et antiguerre. À
la
suite de la soirée sur l’autogestion, projection du film À l’épreuve du
réel retraçant l’expérience du Vaaag qui s’est tenu à l’occasion du G8
à
Évian en 2003. Le film sera suivi de témoignages de personnes ayant
fait
vivre ce village (si vous y étiez, venez nous raconter votre Vaaag) et
d’un débat autour de cet événement, à 20 heures, au Mille-Feuilles, 12,
rue
Saint-Mathieu.

Jeudi 21 décembre

Nîmes
Soirée concert de soutien à la CNT, No pasaran, et à la Fédération
anarchiste avec Fred, Dr Benway, Marc Simon, Viva Espana, Assass’Swing.
Table de presse, buvette, restauration. PAF: 5 euros. Théâtre du
Périscope, 6, rue de Bourgogne, à partir de 19h30..

Jeudi 18 janvier

Merlieux (02)
Rencontre-débat autour du thème « Réalités et informations face aux
pouvoirs et aux médias » en présence de Florence Aubenas et Mimouna
Hadjam, de 18 heures à 21 heures, à la bibliothèque Sociale, 8, rue de
Fouquerolles. Tél./Fax: 0323801709.

Nîmes (30)
Rencontre-débat avec Ronald Creagh sur le thème: « Être libertaire
aujourd’hui » au Centre P. Néruda, rue du Cirque-Romain, à 20 heures.
Table de presse, entrée libre. Organisée par le groupe Gard Vaucluse de
la
Fédération anarchiste.

Samedi 20 janvier

Paris 18e
Anne Steiner et Loïc Debray présenteront leur ouvrage sur la R.A.F.
Guérilla urbaine en Europe occidentale, à la bibliothèque La Rue, 10,
rue
Robert-Planquette. Métro Blanche ou Abbesses.

Samedi 3 février

Paris 18e
Maurice Rajsfus nous parle de ses mémoires à la bibliothèque La Rue,
10,
rue Robert-Planquette. Métro Blanche ou Abbesses.

Jeudi 15 février

Merlieux (02)
Rencontre avec un écrivain de polar que nous apprécions beaucoup,
Patrick
Pecherot, auteur de Belleville-Barcelone (2003), Boulevard des Branques
(2005), de 18 heures à 21 heures, à la bibliothèque Sociale, 8, rue de
Fouquerolles. Tél./Fax: 0323801709.

Samedi 3 mars

Paris 18e
Thierry Maricourt nous parlera de son dernier ouvrage, à la
bibliothèque
La Rue, 10, rue Robert-Planquette. Métro Blanche ou Abbesses.


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adhérente à
l’Internationale des Fédérations Anarchistes (IFA)

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MessageSujet: ...   Ven 22 Déc - 14:13

Dans vos kiosques du 21 décembre 2006 au 10 janvier 2007, 40 pages en
couleurs pour trois euros

« On tue un homme,on est un assassin, on en tue des millions, on est un
chef, on les tue tous, on est Dieu.»
Edmond Rostand


*** Le sommaire
L’extrême gauche et les cités, passer aux actes ou passer aux urnes ?
par J.-P.
Garnier, page 3
Les syndicats de combat de demain, par Fabrice, page 7
Le Mexique en lutte, par Bélial, page 9
Abidjan, suite des événements, par Caserio, page 11
Vive le feu ! par Fred, page 14
Sébastien Faure, l’imposture religieuse, par P. Schindler, page 15
Les enseignements de la Grande Guerre, par F. Roux, page 19
Des foules, des bouches, des armes, par Édouard, page 24
De la psychiatrie, par J. Lesage de La Haye, page 25
Victimisation en société terrorisée, par L. Gallopavo, page 27
Du vécu sur l’Espagne de 1936, par T. Porré, page 32
Licencier en toute légalité, par L. Emma, page 33
Le dernier Chomsky, par N. Trifon, page 35
Contacts de la Fédération anarchiste, page 37
Les émissions des Radio libertaire, page 39


*** Et en prime un article :

L’extrême gauche et les cités
Passer aux actes ou passer aux urnes ?

Par Jean-Pierre Garnier

AUX DERNIÈRES NOUVELLES, la « question de l’insécurité » devrait jouir
d’un statut
d’exterrritorialité politique. C’est du moins ce qui ressort de la
déclaration du
président du groupe PS à l’Assemblée nationale, lors
de la présentation par Sarkozy de son projet de loi sur la prévention
de la
délinquance, qui a publiquement souhaité que ce thème cesse de
constituer « un
enjeu entre républicains ». Et le maire de Nantes de
préciser : « La délinquance et le crime doivent savoir qu’ils ont en
face d’eux une
détermination identique quelle que soit la couleur politique de celui
qui l’exerce.
»

Passons sur cette formulation maladroite – une détermination ne «
s’exerce » pas,
elle se manifeste ou s’exprime – pour n’en retenir que le contenu: « Le
débat sur
la sécurité est clos. » On le savait déjà depuis... 1988, lorsque le «
socialiste »
Pierre Joxe, alors ministre de l’Intérieur, avait utilisé cette
formulation, sous
les applaudissements ironiques des députés de droite, lors de la
présentation d’une
série de mesures
répressives contre les « violences urbaines » qui ne faisaient que
s’inscrire dans
la lignée de celles prises par le sinistre tandem Pasqua-Pandraud.
Depuis lors,
tandis que la droite courait après le FN pour lui ravir la palme en
matière de
sécuritarisme, la gauche en faisait autant derrière la droite pour ne
pas être
taxée d’angélisme et de laxisme. Si bien qu’aujourd’hui, de l’extrême
droite au
PCF, c’est un véritable front national contre l’insécurité qui est en
train de se
constituer, sans que l’on soit même sûr qu’il ne finisse pas par
rallier
une partie de la « gauche de gauche ».

La LCR, pour ne mentionner qu’elle (1), dispose d’un conseiller hors
pair en
matière de sécurité en la personne du juge Didier Peyrat, ancien
militant de
l’organisation mais toujours en cheville avec ses leaders qui
ne ratent jamais une occasion de lui ouvrir les colonnes des
publications qu’ils
contrôlent (éditions Textuel, revue Contre Temps, Rouge...).
Surnommé « Le crime paiera » pour sa frénésie répressive par quelques
collègues
facétieux du Syndicat de la Magistrature, D. Peyrat aime à jouer les
experts
ès-voyoucratie auprès d’une organisation qui, il est vrai, a
déjà cessé depuis belle lurette d’être communiste et révolutionnaire.

C’est pourquoi la devise qu’il a faite sienne, « réconcilier changement
social et
sécurité », pourrait fort bien être reprise par n’importe quel suppôt
du
social-libéralisme. Julien Dray, par exemple, autre rescapé de
la LCR. Pendu maintenant aux jupes de Ségolène Royal, cet ancien meneur
de la JCR
passé au PS, dont les talents de manipulateur acquis dans
l’organisation trotskiste
avaient fait merveille pour neutraliser
le mouvement « beur » pour l’égalité au cours du premier septennat
mitterrandien, a
trouvé une nouvelle vocation dans les instances dirigeantes du parti: «
réconcilier
(lui aussi!) la gauche et la sécurité
». Guignerait-il, par hasard, un poste de « premier flic de France »,
place
Beauvau, si la Dame aux caméras parvenait au faîte de son irrésistible
ascension?

Mais, revenons au juge Peyrat dans la mesure où ses diagnostics et ses
préconisations, exposés en long et en large dans un ouvrage paru dans
une
collection dirigée par Daniel Bensaïd, le mentor intellectuel de la
Ligue,
sont révélatrices de l’état de décomposition idéologique avancée de ce
que l’on
appelait jadis l’extrême gauche (2). Comme beaucoup de ses congénères
ayant troqué
le léninisme et le trotskisme de leur jeunesse pour le citoyennisme, D.
Peyrat a
jeté le bébé de la théorie avec l’eau du bain marxiste.

Contrairement à ce que prétendent les « antisécuritaires », selon lui,
les
nouvelles modalités de l’exploitation et de la domination, autrement
dit les
rapports sociaux capitalistes ne seraient pour rien dans la
multiplication et l’aggravation des délits ou des incivilités commis
par la
jeunesse populaire. Par « rapport social », il faudrait entendre, en
effet, un «
rapport entre les personnes », acception qui renoue avec la
doxa bourgeoise la plus éculée. La montée de l’insécurité renverrait
ainsi à une «
montée du cynisme dans les rapports sociaux », c’est-à-dire dans les
relations
entre les individus. La délinquance, dès lors, serait
elle-même un rapport social, négatif, bien sûr, qui irait à l’encontre
des «
fondamentaux de “l’être en société” ».

Lesquels se ramèneraient à la nécessité pour chaque individu de s’unir
aux autres
pour « faire face à l’adversité » et « ainsi persévérer dans son être
».

D’où l’équation « anthropologique » qui tient lieu de soubassement
théorique à
l’idéologie sécuritaire insufflée dans les rangs de la LCR : « Le désir
de société,
c’est le désir de durer, donc le désir de sécurité. »
Impératif écologique oblige, cette sécurité ne pourra être que «
durable », à
savoir « capable de faire face aux secousses de la mondialisation qui,
augure
Peyrat, n’en n’est qu’à ses début ».

Olivier Besancenot peut bien clamer urbi et orbi son appétence «
libertaire ». Il
n’empêche que le « programme de refonte de la sécurité » proposé par D.
Peyrat aux
militants et sympathisants de la LCR peut être défini comme
totalitaire, au sens
plein du terme.

Sous couvert d’« élargir l’assise de la riposte à l’insécurité », de
faire « le
pari de la démocratie en valorisant la capacité de sécurité des
citoyens », de «
mieux enchâsser les institutions publiques – qu’« il ne
s’agit pas de récuser », croit bon de préciser un homme qui leur doit
son statut et
ses revenus – dans la société civile », d’« y faire entrer, toujours
plus
l’extérieur à l’intérieur », de « développer les pratiques
citoyennes dans le champ de la sécurité », c’est ni plus ni moins à
permettre au
pouvoir exécutif de faire le plein de ses exécutants que concourt «
l’authentique
tournant républicain des politiques de sécurité »
dont ce juge, que l’on ne saurait assurément qualifier de « rouge »,
s’est fait
l’avocat obstiné.

Néanmoins, étant donné la sensibilité politique supposée des
destinataires de son
discours, il fallait tout de même donner à ce « tournant républicain »
un tour
révolutionnaire, ne serait-ce qu’au plan sémantique.

Pour baptiser un type de société où il reviendra, somme toute, à chacun
de faire la
police, D. Peyrat a forgé une appellation qui ne demande plus qu’à être
homologuée:
« un socialisme de la civilité ».

On ne s’étonnera pas, dès lors, que pour oeuvrer à l’avènement de ce «
socialisme
civil » – dont D. Peyrat notifie quand même qu’il sera « moins tendu
vers un avenir
radicalement autre, qu’à la recherche d’une
adéquation de la politique avec la socialité » –, un « service civil »
doive être
instauré « pour tous les jeunes hommes et les jeunes femmes » – donc
obligatoire –
« durant quelques mois dans les administrations de
l’État (défense – donc militaire! –, sécurité civile, santé, police,
justice, etc.)
ou les associations d’utilité publique », c’est-à-dire les courroies de
transmission « autogérées » de l’État. Outre l’argument ressassé du «
brassage des
individus », ce juge ne craint pas, sur sa lancée, de nous resservir «
l’intégration et l’apprentissage de la civilité ». Bref, ce que ni
Chirac ni Sarko
ni Ségo – du moins pas encore
– n’ont osé proposer, Peyrat l’inclut sans complexe dans cette version
inédite du «
programme de transition ». Et gare à qui y trouverait à redire.

On connaissait la judéophobie, l’islamophobie et l’homophobie.Voilà que
le maître à
« repenser l’insécurité » de la LCR, très écouté aussi par les
hiérarques du PS et
certains maires du PCF, invente, pour stigmatiser tous
ceux qui rechignent à le suivre, un néologisme, la « sécuriphobie ».
Seraient
atteints de cette pathologie les « virtuoses du déni » qui s’entêtent à
« tirer la
question de l’insécurité vers la question sociale
». Autrement dit, « à fournir aux délinquants des excuses sociologiques
», comme le
reprochaient le Premier ministre L. Jospin et sa garde des Sceaux
Élisabeth Guigou
aux mauvais esprits qui trouvaient un goût liberticide à la Loi sur la
sécurité
quotidienne (LSQ).
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kamchatka
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MessageSujet: ...   Ven 22 Déc - 14:13

Qui trouve-t-on parmi ces gens qui, « après avoir évaporé l’insécurité
réelle, font
tout simplement disparaître la nécessité d’une politique de sécurité »,
et que D.
Peyrat baptise finement d’un autre néologisme: les «
dénégationnistes »? Des « libertaires radicalement anticapitalistes »
et « certains
réseaux de l’ultra-gauche » qui n’hésitent pas à « expliquer aux jeunes
de banlieue
qu’une partie de la société française leur menait une
guerre de basse intensité » et que « l’un des objectifs de la “gauche
gouvernementale” était de criminaliser la misère pour imposer la
précarité aux
jeunes prolétaires »; des « altermondialistes » abusés par la «
thématique douteuse de l’“obsession sécuritaire” » et l’« opposition
caricaturale
entre “État pénal” et “État social” » colportée par le Monde
diplomatique; des
sociologues fourvoyés à qui « la thématique de
“l’insécurité sociale”» engendrée par la précarisation de masse,
qualifiée de «
fourre-tout » par D. Peyrat, « sert à couvrir à la fois une négation de
la
spécificité du comportement délinquant et une répugnance de principe à
l’égard des
politiques de sécurité »; last but not least, car on n’est jamais si
bien trahi que
par les siens, les magistrats du Syndicat de la magistrature qui
emboîtent le pas
aux précédents : en
cherchant à « dénicher derrière les illégalismes une sorte de contenu
politique »,
ils ne feraient, eux aussi, « en la masquant », que « ratifier la
résignation
institutionnelle à l’insécurité de masse ».

La recherche des causes sociales de la « violence urbaine » dans
laquelle se
complaisent tous ces « sécuriphobes » aux dépens de l’observation de
ses
manifestations concrètes procéderait d’un « platonisme sommaire »,
d’une fuite hors
de la caverne des réalités sordides vers le ciel des idées pures. Or, «
une rupture
claire avec l’angélisme » s’impose pour « faire émerger, à gauche, une
politique de
sécurité à la fois différente, efficace et communicable à la population
». Car «
aucun parti, aucune alliance de partis, ne pourront, dans la décennie à
venir,
espérer obtenir une majorité durable de suffrages, quelle que soit la
qualité de
leur programme dans d’autres domaines, s’ils n’attestent de leur
détermination et
de leur capacité à en découdre avec cette délinquance qui inquiète une
écrasante
majorité de citoyens et en indigne un nombre non négligeable. » Et en
cette période
où la « démocratie participative » est censée épauler
une démocratie représentative à bout de souffle, il va de soi que la
reconnaissance
par la gauche de la sécurité comme impératif catégorique ne saurait
être pleine et
entière sans « un appui politique à une
mobilisation citoyenne contre la délinquance ». Selon D. Peyrat, il «
existe une
offre de participation citoyenne, en générale méconnue, quand elle
n’est pas
discréditée ». Ici et là, en effet, des groupes de résidents
d’ensembles de HLM se
sont déjà organisés pour « assurer la tranquillité dans les parties
communes » ou «
reprendre possession d’une rue dévorée par les trafics de stupéfiants
». Bref, « un
énorme potentiel
reste inemployé », et il reviendrait à la gauche de « favoriser la
participation,
l’initiative, l’action citoyenne » en matière de sécurité, sans que
cela signifie,
bien sûr, qu’elle doive se substituer « à l’action de l’État et de la
Justice ».

De la théorie – si tant est que l’on puisse désigner de la sorte les
vaticinations
sécuritaires du juge Peyrat – à la pratique, il y a un pas plus ou
moins difficile
à franchir selon les cas. Les émeutes de novembre
2005 vont offrir au leader historique de la LCR, Alain Krivine,
l’occasion de
donner l’exemple.

Résidant à Saint-Denis, à proximité d’une zone « chaude », localisation
permettant
donc un contact privilégié avec le peuple, il a participé aux
événements... en
défendant, contre les « casseurs », sa voiture et sa
copropriété! (3)

Certes, il reconnaissait là une « explosion de l’exclusion »,
diagnostic qui
n’avait rien de bien révolutionnaire: ce sera aussi celui des
:;renseignements
généraux. Mais A. Krivine s’est montré plus prolixe dans le
magazine Marianne, connu pour son absence républicaine de mansuétude à
l’égard des
« sauvageons », lorsqu’il reprendra le récit de « ces nuits folles où,
à soixante,
les habitants font des rondes jusqu’à deux heures du matin pour éviter
que la
détresse n’attaque leurs murs. Cela crée des liens. Les réseaux de
solidarité se
sont renforcés », positivait le leader trotskiste. (4) « Pourquoi »,
lui demanda le
journaliste qui
l’interviewait, « ne pas embrigader les émeutiers pour la révolution? »
« Aucune
organisation politique ne peut être comprise de ces jeunes », répliqua
A. Krivine,
qui semble oublier que les leaders éduqués du parti
bolchevik étaient quand même parvenus à se faire entendre des ouvriers,
soldats et
paysans analphabètes de la Russie tsariste. Et quand le journaliste lui
signala
que, lui, il allait « aller parler aux jeunes »,
Alain lui répondit, presque inquiet « vous verrez, c’est tout noir ».

« La LCR a toujours été pragmatique. Lorsque l’émeute vient lécher les
parkings et
les murs des immeubles un peu plus cossus que ceux du reste de la zone,
il s’agit
d’abord pour elle de défendre la propriété. (5) »

Dans la bouche d’A. Krivine, des pratiques qui ont un air de famille
avec celles
d’une milice de petits propriétaires deviennent des « liens de
solidarité » qui se
renforcent. Pour un peu, il nous ferait croire qu’un
soviet était en gestation dans l’ex-banlieue rouge! Quant à la
conscience politique
de la LCR, parlons en !

Si le 31 octobre, un premier communiqué dénonçait la politique
sécuritaire du
pouvoir, dès le 3 novembre le ton changeait, et la LCR s’alignait sur
la position
du PCF, lequel à corps et à cris, réclamait le « retour à
l’ordre » et la punition des émeutiers. Ainsi, peut-on lire dans un
communiqué de
la LCR daté du 3 novembre 2005 que « la vague de révolte et de
violences suscite
une inquiétude profonde parmi la population », ce qui
permet à toute la gauche officielle, Parti communiste en tête,
d’enclencher le
discours selon lequel, pour retrouver la quiétude, « rétablir l’ordre
est une
urgence extrême », sans oublier de préciser que «
les responsables des violences et des dégradations doivent être
sanctionnés. (6) »
Ceux qui, jour après jour, dégradent sciemment nos conditions de vie
avec une
violence à peine voilée peuvent dormir tranquille. « C’est sur les
opprimés que la
gauche et l’extrême gauche appelaient les “sanctions”, pas sur leurs
oppresseurs.
(7) »

Affolement de gens surpris par l’événement ?

Rien n’est moins sûr. Un an plus tard, alors que le « calme » était
revenu dans les
« banlieues », le député-maire « communiste » de Vénissieux, André
Gérin, faisait
placarder dans sa ville, et, sans doute fier de son
initiative, jusque dans la presse nationale (Cool, un « Appel à la
population » qui a
dû remplir d’aise le juge D. Peyrat. Surmonté de l’intitulé «
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
» accompagné de la devise « LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ », le tout
encadré de deux
drapeaux bleu-blancrouge, ledit appel était calqué, au plan
iconographique et par
le ton martial adopté, sur les vielles affiches de mobilisation
générale apposées à
la
veille ou au lendemain des déclarations de guerre. Sauf que l’ennemi
n’était plus
aux frontières de la Patrie, mais déjà installé au coeur de la cité. Un
ennemi
multiforme: trafiquants, mafieux, intégristes, voyous,
incendiaires de poubelles, lanceurs de cailloux...

L’heure était à la « résistance républicaine et au courage civique », à
«
l’engagement citoyen », au « réveil démocratique ». Mais la campagne
électorale
pour les présidentielles avait déjà démarré. Au-delà des «
sauvageons », un double spectre hantait l’imaginaire des édiles de
Vénissieux,
sinon de leurs administrés. « ARRÊTE de valoriser Sarko, de travailler
pour Le Pen
», intimait l’appel, sans que l’on sache bien si
cette injonction s’adressait au fauteur de troubles, réel ou potentiel,
ou si elle
était là pour dresser le reste de la population contre cet empêcheur de
voter en
rond. Le slogan qui, toujours en majuscules, ponctuait la fin de
l’article
évoquera, au moins parmi les anciens, des combats moins douteux: « LA
VIOLENCE NE
PASSERA PAS ». Comme si ce genre d’appel ne s’inscrivait pas dans un
processus
appelé à se développer au
cours de ce siècle, s’il n’y est pas rapidement mis fin: une
fascisation rampante,
d’autant plus insidieuse qu’elle se draperait d’atours – ou d’oripeaux

progressistes.

Si réveil, résistance et engagement il doit y avoir, par conséquent, ce
serait
plutôt contre ce danger-là. Cette mise en garde vaut aussi pour
certains rebelles
de conforts chouchoutés par les médias qui en viennent à
concilier la posture « libertaire » qui leur sert d’image de marque
avec une
indulgence pour le sécuritaire frappé du sceau « populaire ». Promu «
Rédac’chef »
d’un jour dans le journal gratuit Métro, voici ce que l’un
d’eux opinait à propos de « la montée de la gauche » – en fait, d’un
parti
populiste à tendance protectionniste et xénophobe – lors des dernières
élections
aux Pays-Bas: « On voit que quand la gauche s’empare de
territoires traditionnellement occupés par la droite, comme la
sécurité, l’ordre,
cela fait un carton. Les gens qui veulent un environnement sûr ne sont
pas tous des
fachos. (9) » Il ne reste plus à notre « libertaire »
qu’à aider S. Royal à rédiger ses prochains discours sur « l’ordre
juste » pour
donner à ce dernier un air primesautier. Car l’expérience historique a
depuis
longtemps montré, d’une part, que « la gauche » n’est qu’une
appellation usurpée
lorsqu’elle fait la politique de la droite, et, d’autre part, que c’est
sur « le
désir des gens qui veulent un environnement sûr » que le fascisme a
souvent
prospéré.

Jean-Pierre Garnier


Notes
1. LO dénie toute légitimité à la révolte des jeunes des cités en
raison
de son « absence de contenu de classe », ainsi que l’a confirmé son
hostilité – en fait, son incompréhension – face aux « émeutes » de
l’automne 2005.

2. Didier Peyrat, En manque de civilité,Textuel, 2005.

3. Le récit qui suit est tiré du Combat syndicaliste CNT-F, n° 93,
janvier
2005.

4. Marianne, 12 novembre 2005.

5. Combat syndicaliste, numéro cité.

6. Communiqué du Parti communiste français du 3 novembre 2005.

7. Combat syndicaliste, numéro cité.

8. Cf. Libération du 29 novembre 2006.

9. Michel Onfray, Métro, 23 novembre 2006.

In le Monde libertaire hors série n° 31 du 21 décembre 2006 au 10
janvier
2007

Dans vos kiosques du 21 décembre 2006 au 10 janvier 2007, 40 pages en
couleurs pour trois euros


Le Monde libertaire, hebdomadaire de la Fédération anarchiste,
adhérente à
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Chaque jeudi dans les kiosques, 24 pages en couleurs d'actualité
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MessageSujet: ...   Dim 21 Jan - 21:52

« L'idée la plus utile aux tyrans est celle de Dieu. »
Stendhal

*** Sommaire :
Don Quichotte, le retour de Jedi, par Djo, page 3
La Chine Royal, par M. Cailloux, page 5
L’autruche et les chiens de garde, par F. Ladrisse, page 5
Brèves de combat, page 6
Ploum ploum tralala syndicat vaincra? par J.- P. Germain, page 7
Les Roms de Saint-Denis en lutte, par S. Bull, page 8
Dossier Rrom, suite, page 9
L’eau n’est pas une marchandise ! Par P. Schindler, page 10
Les mécanismes de la délation, par Sophie, page 11
Istanbul libertaire, S. Kojok, page 14
Les croyants de l’écologisme, par Ph. Pelletier, page 15
Dadoun et l’intolérable, par M. Giraud, page 17
Claire l’enragée, par Benoist Rey, page 19
Au pas de l’oie, par S. Chemin, page 19
Nanni Noretti, par Heike Hurst, page 20
L’électeur, ce criminel, par Libertad, page 21
Radio libertaire, page 22
Agenda, page 23


*** L'éditorial :

Le vent médiatique soulevé par Les enfants de Don Quichotte autour des
problèmes des sans-logis est passé à travers les moulins à promesses
électorales des partis politiques en quête de points dans les sondages,
il
s’est évanoui quand l’acteur incarnant le héros de Cervantès a dû
répondre
à un autre contrat. Ce n’est pourtant pas l’annonce d’une loi n’ayant
d’effet qu’en 2012, et qui probablement sera passée aux oubliettes
d’ici
là, qui va reloger ceux qui aujourd’hui, avec ou sans tentes, sont
toujours à la rue. Bien sûr, Nicolas Sarkozy a, lui aussi, joué au bon
meunier samaritain.

D’après ce sinistre pantin, avec lui à la chefferie de l’État, il n’y
aurait plus de SDF dans les rues en deux ans ; gageons que comme pour
les
sans papiers il les concentrera tous dans des camps. Ne pouvant pas
tous
les expulser, il faudra bien que les pensionnaires de ces camps de
transition se réadaptent à la vie sociale, en offrant leur force de
travail à la nation.

Ne doutons pas que les plus méritants seront promus au grade de capos.
À
dire ça on pourrait croire que Sarkozy représente une menace fasciste,
non! D’ici à là, il y a un pas. Mais ne vient-on pas d’apprendre
qu’avec
Sarkozy tout est possible… Candidat unique de son parti, élu avec plus
de
98 % des voix, voilà qui doit faire sourire dans sa tombe le camarade
Staline. Quelle poigne ! Le ci-devant comte Nicolas de Naguy Bocsa
réclame
la justice pour le peuple ! Il en appelle à un retour des valeurs
morales
et du sens du devoir !

Désolé mon p’tit loup, mais nous n’avons pas les mêmes conceptions de
ce
que sont la morale et la justice. Des femmes, des hommes et des enfants
qui dorment dehors dans l’un des pays les plus riches du monde est
profondément immoral. Tout comme le sont ces patrons qui licencient
pour
accroître les dividendes de leurs actionnaires. Il est contraire à tout
ordre moral d’ordonner des perquisitions à coup de matraque, pour
terroriser les enfants, les femmes et les hommes rroms installés
légalement dans une commune. Il ne peut pas y avoir de justice sans
égalité économique et sociale ! Et la société que tu nous prépares,
Nicolas, est loin de tendre dans ce sens, c’est une société où seuls
les
nantis sortent leur épingle du jeu de massacre qui se passent sous eux,
et
que toi tu ne vois même plus. Mais rassure-toi, tu n’es pas le seul à
oeuvrer pour nous embrigader dans votre monde où notre liberté s’arrête

où commencent vos ambitions. Ta rivale, Ségolène, tout en changeant les
étiquettes et la couleur des draps, quitte à rajouter des oreillers
plus
moelleux, veut nous enrôler dans la même caserne du développement
économique capitaliste que nos chers sociaux-démocrates ont adopté
comme
nouveau Moloch.


*** Don Quichotte, le retour du Jedi

C’EST PARTI, on entre dans l’année des élections. Les promesses
électorales affluent déjà dans les voeux de nouvelle année. L’action
médiatique qui consiste à rassembler des SDF quai Jemmape en y ajoutant
quelques personnes médiatiques et quelques bourgeois a fonctionné.
Devrions-nous nous réjouir? Bien sûr que non. Ce qui à marcher c’est le
tsunami médiatique, l’hypocrisie et le foutage de gueule.

Le jeu de loi

La charte des enfants de Don Quichotte à fait l’unanimité. Tout
l’échiquier politique est unanime, il faut loger les SDF. Rappeler la
loi
n’est pas dans nos habitudes, pourtant nous sommes forcés de constater
que
des lois existent déjà et que si les politiques voulaient s’intéresser
aux
sans-abri, ils pourraient commencer par les appliquer. D’une part il y
a
la loi SRU qui consiste à imposer aux communes 20% de logements
sociaux.
Problème: les maires de villes riches préfèrent payer des amendes
plutôt
que voir débouler des pauvres dans leurs rues: communautarisme de
classe…
D’autre part, la loi de Réquisition (permettant au «représentant de
l’Etat
dans le département» de réquisitionner des locaux à usage d’habitation
vacants) mais bien sûr, bien qu’existante, son application fût
exceptionnelle, droit de propriété exige!

La farce du dindon

Villepin fort sensibilisé au problème du logement, lui-même logé dans
un
hôtel (Matignon tout de même) n’a écouté que son courage et s’est senti
de
son devoir de légiféré à nouveau sur ce problème. De plus un de ces
députés a sous le coude une proposition de loi instituant un droit au
logement opposable. C’est au poil!

Le dindon de la farce

Ainsi, les personnes dont le maire ne peut leur trouver un logement
pourront se retourner contre l’État devant un juge administratif. Sous
réserve de l’acceptation par une commission de conciliation bien
entendu.
Mais bien sûr, quand t’es à la rue, tu n’as que ça à foutre d’aller
devant
le juge dans une procédure longue où tu dois raconter ta vie pour
émouvoir
l’infâme auditoire qui habituellement passe son temps à moraliser et
culpabiliser les pauvres. Et quand bien même, combien de temps entre la
commission, le juge et la décision? Et pendant ce temps, on fait quoi?

