LES PAYS DE COCAGNE

les pays de dedans toi
 
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 TRain-train...

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buenaventura
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MessageSujet: TRain-train...   Mer 26 Nov - 15:49

du train train quotidien...

ou de l'info partielle et partiale, de ces discours redondants et creux...

il se peut, qu'en gratant un peu, l'on se conquiers autrement de ce que l'on veut faire de nous...



Il apparaît de plus en plus clairement que la crise financière et son impact sur
les économies vont affecter plus durement le sort des travailleurs et des classes
les plus pauvres. Appliquant le principe bien rôdé : privatisation des bénéfices et
socialisation des pertes, le Capital et son fidèle chien de garde l'Etat entendent
bien nous faire supporter le côut de leur folle course à la spéculation et aux
profits en accentuant nettement la dégradation des conditions de vie de ceux et
celles qui partout dans le monde ne possèdent que leur force de travail pour
subsister.

Cette crise intervient donc à point nommé pour justifier une nouvelle offensive du
capitalisme. Elle constitue en cela un puissant outil de propagande visant à
fabriquer le consentement collectif, à réaliser l'Union Sacrée pour sauver
l'économie et nous faire accepter licenciements, baisses de salaire, chômages
techniques, délocalisations, travail le dimanche, retraite à 70 ans, casse du CDI
et de la réglementation du travail, tout en cherchant à paralyser notre capacité à
riposter.

Cependant, et les tenants du capitalisme le savent, la manoeuvre est trop grossière
pour que les travailleurs l'acceptent sans broncher, et la situation sociale, comme
le reconnaissait récemment Nicolas Sarkozy, est potentiellement explosive. Dès
lors, pour contenir la colère qui monte inévitablement, L'Etat doit montrer ses
muscles et affirmer sa détermination à frapper ceux et celles qui envisageraient
d'exprimer leur résistance à la marche forcée du capitalisme en dehors des clous du
débat républicain et démocratique.

C'est dans ce cadre que l'on peut placer la spectaculaire et médiatique arrestation
mardi 11 novembre d'une dizaine d'individus quelques jours après la découverte de
sabotages sur les caténaires de lignes ferroviaires parcourues par les TGV.

Ce raid policier s'accompagne par des déclarations triomphalistes de la Ministre de
l'Intérieur sur la résurgence d'une menace terroriste d'extrême-gauche, incarnée
aujourd'hui par une obscure mouvance « anarcho-autonome d'ultra-gauche » dorénavant
désignée comme l'ennemi public à combattre.

La précipitation policière et l'emballement médiatique à présenter ces présumé-e-s
innocent-e-s comme de dangereux saboteurs et futurs poseurs de bombes malgré
l'absence de revendication politique et de la moindre preuve formelle a rapidement
fait place à la prudence et à la réserve tandis que l'enquête semble piétiner.

Que sont quelques caténaires arrachées (parmi 27 000 actes de malveillances
recencées par la SNCF pour la seule année 2007) causant le retard de quelques
dizaines de trains sans jusqu'à preuve du contraire présenter de risques aux
personnes en regard de la véritable politique de destruction des organismes de
solidarité, des services publics en général et du chemin de fer en particulier, du
terrorisme patronal qui génère stress, maladies et accidents (2 millions de
personnes meurent chaque année dans le monde d'accidents ou de maladies
professionnelles), d'un système économique qui pille et détruit l'environnement,
nous affirmons aujourd'hui que les véritables saboteurs, ceux qui nuisent
quotidiennement à nos vies, à notre santé, à la planète, ce sont l'Etat et le
capitalisme !

Quels que soient les auteurs de ces sabotages, et une provocation policière ne sera
jamais à exclure, la Fédération anarchiste exprime son désaccord sur ces actes de
sabotage qui contribuent d'une part à développer l'incompréhension et la
condamnation des opinions sur l'éventuel sens politique de ses actions, et d'autre
part au renforcement des mesures répressives du Capital et de l’État qui, tentant
de faire payer les frais de la crise aux travailleurs, font peser sur eux le poids
d’une répression accrue.

Les anarchistes reconnaissent le droit inaliénable, individuel et collectif, à
l’insubordination, à la révolte et à l’insurrection. Nous proclamons la liberté de
choix de tout moyen d’action qui ne soit pas en contradiction avec les principes
libertaires et les objectifs finalistes poursuivis par le mouvement. Nous prônons
la pratique de l'action directe et révolutionnaire, c'est à dire la lutte sans
intermédiaires des individus en dehors et contre les structures autoritaires
étatiques et d'exploitations capitalistes, les partis politiques et les
bureaucraties syndicales pour conquérir l'égalité économique et sociale et la
liberté. L'action directe doit trouver son apogée dans la grève générale
expropriatrice et autogestionnaire, prélude à la société communiste libertaire à
laquelle nous aspirons.

Pour autant, nous considérons qu'il est contre-productif et suicidaire de
rechercher la mise en oeuvre de telles actions de sabotages quand on ne travaille
pas à l’affirmation d’une capacité politique offensive dans le mouvement ouvrier.
Les anarchistes ne croient pas que la propagande par le fait, conçue comme le
réveil mythique de la conscience du prolétariat toujours prêt à la riposte, puisse
obtenir le moindre succès. Si cette ligne politique s’affirmait, elle ne pourrait
qu’appronfondir le fossé entre activistes et population.

Si nous considérons que le sabotage est une arme à laquelle peut légitimement
recourir le mouvement social dans une situation où un rapport de forces s'est
constitué, il n'est en revanche d'aucune utilité dans le cas contraire, les
cheminot-e-s le savent.

Même si la Fédération Anarchiste n'a jamais fait le choix de l'avant-gardisme, elle
demande la libération immédiate de toutes les personnes emprisonnées et mises en
examen.

La Fédération anarchiste dénonce le terrorisme policier et toute volonté de
criminaliser la révolte et la contestation sociale, elle appelle à la solidarité
avec toutes les victimes de la répression et de la violence étatique et patronale.

La Fédération anarchiste appelle enfin les cheminot-e-s à entrer en lutte pour
gérer sans patron ni Etat le service public ferroviaire.