Silence, ça tourne !

Pendant tout ce mouvement médiatique, l’association des enfants de Don
Quichotte a eu la main mise sur les quais. Veillant à la «bonne image»
pour les médias. Pauvres mais pas sales quand même! Et surtout ne pas
crier sa rage ou son désespoir. C’est tout le problème de ces
associations
se sentant l’âme charitable (Alléluia!) voulant aider les plus pauvres,
pour se donner bonne conscience, mais sans toute fois accepter une
société
débarrassée des rapports de domination.

Acte final

Enfin dernière scène du grand spectacle, on entend dans les médias le
leader de ce mouvement se féliciter de cette victoire et hurler dans un
mégaphone que l’on peut replier bagages! Plier bagages, mais pour aller
où? Lui à un avion à prendre pour l’Afrique du Sud. Les sans-abri, eux,
n’ont pas replié les tentes et compte bien les garder encore un peu,
dans
l’attente des voir les logements promis.

Épilogue

Si ce mouvement a su révéler le problème lié au logement ainsi que,
dans
une moindre mesure, celui de la précarité, en aucune façon il n’en a
dénoncé les causes. C’est la où le pseudoconsensus politique autour des
SDF laisse dubitatif. Quand Sarkozy promet « zéro SDF » si on veut bien
le
croire, on imagine déjà les camps à l’image de ceux de rétention pour
les
sans-papiers… Ce mouvement n’est qu’une farce préélectorale. Le leader
du
mouvement l’affirme très bien lui même: «Régler le problème du logement
avant la présidentielle […] Cela redonnerait confiance dans les
gouvernants.», in 20 minutes. Sans commentaires.
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MessageSujet: ...   Dim 21 Jan - 21:52

Dit papa, pourquoi y’a des pauvres ?

La bourgeoisie, à conquis le pouvoir en 1789 et a su le garder grâce
d’une
part à la propriété privée et d’autre part à la hiérarchie sociale
fondée,
en partie, sur les revenus. Ainsi, le patron possède les outils de
production, il légitime donc sa domination sur « ses » salariés de part
le
fait qu’il est le propriétaire de l’entreprise. Il est à noter que ces
outils ont eux-mêmes été réalisés par des salariés…

De même, un propriétaire de logement exige un loyer (fixé à son bon
vouloir) à « ses » locataires. Ainsi il peut vivre de l’accumulation
des
biens qu’il a acquis, il vit du fait qu’il est un propriétaire. Il est
à
noter que ces logements ont eux-mêmes été bâtis par d’autres salariés,
eux-mêmes locataires… La bourgeoisie possède tout, elle est ainsi en
position de force, ce qui lui permet un contrôle sur tout ce qui se
fait
dans la société. De plus, elle peut compter sur l’État, pour lui
permettre
de veiller à son droit de propriété et à faire usage de la force
(police,
appareil judiciaire, prison, armée) quand cela est nécessaire. Les
partis
ne veulent qu’accéder au pouvoir, ils ne peuvent exister qu’en gardant
un
fonctionnement de classe. Non seulement on ne peut compter sur eux,
mais
en plus ils veulent nous faire croire à une possibilité de changement.
Tout cela est un leurre et l’égalité sociale sonnerait l’heure de leur
destitution.

Ni parti ni enfant de machin, mais on fait quoi ?

Les associations telles que celle qui s’est illustrée quai Jemmape,
avec
son lot de soutien people se veut le porte-voix des sans-papiers alors
qu’elle est totalement déconnectée de ceux qu’elle dit représenter.
Comment pourrait-elle aspirer à émanciper les plus pauvres alors que
ses «
militants » vivent pleinement de ce système? Ce sont les exploités en
s’organisant qui seront à même de porter leurs revendications, de mener
leur combat, sans avoir des «régulateurs» n’aspirant au mieux qu’au
réformisme.

La réquisition des logements vides

Depuis plus de vingt ans, le nombre de logements vacants oscille autour
de
2 millions d’unités, Paris comptait lors du dernier recensement 136554
logements vacants, soit un logement sur dix.Autrement dit de quoi loger
ou
reloger la quasi-totalité des sans-abri et mal-logés. Mais bien sûr,
les
propriétaires de ses logements ont d’autres projets! Ainsi, les
entreprises publiques et administratives, pour ne citer qu’elles, se
dépouillent-elles de leur patrimoine immobilier au plus offrant (France
Télécoms, SNCF, CAF, EDF…). La question des logements d’urgence
apparaît
ainsi bien hypocrite.

Le partage des richesses

Les richesses ont toujours été aux mains de la bourgeoisie. Celle-ci,
qui
nous exploite déjà au travail, vivant de l’immobilier et des biens de
consommation, décide de ce qu’elle veut bien reverser et à qui. Bien
évidemment, elle s’octroie la plus grosse part des richesses et nous
laisse discuter le bout de gras. Or ce droit qu’elle s’est donné n’est
en
aucun cas légitime. Comment justifier qu’une minorité puisse se garder
les
richesses produites par tous? La terre appartient à tous, c’est donc à
tous que doit revenir ce qui est produit. Chacun doit pouvoir subvenir
à
ses besoins. C’est ça l’égalité économique et sociale.

D’jo
groupe-claaaaaash(a)federation-anarchiste.org


*** Agenda

Jeudi 18 janvier

Merlieux (02)
Rencontre débat autour du thème « Réalités et informations face aux
pouvoirs et aux médias » en présence de Florence Aubenas et de Mimouna
Hadjam, de 18 heures à 21 heures, à la Bibliothèque sociale, 8, rue de
Fouquerolles. Tél./fax: 0323801709.

Nîmes (30)
Rencontre débat avec Ronald Creagh sur le thème: « Être libertaire
aujourd’hui » au Centre P.-Néruda, rue du Cirque-Romain, à 20 heures.
Table de presse, entrée libre. Organisée par le Groupe
Gard-Vaucluse de la Fédération anarchiste.

Vendredi 19 janvier

Besançon (25)
Débat contradictoire sur « les alternatives à l’économie de marché »
avec
la LCR, le Parti de la décroissance et la Fédération anarchiste, à
20h30,
à la librairie L’Autodidacte, 5, rue Marulaz.

Saint-Claude (39)

Réunion publique: police partout, avec Maurice Rajsfus, au Coffre-Fort,
rue de Boneville, à 20h30.
groupelucio(a)no-log.org

Dijon (21)
Concert de soutien à Camille, au tribunal pour refus de fichage ADN,
avec
Krapnek, Grrzzz, Kazan, Ben, à 21 heures à l’espace autogéré des
tanneries, bvd de Chicago.

Monchy-Breton (62)

Dans le cadre de la campagne nationale et internationale en faveur de
la
libération des militants d’Action directe, et à l’occasion du 20e
anniversaire de leur arrestation, le comité « Libérez les! » de soutien
aux prisonnier(e)s et réfugié(e)s politiques du Nord-Pas-de-Calais
invite
la population à un débat à partir d’un documentaire dans lequel Joëlle
Aubron, ex-membre du groupe disparue en mars dernier, évoque son
parcours
militant et ses conditions d’incarcération, au café « Chez Tartous et
compagnie », entre Bruay-la-Buissière et Saint-Pol-sur-Ternoise.

Samedi 20 janvier

Paris 18e
Anne Steiner et Loïc Debray présenteront leur ouvrage sur la R.A.F.
Guérilla urbaine en Europe occidentale, à la bibliothèque La Rue, 10,
rue
Robert-Planquette. Métro Blanche ou Abbesses.

Dijon (21)
Réunion publique organisée par les Voix sans maître, avec Maurice
Rajsfus:
« Sur le délire sécuritaire », à l’Hôtel des sociétés (salle Joliet),
7,
rue de Docteur Chaussier.

Mercredi 24 janvier

Sarlat (24)
« Débats libertaires » autour d’une causerie libre avec les militants
du
Drapeau Noir Périgord de la Fédération anarchiste au café Lébérou, 5,
rue
Jean-Jacques Rousseau.

Jeudi 25 janvier

Paris 17e
Serge Utgé-Royo en concert du 25 au 28 janvier à L’Européen, 3-5, rue
Biot. Métro Place-de-Clichy. Parking: 11-12, rue du Forest.

Nimes
Rencontre solidaire contre la répression avec B. Deceuninck, J.-L.
Millet
et un déboulonneur de pub, tous poursuivis pour leurs engagements.
20h15,
Centre Pablo Néruda.

Vendredi 26 janvier

Paris 17e
Serge Utgé-Royo en concert, voir jeudi 25 janvier.

Samedi 27 janvier

Paris 17e
Serge Utgé-Royo en concert, voir jeudi 25 janvier.

Dimanche 28 janvier

Paris 17e
Serge Utgé-Royo en concert, voir jeudi 25 janvier.

Samedi 3 février

Paris 18e
Maurice Rajsfus nous parle de ses Mémoires à la bibliothèque La Rue,
10,
rue Robert-Planquette. Métro Blanche ou Abbesses.

Mardi 13 février

Ivry-sur-Seine (94)
Le groupe libertaire d’Ivry (FA) vous invite à une réunion publique
d’information et de solidarité avec la Commune d’Oaxaca et les révoltes
sociales au Mexique. Avec la participation d’un camarade de retour du
Mexique. À 20 heures au Forum Léo-Ferré, 11, rue Barbès. Métro: Porte
d’Ivry. Dès 19h30, accueil, bar et petite restauration.

Jeudi 15 février

Merlieux (02)
Rencontre avec un écrivain de polar que nous apprécions beaucoup,
Patrick
Pécherot, auteur de Belleville-Barcelone (2003), Boulevard des Branques
(2005), de 18 heures à 21 heures, à la Bibliothèque sociale, 8, rue de
Fouquerolles. Tél./fax: 0323801709.

Vendredi 16 février

Saint-Claude (39)
Vidéo-débat: Ni vieux ni traîtres, film de Pierre Carles pour la
libération des prisonniers d’Action directe, au Coffre-Fort, rue de
Boneville à 20h30. groupelucio(a)nolog.org


Le Monde libertaire, hebdomadaire de la Fédération anarchiste,
adhérente à
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MessageSujet: ...   Ven 26 Jan - 1:31

«Vous voulez les misérables secourus,moi je veux la misère supprimée.»
Victor Hugo

*** Le sommaire :

Nouvelles de Palestine, par les relations internationales, page 4
La fécondité polonaise, par M. Topé, page 5
L’autruche, fidèle au poste, par F. Ladrisse, page 5
Brèves de combat, page 6
La face cachée de Sarko, par P. Schindler, page 7
Croissez et multipliez? par P. Schindler, page 8
La démocratie totalitaire, par D. Cipriani, page 9
La femme en Iran, par R. Boullard, page 11
Capitalisme et corps social morcelé, par J. Monjot, page 15
Anarchistes et syndicats, par G. Kerdivel, page 17
El Violín, par Daniel, page 15
Une note de lecture, par J. Lesage de La Haye, page 19
Valérie Ténèze, selon André Robèr, page 20
Salut Henri, par le CIRA de Marseille, page 21
Le nouvel Anartiste, par P. Ducira, page 20
Radio libertaire, page 22
Agenda, page 23r


*** L'éditorial de la semaine :

Hormis les propos des bourgeois-candidats à la présidence de la
République, que nos bourgeois-journalistes ne se privent jamais de
commenter, abondamment, dans les médias qui les emploient, l’actualité
de
ces dernières semaines aura été marquée par la mise en avant des
différents sujets dont « les Français s’inquiètent » à l’approche de
l’élection de 2007.

Étant de conviction internationaliste, les anarchistes ne pensent pas
que
nous puissions, d’une quelconque façon, améliorer de manière réellement
significative les conditions de vie de toutes et tous, sans mettre à
bas
le système capitaliste mondialisé, sans abolir la propriété privée,
sans
que chaque individu participe à la prise de décision de la vie
collective.

Cela d’autant plus que les États modernes perdent de leur autonomie en
devant obéir, sous peine de sanctions, aux organismes internationaux et
libéraux auxquels ils appartiennent.

Toutefois, il est intéressant d’étudier les méthodes employées au pays
des
droits de l’Homme (et la Femme dans tout ça ?), mais aussi dans le
reste
du monde, pour faire croire à la population qu’on veille sur elle,
qu’on
est à son écoute, qu’on est là pour répondre à ses attentes, et que
l’État
qu’elle « choisira » (car nous serions censés avoir le choix) d’ici à
quelques mois nous permettra de vivre des jours meilleurs. À condition
de
ne pas parasiter le travail des politiciens, de leurs polices et des
patrons bien sûr, cela va de soi, on nous promet l’Éden sur Terre (en
France seulement, évidemment, on ne pourrait « accueillir toute la
misère
du monde »). Fini, désormais, la sublimation par la religion, le culte
de
l’éternel, du Dieu bienveillant ou malveillant selon son bon désir.
Devrions nous nous réjouir que notre Seigneur soit « has-been » ? Que
nenni, Sarko, Ségo, Besancenot et tout le troupeau voudrait bien
prendre
sa place dans les nouvelles émissions de « téléréalité », dans
lesquelles
ils pourraient être filmés, chéris, adorés par l’électeur qui,
décidément,
ne peut avoir que de la foi ou une mémoire vraiment très courte…

Qu’importe qu’on envoie la jeunesse faire son service. Qu’importe qu’on
signe une charte écologiste qui n’engage en rien celui qui la signe.
Qu’importe qu’on vote une loi pour que les sans-logis et mal logés
puissent porter plainte alors que, désocialisés comme ils le sont, la
paperasse administrative fera probablement fuir ceux qui en ont le plus
besoin. Nos candidats-dieu-bourgeois-super héros-star veillent sur
nous…
ou nous surveillent, plutôt !


*** Et en prime un article de Djo :

Les enfants indignes

Dimanche 14 janvier, l’AG de Montreuil appelait à se rendre quai de
Jemmapes pour « donner la parole aux SDF ». En effet, les enfants de
Don
Quichotte (à savoir la famille Legrand à Paris) prennent toutes les
décisions entre eux, les SDF devant suivre ou quitter le quai. Food not
bombs, qui regroupe des individus préparant des repas à partir des
restes
récupérés sur les marchés et distribuant la nourriture à la gare du
Nord,
décida de se rendre quai de Jemmapes suite à cet appel.

Sur place, la présence d’une péniche-concert les empêcha de parler
confortablement, et l’attroupement de badauds autour d’elle rameuta de
nombreux flics…

La distribution de nourriture commence donc un peu plus loin, sur un
trottoir face au quai. Une banderole « Food not bombs – bouffe –
autogéré
» est déployée. Visiblement, le terme autogéré ne sera pas au goût de
tous!

L’information sur la présence de cette distribution de nourriture se
propage vite sur le camp; l’initiative est en effet appréciée par les
SDF,
car « cela change de d’habitude ».

Tout se déroule normalement jusqu’à ce que Jean-Baptiste Legrand,
accompagné de son Pôpô et de sa Môman, approche pour discuter: « Que
faites-vous là? On n’est pas au courant! Je veux savoir ce qui se passe
sur MON campement! », etc.

Finalement, il s’en va. Un quart d’heure plus tard, il revient, cette
fois
escorté par sa vingtaine d’agents de sécurité politique. Le dialogue se
cantonne à des menaces, notamment contre les membres de Food not Bombs
qui
sont déjà passés sur le camp, et en ont été virés. Ainsi peut-on
entendre
des gentillesse du genre « Je vais te foutre dans le canal », ou autres
hurlements divers…

Pour la forme (et pour montrer qui est le patron), Jean-Baptiste prend
l’un de ses hommes par le col, et lui demande de se calmer.

Les SDF présents prennent la défense de Food not Bombs, car bien
contents
d’avoir à manger!

Malgré la tension, la distribution continue, puis Jean-Baptiste s’en va
après leur avoir signifié d’aller dans un coin où on ne les voit pas
(puisque le « quai de Thoirry » est assiégé par les journalistes) et de
téléphoner, la prochaine fois, avant de venir…

Besoin de tout contrôler, par le cercle Legrand, oblige.

Le manque de communication entre les occupants du quai et la mainmise
de
la famille Legrand font qu’il n’existe aucune forme de solidarité entre
les sans-domicile et les sans-papiers.

Aucun n’a jamais son mot à dire, ni sur les fins ni sur les moyens.
C’est
cette association issue de la mouvance « boboïde de la chrétienté » qui
décide de tout, selon sa façon de voir la société, et non selon la
réalité
vécue par les SDF. Ainsi, les quelques mois d’immersion du comédien
n’ont
permis que de le préparer à son rôle de bon samaritain face aux
caméras.

C’est aux sans-domicile de s’organiser, c’est à eux de définir leurs
objectifs et les moyens pour y parvenir. Les arrivistes ne désirent
qu’une
place devant les caméras, ils veulent canaliser la pauvreté, et surtout
ne
pas faire de vagues, notamment avant les élections.

D’Jo

groupe-claaaaaash(a)federation-anarchiste.org


*** Pour finir : l'agenda du Monde libertaire


Jeudi 25 janvier

Paris 17e
Serge Utgé-Royo en concert du 25 au 28 janvier à L’Européen à 20h15,
3-5,
rue Biot. Métro Place-de-Clichy. Parking: 11-12, rue du Forest.

Nîmes
Rencontre solidaire contre la répression avec B. Deceuninck, J.-L.
Millet
et un déboulonneur de pub, tous poursuivis pour leurs
engagements. 20h15, Centre Pablo Néruda.

Vendredi 26 janvier

Paris 17e
Serge Utgé-Royo en concert à 20h15, voir jeudi 25 janvier.

Besançon (25)
Présentation du n° 14 de Charivari & débat sur les ONG, à
L’Autodidacte, 5, rue
Marulaz, organisée par le groupe Proudhon de la Fédération anarchiste.
RDV à 20h30.

Lyon 7e
Projection du film Services publics en danger - La Poste: un drôle de
pli de Gilles
Balbastre, suivie d’une discussion avec les camarades de la CNT sur la
situation à
la Poste, à 19h30 à la librairie libertaire La Gryffe,
5, rue Sébastien-Gryphe. Bar de soutien: tous les bénéfices seront
versés à la
campagne contre l’interdiction de la CNT, 10 % des ventes de la
librairie de ce
vendredi iront de même à la campagne de la CNT.

Saint-Denis (93)
Rencontre-débat avec Daniel Lefeuvre, spécialiste de l’Algérie
coloniale,
professeur à l’université de Paris 8 et auteur du livre Pour en finir
avec la
repentance coloniale. Une réponse aux vociférations des Indigènes de la
République qui, selon leur point de vue, veulent nous soumettre à un
acte de
repentance collective, à 19h30 à la Bourse du Travail, 9, rue Génin à
Saint-Denis
(métro ligne 13, station Porte-de-Paris). Organisée par la Société de
défense des
laïques et le groupe Henry-Poulaille de la Fédération anarchiste.

Samedi 27 janvier

Paris 17e
Serge Utgé-Royo en concert à 20h15, voir jeudi 25 janvier.

Vesoul (70)
Manifestation régionale du réseau Éducation sans frontières, pour la
régularisation
de tous les sans-papiers, la fin des rafles et des expulsions, la
fermeture des
camps de rétention et l’abrogation des lois racistes, à 14h30, place
Renet (place
du marché).

Dijon (21)
Concert de soutien au groupe libertaire avec Brassen’s not dead, The
Ivan Drago’s,
Chubby Faced, à 21 heures, aux Tanneries, 15-17, boulevard de Chicago.

Lyon 7e
Présentation des numéros 16 et 17 de la revue Réfractions - recherches
et
expressions anarchistes, à 19 heures à la librairie libertaire La
Gryffe, 5, rue
Sébastie- Gryphe.

Dimanche 28 janvier

Paris 17e
Serge Utgé-Royo en concert à 17 heures, voir jeudi 25 janvier.

Vendredi 2 février

Lyon 1er
Projection de Brazzil de Terry Gilliam, à 20h30, en ouverture d’une
exposition
artistique sur le sécuritaire, à la Plume noire, 19, rue Pierre-Blanc,
organisée
par les groupes lyonnais de la CGA.

Samedi 3 février

Paris 18e
Maurice Rajsfus nous parle de ses Mémoires, à 15h30, à la bibliothèque
La Rue, 10,
rue Robert-Planquette. Métro Blanche ou Abbesses.

Rouen
Rencontre avec Jacques Lesage de La Haye, Histoire de la psychiatrie et
de
l’antipsychiatrie, autour de son livre La mort de l’asile, à 15 heures,
à la
librairie l’Insoumise, 128, rue Saint-Hilaire.

Samedi 3 février

Lyon 7e
Réunion d’information avec Hellyette Besse et projection de la vidéo
Joëlle Aubron:
mon parcours militant de l’autonomie à Action directe, à 15 heures, à
La Gryffe, 5,
rue Sébastien-Gryffe.

Samedi 10 février

Dijon (21)
Venez découvrir l’affiche politique et la caricature de 1870 à 1914
avec Michel
Dixmier qui présentera en vidéoprojection, avec un commentaire
détaillé, un
éventail d’affiches et de dessins caractéristiques de l’art
social et révolutionnaire de la Belle Époque, à 18 heures, au local
libertaire, 61,
rue Jeannin.

Lundi 12 février

Bordeaux
Apéro-tapas et présentation puis débat autour du livre Du développement
à la
décroissance de et avec Jean-Pierre Tertrais. Soirée organisée par le
Cercle
Jean-Barrué (FA, 33) dans le cadre de la tournée de février 2007
organisée par l’Union départementale de Dordogne de la Fédération
anarchiste, à 19
heures, à l’Athénée libertaire, 7, rue du Muguet.

Mardi 13 février

Ivry-sur-Seine (94)
Le groupe libertaire d’Ivry (FA) vous invite à une réunion publique
d’information
et de solidarité avec la Commune d’Oaxaca et les révoltes sociales au
Mexique. Avec
la participation d’un camarade de retour du
Mexique. À 20 heures au Forum Léo-Ferré, 11, rue Barbès. Métro:
Porte-d’Ivry. Dès
19h30, accueil, bar et petite restauration.


Le Monde libertaire, l'hedomadaire de la Fédération anarchiste
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MessageSujet: ...   Sam 3 Fév - 12:22

« Ne faites jamais rien contre votre conscience, même si l’État vous le
demande.»
Albert Einstein


*** Sommaire du Monde libertaire # 1463 du 1er au 7 février 2007 :
Les bons apôtres ! par Maurice Rajsfus, page 3
Devoir de mémoire, le détail de l’abbé Pierre, par P. Schindler, page
4
Coup de sang!, par É. Gava, page 5
L’autruche, fidèle à la trinité, par F. Ladrisse, page 5
Brèves de combat, page 6
La face cachée de la loi anti-tabac, par G. Molinier, page 7
Fouchtri fouchtra, par J.-P. Germain, page 8
La grippe aviaire et ses vrais dangers, par F. Roux, page 9
L’ Allemagne et le nazisme, par Olynx, page 11
Le G8, drôle de rencontre, par le Forum anarchiste allemand, page 14
Travail et alternatives, par Espé, page 15
L’Étrangère, par H. Hurst, page 17
La Vie des autres, par H. Hurst, page 18
« La peur de poche», par J.-M. Traimond, page 19
La presse anarchiste sur Internet, par V. Dubuc, page 20
Solidarité avec Rolland Veuillet, par P. Corcuff, page 21
Radio libertaire, page 22
Agenda, page 23


*** L'éditorial :

L’Abbé est mort, vive l’abbé peut-on entendre partout. Il ne manquait
plus que ça,
après les enfants de Don Quichotte, pour nous faire l’éloge de la
charité dans tous
les médias. Il faut aider les malheureux, disent-ils,
leur donner des couvertures car ils ont froid, les pauvres, et de la
soupe car ils
ont faim. Après ça, tout le monde est rassuré, nous vivons dans une
bien belle
société qui prend soin de ses miséreux.

Et là où nous passons de la charité au miracle, c’est lorsque tout cela
se fait
sans que personne ne trouve à redire sur le fait que lesdits miséreux
sont le
produit de cette société. Que ceux qui font « oeuvre de charité »
sont ceux qui ont les moyens de le faire, et il est bien facile de
donner quelques
miettes, pour la forme, lorsque, dans le fond, on possède tout le pain
!

Ainsi il ne faudrait pas trouver à y redire, c’est mieux que rien…
C’est vrai,
c’est peut-être mieux que rien, mais c’est sûrement bien insuffisant.

Les magasins sont remplis de nourriture, les villes regorgent de
logements spacieux
où règne le luxe; parfois ceux-ci restent inoccupés pendant de longs
mois pour que
ces charmants messieurs, qui nous aident par leurs dons, puissent quand
même se
remplir les poches.

Les politiciens de tout bord profitent de l’événement pour nous montrer
qu’ils
s’intéressent à nos problèmes, qu’ils peuvent les résoudre grâce à leur
grand
coeur. On revoit le fabuleux destin de m’sieu l’Abbé, aidant
les plus pauvres, voyageant dans toute la France en hélicoptère, et
nous n’osons
imaginer le prix du voyage…

Il ne s’agit pas de se satisfaire de l’action de l’Abbé ou de râler
parce qu’on
aime bien ça, râler. Mais de trouver inacceptable que l’on puisse avoir
faim, ou
dormir dehors, en ces temps où on ne manque ni de
nourriture ni de moyens pour construire des logements.

C’est de trouver inacceptable que ceux qui possèdent tout se permettent
de nous
donner des leçons sur notre refus de prendre les miettes qu’ils nous
donnent en les
remerciant et en la fermant. Tant que chacun de nous ne pourra subvenir
à ses
besoins, nous ne cesserons d’exiger le partage des richesses.

Nous avons besoin de nous loger, des logements sont libres. Nous avons
faim, la
nourriture abonde dans les magasins et nos exploiteurs se remplissent
la panse à
n’en plus pouvoir. Mais les pauvres se révoltent;
combien de squats, d’affaires de vols qui se retrouvent devant les
tribunaux ? Nos
âmes charitables veillent à ce que l’on respecte la propriété privée,
il ne
faudrait pas que le goût du travail nous passe et que nous décidions de
vivre en
s’affranchissant des rapports de domination.


***
Les bons apôtres !
À vomir !

Par Maurice Rajsfus

SI L’AUTEUR DE CES LIGNES n’avait pas reçu une bonne éducation à
l’école de la
République, il serait bien plus vulgaire et dirait: à dégueuler!

À deux reprises, en quelques jours, les hommes (et les femmes) qui nous
gouvernent
ont fait montre d’un cynisme moralisateur qui n’a d’égal que leur
volonté de nous
imposer un contrôle social de plus en plus pesant.

Le 18 janvier 2007, sans que cela corresponde vraiment à une quelconque
date
commémorative, Jacques Chirac se souvenait qu’aux temps de l’occupation
nazie il
s’était trouvé de nombreux « Justes » pour s’opposer à la répression
conduite
contre les Juifs dans la tourmente. Il convenait donc de les honorer.
Bel effort de
reconstruction d’une page de l’histoire peu glorieuse de ce pays.

Il s’agit d’ailleurs d’une fâcheuse habitude que de nous renvoyer à
cette France
profonde, toujours sur le chemin de la gloire et de l’héroïsme. C’est
ainsi
qu’après 1945, on a voulu convaincre des générations de
collégiens et de lycéens que les Français avaient été globalement
résistants, de
1940 à 1944. Ce qui n’était rien moins qu’une escroquerie historique.
En 2007, le
temps était venu d’expliquer à un pays ému que les
Français avaient été majoritairement solidaires des Juifs pourchassés.
Ce qui
constitue un pieux mensonge.

En effet, durant les années noires de l’Occupation, il y a surtout eu
des
attentistes et des indifférents. Qu’importe! Le 18 janvier 2007, au
Panthéon,
Jacques Chirac célébrait les « Justes » recensés ces dernières
années. Lesquels se sont effectivement comportés courageusement,
risquant leur
vie... 2725 « Justes » pour une France alors peuplée de 40 millions
d’habitants.

Il s’est donc trouvé 2725 Français pour sauver l’honneur des lâches qui
résistaient
en écoutant Radio-Londres et le chef d’une France libre – de Gaulle –
qui ne
trouvera jamais un mot pour dénoncer les rafles et la
traque des Juifs étrangers. On ne songeait qu’à venger nos couleurs de
la défaite
déshonorante de juin 1940. Rien d’autre!

Le paradoxe, c’est que les hommes actuellement au pouvoir ne cessent de
s’acharner,
depuis de longues années, à expulser les étrangers sans papiers, tout
en menaçant
les « Justes » de 2007 qui se montreraient
solidaires des nouveaux exclus, traités tels des criminels dans les
centres de
rétention administratifs. En attendant l’heure de l’expulsion.

Bien entendu, il ne peut être question de comparer les deux périodes.
Pas
d’amalgame, n’est-ce pas, car les étrangers expulsés – y compris les
enfants
scolarisés dans ce pays – ne prennent pas le train pour Auschwitz.
C’est encore heureux! Peu importe qu’ils soient menacés de la pire
répression lors
du retour à la case départ. Il n’en reste pas moins que ces pratiques
d’exclusion
perdurent alors que nous sommes censés vivre en
démocratie.

Fin du premier acte.

Le 22 janvier 2007, nous apprenions le décès de l’abbé Pierre.
Immédiatement, c’est
un interminable concert de louanges pour célébrer celui qui avait passé
son
existence à se préoccuper des sans-logis. Pourtant, les mêmes qui
admettaient
tranquillement que des dizaines de milliers de SDF puissent grelotter
dans la rue
feignent de découvrir l’ampleur de la misère humaine. Ceux-là mêmes qui
expliquaient, il y a quelques semaines, que le campement des Enfants de
Don
Quichotte, le long du canal Saint-Martin, à Paris, n’était que de la
poudre aux
yeux, entonnent aujourd’hui l’hymne de la solidarité et de la charité
bien
tempérée. Tout en oubliant les expulsions violentes des squatters par
la police.

Le décès de l’abbé Pierre tombe à point nommé pour permettre au pouvoir
de se
donner cette touche sociale qui lui fait tant défaut.

On fait pleurer le bon peuple sans lui laisser le temps de réfléchir.
Le vieillard
de 94 ans, à qui l’on promettait tout sans jamais donner de suite, est
devenu un
héros national. Certains même proposent de lui donner
une sépulture au Panthéon – on y a bien inscrit les noms des « Justes »
le 18
janvier. Alors.

Les élections approchant, il ne faut pas être à court de démagogie.
Qu’y a-t-il de
plus affligeant que ces déclarations de Nicolas Sarkozy sur ce bon abbé
qui vient
de disparaître, alors qu’il envoie ses flics détruire
les campements de Roms dans la banlieue parisienne? Qu’y a-t-il de plus
misérable
que ces gesticulations de Jacques Chirac qui, dix ans après la campagne
présidentielle de 1995, redécouvre la fracture sociale? Le 14
janvier 2007, devant le congrès de l’UMP, Nicolas Sarkozy s’écriait,
dans un grand
élan:

« La France, c’est celle des travailleurs, celle de Jaurès... »

À gerber!

Maurice Rajsfus


*** Et pour finir l'agenda du Monde libertaire :

Vendredi 2 février

Lyon 1er
Projection de Brazzil de Terry Gilliam, à 20h30, en ouverture d’une
exposition
artistique sur le sécuritaire, à la Plume noire, 19, rue Pierre-Blanc,
organisée
par les groupes lyonnais de la CGA.

Bordeaux
Projection du film de P. Carles et G. Minangoy Ni vieux ni traîtres en
présence de
Georges Minangoy, Jacques Garcin et Jean Halfen à 20h30, 5,50 euros,
Cinéma Utopia,
place Camille-Jullian.

Samedi 3 février

Paris 18e
Maurice Rajsfus nous parle de ses Mémoires, à 15h30, à la bibliothèque
La Rue, 10,
rue Robert-Planquette. Métro Blanche ou Abbesses.

Rouen
Rencontre avec Jacques Lesage de La Haye, Histoire de la psychiatrie et
de
l’antipsychiatrie, autour de son livre La mort de l’asile, à 15 heures,
à la
librairie l’Insoumise, 128, rue Saint-Hilaire.

Lyon 7e
Réunion d’information avec Hellyette Besse et projection de la vidéo
Joëlle Aubron:
mon parcours militant de l’autonomie à Action directe, à 15 heures, à
La Gryffe, 5,
rue Sébastien-Gryffe.

Bordeaux
Débat féministe organisé par le collectif Ovaires et contre tout:
Peut-on abolir le
genre ? Quelle place pour la lutte féministe aujourd’hui ? Et quel
féminisme ? À 16
heures: Athénée libertaire, 7, rue du Muguet.

Périgueux (24)
À partir de 16 heures, sur les ondes de radio 103 nous recevons Jacques
Garcin,
résistant anarchiste sous l’occupation de Franco. Vous pouvez suivre
cette émission
sur: www.radioperigueux103.org + à partir de 20h30, aux Thétards 3, rue
Sully, le
Collectif libertaire Marius Jacob et le groupe Emma Goldman de la
Fédération
anarchiste organisent une projection du film de Pierre Carles Ni vieux
ni traîtres
avec la présence de J. Garcin.

Vendredi 9 février

Bordeaux
Concert organisé dans le cadre de la campagne nationale pour la
libération des
militants d’Action Directe avec: le Cri du peuple (Bx – chorale
révolutionnaire),
la K-bine + Pisko mc (Paris – rap conscient), Khalifrat
(Bx – Hip hop), Cartouche (Paris – Punk, ex membres de Kochise, Cria
Cuervos,
Raymonde et les blancs becs), Dj Sublime, Intermèdes Slam, Jonathan II,
à 21 heures
7 euros, 22, rue du Commerce.

Périgueux (24)
À partir de 20h30 projection du film Juppé forcément, aux Thétards, 3,
rue Sully,
organisé par le collectif libertaire M. Jacob.

Samedi 10 février

Dijon (21)
Venez découvrir l’affiche politique et la caricature de 1870 à 1914
avec Michel
Dixmier qui présentera en vidéoprojection, avec un commentaire
détaillé, un
éventail d’affiches et de dessins caractéristiques de l’art
social et révolutionnaire de la Belle Époque, à 18 heures, au local
libertaire, 61,
rue Jeannin.

Bordeaux
Débat avec Jacques Lesage de La Haye, autour du thème de la question de
l’enfermement et de la déviance en société libertaire. Jacques Lesage
de La Haye a
été condamné à 20 ans de réclusion en 1958 suite à des
braquages. C’est en prison qu’il décide de reprendre ses études.
Psychologue,
psychanalyste reichien, il est aussi militant à la Fédération
anarchiste et il a
milité contre toutes les formes d’enfermement (luttes
anti-carcérales, antipsychiatrique, etc.). Il participe à l’émission
contre la
prison de Radio Libertaire, « Ras les murs », à 17 heures, à l’Athénée
libertaire,
7, rue du Muguet.

Dimanche 11 février

Bordeaux
Projection de Lola, une femme allemande, de Fassbinder. 1957. La
projection sera
suivie d’un repas végétarien à prix libre, à 18 heures, à l’Athénée
libertaire, 7,
rue du Muguet.

Lundi 12 février

Bordeaux
Apéro-tapas et présentation puis débat autour du livre «Du
développement à la
Pierre Tertrais. Soirée organisée par le Cercle Jean-Barrué (FA, 33)
dans le cadre
de la tournée de février 2007 organisée par l’Union
départementale de Dordogne de la Fédération anarchiste, à 19 heures, à
l’Athénée
libertaire, 7, rue du Muguet.

Mardi 13 février

Ivry-sur-Seine (94)
Le groupe libertaire d’Ivry (FA) vous invite à une réunion publique
d’information
et de solidarité avec la Commune d’Oaxaca et les révoltes sociales au
Mexique. Avec
la participation d’un camarade de retour du
Mexique. À 20 heures au Forum Léo-Ferré, 11, rue Barbès. Métro:
Porte-d’Ivry. Dès
19h30, accueil, bar et petite restauration.

Mercredi 14 février

Paris 11e
Débat autour de livre «Les Coulisses du commerce équitable», en
présence de
l’auteur Christian Jacquiau et de Michel Besson, fondateur de Andines
et Minga.
Projection du film 0,01 Visages du commerce équitable, réalisé
par Sandra Blondel et Pascal Hennequin, à 19h45, au CICP, 21ter, rue
Voltaire.


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MessageSujet: ..   Sam 10 Fév - 16:08

« L’argent ne représente qu’une nouvelle forme d’esclavage impersonnel
à la place
de l’ancien esclavage personnel.»
Léon Tolstoï

*** Le sommaire :
Fonction publique en lutte ? par G.Chambat, page 3
SimCity rue d’Enghien, par M. Lhourson, page 5
L’autruche, par F. Ladrisse, page 5
Brèves de combat, page 6
Nouvelles des fronts, par Hugues, page 7
Avec le Medef tout est possible, par P. Schindler, page 8
SDF, sois malade et tais-toi, par J. Monjot, page 9
Les urnes ou la rue, par S. Mahé, page 10
Pénurie de professionnels de santé dans le monde, par L. N. page 12
Comprendre pour combattre, par N. Potkine, page 14
Circulez, par Nath et Gaël, page 15
Réponse abstentionniste, par Daniel, page 17
Daratt, par H. Hurst, page 18
Non, par J. Lesage de la Haye, page 19
Lectures libres, par S. Chemin, page 20
Affaire Granado et Delgado, par D. Pinós, page 21
Radio libertaire, page 22
Agenda, page 23


*** Éditorial

LE MOIS DERNIER a été l’occasion d’entendre la voix du Medef. Pour
celui-ci, « l’entreprise c’est la vie ». Tout un programme, surtout au
vu
des licenciements qui continuent, du nombre d’accidents de travail et
du
taux de suicides sur les lieux de travail ou pour raisons
professionnelles. L’entreprise c’est la vie, admettons, mais quelle vie
!
Travailler toute la journée, toute la semaine, toute l’année…

Travailler, est-ce cela la vie ? Ne serait-ce pas ce que nous devrions
faire par obligation pour nous permettre une certaine qualité de vie ?
Le
rôle du travail est inversé dans la société capitaliste. Nous passons
notre vie à travailler pour que la vie de ceux qui nous font travailler
soit meilleure. Ce qui est à remettre en cause, c’est la place du
travail
dans notre vie. Non un but en soi, mais un moyen pour subvenir à nos
besoins.

Parisot propose un retour au quarante huit heures, pourquoi pas ! Si
c’est
quarante huit heures par mois, la question ne se pose pas. Mais elle
s’empresse d’ajouter par semaine! Et là, ça pose un problème. Déjà que
l’on passe notre temps au travail, cela supprimerait le peu de temps
libre
qu’il nous reste.

C’est comme pour le dimanche. Les consommateurs sont ravis, les patrons
aussi. Mais iraient-ils travailler, eux, ce jour-là ?

Parisot voit dans la durée, et après la semaine de travail, elle
s’attaque
à l’âge du départ à la retraite ! En effet, selon les patrons, ils ont
mieux à faire de leur argent, pour s’octroyer un juteux salaire par
exemple, que de payer des gens qui ne font plus rien! Ils préféreraient
que les salariés puissent, à partir d’un certain âge, choisir ou non de
partir à la retraite ou de continuer à travailler. Choisir ? Tu parles
!
Évidemment, ceux qui pourront partir avec une retraite confortable le
feront, mais ceux qui n’auront qu’une retraite misérable n’auront guère
le
choix ! L’entreprise c’est la vie. À la vie, à la mort !

Les patrons, eux, ne veulent guère avoir un salarié à vie et préfèrent
un
nouveau contrat indéterminé qui permettrait de licencier plus
facilement !
En effet, les patrons veulent embaucher. Le problème est qu’ils veulent
pouvoir virer aussi ! Tous ceux qui n’acceptent pas de se tuer à la
tâche,
tous ceux qui n’acceptent
pas de se faire dicter leur vie par les patrons qui imposent leurs
journées de congés, leurs horaires, etc. Au moindre signe de fatigue ou
de
grogne, c’est « à la porte ! ».

Le travail, il faut l’aimer, avoir le « goût de l’effort » ou crever.


*** Et en prime un article :

Fonction publique en lutte ?

LE 8 FÉVRIER, les fédérations de la fonction publique appelleront à une
journée de grève et de manifestations. Le mot « d'ordre » (puisqu'il
paraît qu'il en faut un !) sera la défense du pouvoir d'achat des
fonctionnaires, en réponse à la ridicule revalorisation accordée il y a
quelques semaines par le gouvernement.

Un petit tour et puis s’en va…

Côté revendications, comme à l’accoutumée, se grefferont à cette
exigence
consensuelle doléances spécifiques à chaque secteur et expression d’un
ras-le-bol général…

Et, sous la façade d’unité syndicale, les uns et les autres tenteront
de
se distinguer pour bénéficier d’une bonne exposition au 20 heures.

Une journée comme on en a l’habitude, une démonstration de force, ou de
farce, suivant le point de vue adopté.

Côté moyens d’action, ce sera donc une journée de retenue sur la
feuille
de paye, le cortège derrière la sono et sous les ballons et la balade
en
car… La CGT alignera ses bataillons de communaux pour faire nombre. La
CFDT fera, comme d’habitude, dans l’innovation, son secrétaire François
Chérèque s’étant félicité à la radio du « pragmatisme » de sa
fédération
de cheminots, appelant à la manif mais… pas à la grève! Modernité,
quand
tu nous tiens…

Y être ou ne pas y être ?

Y aller ou pas? Être ou ne pas être… de la « fête »? La même question
se
repose à chaque fois. Bien sûr, le syndicalisme que nous défendons,
syndicalisme de lutte, porteur d’un autre projet de société, n’a qu’un
très lointain rapport avec ce qui va se jouer ce 8 février… Ni action
directe, ni grève insurrectionnelle… La révolution n’est pas à l’ordre
du
jour!

Alors ? Devrons-nous bouder dans notre coin, au milieu de ceux et
celles
qui ne feront même pas l’effort de rester chez eux ce jour-là ? Ce «
boycott » de la messe syndicale aura-t-il une quelconque valeur, quand
bien même les raisons de refuser de participer à cette mascarade ne
manquent pas ? Quelle position adopter ? Comme disait Prévert :

« Dis donc, camarade Soleil, tu ne trouves pas que c´est plutôt con de
donner une journée pareille à un patron ? »

Nos tripes, notre conscience… nous dictent d’aller rejoindre ceux et
celles qui seront descendus dans la rue, malgré tout. Mais n’y a-t-il
comme alternative que se défiler ou défiler?

Pour nous, une telle mobilisation n’a bien entendu de sens que si elle
s’inscrit dans une dynamique de lutte. Sans autre perspective que la
reprise après un petit tour en ville, elle ne suscitera aucun espoir
chez
les exploité(e)s…

Faisons le pari qu’il y a toujours quelque chose à jouer. Cette grève
peut
être l’occasion d’entamer le débat avec nos collègues pour secouer un
peu
la léthargie électorale et leur sortir la tête des sondages.

À quelques mois de l’élection présidentielle, cette grève mérite un
effort
d’analyse. À l’automne dernier, à l’appel des fédérations de
l’éducation,
une mobilisation similaire avait été un fiasco. Les « leaders »
syndicaux
avaient alors déclaré : « Dans la période actuelle, les salariés ne
croient pas en la lutte sociale, ils préfèrent attendre de déposer leur
bulletin, les élections leur semblant un outil plus efficace…

» Les rangs clairsemés leur avaient donné raison… jusqu’à ce qu’un vent
de
révolte souffle sur ce secteur de l’éducation (grâce à l’aide
inattendue
d’un ministre des plus arrogants…) et que deux grèves se décident à
l’appel d’une assemblée générale du 93, indépendante des syndicats et
parvenant à déborder le cadre de la seule mobilisation départementale.

Classes en lutte ?

C’est en effet le dynamisme et la détermination des cortèges de
l’éducation qu’il faudra observer le 8 février. Depuis 1995 le monde de
l’école est resté en ébullition, pas une année sans qu’un secteur (les
non-titulaires, les lycées professionnels), un département (le 93,
l’Hérault…) ou l’ensemble de ces acteurs (contre Allègre à deux
reprises
ou encore en 2003) ne se soulève et pose petit à petit les bases d’un
mouvement autonome et coordonné (à travers les fameuses assemblées
générales de bahut, de ville, de département ou même nationales comme
en
2003).

Personnels des écoles, des collèges et lycées participeront massivement
à
cette journée du 8 février. C’est quasiment acquis. Mais pour les
établissements les plus en pointe, hors de question de s’arrêter là.
Suite
à la grève du 18 décembre dernier contre la remise en cause du statut
des
professeurs du secondaire (augmentation du temps de travail et
redéfinition des garanties et des missions des enseignants), la colère
monte. Pour la première fois, la totalité des syndicats s’étaient
rencontrés et avaient lancé un appel à la grève. Même le très
réactionnaire Calcina considérait la grève reconductible comme
inévitable.
Le soufflé est retombé du côté des bureaucrates mais pas de la base.
Un,
puis deux, puis trois établissements… ont adopté le principe d’une
grève
reconductible à partir du 25 janvier. Appel relayé par l’AG du 93,
soutenue par les syndicats départementaux (SNES, CGT, SUD et CNT) puis
rejointe par une autre AG dans le 94. Sud et la CNT ont fait un appel
commun à la grève reconductible. La nouvelle journée de grève «
autonome »
du 30 janvier s’est achevée par une nouvelle AG régionale s’appuyant
sur
la journée du 8 février pour consolider la mobilisation, installer le
mouvement dans la durée et élargir géographiquement
la lutte (en Guyane des établissements se sont mis en grève, en
province
des mouvements se dessinent).

Comme en 2003, la mobilisation dans l’éducation, peu efficace
économiquement mais très visible socialement (des millions d’élèves
concernés, sans parler de leur famille…), peut être un levier fort. À
condition de tirer les enseignements du conflit sur les retraites et la
décentralisation (manque de confiance dans l’autonomie du mouvement
face
aux directions syndicales, crainte d’utiliser tous les moyens d’action
y
compris la grève le jour des examens, suivisme et manque d’inventivité
dans les modalités de lutte…).

Voter utile, c’est voter la grève !

Le 8 février, pour beaucoup, l’idée de peser sur la campagne sera mise
en
avant. Les directions syndicales se feront le relais de cette illusion,
jouant les gros bras, parlant de coup de semonce, d’avertissement… Mais
qui sait, en faisant prendre l’air aux drapeaux et aux banderoles,
d’autres espoirs se lèveront peut-être.

L’idée que rien dans cette campagne ne laisse envisager un avenir
meilleur
fait son chemin. Le récent sondage publié par Libération sur les
intentions de vote des enseignants est révélateur.

Renvoyant dos à dos les candidats, ces appuis traditionnels du PS sont
justement ceux qui commencent à bouger.

Des revendications s’élaborent: refus de la précarité, défense d’une
éducation égalitaire, augmentation des salaires, réduction du temps de
travail… Exigences simples, que personne ne reprend à son compte et qui
donc ne peuvent être portées que par les personnels eux mêmes.

Et cette méfiance envers les politiques se double d’une égale suspicion
vis-à-vis de syndicats traditionnels qui n’ont peut-être pas senti que
le
vent pourrait tourner. Scrutant les paroles des candidats, inquiets du
sort qui leur sera réservé, ils semblent incapables de dégager des
espaces
de contestation… à moins que le gros de leurs militants ne soit occupé
ailleurs…

Cent et un ans après le congrès d’Amiens et sa fameuse charte, le
mouvement syndical est bien en peine de réinventer une nouvelle voie
émancipatrice pour les exploité(e)s.

Englué dans le principe de représentation et de délégation, il y a peu
à
attendre de ce rouage, à moins que les petites gouttes d’huile que nous
sommes ne se transforment en grain de sable…

Grégoire Chambat
enseignant en collège CNT éducation 78


*** L’agenda du Monde libertaire :

Vendredi 9 février

Bordeaux

Concert organisé dans le cadre de la campagne nationale pour la
libération
des militants d’Action Directe avec : le cri du peuple (Bx – chorale
révolutionnaire), la K-bine + Pisko mc (Paris - rap conscient),
Khalifrat
(Bx - Hip hop), Cartouche (Paris - Punk, ex-membres de Kochise, Cría
Cuervos, Raymonde et les blancs becs), Dj Sublime, Intermèdes Slam,
Jonathan II, à 21 heures, 7 euros, 22, rue du Commerce.

Périgueux (24)

À partir de 20 h30 projection du film « Juppé forcément », aux
Thétards,
3, rue Sully, organisé par le collectif libertaire M. Jacob.

Samedi 10 février

Dijon (21)

Venez découvrir l’affiche politique et la caricature de 1870 à 1914
avec Michel
Dixmier qui présentera en vidéo-projection, avec un commentaire
détaillé, un
éventail d’affiches et de dessins caractéristiques de l’art social et
révolutionnaire de la Belle Époque, à 18 heures, au local libertaire,
61, rue
Jeannin.

Bordeaux

Débat avec Jacques Lesage de la Haye autour du thème de la question de
l’enfermement et de la déviance en société libertaire. Jacques Lesage
de
la Haye a été condamné à vingt ans de réclusion en 1958 suite à des
braquages. C’est en prison qu’il décide de reprendre ses études.
Psychologue, psychanalyste reichien, il est aussi militant anarchiste
et
il a milité contre toutes les formes d’enfermement (luttes
anticarcérale,
l’Athénée libertaire, 7, rue du Muguet.

Saint-Lupicin (39)

Concert Anarchy in Jura, avec Sundance Kids (surf) + René Binamé (punk)
+
DJ Vide la Salle, « at the Moon », à 20 h 30. Infoline :
groupelucio@no-log.org

Dimanche 11 février

Bordeaux

Projection de « Lola, une femme allemande », de Fassbinder, 1957. La
projection sera suivie d’un repas végetarien à prix libre, à 18 heures,
à
l’Athénée libertaire, 7, rue du Muguet.

Marseille 1er

« Anar 4 heures » : goûter à prix libre et projection du film « Avec le
sang des autres », de Bruno Muel, proposé par le groupe anarchiste de
Marseille à 16 heures, à Mille Babords, 61, rue Consolat.

Paris 20e

Présentation de la Campagne pour la libération des prisonniers d’Action
directe, infos, table de presse. Projection du film de Pierre Carles «
Ni
vieux, ni traitres » (1 h 30) à 17 heures, au Saint-Sauveur, 11, rue
des
Pannoyaux. Métro : Ménilmontant.

Lundi 12 février

Bordeaux

Apéro-tapas et présentation puis débat autour du livre « Du
développement
à la décroissance » de et avec Jean-Pierre Tertrais. Soirée organisée
par
le Cercle Jean-Barrué (FA, 33) dans le cadre de la tournée de février
2007
organisée par l’union départementale de Dordogne de la Fédération
anarchiste, à 19 heures, à l’Athénée libertaire, 7, rue du Muguet.

Mardi 13 février

Ivry-sur-Seine (94)

Le groupe libertaire d’Ivry (FA) vous invite à une réunion publique
d’information et de solidarité avec la Commune de Oaxaca et les
révoltes
sociales au Mexique. Avec la participation d’un camarade de retour du
Mexique. À 20 heures au Forum Léo-Ferré, 11, rue Barbès. Métro :
Ported’Ivry. Dès 19 h 30, accueil, bar et petite restauration.

Mercredi 14 février

Paris 11e

Débat autour de livre « Les Coulisses du commerce équitable », en
présence
de l’auteur Christian Jacquiau et de Michel Besson, fondateur de
Andines
et Minga. Projection du film « 0,01, Visages du commerce équitable »,
réalisé par Sandra Blondel et Pascal Hennequin, à 19 h 45, au CICP,
21ter,
rue Voltaire.

Sarlat (24)

Débat autour de la décroissance avec Jean-Pierre Tertrais, à la salle
Pierre-Denoix, centre culturel, avec le
Drapeau Noir Périgord.

Jeudi 15 février

Merlieux (02)

Rencontre avec un écrivain de polars que nous apprécions beaucoup,
Patrick
Pécherot, auteur de « Belleville-Barcelone » (2003), « Boulevard des
Branques » (2005), de 18 heures à 21 heures, à la Bibliothèque sociale,
8,
rue de Fouquerolles. Tél./fax : 03 23 80 17 09.

Périgueux (24)

Débat autour de la décroissance avec Jean-Pierre Tertrais, à la salle
Jean-Grasset, NTP, avec le groupe Emma-Goldman de la FA

Vendredi 16 février

Saint-Claude (39)

Vidéo-débat : « Ni vieux ni traîtres », film de Pierre Carles pour la
libération des prisonniers d’Action directe, au Coffre-Fort, rue de
Bonneville, à 20 h 30, groupelucio(a)nolog.org

Monde libertaire n° 1464 du 8 au 14 février 2007
Hebdomadaire de la Fédération anarchiste
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MessageSujet: ...   Sam 17 Fév - 15:00

« Ceux qui prennent leurs désirs pour des réalités, sont ceux qui croient
à la réalité de leurs désirs.»
Slogan de mai 1968

*** Éditorial

Le monde du travail va mal, cela se voit tous les jours. Le 8 février, les
fonctionnaires ont manifesté leur ras-le-bol face à la perte de leur pouvoir
d’achat, à la précarisation de leurs emplois et à la dégradation de leurs
conditions de travail. Mais les fonctionnaires ne sont pas les seuls concernés,
l’Etat-patron n’est pas le seul à rogner sa masse salariale, cela est une tendance
générale. Pour pouvoir améliorer leurs résultats, les dirigeants libéraux
n’hésitent pas à sacrifier leurs employés, à leur faire supporter leurs erreurs de
gestion et les fluctuations de la Bourse. Il n’est pas de semaine sans que nous
apprenions des « plans sociaux » ou autres attaques contre les salariés.

Airbus, à la suite des luttes de succession et des jeux de chaises musicales à la
tête du groupe EADS ayant entraîné des erreurs de gestion, a vu son action malmenée
à la Bourse l’année dernière, résultat : ce sont
des milliers d’emplois qui vont disparaître chez l’avionneur et surtout chez ses
sous-traitants. Alcatel et Lucent, après leur mariage, vont eux aussi, au terme de
leur lune de miel, préparer les milliers de lettres de
licenciement qui redonneront de la vigueur à leur cote sur le marché.

Dans beaucoup d’entreprises les salaires restent bloqués, quand on ne demande pas
aux salariés de travailler plus pour le même salaire. Face à cela, les salariés
restent pratiquement sans défense. Les syndicats
actuels, qui pour la plupart se sont convertis à la cogestion, gérant les tensions
sociales afin qu’elles n’affectent pas l’exploitation des ressources humaines, ont
oublié depuis longtemps ce qui motivait les
fondateurs de leur mouvement, l’abolition du salariat et la révolution sociale.
Même les bonimenteurs candidats à la chefferie de l’Etat ne se donnent plus la
peine de dépeindre une société plus juste pour les
travailleurs. Si tous se proposent d’améliorer le sort de ceux qui s’échinent à
faire tourner l’économie au prix de leurs efforts et de leur santé, aucun ne remet
en question l’exploitation de l’homme par l’homme
que constitue le salariat. Travailler plus pour gagner plus, tel est le leitmotiv
que les idéologues nous martèlent. Déjà on voit de plus en plus de travailleurs
obligés de cumuler plusieurs emplois pour pouvoir boucler leur budget à la fin du
mois. Nous ne progressons pas vers une société meilleure et plus juste, mais vers
un monde où règne la loi du plus riche.


*** Sommaire du Monde libertaire # 1465

Ne souriez pas, vous êtes fichés, par M. Rajsfus, page 3
Abolition de la peine de mort, par J. Lesage de La Haye, page 5
L’autruche, par F. Ladrisse, page 5
Brèves de combat, page 6
Voter pour rien, par F. Roux, page 7
Pouget : rien n’a changé, par T. Feixa, page 9
Du travail à se flinguer, par Tsi-na-pah, page 11
Il n’est pas de sauveur suprême, par les relations extérieures, page 14
Total se restructure, par J.-P. Levaray, page 15
Vers une Afrique de la non-violence, par Kä Mana et Jean-Blaise Kenmogne, page 16
De l’importance de bien dormir, par Fred, page 18
Confusion cinématographique, par Mato-Topé, page 19
Surveillance totale, par N. Potkine, page 20
Grand prix « Ni dieu ni maître », par J.-M. Raynaud, page 21
Radio libertaire, page 22
Agenda, page 23


*** Et l'agenda du Monde libertaire :

Jeudi 15 février
Merlieux (02)
Rencontre avec un écrivain de polar que nous apprécions beaucoup, Patrick Pécherot,
auteur de Belleville-Barcelone (2003), Boulevard des Branques (2005), de 18 heures
à 21 heures, à la Bibliothèque sociale, 8, rue de Fouquerolles. Tél./Fax:
0323801709.

Périgueux (24)
Débat autour de la décroissance avec Jean-Pierre Tertrais, à la salle Jean-Grasset,
NTP avec le groupe Emma-Goldmande la FA.

Auray (56)
Le groupe libertaire de Lorient- Vannes (Fédération anarchiste) organise, à 20h30,
la projection vidéo de Land and Freedom de Ken Loach (césar du meilleur film
étranger 1996) à la salle L & M. du Penher, 16, rue Du
Penher. Entrée libre.
Le film sera suivi d’un débat: quel enseignement tirer des expériences
autogestionnaires et de la solidarité internationale? Alors qu’aujourd’hui c’est
toute l’Espagne qui s’interroge sur les années sombres qui ont suivi
la défaite républicaine, peut-on aussi questionner le rôle des gouvernements des
démocraties voisines? Etc.

Bourdeilles (24)
Débat autour de la décroissance organisé par l'UR Dordogne de la FA avec
Jean-Pierre Tertrais, à la salle des fêtes avec le soutien du Tri-Cycle Enchanté.

Amiens
Dans le cadre de la création du groupe d’Amiens de la Fédération anarchiste, nous
proposons aux libertaires de l’agglomération deux rendezvous, les vendredi 16 et 23
février à partir de 18h30, au café Le Lucullus, rue de la République, afin de
pouvoir échanger, discuter et commencer à parler des éventuels projets à mener
ensemble.

Saint-Claude (39)
Vidéo-débat: Ni vieux ni traîtres, film de Pierre Carles pour la libération des
prisonniers d’Action directe, au Coffre-Fort, rue de Boneville à 20 h 30.
groupelucio@nolog.org. juralibertaire.overblog.com.

Paris 20e
Présentation de la campagne pour la libération des prisonniers d’Action directe,
infos, table de presse. Concert hip-hop avec Scherzo, 3K2N et Eme2k Maska à 19
heures, au « 96 », 96, boulevard de Charonne. Métro: Avron. Caisse de soutien prix
libre.

Samedi 17 février

Bordeaux
Rencontre-débat autour du livre Grain de sable sous le capot: Résistance &
contre-culture ouvrière: les chaînes de montage de Peugeot (1972-2003) en présence
de Michel Pialoux et Marcel Durand, à 16 heures, à l’Athénée libertaire, 7, rue du
Muguet.

Besançon (25)
Apéro poésie avec M. Pottard, autour de son dernier livre, à partir de 18 heures à
la Librairie L’Autodidacte, 5, rue Marulaz.