Fédération anarchiste

le 15 novembre 2008

http://public.federation-anarchiste.org/article.php3?id_article=354

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MessageSujet: ..   Mer 26 Nov - 16:06

Dix personnes ont été interpellées mardi 11 novembre matin à Tarnac en Corrèze, à
Paris, à Rouen et à Baccarat lors d'une opération baptisée «Taïga» qui a mobilisé
150 policiers. Neuf sont en garde à vue dans les locaux de la direction centrale du
renseignement intérieur (DCRI) à Levallois, la dixième, mère d'une des gardées à
vue, est en garde à vue à Nancy. Il leur est reproché d'appartenir à
«l'ultra-gauche tendance anarcho-autonome» et d'être lié à une série de cinq
sabotages de caténaires SNCF dans l'Oise, l'Yonne, la Seine-et-Marne et la Moselle.
Un sixième cas de sabotage près de Narbonne a été évoqué puis écarté parce que de
conception différente des premiers. Sous les coups de la législation
anti-terroriste, cette garde à vue, reconduite pour la troisième journée
consécutive, peut encore être prolongée jusqu'à durer 96 heures. Les suspects
devront être ensuite, soit présentés à un magistrat anti-terroriste, soit remis en
liberté sans charges.

D'après la ministre de l'intérieur Michèle Alliot-Marie et les services de police
qui les espionnaient depuis des mois à la manière du KGB des films américains, les
dix inculpés auraient été aperçus «a proximité des lieux» où les sabotages ont été
commis «à des heures pouvant correspondre» mais les policiers n'ont cependant pas
constaté qu'ils avaient mis en place un dispositif de sabotage et n'ont rien
remarqué d'anormal sur le coup. En outre, la ministre affirme que «les
perquisitions ont permis de recueillir beaucoup de documents très intéressants» et
reproche à ces individus de se caractériser par «le rejet de toute expression
politique démocratique et un discours extrêmement violent». Ces maigres éléments, a
priori tout à fait insuffisants pour engager de quelconques poursuites judiciaires,
ont cependant suffit au ministère de l'intérieur pour prendre leurs fantasmes
«d'une résurgence violente de l'extrémisme radical» pour une réalité et enclencher
une vaste opération policière spectaculaire à grands retentissements médiatiques.

Alors que les policiers du renseignement intérieur et de la sous-direction
anti-terroriste ne disposent pas pour l'instant de preuves, la présumée innocence
des «présumés auteurs» a été piétinée en long, en large et en travers par le
gouvernement, les médias mais aussi les syndicats et la LCR. Dès le début des
opérations, le président Nicolas Sarkozy s'est aussitôt félicité des «progrès
rapides et prometteurs obtenus dans le cadre de l'enquête» par cette «opération
éclair» des services de police. Les médias ont immédiatement emboîté le pas et
relayé les théories fantasmagoriques du ministère de l'intérieur sans aucun travail
d'enquête complémentaire ni émettre le moindre doute sur le bien fondé des
accusations. Enfin, les syndicats des cheminots se sont publiquement et abondamment
réjouis d'être si vite mis hors de cause parce qu'aucun employé de la SNCF n'a été
arrêté. Le leader de la LCR, Olivier Besancenot, s'empresse de condamner des actes
de sabotage qui ne «sont pas et ne seront jamais» ceux de la LCR. Pour Sud-Rail, il
s'agit d'actes terroristes et le syndicat met en garde «ceux qui frisent la
diffamation en voulant confondre terrorisme et action syndicale». Bref, le
bouc-émissaire que l'imaginaire douteux du ministère de l'intérieur a baptisé
«ultra-gauche tendance anarcho-autonome» arrange tout le monde, excepté les
quelques 350 habitants de Tarnac qui font bloc pour soutenir leurs épiciers et leur
président du comité des fêtes.

Quand le spectre du terrorisme et son effet de vent glacial sera passé et
apparaîtra pour ce qu'il est, une manipulation médiatique, il sera intéressant de
mettre tous ces sbires hypocrites des syndicats soi disant radicaux et des partis
soi disant révolutionnaires face à leurs discours parfois plus accusateurs encore
que celui de la police, où ils se réjouissent sans détours de l'arrestation
d'innocents, seulement coupables de ne pas avoir acheter la carte de leurs sectes,
accusés de sabotages sans aucun éléments à charge et de terrorisme pour des actes
qui n'ont pas encore été commis mais qui auraient pu l'être selon ces paranoïaques.
Ils se sont tous empressés de condamner de façon définitive les 10 individus, se
montrant ainsi encore plus expéditif que la justice de Sarkozy qui n'a pas encore
rendu son verdict. A écouter tous ces charlatans professionnels du syndicalisme, il
faudrait croire que le sabotage n'a jamais appartenu à leur histoire !

Pourtant, le secrétaire adjoint de la CGT de 1901 à 1908, un certain Émile Pouget,
loin de condamner les saboteurs de la machine, n'avait pas peur, lui, de saluer
leurs actes et de les préconiser comme outil pour les luttes syndicales. A cette
époque, où le droit de grève était piétiné par les patrons et les gouvernements, où
les manifestations des travailleurs étaient réprimées dans le sang comme à Chicago
ou à Fourmies, le sabotage apparaissait alors comme la solution, le moyen de lutte
le plus efficace pour protester contre des conditions de travail inacceptables et
revendiquer la journée de huit heures sans se faire fusiller. (on pourra
télécharger une réédition de sa brochure ici :
http://www.cntaittoulouse.lautre.net/article.php3?id_article=215)

Aujourd'hui encore, le droit de grève est attaqué de tout côté: il y a la pression
de l'état avec le service minimum, la pression de l'employeur avec la précarisation
de l'emploi et le chantage au licenciement, il y a aussi tous les chômeurs qui
n'ont pas la possibilité de faire grève. On ne peut pas compter sur les syndicats
pour le défendre, trop préoccupés qu'ils sont à négocier leur part du gâteau avec
le Pouvoir.

Dans de telles circonstances, une résurgence et une prolifération des actes de
sabotage est plus que prévisible, c'est une certitude logique et ce ne sont pas les
discours complètement à côté de la plaque des syndicats, partis et autres
imposteurs qui y changeront quoi que ce soit. Le sabotage reste un outil à la
disposition des travailleurs pour mettre en œuvre leur imagination combative dans
le dessein de justes revendications.

L'état et le patronat ont réduit à la portion congrue le droit de grève et les
possibilités des travailleurs d'y recourir mais ce n'est pas là une invention
moderne. Dans le passé, face à cette situation, les travailleurs se sont fait
saboteurs et ce n'est pas en les traitant de terroristes qu'on arrêtera leur œuvre.


Pour la Révolution sociale,
Vers le Communisme Libertaire !