Dimanche 18 février

Paris 11e
Soirée de solidarité avec les inculpés d’actions contre les anti-IVG, avec Grrzzz
(électropunk) et Viande Pétrole (dark punk). À partir de 17 heures, au CICP, 21
ter, rue Voltaire. 5 euros.

Lundi 19 février

Marseille 1er
« Action directe 20 ans de prison » à l’occasion de ce triste anniversaire et pour
la libération des militants deux soirées projections-débats au Daki Ling, 45, rue
d’Aubagne. À 20h30 projection du film « le marathonien de l’espoir » suivi à 22h30
débat avec Charlie Bauer et Heliette Besse.

Mardi 20 février

Marseille 1er
projection à 20h30 de /Ni vieux ni traitres/ de Pierre Carles suivi à 22 heures
d’un débat avec Pierre Carles (sous réserve) et les principaux protagonistes du
film. Table de presse. Libre participation (solidarité).
Au Daki Ling, 45, rue d’Aubagne.

Besançon (25)
Apéro-concert avec le groupe Jamra qui vient présenter et signer son dernier album,
à partir de 21 heures, à la librairie L’Autodidacte, 5, rue Marulaz.

Paris 11e
Projection-débat de /Madegee, après coups/ en présence de la réalisatrice et avec
l’intervention possible d’une représentante d’association d’aide aux femmes
victimes de violences conjugales à La Passerelle, 3, rue
Saint-Hubert. Métro Rue Saint-Maur (Ligne 3). Tél.: 0143570482

Vendredi 23 février

Bordeaux
Rencontre avec des paysans d’Atenco (Mexique), à 21 heures, à l’Athénée libertaire,
7, rue du Muguet.

Amiens
Dans le cadre de la création du groupe d’Amiens de la Fédération anarchiste, nous
proposons aux libertaires de l’agglomération deux rendezvous, les vendredi 16 et 23
février à partir de 18h30, au café Le Lucullus, rue de la République, afin de
pouvoir échanger, discuter et commencer à parler des éventuels projets à mener
ensemble.

A Paris, tous les vendredi :

Rendez-vous tous les vendredis de 18 heures à 20 heures en grand nombre devant le
magasin Virgin (filiale du groupe Lagardère), 5, boulevard Montmartre, métro
Grands-Boulevards, pour exiger à grand bruit la
réintégration d’Amandine licenciée illégalement le 19 décembre 2006 pour cause
d’activité syndicale!


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MessageSujet: ...   Lun 26 Fév - 19:17

*** Le sommaire :
Erika, procès d'un trust, par J-P. Levaray, page 3
Sud-Ouest fait des amalgames douteux, par J.-M. Raynaud, page 4
Réunion électorale, par Libertad, page 5
Brèves de combat, page 6
Papon est mort, par J.-J. Gandini, page 7
Ni dieu - ni maire-directeur à l’école, par V. Benito, page 8
Le cercle vicieux de la démocratie, par R. Constant, page 9
Les bébés en sursis, par P. Schindler, page 10
De la fiscalité, par J. Langlois, page 11
L’enfant-poubelle, par G. Molinier, page 15
Guinée en lutte, par J.-P. Germain, page 16
Sénégal : les masques sont tombés, par D. Brubonde, page 17
La peste monothéiste, page 19
Le club du livre libertaire, page 20
Disparitions, par le CIRA de Marseille, page 21
Jean-Pierre Bourgeois, dit Clément, par Jean-Louis, page 21
Radio libertaire, page 22
Agenda, page 23


*** L'éditorial :

Le monde va mal, c’est pas nouveau. Quand dans les pays riches on se maintient,
c’est ceux d’en bas qui ramassent les pots cassés. Le banquet d’adieu qui a eu lieu
entre les divers partenaires de « Françafric » est
là pour en témoigner. Envoyez-nous les matières premières pour les affiner et faire
courir les profits.

Accessoirement on formera vos élites pour que la machine fonctionne, et vogue la
galère aux profits !

C’est peut-être un peu court mais faut-il vraiment en rajouter? Même au susnommé
sommet de Cannes ont été évoquées les crises d’Afrique centrale et de Guinée. On en
cause mais les vraies solutions sont-elles vraiment évoquées ? Des systèmes
politiques sous tutelle, des libertés syndicales niées et les droits de l’être
humain aux oubliettes.

Dans notre belle terre de France, rien ne se passe comme il faudrait non plus, de
l’Amoco Cadis à l’Erika les profiteurs de seconde zone mettent leurs dividendes
avant la protection de la nature. Faut-il attendre des
années aux prud’hommes pour obtenir le juste dédommagement d’une mise à la porte
alors que l’entreprise engrange profits et dividendes pour enfin voir le bout du
tunnel ou mourir à petit feu entre alcool et déprime ou mettre le feu à une ANPE
dans un moment de nihilisme?

Dans les années 1970, Léo Ferré chantait « Le beau syndicat qui reste à la maison »
(Paris, je ne t’aime plus), en ce moment c’est pas mieux, voire pis encore? Ils,
les différentes boutiques dites syndicales, ne savent
plus s’il faut la jouer revendicatif ou en attente de compromissions.

Devinez qui va l’emporter?...

Le Congrès américain a beau se rebiffer contre Bush, désavouant le président cela
va-t-il vraiment infléchir la politique américaine ?

Peut-être diminuer l’enveloppe pour la guerre en Afghanistan et en Irak, mais
freiner le rôle des États-Unis dans la gendarmerie planétaire…

Pendant ce temps-là, sur la Croisette, le sommet Afrique-France qui a réuni 49 pays
africains s’est borné à des déclarations d’intention. Molle indignation sur la
tragédie du Darfour, refus du Soudan d’accorder des
visas à une mission de l’ONU sur les droits de l’homme…

Une seule « note optimiste »: la « matraque d’or » décernée au président du Togo,
le prix de la « meilleure société d’exploitation » à la compagnie pétrolière
Total-Pina et la palme d’or décernée au président Chirac «
l’ami des dictateurs et pas de l’Afrique ».


*** L'agenda du Monde libertaire :

Vendredi 23 février

Bordeaux
Rencontre avec des paysans d’Atenco (Mexique), à 21 heures, à l’Athénée libertaire,
7, rue du Muguet.

Amiens
Dans le cadre de la création du groupe d’Amiens de la Fédération anarchiste, nous
proposons aux libertaires de l’agglomération deux rendez-vous, les vendredis 16 et
23 février à partir de 18h30, au café Le Lucullus, rue de la République, afin de
pouvoir échanger, discuter et commencer à parler des éventuels projets à mener
ensemble.

Paris 20e
« Décroissance et partage des richesse, la double révolution. » Débat animé par
Alex de l’émission les Mangeux de terre sur Radio libertaire avec Wally du groupe
Louise-Michel à 20 heures, au bar le Lieu-Dit, 6, rue Sorbier. M° Ménilmontant ou
Gambetta.

Saint-Denis (93)
Rencontre-débat avec Maurice Rajsfus, historien et Jean-Jacques Reboux, écrivain,
sur le thème: « Tous suspects, tous dangereux ». Maurice Rajsfus nous parlera de «
la police d’hier et d’aujourd’hui » et plus
particulièrement de l’état actuel du fichage en France à travers les multiples
fichiers existants. Jean-Jacques Reboux reviendra sur l’interpellation policière
dont il fut l’objet le 24 juillet 2006 à Paris. À 19h30 à la Bourse du Travail, 9,
rue Genin (métro ligne 13, station Porte-de-Paris). Organisée par la Société de
défense des laïques et le groupe Henry-Poulaille de la Fédération anarchiste.

Chalon-sur-Saône (71)
Conférence-débat sur le thème: « En finir avec le nucléaire! », organisée par le
groupe libertaire de Saône-et-Loire et le groupe la Vache noire de la Fédération
anarchiste, en association avec le Réseau sortir du nucléaire, à 20 heures, salle
21, rempart Saint-Vincent. Entrée libre, table de presse.

Caen (14)
Rencontre-débat sur la décroissance avec Jean-Pierre Tertrais, auteur du livre Du
développement à la Décroissance, à 20h30 au squat la Mauvaise Herbe, 7, rue de La
Masse (près du CHR).

Samedi 24 février

Bordeaux
Concert avec Hapi Wuiz (rock bruitiste, Bordeaux), Kid Blunt (hardcore mélodique
intense, Irelande) et Chad Unpoe (hiphop, Toulouse) organisé par les Potagers
natures, à 19 heures: à l’Athénée libertaire, 7, rue du Muguet. 4 euros.

Paris 20e
Concert de Fred Alpi à la Maroquenie, à 20h30, 23, rue Boyer, pour la sortie de son
nouvel album Se reposer ou être libre. Prix libre.

Dimanche 25 février

Bordeaux
Projection de l’Allemagne en automne, documentaire allemand de 1978. La projection
sera suivie d’un repas végétarien à prix libre, à 18 heures, à l’Athénée
libertaire, 7, rue du Muguet.

Mercredi 28 février

Compiègne
Le groupe de la Fédération anarchiste de Compiègne a désormais son émission
quotidienne tous les mercredi de 17 heures à 18 heures qui se prénomme « Toutes
peines méritent sa grève » sur les ondes de radio
Graf’hit 94.9 (Radio membre de la ferarock) écoutable sur Internet.

Vendredi 2 mars

Lorient (56)
Le groupe libertaire Francisco-Ferrer (Fédération anarchiste de Lorient) organise,
à 20h30, la projection de Land and freedom de Ken Loach (césar du meilleur film
étranger 1996) à la maison des associations, cité
Allende, 12, rue Colbert. Entrée libre. Le film sera suivi d’un débat: Quel
enseignement tirer des expériences autogestionnaires et de la solidarité
internationale? Alors qu’aujourd’hui, c’est toute l’Espagne qui s’interroge sur les
années sombres qui ont suivi la défaite républicaine, peut-on aussi questionner le
rôle des gouvernements des démocraties voisines? Etc.…

Samedi 3 mars

Paris 18e
Rencontre-débat avec Thierry Maricourt qui nous parle de son dernier ouvrage
Alacatel-Illkirch, entreprise high-tech et restructurations à 15h30, à la
bibliothèque La Rue, au 10, rue Robert-Planquette.

Chalon-sur-Saône (71)
Réunion publique sur l’antiélectoralisme, à 20 heures, salle du Cloître, rue du
Cloître, organisée par le groupe libertaire de Saône-et-Loire et le groupe la Vache
noire de la Fédération anarchiste. Entrée libre, table de
presse.

Vendredi 9 mars

Bordeaux
Concert avec Easpa Measa (anarcho-punk, Irlande), organisé par Mankind à 19 heures,
à l’Athénée libertaire, 7, rue du Muguet. 5 euros.


***
Maurice Papon
De l’ignominie ordinaire au service de l’État

6 MAI 1981: Le Canard enchaîné publie des documents signés de la main de Maurice
Papon prouvant sa responsabilité, en tant que Secrétaire général de la préfecture
de la Gironde, dans la déportation de 1690 Juifs de Bordeaux à Drancy, destination
finale Auschwitz, sous l’Occupation entre 1942 et 1944. Il est alors ministre du
Budget dans le gouvernement de Raymond Barre (avec pour directeur de cabinet
Jean-Louis Debré) après une carrière ininterrompue de près d’un demi-siècle dans
l’appareil d’État sous l’égide successive des radicaux-socialistes, du Front
populaire, du régime de Vichy, de la Libération gaulliste, des socialistes, du
Front républicain, du gaullisme à nouveau (où en tant que préfet de police de
Paris, il commettra son second crime d’État avec le massacre de centaines
d’Algériens le soir du 17 octobre 1961 et dans les jours qui suivirent, crime
toujours impuni) avant de se rallier en 1974 à Giscard d’Estaing
sous la houlette de Jacques Chirac.

Inculpé le 19 janvier 1983 de « crime contre l’humanité », il se présente libre, au
bout de quinze ans d’instruction (véritable parcours d’obstacles pour les parties
civiles sans l’opiniâtreté desquelles le procès n’aurait jamais eu lieu), devant la
cour d’assises de Bordeaux qui le condamne le 2 avril 1998 à dix ans de réclusion
criminelle pour « complicité de crime contre l’humanité ». Il faudra attendre le 22
octobre 1999 pour qu’il soit incarcéré, après une fuite rocambolesque en Suisse, et
il sera remis en liberté moins de trois ans plus tard, le 18 septembre 2002, grâce
à l’application de la loi Kouchner car « le pronostic vital était engagé »,
mais il lui survivra plus de quatre ans puisqu’il meurt ce 17 février 2007 à l’âge
de 96 ans!

Maurice Papon ne regrettait rien: « Si c’était à refaire, je le referais! »
s’est-il écrié à la fin de son procès, car il ne faisait que son métier: son métier
de fonctionnaire zélé, rouage administratif au service de l’État qui établit les
listes de Juifs selon la législation en vigueur comme il le ferait pour n’importe
quel « produit » figurant dans sa nomenclature de bureaucrate. C’est en cela que
son histoire est exemplaire: il est le symbole de cinquante années d’histoire des
mentalités françaises, de ces mensonges, oublis et autres arrangements
biseautés pour éviter l’image que nous renvoie le miroir, celle du crime
d’indifférence. Ne sommes-nous pas tous capables un jour, nous individus ordinaires
comme Papon, d’obéir à l’inacceptable?

Car c’est là que le bât blesse. Le crime contre l’humanité, ce n’est pas Auschwitz,
c’est une chaîne qui commence avec l’exclusion de la vie civile et professionnelle
et le fichage, se poursuit avec les arrestations et les séquestrations, qui vont
déboucher sur la déportation et finir par le gazage. La division des tâches et des
responsabilités étant poussée à l’infini, chacun peut feindre d’ignorer dans cette
chaîne le rôle du maillon qui le précède et de celui qu’il précède. Papon a
accompli son devoir de technicien, de spécialiste; il fournit les moyens, la fin ne
le regarde pas: au nom des ordres reçus, il ignore l’inhumanité des actes commis.
Pour lui « démissionner aurait été déserter! » NON: face à un régime d’exclusion
obéir c’est soutenir, et démissionner c’est résister. Tout individu doit conserver
sa capacité de choix de dire non car n’oublions jamais, comme le disait déjà
Étienne de La Boétie en 1548, que « le pouvoir ne s’impose que du seul consentement
de ceux sur lesquels il s’exerce ».

17 février 2007,
Jean-Jacques Gandini

auteur de le Procès Papon, Éd. Librio, 2 euros


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kamchatka
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MessageSujet: ...   Dim 8 Avr - 15:59

« Il n’est d’État, que policier.»
Moâ

*** Le sommaire du Monde libertaire # 1472 du 5 au 11 avril 2007
Censure : Mais ou est Charlie ?, par J-P. Levaray, page 3
Marseille et son port, la grève, par Thierry, page 4
Banalité d’un contrôle ?, par le RATP, page 5
L’autruche et le contrôleur des Lilas, par F. Ladrisse, page 5
Résister ensemble, par V. Benito, page 6
Nouvelles des fronts, par Hugues, page 7
Le bétail électoral, par Libertad, page 8
Science-fiction et politique, par L. Janover, page 9
La révolte des pauvres, par Casquette, page 11
Brèves de combat, page 12
La fracture sanitaire, dossier, page 13
Des toubibs à Radio libertaire, Chroniques syndicales, page 14
Ni bonnes, ni nonnes, ni connes, par LN, page 17
Du nid de coucou, par Yolaine, page 18
Retour au passé et psychiatrie, par Y. Guignat, page 19
Bien penser à travers le drapeau…, par M. Rajsfus, page 20
Nucléaire et avenir de la planète, par C. Granier, page 22
Du côté de la misère sociale, par J. Lesage de La Haye, page 22
Éducation, …suite, par F. Sebastianoff, page 23
Les Tanneries de Dijon menacées, par le Collectif, page 25
Radio libertaire, demandez le programme, page 26
L’agenda, page 27
Dossier santé pages 13 à 19


*** L'éditorial

Laissons de côté pour une fois les pêcheurs de voix, Nicolas et
Pimprenelle avec
leurs appâts de francitudes et de participalisme, la gôche populaire et
l’extrême
droite populiste.

Sortons un peu de la caverne républicaine et de son hémicycle de la
bourgeoisie
pour aller voir ce qui se passe sur notre bonne vieille Terre. Aussi
incroyable
qu’il n’y paraît, elle continue de tourner !

Au Darfour, ces trois États désertiques de l’ouest du Soudan en crise
depuis la
grande famine du milieu des années quatre-vingt, les soudards à la
solde du
gouvernement soudanais continuent de massacrer, violer,
dépecer les populations autochtones en toute impunité; dans
l’indifférence quasi
générale du reste de la planète.

L’existence des quelque six millions d’habitants de la « patrie des
Fours » ne pèse
pas lourd face au réserves stratégiques de pétrole que se disputent les
Russes, les
Chinois, les Américains et les Européens. On en
parle dans les médias, oui, mais pas trop, juste pour dire que l’on
aimerait bien
faire quelque chose, agir radicalement, mais que malheureusement les
méchants
Chinois… alors on oublie. Elle tourne!

En Tchétchénie, après la régence suivant l’exécution de Akhmad Kadirov,
son fils
Ramzan Kadyrov ayant atteint l’âge légal de 30 ans est monté sur le
trône. En bon
vassal du tsar Poutine il va pouvoir reprendre la
pacification où l’avait laisser son père.

Malheureusement pour lui il ne reste plus grand chose à détruire là
bas,
l’artillerie de l’ours du KGB a déjà pratiquement tout rasé… Elle
tourne!

En Irak la démocratisation à l’américaine continue, avec son lot de
communautarisme
menant aux attentats sanglants dont la télé nous abreuvent tous les
soirs. Tout à
côté, en Afghanistan, les talibans fous de dieu
font toujours régner la terreur. Elle tourne!

Au Mexique, le nouveau gouvernement du Chiapas favorise la
recrudescence des
groupes paramilitaires, renforçant la présence toujours plus forte de
l’armée
fédérale. À Oaxaca, après les révoltes d’octobre réprimées dans le sang
par le
psychopathe Ulises Ruiz Ortiz et son complice Felipe Calderon, 62
personnes restent
aujourd’hui encore enfermées dans les glauques geôles mexicaines. Elle
tourne!

Et cheu nous ? Ça tourne bien… pour les patrons! La classe ouvrière,
désorganisée
par des syndicats collaborateurs, se contente de journées d’actions de
ci de là. Le
marchand de sable électoral semble passé par là, marchand d’espoir et
de duperies
faisant croire aux votards que leur voix aura le dernier mot. Mais nous
disons
nous, que rien ne changera tant que tous les pauvres ne s’y mettront
pas pour faire
tourner la roue de la fortune en leur faveur.

Marseille, encore une fois, donne l’exemple, les dockers, solidaires,
ont su gagner
leur lutte!


*** Un article de jean-Pierre Levaray :

Censure : Mais ou est Charlie ?

AU MOMENT OÙ CHARLIE HEBDO est relaxé pour l’affaire concernant les
caricatures
d’islamistes et de Mahomet (ce qui est tant mieux), il est temps de
revenir sur une
autre affaire de censure qui n’a pas défrayé la
presse.

Après la parution, en 2001, du livre « Vos papiers! Que faire face à la
police? »,
une double plainte pour diffamation et injures était déposée par Daniel
Vaillant,
alors ministre de l’Intérieur (plainte relayée par
les ministres Sarkozy, puis Villepin, puis encore Sarkozy).

Un premier procès eut lieu en 2005, suivi d’un procès en appel le 23
novembre 2006.
Le jugement a été rendu le 18 janvier dernier. Le dessinateur Placid a
été condamné
à 500 euros d’amende, pour « injures
publiques envers une administration publique, en l’occurrence la police
nationale
», pour avoir dessiné un policier, aux traits jugés porcins, en
couverture de
l’ouvrage.

L’auteur du texte, Clément Schouler, magistrat et membre du Syndicat de
la
magistrature, à 800 euros d’amende pour « diffamation publique envers
une
administration publique, en l’occurrence la police nationale », pour
avoir écrit
cette phrase dans l’introduction: « Les contrôles d’identité aux
faciès, bien que
prohibés par la loi, sont non seulement monnaie courante, mais se
multiplient. »

Enfin, Michel Sitbon, l’éditeur, à 1000 euros d’amende pour complicité
avec Placid,
dans le délit d’injure, et complicité avec Clément Schouler dans le
délit de
diffamation.

Suite à cette condamnation, quasiment pas de réactions: un article dans
le Canard
Enchaîné, un autre dans Libé, ne parlant que de Clément Schouler et
oubliant Placid
et l’éditeur, ainsi que quelques entrefilets.

Dans Charlie-Hebdo, grand chantre de la liberté d’expression, rien ou
si peu. On
aurait pu s’attendre à un numéro spécial (reprenant même de vieux
dessins de ses
collaborateurs).

Rien. Ce procès représente pourtant bel et bien une triple atteinte à
la liberté de
création, à la liberté d’information et à la liberté d’édition.

Dans un pays comme la France subissant encore, quoi qu’on dise, la
culture
judéochrétienne, il est plus facile (et plus vendeur) de caricaturer
des
intégristes et des musulmans qui constituent une population
minoritaire,
plutôt que de s’attaquer à ses institutions.

Du coup, les réactions sont venues d’ailleurs. Un blog de soutien a été
lancé («
tous cochons »); le journal CQFD y a consacré plusieurs pages; enfin un
collectif
d’éditeurs s’est créé (comprenant, entre autres :
l’Association, Vertige Graphic, l’Esprit Frappeur, Nautilus, les
Requins Marteaux,
Thé-Roc…) dans le but de sortir un livre comprenant des dessins
représentants des
policiers caricaturés et animalisés ou pratiquant un
contrôle au faciès. Ce livre se nommera « Tous Coupables ». Réalisé et
imprimé dans
les semaines à venir, il devrait « rendre chacun de nous prévenu du
délit de
diffamation pour qui évoque la banale réalité des
contrôles au faciès, ou prévenu du délit d’injure pour qui dessine un
policier trop
stylisé », déclare le collectif.

A suivre donc…

Jean-Pierre Levaray

pour plus d’infos contacter the.troc@free.fr


*** L'agenda du Monde libertaire

Jeudi 5 avril

Merlieux (02)
Rencontre avec Benoist Rey, auteur d’Égorgeurs, livre censuré en 1961,
dénonçant
les horreurs de la guerre d’Algérie, et des Trous de mémoire paru aux
Éditions
libertaires, de 18 heures à 21 heures, à la Bibliothèque sociale, 8,
rue de
Fouquerolles. Tél./fax: 0323801709.

Paris 20e
Des camarades de la Fédération anarchiste vous invitent à participer à
une soirée
débat en présence de Jean-Pierre Levaray, ouvrier de l’industrie
chimique, auteur
du livre Putain d’usine, militant syndicaliste et
anarchiste. La soirée débutera à 19h30 par le film intitulé Putain
d’usine réalisé
par Rémy Ricordeau, à l’Espace Louise-Michel, 42 ter, rue des Cascades.

Vendredi 6 avril

Toulon
« Agir au lieu d’élire! » Réunion – débat « la salle » à 20h30, rue H.
Poincaré -
quartier la rode + spectacle: ils ont voté et puis après… Meille chante
Ferré,
Brassens. Table de presse, buffet. Entrée libre. Organisé par le groupe
Nada de la
Fédération anarchiste.

Besançon (25)
Conférence débat contre les prisons avec Charlie Bauer, et autour de
son film, à
20h30 à la librairie L’Autodidacte 5, rue Marulaz.

Samedi 7 avril

Bordeaux
Concert avec Dona Maldad (anarcho-punk, Venezuela) organisé par Mankind
à 19 heures
à l’Athénée libertaire, 7, rue du Muguet. 5 euros.

Paris 18e
Rencontre-débat avec Jean-Hugues Oppel qui nous parle de son dernier
polar, à
15h30, à la bibliothèque La Rue, au 10, rue Robert-Planquette.

Marseille 1er
François Roux présentera son livre La Grande guerre inconnue: les
poilus contre
l’armée française. Les poilus ont utilisé tous les moyens à leur
disposition pour
essayer de survivre: désertion, fuite, planque, reddition
volontaire, automutilation, sabotage, refus d’attaquer, mutineries,
assassinats
d’officiers, fraternisation… 17 heures, 3, rue Saint-Dominique.

Dijon (21)
Rencontre avec Charlie Bauer à l’espace autogéré des tanneries 15-17,
boulevard de
Chicago. 16 heures: projection du film Charlie Bauer, marathonien de
l’espoir. 18
heures: causerie, échange et débat sur
l’engagement politique, l’enfermement, l’univers carcéral, l’espoir, la
liberté…
Entrée libre

Vendredi 13 avril

Rouen
« Comment écrire, comment penser après Auschwitz? », avec un comédien
sur des
textes de Didier Durmarque, auteur de Moins que rien (Éditions Thot) à
la librairie
l’Insoumise, au 128, rue Saint-Hilaire.

Périgueux (24)
Dans le cadre des « Cafés libertaires », le groupe Emma-Goldman de la
Fédération
anarchiste avec le Collectif libertaire A.-Marius Jacob et la CNT
organisent une
soirée débat sur le thème de l’Antiélectoralisme au
local associatif, les Thétards, 3 rue Sully à Périgueux, à partir de
20h30.
Présence de 2 personnes de la Coopequita, expérience autogestionnaire,
ainsi que la
Filature de Belvès (24), SCOP (Société coopérative ouvrière de
production).

Samedi 14 avril

Paris 11e
« Sans-papiers et monde du travail »: Débat organisé par le groupe
Idées noires et
le 9e collectif de sans-papiers à 16 heures, à la librairie du Monde
libertaire,
145, rue Amelot, métro République, Oberkampf, ou
Filles-du-Calvaire.

Vendredi 20 avril
Périgueux (24)
L' Association des précaires et chômeurs de Dordogne (APCD) organise
une soirée
projectiondébat sur les Nanotechnologies. Diffusions du documentaire
Nano-Pravda
(durée 20 minutes) et du documentaire de l'École normale supérieure,
les
Nanotechnologie; un champ d'expérimentation sociale, conférence donnée
par la
philosophe des sciences Bernadette Bensande-Vincent (Université Paris
X). Cette
soirée se déroulera aux
Thétards, 3, rue Sully à partir de 20 heures.

Mardi 1er mai
Paris 19e
La Fédération anarchiste appelle à sa traditionnelle manifestation
libertaire le
1er mai, à 11 heures, Place des fêtes.

Jeudi 3 mai
Merlieux (02)
Rencontre avec Yves Couraud, auteur du Guerrier souriant, de 18 heures
à 21 heures,
à la Bibliothèque sociale, 8, rue de Fouquerolles. Tél./fax:
0323801709.

Samedi 5 mai
Paris 18e
Rencontre-débat avec Célia Izoard qui nous parle de son ouvrage la
Révolte luddite;
briseurs de machines à l’ère de l’industrialisation à 15h30, à la
bibliothèque La
Rue, au 10, rue Robert-Planquette.


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buenaventura
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MessageSujet: ...   Dim 6 Mai - 12:37

« La destruction de tout pouvoir politique est le premier devoir du prolétariat. »
Résolution du Congrès de l’Association internationale des travailleurs, Genève, 1866.

*** Sommaire
Tout finit par des élections, par J-P. Garnier, page 3
Enjeu de civilisation : l’élection d’une môman, par R. Dadoun, page 5
Renouveau syndical, par J.-P. Germain, page 6
L’autruche maussade, par F. Ladrisse, page 6
Calomnies socialistes, par Libertad, page 7
Brèves à propos du combat, page 10
Réchauffement global et cata, par P. Rossineri, page 11
Laure Adler attaque, par A. Lubrina, page 14
La Volonté du peuple, démocratie ou anarchie, par M. Lhourson, page 15
Irak : l’occupation, les femmes et les résistances, par N. Potkine, page 17
Morituri, le film, par H. Hurst, page 18
26e festival du film d’Istambul, par H. Hurst, page 19
Un centre d’études libertaires à Terrassa, page 20
Les 20 ans de Femmes libres, page 21
Une semaine contre les enfermements, page 21
Radio libertaire, page 22


*** Éditorial

Eh bien, une fois n’est pas coutume, nous ne sommes pas en complet désaccord avec
Laurence Parisot. La patronne du Medef vient d’annoncer qu’il n’y aura pas de
consigne de vote de la part du patronat. « Les deux
candidats sont tous deux pour l’économie de marché. »

Tout est dit. Là où les anarchistes divergent un petit peu du patronat, c’est sur
la suite! Le Medef a toujours sur le métier ses projets de « simplification » du
Code du travail, de baisse des charges sociales, de «
dialogue » social, de protection sociale, la fiscalité, etc.Toutes choses qui ne
correspondent pas exactement avec nos idées de justice sociale et de partage des
richesses.

Pour le moment, le « peuple » va voter; vote « massif » au premier tour, qui,
cependant, voit environ un tiers des personnes qui ne se sont pas manifestées (en
comptant les abstentionnistes et les non-inscrits).
L’anesthésie est peut-être générale, mais le corps social bouge encore! etl’effet
n’est que momentané. On se réveille de cet endormissement, peut-être avec un goût
pâteux dans la bouche, mais enfin la conscience se
ranime, l’esprit se dégourdit, et reviennent en mémoire les luttes et les
victoires, et l’action solidaire où l’on se sent revivre.

Luttons sans relâche et ne comptons que sur nous-mêmes pour améliorer nos
conditions de vie; déjà dans la lutte, dans la grève, c’est aussi la vie même qui
change et prend tout son sens.

L’autre n’est plus un indifférent, voire un ennemi, mais devient un camarade, un
soutien: la solidarité l’emporte et l’espoir de gagner rend la vie plus belle et
les femmes et les hommes plus beaux et intelligents.