CNT AIT (Syndicat Interco Paris Nord)

http://cnt-ait.info
contact(a)cnt-ait.info

(Forum de la CNT AIT de Caen : http://cnt.ait.caen.free.fr/forum)

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MessageSujet: ..   Mer 26 Nov - 16:16

Une fois de plus, la société capitaliste viole allègrement sa propre légalité dans
l'affaire dite de la « mouvance anarcho-autonome » suite à l'arrestation de 10
personnes dans le cadre d'une enquête sur des « sabotages » de caténaires sur des
lignes SNCF : présomption d'innocence bafouée allègrement ; utilisation des
dispositions ultra répressives des lois antiterroristes dans une affaire qui n'en
relève évidemment pas ; inculpation pour association de malfaiteurs sur la simple
collecte de documents politiques, sans faits concrets qui en démontreraient
l'existence ! La plupart des médias, le monde politique et judiciaire laissent
faire ou approuvent, tant il est vrai que « l'Etat de droit » ne s'applique
réellement qu'aux puissants dans cette société si fondamentalement injuste !

Une fois de plus, une campagne de lynchage politico-médiatique est lancée pour
désigner des boucs émissaires. Cette campagne de désinformations orchestrée autour
de l'évocation d'une organisation « clandestine » et « radicale » a simplement pour
fonction de faire monter la peur dans le pays et l'hostilité contre tous ceux et
celles qui remettent en cause le système capitaliste. Une fois de plus, la
manipulation de masse reste l'arme favorite des classes dominantes, confrontées à
leur propre peur d'une crise sociale pouvant remettre en cause leurs privilèges.
Personne ne sait si les personnes inculpées sont effectivement les auteur-e-s de
ces « sabotages » et il faut rappeler que les conséquences des actes commis sont
très insignifiantes comparées aux conséquences de la crise financière orchestrée
par le capitalisme. Mais là, les coupables sont connus et les décisions prises vont
jeter par centaines de millions des travailleurs et travailleuses dans la misère.
Et ces délinquants vont pouvoir jouir en toute impunité du fruit de leurs crimes.
Ne nous y trompons pas ! En ces temps porteurs de remise en cause des fondements du
capitalisme, cette campagne vise à criminaliser ceux et celles qui se battent
contre l'injustice et la misère imposée aux travailleurs et travailleuses.

Alternative libertaire appelle à ne pas se laisser duper par cette propagande
grossière. Nous considérons que ces actes de malveillance ne sont d’aucune utilité
pour les luttes sociales mais, quels que soient leurs auteur-e-s, ils ne relèvent
pas de l’action terroriste.
Faisons cesser cette politique sécuritaires dont le seul véritable objectif est de
défendre les inégalités sociales et les privilèges capitalistes. Construisons
ensemble la mobilisation de masse, la grève générale expropriatrice capable
d'imposer les changements nécessaires, c'est à dire la naissance d'une société
communiste libertaire !

Alternative libertaire, le 18 novembre 2008

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MessageSujet: .   Mer 26 Nov - 16:33

Affaire sncf ou l'emballage médiatique : communiqué de l'union CNT AIT de Rouen

Le 11 Novembre au matin, une dizaine de personnes sont appréhendés au sujet des
incidents survenus récemment sur les lignes SNCF et placés en garde à vue dans le
cadre de la lutte anti-terroriste. Les accusations de notre ministre de l'intérieur
déclenchent aussitôt une fièvre spectaculaire médiatique où l'on peut lire et
entendre tout et son contraire au hasard des éditions. Seul la culpabilité d'une «
mouvance anarcho-autonome » fait l'unanimité. Encore une fois, les médiats se font
l'écho du gouvernement, rejetant la présomption d'innocence alors que les personnes
arrêtés sont encore en garde a vue.

A ce jour, aucune preuve matérielle ne vient étayer l'hypothèse policière, alors
que les suspects étaient surveillés et filés depuis des mois jusqu'au soir même.
Mais il faut des coupables et vite! Ces dix personnes peuvent voir leur garde à
vue prolongée jusqu'à 96 heures, 4 jours, dans les conditions dont l'on se doute
sous le feu roulant et continu des interrogatoires, nourris de quelques sandwichs,
dormant peu, ne pouvant se laver. Le Gouvernement est dans son rôle, pointant ceux
qui, par leurs écrits, leurs façons de vivre, offre un autre possible que la
société marchande. Il a besoin d'un ennemi pour vivre. L'injustice, l'isolement et
la peur sont ses outils pour s'en fabriquer. La Direction Centrale du Renseignement
Intérieur, créée cet été, doit prouver sa pertinence et son budget en faisant du
rentable et du chiffre. Il faut des boucs émissaires.

Les unes de nos journaux vont de supputations en procès d'intention avec
l'assurance de la vérité, jouant une pièce pour la millième fois. Les irlandais de
Vincennes ne sont pas loin pourtant... Le quatrième pouvoir ne lâche pas la bride.
10 jeunes gens désignés comme terroristes, subissent des lois d'exceptions sans une
preuve, avant même une inculpation, parce que quelques trains ce sont arrêtés,
comme cela arrive tout les jours avec des gamins tirant sur les sonnettes
d'alarmes... Hier le GIGN sautait sur un bateau parce que des grévistes utilisaient
leur outil de travail, des juges même étaient bousculés en défendant le leur...
Aujourd'hui des manifestants croupissent en préventive pour avoir transporté des
fumigènes et des clous tordus pour crever des pneus, des Maires même, des élus, des
magistrats sont menacés s'ils n'appliquent pas le service minimum lors des
grèves...

Nous ne savons pas, nous anarcho-syndicalistes, ce qu'est une « mouvance
anarcho-autonome », terme facile et flou inventé par les policiers. Nous savons ce
qu'est l'anarchisme ouvrier, nous savons ce qu'est l'autonomie prolétarienne. Nous
nous souvenons qu'un secrétaire général de la CGT, un fondateur, a théorisé le
sabotage comme outil de lutte lorsque la grève et la manifestation ne sont plus
possibles. Il fait partit de l'héritage du mouvement ouvrier, comme nos mutuelles
et nos syndicats. Ce sont des anarchistes qui les ont créés, afin d'être autonome
devant les corporations et les dames patronnesses. Un saboteur est il un
terroriste? Un train sans électricité vaut il un détournement d'avion, voir les
guillotines de Robespierre? Il est vrai que les résistants de la SNCF étaient
appelés terroristes. La terminologie est réservé au pouvoir. Quel que soit l'auteur
de ces sabotages, quel que soit ses motifs, une loi d'exception est absurde. Nous
voyons a quel point notre société policière peut facilement, avec ses fichages, ses
dérogations, sa puissance reprendre notre maigre liberté et notre faible égalité.


Libération immédiate des personnes arrêtées

Abolition des lois sécuritaires LSI, LSQ et Perben


CNT-AIT de Rouen

http://cntaitrouen.blogspot.com/

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MessageSujet: ..   Mer 26 Nov - 16:56

http://www.bakchich.info/article5835.html

Retour sur la traque de l’ultra-gauche
COMMANDO ANTI-SNCF / lundi 17 novembre par Jacques-Marie Bourget

L’arrestation de neuf anars présentés comme « ennemis de la société », accusés
d’avoir saboté les TGV, leur mise en examen et en détention ce week-end, pour
cinq d’entre eux, est une histoire complexe.

Il se trouve que Julien Coupat, présenté par le procureur Jean-Claude Marin et
une partie de la presse, comme « le cerveau de la cellule invisible », est
une cible du FBI.

Comme les flics de ce service « mythique » ont beaucoup œuvré pour collecter
un maximum d’éléments sur Hassan Diab, un Palestinien qui a longtemps vécu aux
Etats-Unis (voir encadré), il y a dans l’arrestation de Coupat et consort un
synchronisme magique : on vous aide sur Coupat, aidez-nous sur Diab. Il s’agit
de recueillir des traces, ADN, empreintes, adresses, écrits, relevés
téléphoniques, listes des amis du palestinien aujourd’hui prof de socio lors
de son séjour aux USA. Outre une éventuelle embuscade tendue à nos fiers TGV,
les anars sont aussi victimes d’un renvoi d’ascenseur qui marche de mieux en
mieux entre Washington et Paris. Hassan Diab et l’attentat de la rue Copernic

Hassan Diab, depuis que des policiers allemands ont retrouvé son nom sur une
liste de militants, membres du Front de Libération de la Palestine
Organisation Spéciale (FPLP-OS dirigé par Wadi Haddad), liste achetée à un
informateur inconnu, a été élevé au statut « d’ennemi public ». Et la France,
28 ans après l’attentat contre la synagogue de la rue Copernic à Paris (4
morts de confession juive, mais aucun « Français innocents » avait alors
proclamé le premier Ministre Raymond Barre) réclame l’extradition de Diab au
Canada, pays où il vit et enseigne la sociologie.

Mais que fait donc Julien Coupat, diplômé de l’ESSEC, 34 ans dans un dossier
du FBI ? Lui qui, après avoir renoncé à l’immense bonheur d’une vie bourgeoise
vit discrètement entre une ferme en Corrèze et un appartement à Paris ? Si
l’histoire de l’intello relève d’un épisode de New York Police Blues, c’est
parce que le camarade Coupat, outre la Corrèze, aime voyager. Ainsi, avec sa
fiancée Yldune, il a, à la fin 2007, effectué un voyage un aux Etats-Unis.
Mais, incorrigible, Coupat a choisit de fréquenter des anars, ces ennemis de
l’ordre qui existent encore au paradis de Bush. Des gauchos dans l’oeil du FBI

En janvier 2008, lors de son passage à New York, bon touriste, notre
révolutionnaire de la Corrèze prend des photos de Time Square, le point le
plus visité de la Big Apple. Quand, avec sa fiancée, notre Guevara de Tulle
quitte les USA pour retourner au Canada, son visa qui n’est plus en règle. Il
est « retenu » par le FBI, et la littérature, retrouvée dans ses bagages,
confirme aux policiers que, pour changer le monde, Coupat croit davantage en
Bakounine qu’en Arnold Schwarzenegger. Le voyage du Corrézien est donc
reconstitué, ses amitiés militantes démasquées, ses documents et photos, dont
les jolies vues de Time Square sont dupliquées.

Un peu plus de deux mois plus tard, le 6 mars, une grenade d’exercice fait
sauter les vitres d’un centre de recrutement de l’armée situé, justement, à
Time Square. C’est là que, pour le FBI, Coupat et ses potes américains
deviennent un cœur de cible… D’où, a partir du printemps, une certaine
pression de nos amis US sur l’ermite de Tarnac, le charmant bled où l’intello
s’est retiré du monde.

Dès que cette requête venue d’outre-Atlantique tombe sur son bureau, la
merveilleuse MAM se met à voir des anarchistes partout. Et il commence à
pleuvoir dru sur les révoltés qui traînent trop aux manifs anti G8, G20 et
autre « G »… Pour la toute nouvelle super police, la DCRI, qui regroupe DST et
RG, c’est une « priorité absolue », que de pister et « neutraliser » ces anars.

Pourquoi pas capables, pense MAM, de nous faire un remake d’Action Directe ou
encore un coup de folie à la Florence Rey et Audry Maupin (flingage à tout va
place de la Nation) ?

Un autre élément, de « sécurité intérieure », pèse lourd sur le dos de ces
jeunes enragés… Comme Mitterrand avait peur d’un attentat d’extrême droite, et
avait créé sa pathétique cellule de l’Elysée pour le déjouer, Sarkozy craint
un peu du côté de l’extrême gauche (pas celle de Besancenot).

Mitterrand avait peur d’Erulin, un agité du facho, et Sarko du Coupat, un
agité du gaucho. Un lecteur de Proudhon et sans doute lui-même auteur d’un
livre mystérieux, publié aux éditions La Fabrique », intitulé : L’Insurrection
qui vient, un « mode d’emploi de l’action violente », dixit le procureur
Marin. Les RG et les services de polices en général, ayant observé une «
montée des violences et incivilités » contre ce qui symbolise l’Ump et
Sarkozy, la traque de l’anar est devenue une grande cause nationale. La chasse
au drapeau noir ouverte depuis mai 2007

Dans l’affaire, premier protecteur du président à policier jusqu’à la mort,
Claude Guéant qui continue de jouer un rôle à la Fouquet. Il faut dire que,
dès l’élection de Nicolas Sarkozy nos zigotos pas contents étaient allés au
(justement) « Fouquet’s », lieu de la libation néo présidentielle, pour se
cogner avec le service d’ordre et même de mettre le feu au pantalon d’un
maître d’hôtel !