Pour le moment, ne donnons pas notre voix, gardons-la pour nous faire entendre sur
les vrais problèmes, qui ne sont pas du tout abordés par les deux candidats. La
fausse démocratie c’est pour nous, c’est un
détournement de l’essentiel qui se présente sous les auspices du FMI, de Bruxelles:
et là, notre élu, il ne nous demandera pas notre avis pour mettre en musique ce que
les instances internationales – les vrais maîtres
du monde qui, eux, ne sont pas élus – auront décidé; il choisira juste le tempo
dans lequel nous baignerons.

Là, l’économie de marché, qui nous écrase et devant laquelle nous n’avons qu’à nous
incliner, c’est la casse des services publics, de la santé, de l’éducation, des
transports, du service postal, d’EDF, de GDF, de l’eau,
des prisons…

L’imagination au pouvoir de la bourgeoisie internationaliste (ils nous ont tout
piqué!) n’a pas de limite. Chapeau!

Cependant, l’être humain est ainsi fait, que ses gênes (dirait Sarko) l’entraînent
quand même à contester, à se battre, à espérer et ne pas se laisser abattre comme
du bétail. Il n’y a qu’à constater toutes les luttes
menées en ce moment, nombreuses et déterminées.

On bouge encore, oui!


*** En prime, un article de Jean-Pierre Garnier

Tout finit par des élections !

AINSI DONC, l’allergie viscérale dont font montre des anarchistes à l’égard de la
délégation de pouvoir à des politiciens professionnels témoignerait, si l’on en
croit certains adeptes du « réformisme révolutionnaire », d’une « indifférence
stratégique de lutte ». Je ne sais pas quelle signification ils donnent au terme «
stratégie ». Mais je doute qu’il puisse s’appliquer, quelle que soit l’acception
retenue, au pugilat électoral en cours. En émiettant la voix collective des gens en
lutte contre l’ordre capitaliste en bulletins de vote, en les incitant à
renoncer à la seule force, celle de la communication directe entre eux dans
l’action, au profit d’une remise individuelle de pouvoir à une vestale de « l’ordre
juste » intronisée par la caste médiatique et cornaquée par une élite de
spécialistes, l’appel aux urnes ne sert, comme toujours, qu’à désamorcer l’énergie
de la révolte. En ce sens, il y a bien « stratégie », mais c’est celle qui a permis
depuis plus de deux siècles à la classe dominante de continuer à dominer.

Une fois de plus, les « stratèges » d’une « gauche de gauche » qui n’ose plus
s’affirmer d’extrême gauche, de peur, sans doute, d’être taxée de « gauchisme » ou
d’« extrémisme », nous resservent le petit chantage cent
fois utilisé. Il ne s’agit évidemment pas de voter pour un programme, devenu
d’ailleurs de plus en plus flou et qui, de toutes façons, ne sera appliqué que pour
autant qu’il ne contrevienne pas aux intérêts de la bourgeoisie, mais de « faire
barrage à… ». À la droite « dure », aujourd’hui, incarnée par l’abominable Sarko –
Bayrou le doucereux incarnant une droite « molle » donc fréquentable –, une fois le
« péril fasciste » représenté par l’horrible Le Pen écarté. Si la candidate « de
gauche » est élue, on pourra toujours l’accuser, comme on l’a fait avec ses
semblables lorsqu’ils étaient au pouvoir, de faire la politique de la droite. Mais,
en attendant, c’est à voter en masse pour elle que l’on est convié.Avec le brillant
résultat que l’on peut en attendre.

Tout au long des calamiteuses années-fric du mitterrandisme, « faire barrage au FN
» était devenu l’ultime argument alors que le mot « socialisme » achevait de se
vider de tout contenu anticapitaliste. Le sommet de cette stratégie défensive à la
gribouille sera atteint avec le psychodrame national auquel donna lieu le « séisme
» électoral du printemps 2002. Il était interdit, entre les deux tours de
l’élection présidentielle, d’ouvrir la bouche pour autre chose que d’appeler à
voter Chirac pour « faire barrage » à Le Pen. Quant à la minorité d’inconscients du
« péril fasciste » – dont j’étais – qui se réjouissaient de voir cette canaille de
Jospin débarrasser enfin le plancher, ils devaient garder pour eux leur allégresse
sous peine d’être ipso facto relégués dans l’infamante catégorie des « rouges-bruns
».

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MessageSujet: ...   Dim 6 Mai - 12:38

Autrement dit, « il n’était nul besoin que Le Pen devienne président pour que la
liberté d’expression disparaisse: c’était déjà fait, sous les auspices de la bonne
conscience républicaine et en vertu d’une sorte
d’état d’urgence électoral1 ». Peu importait, dès lors, que la bourgeoisie
française, désormais mondialisée, n’ait nul besoin, de nos jours, d’un régime
ouvertement fasciste pour venir à bout de la résistance des
travailleurs. Dès les années 1980, « le plus jeune Premier ministre » dont cette
fripouille de Mitterrand s’était vanté d’avoir doté la France n’avait-il pas prouvé
que le « sale boulot » (« rigueur » et « modernisation ») pouvait être effectué
avec brio par un « socialiste »?

Et l’on nous refait le coup aujourd’hui.

Vouloir mettre le nez dans leur merde gestionnaire aux caciques de la « gauche de
gouvernement » se heurte à cette unique consigne qu’ils se plaisent à ressasser,
relayés par les perroquets de la « gauche de gauche
»: « il faut faire barrage à… ». Quiconque essaie d’ouvrir un débat sur son
bien-fondé se verra illico accusé de complicité objective, non plus avec l’extrême
droite, mais avec Sarkozy, le nouvel homme à abattre. On ne
sait trop pourquoi, d’ailleurs: chantre du néolibéralisme, il n’a pourtant rien à
envier, en effet, à un DSKac 40, ministre de l’Économie dans le gouvernement Jospin
et champion toutes catégories en matière de
privatisations et d’aplaventrisme devant les diktats de la Commission européenne.
Sur le front banlieusard, d’autre part, en tant que ministre de l’Intérieur, le
pourfendeur de la « racaille » n’a fait que suivre la
voie déjà tracée par l’un de ses prédécesseurs, J.-P. Chevènement, dans la chasse
aux « sauvageons ». Il est vrai que ce dernier se montrait par là fidèle à toute
une tradition « de gauche » face au « problème de
l’immigration ».

Qui a parlé en premier d’expulser les familles immigrées dont les enfants
défrayaient la chronique judiciaire? Le maire PCF de Vénissieux, en 1980, dont le
parti s’était déjà illustré quelques années auparavant en couvrant le nettoyage au
bulldozer d’un foyer de travailleurs africains par la municipalité « rouge » de
Vitry. Qui, en 1984, a grossièrement calomnié la grève des OS immigrés de Talbot et
fait appel aux CRS pour la briser, en prétendant y voir – déjà! – la main
diabolique d’imans intégristes ? Le Premier ministre « socialiste » Pierre Mauroy.
Et c’est sous le règne (éphémère) d’un autre Premier ministre « socialiste »,
Michel Rocard, que
des « jeunes des cités » trouvèrent la mort, au cours des années 1990-91, à
Vaulx-en-Velin, Sartrouville et Mantes-la Jolie, lors d’affrontements avec la
police. Et que dire, encore, de l’ex-LCR et manipulateur de
SOS-racisme Julien Dray, devenu « royaliste » en rêvant de trôner bientôt place
Beauvau si Travail-Famille-Poitou parvenait à se hisser à la Présidence? Cette
crapule n’a pas craint de tresser des lauriers à Sarkozy
en soutenant la loi liberticide présentée par ce dernier sur la « sécurité
intérieure », qui parachevait la loi, non moins liberticide, sur la « sécurité
quotidienne » du « socialiste » Daniel Vaillant. Se souvient-on aussi que l’énarque
et ancienne ministre « socialiste » Martine Aubry, ex-bras droit du patron Jean
Gandois aux « ressources humaines » chez Péchiney, a réclamé, en novembre 2006,
depuis la mairie de Lille où elle a
pris le relais de Mauroy, de la « fermeté » contre la jeunesse révoltée des
quartiers paupérisés? On pourrait allonger la liste. Tout cela pour « seulement
rappeler à quiconque espère un changement réel dans ce pays
déconfit qu’il faudra, le jour où les choses sérieuses commenceront, se montrer
très “ferme” avec cette valetaille social-libérale(2) ».

À quoi rime, alors, d’appeler à voter pour un ou une quelconque hiérarque du PS
pour « faire barrage à Sarkozy »? Certains naïfs se demandent encore ce qu’est le
crétinisme parlementaire.

En voilà une preuve supplémentaire.

Les nationaux-républicains à la Chevènement ou à la Jean-François Kahn n’ont, en
effet, pas de leçons à recevoir de Sarkozy pour ce qui est de réprimer les fils du
peuple en rébellion contre une société qui les
rejette. Affublée d’un casque de CRS en lieu et place du bonnet phrygien, leur
Marianne est à l’image de leur citoyennisme, emblème d’un néofascisme rampant où la
collaboration entre la « police de proximité », dont ils
réclament le retour sur l’air des lampions, et la population permettra au pouvoir
exécutif de faire le plein de ses exécutants. Depuis plus d’un quart de siècle, la
gauche a montré ce dont elle était capable face à la
rébellion ouverte ou larvée des jeunes parqués dans les « cités » voués au salariat
précaire. Ou plutôt ce dont elle était incapable. C’est-à-dire de s’attaquer aux
causes structurelles de cette rébellion. Il est vrai que
cela eût supposé de s’affronter à la bourgeoisie, au lieu de marcher sur les
plates-bandes de ses représentants politiques en matière de « lutte contre
l’insécurité ».

« La gauche », en France comme partout en Europe, n’est que l’héritière d’un siècle
de lâchetés, de mensonges et de trahisons. Elle a cassé net les espoirs nés sur les
barricades de Mai 68, en faisant retourner 10 millions de grévistes sauvages au
turbin, anéantissant toute perspective de changement radical dans ce pays. On ne
peut que s’émerveiller, après le « non » au projet de constitution européenne,
après la révolte de la jeunesse des cités, après la lutte contre le CPE, que les
couches populaires ne se voient pas proposer autre chose que d’avoir à choisir
entre Fabius et Ségolène, ou Strauss-Kahn et Buffet. « En France, tout finit –
littéralement – par des élections. » Mais quelle élection mettra fin à
l’exploitation sans cesse plus brutale de la main-d’oeuvre, à l’exode et à la
délocalisation mondiales des travailleurs sous l’effet du mouvement du capital, à
l’empoisonnement croissant de l’air, de l’eau et de la nourriture, à la
manipulation médiatique des foules solitaires abreuvées de propagande et de
publicité, à la misère psychologique des individus atomisés, à la décomposition
sociale et à la désintégration urbaine dont les « émeutes » de l’an passé n’ont
fait que confirmer l’état avancé.

« “La gauche” n’est pas la solution au problème du maintien des rapports de
dominations capitalistes. Elle fait partie du problème. Parce que, faute d’avoir
été jamais révolutionnaire, elle n’a même plus les moyens
d’être réformiste, elle en est réduite, une fois de plus, en guise de stratégie, à
agiter des épouvantails pour mobiliser ses troupes.(3) » Vous avez dit « stratégie
»?

J.-P. G.

(1). Titre et citations ont été puisés dans le petit ouvrage réjouissant d’Alessi
Dell’ Umbria, C’est de la racaille ? Eh bien j’en suis ! (éditions L’échappée,
2006), l’un des plus percutants publiés sur les tenants et les aboutissants des «
émeutes » de novembre 2005.
(2). C’est de la racaille…
(3). Ibid.


*** Et pour finir, l’agenda du Monde libertaire :

Jeudi 3 mai

Merlieux (02)
Rencontre avec Yves Couraud, auteur du Guerrier souriant, de 18 heures à 21 heures,
à la Bibliothèque sociale, 8, rue de Fouquerolles. Tél./fax: 0323801709.

Rennes (35)
19 heures: le groupe la Sociale de la Fédération anarchiste organise une réunion
publique suivie d’un débat sur le thème « Décroissance libertaire et abstention
révolutionnaire » : la mascarade électorale, le lien entre
la décroissance sous un angle libertaire et la nécessaire abstention.
21h30: Christian Leduc, chanteur à textes et chanteur rouge et noir, offre un
concert de soutien au local la Commune de la Fédération anarchiste. Entrée libre et
gratuite.

Vendredi 4 mai

Besançon (25)
Conférence-débat autour de la révolution espagnole à travers ses affiches, avec
Wally Rosell, à
20h30, à la librairie L’Autodidacte, 5, rue Marulaz.

Samedi 5 mai

Paris 18e
Rencontre-débat avec Célia Izoard qui nous parle de son ouvrage la Révolte luddite;
briseurs de
machines à l’ère de l’industrialisation, à 15h30, à la bibliothèque La Rue, au 10,
rue Robert-Planquette.

Nîmes (30)
Rencontre-débat avec le groupe Gard-Vaucluse de la Fédération anarchiste avec deux
courtes interventions (l’abstention et l’autogestion), à 20 heures précises à la
salle 2 du centre Pablo-Néruda. Entrée libre, table
de presse.

Le Mans (72)
Le Café libertaire prochain a pour objet l’actualité politique. Débat sur les
élections: le cumul des mandats et la révocation des élus font-ils l’utopie
durable? La réunion débute à 17 heures, à l’épicerie du Pré, Café
cantine, 31, rue du Pré. Entrée libre. Permanence libertaire tous les samedis, même
heure, même lieu.

Montreuil (93)
Concert de Fred Alpi à 20 heures, au Bar de la Piscine, 20, rue Édouard-Vaillant.
Autres dates de concerts disponibles sur http://www.fredalpi.com/

Marseille 1er
À 15 heures, débat sur l’Antipsychiatrie avec Jacques Lesage de La Haye. À 18
heures, apéro et table de presse avec la chorale Originales Occitanes. À 20 heures,
débat sur les longues peines avec Lucien Léger. Le tout à
1000 Bâbords, 61, rue Consolat, organisé par le groupe anarchiste de Marseille et
Hainedeschaines.

Sevran (93)
Putain d’usine, lecture mise en musique d’extraits du livre de Jean-Pierre Levaray
(éd. L’Insomniaque-Agone) par la Compagnie Action discrète, à 15 heures, à la
Bibliothèque Marguerite-Yourcenar, Place Nelson-Mandela, Rer B, arrêt
Sevran-Beaudottes. Tél.: 0149360178

Dimanche 6 mai

Paris 20e
Bal sauvage à Ménilmontant avec Riton la Manivelle, Fred Alpi, et bien d’autres de
la rue des Amandiers, sur la place de Ménilmontant à partir de 16 heures. On peut
amener boisson et nourriture.

Lundi 7 mai

Marseille 1er
Projection de Visiblement je vous aime, un film de J.-M. Carré autour de
l’antipsychiatrie, à 19h30 au 1000 Bâbords, 61, rue Consolat, organisé par le
groupe anarchiste de Marseille et Hainedeschaines.

Vendredi 11 mai

Le Mans (72)
2e Festival des utopies. La libre circulation des peuples est-elle une utopie? Film
America America, projection et discussion. Entrée libre, buvette, repas, partage… à
18h30, terrain des Subsistances, 14, rue de la
Foucandière.

Marseille 1er
Pourquoi faudrait-il punir? Débat avec Catherine Baker, à 18 heures, au Mille
pattes, 64, rue d’Aubagne, organisé par le groupe anarchiste de Marseille et
Hainedeschaines.

Paris 1er
Procès pour injure publique engagé par Mme Laure Adler et Radio France contre le
président du Rassemblement des auditeurs contre la casse de France culture, à 13 h
30, au Palais de Justice de Paris, 17e chambre correctionnelle (Métro Cité).

Samedi 12 mai

Rouen (76)
« Les milieux libres au début du Xxe siècle », par l’auteure Cécile Beaudet
(Éditions libertaires) à 14h30, à la librairie L’Insoumise, au 128, rue
Saint-Hilaire.

Dijon (21)
Conférence-débat avec Hugues Lenoir sur le thème « Qu’est ce que l’anarchisme? »,
à 18 heures, au local libertaire, au 61, rue Jeanin.

Ivry-sur-Seine (94)
À l’occasion du 10e anniversaire de l’émission De rimes et de notes, soirée de
soutien à Radio libertaire, avec Hélène Maurice accompagnée au piano par Dominique
Fauchard, Jacky Feydi qui interprète Jean-Roger
Caussimon, et Fred Musset, au Forum Léo-Ferré, 11, rue Barbès. Entrée 15 euros
(tarif unique). Métro Pierre-Curie ou Porte-d’Ivry, ligne 7. Bar et petite
restauration disponible sur place. Plus d’informations sur
www.forumleoferre.com.

Marseille 1er
« L’affaire Sacco et Vanzetti: regards nouveaux », conférence-débat avec Ronald
Creagh à 17 heures, au Cira, 3, rue Saint-Dominique.

Paris 20e
Fête du livre libertaire organisée par les éditions CNT-RP. 12h30: Débat autour de
« Discussions avec Bakouine », avec Frank Mintz. 14 heures: « La Volonté du peuple,
démocratie et anarchie », avec Eduardo Colombo. 15h30: « Loin des censier battus »,
débats autour du mouvement contre le CPE. Stands des éditions CNT-RP, livres neufs
et d’occasion, de 12 heures à 19 heures, 33, rue des Vignolles. Métro Avron, ligne
2, ou Buzenval, ligne 9. Buffet et buvette sur place.


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MessageSujet: ...   Jeu 10 Mai - 21:06

Notre mission est de montrer au peuple que le remède n’est pas de
changer le
gouvernement, mais d’abolir le gouvernement. »
Errico Malatesta

*** Sommaire :
Maintenant, la rue ..., par Fred, page 3
L’avenir du site PSA d’Aulnay, par un travailleur, page 4
Hard discount salarial à Lidl, par P. Schindler, page 5
L’autruche, par F. Ladrisse, page 5
Brèves de combat, page 6
Nouvelles des fronts, par H. Lenoir, page 7
JDC Imprimerie doit vivre, par S. Bull, page 8
Palestine : du droit à l’existence, par Olix, page 10
«Gérer» les sans-abri, par J.-P. Garnier, page 11
Jamel, le CRS, par N. Potkine, page 14
Non à l’odre sexuel patriarcal, par D. Brubonde, page 15
Critique du don, par Edouard, page 17
La révolte des vieux, par B. Rey, page 19
Deux enfants d’un même pays, par C. Passevant, page 20
1er mai rouge et noir , par le groupe de Strasbourg page 21
Radio libertaire, page 22
Agenda, page 23


*** Éditorial :

DÉPITÉS ! La majorité des Français est, ce dimanche soir, à l’heure où
nous
bouclons ce numéro, dépitée de voir l’avocat aux dents longues arriver
au pouvoir
et au sommet de sa carrière.

Telle est leur démocratie, la règle du jeu de l’élection au suffrage
universel
direct à deux tours. En effet, monsieur le comte de Naguy Bocsa a
obtenu un score
très nettement supérieur aux 50 % plus une voix qui lui
était nécessaire pour parvenir à la chefferie de l’État.

Ce processus électoral entraîne que – alors qu’au premier tour à peine
un quart des
inscrits sur les listes électorales voulaient se donner comme maître le
leader de
la libéralisation sans entrave – celui-ci se retrouve
élu.

Ne nous leurrons pas, l’arrivée d’un nouveau président de la République
n’a jamais
changé fondamentalement notre condition d’exploités, et Ségolène
Royale, sa
partenaire, telle que l’a qualifiée notre nouveau président,
serait-elle arrivée en
première position que cela n’aurait pas changé grand-chose au sort qui
nous est
réservé.

L’espoir que certains ont mis à faire barrage à la droite pour mettre
la gauche à
sa place a été déçu. Et maintenant, la question qui se pose est : où va
se
canaliser l’énergie de ceux qui, massivement, ont cru que ces élections
pouvaient
changer leur vie ? Vont-ils, naïvement, reporter leurs espérances vers
les
prochaines législatives, pour encore remettre à d’autres le soin
d’exécuter ce que
eux seuls peuvent réaliser ? Ou enfin
réaliseront-ils que les bouffons qui nous gouvernent ne représentent
qu’eux-mêmes,
et que si nous voulons que le monde bouge, il est temps que nous
prenions nos
propres affaires en main.

Ce n’est qu’en nous organisant nousmêmes, dans nos quartiers et dans
nos
entreprises, que nous pourrons créer une véritable résistance à la
domination que
nous font subir les maîtres de la finance et les politiciens.

Ce n’est pas par dogmatisme que les anarchistes appellent à déserter
les urnes,
mais bien parce que l’expérience nous a montré que les élections n’ont
jamais
changé quoi que ce soit dans l’ordre exploiteur-exploités.

Le troisième tour social n’étant pas à l’ordre du jour des leaders des
organisations syndicales, c’est bien à la base de décider enfin que ça
suffit.



*** Et en prime un article de Fred :

Maintenant, la rue

AINSI, les urnes ont décidé que le nain napoléonien présiderait le pays
les cinq
années à venir. Les moutons, échappés des baignoires, se sont rendus en
troupeau
dans les bureaux de vote, autre manière de se laisser
gentiment égorger. Peu importe, au final, le non-événement a eu lieu,
qui ne
bouleversera que celles et ceux dont la croyance en la démocratie,
utopie
inachevée, permet de penser encore qu’ils sont écoutés. A ceux-là,
quel que soit leur vote, on souhaitera de n’avoir pas oublié de passer
à la
pharmacie acheter un tube de vaseline avant de se rendre aux urnes.

Se rendre, c’est le mot, tant une fois encore l’acte électoral prouva,
ce dimanche,
son inanité. Cependant, de cette élection, on peut tirer certains
enseignements,
utiles peut-être pour l’avenir. Premièrement le front anti-Sarko n’a
pas suffit à
empêcher le nabot d’accéder aux plus hautes fonctions.

Ce front, mollement motivé, cette ligne Maginot de la gauche
bien-pensante, fut
tout simplement contournée par la grâce de veilleurs endormis par les
balivernes
ségoléniennes.

« Je veut réconcilier les Français et l’entreprise », lâcha par exemple
la cruche.
Belle version droitiste de la lutte des classes.

Secondement, dans cette campagne, chaque candidat s’efforça, souvent
avec succès,
de faire un pas vers la droite. De Laguiller appelant à voter pour
Royal à Sarkozy
reprenant à son compte le programme du Front national (en passant par
Royal, jouant
le centre contre la gauche), chacun semble avoir accompli son
aggiornamento. Au
final, ce soir, nous assistons à une victoire flagrante du libéralisme,
comme si
les électeurs français avaient voté en même temps pour Bush et pour
Thatcher. La
révolution conservatrice est donc en
marche, et personne ne pourra sérieusement s’y opposer, puisque Royal,
candidate de
droite, a achevé la gauche. Les scores du Parti communiste, de LO, de
les Verts et
autres Bové, montrent assez l’audience de la gauche antilibérale, qui
donne
l’impression d’avoir cessé d’exister.

L’essentiel bien sûr, est ailleurs. La casse du Code du travail, la
casse des
acquis sociaux, la chasse aux sans-papiers, la chasse aux pauvres, n’en
doutez pas,
est dès ce soir ouverte. Ce soir, ce n’est pas seulement
Sarkozy qui a gagné,mais aussi le MEDEF, et les commissariats. Cette
fois il ne
suffira pas d’être nombreux dans la rue, il faudra également être
déterminés, et
pugnaces, car Sarkozy n’est pas Villepin. Le néo-nationaliste
atlantiste pro-Bush
ne reculera pas, sachez-le, devant une poignée de millions de
manifestants. Où
seront les électeurs de Ségolène lorsqu’il faudra se heurter aux
policiers, subir
la violence soi-disant légitime?

Devant Jean-Pierre Pernault, comme depuis des années?

Encore ne parlons-nous ici que de politique intérieure. On préfère
s’interdire de
se demander quelle sera la position de Sarko vis-à-vis, au hasard, de
l’Irak, de la
Palestine.

Au final, ce qui fut élu ce soir, c’est le pire de la régression, pur
produit du
capitalisme. Qui s’en étonnera? Sarkozy ne fut jamais que la pire des
solutions, il
n’est pas surprenant que la France l’ait choisi.

Fred,
Groupe libertaire Louise-Michel de la Fédération anarchiste



*** L'agenda du Monde libertaire # 1477 du 10 au 16 mai 2007

Jeudi 10 mai

Paris 4e
Rassemblement pour la libération des militant-e-s d'Action directe, de
18 heures à
19 heures devant la direction de l'Administration pénitentiaire,
carrefour de la
rue de la Verrerie et de la rue du Renard, métro
Hôtel-de-Ville.

Vendredi 11 mai

Le Mans (72)
2e Festival des utopies. La libre circulation des peuples est-elle une
utopie? Film
America America, projection et discussion. Entrée libre, buvette,
repas, partage… à
18h30, terrain des Subsistances, 14, rue de la Foucandière.

Marseille 1er
Pourquoi faudrait-il punir? Débat avec Catherine Baker, à 18 heures, au
Mille
pattes, 64, rue d’Aubagne, organisé par le groupe anarchiste de
Marseille et
Hainedeschaines.

Paris 1er
Procès pour injure publique engagé par Mme Laure Adler et Radio France
contre le
président du Rassemblement des auditeurs contre la casse de France
culture, à
13h30, au Palais de Justice de Paris, 17e chambre correctionnelle
(Métro Cité).

Saint-Denis (93)
Une manifestation gigantesque, estimée à un million de personnes par
les médias
locaux, a envahi dimanche 29 avril tout le centre d'Istanbul pour
dénoncer toute
remise en cause de la laïcité de la Turquie.
Rencontre-débat avec l'association «Athétürk »
(http://atheturk.free.fr/), à 19h30,
à la Bourse du Travail de Saint-Denis 9, rue Génin (métro ligne 13 -
station Porte
de Paris). Soirée organisée par la Société de défense
des laïques non-croyants, non-croyantes et athées.

Samedi 12 mai

Rouen (76)
« Les milieux libres au début du XXe siècle », par l’auteure Cécile
Beaudet
(Éditions libertaires) à 14h30, à la librairie L’Insoumise, au 128, rue
Saint-Hilaire.

Dijon (21)

Conférence-déba avec Hugues Lenoir sur le thème « Qu’est ce que
l’anarchisme? », à 18 heures, au local libertaire, au 61, rue Jeanin.

Ivry-sur-Seine (94)
À l’occasion du 10e anniversaire de l’émission De rimes et de notes,
soirée de
soutien à Radio libertaire, avec Hélène Maurice accompagnée au piano
par Dominique
Fauchard, Jacky Feydi qui interprète Jean-Roger
Caussimon, et Fred Musset, au Forum Léo-Ferré, 11, rue Barbès. Entrée
15 euros
(tarif unique). Métro Pierre-Curie ou Porte-d’Ivry, ligne 7. Bar et
petite
restauration disponible sur place. Plus d’informations sur
www.forumleoferre.com.

Marseille 1er
« L’affaire Sacco et Vanzetti: regards nouveaux », conférence-débat
avec Ronald
Creagh à 17 heures, au Cira, 3, rue Saint-Dominique.

Paris 20e
Fête du livre libertaire organisée par les éditions CNT-RP. 12h30:
Débat autour de
Discussions avec Bakouine, avec Frank Mintz. 14 heures: la Volonté du
peuple,
démocratie et anarchie, avec Eduardo Colombo. 15h30:
Loin des censier battus, débats autour du mouvement contre le CPE.
Stands des
éditions CNT-RP, livres neufs et d’occasion, de 12 heures à 19 heures,
33, rue des
Vignolles. Métro Avron, ligne 2, ou Buzenval, ligne 9. Buffet et
buvette sur place.

Paris 11e
Forum autour de la révolution espagnole, avec Olivier Pinalie, auteur
de Un
Dimanche de la vie (éditions du Monde libertaire), à 16h30, à la
librairie du Monde
libertaire, 145, rue Amelot.

Le Mans (76)

Suite du Festival des utopies. Conférence-débat « L’Homme nomade ».
Atelier libre:
réflexions écrites. Rencontre avec les « gens du voyage ». Exposé et
débat avec «
Voyageur 72 ». Entrée libre. Repas couscous (5
euros). Concert africain à 14 heures, même lieu.

Marseille 1er
À 15 heures, débat sur les prisons pour mineurs avec des militant.e.s
du journal
l’Envolée. À 18 heures, projection d’un film sur le travail-prison, Une
part du
ciel, de J.-M. Carré. À 20 heures, projection d’un film sur le
travail-souffrance,
Ils ne mourraient pas tous, mais tous étaient frappés, de Sophie
Bruneau et M.-A.
Roudil. Le tout au 1000 Bâbords, 61, rue Consolat, organisé par le
groupe
anarchiste de Marseille et Hainedeschaines.

Dimanche 13 mai

Le Mans (72)
Suite du Festival des utopies. Paroles d’émigrés, témoignages vidéo,
échanges avec
des familles… Rencontre-débat avec l’association Atams (Association
des
travailleurs arabes du Mans et Sarthe). Repas, théatre, lectures,
textes… Entrée
libre à 14 heures, même lieu.

Jeudi 24 mai

Sarlat (24)
« Débats libertaires » sur le thème des libertés individuelles,
organisé par le
groupe Drapeau noir Périgord de la Fédération anarchiste, au café le
Lébérou, 5,
rue Jean-Jacques-Rousseau.

Jeudi 31 mai

Paris 11e
Discussion-débat autour de la lutte contre le CPE, à partir de
l'ouvrage "Loin des
Censier battus" (CNT-RP, 2007, 255 pages) en présence d'étudiant-e-s,
profs et
Iatos. Organisé par la librairie Quilombo. A 19H45, au CICP (21ter rue
Voltaire
Paris 11e)

Samedi 2 juin

Paris 20e
Rendez-vous à l’entrée du cimetière du Père-Lachaise à l’occasion de la
commémoration annuelle de la Semaine sanglante, à 15 heures. Métro
Gambetta.

Dimanche 3 juin

Ivry-sur-Seine (94)
Gala annuel de l’Union pacifiste au Forum Léo-Ferré, 11, rue Barbès.
Entrée 13,50
euros (10,50 euros pour les étudiants, érémistes, enfants de moins de
16 ans…
gratuit pour les enfants de moins de 6 ans). Métro
Pierre-Curie ou Porte-d’Ivry, ligne 7. Bar et petite restauration
disponible sur
place. Plus d’informations sur www.forumleoferre.com.



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MessageSujet: ...   Mer 16 Mai - 20:06

CINQ ANS FERME, le ministre des flics devient président
« La presse française fait preuve d’une partialité révoltante et ne
traite jamais
que les mêmes sujets :les hommes politiques et les autres criminels.»
Boris Vian

*** Le sommaire du Monde libertaire # 1478 du 16 au 23 mai 2007 :
Soeur Anne, par J-P. Germain, page 3
Chirac et son pot de départ, par Jipé, page 4
AntiSarkos et manifestations, par J. -P. Levaray, page 5
L’autruche, par F. Ladrisse, page 5
Brèves de combat, page 6
À Virgin on n’aime pas Amandine , par l’émission Pas de quartier, page
7
Oaxaca, au Mexique, acharnement sur les rebelles, par D. V. Reyes,
page 9
Le génocide au Darfour, par P. Schindler, page 10
La puissance de l’orgasme de l’anarchisme de Wilhelm Reich, par Roger
Dadoun, page 11
Vol industriel chez EADS, par S. Chemin, page 14
Catastrophisme et sens critique, par P. Pelletier, page 15
L’école, une monstrueuse machine, par N. Potkine, page 18
Journalistes précaires..., par Paco, page 19
Bavure dans le 18e, par Karim, page 21
Radio libertaire, page 22
Agenda, page 23


*** Éditorial

QUAND CE NUMÉRO PARAÎTRA, Chirac aura quitté l’Élysée. Bernadette, le
vague à
l’âme, regrette déjà le confort parisien, les déjeuners et les dîners
entre amis
tous frais payés, les voyages en avion, etc.

Heureusement, la famille s’est trouvé un pied-à-terre, un duplex de 180
m2 sur les
quais de Seine, pour ne pas se retrouver loin des folies parisiennes
trop
rapidement. Quant à Sarkozy, il aura pris les fonctions
de la présidence de la République. Il promet de se mettre rapidement au
travail. Il
veut nous y mettre aussi. Le travail, le vrai, où tu t’échines et ne te
plains
jamais.

Contrat de travail unique, privatisation des universités,
flexibilité,heures
supplémentaires, facilité des procédures de licenciement, remise en
cause du droit
de grève… tout y passe. Bref, peu de changements dans la politique,
juste une
continuité.

Si Sarkozy provoque des réactions, c’est surtout parce qu’il incarne
l’ère de la
bourgeoisie qui s’assume. Dans le Parisien, il se permet de dire: « Je
serai un
président comme Louis de Funès dans le Grand Restaurant :
servile avec les puissants, ignobles avec les faibles. J’adore. »

Johnny Hallyday annonce qu’il revient en France maintenant que les
impôts des
riches vont baisser ! Et ce n’est qu’une sélection non exhaustive...

Des manifestations ont déjà eu lieu dans toute la France, ainsi que des
AG dans les
universités. De toute part les organisations condamnent la réaction
violente de ces
manifestants et les qualifient d’antidémocratiques. Le jeu de la
démocratie, en
effet, impose à la totalité des habitants d’un pays de se soumettre à
la volonté de
53 % des électeurs. Les autres devraient ainsi, selon eux, se taire à
jamais.

La gauche et l’extrême gauche parlementaires appelaient à faire bloc
contre la
menace Sarkozy. Une fois cette menace élue, il n’y a plus personne que
ça gêne. Ils
attendront les prochaines élections : seul le pouvoir les intéresse.

Quant à nous, nous continuons de dire que notre combat est dans la rue
et non dans
les urnes.


*** Un article de Jean-Pierre Levaray :
« Nous sommes le cauchemar de Sarkozy »

ON A BEAU ne pas se faire d’illusion à propos des élections, on a
beau ne pas
vouloir choisir avec un bulletin de vote celui ou celle qui sera notre
maître ou
notre bourreau, lorsque le soir du 6 mai, on apprend le résultat et
qu’on voit
s’afficher la tronche de notre Berlusconi local, on a les boules. «
Pays de merde!
» dirait quelqu’un. Ils ont voté parce qu’ils avaient peur et la copie
de Le Pen
est passée.

On éteint la télé avec la colère au ventre et on se retrouve au coeur
des villes
dans des rassemblements spontanés ou presque (parfois à l’appel de ces
fameux «
anarcho-autonomes » chers aux flics et aux journalistes).

Ces rassemblements spontanés se font dans toutes les grandes villes de
France,
comptant de 200 à 2000 manifestants (Rennes, Caen, Nantes, Rouen, Lyon,
Marseille,
Bordeaux, Paris…) avec partout cette volonté de faire éclater plus ou
moins
violemment sa colère. Les manifestants sont, pour la plupart, jeunes et
étudiants,
mais pas seulement. Il y quelques « jeunes des cités », comme on dit,
mais pas tant
que ça. Des slogans qu’on
n’entendait plus reviennent comme « Sarko, facho, le peuple aura ta
peau».

Lorsque les cortèges s’ébranlent, une volonté de faire descendre la
population dans
les rues est omniprésente. À Rennes, la manif traverse les quartiers
populaires. Si
des poubelles sont renversées, voire brûlées, cela n’est rien par
rapport à la
présence policière qui pratique le harcèlement, chargeant
systématiquement et
violemment et voulant couper court aux manifestations. C’est là que
quelques
voitures brûlent et que des vitrines tombent. Les charges policières,
les lacrymo…
Tout y passe, et des flashballs sont même utilisés. Les arrestations
sont
nombreuses: dans la nuit du dimanche 6 mai, la Direction générale de la
police
nationale annonce 592 interpellations.

Les comparutions immédiates donnent lieu à des peines sévères pour les
jeunes
interpellés: de un à trois mois fermes pour les uns et des heures de
Travaux
d’intérêts généraux, lorsque les tribunaux sont un peu plus «
pédagogues ».

Les jours qui suivent voient les manifestations se tarir, mais la
police est
toujours omniprésente et répressive: la manifestation antifasciste
parisienne du 9
mai est interdite et une centaine de manifestants est
interpellée alors que les fascistes manifestent cagoulés et tiennent le
haut du
pavé; à Rouen, le 10, ce sont une dizaine de manifestants qui sont
arrêtés…

Évidemment, le Parti socialiste appelle au calme et à voter aux
législatives,
l’Unef appelle les étudiants en AG à Tolbiac à se mettre en action
seulement à la
rentrée… Bref, rien de neuf.

Reste que ce mouvement fait suite à celui de l’an dernier contre le
CPE. Une frange
de la jeunesse s’est radicalisée et, suite aux émeutes des banlieues de
la fin
2005, un tabou est tombé, celui de l’utilisation de la
violence lors des manifestations.

Quoi qu’il faille relativiser: on est surtout dans la symbolique, car
envoyer une
canette vide, ou un oeuf, n’est qu’une pâle copie d’envoi d’un cocktail
Molotov ou
d’un pavé. On est loin des manifestations qui ont lieu
en Amérique latine et ici, dans notre société où tout doit être soft,
renverser ou
brûler une poubelle passe pour un acte éminemment violent.

Il est évident que dans les mois à venir, face aux attaques de Sarkozy
et consorts,
il ne faudra plus se contenter de manifestations « responsables »
faites à l’appel
de syndicats qui voudront passer pour des
interlocuteurs privilégiés du pouvoir en place…

« Nous sommes le cauchemar de Sarkozy. – pouvait-on lire sur des
affichettes
photocopiées collées dans les rues de Rouen – Dans toutes les villes,
dans tous les
quartiers, des manifs, des affrontements. Et la
guerre est à peine commencée.

Nous ne sommes pas sa France, et nous allons le lui faire comprendre. »

Jean-Pierre Levaray



*** Et pour finir, l'agenda du Monde libertaire :

Jeudi 24 mai

Sarlat (24)
« Débats libertaires » sur le thème des libertés individuelles,
organisé par le
groupe Drapeau noir Périgord de la Fédération anarchiste, au café le
Lébérou, 5,
rue Jean-Jacques-Rousseau.

Samedi 26 mai

Foix (09)
La CNT 09 organise une conférence-film-débat sur les coopératives, à 14
heures, à
la maison des associations. Film J’ai très mal au travail de
Jean-Michel Carré;
présentation avec un rappel historique du mouvement; débat en présence
d’intervenants du monde coopératif; auberge espagnole à partir de 19
heures.

Jeudi 31 mai

Paris 11e
Discussion-débat autour de la lutte contre le CPE, à partir de
l’ouvrage Loin des
Censier battus (CNT-RP, 2007, 255 pages) en présence d’étudiants, profs
et Iatos
Organisé par la librairie Quilombo. À 19h45, au CICP, 21ter, rue
Voltaire.

Samedi 2 juin

Paris 20e
Rendez-vous à l’entrée du cimetière du Père-Lachaise à l’occasion de la
commémoration annuelle de la Semaine sanglante, à 15 heures. Métro
Gambetta.

Dimanche 3 juin

Ivry-sur-Seine (94)
Gala annuel de l’Union pacifiste au Forum Léo-Ferré, 11, rue Barbès.
Entrée 13,50
euros (10,50 euros pour les étudiants, érémistes, enfants de moins de
16 ans…
gratuit pour les enfants de moins de 6 ans). Métro
Pierre-Curie ou Porte d’Ivry, ligne 7. Bar et petite restauration
disponible sur
place. Plus d’informations sur www.forumleoferre.com

Mercredi 6 juin

Paris 20e
ARCC organise une soirée consacrée à André Robèr (du groupe la Vache
folle),
peintre, poète et éditeur des Éditions K’A, à 19 heures, 160, rue de
Pelleport.
Soirée préparée et présentée par Dominique Jeantet avec la
participation de Stéphane Hoarau.

Jeudi 7 juin

Merlieux (02)
Rencontre avec Frédéric H. Fajardie, auteur des Foulards rouges, du
Voleur de vent,
de La Lanterne des morts, de La Nuit des chats bottés, de Chronique
d’une
liquidation politique, de 18 heures à 21 heures, à la
Bibliothèque sociale, 8, rue de Fouquerolles. Tél./fax: 0323801709.

Vendredi 8 juin

Rouen
Soirée poésie. Panorama de la poésie actuelle et présentation du
nouveau recueil de
Guy Pique Haut Corps (K. éditions) à la librairie l’Insoumise, au 128,
rue
Saint-Hilaire.

Samedi 9 juin

Paris 18e
Rencontre-débat avec Céline Beaudet qui nous parle de son ouvrage Les
Milieux
libres: vivre en anarchiste à la Belle Époque à 15h30, à la
bibliothèque La Rue, au
10, rue Robert-Planquette.

Jeudi 14 juin

Sarlat (24)
« Débats libertaires » sur le thème du militantisme anarchiste,
organisé par le
groupe Drapeau noir
Périgord de la Fédération anarchiste, au café le Lébérou, 5, rue
Jean-Jacques-Rousseau.

Jeudi 28 juin

Ivry-sur-Seine (94)
Soirées de soutien au Forum Léo-Ferré du 28 au 30 juin. Le 28: Céline
Cussimon,
Annick Cisaruk, Bruno Daraquy, Wladimir Anselme. Au Forum Léo-Ferré,
11, rue
Barbès. Entrée 15 euros pour une soirée, 28 euros pour deux soirées, 40
euros pour
les trois. Métro Pierre-Curie ou Porte-d’Ivry, ligne 7. Bar et petite
restauration
disponible sur place. Plus d’informations sur www.forumleoferre.com

Vendredi 29 juin

Ivry-sur-Seine (94)
Soirée de soutien au Forum Léo-Ferré du 28 au 30 juin. Avec Jean-Pierre
Réginal,
Alain Léamauff, Chris Lancry, Vincent Absil. Voir jeudi 28 juin.

Samedi 30 juin

Ivry-sur-Seine (94)
Soirée de soutien au Forum Léo-Ferré du 28 au 30 juin. Avec Yannick Le
Nagard,
Claude Astier, Bernard Joyer, Sarclo. Voir jeudi 28 juin.


Le Monde libertaire, hebdomadaire de la Fédération anarchiste,
adhérente à
l'Internationale des fédérations anarchistes

Chaque jeudi en kiosque, 24 pages en couleurs pour deux euros

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MessageSujet: ...   Ven 25 Mai - 12:24

Les riches en yacht, Les pauvres en galère !

«Toutes les lois sont oppressives et criminelles.Elles ne protègent que les riches
et les heureux.»
Octave Mirbeau

*** Le sommaire :
Airbus, les salariés refusent de jouer, par Fabrice, page3
Kouchner l’Américain, par Rébecca, page 4
XXIe SIÈCLE et syndicalisme, par J. -P. Germain, page 5
L’autruche, par F. Ladrisse, page 5
Brèves de combat, page 6
Qui sont les vrais utopistes, par T. Périssé, page 7
Québec, éducation et classes sociales, par Marina, page 9
À la mémoire des résistants espagnols du plateau des Glières, par D. Pinós, page 11
Vous avez dit socialistes?, par M. Rajsfus, page 14
Loin des Censier battus, par E. Barrierasr, page 17
Du mauvais côté du pourcentage, par N. Potkine, page 20
Cerise sur le tilleul, par les Taneries, page 21
Grève de la faim, par Casquette, page 21
Radio libertaire, page 22
Agenda, page 23


*** Éditorial
MORNE EST LA PLAINE du paysage politique après le passage de l’orage de l’élection
présidentielle.

Ceux qui sont du côté du manche paradent – goguenards – et peinent à refréner leur
morgue pendant que la cohorte appartenant au camp des battus s’échine à essayer de
sauver quelque meubles à l’occasion des prochaines législatives.

Tous ont pour antienne la même injonction : les urnes ont parlé, nous devons tous
nous soumettre à leur sentence et attendre patiemment le prochain tirage. Il est
juste et tentant à la fois de gloser à l’infini
sur les marchands d’illusion qui maîtrisent si bien l’art d’anesthésier les
consciences afin de mieux naturaliser l’ordre existant en vue de le perpétuer à
l’infini… mais ce n’est pas suffisant.

A rebours des partis, organisations et clercs qui prétendent détenir le magistère
de la pensée et le vade-mecum de l’action, y compris après la énième faillite de
leurs oracles, nous, anarchistes, saurons faire preuve d’humilité alors que les
circonstances pourraient nous faire verser dans une certaine immodestie.

Nous pourrions facilement prouver en effet que nos analyses étaient justes et que
les faits nous ont donné raison. Bien entendu, nous réitérerons les même propos car
ce sera nécessaire encore et toujours, mais nous n’en resterons pas là.

En effet, immense est la tâche qui nous attend pour faire prendre conscience au
camp des travailleurs qu’eux seuls détiennent les clés pour dessiner d’autres
futurs. Nous savons que nous pouvons nous appuyer sur un corpus d’idées dont la
validité n’a pas pris une ride, bien au contraire. Néanmoins, et parce que
l’anarchisme ne relève pas du prêt-à-penser et du prêt-à-appliquer, nous
n’hésiterons pas à enrichir nos réflexions et
pratiques en les confrontant à celles d’autres acteurs – individuels ou collectifs
– qui manifestent sincèrement leur désir d’aboutir à une société débarrassée de
l’exploitation de l’homme par l’homme.

Nous, anarchistes, ne sommes pas atteints du syndrome de l’avant-garde éclairée,
aussi le sectarisme ne nous infecte pas. Nous savons que la crédibilité de nos
idées sera jaugée sinon jugée à l’aune de nos engagements dans les luttes qui
émergeront et se développeront nécessairement dans la période qui s’ouvre, mais
aussi sur notre capacité à développer de nouveaux outils d’analyse et de réflexion.

Nous sommes prêts pour tout cela avec une seule règle : le désir de
débattre et agir avec tous ceux et celles qui feront passer les intérêts collectifs
avant leur ego et qui, parallèlement, refuseront de faire prendre des vessies pour
des lanternes aux yeux des travailleurs.


*** En prime, un article de Fabrice :
Airbus : les salariés refusent de jouer !

Une des premières actions de notre nouveau président fut d’aller rencontrer les
représentants syndicaux d’Airbus Industries. Pour les salariés, rien ne va plus !

DANS UN PRÉCÉDENT ARTICLE paru dans le Monde libertaire du 15 mars, intitulé «
Airbus, le grand jeu de Monopoly », je concluais en écrivant: « Pour les salariés,
la seule solution est de prendre leurs affaires en main
en refusant le rôle de simples pions qu’on veut leur faire jouer. »

C’est exactement ce qui s’est passé dans les dernières semaines de manière assez
exemplaire.

Rappel des faits: mercredi 25 avril, les salariés d’Airbus apprennent de leur
direction que la prime d’intéressement passe de 3000 euros en 2006 à 2,50 euros en
2007… Après l’annonce des 10000 licenciements du plan Power 8 et l’information sur
le parachute doré de Noël Forgeard, PDG d’Airbus,
de 8,5 millions d’euros, le moins que l’on puisse dire est que la couleuvre passe mal.

Dès le lendemain, des débrayages spontanés, qualifiés de « grève sauvage » par
Ouest-France, se répandent comme une traînée de poudre sur tous les sites: « c’est
parti de quelques gars ce matin, à 7 heures, juste avant l’embauche. On a fait du
poste à poste pour convaincre les collègues de débrayer et de bloquer l’entrée »,
raconte un jeune ouvrier de Saint-Nazaire.

Le 27 avril, à Saint-Nazaire, la quasi totalité des salariés est en grève et
demande à l’intersyndicale (CGT, FO, CFDT, CGC, CFTC) de défendre la plateforme
revendicative adoptée par l’assemblée générale: versement d’une prime
exceptionnelle d’intéressement de 1970 euros brut ainsi qu’une prime de
participation de 2200 euros brut. Retrait du plan Power 8, embauche des
intérimaires, compensation des départs en préretraite par autant d’embauches.

Sur cette base, en principe, les représentants syndicaux rencontrent la direction
et rendent compte ensuite des propositions de celle-ci, à savoir une prime
exceptionnelle de 500 euros, 1,5 % d’augmentation générale des salaires, 0,5 %
d’augmentation individuelle selon le « mérite ».

Certains syndicats proposent alors de reprendre le travail, sous la huée des
salariés. Le vote est sans ambiguïté: 1250 pour la poursuite de la grève, une
petite cinquantaine contre (des cadres essentiellement).

La tension monte très vite entre la « coordination des ouvriers, qui comprend
d’ailleurs des syndiqués de la CGT et de FO notamment, et les directions syndicales
nationales. FO, majoritaire dans la boîte, se trouve
ainsi écartelée entre son syndicat de base orienté vers la lutte et sa fédération
des métaux qui n’a de cesse, une fois de plus, que de faire rentrer les ouvriers au
bercail…

Jusqu’au 11 mai, la bagarre continue malgré toutes les manoeuvres, les pressions de
la bureaucraties. La rancoeur s’est installée aussi: « les syndicats disent qu’ils
sont derrière nous, mais c’est devant qu’ils
devraient être! » explique un métallo.

C’est tout le problème en effet… Cela fait bien longtemps que certaines directions
syndicales, à ne pas confondre avec les sections syndicales de base, ont abandonné
la lutte pour s’installer dans « l’accompagnement (1) », voire la collaboration de
classes. De la charte d’Amiens à la charte du travail de Pétain, en quelque sorte…

Cela dit, au moment même où l’on annonce que Jean-Paul Gut, le directeur général
délégué, réclamerait une prime de départ de 12 millions d’euros, cette lutte des
salariés d’Airbus est exemplaire et rassurante à plus d’un titre. Tout d’abord,
elle est partie de la base, de jeunes ouvriers le plus souvent qui ont clairement
décidé de prendre les choses en main. Ensuite, la forme même de la lutte ne peut
que satisfaire des militants
anarchistes: assemblée générale, définition d’un mandat, structuration en «
coordination » incluant les syndicats qui voulaient se battre (embryon de comité de
grève).

Enfin, la volonté d’en découdre, la détermination des salariés, ont mis un sérieux
coup de pied dans la fourmilière des bureaucraties syndicales. Malgré la volonté
d’unité très grande des salariés, quelques mises au
point salutaires sont en cours.

Dans la période qui s’annonce, où régression sociale et répression vont constituer
les deux volets complémentaires d’une même politique, cette lutte montre la voie à
suivre, mais aussi les obstacles à surmonter.

Mais y a-t-il d’autre issue que la lutte collective qui s’exerce directement sur le
terrain de classe, à l’inverse d’un vote aux législatives ou à la présidentielle
(2), par exemple, acte individuel par définition (dans le fameux isoloir) et sur
des bases forcément interclassistes: la nation, l’autorité, la sécurité, le
drapeau…

Inlassablement, avec humilité mais détermination, il appartient aux militants
anarchistes d’aider au maximum à la construction de cette résistance, ne serait-ce
qu’en développant et en structurant leur propre
organisation au service des luttes. Cela sera l’enjeu du prochain congrès de la
Fédération anarchiste.

(1).Y compris sur la base de propositions syndicales tels les parcours sécurisés de
la CFDT ou la sécurité sociale professionnelle de la CGT qui risquent d’aboutir à
la fléxisécurité proposée par Sarkozy. Un prochain
article fera le point sur cette question très importante.

(2). Certains camarades se sont émus de la forte participation à la dernière
élection présidentielle, croyant y voir une nouveauté inquiétante. Rappelons
simplement que le taux de participation, certes supérieur de 6 % environ par
rapport aux élections de 1995 et 2002, ne fait qu’à peine atteindre les taux de
1974 ou 1981. Pas de panique donc, toujours mauvaise conseillère comme cela a pu
être le cas en avril 2002…

Fabrice
Groupe La Sociale de la Fédération anarchiste à Rennes


*** Et pour finir, l'agenda du Monde libertaire :

Jeudi 24 mai

Sarlat (24)
« Débats libertaires » sur le thème des libertés individuelles, organisé par le
groupe Drapeau noir Périgord de la Fédération anarchiste, au café Le Lébérou, 5,
rue Jean-Jacques-Rousseau.

Samedi 26 mai

Paris 8e, 9e, 17e et 18e
Manifestation à l'appel du 9e collectif de sans papier à 14 heures à la Place de
Clichy. Metro Place-de-Clichy, ligne 2 ou 13.

Cognac (16)
Rencontre avec les Editions Libertaires à la librairie "Le texte libre" à 15
heures. Franck Thiriot présentera la collection Paroles en présence des artistes :
Laurent Melon (Paroles de poêtes révoltés), Eric Coulaud
(Paroles antimilitaristes) dans le cadre d'une rencontre exceptionnelle "Art et
politique. Art-politique". Librairie "Le Texte Libre", 17 rue Henri Fichon, 16100
COGNAC. Tel. : 05.45.22.20.52.

Foix (09)
La CNT 09 organise une conférence-film-débat sur les coopératives, à 14 heures, à
la maison des associations. Film J’ai très mal au travail de Jean-Michel Carré;
présentation avec un rappel historique du mouvement; débat en présence
d’intervenants du monde coopératif; auberge espagnole à partir de 19 heures.

Jeudi 31 mai

Paris 11e
Discussion-débat autour de la lutte contre le CPE, à partir de l’ouvrage Loin des
Censier battus (CNT-RP, 2007, 255 pages) en présence d’étudiants, profs et Iatos
Organisé par la librairie Quilombo. À 19h45, au CICP, 21ter, rue Voltaire.

Vendredi 1 juin

Rouen
Soirée poésie. Panorama de la poésie actuelle et présentation du nouveau recueil de
Guy Pique Haut Corps (K. éditions) à la librairie l’Insoumise, au 128, rue
Saint-Hilaire.

Samedi 2 juin

Paris 20e
Rendez-vous à l’entrée du cimetière du Père-Lachaise à l’occasion de la
commémoration annuelle de la Semaine sanglante, à 15 heures. Métro Gambetta.

Dimanche 3 juin

Ivry-sur-Seine (94)
Gala annuel de l’Union pacifiste au Forum Léo-Ferré, 11, rue Barbès. Entrée 13,50
euros (10,50 euros pour les étudiants, érémistes, enfants de moins de 16 ans…
gratuit pour les enfants de moins de 6 ans). Métro
Pierre-Curie ou Ported’Ivry, ligne 7. Bar et petite restauration disponible sur
place. Plus d’informations sur www.forumleoferre.com

Samedi 5 juin

Paris 11e
Débat à la librairie Publico, 145 rue Amelot, à 16 heures. Pascal Charbonnat,
Guillaume Lecointre et Marc Sylberstein viendront nous parler de la passionnante
«histoire des philosophies matérialistes » que vient
d’écrire Pascal.

Mercredi 6 juin

Paris 20e
ARCC organise une soirée consacrée à André Robèr (du groupe la Vache folle de la
FA) peintre, poète et éditeur des Éditions K’A, à 19 heures, 160, rue de Pelleport.
Soirée préparée et présentée par Dominique Jeantet avec la participation de
Stéphane Hoarau.

Jeudi 7 juin

Merlieux (02)
Rencontre avec Frédéric H. Fajardie, auteur des Foulards rouges, du Voleur de vent,
de La Lanterne des morts, de La Nuit des chats bottés, de Chronique d’une
liquidation politique, de 18 heures à 21 heures, à la
Bibliothèque sociale, 8, rue de Fouquerolles. Tél./fax: 0323801709.


Samedi 9 juin

Paris 18e
Rencontre-débat avec Céline Beaudet qui nous parle de son ouvrage Les Milieux
libres: vivre en anarchiste à la Belle Époque à 15h30, à la bibliothèque La Rue, au
10, rue Robert-Planquette.

Mardi 12 Juin

Ivry-sur-Seine (94)
Réunion publique. Violence, non-violence, action directe et avant-gardisme dans le
mouvement ouvrier et social. Le débat sera précédé par la projection du film
documentaire "The Weather underground" de Sam Green et Bill Siegel. Ce film relate
l'histoire d'un groupe d'étudiant aux USA dans les années 60 qui créent une
formation révolutionnaire armée. Soirée à l'invitation du groupe libertaire d'Ivry
(Fédération anarchiste). A 20 heures au Forum Léo Ferré, 11, rue Barbès. Métro :
Pierre-Curie. Bar et petite restauration. Entrée libre

Jeudi 14 juin

Sarlat (24)
« Débats libertaires » sur le thème du militantisme anarchiste, organisé par le
groupe Drapeau noir Périgord de la Fédération anarchiste, au café le Lébérou, 5,
rue Jean-Jacques-Rousseau.


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MessageSujet: ...   Jeu 7 Juin - 21:00

Le pouvoir sur ta vie,tu le tiens de toi même »
Ni dieu, ni maîtres du monde

*** Sommaire du Monde libertaire # 1481 du 7 au 13 juin 2007
Un bien chouette pays, par Sitting Bull, page 3
Motions du 64e congrès de la Fédération anarchiste, page 4
Autruchement vôtre, par F. Ladrisse, page 5
En bref, à vos postes, page 6
De la révolution à la guimauve, par Jipé, page 7
Travailler tue , par Patrice, page 8
Homophobie au pays des soviets, page 8
1er mai au Québec, page 9
Quelle perspective pour l’anarchisme au Québec?, page 10
Putain de patriarcat, par D. Brubonde, page 11
Reich et la nouvelle anarchie, par R. Dadoun, page 14
La route du lynx, par G.Girard, page 16
Cannes d’un autre regard, par H. Hurst, page 17
Vol de corbeaux au dessus d’ un nid de calottes, par Paco, page 20
Le SLA de Montréal, par P. Sommermeyer, page 21
Le mouvement, page 22
Radio libertaire, page 23
Agenda, page 24


*** Éditorial

CETTE SEMAINE vont se réunir les chefs des huit plus puissants États de notre
planète. Ces huit hommes et femmes détiennent entre leurs mains l’existence et le
devenir de plus de six milliards d’individus. Les pays
qu’ils sont censés représenter produisent plus de 65 % des richesses mondiales
alors que n’y habite que 13 % de la population de la planète. Se considérant comme
les actionnaires majoritaires de l’entreprise « Monde® », ceux-ci s’en
autoproclament les véritables maîtres ; décident quelle guerre est acceptable, quel
pays vassal est digne d’émerger de la misère dans laquelle leur système
d’assujettissement tient les pays dont ils ont conquis l’économie au travers de la
dette. La Banque mondiale qu’ils contrôlent leur sert à imposer leurs diktats au
reste du monde. Ils influent sur la politique des Nations unies où ils ont des
droits de veto.

Mais ils ne sont pas seuls à gouverner. En effet, si leurs moyens répressifs sont
tels qu’ils ont de quoi faire disparaître notre planète du système solaire, ils ne
contrôlent pas les requins de la finance mondialisée qui ont su s’affranchir de
leur emprise en tenant les cordons de la Bourse. Mais que l’on se rassure pour eux,
il n’y a pas de guerre des gangs entre le G8 et le forum économique mondial de
Davos, tout ce petit monde s’entend très bien sur notre dos.