Depuis dix mois, la chasse aux drapeaux noirs est donc ouverte. Et des
maladroits se sont déjà fait prendre. Le 24 janvier deux jeunes, un garçon,
F.F. et une fille, I.M., sont arrêtés par des douaniers pisteurs de shit au
péage nord de Vierzon. Dans le sac d’I.M., les douaniers trouvent 1634 grammes
de chlorate de soude, un désherbant qui, placé entre des mains expertes,
permet de fabriquer un explosif. Aussi dans le sac à dos de la demoiselle, un
manuscrit en italien : A chacun le vôtre. Mille façons de saboter le monde…
F.F. et I.M. sont mis en prison. Si le garçon est aujourd’hui en liberté
conditionnelle après 6 mois de cellule, au cours desquels il a été salement
tabassé, I.M. est toujours en taule. On a trouvé son ADN sur une « botte » de
quatre cigarettes qui, en se consumant, devaient mettre le feu à un allume
barbecue, le tout placé, en mai 2007 donc pendant la présidentielle, sous une
voiture grue de la préfecture de police de Paris parquée rue de Clignancourt.
L’ADN, relevé sur la machine infernale qui a fait long feu, désignera aussi
DB, autre jeune anar, comme co-auteur du piège à feu… Et lui aussi est en
prison. JPG - 50.9 ko Complot gauchiste en France © Nardo

Le 19 janvier, donc cinq jours avant le « coup de filet » du péage de Vierzon,
les policiers antiterroristes avaient déjà arrêté trois autres jeunes I.H,D.B
celui qui est maintenant en cellule, et B.L, lors d’une manif contre le Centre
de rétention des sans papiers de Vincennes. Ils avaient dans leurs sacs de
gros pétards, des lunettes de ski ( ?), et des clous (comme Ravachol à croire
que la chose est culturelle chez l’anar). Regroupés dans le même dossier, les
mis en examen de cette rafle judiciaire de janvier 2008, attendent aujourd’hui
de passer devant un tribunal. Pour éviter de réunir les magistrats de la Cour
Anti terroriste pour une affaire de pétards et d’allume barbecue, il est à
prévoir que ces cinq jeunes révolutionnaires risquent de se retrouver, on ne
sait quand mais pas demain, dans le même box que Julien Coupat, « le cerveau
».

Et c’est ici que nous retombons sur la dernière battue de la traque, celle qui
vient de conduire Coupat et ses amis, en prison. Les mises en examen des neufs
de « la cellule invisible » n’a pas été une affaire simple. D’un côté nous
avions MAM qui, peu soucieuse de respecter la présomption d’innocence,
affirmait à Radio J « que les éléments de culpabilité étaient réunis pour
accuser le groupe du sabotage des caténaires », une MAM aidée par le poids des
mots du procureur Marin, et en face le juge Thierry Fragoli qui, visiblement,
a lu des bouquins sur l’affaire des « Irlandais de Vincennes ». Un magistrat
prudent qui n’a pas accepté de faire un show à la Bruguière. Heureusement,
l’incrimination « d’association de malfaiteurs », cette originalité du droit
français, qui permet elle de coller n’importe qui en prison, était là pour
venir au secours du juge. Les neufs de la SNCF sont donc présumés coupables «
d’association de malfaiteurs dans le but de commettre des actes terroristes »…

Puisqu’il faut bien reconnaître qu’en matière de preuves matérielles, dixit
les avocats qui sont là pour ça, « le dossier est vide ». Et il est vrai que,
pour placer les fameux étriers métalliques sur les caténaires des TGV à Pépy,
il fallait emmancher l’étrier en question dans une perche d’au moins cinq
mètres et que rien de semblable retrouvé par les enquêteurs. Par ailleurs,
pour fabriquer le fameux piège, outre un savoir faire en métallurgie, il
fallait une forge ou un chalumeau ainsi que du fer à béton et une disqueuse.
La encore, c’est le bide.

L’accusation la plus déterminante a été recueilli selon un mode opératoire qui
fait déjà bondir les avocats. Un personnage, disant être un « repenti » de la
bande à Coupat s’est présenté dans une gendarmerie du Puy-de-Dôme. Il a
expliqué aux pandores comment ses anciens amis voulaient changer le monde en
pourrissant la SNCF… Le problème est que ce témoin capital est, et restera
sans doute, anonyme puisque, à la suite d’une modification du code pénal, ce
procédé qui rappel celui utilisé naguère par les Anglais contre les
Nord-Irlandais, est maintenant admis. JPG - 9 ko La pièce qui sert à rompre
les catenaires

Selon un avocat appelé à défendre l’un des membres de la bande à Coupat : «
l’accusation est nue. Rien ne démontre la culpabilité de mon client ni celle
de ses amis dans cette histoire de TGV. Ces mises en examen ne sont rien de
plus que la sanction du délit d’opinion, et du droit à manifester. Une forme
de Patriot Act à la française »… Pour connaître la vérité (ou à peu près),
lire les journaux ne nous suffira pas. Il faudra sans doute attendre le moment
d’un procès. Mais l’important est que la Section antiterrorisme du parquet de
Paris, et son procureur Marin et sa MAM n’aient plus peur du noir.

A lire ou relire sur Bakchich.info
« Bakchich » s’est procuré une note de la PJ sur l’ultragauche
Dès le 26 janvier 2008, les flics anti-terroristes de la PJ pondaient une note
sur la mouvance de l’ultra gauche. Laquelle agrégeait apparement les membres
présumés du « commando anti-SNCF ». Extraits. Jean-Claude Marin, un proc’ qui
vous veut du bien Le procureur de la République de Paris, qui vient de
demander un supplément d’information dans l’affaire Clearstream, est un homme
plein de talents. Doté d’un grand sens politique, il a d’abord été
balladurien, pour virer chiraquien, avant de tourner (…)

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MessageSujet: ..   Mer 26 Nov - 17:32

Depuis le 11 novembre, il se dit à peu près tout et n’importe quoi à propos des
actes de sabotage des lignes TGV et de leurs supposé-e-s auteurs. Journalistes,
experts en politologie ou criminologie et responsables des chemins de fers français
(syndicalistes inclus) brodent autour des infos que leur distillent les services de
police et les cabinets de communication du ministère de l’intérieur. Dans ce
monceau d’articles, chacun y va de sa petite trouvaille pour se démarquer du voisin
en vendant la même camelote : les photos exclusives de la catenaire de la peur
(sic), les doctes éclairages des "spécialistes" de l’"ultra-gauche", les
commentaires entendus sur la participation de filles à une opération de cette
sorte...
Les syndicats de cheminots, quelque peu fébriles à l’idée que peut-être, quand
même, certaines de leurs ouailles aient pu participer aux sabotages, se lâchent et
se félicitent de l’efficacité des limiers du ministère de
l’intérieur. Tout à leur soulagement de pouvoir condamner sans réserves ces
actions, ils reprennent la qualification de "terroriste", oubliant un peu vite que
la plupart du temps, ce sont eux qu’on accuse de "prise
d’otage" quand la circulation est bloquée...