Ceux qui pensent que la lutte des classes est un concept dépassé n’ont qu’à
regarder l’accroissement du fossé qui sépare les riches et les pauvres pour
s’apercevoir que, au contraire, les classes possédantes ne
cessent de conquérir sur nous des positions de force.

Contrôlant les moyens de communication, ils nous bercent d’une fable qu’ils
appellent réalité et qui n’est que le reflet de leurs désirs. Leurs moyens de
coercition sont tels – ils se servent aussi bien de l’argent que
des médias ou des forces armées – qu’ils arrivent à nous imposer leur vision du
monde sans que nous puissions, ou presque, nous opposer à eux.

Un nouveau membre, chez nous, s’est élevé à la tête du gang, il s’agit de notre
nouveau président, Nicolas Sarközy. Celui-ci n’arrête pas, ces temps-ci, de nous
gaver d’effets d’annonce de réformes, toutes plus
populistes les unes que les autres. Les masses médias n’ont de cesse de livrer à
leur nouveau maître les parts de cerveaux disponibles qu’ils peuvent générer. Il
s’agit de vendre au Français un Parlement à la botte
du maître de l’Élysée.

Quant à nous, anarchistes, nous resterons fidèles à notre idéal, sans dieu ni
maître, et nous demanderons à ceux auxquels il reste une part de clairvoyance dans
cette société spectacle de ne pas collaborer et de ne
pas légitimer ce système représentatif. Plus loin que l’abstention, c’est la
non-participation, la non-collaboration que nous prônons. Car, où il n’y a pas
d’esclaves, il n’y a pas de tyrans.


*** Et pour finir, l'agenda du Monde libertaire :

Jeudi 7 juin

Merlieux (02)
Rencontre avec Frédéric H. Fajardie, auteur des Foulards rouges, du Voleur de vent,
de la Lanterne des morts, de la Nuit des chats bottés, de Chronique d’une
liquidation politique, de 18 heures à 21 heures, à la
Bibliothèque sociale, 8, rue de Fouquerolles. Tél./fax: 0323801709.

Samedi 9 juin

Paris 11e
Forum-débat de la librairie du Monde libertaire, avec Rodolphe Christin, auteur du
livre Dissidence de la broussaille (ACL) Voici un livre-itinéraire qui entend
dépasser le clivage entre nature et culture, à 16h30, 145 rue Amelot, métro
Oberkampf, République ou Filles-du-Calvaire.

Paris 18e
Rencontre-débat avec Céline Beaudet qui nous parle de son ouvrage les Milieux
libres: vivre en anarchiste à ma Belle Époque à 15h30, à la bibliothèque La Rue, au
10, rue Robert-Planquette, Métro Blanche ou
Abbesses.

Mardi 12 juin

Dijon (21)
Dans le cadre des journées de soutien aux luttes mexicaines Chiapas et Oaxaca, la
CNT-21 et le Groupe libertaire dijonnais vous proposent la projection du film le
Violon, du réalisateur mexicain Francisco Vargas,
suivie d’une discussion, au cinéma l’Eldorado à 20h15.

Ivry-sur-Seine (94)

Réunion publique. Violence, non-violence, action directe et avant-gardisme dans le
mouvement ouvrier et social. Le débat sera précédé par la projection du
film-documentaire The Weather underground de Sam Green et Bill Siegel. Ce film
relate l’histoire d’un groupe d’étudiants aux États-Unis dans les années 1960 qui
créent une formation révolutionnaire armée. Soirée à l’invitation du groupe
libertaire d’Ivry (Fédération anarchiste). A 20 heures, au Forum Léo-Ferré, 11, rue
Barbès. Métro Pierre-Curie. Bar et petite restauration.
Entrée libre.

Vendredi 15 juin

Pantin (93)
Trois jours de fête pour les 30 ans de chansons de Mots et musiques, avec Vincent
Absil, Claude Astier, Charlotte, Juja Lula, Raphaele Selval, À 20 heures à La
Menuiserie, 77, rue Jules-Auffret. Entrée: 10 euros.

Samedi 16 juin

Paris 11e
Forum à la librairie du Monde libertaire avec Gaetano Manfredonia, auteur de
Anarchisme et changement social, insurrectionnalisme, syndicalisme et
éducationnisme réalisateur, (ACL) à partir de 16h30, 145, rue Amelot, métro
Oberkampf, République ou Filles-du-Calvaire.

Pantin (93)
Trois jours de fête pour les 30 ans de chansons de Mots et musiques, avec Alain
Aurenche, Béatrice Be, Maik Darah, Frédérique, Sabine Viret. À 20 heures à la
Menuiserie, 77, rue Jules-Auffret. Entrée: 10 euros.

Dimanche 17 juin

Le Vigan (30)
Le groupe Gard Vaucluse organise une rencontre "Pour transformer la société par
l’abstention et les pratiques autogestionnaires". Maison Truel du Vigan, à 18h30.

Pantin (93)
Trois jours de fête pour les 30 ans de chansons de Mots et musiques, avec Aruna,
Agnès Collet, Richard Colnot, Marcel Eglin, Marie Volta, À 17 heures à La
Menuiserie, 77, rue Jules-Auffret. Entrée: 10 euros.

Jeudi 28 juin

Ivry-sur-Seine (94)
Soirées de soutien au Forum Léo-Ferré du 28 au 30 juin. Le 28: Céline Caussimon,
Annick Cisaruk, Bruno Daraquy, Wladimir Anselme. Au Forum Léo-Ferré, 11, rue
Barbès. Entrée 15 euros pour une soirée, 28 euros pour deux soirées, 40 euros pour
les trois. Métro Pierre-Curie ou Porte-d’Ivry, ligne 7. Bar et petite restauration
disponible sur place. Plus d’informations sur www.forumleoferre.com.

Vendredi 29 juin

Ivry-sur-Seine (94)
Soirée de soutien au Forum Léo-Ferré du 28 au 30 juin. Avec Jean-Pierre Réginal,
Alain Léamauff, Chris Lancry, Vincent Absil. Voir jeudi 28 juin.

Samedi 30 juin

Ivry-sur-Seine (94)
Soirée de soutien au Forum Léo-Ferré du 28 au 30 juin. Avec Yannick Le Nagard,
Claude Astier, Bernard Joyer, Sarclo. Voir jeudi 28 juin.


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MessageSujet: ...   Sam 16 Juin - 16:53

« Ce n’est pas le savoir qui doit être inculqué, c’est la personalité
qui doit
parvenir à son propre épanouissement »
Max Stirner (1842)

*** Sommaire
Refus de prélèvement d’ADN, par J.-P. Levaray, page 5
L’autruche attend les jours meilleurs en persiflant, page 5
Les brèves de combat, page 6
Nouvelles des fronts, par H. Lenoir, page 7
L’entraide etc, par Jimma, page 8
La casse à Opel-Anvers par Paul K. , page 8
L’anarchisme en Grèce, par Dimitri, page 9
Décroissance en avril à Saint-Denis, par Alex, page 12
Sarkophagie sur l’Hexagone, par J. Langlois, page 14
Utopie et anarchisme, par P. Schindler, page 17
Désarmement unilatéral, par R.B., page 18
Prévert et l’éthique, par G. Kendival, page 21
Programmes de Radio libertaire, page 22
Agenda , page 23


*** Editorial :
LE SABRE DE NAPOLÉON a été vendu pour 4,8 millions d’euros. On ignore
encore par
qui... La vox populi a sûrement un avis à donner mais elle ne l’a pas
dit de
manière audible. Pensera-t-on à qui vous savez ?

Attendons le raz de marée azur annoncé pour le second tour pour y voir
plus clair.

En Belgique, le marc de café a donné favoris les chrétiens-démocrates à
leurs
élections législatives. Et les licenciements dans l’automobile wallone
ou flamande,
elle est à quelle sauce ?

Nous voilà au début du XXIe siècle, au temps des guerres prétendument
high-tech et
voilà qu’on nous repasse le plat éculé des boucliers. Ils ne servent
plus à se
protéger contre les coups de l’assaillant, mais sont une
arme contre le « choc fiscal ». On ne comprend pas toujours tout, mais
encore une
fois c’est aux gros revenus qu’il advient de payer moins d’impôts. Y’a
pas de
secrets, quoi qu’en disent les médias à la botte.

L’autre version du bouclier se croise au sommet du G8. Il y aurait des
broutilles
discordantes entre les Russes et les Américains au sujet d’un bouclier
anti-missile. Il y en a déjà un à Helligendamm en Allemagne, mais
l’oncle Sam en voudrait d’autres en Pologne et en République tchèque.
Ce serait
contre les vilains, entre autres l’Iran. Mais la notion de vilains
varie suivant
les pays !

Alors le tsar rouge n’est pas content.L’Afrique et le réchauffement de
la planète,
c’est pour la galerie, il n’y a pas besoin d’être anarchiste pour le
comprendre.

Et les élections dans notre douce France ?

Entre descente aux enfers et déroute historique, les commentateurs de
tous bords ne
se privent pas d’allégeance aux nouveaux maîtres.

Pour ce qui importe aux anarchistes, ils ne se joindront pas aux larmes
de
crocodile, sincères ou non. Pour nous le combat est ailleurs, dans le
monde
syndical, dans la vie associative, dans ce qui conserve encore
l’espoir d’un monde futur. Le combat, aujourd’hui perdu, dans les urnes
n’est
qu’une illusion.


*** Et en prime, un article :
Contre-sommet de Rostock

LE PREMIER JUIN dernier, Rostock ressemblait à une ville fantôme. Les
commerçants
ont barricadé leur vitrine et environ 10000 policiers étaient
stationnés dans la
ville, survolée en permanence par des hélicoptères.

Plus de 600 personnes s’apprêtaient à passer la nuit sur l’ancien
terrain militaire.

Le 2, après l’annonce du NPD (Parti national démocratique [extrême
droite]) de son
intention de manifester à Schwerin, toute manifestation a été interdite
dans cette
ville, et 150 antifas se sont fait arrêter pour avoir tenté de
manifester. Pendant
ce temps, le NPD défile au « Brandenburger Tor » à Berlin…

L’après-midi, la grande manif unitaire réunira quelque 80000 personnes.
Le black
block représente environ 4000 manifestants. Dans un premier temps, la
police semble
s’être tenue plutôt à carreau avant de multiplier les provocations.
Vers la fin de
la manif, lorsque la police attaque, sans raison, un bloc autonome, les
premiers
heurts éclatent.

La situation s’est rapidement détériorée et de violents affrontements
ont éclaté
aux alentours du lieu de dissolution. Il y aura en tout plus de 60
arrestations, et
le parquet de Rostock a lancé une procédure contre 17
militants.

Cette manifestation fera la une de tous les journaux allemands du
lendemain, dans
lesquels on parle des plus violents affrontements que l’Allemagne ait
connus depuis
les années 1980. Selon la police, 433 des leurs auraient été blessés
lors des
affrontements.

Du côté des manifestants, on fait état de 520 blessés. La « Greenteam »
avait
annoncé avoir 30 blessés graves. En y regardant de plus près, pourtant,
le mensuel
allemand Der Spiegel constatera que seulement deux policiers ont été
hospitalisés.

Le 4 juin était déclaré journée d’action relative aux migrations et à
la liberté de
circulation. Quelque 2000 personnes se sont rassemblées à Rostock
devant le
département d’immigration pour se diriger vers le
Sonnenblumen Haus, dans le quartier de Lichtenhagen, pour participer à
la
commémoration appelée « Les trois jours d’août ».

En 1992, des nazis, auxquels s’étaient joints des habitants du
quartier, avaient
attaqué un centre de réfugiés durant plusieurs jours sous les yeux de
la police,
restée passive. Le pogrom de Rostock allait marquer le début d’une
série de
violences racistes comme l’Allemagne n’en avait pas connue depuis 1945.
Là où en
1992, pendant trois jours, la police n’était pas intervenue pour mettre
fin aux
violences racistes, elle n’a pas hésité, aujourd’hui, à matraquer et
cogner…

Le 5 juin, le Kavala (service spécial de la police de Rostock pour le
G8) a
proclamé l’interdiction de toute manifestation pour le jeudi 6 juin, y
compris à
l’extérieur des zones I et II. En fin d’après-midi débutaient
les premières actions de blocage. Dans la soirée, un millier de
personnes ont battu
le pavé contre la répression. La manifestation s’est terminée à
Kühlungsborn, où la
police n’a pas pu empêcher les militants de poursuivre jusqu’à la
plage. Le soir,
dans les différents campements, les militants se préparaient pour
participer aux
blocages du lendemain et les discussions allaient bon train sur les
types d’action
à mettre en place.

Le 6 juin les premières discussions informelles entre les saigneurs du
monde débutent.

Tout au long de la journée, blocages et actions directes vont se
multiplier. Cinq
mille personnes sont arrivées à la limite de la zone où toute
manifestation est
interdite. Les militants tentent de passer à travers champ pour
contourner les
flics. Cinq mille personnes bloquent la route d’accès à Gate 2 (entrée
n° 2) et les
militants ont réussi à avancer jusqu’à moins de deux mètres de la zone
rouge,
certains ont même commencé
à démonter la clôture métallique. Douze hélicoptères tournent dans le
ciel ! En
tout, plus de 10000 personnes bloquent le G8.Toutes les routes d’accès
à
Heiligendamm sont bloquées, soit par les manifestants, soit par
des flics. Les délégations n’arrivent à passer que sur une seule route…

Le 7 juin débute la partie officielle du G8.

Malgré l’intervention de la police, avec canons à eau et lacrymogènes,
les blocages
se sont poursuivis toute l’après-midi. Certains tiennent depuis la
veille, et les
gens ne semblent pas décidés à bouger… Peu avant 17
heures, à l’entrée Est où les flics étaient pourtant présents en force,
des
délégués venus pour le G8 ont dû rebrousser chemin, car deux mille
personnes
étaient présentes pour bloquer l’entrée. Durant la soirée, alors
que les blocages continuaient, 50 à 70 nazillons se sont rassemblés
devant le
Convergence Center à Rostock. Mais leur manège n’a pas duré longtemps
car de
nombreux militants se sont présentés.

Le 8 juin, dans la matinée, les blocages ont commencé à diminuer, le G8
se
terminant le soir. L’après-midi, une manifestation rassemblant entre
1500 et 2000
personnes s’est déroulée à Rostock. La police est intervenue de manière
violente,
provoquant une nouvelle manifestation spontanée qui s’est dirigée vers
la Gesa, là
où des militants sont détenus.

Toute la semaine, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont
participé à la
mobilisation anti-G8. Plus de 10000 ont participé aux actions de
blocage. Les «
huit maîtres du monde » ont été obligés de se réfugier derrière une
clôture
métallique et se sont fait protéger par des milliers de flics. Cela en
dit long sur
leur prétendue légitimité. Ni dieu, ni maîtres du monde!

Vianney
Groupe libertaire Louise-Michel

source: www.fastrasbourg.lautre.net

D’après l’EA-legal team, huit procès ont eu lieu. Six personnes ont été
condamnées
à des peines de prison de 6 à 10 mois sans sursis. Les deux autres ont
été
condamnées à des peines avec sursis et remis en liberté.
Plus de 700 personnes se sont fait arrêter.


*** Et pour finir, l'agenda du Monde libertaire :

Vendredi 15 juin

Pantin (93)
Trois jours de fête pour les 30 ans de chansons de Mots et Musiques,
avec Vincent
Absil, Claude Astier, Charlotte, Juja Lula, Raphaele Selval, À 20
heures à La
Menuiserie, 77, rue Jules-Auffret. Entrée: 10 euros.

Saint-Denis (93)
Attention religion! Pourquoi la religion colle et quelques conseils
pour la
décoller. Rencontre – Débat, avec la participation de Jean-Manuel
Traimond, auteur
du livre. À 19h30 à la Bourse du Travail de Saint-Denis.
9, rue Génin. Métro ligne 13-station Porte-de-Paris.

Samedi 16 juin

Paris 11E
Forum à la librairie du Monde libertaire avec Gaetano Manfredonia,
auteur de
Anarchisme et changement social, insurrectionnalisme, syndicalisme et
éducationisme
réalisateur, (ACL) à partir de 16h30, 145, rue Amelot, métro Oberkampf,
République
ou Filles-du-Calvaire.

Pantin (93)
Trois jours de fête pour les 30 ans de chansons de Mots et musiques,
avec Alain
Aurenche, Béatrice Be, Maik Darah, Frédérique, Sabine Viret. À 20
heures à La
Menuiserie, 77, rue Jules-Auffret. Entrée: 10 euros.

Dijon (21)
Soutien aux luttes mexicaines du Chiapas et d’Oaxaca. Organisé par la
CNT21 et le
Groupe libertaire dijonnais à l’espace autogéré des Tanneries à
16heures.
Projection de deux documentaires (20' chacun) sur les communautés
Zapatistes:
Éducation en résistance et Travaux collectifs en résistance. Débat avec
le CSPCL
(Comité de Solidarité avec les Peuples du Chiapas en Lutte) et d’une
des membres de
la commission du suivi
international des droits de l’homme à Oaxaca. A 19h00, apéro et repas
(5 euros)
avec Jeff et Alain qui chanteront Brassens et autres. À 21h00, Concert
(5 euros)
avec Ze Fred et les Meufs, Jamait et Sound System (ska, reggae,…).

Dimanche 17 juin

Le Vigan (30)
Le groupe Gard Vaucluse organise une rencontre «Pour transformer la
société par
l’abstention et les pratiques autogestionnaires». Maison Truel du
Vigan, à 18h30.

Pantin (93)
Trois jours de fête pour les 30 ans de chansons de Mots et Musiques,
avec Aruna,
Agnès Collet, Richard Colnot, Marcel Eglin, Marie Volta, À 17 heures à
La
Menuiserie, 77, rue Jules-Auffret. Entrée: 10 euros.

Mardi 19 juin

Rennes
Rendez-vous à 20h30, au 2 rue de Bourgogne à la Maison de quartier de
Villejean. Le
groupe la Sociale de la Fédération anarchiste organise une réunion
publique sur le
thème « Après la foire électorale, quelles perspectives sociales? »
Après une
présentation de l’organisation Fédération anarchiste, nous repartirons
du contexte
postélectoral pour tracer des perspectives sociales et politiques
émancipatrices.

Samedi 23 juin

Chambéry
Conférence-débat sur l' Antipsychiatrie: Histoire de l’antipsychiatrie
/
Alternatives, avec Jacques Lesage de la Haye, psychologue. A 14h30 à la
Maison des
Associations, 67, rue St-François-de-Sales. Entrée libre.

Mercredi 27 juin

Rencurel (38)
Au Elfe Bar, Col de Romeyere (Vercors), à 21 heures. Concert avec René
Binamé (punk
- Belgique) et Les Décibelles (punky trashy girly – Vercors). Tables de
presse.
Soirée en soutien au jeune groupe du Vercors de la F.A.! 5 euros.
Contact:
fa.vercors(a)no-log.org

Jeudi 28 juin

Ivry-sur-Seine (94)
Soirées de soutien au Forum Léo-Ferré du 28 au 30 juin. Le 28: Céline
Caussimon,
Annick Cisaruk, Bruno Daraquy, Wladimir Anselme. Au Forum Léo-Ferré,
11, rue
Barbès. Entrée 15 euros pour une soirée, 28 euros pour deux soirées, 40
euros pour
les trois. Métro Pierre-Curie ou Porte-d’Ivry, ligne 7. Bar et petite
restauration
disponible sur place. Plus d’informations sur www.forumleoferre.com.

Vendredi 29 juin

Ivry-sur-Seine (94)
Soirée de soutien au Forum Léo-Ferré du 28 au 30 juin. Avec Jean-Pierre
Réginal,
Alain Léamauff, Chris Lancry, Vincent Absil. Voir jeudi 28 juin.

Samedi 30 juin

Ivry-sur-Seine (94)
Soirée de soutien au Forum Léo-Ferré du 28 au 30 juin. Avec Yannick Le
Nagard,
Claude Astier, Bernard Joyer, Sarclo. Voir jeudi 28 juin.

Paris 11E
Forum à la librairie du Monde libertaire avec René Burget, autour du
livre de
Michel Valette Robert Porchet (1891–1964) De Verdun à Cayenne


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MessageSujet: ...   Ven 29 Juin - 13:49

La réduction de la durée du travail doit donc être nécessairement appliquée au
détriment du profit patronal et elle ne sera certaine et définitive que si elle est
l’oeuvre des ouvriers eux-mêmes.»
Fernand Pelloutier

*** Sommaire du Monde libertaire # 1484 du 28 juin au 11 juillet 2007 :
La tempête peut déclencher un ouragan, par Sami Chemin, page 3
La TVA sociale, par Tsinapah, page 4
Il y a soixante ans, par T. Porré, page 5
L’autruche, par F. Ladrisse, page 5
Les brèves de combat, page 6
Ondes sans frontières, par M. Rollin, page 7
Kouchner et le Darfour, par M. Lhourson, page 8
Passe ton bac d’abord, par Nathan, page 9
La BFS de Pise, par G. Carrozza, page 10
Religion et trouble intellectuel cognitif, par J. Monjot, page 11
De la misogynie grecque, par N. Potkine, page 14
Franz Kafka et les anarchistes, par P. Pasek, page 15
Antonio José Forté, par M.-D. Massoni, page 17
Se reposer ou être libre, par P. le Moko, page 18
Les Trous de mémoire (suite), par Paco, page 19
Sexyvilisation, par M. Giraud, page 20
Droits des LTGB en Europe, par P. Schindler, page 21
Radio libertaire, page 22
Agenda, page 23


*** Editorial :

Bondissant d’un plateau télé à un sommet européen, d’un siège de rafale à une
inauguration, tel un crapaud, bavant au passage dans les médias à la solde des
lobbies financier, M. le président, ci-devant comte de Naguy
Bocsa, impose son discours autour de lui.

Qu’on allume la télé ou la radio, qu’on ouvre un journal ou un magazine, on se
retrouve gavé de sondages plébiscitant l’équipe gouvernementale que ce médiagogue
luminescent a mise en place. Mais que cache cette
novlangue qui semble hypnotiser nos contemporains ? Il s’agit en fait d’un double
langage qui, derrière une apparence populaire, sert la soupe aux financiers et aux
patrons. Prenons comme exemple l’obligation pour chaque salarié de déclarer 48
heures à l’avance son intention de participer à une grève, et le vote à bulletins
secrets pour la reprise de travail qui y est associé. Sous couvert de permettre aux
sociétés de transport de prévenir leurs clients (redevenus à cette occasion des
usagers), c’est une atomisation des salariés, la casse de toute velléité d’action
collective qui se profile. Arrêtons de rêver, la plupart des grandes sociétés de
transport, telles la SNCF ou la RATP, assujettissent déjà les organisations
syndicales à un préavis de grève de beaucoup plus de 48 heures et pourraient de ce
fait prévenir leurs usagers longtemps avant, ce qu’ils ne font jamais. En revanche,
le fait de transformer la grève en sommes d’actions individuelles, plutôt qu’en
action collective, permet de faire pression individuellement sur chaque salarié.
Seules les organisations d’usagers téléguidés par les lobbies pour la privatisation
des services publics peuvent se réjouir d’une telle lobotomisation du corps social.
Quant au fumeux service minimum à mettre en place dans ces mêmes services publics
de transport, histoire de minimiser les pertes d’heures travaillées des
entreprises, cela fait déjà longtemps qu’il a été imposé à la SNCF ou à la RATP. Il
s’agit bien là encore d’un leurre, et gageons que, pour ce gouvernement, nous, les
pauvres rouages de l’utopie libérale que nous construisent ces messieurs, ne valons
guère plus que les rats de laboratoire sur lesquels ils testent leur méthodes de
manipulation mentale.

Vous ne vouliez pas de la Constitution européenne, voilà-t-y pas qu’on te
la refourgue sous forme de traité ! Et, alors que l’on nous vend, à nous,
l’élection au suffrage universel à la majorité de 50 % plus une voix comme parangon
de la démocratie , ces princes, pour les votes européens,
n’abandonnent l’unanimité que pour un vote à 55 % de leurs voix, représentant 65 %
de ceux qu’ils dirigent. Gageons qu’à ce jeu-là aucun de ceux qui disent nous
représenter n’aurait été élu.


*** Et un article en prime :

La tempête peut déclencher un ouragan
De la concertation au concert de lamentations
par Sami Chemin

PAS BESOIN d’être un météorologue confirmé pour avoir prévu que, sitôt passé le
clapotis des élections législatives, une tempête durable (osons l’oxymore) allait
secouer l’Hexagone. L’ironie veut que ce vent furieux né dans les officines du
patronat, pour être porté ensuite par le troll de l’Elysée, soit affublé du doux
vocable de « concertation ».

Conséquence: depuis quelques jours les pénitents (lire les pontes des organisations
syndicales de salariés) s’assoient autour de la même table que les représentants du
patronat et de leurs mandataires travestis en
ministres.

Là, les grands prêtres du capital leur soufflent incontinent les paroles suivantes:
nous voulons faire trimer davantage les pue-la-sueur pour moins de ronds et les
licencier quand cela nous chantera. Mais comme nous sommes des esthètes de la
langue française, nous appelons ça « la modernisation du marché du travail » et
comme le sens de l’humour ne nous fait pas défaut non plus, le bréviaire que vous
devez réciter les yeux baissés s’intitule « la réhabilitation du dialogue social ».

A ce moment-là, Thibault, Chérèque, Mailly et consorts affichent des mines
consternées. Il faut dire que ces faux naïfs s’accrochaient au concept fumeux du «
grain à moudre », c’est-à-dire à l’idée que malgré leur
gloutonnerie Parisot et les morfales du CAC 40 leur laisseraient quelques restes
d’après-banquet. Au cas (fort improbable) où la leçon ne serait pas entièrement
retenue, le joggeur qui court en canard éructe dans une
profusion de « JE » que l’intégralité des décisions prises par le conseil
d’administration qu’il représente seront appliquées quoi qu’il arrive. Et oui César
sait qu’il peut s’appuyer sur une Assemblée majoritairement à sa
dévotion pour légiférer dans le sens voulu par les possédants. À ce spectacle, le
leader du principal parti d’opposition en chambre, c’est-à-dire le dénommé François
Hollande, serre ses petits poings et indique que la gauche combattra résolument
tous les projets qu’elle jugera néfastes pour le pays… tout en ayant pris soin de
déclarer il y a quelques jours: « Les urnes ont parlé, il faut respecter leur
verdict », manière polie de nous enjoindre de faire le dos rond en attendant une
prochaine (et hypothétique?) alternance.

Soyons clairs, patronat et droite confondus poursuivent un objectif majeur: mater
la classe ouvrière de ce pays. Pour réaliser le rêve qui les habite et anime en
permanence ils se sont dotés d’une stratégie et
d’outils terriblement efficaces. Ainsi, sur le plan idéologique par exemple, ils
ont instillé l’idée dans un grand nombre de cerveaux, que pour gagner plus il faut
travailler plus. La gauche invertébrée a objectivement concouru à la diffusion de
ces métastases en répétant à satiété ses couplets sur « la nécessité de réconcilier
la valeur travail et l’entreprise ».

Par un savant tour de passe-passe, la contradiction majeure du capital et du
travail a été expurgée du débat; bien pire, des leurres ont été agités sous nos
yeux pour duper les travailleurs et les dresser les uns contre
les autres, ainsi de la construction et de l’utilisation massive de cette image
nauséeuse présentant d’un côté « ceux qui se lèvent tôt » et de l’autre « les
assistés », ou bien encore de la sempiternelle stigmatisation des fonctionnaires
précédée d’un sourire entendu signifiant « feignants ».

Stratégiquement le but recherché par les possédants est simple: modifier les
relations de travail dans les entreprises d’une manière pérenne. Comment atteindre
cet objectif ? En châtrant le droit de grève, quitte à
maquiller cette volonté féroce sous les oripeaux du « service minimum » lequel
viserait à sauvegarder les intérêts des usagers !

Pour mémoire observons qu’à la SNCF seulement 3 % des trains supprimés ou en retard
sont imputables à des grèves. Bref, le foutage de gueule pour dissimuler la volonté
de casser les reins des cheminots bat son plein,
étant entendu que, si d’aventure patronat et gouvernement arrivaient à leurs fins
dans le secteur des transports, dans un second temps l’ensemble des salariés des
autres entreprises (privée et publiques) serait mis au pas.

Une fois le droit de grève transformé en simple chiffon de papier, cette plante
vénéneuse qu’est le CNE se transformerait en « contrat unique de travail ». Faisons
confiance aux promoteurs de cette trouvaille (patronat
et syndicats confondus) pour nous vanter les charmes de la chose. Les premiers
pouvant licencier à leur guise (la « séparabilité réciproque » comme dit Parisot),
les seconds faisant l’article sur la « sécurisation des parcours professionnels ».

Exit alors des droits sociaux des salariés, en ce qu’ils offrent une relative
protection d’ensemble via les conventions collectives par exemple. Le droit social,
devenu « individuel », le XXIe siècle serait rattrapé par le livret du travail du
XIXe.

Non nous ne noircissons pas le tableau à dessein, d’ailleurs l’actualité en cours
en témoigne amplement. Le César dopé aux amphétamines du pouvoir tonne ici, fait
les yeux doux là, ouvre des fronts multiples, ralentit ici pour mieux accélérer
ailleurs. En clair, tactiquement il use et combine de subterfuges tantôt grossiers,
tantôt élaborés ; « aller vite et fort » est son credo, leitmotiv qu’il faut lire
en « démolir vite et définitivement
toute opposition à l’ordre capitaliste ».

Patronat et gouvernement ont déclenché une tempête pour mettre à genoux les
travailleurs, mais n’oublions pas que la rue est capable de se transformer en
ouragan pour balayer les exploiteurs et tous les multiples
larbins à leur service.