Tout a été dit, donc, sauf en ce qui concerne ce qui pourrait bien motiver des
personnes à bloquer les TGV : la version officielle s’en tient à une variation
autour du thème des déséquilibrés nihilistes clandestins ayant
un obscur compte à régler avec l’Etat ; c’est-à-dire, des terroristes.
L’antiterrorisme, c’est bien pratique : d’abord, "terroriste", ça s’applique un peu
à tout et n’importe quoi. Là, en l’occurence, on parle de trains bloqués avec une
méthode qui aux dires même du directeur de la SNCF n’est "pas dangereuse [pour les
personnels et passagers] mais invalidante", et les 4 caténaires arrachées viennent
s’ajouter à la longue liste des "malveillances" et autres avaries que subissent les
infrastructures ferroviaires tous les ans (on parle de 26 000 actes de malveillance
recensés pour la seule année 2005, dont 89 auraient pu causer un déraillement, ce
qui n'est pas le cas avec l'histoire des caténaires). Ensuite, "terroriste", ça
sert à marginaliser des pratiques et à isoler une partie des gens qui luttent et à
provoquer la désolidarisation des autres. Et ce n’est pas réservé aux dits
"anarcho-autonomes", RESF aussi a parfois droit à ce petit sobriquet.
Enfin, ça permet de se doter de moyens materiels et juridiques hors du commun pour
surveiller et mettre la pression sur des personnes un peu trop actives
politiquement au goût des autorités. Au passage, les services de renseignements
peuvent fanfaronner sur leur efficacité en voulant faire croire que rien ne peut
échapper à leur contrôle, pensant ainsi envoyer un message à tous ceux qui
envisageraient de sortir du cadre de la contestation tolérée. Toujours est il que
les "éléments matériels" de la culpabilité se font attendre, au point que, à
l'issue de la garde à vue, 7 des personnes arrêtées ne seront plus poursuivies pour
les actes de sabotage, mais pour "association de malfaiteur" dans le cadre d'une
obscure procédure anti-terroriste datant d’avril dont on se garde bien de donner
les éléments qui la justifient (on parle de "dégradations", de participations à des
manifestations et de publications de bouquin, on sort un pseudo-attentat... aux
Etats-Unis - top-credibility, le FBI...- et on laisse entendre sans fondement
quelconque qu'elles allaient inévitablement passer du fer à béton à la bombe à
clou).

Si on se donne la peine de dissiper un peu l’écran de fumée "antiterroriste", et
sans extrapoler sur les suspects désignés, leur appartenance à une mouvance de giga
gauche ou à un club d’échec hélvète, ni sur l’âge du capitaine - tant les
arrestations semblent déconnectées des faits eux-mêmes - on peut réflechir sur le
sens politique du blocage des voies de chemins de fer. D’abord, on remarque que les
sabotages ont eu lieu le même jour qu’une des mobilisations sociales les plus
importantes en Allemagne ces derniers temps pour stopper le convoi de déchets
nucléaires CASTOR (qui circulait aussi sur le réseau français), avec des pratiques
diverses allant des manifs rassemblant plusieurs milliers de personnes à des actes
de sabotage. L’opposition au nucléaire est bien ancrée dans ce pays et donne
régulièrement lieu à ce genre de blocage de train, causant plusieurs milions
d’euros de dommages pour la Deutsche Bahn. En France, à moindre échelle, le passage
d’un convoi nucléaire provoque aussi ce genre de réactions.

La lutte contre le nucléaire est loin d’être la seule à viser les chemins de fer.
Qu’on songe bien sûr aux mouvements de cheminots, qui tirent justement leur force
de cette capacité à bloquer la circulation des marchandises et des personnes ; on
se rappelle d’ailleurs que des sabotages des lignes de signalisation étaient venus
appuyer les grèves de l’automne-hiver 2007 contre la réforme des retraites. Qu’on
songe aussi au mouvement dit anti-CPE du printemps 2006 avec ces nombreuses
occupations de gares qui avaient contribué à faire plier un peu le gouvernement.
Bloquer l’économie, que ce soit par la grève, le boycott ou l’interuption des flux,
a toujours été la meilleure arme des luttes politiques, du mouvement ouvrier du
début du XXème siècle (avec déjà des sabotages de train) aux piqueteros argentins,
en passant par la Résistance ou les routiers grèvistes et leurs opérations
escargot. On pourra rétorquer : "certes, mais dans quelles luttes, dans quels
mouvements s’inscrivent ces actions ?". Et bien, elles s’inscrivent, quelles que
soient d’ailleurs les revendications, dans le conflit de basse intensité qui se
mène tous les jours, sur tous les fronts : dans la bataille des salarié-e-s pour
leur conditions de vie et de travail, dans la lutte des chômeur-e-s face au
contrôle social, dans le combat des sans-papiers, dans les résistances des
quartiers populaires aux pressions policières ; dans chaque espace ou des gens
s’organisent pour faire face. Un mouvement de fond, qui regroupe des pratiques, des
idées, des aspirations différentes mais dont les moments de lutte se font echo
mutuellement. D’ailleurs, il suffit de consulter la liste policière des champs
investis par les suspect-e-s désigné-e-s pour avoir une petite idée des différents
fronts qui font souci aux gouvernements ces dernières années : sans-papiers, G8,
EDVIGE, CPE, mouvement lycéen, manif anti-sarko, guerre en Irak...

En période de crise économique du système capitaliste qui organise lui réellement
l’appauvrissement et la terreur sur à peu près la totalité de la population
mondiale, il peut paraître dérisoire et symbolique d’un cruel aveuglement
idéologique de crier au loup pour quelques dizaines de trains retardés. Dans un
monde qui fonce droit dans le mur, il y a pourtant peut-être quelque chose de
salutaire à suspendre l’agencement du quotidien, les flux à grande vitesse de
travailleurs, cadres, businessmen, traders, marchandises, déchêts nucléaires sur
lesquels se basent la machine à exploiter.

S’attaquer au TGV, c’est aussi viser une certaine forme de l’organisation sociale,
comme en témoigne les résistances populaires à la construction des lignes à grande
vitesse au pays basque et dans le Val de Suza italien, aussi bien pour ce qu’elles
impliquent en terme de restructuration locale que par refus du modèle économique
qu’elles composent. Car même si dans certains articles on nous dit que les
saboteurs s’en sont pris au "sevrice public", il est assez clair que lorsqu’on
parle de TGV aujourd’hui, on parle d’une structure en voie de privatisation, qui
vend de plus en plus cher le droit de se déplacer, précarise ses travailleur-e-s,
et a pour fonction principale d’assurer le transport constant de main d’oeuvre,
nécessaire à l’économie hors-sol.

On peut le voir comme une manière parmi tant d’autres d’interroger concrètement le
dogme sacré de la croissance économique, décrié aujourd’hui par une bonne partie de
la population (qui en subit les effets quotidiens). Le fait d’entretenir cette
capacité de blocage et de perturbation matérielle sera donc décisif pour ceux et
celles qui entendent encore réorienter la société sur d’autres rails, pour
construire les rapports de force des luttes présentes et à venir.


(commentaire de l'expediteur/expeditrice :
Un texte trouvé sur indymedia qu'il nous semble important de diffuser au vu du
front médiatique visant à nier toute pertinence politique aux récents sabotages de
voies de chemin de fer.)

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MessageSujet: ..   Sam 6 Déc - 16:38

11 novembre au matin, les usagers du rail sortent de la terreur : on vient
d'arrêter les « commandos anti-TGV ». Michèle A.M. parade, sa belle prise est
exposée par les médias, embarqués depuis le début dans
l'opération. Deux jours plus tard, on semble plutôt reprocher aux interpellés
d'avoir eu « l'intention » de commettre de tels actes. Ainsi allaient-ils
finalement pouvoir devenir une sorte de « cellule », appartenant à une « nébuleuse
», qui s'en serait, tôt ou tard, pris aux vies humaines. Magie de l'antiterrorisme
: à mesure que les faits se dématérialisent, l'affaire s'aggrave.

La lutte antiterroriste ne s'intéresse pas tant aux actes qu'aux sujets qui
pourraient les commettre. Un sujet, cela se fabrique. A partir de vies bien
réelles, avec leurs particularités, leurs habitudes, leurs liens. Ces liens
constituent d'ailleurs un objet d'investigation privilégié. C'est ainsi que la
police construit une « mouvance », un « réseau», ou n'importe quel autre chien de
mot signifiant une appartenance diffuse. Ce type d'objet a toujours convenu aux
méthodes de la flicaille. Il offre un caractère inépuisable qui fait tout son
charme. Les enquêtes n'ont plus de fin, elles sont extensibles à volonté, la menace
est permanente, omniprésente.

Fabriquer un sujet terroriste, cela consiste en des procédures concrètes. Annoncer
des menaces futures, leur fabriquer des appellations. Faire arrêter neuf personnes
au petit matin, par des flics cagoulés, armés jusqu'aux dents. Les conduire dans
des locaux spéciaux. Là, les garder quatre jours en cellule. Quatre jours ponctués
d'interrogatoires nombreux et interminables, aux termes desquels n'importe qui
serait prêt à avouer que sa grand-mère a conçu les attentats contre le World Trade
Center. Pas d'avocat, si ce n'est à la fin, quand on aura eu le temps de les
questionner sur ce qui est essentiel dans cette affaire : ce qu'ils vivent, ce
qu'ils lisent, qui ils fréquentent, avec qui ils baisent. Il faut savoir s'ils ont
manifesté, un jour, à Vichy, s'ils ont compris ou commis quelque ouvrage et
pourquoi ils n'habitent pas, seuls, dans un appartement, mais vivent et
s'organisent ensemble. Il n'y a plus alors qu'à extraire de cela les éléments
adéquats et les retraduire dans le jargon de l'antiterrorisme. Produire ainsi,
assortie de détails pittoresques, l'image de neuf clandestins, organisés en
cellule, disposant d'un chef, et s'abreuvant d'un manuel de lutte armée.

Qu'importe que le fameux bréviaire secret se trouvât déjà en possession de
plusieurs milliers de lecteurs, qui avaient pu se le procurer dans n'importe quelle
librairie. Qu'importe qu'il fût impossible même aux journalistes venus accréditer
cette thèse de confirmer tant soit peu ce portrait de clandestins reclus, coupés du
monde. Le terme de « terrorisme » a le pouvoir de changer l'eau en vin, et pour
ceux à qui on l'applique, chaque aspect de l'existence devient l'objet de soupçons
si ce n'est une preuve accablante.

La réalité à partir de laquelle on a construit ici des terroristes, cette réalité,
la justice peut toujours la trouver criminelle ; pour notre part, nous trouvons
encore heureux que 3000 personnes s'opposent physiquement à la tenue d'un sommet
ministériel sur l'immigration à Vichy, et honorable d'être solidaires de ses amis
en garde à vue.

La SNCF recensait en 2007 vingt-sept mille actes de malveillance contre son réseau
ferré. Le sabotage à proprement parler est un acte encore banal, dans toute grève
bien menée – et le mouvement cheminot de l'automne dernier est encore venu le
rappeler. Pour autant, et malgré la vive terreur que semble provoquer un blocage
efficace du trafic ferroviaire, on n'avait pas encore brandi, dans de tels cas, la
catégorie « terroriste », et l'arsenal judiciaire et policier exceptionnel qui
l'accompagne. Ce qui s'est passé le 11 novembre est une provocation objective, qui
a valeur de test. Il va de soi que si l'affaire s'éteint doucement dans le silence,
tandis que croupissent en prison ceux qu'on a si grossièrement désignés à la
vindicte universelle comme terroristes, rien n'empêchera que ce silence soit
interprété comme un assentiment général donné au procédé, et à ses applications à
venir. Ici, comme en Italie, en Allemagne, aux Etats-Unis, il est clair que
l'antiterrorisme n'est pas une série de lois d'exception que chaque pays s'accorde
mais bien la base d'un nouveau régime de gouvernement mondial.


Nous annonçons la création d'un comité de soutien à Paris. Il visera à soutenir
matériellement et moralement les 9 personnes arrêtées le 11 novembre, dont 2 sont
encore aujourd'hui en prison.

Il s'engage dans une défense commune, de l'ensemble des arrêtés, quelque soit leurs
chefs d'inculpation. Il refusera de communiquer plus particulièrement sur telle ou
telle personne. Il ne perdra pas de temps à s'étendre sur la réalité des faits qui
leur sont reprochés, et donc sur la question de l'innocence ou de la culpabilité
des inculpés. Le comité de soutien se donne pour principe de refuser la présence
des média à ses réunions, et s'autorisera à communiquer avec eux selon ses propres
termes et conditions.