S. C.


*** Et pour finir, l'agenda du Monde libertaire :

Jeudi 28 juin

Ivry-sur-Seine (94)
Soirées de soutien au Forum Léo-Ferré du 28 au 30 juin. Le 28: Céline Caussimon,
Annick Cisaruk, Bruno Daraquy, Wladimir Anselme. Au Forum Léo-Ferré, 11, rue
Barbès. Entrée: 15 euros pour une soirée, 28 euros pour deux soirées, 40 euros pour
les trois. Métro Pierre-Curie ou Ported’Ivry, ligne 7. Bar et petite restauration
disponible sur place. Plus d’informations sur www.forumleoferre.com

Arras (62)
Rassemblement devant la préfecture d’Arras pour demander la libération des quatre
prisonniers d’Action directe, à 13 heures, place de la Préfecture.

Vendredi 29 juin

Ivry-sur-Seine (94)
Soirée de soutien au Forum Léo-Ferré du 28 au 30 juin. Avec Jean-Pierre Réginal,
Alain Léamauff, Chris Lancry, Vincent Absil. Voir jeudi 28 juin.

Samedi 30 juin

Ivry-sur-Seine (94)
Soirée de soutien au Forum Léo-Ferré du 28 au 30 juin. Avec Yannick Le Nagard,
Claude Astier, Bernard Joyet, Sarclo. Voir jeudi 28 juin.

Paris 11e
Forum-débat de la Librairie du Monde libertaire avec Michel Valette pour son livre
De Verdun à Cayenne, Robert Porchet (1891-1964) qui relate l’histoire de ce
déserteur à la conscience exemplaire. Avec la
participation de l’émission Si vis pacem de Radio Libertaire, 145, rue Amelot.

Porcheville (78)
Rassemblement devant l’établissement pénitentiaire pour mineurs (EPM) de
Porcheville à 15 heures à l’appel de la CNT-RP pour demander l’arrêt de la
construction des EPM et la fermeture de ceux de Lavaur et Meyzieu. Départ en
covoiturage à 13 heures à la CNT, 33, rue des Vignoles. Renseignements au
0628334243

Paris 4e
Marche des fiertés des lesbiennes, gays, bi et trans. Départ 13 h 30 à
Montparnasse, arrivée place de la Bastille (où le groupe Claaaaaash de la
Fédération anarchiste diffusera un tract sur les libertaires, la question
gay et leur riposte à l’homophobie, à partir de 18 heures).

Dimanche 1er juillet

Paris 11e
Manifestations pour la régularisation de tous les sans-papiers. Arrivée des
différents cortèges à 17 heures place Stalingrad. La Fédération anarchiste vous
donne rendez-vous à 14 h 30 à la mairie du 11e, place
Léon-Blum. Métro Voltaire.

Orléans (45)
Journée de soutien au ministère de la Crise du logement orléanais.Concerts
(Screaming Bagpipes, Los Foiros et Necrofist… ) stands (CNT, Éditions du Monde
libertaire), expo photos, prises de parole… De 14 heures à 19 heures au 2, rue du
Faubourg Madeleine. Prix libre.

Samedi 7 juillet

Le Mans (72)
Le café libertaire a pour discussion « La démocratie et la gestion directes ».
Exposé et débat à 17 heures, à L’Épicerie du Pré, café-cantine, 31, rue du Pré.
Entrée libre. Permanence du groupe Lairial de la Fédération anarchiste le samedi

La bibliothèque La Rue à moitié en vacances
Comme les autres années, la bibliothèque La Rue arrête les débats pour les mois
d’été. Nous reprendrons ces rencontres dès le mois de septembre avec, comme
premiers intervenants, l’équipe de la revue Réfractions.

La bibliothèque La Rue n’assurera pas les permanences du jeudi soir en
juillet-août, mais sera bien ouverte tous les samedis d’été aux horaires habituels
de 15h30 à 18 heures.


Le Monde libertaire, chaque jeudi en kiosque, 24 pages en couleurs pour deux euros

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MessageSujet: ....   Sam 21 Juil - 15:56

« Lénine a dit: “Le communisme c’est le pouvoir des soviets plus
l’électricité” ;
mais le peuple a compris que c’est la commissariocratie plus les
fusillades. »
Izvestia Kronstadt n° 7 (9 mars 1921)

Comme tous les étés, votre Monde libertaire hebdo prend un repos
mérité. Vous le
retrouverez le 13 septembre chez les marchands de journaux les mieux
fournis.
Comme, hélas, il ne sont pas les plus nombreux, nous vous signalons un
petit outil
bien pratique, mis en place par les NMPP, notre diffuseur: le site
internet
http://www.trouverlapresse.com qui vous indiquera les points de ventes
approvisionnés les plus proches de vous. Face au monopole de la presse
d’argent et
des marchands d’armes, nous avons toujours besoin du soutien de nos
lecteurs!

*** Le sommaire du Monde libertaire hors série n° 32 du 12 juillet au
12 septembre
2007 :

La question du logement ou l’éternel faux problème, par J-P. Garnier,
page 3
Alternatives à l’enfermement, par J. Lesage de La Haye, page 7
J’ai fait un cauchemar, par M. Rajsfus, page 9
Un camp de concentration bien français, par J. Sigot, page 12
Peines planchers, par J.-J. Gandini, page 15
Régression sociale annoncée, par Jacqueline, page 17
21e congrès de FO, par Manon, page 20
Robert Desnos, par R. Dadoun, page 21
Intervention anarchiste au congrès de FO, par Samuel, page 24
Capitalisme privé en Chine, par Ch. Reeve et H. Hsuan-wou, page 25
Autogestion, en route pour l’espoir, par Daniel, page 29
Louise Michel en Algérie, par Paco, page 31
Indiens et blues, par T. Porré, page 32
Peintures murales, par J.-P. Levaray, page 33
Pasolini, penseur de la décroissance ?, entretien avec R. Schérer, page
35
4e Salon du livre anarchiste de Merlieux, par DJM, page 39
Les groupes de la Fédération anarchiste, page 41
Les émissions de Radio libertaire, page 43


*** Qu’est ce que la Fédération anarchiste

La Fédération anarchiste est un groupement de militants politiques
organisé sur le
principe du libre fédéralisme (c’est-à-dire la libre association)
garantissant aux
groupes et aux individus qui la composent la
plus grande autonomie afin de permettre le pluralisme des idées et des
actions,
dans le cadre d’un pacte associatif que nous appelons nos « principes
de base »
(disponibles sur demande). C’est notre outil de lutte
qui doit être fonctionnel et rationnel. Nous rejetons en effet tout
fétichisme
d’organisation.

Pas de hiérarchie donc pas de chefs chez nous! C’est à tous les
militants et
militantes qu’il appartient de faire progresser leur organisation. Nous
ne
reconnaissons pas la division dirigeant/exécutant, la participation
effective des militants et militantes aux structures collectives de
l’organisation
est un principe d’éthique et de solidarité.

Ces structures fédérales sont: le Monde libertaire hebdomadaire, Radio
libertaire,
hier parisienne, aujourd’hui planétaire, et la librairie du Monde
libertaire, à
Paris également. En dehors de ces oeuvres fédérales, les groupes ont
aussi des
locaux, souvent des librairies, éditent des revues, menant ainsi leur
propre
activité au niveau local.

Les buts de la FA

Nous sommes pour une révolution radicale et globale, à la fois
économique et
sociale; pour détruire la société fondée sur la propriété privée ou
étatique des
moyens de production et de consommation; pour la suppression de toutes
les formes
d’exploitation, de hiérarchie, d’autorité.

Cette phase de destruction est nécessaire et c’est sans doute pour cela
que
certains ne voient ou ne veulent voir les anarchistes que comme des
partisans
fanatiques du désordre. Qu’ils regardent autour d’eux et qu’ils
nous expliquent comment faire pire!

Les anarchistes sont, au contraire, partisans d’une société organisée
d’une manière
beaucoup plus rationnelle et logique que la jungle capitaliste ou les
dictatures
marxistes-léninistes. Il s’agit, dans le cadre d’une société
libertaire, non pas de
gouverner les hommes mais d’administrer les choses au profit de la
collectivité
tout entière.

Nous voulons construire une société libre sans classes ni État, sans
patrie ni
frontières, avec comme objectifs: l’émancipation des individus;
l’égalité sociale,
économique et politique; la liberté de création; la justice;
l’éducation libertaire
et permanente; l’organisation sociale sur les bases de la libre
fédération des
producteurs et des consommateurs (autogestion); la démocratie directe;
une économie
tournée vers la satisfaction des besoins; l’abolition du salariat;
l’écologie; la
libre union des individus ou des populations; la liberté d’expression;
la libre
circulation des individus.

Voilà en quelques lignes un aperçu de ce que veulent construire les
militants et
militantes de la Fédération anarchiste. Rendre possible l’édification
d’un ordre
social fondé sur l’entraide, la solidarité, sur le respect absolu de
l’intégrité
physique et morale de l’individu, voilà l’idéal qui nous anime et que
nous
souhaitons partager avec le plus grand nombre pour un monde meilleur.


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MessageSujet: ...   Dim 16 Sep - 13:14

« Ce n’est pas l’homme,c’est le monde qui est devenu anormal.»
Antonin Artaud

*** Sommaire du Monde libertaire # 1485 du 13 au 19 septembre 2007
La rentrée des crasses du petit Nicolas, par Grégory Chambat, page 3
Les comptes du Malodor, par D’jo, page 4
Saint-Bernard , 11 ans après, par D’jo, page 4
Politovskaïa vite oubliée,par C. Danis, pages 5
Un ministre bien zélé, par M. Rajsfus,pages 5
Le lion qui voulait bouffer du coq, par Hertje, page 7
Tour du monde des luttes syndicales, par Pat, page 9
Israël , un village d’irréductibles gagne une victoire, par Hertje,
page 10
Nicolas s’en va-t-en guerre, mironton, mironton, mirontaine, par S.
Chemin, page 11
Petit manuel du squatteur , par N. Potkine, page 13
Fresques de vies de sans-papiers, par S. Jacaré, page 18
Le matérialisme, toute une histoire, par J.-M. del Percio-Vergnaud,
page 20
Radio libertaire, page 21
Agenda, page 22


*** Éditorial

Certaines gazettes nous avaient promis un «septembre noir» La cigogne
est en retard
ou s’est trompée de chemin ! Entre enseignants, cheminots et autres, on
semble
avoir encore l’arme au pied.

Pourtant, le gouvernement augmente la pression ; la dernière facétie
étant le
projet d’une réforme des régimes spéciaux de retraite (SNCF, EDF, GDF,
RATP…) et
cela par décret.

L’information avait été lâchée par les directions confédérales de la
CFDT et de la
CFE-CGC et reprise par la Tribune et Marianne. CGT et FO avaient
aussitôt menacé de
déterrer la hache de guerre, poussant ainsi le gouvernement à démentir.
Mais le
danger d’un grand mouvement social comme en 1995 est-il pris au sérieux
par les
pouvoirs publics? Comme on le caricaturait dans l’Assiette au beurre au
début du
siècle dernier, la bête sociale n’a peut-être plus assez de dents pour
mordre.

Loin d’une grande mobilisation du monde salarial, les représentants
sont enlisés
dans des réunions avec le Medef. Ça cause « modernisation du monde du
travail », de
la façon d’aborder le sujet. Bref, du côté syndical on évalue la taille
de la
couleuvre à avaler. On sait bien sûr que, pour la part patronale, ce
sont contrats
de travail revus à la baisse, licenciements « plus faciles », et tutti
quanti. Pour
relever la sauce, le locataire fébrile de l’Élysée menace de trancher
en
légiférant. Dans ces
conditions, le patronat organisé a tout intérêt à laisser s’ensabler
les
négociations et à attendre le diktat des pouvoirs publics.

Triste tableau de rentrée avec en fond la Coupe du monde de rugby où le
sport
business devrait contibuer à la croissance économique et à l’unité
patriotique de
notre bel Hexagone.

La présidente du Medef, Laurence Parisot, martèle son discours en
déclarant qu’il «
faut cesser de raisonner à partir du consommateur ». Elle voudrait même
que la
«liberté d’entreprendre» soit inscrite dans la Constitution. En
attendant que le
droit de grève n’y soit plus ?

Côté Europe, c’est pas mieux : le tribunal du travail de Nuremberg a
interdit une
grève des conducteurs de la Deutsche Bahn (SNCF allemande) pendant les
vacances
scolaires. Faut-il compter sur la Confédération européenne des
syndicats pour
rectifier le tir ? Temps maussades pour la Sociale, espérons que de la
réalité
quotidienne naîtront d’autres futurs. Si mobilisation il y a, elle se
fera malgré
les directions des boutiques syndicales.


*** L'agenda du Monde libertaire

Vendredi 14 septembre

Ivry-sur-Seine
Hélène Maurice accompagnée au piano par Dominique Fauchard au Forum Léo
Férré 11,
rue Barbès, Ivry-sur-Seine. Métro : Pierre Curie ou Porte
d'Ivry-sur-Seine -Entrée
13,50 euros - Tarif réduit : 10,50 euros (étudiants, chômeurs, RMIstes,
moins de 16
ans) Gratuit pour les moins de 6 ans. Les entrées payantes comprennent
une
consommation. Début du spectacle 20h30 et petite restauration de 19h00
à 20h15.

Samedi 15 septembre

Rouen
Assemblée générale des adhérent-e-s de la librairie libertaire
l'Insoumise, à 15h00
au 128 rue St-Hilaire

Ivry-sur-Seine
Manu Galure en solo au Forum Léo Férré (voir annonce du 14 septembre)

Vendredi 21 septembre

Ivry-sur-Seine
Gilbert Laffaille accompagné au piano par Nathalie Fortin au Forum Léo
Férré (voir
annonce du 14 septembre)

Samedi 22 et Dimanche 23 Septembre

Rouen
La librairie libertaire l'Insoumise tiendra un espace lors de la Foire
à tout de la
Croix de Pierre samedi et dimanche de 8h30 à 18h00

Samedi 22 septembre

Limoges (87)
Sacco et Vanzetti: notre agonie est notre triomphe, Projection du film
d’Hélène
Châtelain: Chant public devant deux chaises électriques, réalisé à
partir de la
pièce d’Armand Gatti. Conférence-débat avec Ronald Creagh, historien et
auteur de:
l’affaire Sacco et Vanzetti. Hôtel de Région à Limoges à partir de 14
heures Salle
vidéo Lac du Causse. Entrée libre. Contact: Mémoire à vif
(www.memoireavif.info) 05
55 30 85 25

Ivry-sur-Seine
Michel Murty chante Francis Lemarque, accompagné à l'accordéon par
Jacques Ferchit
au Forum Léo Férré (voir annonce du 14 septembre)

Lundi 24 septembre

Paris 20e
Cela s’appelle "Vive la Sociale!" C’est au Vingtième théâtre à 20
heures (7, rue
des Plâtrières, métro Ménilmontant). Il y aura Les Chanteurs Livreurs,
Bruno
Daraquy, Elizabeth, Hélène Maurice, Nathalie Solence,Serge Utgé-Royo
"Des chansons
pour protester, revendiquer, se moquer,fraterniser… Rêver à des
lendemains qui
chantent…Réservations 0143522040 ou 0143660113. Tarifs 20 et 15 euros.

Vendredi 28 septembre

Ivry-sur-Seine
Yvan Dautin accompagné au piano par Elie Maalouf au Forum Léo Férré
(voir annonce
du 14 septembre)

Samedi 29 et Dimanche 30 septembre

Merlieux (Aisne)
Le groupe Kropotkine de la Fédération anarchiste organise dans le
village de
Merlieux un Forum Social Libertaire et un Salon du Livre Anarchiste
renseignements
: kropotkine02(a)wanadoo.fr

Samedi 29 septembre

Paris 18e
La bibliothèque la Rue (rue Planquette Paris 18e) reprend son cycle de
débats-rencontres; les premiers invités seront les membres de la revue
Réfractions
le samedi 29 septembre à partir de 15h30

Paris 11e

Forum-débat de la libairie du Monde libertaire autour du livre
Perspectives
politiques de Noam Chomsky présenté et traduit par Franck Mintz qui
animera le
débat.145, rue Amelot 16h30

Vendredi 5 octobre

Ivry-sur-Seine
Laurent Berger accompagné au piano par Nathalie Fortin au Forum Léo
Férré
(voir annonce du 14 septembre)

Samedi 6 octobre

Ivry-sur-Seine
Zaniboni accompagnée aux guitares par Rachid Sefrioui au Forum Léo
Férré (voir
annonce du 14 septembre)

Vendredi 12 octobre

Ivry-sur-Seine
Jean-Michel Piton accompagné au piano par Paul-André Maby au Forum Léo
Férré (voir
annonce du 14 septembre)

Vendredi 19 octobre

Ivry-sur-Seine
Lou Saintagne accompagnée à l’accordéon midi par Laurent Derache et au
violon par Richard Khayadjanian au Forum Léo Férré (voir annonce du 14
septembre)

Samedi 20 octobre

Paris 11e
Diffusion du film Sacco & Vanzetti au Maldoror, 10, rue du
Grand-Prieuré. Métro
Oberkampf ou République.

Ivry-sur-Seine
Yves Uzureau en solo au Forum Léo Férré 11, rue Barbès, voir Vendredi
14 septembre


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MessageSujet: ...   Sam 22 Sep - 12:45

« Salaires légers, chars lourds»»

*** Sommaire du Monde libertaire # 1486 du 20 au 26 septembre 2007 :
Les raisons de la colère, par Sami Chemin, page 3
Le sabotage au goût du jour, par un Peinard de la CNT, page 4
L’autruche tacle les socialos, page 5
Tout sur les horreurs feutrées, par Mato-Topé, page 5
Nico et le panier de la ménagère, par Jipé, page 6
La France au pas de lois, par J.-P. Levaray, page 7
Septembre morne, par J.-P. Germain, page 8
Communiqué de la Fédération anarchiste sur les retraites, page 8
Cochons de payants, par J. Langlois, page 9
Le centre Flores-Magon, interview par T. Libertad, page 11
Le petit cauchemar du jour, par Nestor Potkine, page 14
Le prix « Ni dieu ni maître » à Jean Le Gal, par Paco, page 15
« L’Endormeuse », de Jacques Vallet, page 17
Les ondes et nous, par P. Sommermeyer, page 18
José Salamé, une vie pour l’anarchisme, par D. Guerrier, page 19
Radio libertaire, page 22
L’agenda, page 23


*** Éditorial

Le ploutocrate de Naguy Bocsa veut insuffler dans notre système
législatif une
nouvelle valeur, typiquement anglo-saxonne, l’équité, la justice rendue
en dehors
du droit régulier, soit, en ploutocratie, l’égalité
économique adaptée aux classes sociales. Omettant de mettre en avant
les régimes
spéciaux des ministres, députés, sénateurs ou autres agents de la paix
sociale tel
les soldats, gendarmes ou présidents de la République, il jette à la
vindicte
populaire les ouvriers et employés qui, par leurs luttes, ont réussi à
conserver
quelques acquis sociaux, issus de la reconnaissance de la pénibilité de
leur
travail. Nous comprenons qu’un
sénateur, à 53 ans, soit usé par les discours lénifiants qu’il doit se
taper à
longueur de session (quand il est à son poste, ce qui est rare). C’est
pourquoi il
peut, dès cet âge-là, revendiquer ses droits à une retraite non
méritée. Mais
est-ce en nivelant les droits sociaux des classes populaires par le
bas, tout en
favorisant les patrons, les dirigeants et les forces de répression, que
l’on
arrivera à une société plus égalitaire?

Les grandes centrales syndicales semblent peu se soucier du sort de
leurs syndiqués
qui vont subir cette attaque frontale. Si, pour la forme, ils annoncent
qu’ils
n’accepteront pas de réformes dont ils ne seront pas les co-auteurs,
ils
acquiescent à la pseudo-nécessité de la réforme, prélude à la casse
générale du
système de retraite prévue pour après les municipales.

Nul doute que ces apparatchiks soient prêts à trahir la confiance de
leurs mandants
pour conserver leurs petits privilèges personnels.

Quant à ceux qui se réclament de gauche, ont les a vus ensemble, sur la
même
tribune, le week-end dernier à la fête de l’Humanité. Le
pseudo-libertaire
Besancenot, et les autres représentants de la gauche soit disant
anticapitaliste
fricotant avec le premier secrétaire du parti qui n’a plus de
socialiste que le
nom.

Pour gagner quelques places de conseillers municipaux, ils sont prêts à
se vendre à
ceux qui à la place de Nicolas Sarközy auraient mené les mêmes réformes
et tenus le
même discours populiste, ayant les mêmes commanditaires.

Il faut dire qu’en bon plutocrate, le saigneur de Naguy Bocsa sait très
bien
distribuer les charges étatiques, flattant les points faibles de ses
adversaires
arrivistes pour en faire ses pantins. Il ne nous reste plus à nous, les
laisses
pour compte de ce changement social qui voit les riches et les
puissants se
partager le gâteau du fruit de notre labeur, à prendre nous mêmes nos
affaires en
main, et supplantant les capos qui cherchent à nous mettre au pas, à
exprimer notre
ras-le-bol dans la rue.


*** Et en prime, un article de Sami Chemin

Les raisons de la colère

HÉ OUI, LES MÉDIAS SONT AGITÉS par une fièvre obsidionale. Le leader
minimo fait
tonner ses canons sur les « nantis » qui bénéficient des régimes
spéciaux de
retraite.

Conséquence? Les servants des batteries, c’est-à-dire: journalistes aux
ordres,
économistes stipendiés, politologues à deux balles, sociologues de
salon, etc., se
précipitent la bave aux lèvres pour enfourner leurs obus saturés de
mensonges dans
les tubes cathodiques.

Les prions répandus à doses massives dans l’atmosphère visent à
empoisonner les
esprits sous des apparences de fausses vérités. Les sondages
témoigneraient de
l’acceptation de la « réforme » par le plus gros du corps social de ce
pays; mieux,
les dits sondés (par intubation?) appelleraient de leurs voeux ladite «
réforme ».

Pauvre mot, devenu orwellien, en ce qu’il sert de masque à l’anthrax de
la
régression sociale. Là est la magie des chimistes mandatés par les
exploiteurs de
tout acabit, puisqu’ils ont assez bien réussi la manipulation
consistant à
dissimuler leur poison sous ce parfum de synthèse qu’ils appellent «
équité ».

Tous ces abjects personnages savent parfaitement que la soumission des
esprits
s’obtient d’abord par leur corruption.

Cet objectif partiellement atteint, les mêmes spéculent sur une
résistance moindre
des exploités.

Tout leur art consiste ensuite à isoler un maillon fort – c’est-à-dire
les salariés
couverts par les régimes spéciaux -, puis à les transformer en maillon
faible, en
les livrant à la vindicte du plus grand nombre, c’est-à-dire leurs
frères de classe
du privé… et du public, lesquels, sous les offensives de Balladur en
1993 et Fillon
en 2003 ont vu leurs droits à la retraite sacrément mutilés.

Ne nous y trompons pas, l’attaque des saigneurs est dirigée contre tous
ceux et
celles qui, d’une manière ou d’une autre suent le burnous au profit des
patrons ou
de l’État-patron. Leur argumentation principale se fonde sur un
postulat financier
saturé de catastrophisme, à savoir qu’à moyen terme le déficit des
caisses de
retraite sera tel qu’il s’avérera impossible d’assurer le niveau des
pensions (ou
pire même, leur versement !) qui prévaut actuellement.

L’onction de l’expertise est nécessaire pour faire gober des chiffres
partiels,
tendancieux, voire parfaitement spéculatifs, donc particulièrement
manipulateurs.

Prenez soin de ne pas trop vous charger l’estomac car l’écoeurant
spectacle qui
nous est imposé vous pousserait aussitôt à vomir…


Dans ces mêmes colonnes, nous aurons prochainement l’occasion de
revenir visiter la
maison des chiffres d’une manière autrement plus rigoureuse que ne le
font les
commis du capital, car nous jugeons indispensable de décortiquer la
boite à outils
de nos ennemis en vue de la détruire.

En vérité, l’objectif du Medef et de sa cohorte bigarrée de
domestiques, est de
baisser le niveau des retraites de tous les salariés en rendant
impossible
l’atteinte de leur taux plein.

De facto, Parisot et son majordome teigneux (mais pas taiseux) veulent
amener la
durée des cotisations à quarante cinq annuités ou peu s’en faut. Les
autoproclamés
« briseurs de tabous » se gardent bien de toucher à la vache sacrée des
cotisations
patronales et de proposer leur augmentation, lesquelles pourraient être
relevées
largement, vu la captation de plus en plus importante de la valeur
ajoutée produite
par les travailleurs au profit précisément du capital. Mais nous les
comprenons,
puisque sous la peau truffée de parasites de la vache en question, se
dissimule un
taureau furieux arc-bouté sur la spoliation du plus grand nombre. Quoi
qu’il en
soit, chaque année se sont plusieurs centaines de milliers de
travailleurs qui
partent à la retraite, (volontairement ou pas), avec une moyenne de
trente sept
années de cotisation (trente trois dans la fonction publique).

On ne saurait mieux dire la grossièreté du stratagème des zélotes de
l’égalité, et
la médiocrité de leurs assertions, mais la toxicité des purges qu’ils
veulent nous
contraindre à avaler se fiche éperdument de ces
« détails ».

Pourtant, nombreux sont ceux qui veulent tenir l’entonnoir. Tous les
porcs qui
bâfrent les eaux grasses servies par leurs maîtres disent que cette
casse…– euh
pardon cette « réforme » – doit se faire en douceur, avec « pédagogie
», ou comme
le dit Hollande « sans précipitation ».
Incontestablement les travailleurs ont tout lieu de craindre la glose
des uns et
les effets de manche des baronnies et coteries syndicales. Le numéro un
d’une
centrale dit: « Si le gouvernement procédait par le fait accompli, il
risquerait
d’y avoir du sport et pas seulement sur les terrains de rugby. » Un
autre, tout en
paluchant sa batterie de stylos prêts-à-signer, indique qu’il «
reconnaît la
nécessité d’une réforme, mais qu’elle doit se faire dans le dialogue et
la
concertation ».

Bref, pour une poignée de cerises, par exemple le relèvement des
pensions les plus
basses ou d’autres mesures cosmétiques, ces lutteurs d’opérette sont
prêts à
légitimer leurs futures reculades.

Nous sommes au temps des vendanges, mais cela n’est pas une raison pour
que nous
finissions broyés dans le pressoir des propriétaires de châteaux.

Oui, acides sont les raisons de la colère, aussi crachons dans leur
sale vin de
messe, et refusons à jamais d’être des pénitents soumis au jeûne.

S. C.


*** Et pour finir, l’agenda du Monde libertaire :

Vendredi 21 septembre

Saint-Denis (93)
La Société de défense des laïques non-croyants, non-croyantes et athées
organise
une Rencontre-débat avec Bernard Teper, président de l’UFAL sur le
thème: Lier le
combat social et le combat laïque. À 19h30 à la Bourse du Travail de
Saint-Denis,
9, rue Génin. Métro ligne 13-station Porte-de-Paris.

Samedi 22 septembre

Toulouse
Les éditions du Monde libertaire, éditions fédérales de la Fédération
anarchiste,
seront présentes au 3e Salon du livre Anarphabète qui a lieu à la
Cépière, 8 rue de
Bagnolet (métro Arènes Bus 13 — Rocade ouest sortie 27 direction centre
ville).
Nombreux stands d’éditeurs, dédicaces, apéro, buffet, cinéma, musiques
et
animations. AAEL: 0561438010

Limoges (87)
Sacco et Vanzetti: «Notre agonie est notre triomphe» Projection du film
d’Hélène
Châtelain: Chant public devant deux chaises électriques, réalisé à
partir de la
pièce d’Armand Gatti. Conférence-débat avec Ronald Creagh, historien et
auteur de:
«L’affaire Sacco et Vanzetti». Hôtel de Région à Limoges à partir de 14
heures
Salle vidéo Lac du Causse. Entrée libre. Contact: Mémoire à vif
(www.memoireavif.info) 0555308525

Lundi 24 septembre

Paris 20e
À 20 heures Cela s’appelle «Vive la Sociale!» C’est au Vingtième
théâtre (7, rue
des Plâtrières, métro Ménilmontant). Il y aura Les Chanteurs Livreurs,
Bruno
Daraquy, Elizabeth Hélène Maurice, Nathalie Solence, Serge Utgé-Royo
Des chansons
pour protester, revendiquer, se moquer, fraterniser… Rêver à des
lendemains qui
chantent…" Réservations 0143522040 ou 0143660113. Tarifs 20 et 15
euros.

Samedi 29 septembre

Paris 18e
La bibliothèque la Rue (rue Planquette Paris 18) reprend son cycle de
débats-rencontres; les premiers invités seront les membres de la revue
Réfractions
le samedi 29 septembre à partir de 15h30.

Paris 11e
Foum-débat de la libairie du Monde libertaire autour du livre
«Perspectives
politiques» de Noam Chomsky présenté et traduit par Franck Mintz qui
animera le
débat.145, rue Amelot 16 heures30

Mardi 25 septembre

Chambéry
Le groupe FA de Chambéry vous invite à un pot de rentrée à 19 heures.
Salle A113 de
la Maison des Associations [contact: La Salamandre — Maison des
Associations –Boite
X33 — 73000 CHAMBERY. Mail: FA73(a)nolog.org

Samedi 20 octobre

Paris 11e
Diffusion du filmSacco & Vanzetti au Maldoror, 10, rue du
Grand-Prieuré. Métro
Oberkampf ou République.


Le Monde libertaire, chaque jeudi dans vos kiosques, 24 pages en
couleurs pour deux
euros

Hebdomadaire de la Fédération anarchiste, adhérente de l’Internationale
des
fédérations anarchistes

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