Plus que le soutien aux neufs mis en examen, le comité vise à tout faire pour que
la machine antiterroriste – qui s'était mise en marche bien avant ce jour-là – ne
puisse pas continuer son travail d'écrasement dans l'assentiment général. Cela
passe par l'attaque du montage politique et médiatique visant la création d'un
nouvel ennemi de l'intérieur : la « mouvance anarcho-autonome ». Le comité affirme
son soutien aux 6 personnes prises depuis, janvier 2008 dans le tourbillon
judiciaire qui accompagne cette fabrication – tous sont mis en examen dans le cadre
d'une instruction antiterroriste : Ivan et Bruno pour avoir transporté des
fumigènes artisanaux, Isa et Farid pour avoir convoyé du chlorate et des plans
d'établissement pénitentiaire ; Juan, Isa et Damien sont aussi soupçonnés d'une
tentative d'incendie d'un véhicule de police, et sont pour cela incarcérés depuis
plusieurs mois sous le coup des assises antiterroristes.

L'objectif immédiat du comité est la libération de toutes les personnes incarcérées
et la fin des poursuites judiciaires à l'encontre des inculpés.

"Comite de sabotage de l'anti-terrorisme"
comiteparis(a)yahoo.fr

REUNION PUBLIQUE
SAMEDI 6 DECEMBRE – 17 H

à La Parole Errante
9 rue François Debergue
Montreuil
Métro Croix-de-Chavaux

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MessageSujet: ..   Jeu 18 Déc - 14:10

Des anonymes ont revendiqué dans une lettre au quotidien allemand Tageszeitung des actes de sabotage contre des lignes de chemin de fer en France et en Allemagne en novembre.

Et si la "cellule invisible" de Tarnac n’avait rien à voir avec les sabotages de voies ferrées du mois dernier ?

A la mi-novembre, le quotidien berlinois Tageszeitung (TAZ) a reçu une lettre de revendication anonyme après le sabotage d’un convoi ferroviaire de déchets nucléaires. Le train transportant ces déchets entre la France et l’Allemagne avait mis plus de trois jours pour arriver au centre de stockage, durant le week-end du 11 novembre.

"Parce que nous en avons ras le bol, nous avons dirigé notre colère contre les lignes de transport de (déchets) nucléaires", écrivaient les auteurs de cette missive reçue par la TAZ et transmise à l’AFP.

"Avec des incendies criminels et des crochets métalliques, nous avons donné le signal de notre résistance sur les lignes Paris-Strasbourg, Paris-Lille, Paris-Rhône-Alpes, Paris Bourgogne, Ludwigshafen-Mayence (ouest), Kassel-région de la Ruhr (centre et ouest), région de la Ruhr-Hanovre (idem), Brême-Hambourg (nord) et plusieurs lignes des environs de Berlin", poursuit cette lettre.

Depuis un mois et demi, la police française enquête sur des actes de sabotage commis en novembre contre les chemins de fer français, qui ont entraîné de fortes perturbations. Le mode opératoire : l’accrochage de fer à béton dans les caténaires. Un groupe français anarcho-autonome de Tarnac, auto baptisé "cellule invisible", est soupçonné d’être à l’origine de ces dégradations, qualifiées de "terrorisme".

Dans le cadre de cette enquête, neuf personnes ont été mises en examen, dont deux sont encore en détention, et les sept autres sous contrôle judiciaire. La semaine dernière, l’un des suspects de Tarnac, Benjamin Rosoux, estimait que les faits reprochés n’avaient rien à voir avec du terrorisme et que le gouvernement cherchait à travers cette affaire à "diaboliser" les mouvements sociaux.

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MessageSujet: ..   Ven 2 Jan - 17:01

Pétition
Cette pétition a été signée par de nombreuses personnalités scandalisées par l’ « affaire »
des inculpés de Tarnac. Vous pouvez retrouver la pétition et la signer sur le site :
www.soutien11novembre.org
Une opération récente, largement médiatisée, a permis d’arrêter et d’inculper neuf
personnes, en mettant en oeuvre la législation antiterroriste. Cette opération a déjà changé
de nature : une fois établie l’inconsistance de l’accusation de sabotage des caténaires,
l’affaire a pris un tour clairement politique. Pour le procureur de la République, « le but de
leur entreprise est bien d’atteindre les institutions de l’État, et de parvenir par la violence – je
dis bien par la violence et non pas par la contestation qui est permise – à troubler l’ordre
politique, économique et social ».
La cible de cette opération est bien plus large que le groupe des personnes inculpées, contre
lesquelles il n’existe aucune preuve matérielle, ni même rien de précis qui puisse leur être
reproché. L’inculpation pour « association de malfaiteurs en vue d’une entreprise terroriste »
est plus que vague : qu’est-ce au juste qu’une association, et comment faut-il entendre ce «
en vue de » sinon comme une criminalisation de l’intention ? Quant au qualificatif de
terroriste, la définition en vigueur est si large qu’il peut s’appliquer à pratiquement n’importe
quoi – et que posséder tel ou tel texte, aller à telle ou telle manifestation suffit à tomber sous
le coup de cette législation d’exception.
Les personnes inculpées n’ont pas été choisies au hasard, mais parce qu’elles mènent une
existence politique. Ils et elles ont participé à des manifestations – dernièrement, celle de
Vichy, où s’est tenu le peu honorable sommet européen sur l’immigration. Ils réfléchissent,
ils lisent des livres, ils vivent ensemble dans un village lointain. On a parlé de clandestinité :
ils ont ouvert une épicerie, tout le monde les connaît dans la région, où un comité de soutien
s’est organisé dès leur arrestation. Ce qu’ils cherchaient, ce n’est ni l’anonymat, ni le refuge,
mais bien le contraire : une autre relation que celle, anonyme, de la métropole. Finalement,
l’absence de preuve elle-même devient une preuve : le refus des inculpés de se dénoncer
les uns les autres durant la garde à vue est présenté comme un nouvel indice de leur fond
terroriste.
En réalité, pour nous tous cette affaire est un test. Jusqu’à quel point allons-nous accepter
que l’antiterrorisme permette n’importe quand d’inculper n’importe qui ? Où se situe la limite
de la liberté d’expression ? Les lois d’exception adoptées sous prétexte de terrorisme et de
sécurité sont elles compatibles à long terme avec la démocratie ? Sommes-nous prêts à voir
la police et la justice négocier le virage vers un ordre nouveau ? La réponse à ces questions,
c’est à nous de la donner, et d’abord en demandant l’arrêt des poursuites et la libération
immédiate de celles et ceux qui ont été inculpés pour l’exemple

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